ASPROM
La biomasse – Energies nouvelles
et renouvelables
28/29 mars 2013
Introduction aux usages
énergétiques de la biomasse
Claude ROY / CGAAER / CLUB des Bio-économistes
Paul LUCCHESE / CEA
1
LA BIO-ECONOMIE
La biomasse est la fraction organique biodégradable des produits
végétaux et animaux, des déchets, résidus et sous produits provenant de
l'agriculture, de la pêche, de la sylviculture et des écosystèmes naturels,
ainsi que des industries aval de transformation, tout comme des déchets
industriels ou ménagers.
La biomasse est souvent qualifiée par ses ressources (bio-ressources) ou
par sa faculté de produire et de stocker du carbone renouvelable
photosynthétique, utilisable par de très nombreuses filières (« carbone
vert ») dans le cadre de ce qu'on appelle désormais la « bio-économie ».
La biomasse est en effet valorisable et valorisée sous forme d'aliments, de
fertilisants organiques, de matériaux, de molécules dédiées à la chimie, et
sous forme d'énergies variées comme les bio-carburants, le gaz, la chaleur
ou l'électricité. Toutes ces filières sont renouvelables et sont parfois
qualifiées de « sans carbone ».
Elles sont fortement créatrices d'emplois dans les territoires.
CGAAER / colloque Bercy « économie verte » / 12-12-2012 2
I. Les enjeux…
3
DE QUOI PARLE-T’ON?
Après deux siècles de règne sans partage des ressources et des énergies
fossiles dans les pays riches, nous devons faire face, pour les prochaines
décennies, à un contexte nouveau et à des défis sans précédents:
croissance de la population mondiale; réchauffement climatique ;
épuisement des réserves d'hydrocarbures ; disponibilités en eau et en
terres ; suffisance alimentaire…
Il apparaît alors singulièrement que, dans un tel contexte, une mise en
valeur efficace et durable des terres agricoles et des forêts, avec la
performance et la diversification, en aval, de leurs filières et de leurs
produits, sont en facteur commun de beaucoup des solutions qui sont
envisageables pour prévenir et pallier, au moins en partie, le tarissement
annoncé du carbone fossile, pour limiter le réchauffement climatique et
pour faire face aux besoins fondamentaux de nos sociétés .
CGAAER / colloque Bercy « économie verte » / 12-12-2012
4
les défis critiques du siècle
(avec la démographie: 9 ou 10 mds d’habitants ?)
L’eau et l'alimentation:
>>L’eau douce ne représente que 3 % des ressources en eau de la planète.
>>0,2 ha/hab de terres cultivées en 2050 contre 0,5 ha/hab en 1950 !
L’énergie :
Les ressources énergétiques conventionnelles accessibles au rythme
actuel de consommation sont très limitées (base 70 €/baril):
Pétrole : 40 à 50 ans Uranium : 80 à 100 ans
Gaz : 60 à 70 ans Charbon : 200 à 300 ans
Le changement climatique :
Les risques: changements culturaux, déséquilibres forestiers,
sécheresses, pathologies, pandémies, migrations « subies »…
5
Pour prévenir les causes et pallier les effets du changement
climatique, 3 obligations!
....Economies d’énergie et de matières
premières (concernent surtout les transports et
l’habitat mais aussi, notamment, toutes les activités
agricoles et forestières ainsi que les filières de
* Pour réduire les émissions de l’industrie agro-alimentaire et du bois/fibres)...
carbone de près de > Dont la solution biomasse!
8 Mds t/an à 3 Mds t/an !
(division par 4 pour les pays
....Substitution des sources d’énergie et de
développés>>> Facteur 4)....
matières premières fossiles (notamment
bioénergies, bio-matériaux, bio-molécules,
biocarburants, solaire, éolien, hydrolien,
géothermique et nucléaire )…
> Dont la solution biomasse!
* Pour augmenter le stock de
....Séquestration du carbone
carbone stable de la planète (filières forêt-bois et bio-matériaux, sols,
afin de gagner du temps sur la conchyliculture, …et séquestration géologique du
dérive de l’effet de serre.... CO2) > Dont la solution biomasse! 6
Une évidence encore mal comprise!
