Rôle de l'État dans la pauvreté en RDC
Rôle de l'État dans la pauvreté en RDC
INTRODUCTION GENERALE
I. PROBLEMATIQUE
La lutte contre la pauvreté constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour
toutes les sociétés modernes à tel enseigne qu’elle a été l’objet d’un sommet onusien en 2000
et d’une résolution du Conseil des droits de l’Homme en 2012 1. Elle est la marque de l’échec
de la société entière dans son projet de développement et de progrès social 2. Elle s’invite dans
tous les débats publics, particulièrement ceux relatifs à l’Etat de droit, à la bonne
gouvernance, à la sécurité, au développement, voire aux droits de l’homme. Tous les acteurs
étatiques et non étatiques s’activent à rechercher les moyens les plus efficaces pour l’enrayer 3.
Rappelons d’emblée que la République Démocratique du Congo est l'un des pays
le plus potentiellement riche au monde en ressources naturelles diverses, occupant une
position géopolitique stratégiquement en Afrique et ayant une population estimée à plus de 80
millions d'habitants, dont la majorité de cette population est composée de 57% des jeunes.
Mais, l'économie congolaise reste parmi les économies les plus pauvres d'Afrique et du
1
Résolution 21/11 du 27/09/2012 portant Principes directeurs sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme
(A/HRC/21/39).
2
B. LAUTIER et P. SALAMA, « De L’histoire de la pauvreté en Europe à la pauvreté dans le tiers monde »,
Revue Tiers Monde, vol. 36, no.142, (1995) : 245–255, [Link]
3
Ghislain-David KASONGO LUKOJI, Pauvreté et Justice : De La Pauvreté Du Droit Au Droit De La Pauvreté,
Kinshasa, 2022, p.1.
2
monde4. « Quelles que soient l’ingéniosité de l'économiste et les nuances qu'il peut introduire
dans l'interprétation statistique, aucune analyse ne peut expliquer ce paradoxe frappant, RDC
pays potentiellement riche d'Afrique mais économiquement pauvre du continent » écrit M.
Nzanda-Buana5.
Il existe au sein de chaque Etat une organisation institutionnelle visant à gérer les
ressources publiques. Les opérations qui consistent à utiliser ces ressources sont assurées par
ladite institution en vue de garantir au pays la stabilité économique et sociale et la promotion
des affaires. Cependant, au regard de la réalité vécue, nous constatons que la situation socio-
économique de la RDC laisse à désirer notamment par un taux élevé de chômage, une
inégalité du traitement du point de vue salarial entre les Agents et Fonctionnaires de l’Etat
pourtant relevant d’un même statut laissant à la suite un déséquilibre et un sentiment de
méfiance entre eux6. Cette situation occasionne de plein droit la pauvreté à travers le pays.
En République Démocratique du Congo, la politique économique du pays se
trouve centrer entre le gouvernement qui en définie les modalités et le parlement qui vote à la
suite d’un débat général le Budget définissant à la suite les lignes maitresses de paiement
et/ou rémunération des Agents et Fonctionnaires de l’Etat mais également les différents
investissements prévus. Le rôle de l'État dans la réduction de la pauvreté dans un pays en
développement comme la République Démocratique du Congo (RDC) est un enjeu majeur
pour la période 2018-2022.
En effet, la RDC figure parmi les pays les Plus pauvres au monde, avec près de
75% de sa population vivant avec moins de 2,15 dollars par jour en 2023. Malgré ses
importantes ressources naturelles, le pays fait face à de nombreux défis structurels qui
entravent son développement économique et social, tels que l'instabilité politique, les conflits
armés, la faiblesse des institutions étatiques, la mauvaise gouvernance et la corruption. Dans
ce contexte, le rôle de l'État est primordial pour mettre en place des politiques et des
programmes visant à réduire la pauvreté, à améliorer l'accès aux services de base (santé,
éducation, eau potable, etc.) et à stimuler la croissance économique de manière inclusive.
Cependant, l'efficacité de ces interventions Étatiques reste à évaluer sur la période 2018-2022.
