1.
L’efficience des marchés financiers :
1-La définition du concept d’efficience des marchés financiers
Un marché financier est dit efficient si et seulement si l’ensemble des informations disponibles concernant
chaque actif financier coté sur ce marché est immédiatement intégré dans le prix de cet actif (Fama, 1965).
Le prix à l’instant t constitue la meilleure prévision du prix en t+1.
La démonstration de l’efficience d’un marché mobilise un certain nombre de postulats quant à son
fonctionnement. Il est nécessaire :
– qu’il soit liquide ;
– que l’accès à l’information soit libre pour tous ;
– que les coûts de transaction soit faibles ;
– que les individus soient rationnels.
Le degré d’efficience s’apprécie dans la vitesse et la façon avec laquelle le marché répercute les nouvelles
informations.
2- Les trois niveaux de l’efficience:
La théorie de l’efficience des marchés financiers distingue trois niveaux (ou formes) d’information selon la nature de
l’information. Suivant le niveau d’efficience du marché, la série des prix peut apporter de l’information mais de
qualité différente:
Niveau d’efficience faible:
Le prix des actions reflète totalement toute l’information contenue dans les mouvements de prix passés.
Si ce niveau prédomine, il n’y a pas d’intérêt à « prédire » les mouvements de prix futurs en analysant les
tendances des mouvements de prix passés:
Un marché sera efficient au sens faible si toute l’information basée sur les cours ou rentabilités passés est
pleinement reflétées dans le prix des titres.
➜ Les prix des marchés efficients des valeurs fluctueront plus ou moins au hasard, tout élément émanant du hasard
étant trop coûteux à déterminer. Il est impossible de tirer parti des informations passées qui n’apportent rien en termes
de pouvoir prédictif des cours futurs.
Niveau d’efficience semi- fort:
Le prix des actions reflète non seulement toute l’information contenue dans les mouvements de prix passés
mais aussi toute l’information publique disponible (les résultats, les dividendes, les augmentations de capital,
le PER, les annonces d’OPA et OPE…).
Les informations disponibles sont intégrées dans le prix de l’actif à l’instant même où elles sont rendues
publiques.
➜ En d’autres termes, il n’y a pas de bénéfices dans l’analyse de l’information existante telle qu’elle est contenue
dans la publication des comptes, l’annonce des dividendes et des profits, le salaire des nouveaux dirigeants…, après
que l’information ait été révélée. Le marché des actions a déjà répercuté cette information dans le prix actuel des
actions.
- Il est impossible de réaliser un profit sur la base des informations publiques et disponibles.
Niveau d’efficience fort:
Le prix des actions reflète toute l’information pertinente, même celle détenue confidentiellement par les
agents privilégiés (initiés).
Le prix de marché reflète la valeur « vraie », ou intrinsèque basée sur les futurs flux de trésorerie attendus.
Les implications d’un tel niveau d’efficience sont claires: personne ne peut battre durablement le marché et
obtenir des profits anormaux.
REMARQUE IMPORTANTE
Plus le niveau d’efficience augmente, plus les opportunités d’une spéculation profitable à certains se réduisent.
La compétition entre des investisseurs bien informés fait que les prix des actions reflètent leur valeur intrinsèque.
Facteurs d’influence sur le niveau d’efficience:
a- L’environnement économique:
L’action des autorités publiques contribue à rendre les marchés financiers plus ou moins efficients. Ces dernières
années, un degré plus grand d’efficience a été obtenu grâce à plusieurs éléments :
– la dérégulation des marchés des actions et leur informatisation ont accéléré la capacité des prix des actions à
répercuter l’information globale ;
– le mouvement des fusions et acquisitions a été un moyen d’améliorer l’efficience du management : la faiblesse
du cours des actions des firmes peu performantes les rend sujettes aux rachats ;
– les privatisations de firmes publiques ont été un moyen de soumettre ces organisations à la pression des
marchés.
b- L’action du système d’information:
L’accès à l’information:
Une des exigences essentielles de l’efficience est que tous les participants aient rigoureusement accès à
l’information ayant une action sensible sur le cours des actions.