La valorisation de la biomasse (carbone vert)
et sa production efficace et raisonnée
sont opérantes positivement dans les
trois seules voies possibles
pour faire face au défi climatique
(la sobriété, l'économie du renouvelable et les puits de carbone)
C’est un exemple unique!...
...et ses externalités positives sont en outre multiples
(dont l’emploi).
« Une agriculture et une sylviculture productives, sobres et
diversifiées, avec leurs filières aval efficaces, et leurs produits,
sont les remparts les plus efficients contre le changement
climatique aux côtés des économies d’énergie
et des innovations technologiques et organisationnelles ».
7
Réapprendre l’équation vertueuse du
« carbone vert » !
Agriculture / agro-industrie / sylviculture / filières bois-fibres
=
+ Aliments (autre forme d'énergie renouvelable…!)
+ Bio-fertilisants, matériaux (dont le bois), molécules de la chimie
+ Puits de carbone (« pompes à CO2 »)
+ Energies renouvelables (carburants, gaz, chaleur, électricité)
+ Efficacité et sobriété énergétiques
>>> et valeur ajoutée, emplois, territoires, sécurité…
=
Options durables « sous conditions de ressources »8 !
MAIS ATTENTION: les bio-ressources
ne sont pas illimitées…
. Le développement des technologies, des filières et des
politiques de valorisation de la biomasse peut entraîner des
concurrences d’usages entre ses différents marchés:
(ex. Bois énergie/Bois matériau; Biocarburants/Alimentation/Chimie)
>>> risques de tensions sur les prix
>>> besoin de veille et de gouvernance
>>> mobilisation active et renouvellement des bio-ressources
Les valorisations « matière » de la biomasse créent plus de valeur ajoutée et
d’emplois que les bioénergies, tout en prolongeant la fonction « puits de
carbone » de la biomasse (1 tCO2 / tonne), et en permettant le recyclage, puis
une valorisation énergétique des biomatériaux en fin de vie (0,25 tep/tonne)…
>>> anticiper et optimiser la gestion et l'emploi
équilibré des bio-ressources en créant des synergies entre filières et
entre politiques publiques (dont celles de l’énergie) !
9
II. Valorisations et marchés de la
biomasse…
10
Parlons Biomasse (1)
La biomasse, ça parait simple…
[Link]-déchets et sous produits organiques
"humides" fatals (concentrés ou diffus):
collectivités, IAA, élevage…
2.Déchets et sous-produits « cellulosiques »
Six fatals (concentrés ou diffus) :,
grands filière bois, plaquettes forestières, pailles, bagasse…
types de [Link] et assimilés (y.c. caoutchouc, etc…)
ressources! [Link] cellulosiques dédiées, agricoles ou
forestières (cultures fibreuses, TCR,etc…)
[Link] alimentaires (fruits, graines et tubercules…)
6. Biomasse aquatique et marine (…l'ancêtre du pétrole)
11
Parlons Biomasse (2)
…Mais la biomasse, c’est aussi très compliqué !
Usages primaires non énergétiques
1. Amendements organiques des sols
2. Alimentation (autre forme d’énergie renouvelable…)
huit 3. Matériaux renouvelables "traditionnels« (bois, textiles...)
grands types 4. Néo-bio-matériaux (fibreux, composites, bio-plastiques…)
5. Chimie du végétal de G1 (sucres, amidon, huiles,
de filières de xylochimie…) et de G2 -cellulosique- (à terme).
valorisation
et de Usages énergétiques (destructifs)
marchés! 6. Bio-carburants (G1, et G2-cellulosique- (à terme)
7. Bio-chaleur, biogaz et « gaz pauvre » ou syngaz (CO+H2)
8. Bio-électricité cogénérée (sous produit de § 7)
12
France: la biomasse en chiffres…
13,4 Mtep/an de bio-énergies, ( dont 9 Mtep/an de bois ),
soit 5 % du bouquet énergétique national
et ~10% de nos consommations « fossiles »…plus tout le reste!
