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Rôle de l'État dans la pauvreté en RDC

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1

INTRODUCTION GENERALE

La République Démocratique du Congo (R.D.C) est un pays riche en ressources


naturelles, mais elle fait face à des défis socio-économiques majeurs, notamment une pauvreté
persistante qui touche une grande partie de sa population. Entre 2018 et 2022, le rôle de l'État
dans la lutte contre cette pauvreté a été crucial, tant sur le plan des politiques publiques que
des initiatives sociales. Dans un contexte où les inégalités se creusent et où l'accès aux
services de base reste limité, il est essentiel d'examiner comment l'État congolais a tenté de
réduire la pauvreté. Cela inclut l'évaluation des programmes de développement, des
investissements dans les infrastructures, et des efforts pour améliorer l'éducation et la santé.
Cette période est marquée par des défis Politiques et économiques, ainsi que par une
dynamique de coopération internationale, qui influencent directement les stratégies mises en
place par l'État.
Dans le cadre de l'introduction de cette étude en effet, plusieurs points seront
traités notamment : problématique (I), hypothèse de recherche (II), choix et intérêt du sujet
(III), méthodes et techniques de recherche (IV), délimitation du sujet (V), subdivision du
travail (VI).

I. PROBLEMATIQUE
La lutte contre la pauvreté constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour
toutes les sociétés modernes à tel enseigne qu’elle a été l’objet d’un sommet onusien en 2000
et d’une résolution du Conseil des droits de l’Homme en 2012 1. Elle est la marque de l’échec
de la société entière dans son projet de développement et de progrès social 2. Elle s’invite dans
tous les débats publics, particulièrement ceux relatifs à l’Etat de droit, à la bonne
gouvernance, à la sécurité, au développement, voire aux droits de l’homme. Tous les acteurs
étatiques et non étatiques s’activent à rechercher les moyens les plus efficaces pour l’enrayer 3.

Rappelons d’emblée que la République Démocratique du Congo est l'un des pays
le plus potentiellement riche au monde en ressources naturelles diverses, occupant une
position géopolitique stratégiquement en Afrique et ayant une population estimée à plus de 80
millions d'habitants, dont la majorité de cette population est composée de 57% des jeunes.
Mais, l'économie congolaise reste parmi les économies les plus pauvres d'Afrique et du
1
Résolution 21/11 du 27/09/2012 portant Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme
(A/HRC/21/39).
2
B. LAUTIER et P. SALAMA, « De L’histoire de la pauvreté en Europe à la pauvreté dans le tiers monde »,
Revue Tiers Monde, vol. 36, no.142, (1995) : 245–255, [Link]
3
Ghislain-David KASONGO LUKOJI, Pauvreté et Justice : De La Pauvreté Du Droit Au Droit De La Pauvreté,
Kinshasa, 2022, p.1.
2

monde4. « Quelles que soient l’ingéniosité de l'économiste et les nuances qu'il peut introduire
dans l'interprétation statistique, aucune analyse ne peut expliquer ce paradoxe frappant, RDC
pays potentiellement riche d'Afrique mais économiquement pauvre du continent » écrit M.
Nzanda-Buana5.

Il existe au sein de chaque Etat une organisation institutionnelle visant à gérer les
ressources publiques. Les opérations qui consistent à utiliser ces ressources sont assurées par
ladite institution en vue de garantir au pays la stabilité économique et sociale et la promotion
des affaires. Cependant, au regard de la réalité vécue, nous constatons que la situation socio-
économique de la RDC laisse à désirer notamment par un taux élevé de chômage, une
inégalité du traitement du point de vue salarial entre les Agents et Fonctionnaires de l’Etat
pourtant relevant d’un même statut laissant à la suite un déséquilibre et un sentiment de
méfiance entre eux6. Cette situation occasionne de plein droit la pauvreté à travers le pays.
En République Démocratique du Congo, la politique économique du pays se
trouve centrer entre le gouvernement qui en définie les modalités et le parlement qui vote à la
suite d’un débat général le Budget définissant à la suite les lignes maitresses de paiement
et/ou rémunération des Agents et Fonctionnaires de l’Etat mais également les différents
investissements prévus. Le rôle de l'État dans la réduction de la pauvreté dans un pays en
développement comme la République Démocratique du Congo (RDC) est un enjeu majeur
pour la période 2018-2022.
En effet, la RDC figure parmi les pays les Plus pauvres au monde, avec près de
75% de sa population vivant avec moins de 2,15 dollars par jour en 2023. Malgré ses
importantes ressources naturelles, le pays fait face à de nombreux défis structurels qui
entravent son développement économique et social, tels que l'instabilité politique, les conflits
armés, la faiblesse des institutions étatiques, la mauvaise gouvernance et la corruption. Dans
ce contexte, le rôle de l'État est primordial pour mettre en place des politiques et des
programmes visant à réduire la pauvreté, à améliorer l'accès aux services de base (santé,
éducation, eau potable, etc.) et à stimuler la croissance économique de manière inclusive.
Cependant, l'efficacité de ces interventions Étatiques reste à évaluer sur la période 2018-2022.
La réduction de la pauvreté constitue un défi majeur pour les pays en
développement, et la République Démocratique du Congo (R.D.C) ne fait pas exception.

4
Ministère du Plan, DSCRP de la R.D. Congo, Kinshasa 2010, p.7.
5
NZANDA-BUANA, « Principaux problèmes de gestion du développement en RDC sur fond de l'expérience
empirique », lettre de l'IRES, 2-3, Kinshasa, p.8.
6
M. TAMBWE MUTSHEMBE., Les inégalités sociales dans le traitement des Agents et Fonctionnaires de
l’Etat en RD. Congo, mémoire de fin de Cycle, L2 SPA, UPN, 2022-2023, pp. 1-2.
3

Entre 2018 et 2022, malgré les efforts déployés par l'État, la pauvreté persistante soulève des
questions cruciales sur l'efficacité des politiques mises en place. Cette étude s'interroge sur le
rôle de l'État dans la lutte contre la pauvreté en R.D.C. durant cette période.
En effet, pour mieux prédire l’hypothèse, cette étude pose la question de savoir
quel est le rôle de l’Etat dans la réduction de la pauvreté dans un pays envoies de
développement comme la République Démocratique du Congo et quels sont les obstacles
rencontrés par l’État dans la mise en œuvre de ses programmes de réduction de la pauvreté.

Ce questionnement nous amène à réfléchir sur les implications de la gouvernance,


des ressources disponibles et des partenariats avec d'autres acteurs, tant nationaux
qu'internationaux, dans la quête d'une amélioration tangible des conditions de vie des
populations les plus vulnérables.

II. HYPOTHESES
Il faut dire clairement que l’hypothèse constitue une série des réponses permettant
de prédire une vérité scientifique vraisemblablement au regard des questions soulevées par la
problématique et dont la recherche vérifie le bien-fondé ou le mal fondé. Elle se présente
comme une ligne maitresse, une tentative de réponse appropriée au début de la recherche et
qui peut être confirmée ou infirmée selon les résultats de l’observation et l'analyse7.
Le salut de la RDC ne dépendra pas non seulement des facteurs exogènes c'est-à-
dire des relations de coopération qu'elle entretient avec les autres, mais également et surtout
des facteurs endogènes c'est-à-dire de l'organisation urgente de l'administration de la
territoriale aux préoccupations du développement et du progrès social (infrastructures,
énergétique, de transport et de communication etc.) Cette démarche vers le progrès ne peut
provenir que d'une bonne coopération de congolais entre eux.8

Depuis quelques décennies en effet, la notion de gouvernance est au centre de


toutes préoccupations des gouvernements des pays africains et des gouvernés, ainsi que des
organismes au service du développement. En effet, développer : c'est l'action de
développement. Il est synonyme de la croissance, de l'évolution, du progrès et de l'expansion,
etc. La notion du développement a pris dans le monde depuis les années 50, tant sur des idées
que celui de l'action, une importance telle qu'elle est devenue un objectif de politique
nationale. Le concept de développement désigne l'amélioration qualitative et durable d'une

7
MULUMBATI NGASHA, Manuel de sociologie générale, éd. Africa, Lubumbashi, 1980, p.21
8
Déclaration de Léonard Shé Okitundu, ministre des affaires étrangères de la RDC, émission salon de la presse,
CNB, le 16 Juillet 2002.
4

économie et de son fonctionnement.9 Le problème de développement est d'abord et surtout un


problème de finalité : la réalisation du bonheur de la population, du bonheur du plus grand
nombre possible d'hommes au sein de la nation.

