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Guide sur les maux d'estomac et traitements

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Maux d’estomac

Que faire ?

CETTE BROCHURE DESTINÉE AUX PATIENTS A ÉTÉ RÉALISÉE EN


COLLABORATION AVEC L’ÉQUIPE SANTÉ DE TEST ACHATS
Table des matières - Maux d’estomac - Que faire ? 1

Table des matières


Introduction..........................................................................................2

I. Le système digestif : un mot d’explication...................................3

II. Maux d’estomac...........................................................................4


1. Causes et facteurs de risque................................................4
2. Symptômes..........................................................................5
a. Dyspepsie.....................................................................6
b. Reflux............................................................................6
c. Œsophagite..................................................................8
d. Œsophage de Barrett...................................................8
3. Quand faut-il consulter ?......................................................9

III. Traitement des maux d’estomac................................................10


1. Mesures générales.............................................................11
2. Médicaments......................................................................13
a. Antiacides...................................................................14
b. Réducteurs de la production d’acide gastrique.........14
c. Gastroprocinétiques...................................................16

3. Traitement chirurgical.........................................................16
4. Directives concrètes en cas de problèmes gastro-
œsophagiens......................................................................17
a. Dyspepsie...................................................................17
b. Reflux..........................................................................17
c. Œsophagite................................................................18
d. Œsophage de Barrett.................................................19

IV. Usage préventif des IPP.............................................................20

V. Inconvénients des IPP................................................................21


1. Surconsommation..............................................................21
2. Effets indésirables..............................................................22

VI. Arrêter les IPP.............................................................................23

VII. Conclusion..................................................................................24
2 Introduction - Maux d’estomac - Que faire ?

Introduction
Les maux d’estomac restent l’un des problèmes de santé les plus
courants. Qui n’a pas souffert un jour d’une sensation de ballonnement,
de brûlures d’estomac ou de reflux acide, par exemple après un
repas copieux ? Nombre de ces problèmes se situent au niveau de
l’œsophage ou de l’estomac.

Les médicaments réduisant la production d’acide gastrique occupent


une place centrale dans le traitement de ces problèmes. Ils sont
nombreux sur le marché, tant sous leur forme originale que sous
leur forme générique. Un groupe de ces médicaments est souvent
prescrit : les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Le nombre de
personnes qui en prennent a plus que doublé en 10 ans (près de 20 %
de la population belge en 2016, soit près de 2 millions de personnes)
et le nombre de doses vendues a même triplé pendant ce laps de
temps (418 millions de doses journalières en 2016, ce qui correspond
à un coût de remboursement de 106 millions EUR). Or, des études
indiquent aujourd’hui que les IPP sont souvent utilisés trop longtemps
et à mauvais escient. Le danger de surconsommation est donc bien
présent. En outre, on rapporte de plus en plus souvent des effets
indésirables liés à l’usage (prolongé) de ces médicaments.

Voilà pourquoi une évaluation de l’usage adéquat de ces médicaments


s’impose. L’INAMI a dès lors organisé le 31 mai 2018 une réunion
de consensus sur «L’usage rationnel des inhibiteurs de la pompe
à protons (IPP) en cas de pathologie gastro-œsophagienne non
ulcéreuse (ulcère gastroduodénal exclu)», où des experts ont exposé
l’état scientifique de la question. Sur cette base, un jury indépendant a
rédigé un rapport assorti de recommandations (consultable librement
sur le site de l’INAMI : [Link] > Publications > Aperçu
de nos publications > Rapports de nos réunions de consensus).
Toutefois, ce rapport est destiné avant tout aux prestataires de soins
possédant des connaissances médicales préalables, en particulier les
médecins et les pharmaciens.
I. Le système digestif : un mot d’explication - Maux d’estomac - Que faire ? 3

La présente brochure à l’intention des patients vise à mieux informer


les citoyens sur l’utilisation de ce type de réducteurs de l’acide
gastrique. Nous commencerons par une information générale sur
différentes affections pour lesquelles les IPP peuvent s’indiquer. Nous
ne nous attarderons pas, cependant, sur les ulcères gastriques, qui
nécessitent une autre approche. Nous présentons également les
principales recommandations aux patients formulées dans le rapport
du jury. Nous avons autant que possible évité le jargon médical.

I. Le système digestif :
un mot d’explication
La digestion est un processus complexe faisant intervenir plusieurs
organes, ceux du système gastro-intestinal. Tout commence dans la
bouche. La nourriture y est finement broyée par la mastication, et
mélangée à la salive qui contient des enzymes digestifs. Une fois
avalée, la nourriture aboutit dans l’œsophage. La contraction en
rythme des muscles de l’œsophage (les «mouvements péristaltiques»)
entraîne lentement les aliments dans l’estomac. Au passage entre
l’œsophage et l’estomac, un sphincter (muscle circulaire) s’ouvre
pour laisser passer la nourriture, avant de se refermer. C’est ainsi
que les aliments et le suc gastrique de l’estomac sont empêchés
de refluer dans l’œsophage. La nourriture est ensuite malaxée dans
l’estomac et mélangée au suc gastrique. Ce suc contient de l’acide
chlorhydrique et des enzymes digestifs qui digèrent partiellement les
aliments. L’estomac lui-même est tapissé d’une épaisse muqueuse
qui protège sa paroi contre l’acidité du suc gastrique. La nourriture
ainsi transformée dans l’estomac aboutit ensuite dans l’intestin
grêle, où a lieu l’essentiel de la digestion. On y trouve également des
enzymes digestifs qui poursuivent la transformation des aliments en
éléments nutritifs (nutriments). Ces nutriments passent dans le sang
en traversant la paroi intestinale, pour être ainsi utilisés par l’organisme
tout entier. La nourriture qui ne peut pas être digérée aboutit dans le
gros intestin (côlon), où ces résidus sont débarrassés de leur eau et
de leurs sels. Les selles sont provisoirement stockées dans le rectum
avant d’être évacuées par l’anus.
4 II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

II. Maux d’estomac


Le système digestif ne fonctionne pas toujours comme il convient. Très
nombreuses sont les personnes qui se plaignent de maux d’estomac,
un terme générique englobant tous les problèmes situés dans le haut
de l’abdomen, comme les brûlures d’estomac, les maux d’estomac,
le reflux acide, une sensation de ballonnement ou de satiété après un
repas.
Quasi tout le monde a un jour souffert de brûlure d’estomac ou d’un
reflux acide, par exemple après un repas copieux. C’est inoffensif et,
le plus souvent, ces symptômes disparaissent d’eux-mêmes. Mais, si
vous souffrez régulièrement de maux d’estomac, cela peut se révéler
très gênant. Or, quelque 25 % à 40 % des Belges ont régulièrement
des maux d’estomac. Si ceux-ci persistent plus de 2 à 3 mois ou
reviennent sans cesse, on parle de maux d’estomac chroniques.

