Uretrites
Uretrites
Urétrites
P. Pitche
Résumé : Les urétrites d’origine infectieuse et sexuellement transmissibles sont des affections fréquentes.
La démarche en pratique consiste à identifier leurs étiologies et à proposer une prise en charge adéquate.
Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Trichomonas vaginalis et Mycoplasma genitalium
constituent les étiologies les plus morbides des urétrites. Depuis quelques années on observe une recru-
descence de l’incidence de la gonococcie et de la chlamydiose dans le monde et en Europe notamment
dans certains groupes à risque. Cette incidence et leurs potentielles conséquences graves font des urétrites
un problème de santé publique. L’augmentation de l’incidence de la gonococcie est couplée à celle de
la résistance de N. gonorrhoeae aux antibiotiques posant ainsi le problème de l’efficacité des stratégies
thérapeutiques. L’infection par C. trachomatis, souvent asymptomatique, est responsable de la dissé-
mination tout aussi silencieuse chez les femmes et les jeunes filles avec les conséquences gravent qui
en découlent : infertilité, grossesse extra-utérine. Le diagnostic des urétrites est basé sur les outils clas-
siques (examens directs, cultures) mais surtout ceux de la biologique moléculaire (test d’amplification
des acides nucléiques). En effet, l’existence des tests simples pour le diagnostic à la fois de N. gonor-
rhoeae et C. trachomatis est une avancée importante ces dernières années dans la prise en charge
des urétrites. Les traitements antibiotiques des urétrites font l’objet des recommandations actualisées et
les schémas thérapeutiques sont simplifiés favorisant ainsi l’observance. La prise en charge efficace des
urétrites passe obligatoirement par le dépistage et le traitement des partenaires sexuels, les conseils de
prévention (utilisation des préservatifs, réduction des comportements à risque), le dépistage du virus de
l’immunodéficience humaine, de la syphilis, des hépatites virales B et C.
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Plan dans plus de 50 % des cas par un écoulement urétral qui peut être
purulent, mucopurulent, séreux, voire hémorragique [1, 2] . Dans
■ Introduction 1 l’autre moitié des cas lorsque l’inflammation est moins impor-
tante, il n’y a pas d’écoulement, et on observe des symptômes
■ Pathogénie 1 moins spécifiques comme le prurit canalaire, les brûlures mic-
■ Épidémiologie 2 tionnelles, la dysurie, la pollakiurie [2] . Sur le plan cytologique,
■ Causes des urétrites 2 l’urétrite est définie par la présence d’au moins dix polynucléaires
Causes majeures 2 neutrophiles à l’examen du premier jet d’urine centrifugée ou pré-
Causes mineures 3 sence d’au moins cinq polynucléaires neutrophiles sur le frottis
■
urétral [1] . La définition cytologique est d’une grande spécificité
Conduite à tenir devant une urétrite 4
et permet d’éliminer les autres pathologies urétrales : anomalies
Interrogatoire 4
urologiques, infections urinaires. Un écoulement urétral chez un
Examen physique 4
adulte traduit toujours une urétrite, à l’exclusion des urétrorragies
Examens paracliniques 4
et des spermatorrhées.
Arbres décisionnels 4
■ Traitement 4
Urétrite à Neisseria gonorrhoeae 5
Urétrite à Chlamydia trachomatis 5 Pathogénie
Urétrite à Trichomonas vaginalis 5
Urétrite à Mycoplasma genitalium 6 L’urètre masculin est un milieu stérile, la colonisation ascen-
Urétrite à Ureaplasma urealyticum 6 dante par des microorganismes de la flore cutanée, intestinale
■ Prévention 6 ou vaginale étant régulièrement éliminée par les mictions.