Le développement doit servir avant tout à alléger la souffrance du peuple, en


mettant l'économie au service de ce dernier, en luttant contre la misère, la faim, les maladies,
l'ignorance et les injustices sociales. 10 Une autre définition présente le développement comme
une amélioration du bien-être de l'ensemble de la population. Par exemple pour G
MYRDAL11, le développement est « le mouvement vers le haut de tout le corps social » en
matière de besoins fondamentaux (nourriture, accès à l'eau, à l'éducation, aux loisirs, etc.) Les
organisations internationales qui dépendent de l'ONU12 définissent, quant à elles, les deux
notions suivantes : le développement humain, c'est-à-dire la couverture des besoins
fondamentaux de tous et le développement durable, c'est-à-dire un développement qui répond
aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux
leurs.
La raison pour laquelle, l'économie actuelle de la RDC vit des
dysfonctionnements liés à la problématique du pouvoir d'achat ou l'augmentation des prix, à
l’incapacité -des entreprises publiques à créer de la richesse, au chômage exagéré, de la
spéculation et désorganisation du système du marché des matériaux de construction, de
l'alimentation, de l'agriculture se trouve les antivaleurs dont la mauvaise gestion des fonds
publics et une politique déséquilibrée pour la réduction de la pauvreté. Pour assurer le vrai
décollage économique pour ce qui est le cas de la RDC, il est question d'application de la
bonne gouvernance notamment économique et de la stabilité politique13.
À ce niveau, le rôle principal de l’Etat se trouve d’asseoir une bonne politique
économique dans la mesure où, une politique économique néfaste peut empêcher le
démarrage de la croissance, et arrêter celle-ci après son commencement si elle n'a pas été bien
encadrée. Mais l'on soutient, c'est notamment le cas de certains économistes que les
principaux obstacles actuels au développement tiennent à des facteurs extérieurs aux pays en
voie de développement. Selon la thèse précisément avancée, l'existence de pays déjà riches et

9
cf. Baoutou Bahama, ISPH : 200
10
Alama Lana, cité par Bitundu Mwanantanya J-P, notes du cours d'écodéveloppement, inédit, L1 ISDR
UVIRA, 2010-2011, P.30
11
G. MYRDAL cité par Frédérique Appfel_Marglin et alii, défaire le développement, refaire le monde,
l'Aventurine, Paris, p.34
12
[Link] 15 avril 2023
13
PNUD, Renforcer la gouvernance au moyen du Renforcement de la capacité nationale. Document de stratégie
pour l'Afrique sub-saharienne, New York, Nations Unies, 1995, p85.
5

industrialisés crée des pressions politiques et économiques internationales qui entravent


l'effort de croissance des pays démunis d'aujourd'hui.14

III. CHOIX ET INTERET DU SUJET


Les recherches scientifiques ne proviennent pas de nulle part, elles sont
spécifiquement choisies puisque le chercheur semble relever des questionnements avec un
grand intérêt. Il s’agit ici de relever la raison du choix et les intérêts qu’ils soient théoriques et
pratiques.

A. CHOIX DU SUJET
D’aucuns pourront demander pourquoi nous avons choisi un tel sujet plutôt qu’un
autre. En effet, il sied de noter à ce qui concerne le sujet de notre étude qu’un thème
d’investigation ne se choisit ni hasard, ni à la légère, mais, à partir de la curiosité scientifique
face à la vie que mène le chercheur et qu’il observe autours de lui dans son environnement,
dans son propre milieu et sa propre société 15. Le choix se présenter à cet effet comme le
premier acte qu’on pose dans le processus de toute recherche scientifique. Il n’existe pas, à ce
propos un procédé unique présidant à la détermination d’un terme d’investigation.
De ce fait, le choix qui nous a amené d’effectuer notre recherche scientifique sur
la question de l’analyse sur la pauvreté en RD Congo réside dans le souci de réduire l’écart de
traitement observé au pays pour assurer une redistribution équitable des richesses entre les
travailleurs de l’Etat et surtout le financement par l’Etat des activités économiques
susceptibles de réduire la pauvreté à travers une bonne politique économique. Cette politique
d’équilibre des recettes publiques couplée à la bonne gouvernance peut conduire sensiblement
à la réduction de la pauvreté à travers le pays dans la mesure où, il y aura une bonne
circulation de la monnaie, la création d’emplois à travers le financement de plusieurs activités
générateur de revenus au pays.

14
G. MALCOM et al. Economie du développement, 4ème édition, De Boeck Université, paris, p 34.
15
La réflexion d’ILUNGA KABONGO citée par le professeur J. DJOLI ESENG’EKEL dans sa thèse sur le
constitutionnalisme africain entre des héritages et l’invention du futur (l’exemple congolais), Université pari 1
panthéon-Sorbonne, 2002, p.50.
6

B. INTERET DU SUJET

L’essentiel d’une recherche scientifique ne consiste pas à inventer les choses, mais
plutôt à apporter une pierre à la construction de l’édifice toujours en chantier.

En effet, s’appuyant sur la vision du monde du professeur Eddy Mwanzo : « il est


important de faire ressortir les intérêts pratiques et théoriques de la question à traiter. Non
seulement, c’est un bon moyen d’animer le travail, mais c’est souvent l’occasion de dégager
les idées éclairant le sujet »16. La présente étude revêt un double intérêt à savoir théorique et
pratique :

1. Intérêt théorique

Tout travail apporte pour la science un apport théorique dans le monde


scientifique. Ainsi, notre étude n'a pas fait exception, du fait qu'il est constitué d'un document
qui met en évidence les informations réelles et vérifiables qui peuvent aider d'autres
chercheurs ultérieurement sur la question sous examen. Il permet d’élargir et de murir des
réflexions concernant le rôle de l’Etat dans la réduction de la pauvreté dans un pays en
développement : cas de la République Démocratique du Congo (RDC).

2. Intérêt pratique

Le présent travail contribue dans une certaine mesure à instruire, informer et


renseigner ceux de l’opinion publique qui devrai connaitre quel est le rôle de l’Etat dans la
réduction de la pauvreté.

IV. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

Des différentes méthodes de recherche furent employées, ce qui est une évidence
puisque tout travail demande des instruments et des moyens.