La réduction de la pauvreté constitue un défi majeur pour les pays en
développement, et la République Démocratique du Congo (R.D.C) ne fait pas exception.
4
Ministère du Plan, DSCRP de la R.D. Congo, Kinshasa 2010, p.7.
5
NZANDA-BUANA, « Principaux problèmes de gestion du développement en RDC sur fond de l'expérience
empirique », lettre de l'IRES, 2-3, Kinshasa, p.8.
6
M. TAMBWE MUTSHEMBE., Les inégalités sociales dans le traitement des Agents et Fonctionnaires de
l’Etat en RD. Congo, mémoire de fin de Cycle, L2 SPA, UPN, 2022-2023, pp. 1-2.
3
Entre 2018 et 2022, malgré les efforts déployés par l'État, la pauvreté persistante soulève des
questions cruciales sur l'efficacité des politiques mises en place. Cette étude s'interroge sur le
rôle de l'État dans la lutte contre la pauvreté en R.D.C. durant cette période.
En effet, pour mieux prédire l’hypothèse, cette étude pose la question de savoir
quel est le rôle de l’Etat dans la réduction de la pauvreté dans un pays envoies de
développement comme la République Démocratique du Congo et quels sont les obstacles
rencontrés par l’État dans la mise en œuvre de ses programmes de réduction de la pauvreté.
II. HYPOTHESES
Il faut dire clairement que l’hypothèse constitue une série des réponses permettant
de prédire une vérité scientifique vraisemblablement au regard des questions soulevées par la
problématique et dont la recherche vérifie le bien-fondé ou le mal fondé. Elle se présente
comme une ligne maitresse, une tentative de réponse appropriée au début de la recherche et
qui peut être confirmée ou infirmée selon les résultats de l’observation et l'analyse7.
Le salut de la RDC ne dépendra pas non seulement des facteurs exogènes c'est-à-
dire des relations de coopération qu'elle entretient avec les autres, mais également et surtout
des facteurs endogènes c'est-à-dire de l'organisation urgente de l'administration de la
territoriale aux préoccupations du développement et du progrès social (infrastructures,
énergétique, de transport et de communication etc.) Cette démarche vers le progrès ne peut
provenir que d'une bonne coopération de congolais entre eux.8
7
MULUMBATI NGASHA, Manuel de sociologie générale, éd. Africa, Lubumbashi, 1980, p.21
8
Déclaration de Léonard Shé Okitundu, ministre des affaires étrangères de la RDC, émission salon de la presse,
CNB, le 16 Juillet 2002.
4
9
cf. Baoutou Bahama, ISPH : 200
10
Alama Lana, cité par Bitundu Mwanantanya J-P, notes du cours d'écodéveloppement, inédit, L1 ISDR
UVIRA, 2010-2011, P.30
11
G. MYRDAL cité par Frédérique Appfel_Marglin et alii, défaire le développement, refaire le monde,
l'Aventurine, Paris, p.34
12
[Link] 15 avril 2023
13
PNUD, Renforcer la gouvernance au moyen du Renforcement de la capacité nationale. Document de stratégie
pour l'Afrique sub-saharienne, New York, Nations Unies, 1995, p85.
5
A. CHOIX DU SUJET
D’aucuns pourront demander pourquoi nous avons choisi un tel sujet plutôt qu’un
autre. En effet, il sied de noter à ce qui concerne le sujet de notre étude qu’un thème
d’investigation ne se choisit ni hasard, ni à la légère, mais, à partir de la curiosité scientifique
face à la vie que mène le chercheur et qu’il observe autours de lui dans son environnement,
dans son propre milieu et sa propre société 15. Le choix se présenter à cet effet comme le
premier acte qu’on pose dans le processus de toute recherche scientifique. Il n’existe pas, à ce
propos un procédé unique présidant à la détermination d’un terme d’investigation.