* bois énergie domestique 6,6 Mtep/an (26Mt/an)
* chaufferies et co-générations
collectives et industrielles à biomasse 3 Mtep/an (12Mt/an)
* bio-incinération 1,2 Mtep/an
* biocarburants G1 2,3 Mtep/an (5,5 %; 1Mha)
* biogaz 0,3 Mtep/an
A retenir >>> (1tep ~ 4t ~ 4m3 ~ 4t CO2)
… plus tout le reste, outre l’alimentation :
- Les amendements organiques et l’épandage 330 Mt/an
- Le bois d’œuvre 25 Mm3/an
- Le bois d’industrie 15 Mt/an
- La chimie du végétal et les néo-matériaux 500 000 ha
- Les plantes textiles 50 000 ha
- Les cultures pharmaceutiques, parfums, spécialités 30 000 ha, etc… 13
Des éléments de stratégie et de marchés
feuille de route « France » pour le « carbone vert »
-2010 / ~5% des marchés de l’énergie, des matériaux
et de la chimie (% plus élevé pour le bois);
-2020-2025 / vers ~10% de ces marchés; (Grenelle /
Paquet énergie-climat)
-2050 / vers ~20% de ces mêmes marchés et de
« l'après pétrole », (voire plus selon notre propre « sobriété »?..)
* Cette feuille de route dépendra à 60% de la filière « forêt-bois », à 30% de
la filière « agriculture-IAA » et à 10% des bio-déchets. Elle devra
prioritairement sécuriser les filières alimentaires et bio-matériaux, en
volumes et en approvisionnements (synergies)!
* La mobilisation efficace de toutes les bio-ressources sera
incontournable et devra fonctionner en traction (par les marchés) ET en
poussée (e.g. en forêt: sylviculture / reboisement; ainsi que via la PAC).
14
Pour 2020, à propos d’énergies!
Le paquet énergie-climat UE / France
* Biocarburants: vers 10% d’EnR dans les transports en
2020, soit ~4 Mtep/an de biocarburants sous garanties de
durabilité*, soit ~2 Mha de cultures ou 10% de la SCOP .
*(~0,2Mtep en 2000; ~2 Mtep en 2010; coproduits alimentaires et chimiques ).
* Biocombustibles: vers ~20 Mtep/an en 2020 (chaleur,
biogaz, électricité)*, dont ~60% d’origine forestière .
*(~10 Mtep en 2010 ).
>>> Avec en outre …le développement conjoint des bio-matériaux
(e.g. bois-construction), de la chimie du végétal et des bio-raffineries ....
Une priorité: mobiliser et renouveler les ressources15
Pour 2020, à propos
de biomatériaux et de bioproduits....
* Bois / Pailles / Fibres: Construction, papiers, emballage,
décoration, textiles, isolation, composites, moulages, nouvelles
fonctionnalités et...xylochimie... (y compris caoutchouc et bio-déchets)
* Amidons et sucres (céréales, pommes de terre, betteraves,
canne...): Polymères, bioplastiques, tensioactifs, solvants, adhésifs,
cosmétiques, etc... (y compris bio-déchets)
* Acides gras (colza, tournesol, soja, graisses animales...):
Savons, lubrifiants, solvants, encres et peintures, polymères,
tensioactifs, etc…(y compris bio-déchets)
POUR CELA > Ressources forêt /bois/ fibres (hors énergie):
40 Mt/an en 2010 >>> 50 Mt/an en 2020 ?
> Ressources agricoles (hors énergie):
0,6 Mha en 2010 >>> doublement en 2020/2025 ?
16
La contrainte de l'espace !
Pour atteindre ces objectifs, il faudrait allouer
en France, en 2050…
-5 Millions d'hectares* (agricoles et forestiers) à des productions
énergétiques dédiées (biocarburants de G1 + G2, et bio-combustibles) ?
-1,5 à 2 Millions d'hectares* (surtout agricoles) à des productions de
fibres / chimie dédiées ?
*(NB. la SAU est de 30 Mha, dont la SCOP de grandes cultures qui est de 20 Mha;
la forêt couvre 15 Mha) >>> La forêt devra faire partie intégrante du dispositif
productif, en France, comme au niveau mondial (y compris forêts tropicales)
NB. Au début du XXe siècle, les « cultures énergétiques » représentaient plus de 20% de la
SAU française en fourrages pour les animaux de trait. Elles occupent encore plus de 200 Mha
dans le Monde, soit 15% de la SAU planétaire!