Or, jusqu’ici, les agents importants, bénéficiant des données en ligne, pouvaient profiter d’avantages compétitifs
sur les petits investisseurs qui ne pouvaient, quant à eux, « que » se fier aux journaux quotidiens.
L’informatisation et internet ont permis de combler l’écart entre petits et grands participants sur les marchés.
Les conséquences de l’accès à l’information:
Cet accès s’est traduit principalement à deux niveaux:
■L’information relative aux firmes: L’informatisation du reporting permet de mieux rendre compte aux
actionnaires et, par voie de conséquence, une meilleure gouvernance d’entreprise. En sortant des canaux
traditionnels et en se focalisant sur les déterminants clés de la valeur, elle est devenue plus abordable pour les
actionnaires.
■ L’information sur le marché: Il existe de nombreux sites sur le web dévolus aux investissements et à
l’information financière qui, jusqu’ici, n’était disponible en grande partie qu’aux professionnels.
3-Critiques adressées à la théorie de l’efficience des marchés
-Remise en cause de la rationalité des investisseurs
-Les différentes anomalies apparentes sur les marchés financiers
-Le danger de l’adoption d’un raisonnement court- termiste
-L’analyse du fonctionnement des marché par la finance comportementale
-Les autres cadres d’analyse du fonctionnement des marchés
b- Les différentes anomalies apparentes sur les marchés financiers:
L’anomalie de marché indique une différence de la performance boursière par rapport à la trajectoire envisagée du
cours, définie par la théorie de l’efficience du marché.
Il semblerait que trois anomalies majeures puissent apparaître sur les marchés dits efficients.
Les effets de taille
L’HEM semble effectivement moins évidente lorsque l’on considère les firmes de taille plus modeste. Ainsi, à risque
comparable, les actions des sociétés de petite taille semblent atteindre des taux de rentabilité plus élevés que ceux
des plus grandes firmes.
Quelques explications ont été avancées pour justifier cette rémunération plus élevée :
– négocier avec les petites firmes induit un risque et des coûts plus importants ;
– la négligence à leur égard des principales institutions financières présentes sur le marché, du fait de leur faible taille
: le montant des investissements correspondant sera faible au regard du coût de suivi en contrepartie
Les effets de date
Plusieurs faits dus à la prise en compte du temps peuvent être soulignés :
– sur le long terme, les disparités entre les rentabilités des actions semblent se corriger d’elles-mêmes (une
performance annuelle faible peut devenir bonne l’année suivante) ;
– les performances des titres sont sensibles aux effets saisonniers (ex. : effet du mois de janvier) ;
– les performances des actions dépendent également du jour de la semaine ou de l’heure de la journée : les prix
tendent à augmenter les dernières 15 minutes du jour de négociation, mais la première heure de la négociation le
lundi, est généralement caractérisée par de lourdes ventes.
Les investisseurs doivent évaluer leur portefeuille le week-end et décider de vendre d’abord le lundi, mais être plus
prudents dans leurs décisions d’achat ensuite, préférant prendre conseil auprès de leurs courtiers.
Les effets de date (effets de calendrier)
1 er effet calendaire (Effet janvier): L'effet janvier est la hausse saisonnière des prix des actions en janvier. Il
s'explique généralement par une augmentation du nombre d'acheteurs après la baisse des cours qui se produit
habituellement en décembre.
2 ème effet calendaire (L’effet lundi): est une anomalie dans laquelle les rentabilités boursières du lundi sont
significativement plus faibles que celles des autres jours.
3 ème effet calendaire (L’effet vacance, ou l’effet pré-vacances): hausse la veille d’un jour férié pour deux raisons:
optimisme autour des périodes de congé et clôture des positions par les vendeurs à découvert.