Mais on peut retrouver dans l’urètre masculin normal sans
■ Dépistage 6
activité sexuelle quelques bactéries saprophytes du premier
■ Conclusion 6 groupe [1, 3, 4] (Tableau 1). Chez l’homme ayant une activité
sexuelle, d’autres bactéries et des mycoplasmes du deuxième
groupe sont régulièrement trouvées et sont potentiellement
pathogènes [5] . Le troisième groupe est constitué des microorga-
Introduction nismes fortement pathogènes ; ces sont des germes sexuellement
transmissibles et responsables d’urétrites masculines [6] . Il faut sou-
L’urétrite est une inflammation de l’urètre le plus souvent ligner que dans plus d’un tiers des urétrites aucun germe n’est
d’origine infectieuse, sexuellement transmise. Elle se manifeste retrouvé [7] .
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Volume 24 > n◦ 2 > mai 2022
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Tableau 1.
Bactéries pouvant coloniser l’urètre masculin [1] .
Premier groupe Bactéries saprophytes aérobie : lactobacille,
diphtéroïde, staphylocoques blancs et dorés,
entérocoque, streptocoques et hémolytiques,
Gardenerella vaginalis
Bactéries saprophytes anaérobies :
Propionibacterium species, Actinomyces species,
peptostreptocoques, Veilonella parvula,
bactéroïdes
Deuxième groupe Bactéries : streptocoques B, Haemophilus
influenzae, Haemophilus parainfluenzae, bacilles à
Gram négatif, Fusobacterium species
Mycoplasmes : Ureaplasma urealyticum,
Mycoplasma hominis, Mycoplasma genitalium
Troisième groupe Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis,
Trichomonas vaginalis
Épidémiologie
l’écoulement urétral prélevé avec un écouvillon de coton le matin
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 357 mil- avant si possible l’émission de l’urine. L’examen direct met en évi-
lions le nombre de personnes contractant quatre types dence après la coloration par le bleu de méthylène ou le Gram, des
d’infections sexuellement transmissibles (IST) curables chaque diplocoques intracellulaires Gram négatif « en grain de café ». La
année parmi les 15–49 ans des deux sexes : selon l’OMS sensibilité de l’examen direct par rapport à la culture est proche
en 2012, il y avait 131 millions de cas de Chlamydia trachoma- de 100 % chez l’homme symptomatique [6, 28] . La culture effec-
tis (C. trachomatis) ; 78 millions de cas de Neisseria gonorrhoeae tuée sur gélose au sang cuit (Thayer-Martin, Isovitalex) avec ou
(N. gonorrhoeae), et 156 millions de cas de Trichomonas vaginalis sans adjonction d’antibiotiques reste l’examen de référence. Les
(T. vaginalis) [8] . Les IST constituent un problème majeur de santé colonies poussent entre 24 et 48 heures ; un antibiogramme est
publique dans la majorité des pays dans le monde, avec une inci- obligatoire avec la recherche de la production d’une pénicillinase.
dence sans cesse croissante [9–11] . En Europe comme en France, Le diagnostic rapide repose sur les tests d’amplification des acides
les données disponibles montrent une légère augmentation de nucléiques (TAAN) : la plupart de ces tests sont duplex N. gonor-
l’incidence des urétrites gonococciques et documentent deux élé- rhoeae/C. trachomatis [29] . Chez les sujets asymptomatiques les tests
ments essentiels [12, 13] : leur fréquence élevée chez les homosexuels sont effectués sur le premier jet urinaire. En cas de test positif,
multipartenaires d’une part et d’autre par leur présence chez près une culture doit être pratiquée pour effectuer un antibiogramme.
d’un tiers de patients infectés par le virus de l’immunodéficience En l’absence de traitement, les urétrites gonococciques peuvent
humaine (VIH). Par ailleurs une problématique majeure au cours se compliquer. Ces complications s’observent au cours d’urétrites
des urétrites gonococciques est l’évolution sans cesse croissante tardivement traitées ou négligées. Elles intéressent les diverses for-
de la résistance du gonocoque aux antibiotiques qui nécessite une mations glandulaires annexées à l’urètre antérieur et postérieur
actualisation régulière des stratégies thérapeutiques [14–20] . En effet, ainsi que l’appareil épididymo-déférentiel [1, 8, 26, 30] .