1. Causes et facteurs de risque


La cause exacte des maux d’estomac est souvent difficile à situer,
mais plusieurs facteurs (très différents) peuvent jouer un rôle :
}} trop manger
}} certains aliments :
}} plats gras ou très épicés
}} aliments acides (agrumes, p. ex.) et boissons gazeuses
}} alcool
}} café
}} chocolat
}} menthe
}} tabac
}} certains médicaments, comme les anti-inflammatoires (ibuprofène
p. ex.), les antidouleurs (l’acide acétylsalicylique p. ex., mieux con-
nu sous l‘appellation ‘aspirine’) et les antibiotiques
}} une infection bactérienne (pouvant provoquer un ulcère) ou virale
(gastroentérite p. ex.)
}} tension et stress
}} une pression accrue dans l’abdomen (surpoids, toux, éternue-
ments ou constipation).
II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 5

2. Symptômes
Les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre. Ils se situent
le plus souvent au niveau de l’estomac et de l’œsophage. Ces
problèmes peuvent trouver leur origine dans toutes sortes d’affections
différentes. Dans cette brochure, nous nous limiterons à quelques-uns
des problèmes les plus fréquents, pouvant éventuellement nécessiter
l’utilisation de médicaments réducteurs de la production d’acide
gastrique. Les ulcères à l’estomac sortent du cadre de cette brochure.

Aperçu des symptômes par affection

Affection Symptômes

Dyspepsie (ou Sensation de ballonnement dans le haut de


indigestion) l’abdomen, sensation de brûlure dans la région de
l’estomac, maux d’estomac, reflux acide
(«régurgitation»), éructations, nausées, sensation
de satiété au cours du repas
Reflux gastro- Sensation de brûlure dans l’estomac (« pyrosis »),
œsophagien régurgitations acides, déglutition difficile, douleur
au niveau du sternum (pouvant irradier dans le cou,
dans le dos et entre les omoplates), toux nocturne,
enrouement, sensation d’avoir une boule dans la
gorge, salivation excessive, atteinte de l’émail des
dents

Œsophagite Sensation de brûlure dans l’œsophage, maux de


gorge, déglutition difficile, douleur au niveau du
sternum (pouvant irradier dans le cou, dans le dos
et entre les omoplates)

Œsophage de Brûlures d’estomac, régurgitations acides, douleur


Barrett derrière ou sous le sternum, déglutition difficile,
sensation que les aliments passent difficilement
6 II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

a. Dyspepsie
La dyspepsie (ou indigestion) est le terme médical pour désigner
une digestion difficile. Elle se traduit par différents symptômes : une
impression de ballonnement dans le haut de l’abdomen, une sensation
de brûlure au niveau de l’estomac, des maux d’estomac, une
régurgitation et des éructations acides, des nausées et un sentiment
de satiété en cours de repas. En théorie, la dyspepsie peut résulter
d’une affection sous-jacente, comme un ulcère à l’estomac, un reflux
gastro-œsophagien, une intolérance au lactose, une intolérance
au gluten, un cancer de l’estomac et des maladies du pancréas
ou des canaux biliaires. Le tabac, l’abus d’alcool et la prise d’anti-
inflammatoires peuvent constituer un facteur de risque. Toutefois, les
symptômes peuvent souvent disparaître sans raison apparente.

La dyspepsie est fréquente : elle touche 20 à 40 % de la population,


et autant les femmes que les hommes. Dans la plupart des cas, il
s’agit de symptômes bénins étant donné que seule une personne sur
quatre souffrant d’indigestion juge le problème suffisamment sérieux
pour consulter un médecin.

b. Reflux
Le reflux, c’est-à-dire quand le contenu de l’estomac reflue dans
l’œsophage ou dans la bouche, est très fréquent. Il est normalement
bénin, surtout chez les nourrissons (qui «remettent» ou qui
«régurgitent»). Tout le monde a connu au moins une fois une remontée
d’acide gastrique dans l’œsophage, par exemple à l’issue d’un copieux
repas. Cela n’a rien de grave. Beaucoup de personnes ont d’ailleurs ce
reflux sans en être incommodés. Cela dépend de différents facteurs :
la sensibilité personnelle, la composition de l’acide gastrique, la durée
de l’exposition, etc. Toutefois, si cela se produit régulièrement, si les
problèmes s’éternisent ou s’ils s’aggravent, le reflux peut influencer la
qualité de vie.

On parle de syndrome du reflux gastro-œsophagien (RGO, en abrégé)


quand le reflux du contenu de l’estomac entraîne une combinaison de
symptômes (gastro étant le mot latin pour l’estomac). 10 à 20 % des
gens souffrent d’un reflux gastro-œsophagien.
II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 7

Le plus souvent, le reflux n’est pas dû à une surproduction de sucs


gastriques, mais à un problème avec le sphincter qui relie l’œsophage
à l’estomac. Normalement, ce sphincter est fermé, et il ne s’ouvre que
pour permettre le passage des aliments dans l’estomac, afin d’éviter
que le contenu de l’estomac reflue dans l’œsophage. Mais il arrive
qu’il s’ouvre à contretemps, après un repas copieux par exemple, ou
qu’il ne se ferme plus. Si cela arrive fréquemment, ou si cela dure
longtemps, cela pose problème. Chez les nourrissons, ce sphincter
n’est pas encore totalement développé et, chez les personnes âgées,
il peut se relâcher quelque peu, mais le reflux peut aussi avoir d’autres
origines : un ralentissement de la vidange de l’estomac («estomac
paresseux»), un mauvais mouvement péristaltique de l’œsophage,
une faible production de salive ou une petite déchirure au niveau du
diaphragme empêchant le sphincter de fonctionner parfaitement.