A. METHODES DE LA RECHERCHE
D’emblée, il convient de rappeler que la recherche scientifique est définie comme
une investigation rigoureuse, critique et systématique menée sur un objet donné et précis, sur
base des procédés méthodologiques susceptibles de conduire à une connaissance vraie,
vérifiable et communicable de l’objet étudié 17. Le choix des méthodes dans une recherche
scientifique détermine la configuration de l’univers d’enquête par des procédés précis, bien

16
E. MWANZO, Notes de cours de méthodologie juridique, UNIKIN, 2014-2015, p. 28.
17
SHOMBA KINYAMBA, Méthodologie de la recherche scientifique, parcours et moyens d’y parvenir, 4ème éd.,
Kinshasa, M.E.S, 2005, p.24
7

cumulées car les unes couvrent les inconvénients des autres. Il oriente le travail, l’étendu ou
l’ampleur de l’investigation et la préférence du chercheur. A en croire jean Claude
COMBESIE, une méthode est un mode de saisine, donc de construction de l’objet. Elle guide
pour la route18, éclaire mais ne décide pas la route. En effet, l’élaboration d’un travail
scientifique nécessite le choix d’une méthode de recherche rigoureuse et appropriée devant
constituer sa charpente osseuse dans son argumentaire. On entend par méthode : « l’ensemble
des règles pour conduire raisonnablement, logiquement nos pensées. En d’autres mots, c’est la
voie à suivre pour atteindre le but qu’on s’est fixé » 19. C’est aussi une démarche rationnelle de
l’esprit vers la vérité20. En d’autres mots, c’est la voie à suivre pour atteindre le but qu’on
s’est fixé »21. C’est aussi une démarche rationnelle de l’esprit vers la vérité22.
En Droit, comme l’écrit François Grau, le besoin de méthode resurgit cependant
quand on observe que l’idée d’un droit positif qui aurait réponse à tout se révèle illusoire.
L’accumulation des textes et des décisions de jurisprudence tend davantage à compliquer le
droit qu’à le simplifier sans méthode on s’y noie. Il y’a aussi une particularité des juristes qui
appelle une bonne méthode que, pour tous les juristes, faire du droit consiste toujours à
convaincre. L’Avocat doit convaincre le Juge. Le Juge doit convaincre le Juge Supérieur. Le
Professeur doit convaincre l’étudiant et vice-versa. Un médecin n’a pas besoin d’exposé clair
pour soigner. On ne demande pas non plus à un réparateur de télévision un exposé clair sur le
fonctionnement des tubes cathodiques. Au contraire, on attend toujours du juriste une
démonstration. Et l’on ne démontre rien sans méthode. Toute démonstration est une
méthode23.
Ainsi dans le cadre de cette étude, nous allons exploiter tour à tour les méthodes,
analytique et la méthode historique.
1. Méthode analytique
Cette méthode nous a permis d’analyser les différentes situations de la pauvreté en
République Démocratique du Congo dans le but de réduire le fausser qui en existe pour
assurer l’équilibre nécessaire.

18
COMBESIE, E, JC, La méthode en sociologie, éd. La découverte, Paris, 2001, pp. 9-10.
19
[Link] MBABULA, pour vous chercheur. Directives pour rédiger un travail scientifique suivi de
recherche scientifique sur internet, Lubumbashi, éd .Mpala, 3eme édition augmentée, 2006, pp.53-54.
20
MIDAGU BAHATI, Introduction à la méthodologie juridique, Kinshasa, éd, 1986, p.2.
21
[Link] MBABULA, pour vous chercheur. Directives pour rédiger un travail scientifique suivi de
recherche scientifique sur internet, Lubumbashi, éd. Mpala, 3eme édition augmentée, 2006, pp.53-54.
22
MIDAGU BAHATI, Introduction à la méthodologie juridique, Kinshasa, éd, 1986, p. 2.
23
8 F. GRUA, Méthodes des études de droit. Conseil sur la dissertation et le commentaire, collection méthodes
de droit, paris, Dalloz, 2006, p.2.
8

2. Méthode historique

Elle nous a permis de revoir de manière historique la question liée au rôle de


l’Etat dans la réduction de la pauvreté à travers le pays.

B. TECHNIQUES UTILISEES
En ce qui concerne, cette étude et compte tenu du domaine de recherche qui fait
partie intégrante des sociales, nous allons nous pencher aux écrits de J. WILLIAM GOODE,
auteur américain qui définit les techniques comme étant « des outils utilisés dans la collecte
des informations (chiffrées ou non) qui devront plus tard être soumises à l’interprétation et à
l’explication grâce aux méthodes »24. En d’autres termes les techniques sont des instruments,
des procédés opératoires utilisées pour la collecte des données nécessaire au travail sur le
terrain. Ce sont des moyens utilisés par l’auteur pour rassembler les informations originales
ou de seconde main sur un sujet donné25.
Une technique est un moyen au service de la méthode, désignant un ensemble de
procédés exploités par le chercheur dans la phase de la collecte des données 26. L’objet de
recherche sous examen nous a conduit à recourir à la technique documentaire, appelée
également l’observation directe par Gabriel KALABA MUTABUSHA 27 et la technique
d’observation directe.
1. Technique documentaire
En terme plus simple, cette technique consiste à la recherche, à l’exploitation et au
maniement des sources documentaires consistant à une fouille systématique de tout ce qui est
écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche. Il s’agit des ouvrages, des mémoires, des
rapports et les notes de cours ainsi que les sites web etc.
2. Technique d’observation directe

Cette technique nous a permis de situer le cadre de notre réflexion sur ce sujet
après l’observation sur la question de la pauvreté en République Démocratique du Congo.

24
J.W. GOODE, Methods in social Reseach, Mc GRAW-AI Company, New York, 1952, p. 5.
25
J. SHAMWANA., Recherche opérationnelle en sciences sociales, L1 SPA, UPN, 2011-2012, p. 15.
26
MUKUNA MUTANDA, Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, CEDARF, 2003, p.57.
27
G. KALABA MUTABUSHA, Méthodes de recherche scientifique, syllabus, D.E.S, Lubumbashi, Unilu,2002,
p.11.
9

V. DELIMITATION DU SUJET
L’immensité d’un travail scientifique soumet tout chercheur à préciser le domaine
dans lequel portera son étude. A cet effet, nous circonscrivons notre étude par rapport au rôle
de l’Etat dans la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo (RDC) et
cela couvre la période de 2018 à 2022.

De ce fait, comme tout novice en matière de rédaction des travaux scientifiques,


nous n’avons pas été épargnés par des difficultés liées à la collecte des données. En sus, la
précarité dans laquelle évolue la recherche scientifique en générale et des étudiants en
particulier ne nous a pas permis d’aller en profondeur de nos recherches. Qu’à cela ne tienne,
nous avons conjugué d’énormes efforts afin de présenter un travail digne et respectueux selon
les règles académiques.

VI. SUBDIVISION SOMMAIRE DU TRAVAIL

Dans le cadre de cette recherche scientifique, outre l’introduction et la conclusion,


le travail a deux chapitres d’une part, l’approche analytique et explicative des concepts de
base (chapitre 1) et de l’autre part, l’état des lieux de la pauvreté en RDC
10

CHAPITRE 1 : GÉNÉRALITÉS CONCEPTUELLES

Dans ce premier chapitre, nous nous attacherons à explorer des notions


fondamentales qui sous-tendent les débats contemporains sur les dynamiques économiques et
sociales. Le développement, la croissance, l’expansion, la pauvreté et le produit intérieur brut
(PIB) constituent des concepts clés qui interagissent de manière complexe et souvent
ambivalente.

Nous commencerons par définir le développement, en tant que processus


multidimensionnel visant à améliorer les conditions de vie et à promouvoir le bien-être des
populations. Nous aborderons ensuite la notion de croissance, souvent perçue comme un
indicateur économique majeur, mais qui mérite d'être interrogée en regard de ses implications
sociales et environnementales.

L'expansion, quant à elle, sera examinée sous l'angle de ses effets sur les
structures économiques et la répartition des ressources. Parallèlement, nous analyserons la
pauvreté, qui reste un défi mondial majeur, en tenant compte de ses manifestations variées et
de ses causes profondes. Enfin, nous aborderons le PIB comme un outil de mesure des
performances économiques, tout en discutant de ses limites en tant qu'indicateur de
développement humain et de bien-être.

Ce chapitre vise ainsi à poser les bases d'une réflexion approfondie sur la politique
économique, en mettant en lumière les interactions entre ces concepts et leur pertinence dans
le cadre des stratégies de développement durable.