L’effet météo
Une rentabilité plus forte des actions les jours d’ensoleillement par rapport aux jours de pluie.
Les vagues et bulles sur le marché des actions
On a indiqué ci-dessus que, sur le long terme, un investisseur possédant un portefeuille diversifié obtiendra
probablement un taux de rentabilité intéressant. Mais la croissance de son capital ne s’effectuera pas de façon
constante mensuellement : elle varie selon les périodes, avec les vagues et bulles survenant sur le marché des
actions. Or, sur un marché efficient, il est quasiment impossible de prédire la survenance de ces vagues et bulles.
D -L’analyse du fonctionnement des marché par la finance comportementale :
Définition de la Finance comportementale :
La finance comportementale s’appuie sur le travail de psychologues relatifs aux écarts entre le processus décisionnel
humain et le processus décisionnel rationnel. Alors que l’efficience des marchés financiers et les modèles prédictifs
sont généralement fondés sur des choix économiques rationnels, la finance comportementale relâche ces
hypothèses restrictives afin d’aider à comprendre les anomalies sur les marchés des actions, incluant les sur et sous-
réactions du marché des actions, les bulles et le pessimisme irrationnel.
La théorie de l’efficience du marché financier formalise l’idée que les prix des titres financiers n’obéissent pas à des
variations aléatoires mais évoluent au contraire rationnellement selon les informations économiques disponibles.
Cette théorie est généralement basée sur la conviction que les investisseurs considèrent le cours d’une action de
manière rationnelle en fonction de tous les facteurs intrinsèques (chiffre d’affaires, part de marché…) et extrinsèques
(contexte économique global, taux d’intérêt…) propres à l’entreprise émettrice.
La finance comportementale explique les anomalies boursières par la psychologie de l’investisseur et les biais
cognitifs et émotionnels, c’est-à-dire les décisions d’investissement (achat et vente d’actions) des investisseurs sont
influencés par des facteurs psychologiques et sociaux.
Biais cognitifs
• Biais de confirmation: priorité donnée aux jugements qui confirment, à l’investisseur, ses propres opinions et le rejet
des points de vue contraire.
• Ancrage mental: priorité donnée à la première impression, ce qui conduit à ne considérer qu’un seul aspect d’une
problématique.
• Biais de disponibilité: sélection des seules informations facilement disponibles.
• Biais rétrospectif: impression des investisseurs de connaître les règles qui leur permettent d’anticiper le futur.
Biais émotionnels
• Excès de confiance: surestimation de ses capacités, illusion de savoir contrôler le marché et planifier ses
investissements, parfois à contretemps.
• Heuristique d’affectivité: prise de décision sur la base d’images mentales auxquelles sont associés des sentiments
positifs ou négatifs.
• Effet de disposition: arbitrage plus rapide des décisions gagnantes que perdantes ce qui conduit à prendre des
décisions sous optimales.
• Instinct grégaire: mimétisme/instinct de troupeau qui pousse les individus à être plus influencés par les émotions
des autres que par les leurs; face à la complexité des marchés, tendance des investisseurs les moins initiés à imiter les
autres opérateurs par peur de se tromper
2-Options et finance d’entreprise :
Appartenant à la famille des produits dérivés au même titre que les contrats à terme et les swaps, l’option est un
contrat entre deux parties par lequel l’une accorde à l’autre un droit d’acheter ou de vendre d’un actif, moyennant le
versement d’une prime.
Ainsi, le mécanisme fondamental de l’option repose-t-il sur la rémunération du risque. Leur valorisation donne lieu à
l’utilisation d’outils mathématiques très développés. Les options peuvent être utilisées :
– pour couvrir les risques de baisse ou de hausse du cours de l’actif;
– pour spéculer à la baisse ou à la hausse du cours de l’actif.
