Note de lecture
1) Identification bibliographique complète
Groupe de Travail Désertification CARI, Agroécologie, une transition vers des modes
de vie et de développement viables : Paroles d’acteurs, 2013
2) Identification de la source
Ce document provient du Groupe de Travail Désertification du CARI, une association
de solidarité internationale intervenant dans des logiques de développement
agricoles contre les crises alimentaires notamment en milieu arides, comme le
pourtour sahélien, dans des objectifs de lutte contre la désertification et la
dégradation des terres. Ce sont des acteurs à la fois sur le terrain qui coordonnent
différents projeets avec des acteurs locaux et effectuent un travail de lobbying
auprès des instances gouvernementales et supranationales d’où la publication de ce
document.
3) Résumé
La première partie de ce document se présente comme un état des lieux des
conséquences actuelles de l’agriculture et des risques qu’elle peut subir dans les
prochaines années. Un des premiers éléments importants et intéressants de ce
document est la façon dont le modèle agricole d’aujourd’hui, sur base de projections
et prévisions de l’ONU et des instituts scientifiques, n’est pas en mesure d’assurer
l’alimentation de base vitale nécessaire à la survie des populations d’aujourd’hui et
du futur, avec les projections démographiques consensuelles que ce soit du modèle
le plus à risque au moins à risque. Deuxièmement il place le changement climatique
comme accélérateur de ces problématiques avec une détérioration des terres, une
disparition des espèces nécessaire à l’agriculture et une incapacité des variétés à
pousser dans des climats aussi changeants et de plus en plus hostiles, avec
notamment des épisodes « extrêmes » de plus en plus fréquents. Troisièmement les
zones arides représentent 50% du cheptel mondial et 44% des terres cultivables et
46% du carbone organique ainsi que 30% de la biodiversité des espèces cultivés ce
qui laisse un potentiel d’accroissement considérable qui doit être géré de manière
durable pour ne pas perdre toute cette ressource par une mauvaise exploitation.
Quatrièmement il expose la faiblesse du système agro-industrie pour nourrir les
populations avec seulement 30% de nourriture dans le monde contre 70% pour les
petits producteurs, et que ces petits producteurs pourraient fournir un accroissement
des performances allant de 100 à 1000%. La deuxième partie rassemble des
expériences d’acteurs reconnus et professionnalisés de la solidarité internationale.
Au travers des comptes rendus d’expériences dans les multiples pays du Sahel, ils
dressent un tableau des forces, des faiblesses, des opportunités et potentialités et
des menaces et contraintes pour les populations à passer à des modèles
agroécologiques. Au Niger, par exemple, ils dressent un diagramme entre la situation
initiale et la situation finale après avoir suivi le modèle agroécologique sur 12
critères : la valorisation des savoirs faires et des ressources locales, l’accès et
maitrise de la terre, l’accès et maitrise de l’eau, la fertilité des sols, l’augmentation
quantitative de la production, l’augmentation qualitative de la production,
l’augmentation des revenus, l’autonomie des populations, la gouvernance locale, la
sécurité alimentaire des familles agricoles, la sécurité alimentaire locale et
l’amélioration de l’agrobiodiversité ; qui subissent tous une amélioration nette. Ils
dressent aussi le tableau des contraintes sur ce cas d’étude au Niger, pour la mise
en place d’un système maraicher pour diminuer l’indépendance à l’agriculture
céréalière, qui sont une faible maitrise des systèmes maraichers et cultures de
contre saison, une absence de force de travail masculine durant la saison sèche du à
des migrations vers le Nigeria, le manque de capacité financière des familles pour
faire des investissements, l’accès au foncier durant la saison sèche où les terres sont
utilisés par les éleveurs pour faire pâturer leurs troupeaux (à cause de l’absence de
titres de propriété des terres aux agriculteurs), le manque de zones clôturés pour
empêcher la divagation des animaux et les risques de dégradation rapide des sols
sous culture permanente intensive. Dans l’ensemble c’est un document très complet
où se mêlent un récapitulatif des enjeux, des usages et des possibilités agricoles
aujourd’hui puis le met en parallèle avec diverses expériences de terrain et leur
progrès, ce qui ancre les données à la réalité.
4) Evaluation
Ce document est pour moi d’une grande valeur, car écrit par des professionnels du
secteurs et appuyés par des données scientifiques ainsi que de résultats
d’expériences de terrain. Il a un fort aspect de promotion de l’agroécologie mais a
pour vertu de montrer là où cela n’a pas fonctionner dans une logique d’amélioration.
Les sources sont fiables car doivent être appuyés pour soutenir des actions de
lobbying sur de grandes instances et le CARI reste quand même un pilier dans la
promotion de l’agroécologie ainsi que comme ressources de savoirs sur les pratiques
et les résultats d’expériences. Il est argumenté de manière à d’abord expliciter les
enjeux et problématiques puis des solutions probables et enfin leur mise en
perspective dans des contextes divers et variés.
5) Contextualisation
Ce document dans la même lignée que les documents de promotion à l’agroécologie
restent des points de vue consensuels pour la communauté scientifique mais
minoritaire du point de vue du marché et des politiques agricoles. Elles servent de
plaidoyer pour la mise en place de politiques en ce sens. Comme nous en avions
parlé avec Christophe Brossé, l’intérêt n’est pas de prouver la réalité de ces
connaissances ni de tester leur efficacité car prouvé à maintes et maintes reprises
mais de montre dans quels cadres sociaux et sociétaux les dispositifs peuvent
fonctionner ou non pour faire valoir l’intérêt aux décideurs de la mise en place d’aide
à l’application de ces pratiques plutôt que de continuer sur des modèles intensifs à
haut rendement en capital mais qui impactent très négativement les domaines
sociaux, environnementaux et mêmes économiques pour les populations qui n’en
bénéficient pas.
6) Utilité
Ce document est d’une grande utilité dans ce mémoire notamment par la qualité des
sources scientifiques mais aussi de données de terrain. Il m’aide aussi à orienter ma
recherche sur des problématiques spécifiques de terrain plus préicse que me
concernant. Il est dans la même lignée que le mémoire qui m’a servi pour une autre
fiche de lecture (où il était cité comme source) et me permet de mieux orienter ma
recherche vers des questions plus précises qui n’ont pas été traités maintes et
maintes fois et ainsi me permettra de valoriser et de distinguer mon travail en
essayant de proposer quelques chose de plus centré mais aussi actuel, le document
datant déjà de 2013 soit, il y a près de 10 ans.