1.1. DÉVELOPPEMENT

Le salut de la RDC ne dépendra pas non seulement des facteurs exogènes c'est-à-
dire des relations de coopération qu'elle entretient avec les autres, mais également et surtout
des facteurs endogènes c'est-à-dire de l'organisation urgente de l'administration de la
territoriale aux préoccupations du développement et du progrès social (infrastructures,
énergétique, de transport et de communication etc.) Cette démarche vers le progrès ne peut
provenir que d'une bonne coopération de congolais entre eux. 28 Nous allons analyser dans
cette section les définitions du développement (A), quelques obstacles au développement (B)
et des problèmes généraux liés au développement (C).

28
Déclaration de Léonard Shé Okitundu, ministre des affaires étrangères de la RDC, émission salon de la presse,
CNB, le 16 Juillet 2002.
11

A. Définitions de développement

Depuis quelques décennies, la notion de gouvernance est au centre de toutes


préoccupations des gouvernements des pays africains et des gouvernés, ainsi que des
organismes au service du développement. En effet, développer : c'est l'action de
développement. Il est synonyme de la croissance, de l'évolution, du progrès et de l'expansion,
etc. La notion du développement a pris dans le monde depuis les années 50, tant sur des idées
que celui de l'action, une importance telle qu'elle est devenue un objectif de politique
nationale. Le concept de développement désigne l'amélioration qualitative et durable d'une
économie et de son fonctionnement.29 Le problème de développement est d'abord et surtout un
problème de finalité : la réalisation du bonheur de la population, du bonheur du plus grand
nombre possible d'hommes au sein de la nation.

Le développement doit servir avant tout à alléger la souffrance du peuple, en


mettant l'économie au service de ce dernier, en luttant contre la misère, la faim, les maladies,
l'ignorance et les injustices sociales. 30 Une autre définition présente le développement comme
une amélioration du bien-être de l'ensemble de la population. Par exemple pour G
MYRDAL31, le développement est « le mouvement vers le haut de tout le corps social » en
matière de besoins fondamentaux (nourriture, accès à l'eau, à l'éducation, aux loisirs, etc.) Les
organisations internationales qui dépendent de l'ONU32 définissent, quant à elles, les deux
notions suivantes : le développement humain, c'est-à-dire la couverture des besoins
fondamentaux de tous et le développement durable, c'est-à-dire un développement qui répond
aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux
leurs.
La raison pour laquelle, l'économie actuelle de la RDC vit des
dysfonctionnements liés à la problématique du pouvoir d'achat ou l'augmentation des prix, à
l’incapacité des entreprises publiques à créer de la richesse, au chômage exagéré, de la
spéculation et désorganisation du système du marché des matériaux de construction, de
l'alimentation, de l'agriculture se trouve les antivaleurs dont le détournement des fonds
publics. Pour assurer le vrai décollage économique pour ce qui est le cas de la RDC, il est

29
cf. Baoutou Bahama, ISPH : 200
30
Alama Lana, cité par Bitundu Mwanantanya J-P, notes du cours d'écodéveloppement, inédit, L1 ISDR
UVIRA, 2010-2011, P.30
31
G. MYRDAL cité par Frédérique Appfel_Marglin et alii, défaire le développement, refaire le monde,
l'Aventurine, Paris, p.34
32
[Link] 15 avril 2023
12

question d'application de la bonne gouvernance notamment économique et de la stabilité


politique33.

La bonne gouvernance en RDC est confrontée à plusieurs problèmes qui se posent


souvent dans la pratique de ce nouveau cadre de gestion, la res-publica. Il s'agit notamment
dans cette gestion, des pratiques comme le tribalisme, le favoritisme, le clientélisme, la
corruption, les détournements, l'impunité, la privatisation de l'Etat 34. Mais, seul le
détournement retiendra notre attention dans le cadre de cette étude.

B. Quelques obstacles au développement de la RDC

Certaines pratiques, habitudes remettent en cause tout effort du développement de


la RDC. C’est le cas de la corruption, du détournement des deniers publics, de l’impunité etc.

1. La corruption

En partant de la définition même de la bonne gouvernance, elle fustige la


corruption par ce qu'elle exclut cette dernière dans sa pratique et la combat à tous les niveaux
de la gestion de la res-publica si elle apparaît. Ainsi, la lutte contre la corruption est
aujourd'hui très médiatisée. En RDC, les réflexions sur les contours de la corruption présente
cette dernière comme une dégradation de la santé morale d'un ordre politique prédateur fondé
sur les antivaleurs existants depuis la décolonisation mais manifestement amplifiés sous la
IIe République du président Mobutu et lesquels ont abouti à la détérioration des conditions
économiques, sociales, juridiques et politiques... de l'Etat35.

La situation de corruption au cours des années serait due aux conditions sociales
des agents et fonctionnaires de l'Etat au sein de l'Administration publique et dans les secteurs
publics. Les agents et fonctionnaires de l'Etat demeuraient sans être payés de leur salaire des
mois et des mois. En conséquence, ils ont cherché un autre moyen pour subvenir à leurs
besoins, terme lancé « ezamadesuyabana » ou « sokinasaliboye te nakolia l'Etat36 ? ». Ce qui
les a entraînés dans la pratique de la corruption.

33
PNUD, Renforcer la gouvernance au moyen du Renforcement de la capacité nationale. Document de stratégie
pour l'Afrique sub-saharienne, New York, Nations Unies, 1995, p85.
34
VERHAEGEN, « Le Programme du Gouvernement de coalition : Bonne Gouvernance et rôle de la société
civile », in Congo- Afrique, no 414, Kinshasa, Avril, 2007, p215.
35
TAMBWE NGONGO, « La corruption dans l'Administration publique Congolaise : de la corruption survie à
la privatisation de l’Etat », in Analyses sociales, Vol X, Kinshasa, oct.- 2007, p37.
36
C'est la nourriture des enfants ou si je ne fais pas ceci, je vais manger l'Etat ?
13

La transparence constituant une clé du succès de la construction d'un État effectif,


la lutte contre la corruption demeure une composante majeure de l'agenda global des réformes
du secteur public dans notre pays. La faiblesse de la gouvernance se traduit par de mauvaise
politique gouvernementale, ainsi qu'un environnement économique et politique qui décourage
les investisseurs. En effet, la lutte contre la corruption doit se situer dans une volonté plus
large de réformer le secteur public. Christoph Stückelberger conclut que « l'avenir de
l'approche judiciaire de la lutte contre la corruption est en jeu en RDC »37.

2. Détournements

Ce fait est prévu et puni par le législateur congolais. Il est une utilisation, hors de
sa destination, d'un bien, d'une voix de droit ou d'un pouvoir. On peut l'illustrer par la
confiscation ou la rétention des fonds destinés aux agents et fonctionnaires de l'Etat ou pour la
réalisation d'ouvrage d'intérêt public et que ces fonds n'arrivent pas à la destination. Ce qu'on
déplore en R.D.C est que même s’il y a dénonciation d'un détournement de fonds publics, il
n'y a pas des poursuites judiciaires. Ce qui entraîne l'impunité et fragilise l'efficacité de l'Etat.

Ces différents fonds alloués à plusieurs constructions, le financement de plusieurs


projets qui se volatilisent et prennent la direction des poches des individus peuvent sans doute
accroitre notre économie et favorisé le développement souhaité.

3. Impunité

Souvent quand on parle de l'impunité, lorsqu'il s'agit de manque des sanctions


contre les crimes commis en violation des droits humains, dans des situations des guerres ou
après des conflits armés internes ou internationaux. Mais, l'impunité ne concerne pas que les
« crimes de sang ». Les malversations socio-politiques et économiques telles que le
détournement de deniers publics, la corruption, la concussion, l'abus de confiance d'un agent
public de l'Etat, etc., auxquelles il n'est donné aucune suite laissent également ses auteurs agir
impunément.