Avantages des options:
Capital moindre que le trading normal (la plupart du temps les options ne sont pas exercées et les acheteurs n’auront
pas besoin d’un capital énorme);
Connaissance de la perte maximale en amont (limitée au montant de la prime), contrairement au vendeur;
Effet de levier important (Possibilité de réaliser des gains plus rapidement que le trading normal) vu que les
investisseurs peuvent exercer dès que le bénéfice est important.
1- Concepts de base
a) Le mécanisme optionnel:
Une option est un produit dérivé qui établit un contrat entre un acheteur et un vendeur.
Une option donne le droit – et non l’obligation – à son détenteur d’acheter (option d’achat) ou de vendre (option de
vente) une certaine quantité d’actif (le sous-jacent : actions, devises, indices, matières premières, taux d’intérêt,
contrat à terme, etc.) à un prix convenu à l’avance (prix d’exercice = Strike Price), à tout moment (option à
l’américaine) ou à une échéance donnée (option à l’européenne), moyennant le versement d’une prime (prix de
l’option).
b) La situation des parties En contrepartie
le vendeur de l’option reçoit la prime – valeur de l’option – et doit s’exécuter car il est contraint par l’acquéreur.
c) Les catégories d’option
Il existe deux grandes catégories d’options :
d) Les caractéristiques des options
Les options à l’américaine, à l’européenne
■ Option à l’américaine (american option) ----------- C’est une option qui peut être exercée à tout moment, entre la
date d’émission et la date d’échéance.
■ Option à l’européenne (european option) ----------- C’est une option qui ne peut être exercée qu’à la date
d’échéance. Elle est par conséquent moins chère qu’une option à l’américaine.
Les éléments de prix
■ Prix du sous-jacent (spot) ------ C’est le prix au comptant de l’actif sur lequel porte le contrat d’option qui peut faire
l’objet ou non d’une cotation sur un marché.
■ Prix d’exercice (PE ou stricke) ------ C’est le prix fixé dans le contrat de l’option. Il peut résulter d’une négociation
dans le cas d’un marché de gré à gré ou d’une standardisation dans le cas d’un marché organisé. Les prix d’exercice
sont en fonction de l’évolution du cours du sous-jacent. Ils permettent de savoir si une option a de la valeur.
Les différentes possibilités optionnelles:
Il y a trois possibilités:
Les autres éléments constitutifs des options
■ Les échéances (maturity) Les échéances sont fixées par l’organisme, gestionnaire du marché. Les échéances sont
fonction de la nature de l’actif sous-jacent. Elles peuvent être mensuelles, trimestrielles ou annuelles.
■ La prime (premium) C’est le prix de l’option appelé également valeur de l’option. La prime, versée par l’acheteur
au vendeur, résulte d’un calcul de prix théorique à partir d’un modèle mais peut s’en écarter par le jeu de la
négociation ou de la spéculation boursière. La prime est un versement définitif qui n’est pas récupérable. Les options
sont négociées auprès de spécialistes appelés teneurs de marché (market makers).
e) Les stratégies optionnelles basiques
Il existe quatre stratégies ou positions de base :
– l’achat d’une option d’achat (call) ;
– la vente d’une option d’achat (call) ;
– l’achat d’une option de vente (put) ;
– la vente d’une option de vente (put).
2- Déterminants de la valeur d’une option
L’appréhension de la prime de l’option
a) La valeur de la prime:
La prime (P ou prix ou valeur) de l’option est la somme de deux éléments :
– une valeur intrinsèque (VI : c’est le bénéfice réalisé) ;
– une valeur temps (VT) ou valeur spéculative (extrinsèque).
P = VI + VT
b) La décomposition de la valeur de la prime
■ La valeur intrinsèque: On a : Prix du sous-jacent − prix d’exercice : pour un call Prix d’exercice − prix du sous-
jacent : pour un put
■ La valeur temps: On a : Prime de l’option − valeur intrinsèque