LEÇON 6
30 juillet – 5 août
JESUS SE MÊLE AUX HOMMES
SABBAT APRÈS-MIDI
Étude de la semaine
Mt 1.22. 23 ; Jn 1.14 ; Lc 15.3-24 ; Mt 9.10-13 ; Ps 51.17 ; 1 Jn 2.16 ; Ph 2.13-15
Verset à mémoriser
« Tous les collecteurs des taxes et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre. Les
pharisiens et les scribes maugréaient ; il accueille les pécheurs et il mange avec eux ! »
(Lc 15.1, 2)
Une fois par mois, un diacre d’une église locale emmenait un groupe de jeunes dans une maison
de retraite pour y tenir un culte. La première semaine, pendant le culte, un homme âgé en fauteuil
roulant prit la main du diacre et la tint durant tout le service.
Un jour, quand le groupe revint, l’homme en fauteuil n’était pas là. Le personnel affirma qu’il ne
passerait probablement pas la nuit. Le diacre alla jusqu’à sa chambre, l’homme était étendu là,
inconscient. Le diacre prit sa main, et pria le Seigneur de lui accorder la vie éternelle. L’homme qui
semblait inconscient serra fort la main du diacre, et le diacre sut que sa prière avait été entendue. Les
yeux pleins de larmes, il sortit de la chambre et buta sur une femme qui lui dit : « Je suis sa fille, il vous
a attendu. Mon père a dit : Une fois par mois, Jésus vient et me tient la main. Je ne veux pas mourir
avant d’avoir eu l’occasion de tenir la main de Jésus une dernière fois. »22
Le christianisme, c’est devenir Jésus pour quelqu’un. Les prochaines leçons porteront sur les
aspects du ministère de Jésus et sur la manière dont son église peut vivre ce ministère.
Etudiez la leçon de cette semaine pour le sabbat 6 août.
22 Adapté de The Least of these, un court-métrage produit par le studio Old Fashioned Pictures (2004).
DIMANCHE 31 juillet
La méthode du Christ seule
Ellen G. White, dans un paragraphe bien connu et souvent cité, résume ce que Jésus faisait afin
d’atteindre les gens et les amener au salut (voir également Mt 9.35, 36).
« La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour
leur faire du bien, leur témoignait sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis ii leur
disait : Suivez-moi. »23
Analysons cette déclaration.
1. Jésus se mêlait aux gens comme quelqu’un qui souhaitait leur bien (il créait des réseaux).
2. Jésus leur témoignait sa sympathie (ii créait des liens).
3. Jésus les soulageait (cela créait encore des liens).
4. En combinant les trois premiers éléments, il gagnait la confiance des gens.
5. Puis, il leur disait : « Suivez-moi » (pour devenir des disciples).
C’est un modèle holistique de l’évangile. Cette méthode de ministère doit nous guider dans
une proclamation plus complète de l’évangile. Jésus n’a pas séparé les aspects sociaux (n° 1 à 4) de
l’invitation à le suivre (n° 5), et nous ne devrions pas le faire non plus. Toutes ces étapes agissant de
concert nous donneront la réussite.
La présente leçon se concentrera sur la première étape de la méthode de Jésus. Les leçons 7 à
11 aborderont les suivantes.
Que disent les versets suivants à propos de Dieu le Fils se mêlant aux hommes ?
Mt 1.22, 23 ; Jn 1.14.
Nous sommes tous profondément blesses et abimés par le péché. Mais la réconciliation entre
Dieu et l’humanité à travers le ministère et l’incarnation de Jésus apporte une réponse à tout ce qui a
mal tourné dans le monde à cause du péché. Il s’est mêlé aux gens, souhaitant le bien de la personne
et de l’humanité dans sa totalité, jusqu’à soulager ceux qui dans cette culture étaient considérés
comme des « minables ».
Méditez sur cette vérité étonnante : celui qui a fait toutes choses créées (voir Jn 1.3),
Jésus, a revêtu l’humanité, et dans cette chair, il s’est mêlé à l’humanité déchue en la
soulageant.
Quel est l’impact de cette vérité porteuse d’espérance sur la manière dont nous nous
melons aux autres et les soulageons ?
