Nomenclature des complexes de coordination
Nomenclature des complexes de coordination
TD Chimie inorganique
SMC S6
Série n°1
Nomenclature
Dans une représentation empirique, M.L.H. Green propose de représenter n’importe quel
complexe de coordination sous la forme générale : [MLnXx],Zz avec M métal de transition,
entouré des ligands L, X, Z,
L ligand donneur d’un doublet électronique dans la liaison M – L,
X ligand donneur d’un électron dans la liaison M – X,
Z ligand non donneur (donc accepteur de deux électrons) dans la liaison M – Z. Dans un ion
complexe, Z est donnée par q la charge totale du complexe. Le complexe est alors caractérisé
par :
Le nombre d’électrons autour du métal : (NEV) = nM + 2nL + nX; ou dans le cas d’un ion
complexe NEV = nM + 2nL + nX - q
Le nombre de ligands : (NL ) = nM + nX + nZ ; ou NL = nL + nX dans le cas d’un ion
complexe.
Le nombre de valence du métal : (NV) = x, qui est une notion formelle, liée à la notion
de degré d’oxydation utilisée en chimie minérale.
Le nombre d’électrons non liants (NENL) : nombre d’électrons qui ne sont pas
impliqués dans une liaison métal-ligand. NENL = nM - nX – q
Le degré d’oxydation (DO) : NO = nX + q
La coordinence (C) : nombre de ligands autour du métal. C = nX + nL
On donne :
nM 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Métal Sc Ti V Cr Mn Fe Co Ni Cu
Métal Y Zr Nb Mo Tc Ru Rh Pd Ag
Métal La Hf Ta W Re Os Ir Pt Au
Les quelques règles suivantes permettent d'assigner un nom à chaque ion complexe ou
composé de coordination :
L'ion complexe est nommé à partir du (des) nom(s) de ligand(s), suivi du nom de
l'atome métallique central;
Le suffixe "o" est utilisé dans les noms des ligands négatifs (chloro, cyano,...);
une molécule neutre en situation de ligand garde son nom usuel, à l'exception de H2O
et NH3 qui portent respectivement le nom spécial "aqua" et "ammine";
Les préfixes numériques grecs mono, di, tri, tétra, penta, hexa, placés devant le nom
du ligand X, indiquent le nombre de fois que celui-ci se retrouve autour d'un atome
métallique central; pour les ligands plus complexes L, on utilise les préfixes bis, tris,
tétrakis...;
Si plusieurs ligands différents sont présents, ils sont cités dans l'ordre négatif, neutre,
quoique les formules soient généralement écrites en commençant avec le ligand neutre
: [Co(NH3)4Cl2]+ ;
Si la charge globale du ligand est négative, on attache la terminaison "ate" au nom de
l'atome central; dans ce cas parfois, on utilise le nom latin du métal.
Le (ou les) métal(aux), avec indication de son (ou leurs) nombre(s) de valence entre
parenthèses.
Dans le cas de la présence de ligands pontants, on fait précéder le nom du ligand par
la lettre grecque µ portant en exposant le nombre d’atomes métalliques auxquels le
ligand est lié µn, et celui-ci est nommé en premier.
Dans le cas de ligands polydentés, on précise le nombre de sites d’attache (l’hapticité)
en faisant précéder le nom du ligand de la lettre h (ou parfois aussi de la lettre grecque
) affectée d’un exposant égal au nombre de sites de coordination n.
Exe 1 : à l'état solide du chlorure de chrome hydraté, CrCl3.6H2O. La diffraction des rayons X
montre que la structure de ce complexe est en fait le trans-[Cr(H2O)4Cl2 ]Cl.2H2O. Les 2
molécules d'eau non coordinées occupent des positions bien définies dans le cristal, elles sont
appelées eau de cristallisation.
En solution le complexe CrCl3, H2O existe sous trois formes de couleur différentes
[Cr(H2O)6]Cl3 (violet), [CrCl(H2O)5]Cl2, H2O (vert clair) et [CrCl2(H2O)5]Cl,2H2O (vert foncé).
Nommer les trois complexes
Exe 2 : Zeise est le premier chercheur qui a préparé le composé K[PtCl3(C2H4)] d'où son nom
de sel de Zeise.
Nommer ce composé en nomenclature officielle. Respecte-t-il la règle des 16 ou 18
électrons?
Exe 3 : Donner les noms et le NEV des complexes suivants.
