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Histoire et techniques du stuc

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Stuc

Pour les articles homonymes, voir Stuc (homonymie).

Décorations en stuc dans le château de Rundale (Lettonie) réalisées par


Johann Michael Graff.

Stuc de Giovanni Spedulo et Luigi Marinelli, Le Char d’Apollon, Florence,


Villa di Poggio Imperiale.

Le stuc, dont la technique remonte à l’Antiquité, est un enduit teinté dans


la masse, à base de chaux. Il est utilisé en recouvrement des plafonds et
des murs, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est un mélange de
chaux aérienne éteinte et de « charges », celles-ci pouvant être du sable,
de la poudre de marbre ou encore de la poudre de brique. On peut y
incorporer des liants comme les colles animales ou végétales, et
éventuellement, pour les décors en relief comme les mascarons, des «
armures » de cheveux, de poils ou de treillis.

Un art millénaire

Fragment de la décoration préromane en stuc du VIIIe siècle de l’église


lombarde San Slavador de Brescia, Italie, représentant un paon avec des
rinceaux et des entrelacs, thème récurrent dans l’art romain puis
médiéval.

Le premier stuc à être utilisé dès l’Antiquité est le stuc à la chaux. Le


plâtre, moins résistant et moins lisse, le remplace à partir du XIXe siècle.
Grecs et Romains utilisaient les stucs en abondance, aussi bien comme
support de fresque, comme imitation du marbre sur les parois extérieures
des bâtiments construits en matériaux moins nobles (comme sur les
temples d’Agrigente), que pour la décoration en reliefs très délicats dans
les intérieurs sur les murs et notamment sur les voûtes. Dans le Gandhara,
au Pakistan et en Afghanistan, dans les ensembles monastiques du
bouddhisme sur la Route de la soie, le stuc a été très utilisé pour la
confection de nombreux ensembles sculptés, où le stuc est employé seul
ou en recouvrement d’une pierre sculptée. Le stuc était alors peint et
éventuellement doré. En Europe durant la première moitié du Moyen Âge,
les techniques de stucage en relief étaient très élaborées et constituaient
la décoration majeure de la plupart des édifices préromans, dans la
continuité de l’art paléochrétien de l’Antiquité, bien que très peu de
vestiges aient survécu jusqu’à nos jours pour en témoigner (un des
exemples les mieux préservés peut se voir au Temple lombard de Cividale
del Friuli). S’il est encore très important dans l’art carolingien, il est de
moins en moins utilisé dans l’art roman puis gothique, au profit de la mise
en valeur de la structure architecturale, de la pierre sculptée et d’autres
types d’enduits peints. Le stuc est remis à la mode par les Italiens durant
la Renaissance et rediffusé dans toute l’Europe. Le stuc « Marmorino » fait
partie de l’histoire. C’est François Ier qui le réintroduit en France au
château de Fontainebleau, puis Louis XIV à Versailles. Ils ont été
intensivement utilisés dans les arts décoratifs baroques, rococo et
néoclassique dans toute l’Europe.

Exemples

À Bergame en Italie, on peut admirer dans certaines églises, de


magnifiques décors en stuc couvrant entièrement les parois du sol au
plafond en alternance avec les boiseries.

À Vérone, les Italiens ont toujours travaillé les enduits à la chaux jusqu’à
faire des finitions en stuc sur les façades. Aujourd’hui on les redécouvre
mais elles sont marquées par les incisions d’accroches des enduits
successifs. La plupart sont peintes à fresco sur l’enduit de chaux encore
humide : c’est de la fresque. C’est au XVe siècle que cette technique
connut son apogée, les peintres se passaient de colle, les microparticules
de pigment mélangé à l’eau étant absorbées par l’enduit, après la
carbonatation de la chaux, le stuc recouvert et protégé par cette fine
couche de calcaire cristallisé permettait d’obtenir des couleurs vives et
intactes.

Tiepolo, au XVIIe siècle, était l’un des plus grands fresquistes italiens.

La maison des Cariatides située à Foix présente une architecture atypique.


La datation de construction souvent évoquée entre 1830-1840, en
référence aux cariatides en terre cuite produite par l’Atelier Virebent
semble erronée. En effet, un examen attentif des cariatides contredit cette
hypothèse puisque les cariatides sont en plâtre et leur âme constituée
d’une grosse section de bois. Les cariatides sont donc des gypseries
sculptées sur place et non un décor moulé. Cette façade est donc
antérieure à 1830, datation confirmée par « les consoles du plafond qui
attestent d’un recours à une formule à canaux apparue vers 1770-1780.
Ces modénatures évoquent le nouveau style « à la grecque » marquant le
retour au « grand goût » de la fin du XVIIIe siècle. Le style architectural de
la façade a été développé à Toulouse par l’architecte Saget dont le style a
été largement repris ». L’observation des enduits révèle la présence d’une
gamme chromatique riche et variée. La façade présente donc une
alternance de décors ou d’aplats peints en vert, bleu, noir, brun clair, brun
foncé et jaune-or. La présence de colonnes noires surmontées d’un
chapiteau jaune-or évoque le décor 1er Empire avec le noir-porphyre
associé à la feuille d’or. Ainsi, cette façade communément attribuée aux
années 1830-1840 est en réalité antérieure, développant un style proche
du « grand goût » d’époque royale de la fin du XVIIIe siècle et 1 er Empire
par sa chromatique. Cette façade unique par son style l’est tout autant par
le matériau utilisé en finition. En effet, cariatides, colonnes, moulures,
corniches et enduits de finition sont en plâtre. La présence de plâtre n’est
pas anodine puisque plusieurs localités d’Ariège possèdent d’anciennes
carrières de gypse dont celles du tarasconnais avec les sites d’extraction
d’Arignac, Surba, Bédeilhac et Arnave. L’enduit de plâtre extérieur est une
technique communément utilisée à cette époque. En attestent les
nombreuses façades plâtrées au XVIIIe siècle en Ariège.

Stuc Foix Ariège 19 ème siècles

Stuc cariatides Foix

Art écologique

Après plus d’un siècle où le plâtre peint ou tapissé était omniprésent, on


assiste aujourd’hui à une redécouverte de la chaux liée à l’attrait pour les
techniques anciennes et la recherche de matériaux jugés plus « naturels ».
Le mot staff désigne spécifiquement un plafonnage ou un décor en plâtre
pour le distinguer du stuc.

Technique du stuc

Le principe est une succession de couches ayant une charge de plus en


plus fine. On distingue les stucs-marbre, stucs-pierre, romain, stuc
Marmorino, stuc de Mantoue, stuc en deux couches ou au fer chaud…. De
prise lente, et plus difficile à travailler que le plâtre, le stuc demande plus
de travail et un certain savoir-faire. Mais il est plus « souple » et donc
moins sujet au faïençage (fendillement) que le plâtre. Il possède en outre,
de meilleures propriétés hygrométriques.
Bibliographie

Nicole Blanc, Le stuc dans l’art romain. Histoire et développement d’une


technique décorative (Ier siècle avant – Iie siècle après J.-C.), Babesch
Supplements, Louvain, Peeters, à paraître

« Le stuc, matériau aux multiples usages », Dossier d’archéologie, n° 366,


novembre/décembre 2014, pp. 24-27

Collectif, Gypseries, gypiers des villes, gypiers des champs, colloque de


Digne-les-Bains, Créaphis, 2005

Recette d’atelier de Jean-Claude Misset – Techniques picturales anciennes,


peintures décoratives et artistiques. – Édition Massin

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