Les symptômes varient également d’une personne à l’autre. D’aucuns


ne ressentent absolument aucun problème. Le symptôme le plus
courant est une sensation de brûlure derrière le sternum. Les brûlures
d’estomac («pyrosis») sont surtout ressenties immédiatement après
un repas. Souvent, les symptômes s’aggravent quand on se penche
vers l’avant ou qu’on se couche (la nuit, par exemple). De même, des
vêtements trop serrés au niveau de l’abdomen ou une toux peuvent
aggraver les symptômes en accroissant la pression sur le ventre. Les
brûlures d’estomac sont surtout associées à des repas copieux, à une
alimentation grasse, au chocolat, au café, aux alcools forts et aux jus
de fruit acides.

Parmi les principaux problèmes, citons également les remontées


acides ou “régurgitations”, quand le contenu de l’estomac remonte
involontairement dans la bouche. C’est le cas d’un nourrisson qui
«remet», par exemple. Le reflux peut parfois se manifester également
de toute autre manière, sans faire penser immédiatement à l’acide
gastrique : déglutition pénible, douleurs dans la poitrine évoquant des
problèmes cardiaques (qui peuvent irradier dans le cou, dans le dos
et entre les omoplates), toux nocturne, enrouement, sensation d’avoir
une boule dans la gorge, salivation excessive et atteinte de l’émail des
dents.

Dans la grande majorité des cas, le reflux est et reste inoffensif.


Beaucoup de patients cessent de prendre des médicaments au bout
d’un certain temps car ils ont appris à vivre avec leur problème. Il est
également positif que, normalement, l’affection ne s’aggrave pas avec
le temps, mais reste relativement stable.
8 II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

c. Œsophagite
Toutefois, si les problèmes de reflux perdurent et ne sont pas
efficacement traités, cela peut provoquer des lésions de l’œsophage.
En effet, contrairement à l’estomac, l’œsophage ne possède pas de
couche protectrice spéciale, et un contact régulier avec le contenu
acide de l’estomac peut provoquer l’inflammation de sa muqueuse.
C’est ce qu’on appelle l’œsophagite par reflux. Selon la gravité, cela
peut aller d’une simple inflammation à un ulcère.

Les symptômes de l’œsophagite sont, entre autres, une sensation


de brûlure dans l’œsophage, des maux de gorge, des difficultés de
déglutition et des douleurs dans la région du sternum, irradiant parfois
vers le dos ou entre les omoplates.

d. Œsophage de Barrett
Si l’œsophage est exposé des années durant à un reflux gastrique,
on peut développer un œsophage de Barrett. Il se caractérise par
une muqueuse d’un tissu différent de la normale venant tapisser la
paroi de la partie inférieure de l’œsophage. Ce tissu se rapproche
de celui de l’estomac, de sorte que l’œsophage est mieux protégé
contre l’acidité des sucs gastriques. Une personne sur dix environ –
surtout des hommes – souffrant d’un reflux présente effectivement un
œsophage de Barrett.

Les symptômes liés à un œsophage de Barrett sont très variés.


Certains ne ressentent absolument aucun symptôme. D’autres
souffrent pendant des années de brûlures d’estomac, de reflux acide
ou d’une sensation douloureuse derrière ou sous le sternum. On peut
également déglutir difficilement ou avoir la sensation que la nourriture
ne passe pas bien.

En soi, l’œsophage de Barrett est inoffensif mais il implique néanmoins


quelques risques. En effet, les patients avec un œsophage de Barrett
présentent un risque légèrement accru de cancer de l’œsophage. Bien
que seul un petit groupe de patients (moins de 5 %) avec un œsophage
de Barrett développe effectivement un cancer de l’œsophage, il n’en
est pas moins important de surveiller de près l’œsophage de Barrett.
Plus tôt le cancer est dépisté, mieux il peut être traité.
II. Maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 9

3. Quand faut-il consulter ?


Les maux d’estomac banals disparaissent généralement d’eux-
mêmes. Consultez néanmoins votre médecin si les symptômes
reviennent régulièrement, s’ils s’éternisent, s’ils s’aggravent ou
s’ils changent. Souvent, votre médecin pourra poser un diagnostic
provisoire sur base de vos symptômes et d’un examen corporel. Il
pourra vous donner quelques conseils d’ordre général pour modifier
votre mode de vie ou, si nécessaire, vous prescrire des médicaments.

Conseils sur le mode de vie


alimentation saine
éviter les facteurs déclencheurs
perdre du poids
cesser de fumer
relever la tête de lit
laisser suffisamment de temps entre le repas principal et le moment où l’on
va se coucher

Un examen complémentaire est parfois nécessaire, et votre médecin


vous adressera à un spécialiste du système gastro-intestinal (gastro-
entérologue). Celui-ci pourra pratiquer une endoscopie, un examen
interne au cours duquel on introduit par la bouche une petite caméra
fixée au bout d’un tube flexible pour examiner l’œsophage et l’estomac.
Ce matériel permet de déceler les anomalies et les lésions éventuelles
(par exemple, une inflammation de l’œsophage ou un œsophage de
Barrett), de prélever de petits bouts de tissu (biopsies) pour examen
ultérieur et de pratiquer de petites interventions.

Certaines études révèlent que 70 % des patients souffrant de maux


d’estomac et chez qui on a pratiqué une endoscopie ne présentent
aucune anomalie. Dès lors, l’endoscopie n’est pas une recommandation
de routine. Elle ne s’indique que si les symptômes ne s’amenuisent
pas en suivant les conseils d’alimentation et de mode de vie et en
prenant des médicaments, ou si les symptômes disparaissent dans un
premier temps pour revenir plus tard, en s’aggravant éventuellement.
10 III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

Il peut arriver qu’une endoscopie immédiate s’avère bel et bien


nécessaire, en présence notamment de certains symptômes
alarmants :
}} si vous avez des selles noires
}} si vous devez beaucoup vomir (avec du sang ou non)
}} si vous avez perdu l’appétit et maigrissez anormalement
}} si, une fois avalée, la nourriture fait mal ou ne passe pas
}} si vos maux d’estomac s’accompagnent d’une anémie
}} si vos maux d’estomac apparaissent pour la première fois après
l’âge de 55 ans.