De ce fait, le choix qui nous a amené d’effectuer notre recherche scientifique sur
la question de l’analyse sur la pauvreté en RD Congo réside dans le souci de réduire l’écart de
traitement observé au pays pour assurer une redistribution équitable des richesses entre les
travailleurs de l’Etat et surtout le financement par l’Etat des activités économiques
susceptibles de réduire la pauvreté à travers une bonne politique économique. Cette politique
d’équilibre des recettes publiques couplée à la bonne gouvernance peut conduire sensiblement
à la réduction de la pauvreté à travers le pays dans la mesure où, il y aura une bonne
circulation de la monnaie, la création d’emplois à travers le financement de plusieurs activités
générateur de revenus au pays.
14
G. MALCOM et al. Economie du développement, 4ème édition, De Boeck Université, paris, p 34.
15
La réflexion d’ILUNGA KABONGO citée par le professeur J. DJOLI ESENG’EKEL dans sa thèse sur le
constitutionnalisme africain entre des héritages et l’invention du futur (l’exemple congolais), Université pari 1
panthéon-Sorbonne, 2002, p.50.
6
B. INTERET DU SUJET
L’essentiel d’une recherche scientifique ne consiste pas à inventer les choses, mais
plutôt à apporter une pierre à la construction de l’édifice toujours en chantier.
1. Intérêt théorique
2. Intérêt pratique
Des différentes méthodes de recherche furent employées, ce qui est une évidence
puisque tout travail demande des instruments et des moyens.
A. METHODES DE LA RECHERCHE
D’emblée, il convient de rappeler que la recherche scientifique est définie comme
une investigation rigoureuse, critique et systématique menée sur un objet donné et précis, sur
base des procédés méthodologiques susceptibles de conduire à une connaissance vraie,
vérifiable et communicable de l’objet étudié 17. Le choix des méthodes dans une recherche
scientifique détermine la configuration de l’univers d’enquête par des procédés précis, bien
16
E. MWANZO, Notes de cours de méthodologie juridique, UNIKIN, 2014-2015, p. 28.
17
SHOMBA KINYAMBA, Méthodologie de la recherche scientifique, parcours et moyens d’y parvenir, 4ème éd.,
Kinshasa, M.E.S, 2005, p.24
7
cumulées car les unes couvrent les inconvénients des autres. Il oriente le travail, l’étendu ou
l’ampleur de l’investigation et la préférence du chercheur. A en croire jean Claude
COMBESIE, une méthode est un mode de saisine, donc de construction de l’objet. Elle guide
pour la route18, éclaire mais ne décide pas la route. En effet, l’élaboration d’un travail
scientifique nécessite le choix d’une méthode de recherche rigoureuse et appropriée devant
constituer sa charpente osseuse dans son argumentaire. On entend par méthode : « l’ensemble
des règles pour conduire raisonnablement, logiquement nos pensées. En d’autres mots, c’est la
voie à suivre pour atteindre le but qu’on s’est fixé » 19. C’est aussi une démarche rationnelle de
l’esprit vers la vérité20. En d’autres mots, c’est la voie à suivre pour atteindre le but qu’on
s’est fixé »21. C’est aussi une démarche rationnelle de l’esprit vers la vérité22.
En Droit, comme l’écrit François Grau, le besoin de méthode resurgit cependant
quand on observe que l’idée d’un droit positif qui aurait réponse à tout se révèle illusoire.
L’accumulation des textes et des décisions de jurisprudence tend davantage à compliquer le
droit qu’à le simplifier sans méthode on s’y noie. Il y’a aussi une particularité des juristes qui
appelle une bonne méthode que, pour tous les juristes, faire du droit consiste toujours à
convaincre. L’Avocat doit convaincre le Juge. Le Juge doit convaincre le Juge Supérieur. Le
Professeur doit convaincre l’étudiant et vice-versa. Un médecin n’a pas besoin d’exposé clair
pour soigner. On ne demande pas non plus à un réparateur de télévision un exposé clair sur le
fonctionnement des tubes cathodiques. Au contraire, on attend toujours du juriste une
démonstration. Et l’on ne démontre rien sans méthode. Toute démonstration est une
méthode23.
Ainsi dans le cadre de cette étude, nous allons exploiter tour à tour les méthodes,
analytique et la méthode historique.