Complexe NE NEV
V
[{Cr(NH3)5}2(µ-OH)]Cl5 K2[PtCl4]
[{Co(NH3)4}2(µ-Cl)(µ-OH)]4+ AuCl(CO)]
[Co(NH3)6]Cl3 Cu(NH3)4]2+
[CoCl2(NH3)4] Cl [Cu(NH3)4]+
[Fe(5-Cp)2 ] Ni(C3H5)
[Fe2(CN)10(µ-CN)]5− [RhCl(PPh3)3]
[Fe2(CO)6(µ-CO)3] [Pt(PPh3)3]
[Mn2(CO)10] [Cr(NH3)6]3+
[Mn2(CO)10] [Cr(CO)6]
[Cr(CO)6 [Co(NH3)6]3+
IrCl(CO)(P(C6H5)3)2 [Ni(CO)4]
K[PtCl3(2-C2H4)] [Ti(CH2Ph)4]
[Fe(CO)5] [CoNO2(NH3)5]Cl2
[Ni(NH3)6]2+ [CoONO(NH3)5]Cl2
[Cr(en)3][FeIII(CN)6] [CoCl2(en)2]
Na[Cr(EDTA)] [CoF6]3-
Tris-oxalatochromate(III)d’hexaamminenickel(II) [CrCl6]3-
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Nomenclature
Corrigé
Exe 2 :
Le nom est trichlor(éthylène)platinate(II) de potassium.
Pt2+ est un d8, sa coordinence est [4].
Dans Pt2+ nous avons 8 é, aussi nous avons 4 ligands L donneurs de 2 é = 8 é. le composé
respecte la règle de 16 é.
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Série n°2
Dans le cas d’un échange de centre métallique M : on prend l’exemple d’un couple ML / L on
établit le diagramme de prédominance gradué en fonction de pM :
Les i ne dépendent que des βi et de la concentration en ligand libre. Ils ne sont pas fonction
de la concentration en métal.
Une autre notion utile est le nombre moyen total de molécules de ligand liées au métal, ñ :
ñ = ([L]tot – [L])/[M]tot = (j*j[L]j)/(j[L]j) avec 1 j n
Les i étant reliés à la concentration en ligand libre, il peut être utile de disposer d’un autre
diagramme reliant la concentration en métal totale à la concentration en ligand libre :
La réactivité d’un complexe dans une solution aqueuse se présente de deux façons :
A – La substitution (échange de ligands) : Ln—M—D + E Ln—M—E + D
B – La réaction Redox : le métal M est réduit alors que M’ est oxydé :
[MLn]+x + [M’L’n’]+y [MLn]x-1 + [M’L’n’]y+1
A – La Substitution :
[Cu(H2O)4]2+ + 4NH3 ⇄ [Cu(NH3)4]2+
A – 1 – Cas d’un équilibre entre 2 espèces ML1 et ML2 : Valeur maximale de α1
La concentration pour laquelle α1 est maximale se calcule en égalant à 0 sa dérivée par rapport
à la concentration en ligand libre [L] :
Keq donne la stabilité thermodynamique (Keq faible complexe stable) et k donne la stabilité
cinétique (ou la réactivité) (k faible, t1/2 élevé complexe inerte
Trois mécanismes réactionnels sont possibles :
A – 2 – Complexe instable-inerte :
[Cr(H2O)6]3+ + EDTA ⇄ [CrIII(EDTA)]- + 6H2O ; K = 1023.
L’échange ne se fait que par chauffage et catalyse.
A – 3 – Complexe stable-labile :
[Ni(12CN)4]2- + 414CN- ⇄ [Ni(14CN)4]2- + 412CN- ; réaction très rapide.
Le complexe Ni2+ + 4CN- ⇄ [Ni(CN)4]2- ; K = 1022 est labile. Il réagit complètement en moins
d’une minute.
I - A une solution de Fe3+, on ajoute des ions thiocyanates SCN-, la solution devient rouge. La
solution redevient incolore si l’on ajoute du fluorure de sodium NaF. Enfin, elle passe au jaune
par addition d’acide tartrique (H2tart).
1. Expliquez et justifiez numériquement les différentes étapes en utilisant les données suivantes
: pKD(Fe(SCN)2+)=3.1 ; pKD(FeF2+)=5.2 ; pKD(Fe(tart)+)=7.4
2. Que se passerait-il si on ajoutait maintenant de l’EDTA (Y4- , pKD(FeY-)=25.1) ?
IV - L'ion fluorure donne avec l'ion Fe3+ quatre complexes successifs d'indice de coordination
1, 2, 3 et 4. Les constantes globales de formation sont telles que log(1) = 6,0 ; log(2) = 10,7 ;
log(3) = 13,7 ; log(4) = 16,1.
1. Donner l'expression des constantes de dissociation successives pkd des quatre complexes.
Application numérique.
2. Tracer le diagramme de prédominance en fonction de pF = −log([F-])
V - La constante de formation globale de [Cd(CN)4]2- vaut logβ4 = 18,4. Calculer :
1. La concentration de Cd2+(aq) dans une solution 0.1 M en complexe.
2. La concentration en ions CN- qu’il serait nécessaire d'ajouter à cette solution si l’on veut que
la concentration en ions Cd2+(aq) soit inférieure à 4*10-16 M.