On peut aussi pratiquer éventuellement une acidimétrie sur 24


heures et une manométrie. L’acidimétrie (ou pH-métrie) sur 24 heures
consiste à introduire par le nez jusque dans l’œsophage, juste au-
dessus du passage vers l’estomac, un petit instrument de mesure au
bout d’un fin cordon. On peut ainsi mesurer le taux d’acidité pendant
24 heures. Mais c’est là un examen assez pénible, qui n’est que
rarement pratiqué. La manométrie permet de mesurer la pression
dans l’œsophage. On peut ainsi examiner la relation entre le reflux
du contenu de l’estomac, la force du sphincter entre l’œsophage et
l’estomac et les contractions de l’œsophage.

III. Traitement des maux


d’estomac
Le traitement des maux d’estomac varie en fonction de la fréquence,
de la durée et de la gravité des symptômes. Un traitement n’est
pas toujours nécessaire, surtout si les symptômes n’ont pas un
réel caractère de gravité et ne sont pas fréquents. Les symptômes
disparaissent d’ailleurs parfois d’eux-mêmes. Le traitement vise à
améliorer la qualité de vie du patient en réduisant ou en éliminant les
symptômes et à prévenir une rechute ou des complications. On y arrive
parfois rien qu’en modifiant l’alimentation et le mode de vie, avec des
médicaments ou, dans des cas plus graves, avec de la chirurgie.
III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 11

1. Mesures générales
Pour la plupart des maux d’estomac légers, en plus de laisser
simplement faire le temps, une modification du mode de vie et de
l’alimentation peut déjà contribuer à réduire les symptômes. Cela vaut
aussi en cas de symptômes chroniques. Certes, rien ne garantit que
ces mesures fonctionneront mais, ‘si ça ne marche pas, ça ne fait pas
de tort non plus’.

Que peut-on faire soi-même pour réduire ses maux d’estomac ?

}} Adopter une alimentation saine et équilibrée.

}} Eviter ou limiter les aliments et les boissons dont vous remarquez


qu’ils déclenchent ou aggravent les symptômes. Les produits
en question varient considérablement d’une personne à l’autre.
Essayez de déterminer les habitudes et les produits que vous ne
supportez pas bien. A cet effet, supprimez un aliment à la fois pour
voir si cela apporte une amélioration. Certes, cela prend du temps
et de la patience mais, si vous arrêtez en même temps toutes
sortes d’aliments, vous risquez de provoquer une carence en
nutriments utiles. Un diététicien pourra éventuellement vous aider.
Les produits suspects sont l’alcool, les boissons contenant du gaz
carbonique, le café, le chocolat, la menthe poivrée, les épices ou
les agrumes.

}} Si vous êtes en surpoids ou si vous avez grossi récemment, perdre


du poids contribue souvent à réduire les symptômes. Perdre
jusqu’à 10 % de votre poids peut déjà faire une grande différence.

}} Cesser de fumer. Outre ses autres conséquences négatives,


le tabac provoque un accroissement de la production d’acide
gastrique et un relâchement du sphincter entre l’œsophage et
l’estomac.

}} Si vous souffrez de l’estomac pendant la nuit, vous pouvez


relever de 10 centimètres la tête de votre lit, ou glisser des
oreillers supplémentaires sous la tête, le cou et les épaules. Le
contenu acide de l’estomac pourra alors moins facilement refluer
de l’estomac vers l’œsophage, et vos symptômes seront moins
sévères.
12 III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

}} Evitez les repas copieux et trop gras. Il vaut parfois mieux prendre
plusieurs petits repas par jour. Prenez bien le temps de manger, et
mâchez les aliments suffisamment longtemps, cela favorise une
bonne digestion. Prenez votre repas principal 3 ou 4 heures environ
avant d’aller vous coucher. Aller au lit l’estomac plein accroît en
effet le risque de sensation de brûlure dans la région de l’estomac.

}} Si vous êtes stressé, angoissé, triste ou si vous dormez mal, il est


important de s’attaquer à ces problèmes.

}} Si vous prenez des médicaments (des anti-inflammatoires ou


des antibiotiques par exemple) qui ont des maux d’estomac pour
effets indésirables, demandez à votre médecin si vous pouvez les
réduire ou les arrêter. Si nécessaire, vous pouvez passer à un autre
médicament.

}} Une pression accrue dans l’abdomen aggravera les symptômes,


comme pendant la toux ou en poussant aux toilettes. Dès lors,
consultez votre médecin en cas de toux persistante. Evitez la
constipation en mangeant beaucoup de fruits et de légumes
(fibres), en buvant beaucoup d’eau et en faisant régulièrement de
l’exercice.

}} Ne portez pas de vêtements serrants au niveau de l’estomac.


Evitez de vous incliner vers l’avant, et pliez plutôt les genoux si
vous devez vous pencher.
III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 13

2. Médicaments
Décider si, et comment les maux d’estomac doivent être traités avec
un médicament dépend de la gravité des symptômes et, au cas où une
endoscopie a été pratiquée, des lésions découvertes. Comme la plupart
des maux d’estomac disparaissent d’eux-mêmes, des médicaments
ne sont souvent pas nécessaires. Ce n’est que si les problèmes
perturbent considérablement la vie quotidienne, ou si les symptômes
perdurent ou reviennent régulièrement, que des médicaments sont à
envisager. Mais, de toute manière, les médicaments ne vous guériront
pas : ils ne pourront que réduire les symptômes et donc vous soulager
de vos douleurs.