Observons les autorités publiques et animateurs étatiques en RDC qui concentrent


les richesses du pays et détournent des fonds publics à des fins personnelles, à tous ceux qui
ont pillé et pillent les ressources naturelles du pays, les exploitent au détriment de la

37
CHRISTOPH STÜCKELBERGER, Vaincre la corruption dans la société et dans les Églises - c'est possible,
Cours aux Universités protestantes, UEA/Bukavu, ULPGL Goma, UPC Kinshasa, Nov. 2010.
[Link]
14

population locale ou encore, les échangent en contrebande contre les armes ou pour financer
les milices, rebelles encore actifs dans le pays.

Ainsi, l'impunité « est la situation qui résulte de l'absence de sanction pénale


contre un ou des individus accusés d'avoir commis des crimes »[Link], le code pénal
congolais puni les actes qui tombent dans les malversations économiques et financières des
agents mais personne ne s'inquiète, car la sanction ne se prononce pas.

De ce qui précède, il y lieu de retenir la gestion transparente de la chose publique


(Etat, province, entité territoriale décentralisée), de la responsabilité des gouvernants (devant
leurs acteurs et leurs institutions compétentes), et l'obligation de rendre compte de leur gestion
(devant les cours et tribunaux, et le pouvoir législatif), du refus de la corruption, de la
participation collective au destin commun, du respect des droits de l'homme, de la démocratie
et de l'Etat de droit donnera à la RDC une vision projetée de son développement. En effet,
l'Etat dans le contexte de la RDC doit s'approprier de la bonne gouvernance afin de la mettre
en application pour se développer dans son ensemble.

C. Des problèmes généraux liés au développement

L'accès à l'indépendance, la cessation de la guerre civile, et d'autres menaces à la


stabilité gouvernementale ne forment que la première étape sur la voie d'un contexte politique
propice au développement économique ; d'où tous les gouvernements du monde, même
stables et indépendants, voient leurs actions entravées par des multiples freins politiques.

1. Les moyens politiques de l'action publique en faveur du développement


Dès l'origine, le terme politique signifiait l'art de gouverner, alors que la politique
économique porte sur l'art de gouverner dans le domaine économique. A ce niveau
conceptuel, vous comprendrez que la politique au sens de la gestion du pouvoir public ne
suffit pas pour booster le développement ; d'où il nécessite une politique économique afin
d'assurer la meilleure gouvernance des économies du pays qui, par l'impossible, favoriseraient
le développement.

En effet, une politique économique néfaste peut empêcher le démarrage de la


croissance, et arrêter celle-ci après son commencement si elle n'a pas été bien encadrée. Le
problème soulevé par cette notion tient au fait qu'une fois engagé, le développement
économique n'échappe pas obligatoirement à toute interruption.
38
D'ARGENT P., « Réconciliation, Impunité, Amnistie : quel droit pour quel mot ? » in La Revue Nouvelle,
Paris, nov.2003, p16.
15

2. Les obstacles internationaux au développement

Si la situation interne constitue-t-elle la cause principale de la stagnation


économique passée, la réussite du développement dépendra de remèdes nationaux. Mais l'on
soutient, c'est notamment le cas de certains économistes que les principaux obstacles actuels
au développement tiennent à des facteurs extérieurs aux pays en voie de développement.
Selon la thèse précisément avancée, l'existence de pays déjà riches et industrialisés crée des
pressions politiques et économiques internationales qui entravent l'effort de croissance des
pays démunis d'aujourd'hui.39

Ainsi définit, le développement pourrait être une des conséquences de la


croissance économique qui passe par une bonne gestion des revenus nationaux. Le
développement transparait à travers certaines réalisations à l'exemple de la construction des
voiries modernes, l'industrialisation des secteurs, ...

En effet, disons que les principaux facteurs qui déterminent le développement sont
d'ordre économique : production et revenu ; technologique : conditions de production ; social :
niveau de vie ; comportemental : attitudes vis à vis de la vie du travail ; institutionnel :
organisations, structures, institutions ; politique : choix des politiques de développement.

Ces facteurs procèdent de trois principaux objectifs du développement à savoir :

 Accroître la disponibilité et l'accessibilité des produits et services indispensables à la


vie tels que les aliments, le logement, la santé et la sécurité ;
 Assurer l'élévation du niveau de vie en garantissant des revenus plus élevés, la
création de plus d'emplois, une meilleure et davantage de valeurs culturelles et
humaines, toutes conditions qui concourent à améliorer le bien-être matériel mais
aussi à générer une plus grande dignité individuelle et nationale.
 Accroître la gamme des choix économiques et sociaux offerts aux individus et
nations, en les libérant de la servitude et de la dépendance, non seulement à l'égard
des autres peuples et nations, mais aussi des forces de l'ignorance et de la misère. Ces
trois objectifs s'expriment souvent par l'autosuffisance, la dignité et la liberté.

Les considérations générales terminées, nous allons maintenant passer à notre


deuxième chapitre sur l'Etat des lieux des détournements des deniers publics en République
démocratique du Congo.

39
MALCOM Gilles et al. Economie du développement, 4ème édition, De Boeck Université, paris, p 34.
16

1.2. CROISSANCE

La croissance économique est un concept fondamental en économie, désignant


l'augmentation de la production de biens et de services d'un pays sur une période donnée.
Cette croissance est généralement mesurée par le Produit Intérieur Brut (PIB), qui représente
la valeur totale des biens et services produits dans un pays. Pour évaluer la croissance, on
compare souvent le PIB d'une année à celui de l'année précédente, ce qui permet de calculer
un taux de croissance annuel.

Les économistes utilisent le terme de croissance conventionnellement pour décrire


une augmentation de la production sur le long terme (une durée supérieure à un an). Selon la
définition de François Perroux, la croissance économique correspond à « l'augmentation
soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une
nation, le produit global net en termes réels »40.

Au sens strict, la croissance décrit un processus d'accroissement de la seule


production économique. Elle ne renvoie donc pas directement à l'ensemble des mutations
économiques et sociales propres à une économie en développement. Ces transformations au
sens large sont, conventionnellement, désignées par le terme de développement économique.
Selon François Perroux, « le développement est la combinaison des changements mentaux et
sociaux d'une population qui la rend apte à faire croître, cumulativement et durablement, son
produit réel global »41. Le terme de « croissance » s'applique alors plus particulièrement aux
économies déjà développées.

La croissance peut résulter de plusieurs facteurs, notamment :

1. Investissement : L'accroissement des investissements, tant publics que privés, dans les
infrastructures, la technologie et les ressources humaines stimule la production.
2. Innovation : Les avancées technologiques et les nouvelles méthodes de production
permettent d'améliorer l'efficacité et d'augmenter la productivité.
3. Augmentation de la population active : Une main-d'œuvre en expansion contribue à la
capacité productive de l'économie.
4. Commerce international : L'ouverture aux marchés étrangers peut favoriser la
spécialisation et l'accès à de nouveaux marchés, stimulant ainsi la croissance.

40
François Perroux, Dictionnaire économique et social, Hatier, 1990.
41
Idem
17

La croissance économique est souvent perçue comme un indicateur de la santé


d'une économie. Toutefois, elle ne mesure pas à elle seule le bien-être des citoyens ou la
durabilité des ressources. C'est pourquoi il est essentiel d'accompagner la croissance d'une
réflexion sur la qualité de vie, l'égalité sociale et la protection de l'environnement.