1. Méthode analytique
Cette méthode nous a permis d’analyser les différentes situations de la pauvreté en
République Démocratique du Congo dans le but de réduire le fausser qui en existe pour
assurer l’équilibre nécessaire.
18
COMBESIE, E, JC, La méthode en sociologie, éd. La découverte, Paris, 2001, pp. 9-10.
19
[Link] MBABULA, pour vous chercheur. Directives pour rédiger un travail scientifique suivi de
recherche scientifique sur internet, Lubumbashi, éd .Mpala, 3eme édition augmentée, 2006, pp.53-54.
20
MIDAGU BAHATI, Introduction à la méthodologie juridique, Kinshasa, éd, 1986, p.2.
21
[Link] MBABULA, pour vous chercheur. Directives pour rédiger un travail scientifique suivi de
recherche scientifique sur internet, Lubumbashi, éd. Mpala, 3eme édition augmentée, 2006, pp.53-54.
22
MIDAGU BAHATI, Introduction à la méthodologie juridique, Kinshasa, éd, 1986, p. 2.
23
8 F. GRUA, Méthodes des études de droit. Conseil sur la dissertation et le commentaire, collection méthodes
de droit, paris, Dalloz, 2006, p.2.
8
2. Méthode historique
B. TECHNIQUES UTILISEES
En ce qui concerne, cette étude et compte tenu du domaine de recherche qui fait
partie intégrante des sociales, nous allons nous pencher aux écrits de J. WILLIAM GOODE,
auteur américain qui définit les techniques comme étant « des outils utilisés dans la collecte
des informations (chiffrées ou non) qui devront plus tard être soumises à l’interprétation et à
l’explication grâce aux méthodes »24. En d’autres termes les techniques sont des instruments,
des procédés opératoires utilisées pour la collecte des données nécessaire au travail sur le
terrain. Ce sont des moyens utilisés par l’auteur pour rassembler les informations originales
ou de seconde main sur un sujet donné25.
Une technique est un moyen au service de la méthode, désignant un ensemble de
procédés exploités par le chercheur dans la phase de la collecte des données 26. L’objet de
recherche sous examen nous a conduit à recourir à la technique documentaire, appelée
également l’observation directe par Gabriel KALABA MUTABUSHA 27 et la technique
d’observation directe.
1. Technique documentaire
En terme plus simple, cette technique consiste à la recherche, à l’exploitation et au
maniement des sources documentaires consistant à une fouille systématique de tout ce qui est
écrit ayant une liaison avec le domaine de recherche. Il s’agit des ouvrages, des mémoires, des
rapports et les notes de cours ainsi que les sites web etc.
2. Technique d’observation directe
Cette technique nous a permis de situer le cadre de notre réflexion sur ce sujet
après l’observation sur la question de la pauvreté en République Démocratique du Congo.
24
J.W. GOODE, Methods in social Reseach, Mc GRAW-AI Company, New York, 1952, p. 5.
25
J. SHAMWANA., Recherche opérationnelle en sciences sociales, L1 SPA, UPN, 2011-2012, p. 15.
26
MUKUNA MUTANDA, Méthodologie de la recherche scientifique, Kinshasa, CEDARF, 2003, p.57.
27
G. KALABA MUTABUSHA, Méthodes de recherche scientifique, syllabus, D.E.S, Lubumbashi, Unilu,2002,
p.11.
9
V. DELIMITATION DU SUJET
L’immensité d’un travail scientifique soumet tout chercheur à préciser le domaine
dans lequel portera son étude. A cet effet, nous circonscrivons notre étude par rapport au rôle
de l’Etat dans la réduction de la pauvreté en République Démocratique du Congo (RDC) et
cela couvre la période de 2018 à 2022.
L'expansion, quant à elle, sera examinée sous l'angle de ses effets sur les
structures économiques et la répartition des ressources. Parallèlement, nous analyserons la
pauvreté, qui reste un défi mondial majeur, en tenant compte de ses manifestations variées et
de ses causes profondes. Enfin, nous aborderons le PIB comme un outil de mesure des
performances économiques, tout en discutant de ses limites en tant qu'indicateur de
développement humain et de bien-être.