La plupart des médicaments utilisés agissent essentiellement


sur l’acide gastrique. Il existe différentes sortes de médicaments.
Souvent, votre médecin vous prescrira un traitement d’essai de
courte durée (2 semaines par exemple), avec la dose et la fréquence
d’utilisation les plus faibles possibles, et observera ce qui se passe
après l’arrêt du traitement. Si les problèmes ne réapparaissent pas
immédiatement, il n’est peut-être pas nécessaire de prendre chaque
jour des médicaments. Il peut par exemple suffire, en cas de retour
des symptômes, de reprendre brièvement (une semaine par exemple)
des médicaments. Dans d’autres cas, vous devrez peut-être prendre
des médicaments en permanence, ou des examens complémentaires
seront nécessaires. Ceci est à discuter avec votre médecin.

Parfois, une endoscopie est pratiquée d’emblée sur des patients


souffrant de maux d’estomac, suivie d’un traitement avec des
médicaments. C’est recommandé pour des patients âgés (> 55 ans)
qui souffrent pour la première fois de maux d’estomac, et pour tous
les patients présentant certains symptômes alarmants (comme une
perte de poids anormale, une déglutition perturbée et une anémie).
14 III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

Les catégories suivantes de médicaments peuvent être prescrites


pour des maux d’estomac :

a. Antiacides
Les antiacides se combinent à l’acide gastrique pour en neutraliser
l’action. De la sorte, ils réduisent l’effet de l’acide gastrique sur la
paroi de l’œsophage et de l’estomac, et peuvent soulager la douleur.
Certains antiacides contiennent également de l’alginate, qui dépose
en quelque sorte un gel protecteur sur la paroi de l’œsophage et de
l’estomac. Mais sa plus-value reste cependant à démontrer. Bien
qu’il existe aujourd’hui des alternatives à ce type de médicaments, ils
conviennent surtout pour le traitement de symptômes épisodiques et
légers, et ils sont moins indiqués pour une utilisation régulière et de
longue durée.

L’action des antiacides est assez rapide, mais brève. On les prend au
moment où le reflux est ressenti. On peut aussi les prendre à l’avance,
si l’on sait par expérience que le reflux va intervenir, par exemple après
un copieux repas. Eventuellement, on peut encore en prendre une
dose juste avant de se coucher. Une fois l’acide gastrique neutralisé,
l’estomac se mettra à en produire davantage, par réaction, ce qui
amènera le retour des symptômes. Auquel cas plusieurs prises par jour
sont souvent nécessaires. Si ces médicaments sont utilisés de manière
adéquate, ils sont généralement sûrs, mais des effets indésirables ne
sont certainement pas exclus. Ils sont parfois simplement gênants :
ballonnement, flatulences, constipation ou diarrhées.

Les antiacides sont vendus en pharmacie sans prescription. Voyez


avec le pharmacien quel est le produit le mieux indiqué dans votre
cas, et lisez systématiquement la notice avec attention. Les exemples
d’antiacides sont Gaviscon, Maalox Antacid et Rennie.

b. Réducteurs de la production d’acide gastrique


Si les antiacides n’apportent pas un soulagement suffisant, vous
pouvez essayer un réducteur de production d’acide gastrique. Votre
estomac fabriquera moins d’acide, de sorte que les sucs gastriques
seront moins agressifs et vos reflux éventuels seront moins sensibles.
Ces médicaments ont un effet de plus longue durée que les antiacides.
Dès lors, ils conviennent mieux à un traitement de longue durée.
III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 15

Antihistaminiques H2

Les antagonistes H2 constituent un groupe de médicaments


réducteurs de la production d’acide gastrique. Ils réduisent la sécrétion
de cet acide en bloquant les récepteurs de l’histamine 2 dans la paroi
de l’estomac. Ils peuvent ainsi réduire les symptômes de brûlure
d’estomac chez les patients souffrant de reflux. En raison de leur
moindre efficacité à long terme, leur usage prolongé est déconseillé.
Le seul antihistaminique H2 sur le marché belge est la ranitidine, bien
connue également sous le nom de marque Zantac, qui n’est délivré
que sur prescription médicale.

Inhibiteurs de la pompe à protons

Les symptômes sont persistants ou reviennent régulièrement ? Dans


ce cas, vous pouvez essayer une catégorie plus puissante et plus
utilisée de réducteurs de la production d’acide gastrique, à savoir
les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP, en abrégé). Ce groupe
de médicaments freine le fonctionnement de la pompe à proton.
Ces pompes à protons sont localisées dans la paroi de l’estomac,
où elles règlent le degré d’acidité dans l’estomac. En bloquant le
fonctionnement de ces pompes à protons, on réduit la production
d’acide gastrique. Résultat : moins de sucs gastriques agressifs
et moins de symptômes. La découverte de ces médicaments a
provoqué une véritable révolution dans le milieu médical. Ils font
partie des médicaments les plus prescrits dans le monde. On les
connaît notamment sous l’appellation commerciale Losec, Nexiam ou
Pantomed. Les médicaments génériques portent souvent le nom de
leur substance active, tout simplement : omeprazol(e), lansoprazol(e),
esomeprazol(e), pantoprazol(e) et rabeprazol(e). En règle générale,
les IPP ne sont pas en vente libre (sans prescription médicale) en
pharmacie, sauf les plus petits conditionnements d’omeprazole et de
pantoprazole (en faibles doses).

Tous les IPP ont une efficacité comparable. Leur action est nettement
plus efficace et de plus longue durée que celle des antihistaminiques
H2 que les médecins prescrivaient surtout auparavant. Mais l’effet
se fait attendre plus longtemps : il ne se manifeste parfois qu’après
deux jours, alors que les antihistaminiques commencent à agir après
1 heure déjà.
16 III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

c. Gastroprocinétiques
Les médicaments gastroprocinétiques (stimulateurs des mouvements
de l’estomac) accélèrent le passage des aliments dans l’œsophage
et dans l’estomac, de sorte qu’ils restent moins longtemps dans
l’estomac. Cela réduit aussi le risque de voir le suc gastrique refluer
vers le haut. Ces médicaments sont aussi prescrits pour combattre les
nausées. Ce sont par exemple la métoclopramide et le dompéridone,
mieux connus sous leur appellation commerciale Primperan et
Motilium. Prenez ces médicaments le moins possible, et toujours en
concertation avec votre médecin traitant.