23 Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 118.
LUNDI 1er août
Perdu et retrouvé
Jésus raconte trois paraboles dans Luc 15, en réponse aux pharisiens et aux docteurs de la loi
qui l’accusent en disant qu’il « accueille des pécheurs et il mange avec eux ! » (Lc 15.2).
Lisez les passages suivants et notez l’essence de la réponse de Jésus à ces accusations. Luc
15.3-7 ; Luc 15.8-10 ; Luc 15.11-24.
Chaque parabole commence par quelque chose de perdu et se termine par une fête, une
expression de l’amour de Dieu pour nous et son profond intérêt pour notre salut. Un pasteur qui suivait
une personne intéressée par les études du programme « la Voix de la Prophétie » se rendit compte que
toute la famille était intéressée par les études bibliques, sauf une. Le père, la mère, et la fille avaient
accepté Christ et demandaient à recevoir un pasteur chez eux de manière régulière. Mais le fils ainé
s’était rebellé contre le christianisme et ne voulait rien avoir à faire avec. Chaque soir où le pasteur leur
rendait visite, le jeune homme quittait la pièce et ne participait pas aux études. Après six semaines
d’étude de la Bible chaleureuse et fructueuse, le jeune pasteur commença à évoquer le baptême. Chaque
personne donna ses raisons pour attendre quelques mois de plus avant de prendre une décision. Contre
toute attente, le jeune homme entra dans le salon où se déroulait l’étude, et annonça qu’il voulait se
faire baptiser dès que le pasteur penserait qu’il était prêt. Après la première séance, il avait acheté une
Bible d’occasion, et là, dans sa chambre, avait suivi les études, et sa conviction n’avait fait que grandir;
il devait proclamer sa foi publiquement. Deux semaines plus tard, le jeune homme était baptisé, et un
mois plus tard, le reste de la famille prit sa décision. Si l’on prend en compte ce que nous venons de lire
dans les paraboles, nous pouvons imaginer que ces décisions ont causé de la joie dans le ciel.
Jésus a choisi sciemment d’entrer en contact avec des gens comme la femme samaritaine au
puits, un centurion romain, une femme pècheresse qui versa un parfum d’une valeur d’un an de salaire
sur ses pieds, sans parler des innombrables autres, non rapportés dans la Bible, tous des individus
« indignes » de ceux qui se considéraient comme trop saints pour supporter leur seule présence.
Vous est-il arrivé d’éviter de témoigner devant une personne qui, de toute évidence, ne
cadrait pas avec votre église ?
Que faut-il pour que vous et votre église trouviez suffisamment de grâce pour accueillir ces
« pécheurs » ?
MARDI 2 août
Manger avec les pécheurs
Lisez Matthieu 9.10-13. Quel message crucial devons-nous retirer de la réponse Jésus fait à
ses détracteurs ? Lisez Osée 6.6
Jésus est étendu à la table du repas, ou il mange avec ceux que cette société considère comme des
« indésirables ».
Dans votre culture, qui sont les « indésirables » ? Interrompu par les pharisiens qui s’interrogent sur le
bien-fondé de se mêler à des si méprisables, Jésus les met au défi d’apprendre le sens de la miséricorde
contrairement au sacrifice.
« Mais allez, et apprenez ce que signifie : Je veux la miséricorde, et non pas le sacrifice » car
ce ne sont pas des justes que je suis venu appeler à la repentance, mais des pécheurs. » (Mt
9.13, Ostervald).
Quelle tristesse ! Jésus est obligé d’apprendre aux chefs religieux l’une des vérités les plus
essentielles de leur propre foi.
C’est encore le même problème qui se manifeste que lors de l’époque de l’Ancien Testament,
celui de formes et de cérémonies religieuses qui prennent le pas dans l’esprit des gens sur la manière
dont ils traitent les autres. Chose remarquable : Jésus cite ici l’Ancien Testament (Os 6.6) pour appuyer
sa déclaration.
« Le jeune et la prière inspirés par un esprit de propre justice sont une abomination aux yeux
de Dieu. »24
Il est facile de juger les actions des autres en se servant de nos préférences personnelles comme
standard. Nous devons apprendre à mettre humblement le moi de côté, et à laisser le Saint-Esprit
traduire la miséricorde en conviction.