Ce chapitre vise ainsi à poser les bases d'une réflexion approfondie sur la politique
économique, en mettant en lumière les interactions entre ces concepts et leur pertinence dans
le cadre des stratégies de développement durable.
1.1. DÉVELOPPEMENT
Le salut de la RDC ne dépendra pas non seulement des facteurs exogènes c'est-à-
dire des relations de coopération qu'elle entretient avec les autres, mais également et surtout
des facteurs endogènes c'est-à-dire de l'organisation urgente de l'administration de la
territoriale aux préoccupations du développement et du progrès social (infrastructures,
énergétique, de transport et de communication etc.) Cette démarche vers le progrès ne peut
provenir que d'une bonne coopération de congolais entre eux. 28 Nous allons analyser dans
cette section les définitions du développement (A), quelques obstacles au développement (B)
et des problèmes généraux liés au développement (C).
28
Déclaration de Léonard Shé Okitundu, ministre des affaires étrangères de la RDC, émission salon de la presse,
CNB, le 16 Juillet 2002.
11
A. Définitions de développement
29
cf. Baoutou Bahama, ISPH : 200
30
Alama Lana, cité par Bitundu Mwanantanya J-P, notes du cours d'écodéveloppement, inédit, L1 ISDR
UVIRA, 2010-2011, P.30
31
G. MYRDAL cité par Frédérique Appfel_Marglin et alii, défaire le développement, refaire le monde,
l'Aventurine, Paris, p.34
32
[Link] 15 avril 2023
12
1. La corruption
La situation de corruption au cours des années serait due aux conditions sociales
des agents et fonctionnaires de l'Etat au sein de l'Administration publique et dans les secteurs
publics. Les agents et fonctionnaires de l'Etat demeuraient sans être payés de leur salaire des
mois et des mois. En conséquence, ils ont cherché un autre moyen pour subvenir à leurs
besoins, terme lancé « ezamadesuyabana » ou « sokinasaliboye te nakolia l'Etat36 ? ». Ce qui
les a entraînés dans la pratique de la corruption.
33
PNUD, Renforcer la gouvernance au moyen du Renforcement de la capacité nationale. Document de stratégie
pour l'Afrique sub-saharienne, New York, Nations Unies, 1995, p85.
34
VERHAEGEN, « Le Programme du Gouvernement de coalition : Bonne Gouvernance et rôle de la société
civile », in Congo- Afrique, no 414, Kinshasa, Avril, 2007, p215.
35
TAMBWE NGONGO, « La corruption dans l'Administration publique Congolaise : de la corruption survie à
la privatisation de l’Etat », in Analyses sociales, Vol X, Kinshasa, oct.- 2007, p37.
36
C'est la nourriture des enfants ou si je ne fais pas ceci, je vais manger l'Etat ?
13
2. Détournements
Ce fait est prévu et puni par le législateur congolais. Il est une utilisation, hors de
sa destination, d'un bien, d'une voix de droit ou d'un pouvoir. On peut l'illustrer par la
confiscation ou la rétention des fonds destinés aux agents et fonctionnaires de l'Etat ou pour la
réalisation d'ouvrage d'intérêt public et que ces fonds n'arrivent pas à la destination. Ce qu'on
déplore en R.D.C est que même s’il y a dénonciation d'un détournement de fonds publics, il
n'y a pas des poursuites judiciaires. Ce qui entraîne l'impunité et fragilise l'efficacité de l'Etat.
3. Impunité
37
CHRISTOPH STÜCKELBERGER, Vaincre la corruption dans la société et dans les Églises - c'est possible,
Cours aux Universités protestantes, UEA/Bukavu, ULPGL Goma, UPC Kinshasa, Nov. 2010.
[Link]
14
population locale ou encore, les échangent en contrebande contre les armes ou pour financer
les milices, rebelles encore actifs dans le pays.
En effet, disons que les principaux facteurs qui déterminent le développement sont
d'ordre économique : production et revenu ; technologique : conditions de production ; social :
niveau de vie ; comportemental : attitudes vis à vis de la vie du travail ; institutionnel :
organisations, structures, institutions ; politique : choix des politiques de développement.