3. Traitement chirurgical
Si la combinaison de médicaments freinant la production de suc
gastrique et d’un changement dans le mode de vie n’a pas un effet
suffisant sur le reflux, ou si des complications comme une œsophagite
ou un œsophage de Barrett se présentent, une opération peut
s’indiquer. Ce peut également être le cas pour des patients qui tolèrent
mal les médicaments ou pour de jeunes patients qui ne souhaitent
pas prendre des médicaments leur vie durant. Lors de l’opération la
plus courante, une laparoscopie (chirurgie exploratoire), le médecin
renforcera la partie inférieure du sphincter entre l’œsophage et
l’estomac en utilisant la partie supérieure de l’estomac pour y enrouler
une sorte de «cravate».

Mais cette intervention – comme toute opération, d’ailleurs – n’est


jamais totalement exempte de risques. Dans certains cas, les
patients souffrent après l’opération de flatulences, d’une sensation de
ballonnement, de diarrhée, de fréquents gonflements de l’estomac ou
de problèmes de déglutition. En outre, il peut arriver que le reflux se
manifeste à nouveau, et qu’il faille finalement prendre quand même
des médicaments. Dans de rares cas, les symptômes empirent même
après l’opération. En deux mots, le succès n’est pas garanti.

Dans le cas d’un œsophage de Barrett, il est parfois possible


d’éliminer chirurgicalement les tissus anormaux de l’œsophage avec
un endoscope ou en les brûlant au laser (‘ablation’).
III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 17

4. Directives concrètes en cas de


problèmes gastro-œsophagiens
a. Dyspepsie
Dans les cas de dyspepsie modérée, être rassuré par le médecin
et recevoir des conseils sur les changements du mode de vie peut
parfois suffire. Si les symptômes perdurent, on peut envisager de
passer à un traitement avec des médicaments. Les antiacides et
les antihistaminiques H2 peuvent apporter un soulagement. L’effet
des gastroprocinétiques sur une dyspepsie est douteux. Bien que
la valeur ajoutée des IPP par rapport aux autres médicaments ou
aux modifications du mode de vie ne soit pas prouvée, on peut
théoriquement envisager un traitement d’essai aux IPP. Mieux vaut
ne pas prolonger ce traitement au-delà de 4 à 8 semaines, après
quoi la situation sera réexaminée. Si cette thérapie d’essai échoue
ou si les symptômes réapparaissent, un examen complémentaire (une
endoscopie, par exemple) peut éventuellement s’indiquer, mais en
concertation avec le médecin traitant.

b. Reflux
Comme les symptômes varient considérablement d’une personne à
l’autre, il est difficile de cibler un traitement du reflux. Les symptômes
peuvent disparaître d’eux-mêmes. Les conseils d’un changement du
mode de vie restent également valables en cas de reflux acide : opter
pour une alimentation saine, éviter les facteurs déclencheurs, perdre
du poids, cesser de fumer, relever la tête du lit et laisser un temps
suffisant entre le repas principal et le moment où l’on va se coucher.
Si ces mesures n’améliorent pas la situation, vous pouvez faire appel
à des médicaments pour réduire l’acidité, parmi lesquels les IPP
et les antiacides sont plus efficaces que les antagonistes H2 et les
gastroprocinétiques. Le choix entre les deux types sera fonction de la
fréquence des symptômes. Comme avec la dyspepsie, le traitement-
test aux IPP devra être réévalué au bout de 4 à 8 semaines. Le plus
souvent, la combinaison des médicaments et d’un changement dans
le mode de vie suffit à combattre les brûlures d’estomac. A long terme,
prendre des IPP en permanence ne semble pas apporter de plus-value
par rapport à une prise uniquement quand les douleurs se manifestent
(traitement «à la demande»).
18 III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ?

Nourrissons

Chez les nourrissons, on ne parle de reflux gastro-œsophagien que


s’il s’accompagne de symptômes inquiétants (évolution anormale du
poids, pleurs inexpliqués, refus de s’alimenter) ou de complications
(œsophagite, problèmes respiratoires par exemple). Ce n’est
qu’alors que des réducteurs de la production d’acide gastrique
(antihistaminiques H2 et IPP) pourront éventuellement s’indiquer. Ne
donnez donc jamais de réducteurs de la production d’acide gastrique
aux nourrissons, sauf si cela se justifie vraiment du point de vue
médical, et alors le moins longtemps possible.

Grossesse et allaitement

Nombre de femmes enceintes souffrent de reflux. S’il s’agit d’un


reflux modéré, le traitement de base consiste à changer le mode de
vie. Si les symptômes sont plus aigus, on se tournera d’abord vers
les antiacides. Ce n’est que si cela reste sans effet qu’on pourra
passer aux antihistaminiques H2 ou aux IPP. Rien n’indique que ces
médicaments puissent poser problème pendant l’allaitement, mais il y
a très peu d’études à ce propos.

c. Œsophagite
Lors d’une œsophagite consécutive à un reflux gastro-œsophagien, et
confirmée par un examen endoscopique, les changements du mode
de vie déjà évoqués sont également d’application. On peut également
commencer un traitement aux IPP. Dans ce cas, ils sont plus efficaces
que les autres médicaments, peuvent réduire les symptômes et
souvent guérir également les lésions de l’œsophage. Pour les formes
modérées d’œsophagite, le mieux est de commencer avec une
demi-dose pendant 4 semaines, puis de réexaminer la situation. Si
les symptômes n’ont pas disparu à ce moment, on peut passer à la
dose standard. Si la situation est revenue sous contrôle, mieux vaut
interrompre le traitement. Si les symptômes réapparaissent au bout
d’un certain temps, on pourra reprendre les IPP comme ‘thérapie de
confort’ pour maintenir les symptômes sous contrôle, à une dose et à
une fréquence les plus faibles possibles. Il est important d’examiner
la situation individuelle de chaque patient. Un contrôle endoscopique
après quelques semaines de traitement ne s’impose pas ici : le
maintien des symptômes sous contrôle suffit.
III. Traitement des maux d’estomac - Maux d’estomac - Que faire ? 19

Pour les formes sévères d’œsophagite, le mieux est de commencer


d’emblée avec la dose standard d’IPP, et de continuer après la
disparition des symptômes, comme thérapie d’entretien. Si l’effet des
IPP se révèle insuffisant et si les symptômes ne sont pas fréquents,
la combinaison avec des antiacides ou des antihistaminiques H2 le
soir peut s’indiquer. Si les symptômes sont plus prononcés encore,
on conseille une double dose d’IPP, et une chirurgie anti-reflux est
éventuellement à envisager. En cas d’œsophagite sévère, mieux vaut
pratiquer une endoscopie de contrôle après 8 semaines, pour vérifier
l’état de guérison des lésions.

d. Œsophage de Barrett
Dans le cas d’un œsophage de Barrett, il est important de bien faire
établir le diagnostic par une endoscopie et un examen complémentaire
des tissus.