17
…et au niveau mondial ?
-En 2050, il faudrait entre 400 et 600 millions d'hectares (agricoles
et/ou forestiers) dédiés à la production de « carbone vert » dans le
Monde pour répondre à ~20/25% des besoins de l'après pétrole!
-Or, la surface agricole mondiale cultivée n'est que de 1600 Mha
(mais elle pourrait dépasser 2Mds ha en 2050...), et l'on devra en outre
doubler dans le même temps la production agricole alimentaire…!
Il est donc dans tous les cas indispensable,
mondialement, et dès aujourd’hui:
* de mettre en valeur tout aussi efficacement les surfaces forestières que les
terres agricoles. (y.c. pour la production de bois et de fibres)
* de maîtriser les consommations de viande / lait (très consommatrices de ressources
végétales) et de convertir des pâturages en cultures (cf. scénario Agrimonde; mais
attention au déstockage de carbone des sols...)
* de sauvegarder les récoltes et les stocks alimentaires (près de 30% sont
détruits chaque année dans le monde) tout en luttant contre le gaspillage alimentaire,
et tout en développant l'aquaculture.
18
III. Les acquis et l’innovation…
19
La « nouvelle » bio-économie française,
en marche depuis 20 ans!
Outre l’agro-alimentaire (CA de 140 mds €/an et 400 000 emplois)
et la filière bois traditionnelle (CA de 35 mds €/an
et 170 000 emplois), les nouvelles filières de la bio-économie
pèsent déjà, en France,
14 milliards de chiffre d’affaires annuel et
70 000 emplois…
Les feuilles de route qui sont d’ores et déjà « sur la table »
prévoient le doublement de ces performances à l’horizon 2020-
2025, et leur quadruplement à l’horizon 2050 (facteur 4)!
La France est ainsi déjà entrée (non sans résistances…) dans une véritable
logique d’économie verte compétitive (bio-économie), où elle se trouve très
bien placée parmi les quelques pays les plus
« bio-dynamiques » au Monde (USA, Brésil, Chine, Allemagne, France)
20
Un positionnement des bio-filières
massif et flexible
* Bois énergie (combustion): Massif, mature et +/-compétitif
* Bio-électricité (combustion): Subordonnée à la chaleur, mature, +/- non compétitive
(tarifs électriques)
* Biomasse / gazéification: Prometteuse, non mature, non compétitive (stade pilote)
* Méthanisation: territoriale (sauf dépollution), mature (sauf carburant), non compétitive
(tarifs électriques + aides)
* Biocarburants de G1: Massifs, matures, +/- non directement compétitifs
(fiscalisation réduite)
* Chimie du végétal de G1: Prometteuse, +/- mature, +/- compétitive
* Biocarburants et chimie de G2 (cellulose): Prometteurs, non matures, non compétitifs
(stade pilote)
* Biocarburants et chimie de G3 (algues): Aléatoires, non matures et non compétitifs
(stade R&D)
* Bois matériau et panneaux/fibres: Massifs, matures et compétitifs
(potentiel élevé d'innovations)
•Néo matériaux fibreux et polymères: Prometteurs, +/-matures, +/- compétitifs
-Les filières du fossile ont plus de 100 ans! Mais elles touchent à leurs limites à
l’horizon du siècle…
-Les nouvelles bio-filières n’ont que 20 ans! Mais tout leur avenir est devant elles…
21
Mais que veut donc dire compétitivité ?
• Les énergies, matériaux et molécules bio-sourcés
(~ nés dans les années 1980, sauf le bois-papier) entrent
sur des marchés établis, massifs, normés, organisés
depuis un siècle (>>> barrières d'entrée)...
• ...pourtant, les exigences de fonctionnalité qui leur sont
imposées sont les mêmes que pour les produits en
place, voire supérieures.