A. Types de croissance

Il existe deux types principaux de croissance :

1. Croissance extensive : Cette forme de croissance est liée à l'augmentation des facteurs
de production, tels que le travail et le capital. Par exemple, lorsque les entreprises
investissent dans de nouvelles machines ou embauchent davantage de travailleurs, cela
peut entraîner une augmentation de la production. Cette théorie est souvent associée à
l'économiste John Maynard Keynes, qui soutenait que l'État devait jouer un rôle actif
dans l'investissement pour stimuler la croissance.
2. Croissance intensive : Contrairement à la croissance extensive, la croissance intensive
se concentre sur l'amélioration de la productivité des facteurs de production. Cela
signifie produire plus avec les mêmes ressources, souvent grâce à des innovations
technologiques. Karl Marx a souligné que les gains de productivité sont essentiels
pour atteindre une croissance durable.
B. Mesure de la croissance économique

La croissance économique est généralement mesurée par l'utilisation d'indicateurs


économiques dont le plus courant est le produit intérieur brut (PIB). Il offre une certaine
mesure quantitative du volume de la production. Afin d'effectuer des comparaisons
internationales, on utilise également la parité de pouvoir d'achat, qui permet d'exprimer le
pouvoir d'achat dans une monnaie de référence. Au niveau international, cette monnaie de
référence est le dollar américain. Pour comparer la situation d'un pays à des époques
différentes on peut également raisonner à monnaie constante en se référant aux prix d'une date
antérieure appelée date de référence (afin d’éviter les effets de l'inflation).

C. Déterminants de la croissance

On peut distinguer plusieurs types de déterminants à la croissance 42 : les richesses


naturelles, l'environnement extérieur, la population, l'innovation au sens de Joseph A.

42
Pierre Maillet, La Croissance économique, Presses universitaires de France, 1976, p. 98.
18

Schumpeter (concept qui ne concerne pas seulement le progrès technique), l'investissement, la


connaissance, la cohérence du développement. Les principales conclusions des travaux de
Xavier Sala-i-Martin, économiste espagnol spécialiste de la croissance 43, confirment qu'il n'y a
pas qu'un seul déterminant simple de la croissance économique. Il avance que le niveau initial
est la variable la plus importante et la plus robuste. C'est-à-dire que, dans la plupart des cas,
plus un pays est riche, moins il croît vite. Cette hypothèse est connue sous le nom de
convergence conditionnelle. Il considère également que la taille du gouvernement
(administration, secteur public) n'a que peu d'importance. Par contre la qualité du
gouvernement a beaucoup d'importance : les gouvernements qui causent l'hyperinflation (taux
d'inflation extrêmement élevé), la distorsion des taux de change, des déficits excessifs (ceux
de la balance des paiements et du budget de l'État) ou une bureaucratie inefficace ont de très
mauvais résultats. Il ajoute également que les économies plus ouvertes tendent à croître plus
vite (cf. croissance de la Chine depuis 2002). Enfin, l'efficience des institutions est très
importante : des marchés efficients, la reconnaissance de la propriété privée et l'état de droit
sont essentiels à la croissance économique 44. Il rejoint en cela les conclusions d'Hernando de
Soto45.

1.3. EXPANSION

L'expansion économique désigne une phase de croissance soutenue de l'activité


économique d'un pays ou d'une région. Pendant cette période, on observe généralement une
augmentation du produit intérieur brut (PIB), une hausse de la consommation, ainsi qu'une
progression des investissements et de l'emploi. L'expansion est une période où l'économie
connaît une augmentation significative de la production, de la consommation et des
investissements. Tous les indicateurs économiques sont généralement positifs, ce qui se
traduit par une hausse du pouvoir d'achat des ménages et une baisse du taux de chômage46.

En d’autres termes, l'expansion est une phase du cycle économique pendant


laquelle l'économie est en forte croissance. Cette augmentation conjoncturelle de l'activité
économique est très favorable à une hausse du pouvoir d'achat des ménages, des salaires, de la

43
Xavier Sala i Martín, 15 Years of New Growth Economics: What Have We Learnt?, Barcelone, 2002, p. 110.
44
Sur ce point des institutions, Gérard Dréan, dans un article intitulé Le modèle libéral et comment s'en servir
(dans la revue libérale Sociétal, 1er trimestre 2003, p. 45) souligne également que « Les facteurs les plus
étroitement corrélés avec la prospérité sont ceux qui garantissent un état de droit : droits de propriété, absence de
corruption, système juridique efficace. »
45
Hernando de Soto, Le Mystère du capital : pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout
ailleurs, 2005, Flammarion
46
[Link]
expansion-economique) consulté le 7 novembre 2024.
19

production et de la consommation. Tous les indicateurs économiques sont au vert ce qui


s'accompagne d'un taux de chômage très faible. L'investissement est également très important
pour permettre à la production de suivre la hausse de la consommation.

Dans un cycle économique, on distingue 4 phases : la surchauffe, la récession, la


reprise et l'expansion. L'expansion économique est l'exacte opposée de la récession. C'est la
phase la plus propice au développement de l'économie. L'expansion ne doit pas être
confondue avec la croissance économique. La croissance est une phase de long terme alors
que l'expansion est plus court terme.

Cette dynamique peut être influencée par divers facteurs, tels que l'augmentation
de la demande intérieure et extérieure, l'innovation technologique, ainsi que des politiques
économiques favorables. L'expansion se traduit souvent par une amélioration des conditions
de vie et une réduction du chômage, mais elle peut également engendrer des déséquilibres,
comme des tensions inflationnistes ou une surchauffe économique si elle n'est pas maîtrisée.

Cette phase est l'exact opposé de la récession, où l'économie se contracte et où


l'activité économique diminue47.

A. Caractéristiques de l'expansion
1. Augmentation de la consommation : Pendant l'expansion, la consommation des
ménages augmente, ce qui stimule la demande sur le marché des biens et services.
2. Investissements accrus : Les entreprises investissent davantage pour répondre à la
demande croissante, ce qui entraîne une augmentation de la production.
3. Inflation potentielle : Avec la croissance rapide, il peut y avoir une pression
inflationniste, ce qui pousse souvent les banques centrales à augmenter les taux
d'intérêt pour contrôler l'inflation.
B. Mécanismes de l'expansion
1. Cercle vertueux : L'augmentation des revenus des ménages entraîne une hausse de la
consommation, ce qui stimule à son tour l'investissement des entreprises. Ce processus
peut créer un cercle vertueux de croissance économique.
2. Intervention des pouvoirs publics* : Pour soutenir l'expansion, les gouvernements
peuvent intervenir par des politiques publiques, comme des investissements dans les
infrastructures, afin de relancer l'économie après une période de crise.
1.4. PAUVRETÉ
47
[Link]
expansion-economique Consulté le 7 novembre 2024 à 12h.
20

La lutte contre la pauvreté constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour


toutes les sociétés modernes à tel enseigne qu’elle a été l’objet d’un sommet onusien en 2000
et d’une résolution du Conseil des droits de l’Homme en 2012 48. Elle est la marque de l’échec
de la société entière dans son projet de développement et de progrès social 49. Elle s’invite dans
tous les débats publics, particulièrement ceux relatifs à l’Etat de droit, à la bonne
gouvernance, à la sécurité, au développement, voire aux droits de l’homme. Tous les acteurs
étatiques et non étatiques s’activent à rechercher les moyens les plus efficaces pour l’enrayer.

De prime abord, il convient de souligner qu’il est difficile d’expliquer quelque


chose que l’on ne connait ou que l’on ne sait saisir avec ses matériaux cognitifs. En effet, le
droit, particulièrement romaniste, met en place deux schémas réflexionnels de production
et/ou d’application normative dont l’un consiste à saisir les faits sociaux à travers les
catégorisations artificielles afin de prévoir les règles théoriques, abstraites et spécifiques à leur
appliquer50. Il s’agit en, d’autres termes, d’une déconstruction à trois étapes, à savoir : la
caractérisation du phénomène social (le donné), la catégorisation juridique (le construit) et le
présupposé normatif (le prescriptif)51. Or, la pauvreté est un casse-tête juridique : elle est
définie différemment selon les auteurs dépendamment des critères mis en exergue dont les
plus récurrents, relayés malheureusement par les textes juridiques, sont d’ordres financier,
économique et monétaire52.