Le traitement d’un œsophage de Barrett repose sur les options


suivantes :
}} un changement du mode de vie

}} un traitement avec des médicaments : les IPP sont les plus


efficaces pour soigner un œsophage de Barrett. Une forte dose
d’IPP est d’abord nécessaire pour permettre la réparation des
lésions et des tissus de l’œsophage. Ensuite, les doses seront
ramenées au dosage nécessaire pour maintenir les symptômes
sous contrôle et favoriser la guérison de la muqueuse. Si l’effet
des IPP apparaît insuffisant, on peut les compléter d’une dose
d’antihistaminiques H2 le soir.

}} une chirurgie anti-reflux : à envisager pour les patients chez qui


les IPP ne suffisent pas à contrôler les symptômes, ou en cas de
guérison insuffisante des lésions.
20 IV. Usage préventif des IPP - Maux d’estomac - Que faire ?

Si l’on suspecte une forme débutante de cancer de l’œsophage, une


endoscopie de contrôle peut être pratiquée après un bref traitement
aux IPP à haute dose. Si l’ablation chirurgicale des lésions s’impose,
un traitement aux IPP à haute dose est nécessaire pour assurer la
guérison. La dose doit ensuite être ramenée au dosage nécessaire
pour assurer le contrôle complet des symptômes.

IV. Usage préventif des IPP


Certains patients doivent subir un traitement prolongé aux
anti-inflammatoires ou prendre régulièrement de faibles doses
d’antidouleurs (comme l’acide acétylsalicylique, mieux connu sous
le nom d’aspirine). Mais l’usage prolongé de ces médicaments
peut endommager l’estomac, et provoquer des ulcères gastriques
et d’autres complications (hémorragies gastriques, par exemple),
particulièrement chez les personnes âgées. On suggère à certains
patients à risque (personnes de plus de 70 ans ou de plus de 80
ans selon qu’elles prennent respectivement des anti-inflammatoires
ou d’aspirine, patients qui présentent d’autres affections comme du
diabète ou une maladie cardiovasculaire, qui ont des antécédents
d’ulcères gastriques ou qui prennent simultanément d’autres
médicaments) qui prennent des anti-inflammatoires ou de l’aspirine,
de prendre des IPP à titre préventif aussi longtemps qu’elles prennent
ces anti-inflammatoires ou cette aspirine. Les IPP peuvent réduire le
risque d’ulcères gastriques et d’autres complications, et exercer ainsi
une action protectrice sur l’estomac.
V. Inconvénients des IPP - Maux d’estomac - Que faire ? 21

V. Inconvénients des IPP

1. Surconsommation
En Belgique comme d’autres pays, les IPP sont prescrits souvent
et sur de longues durées, surtout chez les patients âgés. Voilà des
années qu’ils sont installés dans le top 10 des médicaments les plus
souvent prescrits. De petits conditionnements sont même vendus
en pharmacie sans prescription médicale, ce qui peut constituer un
incitant à une automédication injustifiée et à une surconsommation.
En 2016, quelque 2 millions de Belges ont avalé des IPP.

La moitié environ de ceux qui prennent des IPP n’en ont sans doute
pas (ou plus) besoin. En effet, ces médicaments sont souvent utilisés
plus longtemps que nécessaire. Souvent aussi, on les prend pour des
problèmes auxquels ils ne sont pas destinés, comme une digestion
difficile ou une sensation de ballonnement. Les seules indications
possibles pour une prise à longue durée d’IPP (à la dose efficace la
plus faible) sont des formes sévères d’œsophagite, un œsophage de
Barrett, la prise chronique d’anti-inflammatoires ou d’aspirine chez
des patients avec un facteur de risque (par exemple, des antécédents
d’ulcère de l’estomac), et le rare syndrome de Zollinger-Ellison. Cette
dernière maladie consiste en une production excessive de gastrine
chez le patient, ce qui incite l’estomac à fabriquer de l’acide gastrique,
pouvant à son tour entraîner des tumeurs dans l’estomac, l’intestin et
le pancréas.

En 2016, notre assurance maladie (l’assurance soins de santé) a


consacré près de 106 millions EUR aux IPP. Un an plus tard, le
gouvernement a pris différentes mesures contre la surconsommation
et l’usage prolongé non justifié des IPP. Depuis lors, les gros
conditionnements (plus de 60 comprimés) de certains IPP à haute dose
ne sont plus remboursés, sauf chez les patients atteints du syndrome
de Zollinger-Ellison ou d’un œsophage de Barrett, pour qui l’usage
prolongé d’IPP se justifie. Médicalement parlant, cette décision ne
manque pas de sens : mieux vaut généralement éviter de prendre des
IPP (et surtout à fortes doses) plus de 2 mois. Par ailleurs, l’INAMI
donne aux médecins un feed-back sur les IPP qu’ils prescrivent, dans
l’espoir de voir ainsi diminuer le nombre de prescriptions.
22 V. Inconvénients des IPP - Maux d’estomac - Que faire ?

2. Effets indésirables
Les dernières années ont vu s’accumuler les signaux pointant toutes
sortes d’effets indésirables sérieux en cas de prise (prolongée) d’IPP.
Toutefois, les études scientifiques sur les effets indésirables portent
généralement sur de courtes durées et présentent des défauts
méthodologiques. Souvent, elles n’établissent pas de lien de cause à
effet, et les résultats sont fréquemment contradictoires. Les preuves
restent donc assez limitées jusqu’à présent.