Que nous dit le Psaume 51.17?
En quoi la conscience de notre propre état de péché nous aide-t-elle à mieux comprendre le
sens de ce texte ?
24 Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 266.
MERCREDI 3 août
Se mêler avec sagesse
Un orateur demanda à un groupe de donner le nombre de leurs amis non adventistes. Un homme
au fond de la salle se leva et proclama d’un air triomphal : « Je suis fier de dire que je n’en ai aucun
! ». Il ne pensait peut-être pas à mal, mais ses paroles en disent beaucoup sur le genre de lumière qu’il
était pour le monde.
Comme nous l’avons déjà vu, Matthieu 5.13 déclare que nous sommes le sel de la terre, mais
ce sel peut perdre de sa saveur. Un marchand de Sidon avait stocké une grande quantité de sel dans
des abris avec un sol en terre battue. Du fait que le sel était en contact direct avec la terre, il perdit de
sa saveur. Ce sel fut jeté et utilisé pour faire des routes.
De la même manière, nous devons être prudents quand nous nous melons au monde : laissons-
nous le monde nous voler notre saveur unique? Nos valeurs sont-elles les mêmes que celles du monde?
Que pouvons-nous retirer de ces histoires sur la manière de ne pas se mêler au monde ?
Gn 13.5-13 ; 19.12-26 ; Nb 25.1-3 ; voir également 1 Jn 2.16
Ces exemples bibliques illustrent la nécessité d’être prudents quand on se mêle à des gens qui
vivent selon les valeurs du monde, valeurs dont 1 Jean 2.16 dresse la liste. Nous nous leurrons si nous
pensons que nous ne devons pas faire preuve de prudence, ou qu’il n’y a aucun danger à se laisser
prendre dans les principes déchus de ce monde. Mais par ailleurs, à quoi servons-nous si nous nous
cachons loin du regard des autres, afin de ne pas être influencés par leurs voies mauvaises ?
Notez ce conseil sage et équilibré : « Les chrétiens déclarés vont-ils refuser de s’associer aux
inconvertis, et chercher à ne pas avoir de liens avec eux ? Non, ils doivent être avec eux, dans le monde
et non du monde, mais sans participer à leurs voies, sans être influences par eux, sans avoir un cœur
ouvert à leurs coutumes et leurs pratiques. Ces associations doivent avoir lieu dans le but d’attirer des
hommes à Christ »25
Combien d’amis non-adventistes avez-vous ?
Quelle est la nature de vos relations ?
Qui influence le plus : vous ou eux ?
25. Ellen G. White, Selected Messages [Messages choisis], vol. 3 chap. 26, p. 231
JEUDI 4 août
Au milieu d’une génération perverse et dévoyée
Cela ne fait aucun doute : le monde a besoin de ce que nous avons reçu en Christ. Il n’y a rien
à rien en nous-mêmes qui donne de l’importance à ce que nous avons. C’est que nous avons reçu en
Christ qui nous pousse à nous tourner vers les autres. Et ç’est précisément parce que nous avons tant
reçu que nous sommes appelés à nous tourner vers ceux qui n’ont pas cela. « Vous avez reçu
gratuitement, donnez gratuitement ». (Mt 10.8.)
Lisez Philippiens 2.13-15. Que nous dit-on ici ? En quoi cela cadre-t-il avec notre appel à
atteindre les autres sans chuter nous-mêmes ?
Nous devons prendre garde à ne pas chercher à nous protéger du monde au point de ne jamais
entrer en contact avec les âmes qui y vivent. Il est très facile de rester dans notre zone de confort
spirituelle et théologique et de devenir des asociaux spirituels. Cela peut entraîner une religion
égocentrique. À titre d’exemple, les églises locales ne consacrent-elles pas souvent plus d’énergie à se
battre sur des questions de style de louange ou sur des doctrines, qu’elles n’en consacrent pour atteindre
ce monde qui se meurt ? Robert Linthicum, dans son livre Empowering the Poor (p. 2 1-30), décrit trois
catégories d’église :
(1) L’église dans la cité (communauté) : cette église n’a quasiment aucun contact
avec la population. Le gros de l’activité de l’église consiste à répondre aux besoins de ses membres.