39
MALCOM Gilles et al. Economie du développement, 4ème édition, De Boeck Université, paris, p 34.
16
1.2. CROISSANCE
1. Investissement : L'accroissement des investissements, tant publics que privés, dans les
infrastructures, la technologie et les ressources humaines stimule la production.
2. Innovation : Les avancées technologiques et les nouvelles méthodes de production
permettent d'améliorer l'efficacité et d'augmenter la productivité.
3. Augmentation de la population active : Une main-d'œuvre en expansion contribue à la
capacité productive de l'économie.
4. Commerce international : L'ouverture aux marchés étrangers peut favoriser la
spécialisation et l'accès à de nouveaux marchés, stimulant ainsi la croissance.
40
François Perroux, Dictionnaire économique et social, Hatier, 1990.
41
Idem
17
A. Types de croissance
1. Croissance extensive : Cette forme de croissance est liée à l'augmentation des facteurs
de production, tels que le travail et le capital. Par exemple, lorsque les entreprises
investissent dans de nouvelles machines ou embauchent davantage de travailleurs, cela
peut entraîner une augmentation de la production. Cette théorie est souvent associée à
l'économiste John Maynard Keynes, qui soutenait que l'État devait jouer un rôle actif
dans l'investissement pour stimuler la croissance.
2. Croissance intensive : Contrairement à la croissance extensive, la croissance intensive
se concentre sur l'amélioration de la productivité des facteurs de production. Cela
signifie produire plus avec les mêmes ressources, souvent grâce à des innovations
technologiques. Karl Marx a souligné que les gains de productivité sont essentiels
pour atteindre une croissance durable.
B. Mesure de la croissance économique
C. Déterminants de la croissance
42
Pierre Maillet, La Croissance économique, Presses universitaires de France, 1976, p. 98.
18
1.3. EXPANSION
43
Xavier Sala i Martín, 15 Years of New Growth Economics: What Have We Learnt?, Barcelone, 2002, p. 110.
44
Sur ce point des institutions, Gérard Dréan, dans un article intitulé Le modèle libéral et comment s'en servir
(dans la revue libérale Sociétal, 1er trimestre 2003, p. 45) souligne également que « Les facteurs les plus
étroitement corrélés avec la prospérité sont ceux qui garantissent un état de droit : droits de propriété, absence de
corruption, système juridique efficace. »
45
Hernando de Soto, Le Mystère du capital : pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et échoue partout
ailleurs, 2005, Flammarion
46
[Link]
expansion-economique) consulté le 7 novembre 2024.
19
Cette dynamique peut être influencée par divers facteurs, tels que l'augmentation
de la demande intérieure et extérieure, l'innovation technologique, ainsi que des politiques
économiques favorables. L'expansion se traduit souvent par une amélioration des conditions
de vie et une réduction du chômage, mais elle peut également engendrer des déséquilibres,
comme des tensions inflationnistes ou une surchauffe économique si elle n'est pas maîtrisée.
A. Caractéristiques de l'expansion
1. Augmentation de la consommation : Pendant l'expansion, la consommation des
ménages augmente, ce qui stimule la demande sur le marché des biens et services.
2. Investissements accrus : Les entreprises investissent davantage pour répondre à la
demande croissante, ce qui entraîne une augmentation de la production.
3. Inflation potentielle : Avec la croissance rapide, il peut y avoir une pression
inflationniste, ce qui pousse souvent les banques centrales à augmenter les taux
d'intérêt pour contrôler l'inflation.
B. Mécanismes de l'expansion
1. Cercle vertueux : L'augmentation des revenus des ménages entraîne une hausse de la
consommation, ce qui stimule à son tour l'investissement des entreprises. Ce processus
peut créer un cercle vertueux de croissance économique.
2. Intervention des pouvoirs publics* : Pour soutenir l'expansion, les gouvernements
peuvent intervenir par des politiques publiques, comme des investissements dans les
infrastructures, afin de relancer l'économie après une période de crise.