Les exemples d’effets indésirables sont :

}} Effets indésirables fréquents :


Les IPP peuvent provoquer des effets indésirables immédiats
et fréquents comme des maux de tête, des maux de ventre,
des éruptions cutanées, de la constipation, de la diarrhée, des
flatulences, des nausées et des vomissements.

}} Effets indésirables rares :


On signale de possibles effets indésirables au niveau
cardiovasculaire, neurologique (démence), respiratoire, rénal,
gastro-intestinal, osseux (fractures, par exemple), ainsi que des
carences en certains nutriments (vitamine B12 et magnésium).

Les IPP peuvent également influencer et même perturber l’action


d’autres médicaments. Surtout si vous prenez plusieurs médicaments
(personnes âgées ou affaiblies), il est donc conseillé de demander
l’avis de votre médecin, en raison des interactions possibles avec les
IPP.
VI. Arrêter les IPP - Maux d’estomac - Que faire ? 23

VI. Arrêter les IPP


Au vu de la surconsommation d’IPP, des frais qu’ils impliquent pour le
budget belge des soins de santé et des effets indésirables possibles
à long terme, les médecins doivent évaluer d’un œil critique le rapport
risques-avantages de tout traitement aux IPP. Face au problème de
l’existence réelle ou supposée des sérieux effets indésirables de ces
médicaments, les médecins les prescrivent désormais avec plus de
circonspection, et c’est heureux. Il est recommandé de n’utiliser les
IPP que quand cela s’indique précisément et, dans les autres cas,
de bien peser les avantages supposés et les effets indésirables
possibles. Par précaution, les médecins peuvent opter pour un
traitement de courte durée aux doses les plus faibles possibles,
avec la fréquence la plus basse possible. Il importe également que
le médecin remette régulièrement en question la nécessité de son
traitement, pour éviter une utilisation prolongée inutile. Concertez-
vous donc systématiquement avec votre médecin. Car, dans certaines
situations, les IPP sont bel et bien nécessaires, parfois même pour un
traitement d’entretien de longue durée.

Quelques semaines après le début du traitement, voyez à nouveau


avec votre médecin comment cela se passe quand vous arrêtez les
médicaments. Si les problèmes sont suffisamment sous contrôle et
ne réapparaissent pas aussitôt, il n’est pas nécessaire de prendre des
médicaments en continu. Mieux vaut mettre ces médicaments de côté
pour le jour où les problèmes se manifesteront à nouveau.

En règle générale, les symptômes auront donc disparu au bout de


quelques semaines, et il est raisonnable d’arrêter les médicaments.
En tout cas, essayez de pas prendre les IPP trop longtemps, 4 à 8
semaines tout au plus.

Si le traitement n’est plus nécessaire, vous pouvez réduire de


manière contrôlée la prise des IPP, ou cesser complètement. Mais
n’arrêtez jamais de prendre des IPP sans avis médical ! Mieux vaut
diminuer progressivement, en concertation avec votre médecin
et sous son contrôle. Si vous arrêtez brutalement, les problèmes
peuvent provisoirement empirer ou réapparaître (‘effet de rebond’).
Pour diminuer, on réduit de moitié la dose journalière pendant 1 ou 2
semaines, puis on se limite à une fois tous les deux jours pendant 1 à
2 semaines, et enfin on arrête complètement.
24 VII. Conclusion - Maux d’estomac - Que faire ?

Quand on réduit la prise d’IPP, les symptômes réapparaissent souvent


pendant quelques jours. En effet, la production d’acide gastrique
reprend, et votre estomac doit se réhabituer à l’acidité. Pendant ces
quelques jours, on peut avoir le sentiment d’être ramené à la situation
antérieure. On peut croire que les médicaments sont redevenus
nécessaires, et qu’il est impossible de s’en passer. Mais c’est là un
effet indésirable des IPP, bien connu et seulement temporaire. Essayez
donc de tenir bon les 2 à 4 premières semaines. Si les symptômes
réapparaissent, vous pouvez prendre temporairement un antiacide ou
un antagoniste H2, en vente libre en pharmacies. Si les symptômes
n’ont pas diminué après 2 semaines, ou s’ils réapparaissent au bout
de quelques semaines, consultez votre médecin.

Si l’arrêt complet ne fonctionne pas, envisagez avec votre médecin les


alternatives possibles. Par exemple, essayez de réduire jusqu’à la plus
faible dose possible permettant de maintenir le problème sous contrôle.
Vous pouvez également essayer de ne prendre les médicaments que
pendant les périodes où les symptômes se manifestent, ou d’utiliser
des réducteurs de la production d’acide gastrique moins puissants.
Un mode de vie sain reste important pendant l’arrêt ou la réduction
du traitement.

VII. Conclusion
Les IPP sont efficaces et relativement sûrs, mais nous les consommons
avec beaucoup trop d’enthousiasme. Près de la moitié des IPP vendus
sont avalés par des personnes qui n’en ont pas réellement besoin.
Dès lors, ne prenez pas d’office un médicament aux premiers maux
d’estomac. Un peu de patience et l’adoption d’un mode de vie plus
sain peuvent souvent déjà suffire.

Si vous prenez quand même des médicaments, votre médecin doit


toujours mettre en balance l’avantage attendu du médicament et
ses effets indésirables possibles. Car, une fois qu’on a commencé
avec les IPP, il n’est pas évident d’arrêter. Votre estomac s’habitue
aux médicaments et, quand vous arrêtez, les problèmes peuvent
temporairement revenir. Et c’est ainsi que nous autres les Belges,
nous continuons à avaler des IPP, souvent des années durant.
Éditeur responsable
J. De Cock, avenue de Tervueren 211, 1150 Bruxelles

Réalisation
Service des soins santé de l’INAMI en collaboration avec
l’équipe santé de Test Achats

Design graphique
Cellule communication INAMI

Illustrations
Claire Lerustre

Date de publication
Janvier 2020

Dépot légal
D/2019/0401/21

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