Les différents types de systèmes de cryptographie
La cryptographie renvoie aux techniques et algorithmes utilisés actuellement pour
assurer la sécurité des communications et des données stockées. Elle repose sur les
mathématiques, l’informatique, l’électronique et le traitement des signaux
numériques. De manière générale, on distingue quatre types de systèmes de
cryptographie :
Cryptographie à clé symétrique (ou « clé secrète ») : Dans ce type de système,
l’expéditeur et le destinataire disposent de la même clé pour chiffrer et
déchiffrer un message.
Cryptographie à clé asymétrique (ou « clé publique ») : Les systèmes de
cryptographie de ce type reposent sur deux clés – une clé publique et une clé
privée – qui forment une paire et sont liées sur un plan mathématique. Pour
appliquer la cryptographie asymétrique, l’expéditeur utilise la clé publique du
destinataire pour chiffrer son message avant de l’envoyer. Seule la clé privée du
destinataire permet de déchiffrer le message. Ainsi, un message intercepté ne sera
d’aucune utilité pour le pirate s’il n’a pas en sa possession la clé privée
correspondante. Les mécanismes de chiffrement sont au cœur d’ISO/IEC 18033, une
Norme internationale en plusieurs parties qui répertorie un certain nombre de
chiffres asymétriques. Les différentes parties de la norme portent en outre sur les
chiffrements identitaire, homomorphe, par blocs et en flot.
Gestion des clés de chiffrement : Les systèmes de ce type sont essentiels pour
protéger les clés utilisées dans le cadre des techniques de cryptographie
symétriques et asymétriques. Ils reposent sur un ensemble de processus couvrant
l’ensemble du « cycle de vie » d’une clé, notamment la génération, l’échange et la
distribution de clés, ainsi que le stockage, l’utilisation, la destruction en toute
sécurité et le remplacement des clés. Si la gestion des clés laisse à désirer, le
niveau de protection des données de chiffrement sera faible. Il existe un certain
nombre de Normes internationales pour la gestion des clé (par ex., ISO/IEC 11770)
et la génération de clés (par ex., ISO/IEC 18031 et ISO/IEC 18032).
Fonctions de hachage cryptographique : Cette technique permet de convertir une
chaîne de données, quelle que soit sa taille, sous la forme de données de sortie
hachées (un condensé des données d’entrée) d’une longueur fixe. Les fonctions de
hachage ont de multiples applications, comme les signatures numériques, les MAC
(codes d’authentification de message), et les sommes de contrôle (permettant de
vérifier si des données ont été altérées). Les fonctions de hachage sont au cœur de
diverses Normes internationales, notamment ISO/IEC 9797-2, ISO/IEC 9797-3 et
ISO/IEC 10118.
Les principes de la sécurité de l’information et les applications de la
cryptographie
Les principes clés de la sécurité de l’information sont la confidentialité,
l’intégrité et la disponibilité. La cryptographie est un outil essentiel pour
veiller au respect de deux de ces principes :
La confidentialité des données, qui repose sur un mécanisme visant à s’assurer que
les données ne sont pas divulguées à des parties non autorisées. Les techniques
cryptographiques, notamment le chiffrement, sont utilisées pour veiller à la
confidentialité des données en rendant ces dernières inintelligibles pour les
personnes ne disposant pas de la clé de déchiffrement correspondante.
L’intégrité des données, qui repose sur un mécanisme visant à s’assurer que les
données ne sont pas modifiées ou altérées. ISO/IEC 9797 est un exemple de Norme
internationale contribuant à l’intégrité des données. Cette norme spécifie les
algorithmes de calcul des codes d’authentification de message.
En plus d’appuyer ces objectifs clés de la sécurité de l’information, la
cryptographie est également utilisée dans les domaines suivants :
Authentification d’entité
L’authentification d’entité, qui s’appuie sur la connaissance d’un secret, permet
de vérifier l’identité de l’expéditeur. Divers mécanismes et protocoles basés sur
la cryptographie peuvent être mis en œuvre à cette fin, notamment les systèmes
symétriques, les signatures numériques, les techniques à divulgation nulle et les
sommes de contrôle. La série de normes ISO/IEC 9798 spécifie des protocoles et
techniques d’authentification d’entité.
Signatures numériques
Utilisées pour contrôler l’authenticité des données, les signatures numériques
permettent de démontrer que les données proviennent du signataire et qu’elles n’ont
pas été modifiées. Elles sont notamment utilisées dans les e-mails, les documents
électroniques et les paiements en ligne. Les schémas de signature numérique sont au
cœur de diverses Normes internationales, notamment ISO/IEC 9796, ISO/IEC 14888,
ISO/IEC 18370 et ISO/IEC 20008.