1.4. PAUVRETÉ
47
[Link]
expansion-economique Consulté le 7 novembre 2024 à 12h.
20
définit par rapport aux standards de vie d'une société donnée. La pauvreté serait l’état de celui
qui a un revenu insuffisant pour atteindre un niveau de vie minimum ou digne : elle est, la
condition dans laquelle se trouve un être humain privé de manière durable ou chronique des
ressources, des moyens, de la sécurité et du pouvoir nécessaires pour jouir d’un niveau de vie
suffisant et d’autres droits fondamentaux53.
Pauvreté absolue : Vivre avec moins de 2,15 dollars par jour, ce qui est considéré
comme le seuil de survie minimum dans de nombreux pays.
Pauvreté relative : Se sentir pauvre par rapport à la norme de vie de la société dans
laquelle on vit. Par exemple, une personne peut se sentir pauvre dans un pays riche
même si elle a un revenu supérieur au seuil de pauvreté absolue.
Le PIB peut être exprimé en termes nominaux ou réels. Le PIB nominal ne tient
pas compte de l'inflation, tandis que le PIB réel est ajusté pour refléter les variations de prix.
Cela permet d'obtenir une image plus précise de la croissance économique et du niveau de
vie54.
1. Consommation : Les dépenses des ménages pour des biens et services, comme la
nourriture, le logement et les loisirs.
2. Investissement : Les dépenses des entreprises pour l'acquisition de biens d'équipement
et les investissements en infrastructures.
3. Dépenses publiques : Les dépenses des administrations publiques pour les services et
infrastructures, sans inclure les transferts sociaux.
4. Exportations nettes : La différence entre les exportations et les importations de biens et
services.
1. Approche par la production : Cette méthode consiste à additionner toutes les valeurs
ajoutées par les secteurs d'activité (comme l'industrie, les services, etc.) et à y ajouter
les taxes sur les produits, tout en soustrayant les subventions. La valeur ajoutée d'une
entreprise est calculée en soustrayant les consommations intermédiaires de son chiffre
d'affaires.
2. Approche par les revenus : Ici, le PIB est considéré comme la somme des revenus
générés par la production, incluant les salaires, les profits des entreprises et les impôts
perçus par l'État sur la production et les importations.
3. Approche par la demande : Cette méthode examine comment la richesse produite est
utilisée, en tenant compte des dépenses de consommation, des investissements, des
54
[Link] consulté
le 10 novembre 2024 à 18h 33’’.
23
Bien que le PIB soit un indicateur largement utilisé, il présente certaines limites :
1. Non prise en compte des inégalités : Le PIB ne reflète pas la répartition des richesses
au sein d'un pays. Par exemple, un pays peut avoir un PIB élevé tout en ayant une
grande partie de sa population vivant dans la pauvreté.
2. Impact environnemental : Le PIB ne prend pas en compte les coûts environnementaux
des activités économiques, comme la pollution ou la dégradation des ressources
naturelles. Certaines activités qui augmentent le PIB peuvent en réalité nuire au bien-
être à long terme56.
3. Économie informelle : Les activités non déclarées ou informelles ne sont pas
comptabilisées dans le PIB, ce qui peut conduire à une sous-estimation de l'activité
économique réelle57.
Le PIB est un outil essentiel pour analyser l'économie d'un pays, mais il doit être
utilisé avec prudence. Il est important de compléter cette mesure par d'autres indicateurs qui
prennent en compte le bien-être, les inégalités et les impacts environnementaux pour obtenir
une vision plus complète de la santé économique d'une nation.
55
[Link] consulté le
10 novembre 2024 à 18h 33’’.
56
[Link]
indicateur-conteste-de-lactivite-economique/ Consulté le 15 novembre 2024 à 13h 00’’.
57
[Link]
indicateur-conteste-de-lactivite-economique/ Consulté le 15 novembre 2024 à 13h 00’’.
24
cherche à corriger les déséquilibres économiques tels que l'inflation, le chômage et les
inégalités de revenus et de richesse. La politique économique est l'ensemble des décisions
prises par les pouvoirs publics afin d'atteindre certains objectifs58.