(2) L’église pour la cité (communauté). Cette église sait qu’elle doit s’impliquer dans le ministère
envers la population. Elle devine ses besoins sans poser la question aux habitants qu’elle sert. Puis elle
leur présente des programmes. Son ministère risque d’être hors sujet, la population ne sera pas partie
prenante.
(3) L’église avec la cité (communauté). Cette église fait une analyse démographique pour comprendre
ceux qu’elle sert. Les membres se mêlent aux personnalités et aux habitants, et leur demandent quels
sont leurs besoins réels. Leur service à la population a plus de chances d’être pertinent et bien accueilli,
car cette dernière a déjà apporté sa contribution et fait donc confiance au projet. Cette église se joint à
la population dans sa lutte pour savoir quel genre de quartier elle veut, et elle est partenaire de la
population pour atteindre cet objectif. Une telle église s’implique dans les associations locales et peut
aider les habitants s’il manque certains services. Dans ce partenariat, tous sont parties prenantes, et
répondent ainsi à de vrais besoins.
25 Ellen G. White, Selected Messages, volume 3, p. 231.
VENDREDI 5 août
Pour aller plus loin
Lisez Elien G. White. « Notre exemple », p. 17-24 dans Le ministère de la guérison ; « Lévi-
Matthieu », p. 257-267 dans Jésus-Christ.
La mission de l’église est dirigée vers le monde, et non vers elle-même uniquement. Elle a été organisée
pour servir les autres. Une église d’une autre confession a mis un panneau au bout de son allée, juste
avant qu’elle ne débouche sur la rue, devant l’église. Ce panneau dit : « Entrée des serviteurs » Cela
veut tout dire, non ?
« On ne peut pas s’approcher des perdus sans passer du temps avec eux. » Jésus savait se mêler aux
gens, c’était un maître en la matière, et Ellen G. White indique que l’église de Dieu doit l’être aussi. Les
membres sont le sel et doivent imprégner la population. Il ne s’agit pas d’un appel à hiberner dans le
désert en évangélisant les lièvres. C’est une invitation solennelle donnée par la prophétesse du Seigneur
à nous mêler, comme Jésus, aux gens déplaisants, aux pauvres, et aux perdus. Jésus était l’ami des
pécheurs. Il assistait à leurs fêtes, les rencontrait là où ils se trouvaient. Jésus n’a jamais mis sa foi en
péril, pourtant il aimait aller là où se trouvaient les pécheurs. Ceux qui étaient le plus à l’aise avec Jésus,
c’était les pécheurs, et ceux qui étaient le plus mal à l’aise avec Jésus, c’était les soi-disant saints. Mais
Jésus ne faisait pas attention à cela, car il savait quelles étaient ses priorités. Il était venu sauver des
pécheurs. C’était sa mission, et cela doit être notre mission, même si nous devons pour cela contrarier
quelques saints. [...]
Cela fait trop longtemps que des adventistes s’isolent dans des refuges et des ghettos, comme si le
reste du monde n’existait pas. Ce temps est révolu. Nous ne pouvons pas, nous n’osons pas, vivre dans
l’apostasie plus longtemps. Il est temps de faire notre entrée dans nos quartiers, individuellement, et
en tant qu’église. »26
À méditer
Discutez de l’idée exprimée ci-dessus : en nous isolant, nous sommes « dans
l’apostasie ». Croyez-vous que le mot soit trop fort, ou bien la remarque de l’auteur
est-elle pertinente ? De quelles confirmations bibliques disposez-vous pour étayer
votre réponse ?
Nous devons nous mêler aux gens afin de les soulager, mais pourquoi le soutien et la
transparence de l’église sont-ils des facteurs importants que nous ne devons pas
négliger ? comment, en tant que corps aider les uns et les autres dans notre souhait
de soulager le monde, sans être happé par lui ?
Échangez sur ces églises qui passent davantage de temps à se chamailler pour des
questions internes qu’à atteindre les autres. Comment éviter ce piège fatal ?
26 Russell Burrill, How to grow an adventist church. Fallbrook, Calif.: Hart Books, 2009. p. 50.