Non-répudiation
Les techniques cryptographiques telles que les signatures numériques peuvent être
utilisées pour assurer la non-répudiation en garantissant que l’expéditeur et le
destinataire d’un message ne peuvent pas nier qu’ils ont respectivement envoyé ou
reçu le message. La norme ISO/IEC 13888 présente des techniques (symétriques et
asymétriques) destinées à la fourniture de services de non-répudiation.
Cryptographie pour environnements contraints
La cryptographie pour environnements contraints est utilisée pour des applications
et technologies dont la complexité de calcul est limitée par des facteurs tels que
la mémoire, la puissance ou les ressources informatiques. Dans notre monde
numérique moderne, la cryptographie pour environnements contraints est toujours
plus importante. Ainsi, les dispositifs soumis à certaines contraintes – par
exemple, les capteurs ou actionneurs IoT (Internet des objets) permettant d’allumer
les équipements d’une maison dite intelligente – utilisent des techniques
symétriques de cryptographie pour environnements contraints. ISO/IEC 29192, une
norme en huit parties, spécifie toute une série de techniques cryptographiques
adaptées aux environnements contraints.
Gestion des droits numériques
La gestion des droits numériques (DRM) contribue à la protection du droit d’auteur
de vos contenus numériques. Pour s’assurer que seuls les utilisateurs autorisés ont
accès au contenu, ou sont en mesure de modifier ou de distribuer ce contenu, la DRM
fait appel à des logiciels de cryptographie.
Commerce électronique et achats en ligne
Le recours aux techniques de chiffrement à clé asymétrique permet de sécuriser le
commerce électronique. La cryptographie joue en effet un rôle essentiel s’agissant
des achats en ligne car elle permet de protéger non seulement les informations
relatives aux cartes de crédit et aux données personnelles connexes, mais aussi les
transactions et l’historique des achats des clients.
Cryptomonnaies et chaîne de blocs
Une cryptomonnaie est une monnaie numérique qui fait appel à des techniques
cryptographiques pour sécuriser les transactions. Chaque cryptojeton est validé
grâce aux technologies de registre distribué (par ex., la chaîne de blocs). Dans le
cas présent, un registre est une liste enrichie en continu d’enregistrements (à
savoir des blocs) reliés entre eux grâce à la cryptographie.
Qu’est-ce qu’un algorithme de cryptographie ?
Un algorithme de cryptographie est un processus mathématique permettant de chiffrer
un texte pour le rendre inintelligible. Les algorithmes de cryptographie sont
utilisés pour assurer la confidentialité, l’intégrité et l’authentification des
données, mais aussi pour les signatures numérique et d’autres objectifs de
sécurité.
Les systèmes DES (norme de chiffrement de données) et AES (norme de chiffrement
avancée) sont des exemples courants d’algorithmes à clé symétrique. Les algorithmes
à clé asymétrique les plus connus sont les systèmes RSA (Rivest-Shamir-Adleman) et
ECC (cryptographie à courbe elliptique).
Cryptographie à courbe elliptique (ECC)
L’ECC est une technique crygraphique à clé symétrique basée sur les courbes
elliptiques. Utilisée notamment pour le chiffrement et les signatures numériques,
cette technique permet de créer plus rapidement des clés cryptographiques plus
petites et plus efficaces. Ces techniques sont couvertes par ISO/IEC 15946, une
norme en plusieurs parties.
Normes pour la cryptographie
La cryptographie a fait l’objet d’intenses efforts de normalisation qui ont abouti
à l’élaboration d’un large éventail de Normes internationales englobant les
connaissances et meilleures pratiques d’experts de premier plan dans ce domaine.
Les méthodes de travail convenues à l’échelon international contribuent à rendre
les technologies à la fois plus sûres et interopérables. Le recours aux normes
relatives à la cryptographie permet aux développeurs de s’appuyer sur des
définitions communes ainsi que sur des méthodes et techniques éprouvées.
La cryptographie à l’épreuve du temps
Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une révolution quantique. L’avènement de
l’informatique quantique dans les années à venir offrira à l’humanité des
puissances de traitement à une échelle dépassant de loin celles des ordinateurs
utilisés actuellement. Si cette technologie offre une infinité de possibilités pour
résoudre des problèmes complexes, elle n’est pas pour autant sans risque en termes
de sécurité. Cette même puissance pourrait ébranler en grande partie la
cybersécurité telle que nous la connaissons aujourd’hui, y compris certaines
techniques cryptographiques bien établies.
La cryptographie quantique est une méthode de chiffrement appliquant les principes
de la mécanique quantique pour sécuriser les communications. Elle fait appel à
l’intrication quantique pour générer une clé secrète permettant de chiffrer un
message en deux endroits distincts, ce qui rend (quasi) impossible toute tentative
d’interception dudit message sans en altérer le contenu. Présentée comme la
prochaine grande révolution pour les systèmes de communication sécurisés, la
cryptographie quantique pourrait constituer une véritable percée pour les données
appelées à rester confidentielles sur le long terme.
Les nouvelles perspectives du chiffrement s’annoncent prometteuses !