en Europe les prévalences N. gonorrhoeae producteurs de pénicilli-
nase varient entre 10 et 30 %, les souches hautement résistantes Épididymite et atteinte des canaux déférents
aux cyclines varient entre 40 à 50 %, celles des fluoroquinolones Le début est souvent brutal, marqué par une douleur spon-
de plus 50 %. L’infection à C. trachomatis est caractérisée par la tanée et croissante d’une bourse, irradiant le long des cordons
fréquence élevée du portage asymptomatique ; ce qui favorise sa s’accompagnant ou non d’un crochet thermique (39 et 40 ◦ C).
diffusion dans la population générale notamment chez les jeunes Parfois l’épididyme augmente de volume, recouvre le testicule.
sexuellement actifs. Par ailleurs de par sa fréquence, la morbi- Une atteinte bilatérale (en un ou plusieurs temps) peut aboutir à
dité de C. trachomatis est caractérisée par sa forte association avec l’infertilité masculine.
la stérilité tubaire, les grossesses extra-utérines et les algies pel-
Prostatite
viennes chroniques [21, 22] . Mycoplasma genitalium (M. genitalium)
serait impliqué dans près 20 % des urétrites non gonococciques Elle est responsable d’une atteinte prolongée avec une douleur
(UNG) et est plus fréquemment associé aux urétrites chroniques du périnée, une sensation douloureuse lors des émissions d’urine
et récurrentes [23, 24] . Les urétrites à T. vaginalis sont beaucoup plus et une fièvre à 38 et 39 ◦ C. Le toucher rectal trouve une prostate
rares [6] . plus ou moins augmentée de volume.
Atteinte des petites glandes situées autour de l’urètre (glande
de Littré : littrites ; glandes de Cowper : cowpérites ; glande
Causes des urétrites de Tyson : tysonites)
L’atteinte est à l’origine des récidives et de la chronicité de
Causes majeures l’infection. L’extension de l’infection aux canaux éjaculateurs et
Neisseria gonorrhoeae aux vésicules séminales provoque classiquement des mictions
impérieuses, une hématurie terminale, une hémospermie, des
Les manifestations surviennent après une période d’incubation douleurs à l’érection et à l’éjaculation.
courte de 2 à 5 jours. Dans sa forme classique aiguë, l’urétrite
gonococcique est bruyante chez l’homme et se manifeste par Atteinte de la sous-muqueuse urétrale
un écoulement urétral purulent (Fig. 1) jaune verdâtre avec une Elle est à l’origine de plusieurs abcès péri-urétraux ou à un gros
dysurie et des brûlures mictionnelles [25] . Il n’y a pas de signes abcès urétral.
généraux mais on peut observer des adénopathies inguinales. Compte tenu des pratiques sexuelles oro-génitaux et ano-
Dans certaines formes, l’urétrite peut être claire (30 % des cas) génitaux, on peut observer des anites et des pharyngites
et dans 10 % des cas il n’y a pas de signes fonctionnels. Excep- gonococciques.
tionnellement, les patients sont asymptomatiques [26] . Dans les Chez les partenaires sexuels féminins des hommes infectés, les
formes subaiguës, les symptômes sont moins bruyants. Les formes manifestations sont asymptotiques dans plus de 90 %, on peut
subaiguës et chroniques sont à l’origine des complications [26, 27] . observer une cervicite avec un petit écoulement à l’examen au spé-
Le diagnostic positif repose sur l’examen direct du frottis de culum. Ce qui démontre l’importance de dépistage et de la prise
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Trichomonas vaginalis
T. vaginalis est un protozoaire flagellé, mobile extracellulaire,
anaérobie, strictement humain. Il n’existe que sous forme végé-
tative et est quasi exclusivement transmis par voie sexuelle. Il est
responsable de 1 à 20 % des UNG [40, 41] . La durée d’incubation se
situe entre 10 et 30 jours. L’infection à T. vaginalis chez l’homme
est dans 90 % des cas asymptomatique. Dans 10 % des cas, la
trichomoniase masculine se manifeste essentiellement par une
urétrite subaiguë. Cliniquement, il s’agit d’une urétrite subaiguë,
avec un écoulement muco-purulent matinal, associé à des sensa-
tions prurigineuses intra-urétrales. Le diagnostic positif est basé
sur l’examen à l’état frais entre lame et lamelle de l’écoulement
prélevé avec un écouvillon de coton à partir de la goutte mati-
Figure 2. Écoulement à Chlamydia trachomatis. nale ou le premier urinaire. L’examen direct à l’état frais a une
sensibilité de 60 à 80 %. La culture sur les milieux spéciaux (type
Diamond, Roiron) reste la technique de référence mais nécessite
en charge active et systématique de tous les partenaires sexuels une durée de 3 à 7 jours. Les techniques Polymerase Chain Reac-
lors du diagnostic des urétrites. tion (PCR) sont pratiquées sur le premier jet urinaire avec une
excellente spécificité. La PCR est déterminante dans le diagnos-
Chlamydia trachomatis tic des formes asymptomatiques. Certains kits offrent une PCR