La pauvreté est un état de privation économique et matérielle qui se manifeste par


l'incapacité d'un individu ou d'un groupe à satisfaire ses besoins fondamentaux. Cela inclut
l'accès à l'alimentation, à l'eau potable, à un logement décent, à l'éducation et aux soins de
santé. La pauvreté peut revêtir différentes formes, allant de la pauvreté absolue, où les
individus vivent en dessous d'un seuil critique de subsistance, à la pauvreté relative, qui se
48
Résolution 21/11 du 27/09/2012 portant Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme
(A/HRC/21/39).
49
B. LAUTIER et P. SALAMA, « De L’histoire de la pauvreté en Europe à la pauvreté dans le tiers monde »,
Revue Tiers Monde, vol. 36, no.142, (1995) : 245–255, [Link]
50
A côté de cette première approche dite « macro-juridique », existe une seconde, moins abstraite et qualifiée de
« micro-juridique », qui utilise le présupposé normatif (la norme) comme le point de départ d’un raisonnement
déductif (syllogisme) dont la mineure sera le fait ; tandis que la conclusion, la solution. Voir : P. BRUNET, «
Irrationalisme et anti-formalisme : sur quelques critiques du syllogisme normatif », Droits : Revue française de
théorie juridique, PUF, n°39, 2004, pp.197-217 ; N. BURNIAT, « Le syllogisme dialectique : modèle pour une
analyse structurelle des rapports entre fait et droit dans le cadre du raisonnement juridique en droit international
», Revue belge de droit international, 1999/2, Bruylant, Bruxelles, pp.435-474.
51
F. GENY, Science et technique en droit privé positif, T.I, (1914) : 96 ; Méthode d’interprétation et sources en
droit privé positif, LGDJ, 2ème éd., (1919) : 410.
52
Lire : G. KOUBI, « La pauvreté, comme violation des droits humains », Revue internationale des sciences
sociales, 180/2, (2004) : 361-371 ; E.M. MBONDA, « La pauvreté comme violation des droits humains : vers un
droit à la non-pauvreté », Revue internationale des sciences sociales, 180/2, (2004) : 309-321 ; A. SUPIOT, « La
pauvreté au miroir du Droit », Field Actions Science Reports [Online], Spécial Issue, 4 (2012),
[Link] Consulté le 9 novembre 2024 à 18h 33’’.
21

définit par rapport aux standards de vie d'une société donnée. La pauvreté serait l’état de celui
qui a un revenu insuffisant pour atteindre un niveau de vie minimum ou digne : elle est, la
condition dans laquelle se trouve un être humain privé de manière durable ou chronique des
ressources, des moyens, de la sécurité et du pouvoir nécessaires pour jouir d’un niveau de vie
suffisant et d’autres droits fondamentaux53.

La pauvreté ne se limite pas à un seuil de revenu. Elle inclut également l'accès à


l'éducation, aux soins de santé, à l'eau potable et à l'électricité. Ainsi, une personne peut être
considérée comme pauvre même si elle a un revenu légèrement supérieur au seuil de pauvreté,
si elle manque d'accès à ces services essentiels.

La pauvreté peut être classée en deux catégories :

 Pauvreté absolue : Vivre avec moins de 2,15 dollars par jour, ce qui est considéré
comme le seuil de survie minimum dans de nombreux pays.
 Pauvreté relative : Se sentir pauvre par rapport à la norme de vie de la société dans
laquelle on vit. Par exemple, une personne peut se sentir pauvre dans un pays riche
même si elle a un revenu supérieur au seuil de pauvreté absolue.

Les causes de la pauvreté sont multiples et souvent interconnectées, incluant des


facteurs économiques, sociaux et politiques. Parmi ceux-ci, on peut citer le chômage,
l'absence d'éducation, les inégalités de revenus, la discrimination et l'instabilité politique. La
pauvreté a des conséquences dévastatrices sur la vie des individus, affectant non seulement
leur santé physique et mentale, mais aussi leur capacité à participer pleinement à la vie sociale
et économique.

1.5. LE PRODUIT INTERIEUR BRUT (PIB)

Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur économique fondamental qui


mesure la valeur totale des biens et services produits dans un pays sur une période donnée,
généralement une année ou un trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) est une mesure
économique essentielle qui représente la valeur totale des biens et services produits au sein
d'un pays sur une période donnée, généralement une année. Il sert d'indicateur clé de la santé
53
Elle est d’ailleurs distinguée de l’extrême pauvreté définie comme un phénomène englobant la pauvreté
monétaire, la pauvreté du développement humain et l’exclusion sociale subie de manière prolongée et affectant
simultanément plusieurs domaines de l’existence et compromettant gravement les chances d’exercer ou de
reconquérir ses droits dans un avenir prévisible. Voir : CDESC, E/C.12/2001/10, §8 ; A/HRC/7/15, §.13 ;
E/CN.4/Sub.2/1996/13.
22

économique d'une nation, permettant d'évaluer sa performance et d'effectuer des


comparaisons internationales.

Le PIB peut être exprimé en termes nominaux ou réels. Le PIB nominal ne tient
pas compte de l'inflation, tandis que le PIB réel est ajusté pour refléter les variations de prix.
Cela permet d'obtenir une image plus précise de la croissance économique et du niveau de
vie54.

A. Les composantes du PIB

Le PIB se compose de quatre grandes catégories :

1. Consommation : Les dépenses des ménages pour des biens et services, comme la
nourriture, le logement et les loisirs.
2. Investissement : Les dépenses des entreprises pour l'acquisition de biens d'équipement
et les investissements en infrastructures.
3. Dépenses publiques : Les dépenses des administrations publiques pour les services et
infrastructures, sans inclure les transferts sociaux.
4. Exportations nettes : La différence entre les exportations et les importations de biens et
services.

Comment est calculé le PIB ?

Le PIB peut être calculé selon trois approches principales :

1. Approche par la production : Cette méthode consiste à additionner toutes les valeurs
ajoutées par les secteurs d'activité (comme l'industrie, les services, etc.) et à y ajouter
les taxes sur les produits, tout en soustrayant les subventions. La valeur ajoutée d'une
entreprise est calculée en soustrayant les consommations intermédiaires de son chiffre
d'affaires.
2. Approche par les revenus : Ici, le PIB est considéré comme la somme des revenus
générés par la production, incluant les salaires, les profits des entreprises et les impôts
perçus par l'État sur la production et les importations.
3. Approche par la demande : Cette méthode examine comment la richesse produite est
utilisée, en tenant compte des dépenses de consommation, des investissements, des

54
[Link] consulté
le 10 novembre 2024 à 18h 33’’.
23

variations de stocks et du solde des échanges extérieurs (différence entre exportations


et importations55.
B. Limites du PIB

Bien que le PIB soit un indicateur largement utilisé, il présente certaines limites :

1. Non prise en compte des inégalités : Le PIB ne reflète pas la répartition des richesses
au sein d'un pays. Par exemple, un pays peut avoir un PIB élevé tout en ayant une
grande partie de sa population vivant dans la pauvreté.
2. Impact environnemental : Le PIB ne prend pas en compte les coûts environnementaux
des activités économiques, comme la pollution ou la dégradation des ressources
naturelles. Certaines activités qui augmentent le PIB peuvent en réalité nuire au bien-
être à long terme56.
3. Économie informelle : Les activités non déclarées ou informelles ne sont pas
comptabilisées dans le PIB, ce qui peut conduire à une sous-estimation de l'activité
économique réelle57.

Le PIB est un outil essentiel pour analyser l'économie d'un pays, mais il doit être
utilisé avec prudence. Il est important de compléter cette mesure par d'autres indicateurs qui
prennent en compte le bien-être, les inégalités et les impacts environnementaux pour obtenir
une vision plus complète de la santé économique d'une nation.