• Les externalités positives des filières du « carbone
vert » ne sont pas (encore) valorisées (sauf aides et
marché ETS du CO2 pour l’énergie)
>>>Compétitivité: peut on alors vraiment comparer le prix
de deux produits équivalents, l'un épuisable, l'autre
renouvelable ? (ex. biocarburants)
22
La bio-€conomie en valeur (s)!
Copenhague/Durban 2015-2018... à suivre ! Paquet énergie-climat ! Construction HPE !
Reach ! Critères de durabilité ! Taxation et marché du CO2 ! Politiques publiques
(défiscalisation, crédit d’impôt, tarifs d’achat, fonds chaleur, CEE, PPE, eco-étiquetage,
bilan carbone, valorisation des bio-déchets, etc…)
« Le carbone deviendra un jour une deuxième unité de compte
économique universelle, et les bio-filières auront alors tous les
atouts pour en porter la valeur à leur actif,
pour une nouvelle croissance (verte)! »…
>>> Mais un long chemin reste à parcourir pour en CONVAINCRE les décideurs et les relais
d'opinion...
>>> Mais il faut savoir DOSER et équiliber nos stratégies
>>> Mais il faut MOBILISER (et renouveler) nos ressources
>>> Mais il faut PRODUIRE et INNOVER beaucoup
( et produire beaucoup n'est pas un gros mot… !)
23
1er exemple: les IAA et l'énergie
(Vers une agro-industrie à énergie positive?)
* Les IAA en France consomment # 5 Mtep/an (p.m./3 Mtep/an pour
l'agriculture), soit 3% de la consommation énergétique du pays et 13% de
celle de l'industrie française. Cette consommation est sensiblement
constante (donc l'efficacité énergétique du secteur s'améliore).
* L'énergie coûte 3 Milliards €/an aux IAA…, mais elle leur rapporte aussi
(biocarburants, cogénération, méthanisation):
2 Mtep/an d’énergies renouvelables sont produites dans
l'agro-industrie (soit 13% des EnR produites en France).
* En 2020 (Grenelle, Directive EnR), 4 à 5 Mtep/an d'EnR pourraient être
produites par les IAA (dont biocarburants) !
* Si l'efficacité énergétique des IAA continue de progresser (process et
logistique), en 2020, l'agro-industrie française devrait produire plus
d'énergie qu'elles n'en consommera... >>> (biodéchets, solaire, éolien,
24
géothermie, biocarburants-et chimie-de G1 et G2)
2e exemple: les filières bois-paille / énergie
• Aujourd'hui: 30 Mm3/an de bois-bûche + 0,5 Mt/an de
plaquettes/pailles + 0,3 Mt/an de « pellets » (granulés)
+ 4 Mt/an de DIB (connexes et bois de récupération)
>>> 30 000 emplois!
• En 2020.....: # 30 Mm3/an de bois bûche + 15 Mt/an de
plaquettes + 15 Mt/an de DIB et pailles + 2 à 4 Mt/an de
pellets, agro-pellets et cultures dédiées ??
>>> 50/60 000 emplois?
*Chaufferies bois/paille (industrie, collectivités, tertiaire, réseaux):
3000 sites existants (+ 5 à 10% par an ; fonds chaleur)!
(en moyenne 1MWth par site soit ~ 2000 t/an/site)
*Cogénérations (industrie): 10 sites existants; 20 en construction
(en moyenne 12 MWe par site soit ~ 160 000 t/an/site)....
La valorisation énergétique de la biomasse crée une double valeur!
(combustible # 60 €/t livrée + CO2 évité # 15 €/t livrée )
25
3e exemple: Les positions croissantes
du bois-fibres en France
* Environ 3,3 % du bouquet énergétique national, et l’équivalent de 6,5 % des
consommations énergétiques « fossiles » (pétrole, gaz, charbon); +++
* Environ 5 % des néo-matériaux, composites et bases chimiques; ++
* Environ 10 % des marchés des produits de construction; ++
* Environ 20 % des emballages; +
* Environ 95/100 % des supports d’impression et d'édition... =
A fonctionnalité égale, la fabrication d'une structure-bois consomme
9 fois moins d'énergie que du béton, 17 fois moins que son équivalent
acier, et 48 fois moins que celle de son homologue en aluminium!