Une politique économique structurelle est une politique de moyen et long terme
qui vise à transformer les structures, d'accroître la croissance potentielle d'une économie
nationale dans le but de corriger les oublis ou les erreurs du marché. La politique structurelle
peut viser divers pans de l'économie : le contrôle des prix, la gestion des finances publiques,
les entreprises publiques, le marché du travail, la protection sociale et les institutions
publiques59. Les politiques structurelles non seulement favorisent la croissance économique,
mais elles préparent aussi le terrain aux mesures de stabilisation.
La politique monétaire : Elle est gérée par la banque centrale et concerne le contrôle
de la masse monétaire et des taux d'intérêt. L'objectif est de stabiliser la monnaie et de
maintenir l'inflation à un niveau maîtrisé.
La politique budgétaire : Elle concerne les décisions relatives aux dépenses publiques
et à la fiscalité. En ajustant ces éléments, le gouvernement peut stimuler la demande
globale, soutenir des secteurs en difficulté ou encore investir dans des infrastructures.
A. Types de politiques économiques
1. Politiques conjoncturelles : Ces politiques sont orientées vers des objectifs à court
terme (moins de 5 ans) et visent à stabiliser l'économie en réponse à des fluctuations
cycliques.
2. Politiques structurelles : Celles-ci ont des objectifs à moyen ou long terme (plus de 5
ans) et cherchent à modifier les fondements de l'économie pour améliorer son
fonctionnement global.
58
Bernier B. et Simony Y., initiation à la macroéconomie, 7eme édition PUF, Paris, 1998, P.403
59
Khaled Abdel-kader (2013), ABC de l'économie : Qu'entend-on par politiques structurelles ? ; Finances &
Développement ; Fonds Monétaire International.
25
1. La croissance économique
L’inflation n'est pas une variable à prendre à considération pour sa valeur en tant
que telle, elle sert plutôt d'indicateur des mauvaises performances économiques. Une inflation
élevée dans un pays donné est supposée signaler que les autorités publiques (budgétaires et
monétaires) concernées ne s'acquittent pas correctement de leur devoir. L'objectif de la
politique économique ici sera focalisé sur la limitation de l'inflation.
3. Le plein emploi
Politique monétaire : Elle est l'ensemble des décisions qui ont pour effet de modifier la
quantité de monnaie et le taux d'intérêt dens l'économie, et qui vise à faire varier, selon
la circonstance, le niveau général des prix 60. Ici, la monnaie est perçue comme un outil
de réglage des prix sur le marché pour. Quand la masse monétaire augmente sans que
la production ait aussi augmenté, les prix des biens et services augmente. C'est dans
cette même idée que le professeur KATO-KALE renchérit que "la politique monétaire
consiste à réguler l'offre de la monnaie pour rétablir un équilibre de plein emploi et/ou
pour assurer une croissance non inflationniste"61.
Cette politique implique aussi la notion du taux de change. Quand le taux varie, il a
toujours varié au même sens que les prix des biens et services.
En R.D.C., Cette politique est co-orchestrée par le gouvernement et la banque centrale.
Contrôle de la masse monétaire et des taux d'intérêt pour influencer l'inflation et la
croissance. La variation des prix, rééquilibrage de la balance des paiements peut être
obtenue par la modification du taux de change ou celle du niveau général des prix des
biens et services. Dans le premier cadre, le mécanisme mise en oeuvre est une
60
Gabriel LANDU V., Economie générale, Tome 2, éd. Bemaf, Kinshasa, 2016, p. 99.
61
KATO-KALE L., Economie politique, 3ème éd. Bemaf, Kinshasa, 2017, p.116.
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dévaluation ou une dépréciation dans le second la politique adoptée est la lutte contre
l'inflation et la recherche de la rentabilité des prix liée à celle du taux de change 62.
Politique budgétaire : Gestion des dépenses publiques et des recettes fiscales pour
orienter l'économie.
Réglementation : Mise en place de normes et de règles pour encadrer les activités
économiques et promouvoir la concurrence.
62
KATO-KALE L., Economie politique, [Link]., p.125.