1.6. POLITIQUE ÉCONOMIQUE

La politique économique désigne un ensemble de mesures et d'actions mises en


œuvre par un gouvernement pour influencer l'économie d'un pays. Elle vise à atteindre des
objectifs spécifiques tels que la croissance économique, la stabilité des prix, la réduction du
chômage et l'équité sociale. En d’autres termes, la politique économique désigne l'ensemble
des actions et des interventions menées par les administrations publiques, telles que l'État, la
banque centrale et les collectivités territoriales, dans le but d'influencer l'activité économique
d'un pays. Ces interventions visent à atteindre divers objectifs, notamment la croissance
économique, le plein emploi et la justice sociale. En d'autres termes, la politique économique

55
[Link] consulté le
10 novembre 2024 à 18h 33’’.
56
[Link]
indicateur-conteste-de-lactivite-economique/ Consulté le 15 novembre 2024 à 13h 00’’.
57
[Link]
indicateur-conteste-de-lactivite-economique/ Consulté le 15 novembre 2024 à 13h 00’’.
24

cherche à corriger les déséquilibres économiques tels que l'inflation, le chômage et les
inégalités de revenus et de richesse. La politique économique est l'ensemble des décisions
prises par les pouvoirs publics afin d'atteindre certains objectifs58.

Cette définition générique peut être complétée en fonction de l'orientation et de


l'horizon données à la politique économique. Ainsi, nous distinguerons les politiques
économiques dites structurelle, conjoncturelle.

Une politique économique structurelle est une politique de moyen et long terme
qui vise à transformer les structures, d'accroître la croissance potentielle d'une économie
nationale dans le but de corriger les oublis ou les erreurs du marché. La politique structurelle
peut viser divers pans de l'économie : le contrôle des prix, la gestion des finances publiques,
les entreprises publiques, le marché du travail, la protection sociale et les institutions
publiques59. Les politiques structurelles non seulement favorisent la croissance économique,
mais elles préparent aussi le terrain aux mesures de stabilisation.

Cette politique se décline principalement en deux volets :

 La politique monétaire : Elle est gérée par la banque centrale et concerne le contrôle
de la masse monétaire et des taux d'intérêt. L'objectif est de stabiliser la monnaie et de
maintenir l'inflation à un niveau maîtrisé.
 La politique budgétaire : Elle concerne les décisions relatives aux dépenses publiques
et à la fiscalité. En ajustant ces éléments, le gouvernement peut stimuler la demande
globale, soutenir des secteurs en difficulté ou encore investir dans des infrastructures.
A. Types de politiques économiques

Les économistes distinguent principalement deux types de politiques économiques


:

1. Politiques conjoncturelles : Ces politiques sont orientées vers des objectifs à court
terme (moins de 5 ans) et visent à stabiliser l'économie en réponse à des fluctuations
cycliques.
2. Politiques structurelles : Celles-ci ont des objectifs à moyen ou long terme (plus de 5
ans) et cherchent à modifier les fondements de l'économie pour améliorer son
fonctionnement global.

58
Bernier B. et Simony Y., initiation à la macroéconomie, 7eme édition PUF, Paris, 1998, P.403
59
Khaled Abdel-kader (2013), ABC de l'économie : Qu'entend-on par politiques structurelles ? ; Finances &
Développement ; Fonds Monétaire International.
25

B. Objectifs de la politique économique

Nicholas Kaldor (1908-1986) est un économiste britannique. Auteur du courant


post-keynésien,il a été l'un des principaux théoriciens des cycles économiques. En 1971, il
représente les objectifs de la politique économique à travers le « carré magique ». Le carré
magique de N. Kaldor reconnait à la politique économique quatre objectifs :

1. La croissance économique

Si elle dépend principalement de la demande globale de biens et de services, elle


dépend aussi de l'offre, de la capacité des entreprises à se développer pour répondre à la
demande. La politique économique doit donc stimuler le développement de la production et
du revenu national considéré comme le garant d'une amélioration du bien-être des individus.

2. La stabilité des prix

L’inflation n'est pas une variable à prendre à considération pour sa valeur en tant
que telle, elle sert plutôt d'indicateur des mauvaises performances économiques. Une inflation
élevée dans un pays donné est supposée signaler que les autorités publiques (budgétaires et
monétaires) concernées ne s'acquittent pas correctement de leur devoir. L'objectif de la
politique économique ici sera focalisé sur la limitation de l'inflation.

L'équilibre extérieure : le solde de la balance extérieure est une variable


intermédiaire. Généralement, la politique économique cherche à garder un certain équilibre au
niveau de la balance extérieure notamment entre les entrées et les sorties de biens, de services,
de revenus et de capitaux avec le reste du monde.

3. Le plein emploi

Le chômage est un mal nécessaire, à un certain niveau, puisqu'il faut du temps à


un travailleur pour passer d'un emploi à l'autre. Un des problèmes auxquels les décideurs sont
confrontés réside dans la difficulté à déterminer le niveau à partir duquel le taux du chômage
devient préoccupant. L'objectif de politique économique vise donc à maintenir l'économie
aussi proche que possible du plein emploi ou de la pleine utilisation des effectifs de la
population active.

Les objectifs ainsi reconnu à la politique économique sont la recherche d'un


niveau élevé d'emploi, d'une la croissance du produit national, d'une stabilité au moins relative
du niveau général des prix, d'une certaine réduction des inégalités avec un équilibre de la
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balance de payement (GuyQuaden ; 1990). Toutefois, le poids accordé à chacun de ces


objectifs et donc leurs hiérarchies peuvent varier dans le temps et dans l'espace.

La politique économique peut remplir plusieurs fonctions essentielles :

 Amélioration de l'allocation des ressources : Optimiser l'utilisation des ressources pour


accroître l'efficacité économique.
 Stabilisation économique : Ramener l'économie à un état d'équilibre après des chocs
ou des déséquilibres.
 Redistribution des richesses : Réduire les inégalités de revenus et de richesse au sein
de la société.
C. Instruments de la politique économique

Les gouvernements disposent de plusieurs instruments pour mettre en œuvre leur


politique économique :

 Politique monétaire : Elle est l'ensemble des décisions qui ont pour effet de modifier la
quantité de monnaie et le taux d'intérêt dens l'économie, et qui vise à faire varier, selon
la circonstance, le niveau général des prix 60. Ici, la monnaie est perçue comme un outil
de réglage des prix sur le marché pour. Quand la masse monétaire augmente sans que
la production ait aussi augmenté, les prix des biens et services augmente. C'est dans
cette même idée que le professeur KATO-KALE renchérit que "la politique monétaire
consiste à réguler l'offre de la monnaie pour rétablir un équilibre de plein emploi et/ou
pour assurer une croissance non inflationniste"61.

 Cette politique implique aussi la notion du taux de change. Quand le taux varie, il a
toujours varié au même sens que les prix des biens et services.

 En R.D.C., Cette politique est co-orchestrée par le gouvernement et la banque centrale.
Contrôle de la masse monétaire et des taux d'intérêt pour influencer l'inflation et la
croissance. La variation des prix, rééquilibrage de la balance des paiements peut être
obtenue par la modification du taux de change ou celle du niveau général des prix des
biens et services. Dans le premier cadre, le mécanisme mise en oeuvre est une

60
Gabriel LANDU V., Economie générale, Tome 2, éd. Bemaf, Kinshasa, 2016, p. 99.
61
KATO-KALE L., Economie politique, 3ème éd. Bemaf, Kinshasa, 2017, p.116.
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dévaluation ou une dépréciation dans le second la politique adoptée est la lutte contre
l'inflation et la recherche de la rentabilité des prix liée à celle du taux de change 62.
 Politique budgétaire : Gestion des dépenses publiques et des recettes fiscales pour
orienter l'économie.
 Réglementation : Mise en place de normes et de règles pour encadrer les activités
économiques et promouvoir la concurrence.

En somme, la politique économique est un outil fondamental pour réguler l'activité


économique, assurer le bien-être des citoyens et favoriser un développement durable.

CHAP 2 : PRÉSENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

62
KATO-KALE L., Economie politique, [Link]., p.125.

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