Elle stocke en outre le carbone –1 tCO2/m3-, et devient en fin de vie, après
recyclage, un bio-combustible renouvelable en puissance -0,25 tep/m3-
26
4e exemple: la méthanisation...
* Pour traiter les bio-déchets en produisant du gaz, de
l'électricité, de la chaleur, (et bientôt du biocarburant)
ainsi que du digestat fertilisant
* Mais avec la difficulté de dépendre à la fois des politiques
énergétiques, environnementales et agricoles...
* Les effluents d'élevage sont des vraies « levures » de la
méthanisation, mais sont peu méthanogènes, et doivent
donc être complétés par des substrats carbonés.
* Les terres agricoles sont le débouché ultime du process
(épandage, amendements)
* Une solution territoriale éventuellement individuelle, mais
préférablement collective (co-digestion territoriale) où
l'agriculture peut prouver sa «valeur »
* Une solution qui appelle obligatoirement la combinaison
de soutiens énergétiques (tarifs) et territoriaux (aides)
avec une valorisation sur site de la chaleur co-générée
Un vrai « concentré de développement durable »
...mais avec un potentiel énergétique modeste!
27
( 2010: 0,3 Mtep/an >>> à terme: 1 Mtep/an)
...et la méthanisation agricole!
• Une filière en démarrage, rarement autonome (on parle plutôt de
méthanisation agri-territoriale traitant aussi des substrats
exogènes): Une centaine de projets agricoles existants ou en cours
de montage (PPE); Mille projets prévus d'ici 2020 ([Link] existe déjà
plus de 200 gros méthaniseurs industriels-IAA- et urbains-boues,
bio-déchets-)
• Des projets agricoles type (PPE) coûtant en moyenne ~1M€ pour
une puissance électrique fournie de ~150 kW (de 50 à 1000 kW),
valorisant peu de chaleur en général (sauf process et énergie des
bâtiments; efficacité énergétique totale de 65% environ)
• Des projets traitant en moyenne (tonnage brut), 50% d'effluents
d'élevage, 25% de substrats agricoles carbonés et (contre
redevance) 25% de bio-déchets exogènes (IAA, collectivités,
commerces...)
• Des digestats épandus (phase liquide = engrais azoté), la phase
solide étant +/- un compost (amendement)
• Des financements combinant en moyenne le tarif d'achat électrique
28
(120/150 €/MWh) + des aides à l'investissement de ~30%
5e exemple: les biocarburants
* Une filière adolescente (20 ans), mais restée au berceau en France
pendant 10 ans
* Une filière voulue et créée par le monde agricole et agro-industriel
(contre vents et marées...), avec l’appui de l’IFP
* Une filière « collective » et intégrée où la valeur est partagée entre
l'amont et l'aval
* Une filière « sans regrets » et « d'utilité publique » au vu de ses
excellents bilans énergie / CO2 (quoiqu’on en dise…) et de ses co-
produits protéiques (tourteaux, drèches, pulpes, ainsi que la
glycérine)
0,2 Mt/an en 2000 >> 2 Mt/an en 2010 >> 4 Mt/an en 2020 (10%)
* La première filière industrielle « garantie durable » au monde
(directive EnR 2009; critères de durabilité)
* Une filière de progrès et d'innovation ouvrant vers l'ensemble des
carburants bio-sourcés et vers la chimie du végétal.
* Une filière où le monde agricole, et agro-industriel persiste toujours
à prendre les devants (ex. Génération 2: pilotes Futurol et Bio-T-fioul;
projet UPM-STRACEL) dans la perspective éventuelle de nouveaux
biocarburants à moyen terme (sous produits du bois >>> carburant
BTL), challenge pour lequel la France est en pointe…
29
Des progrès technologiques et
réglementaires en vue: exemples
-Le bois ou les fibro-composites en parements isolants externes pour la
construction et la réhabilitation
-La valorisation des « déchets bois » de déconstruction
-L’injection du biogaz dans le réseau gaz et le bio-méthane carburant
-La normalisation des cendres et des digestats
-Le développement de la gazéification/pyrolyse basse température
(électricité, combustibles, chimie…)
-La maîtrise des technologies biologiques et thermochimiques à haut
rendement (gazéification, synthèse, digestion enzymatique…) pour la
valorisation de la cellulose (2e génération/carburants-chimie)
--- ET... La certification de « durabilité » du « carbone » vert, conçue pour
les biocarburants (Dir. EnR 5/6/2009), mais qui s'étendra certainement
à terme à tous les bio-produits et bioénergies, leur donnant ainsi une
« marque différenciée » et une valeur supplémentaire...