combinant la recherche de N. gonorrhoeae, de C. trachomatis et
C. trachomatis est une bactérie intracellulaire obligatoire dont
T. vaginalis.
les sérotypes D à K sont responsables d’urétrites sexuellement
transmises. Vingt à 50 % des UNG sont dues à C. trachomatis [31] .
L’incubation est variable de quelques jours à quelques mois, le Mycoplasma genitalium
plus souvent impossible à préciser. Cette période d’incubation M. genitalium constitue la seconde cause, en termes de fréquence
est contagieuse et joue un rôle épidémiologique important dans après C. trachomatis, des UNG aiguës [42–44] . Il représente 13 à
la diffusion de l’infection. Cette infection est asymptomatique 35 % des UNG aiguës [45] . Cliniquement il est responsable des
dans plus de la moitié des cas. Quand elle est symptomatique, urétrites avec écoulement clair abondant évoluant sur un mode
il s’agit en général d’une urétrite subaiguë [31, 32] . Elle se mani- aigu ou chronique ou récidivant. Les porteurs asymptomatiques
feste par un léger écoulement clair (Fig. 2), intermittent souvent sont rares. Sur le plan paraclinique la présence de M. genitalium
matinal, presque toujours peu douloureux. Les signes fonction- est corrélée à la présence de nombreux polynucléaires sur le frottis
nels sont plus ou moins discrets, quelques brûlures, un léger prurit urétral du premier jet urinaire. Le diagnostic repose uniquement
ou il s’agit d’une simple goutte matinale isolée. Le diagnostic sur la PCR car la culture est quasi impossible [44] .
de certitude se fait à partir de la culture et sur les techniques
de biologie moléculaire [33–37] . Pour effectuer le diagnostic posi-
tif, la culture sur cellules HeLa 229 ou McCoy reste encore un Causes mineures
examen de référence dans les laboratoires spécialisés. Mais elle Ureaplasma urealyticum (U. urealyticum)
est onéreuse, difficile et douloureuse à réaliser. En effet, il faut
effectuer un prélèvement endo-urétral de 3–4 cm par grattage de
et Mycoplasma hominis
l’épithélium à l’aide d’un écouvillon en plastique. Sa spécificité Ces bactéries ne sont pas considérées comme des germes
est de 100 % contre une sensibilité variant entre 80 et 90 %. En majeurs des UNG [45] . Leur rôle pathogène propre et isolé au
pratique, le diagnostic se fait actuellement par les tests de biologie cours des urétrites n’est pas totalement élucidé. Cliniquement
moléculaire TAAN. Ce test est effectué sur le premier jet urinaire ces germes sont peu symptomatiques et sont retrouvés au cours
au moins 1 heure après la dernière miction et sur un volume suffi- des urétrites chroniques ou récurrentes. En routine, il n’est pas
sant de 10 à 20 ml. Ce test est particulièrement efficient surtout au recommandé de les rechercher systématiquement [46] .
cours des urétrites asymptomatiques, et demeure ainsi la meilleure
méthode dans ces cas de figures. Les examens indirects comme les Pathogènes rares
sérologies (techniques immunoenzymatiques) n’ont aucun inté-
Certaines bactéries habituellement non pathogènes peuvent
rêt diagnostique au cours des infections urogénitales basses à
être responsables exceptionnellement d’urétrites [7] : Haemophilus
C. trachomatis. Compte tenu de la fréquence des formes asymp-
influenzae, Haemophilus parainfluenzae, Staphylococcus saprohyticus,
tomatiques et en l’absence de traitement approprié, l’infection à
Streptococcus milleri, Bacteroïdes ureolyticus. On peut observer des
C. trachomatis peut entraîner des complications [38, 39] . En effet,
urétrites aiguës à méningocoques après des rapports oro-génitaux
le caractère insidieux de cette infection conduit souvent à des
chez les homosexuels [47] , des urétrites à Escherichia coli et à strepto-
complications locorégionales. Les épididymites ou les orchiépidi-
coques après les rapports anaux. Pour ces étiologies il s’agit d’une
dymites surviennent chez les sujets jeunes (50 à 70 % des causes
découverte fortuite sur les résultats de cultures réalisées lors d’un
des orchiépididymites aiguës) et peuvent être uni- ou bi-latérales.
bilan exhaustif [48] .
Les prostatites aiguës ou chroniques représentent la grande majo-
rité des anomalies observées. L’échographie par sonde transrectale
constitue un moyen diagnostique. La cowpérite est exception-
Urétrites idiopathiques.
nelle. On peut observer des cas de proctite en cas de rapport Dans 25 à 35 % des urétrites masculines, aucune étiologie pré-
ano-génitaux. Les urétrites à C. trachomatis peuvent être respon- cise n’est identifiée [6, 7] . Certaines explications sont avancées :
sables du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter. Il s’agit d’arthrites • ces urétrites sont dues à des micro-organismes encore incon-
réactionnelles survenant après une urétrite le plus souvent chez nus ;
un homme jeune et associant : une conjonctivite bilatérale, des • certaines urétrites seraient dues à certains composants de la flore
signes articulaires (polyarthrite asymétrique aiguë ou subaiguë des vaginoses bactériennes par un mécanisme de stimulation
touchant surtout les grosses articulations des membres inférieurs, immune.
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Culture et antibiogramme
Si présence de TV :
- traitement adapté
- conseils
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“ Point fort ce qui permet de réduire ainsi les faux négatifs. En pratique,
un dépistage peut être proposé aux sujets de moins de 25 ans,
ayant des partenaires multiples, n’utilisant pas régulièrement de
préservatifs, ainsi qu’à ceux ayant un antécédent personnel ou
Traitement des urétrites à Chlamydia trachomatis
antécédent d’IST chez leur partenaire. Les facteurs de risque clas-
• Doxycycline : 100 mg deux fois par jour, per os pendant
siques pour les femmes sont : avoir un nouveau partenaire, des
7 jours ou azithromycine : 1 g per os en prise unique partenaires multiples, un faible niveau d’éducation, des pratiques
• Femme enceinte et allaitante (dans le cadre de la prise bisexuelles, le partenaire sexuel souffre d’une urétrite ou à un anté-
en charge des partenaires sexuelles) : azithromycine : 1 g cédent récent d’urétrite. Chez l’homme les profils à risque sont : les
per os en prise unique ou érythromycine : 1 g deux fois homosexuels, les personnes infectées par le VIH, ou les hommes
par jour par voie orale pendant 7 jours dont la partenaire sexuelle est traitée pour une IST. Les techniques
actuelles se font par le TAAN par autoprélèvement vaginal chez la
femme et chez l’homme sur le premier jet urinaire. Dans les deux
sexes en fonction des pratiques sexuelles, on fera un prélèvement
500 mg deux fois par jour pendant 7 jours ou tinidazole deux pharyngé et/ou anal. Chez les patients souffrant d’urétrite on doit
fois par jour pendant 2 jours. Dans le cas de femme enceinte, il systématiquement proposer le dépistage du VIH, de la syphilis, des
est recommandé le métronidazole un ovule matin et soir pendant hépatites virales B et C.
14 jours.
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Toute référence à cet article doit porter la mention : Pitche P. Urétrites. EMC - Dermatologie 2022;24(2):1-8 [Article 98-440-A-10].
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