--- ET peut être...la comptabilisation internationale du carbone séquestré
(suites de Durban / 2013) ? 30
Mais toujours des questions
inconvenantes…ou des polémiques !
Manger ou rouler ?
(cf. la polémique sur les biocarburants, présentés comme un« crime contre
l'humanité » affamant les populations..avec « ILUC » en point de mire)
Construire ou se chauffer ?
(cf. la polémique sur les conflits d'usage liés à la
« bio-cogénération » censée menacer les industries du bois..)
CO2 évité ou biodiversité ?
(cf. par exemple la polémique sur la récolte supposée excessive de biomasse
forestière ou agricole, mettant les sols et la biodiversité en danger..)
On peut en débattre, mais quels sont les défis critiques du siècle ?
31
IV. Comment se faire comprendre ?…
32
Rappeler d’abord, pour 2050, les perspectives de la biomasse…
Potentiel français de bioénergies (à 70 €/baril de pétrole )
« Sans menacer structurellement les filières alimentaires,
les filières matériaux, et les sols »
2010 12,5 Mtep/an
2020 ~ 25 Mtep/an
2050 ~ 40 Mtep/an?(*)
* Avec l'hypothèse de 5 millions d’hectares/équivalents agricoles et/ou
forestiers, dédiés pour les ¾ aux biocarburants G1+G2 et pour 1/4 à la chaleur, sans
compter la chimie du végétal et les biomatériaux ( 1Mha nouveaux supplémentaires!)
>>> L'enjeu en vaut la peine car alors, en 2050…
La biomasse = 20% du bouquet énergétique national !
La biomasse = 1/4 de l’objectif du « Facteur 4 » ! 33
Noter ensuite que les besoins de financement
sont importants, mais…!
* Les nouveaux clients du « carbone vert », énergéticiens ou
industriels, ont impérativement besoin de sécuriser leurs
approvisionnements en bio-ressources (...comme la filière
bois- fibres et l’agro-industrie le font déjà) >>> Partenaires
* Les opérateurs industriels de la biomasse ont désormais
une obligation de « durabilité contractuelle » vis à vis de
l'amont qui les approvisionne: celle d'un partage
équitable de la valeur (CO2 évité compris)...
• Les banques cherchent plus d'investissements de
« croissance durable » à financer…
* Au fur et à mesure de la diffusion en cours des marchés du
carbone (vert), les terres et forêts productives sont et
seront de plus en plus convoitées et chères, comme le
seront aussi les produits agricoles et forestiers. !
34
Puis, surtout, communiquer…!
• Pour attirer ces financements, ces partenaires et
rassurer les actionnaires, il faut convaincre et séduire
• Or, même si le « carbone vert » devient attractif et « à la
mode », les notions de forêt productive/efficace,
d'agriculture énergétique, de « moléculture » et de
bioraffineries restent étrangères à l'opinion ( et même à
beaucoup de responsables...) car elles sont complexes et
dérangeantes!
Il est donc essentiel de communiquer (et d'éduquer) à
travers des messages et des témoins scientifiques,
humanistes, économiques et neutres
(ne serait-ce que pour dire, au minimum, que
pour pouvoir consommer, il faut produire !).
Mais nos voix sont elles encore audibles?... 35
La preuve!!!
Selon un sondage européen, les citoyens font d'abord confiance aux
sources d'information suivantes:
* Les ONG … 35%
* Les scientifiques … 19%
* Les associations de consommateurs … 16%
* Les médias … 5%
* Les autorités publiques … 3%
* Les syndicats … 1%
* Les industriels … 0%
Pour communiquer, ne faudrait- il pas alors s'appuyer
(nous aussi) sur une ou des FONDATIONS d'utilité publique,
sur une ou des ONG?
MERCI 36