VI - Les complexes du CuII(aq) avec l’éthylènediamine (en) ont les constantes de formation
successive suivantes : logK1 = 10,6 et logK2 = 9,1. Pour quelle concentration en ligand libre la
fraction de [Cu(en)]2+ sera-t-elle maximale et quelle sera sa valeur ?
VII - Les complexes suivants réagissent différemment avec AgNO3 (réaction de Volhart)
CoCl3 .6NH3 (jaune) + excès de AgNO3 3 AgCl
CoCl3 .5NH3 (pourpre) + AgNO3 2 AgCl
CoCl3. .4NH3 (vert) + AgNO3 1 AgCl
CoCl3. .4NH3 (violet) + AgNO3 1 AgCl
Quelles conclusions structurales en tirez-vous?
VIII – Le mélange équimolaire dans l’eau de FeSO4 et (NH4)SO4 forme un composé stable qui
permet de doser la présence des ions Fe2+, Mais le mélange de CuSO4 et l’ammoniac avec un
rapport molaire 1/4 ne permet pas de doser les ions Cu2+. Expliquer cette différence ?
IX – L’ion Co2+ réagit avec le ligand OH- jusqu’à un indice de coordination égal à 3. Les
constantes globales de formation sont 1 = 101.8, 2 = 108.5 et 3 = 1010.3
Calculer les concentrations des espèces majoritaires et [Co2+]libre, si la concentration [Co2+]total
= 0.15M et le pH de dissolution est égal à 13.
X – Calculer la constante conditionnelle de formation du complexe CoY2- à pH = 7, sachant
que :
- La constante de formation est 1015.9
- les constantes de formations des différentes espèces hydroxydes de Co sont : 1 = 101.8, 2 =
108.5 et 3 = 1010.3
- les constantes globales de formation des différentes espèces des complexes de proton sont :
’1 = 1011, ’2 = 1017.3, ’3 = 1019.8 et ’4 = 1021.7.
XI - Le fer Fe3+ forme plusieurs complexes avec le thiocyanate SCN-, on donne 1 = 102.2, 2 =
103.6 3 = 105.0 et 1 = 106.3. Calculer la concentration de l’espèce prédominante sachant que la
concentration du Fe2+ trouvée dans la solution est égale à celle des ions SCN- égale à 0.1M
XII – L’ion Hg2+ forme avec l’EDTA un complexe très stable de constante de formation Kf =
6.31021.
Calculer les constantes de formation conditionnelles à pH = 10 et pH = 3 en tenant en compte
les réactions parasites des cations et du ligand.
On donne les constantes de formation successives des hydroxydes de Hg : K1 = 1011.3, K2 =
1010.6, K3 = 108.2.
Les constantes globales de formation des complexes de l’EDTA : 1 = 1011, 2 = 1017.3, 3 =
1015.8 et 4 = 1021.7
XIII – La calamine, poudre ou liquide rosâtre, mélange d'oxyde de zinc et d'oxyde ferrique,
utilisée dans des lotions et pommades pour traiter les coups de soleil, l'eczéma et les piqûres
d'insectes. Un échantillon de 1.022g de calamine est dissous dans une solution acide de 250 ml.
A une prise d’essai de 10 ml, on ajoute quelques grains de NaF pour complexer les ions Fe3+.
On ajuste le pH et on dose les ions Zn2+ par EDTA 0.01294 M, soit VEDTA = 38.78 ml de volume
versé.
Une autre prise d’essai de 50 ml est dosée par 2.4 ml de ZnY2- de 0.002727 M : Fe3+ + ZnY2-
FeY- + Zn2+.
Calculer les pourcentages en poids de ZnO et de Fe2O3.
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Série n°2 –Réactivité
Corrigé
Montrer que
i = i[L]i/(1 + 1[L]1 + 2[L]2 + …)
ñ = ([L]tot – [L])/([M]tot –[M]) = (i*i[L]i)/(i[L]i) avec 1 i n ; ñ est le nombre de ligands
associés par rapport au taux d métal combiné.
si q = [L]tot/[M]tot alors [M]tot = (j[L]j+1)/((q-j)j[L]j) avec 0 j n
Tracer i et ñ = ƒ(log[L]) et log[M]tot = ƒ(log[L]) pour différentes valeurs de q.
Réponse :
On a [M]tot = [M]j[L]j avec 0 j n et [L]tot = [L] + [M]ii[L]i avec 1 i n
i = [MLi]/ [M]tot = [MLi]/ [MLj]
i = [MLi]/[M][L]i alors [MLi] = i*[M][L]i
Donc i = i*[M][L]i /[M]j[L]j = i [L]i /j[L]j = i[L]i/(1 + 1[L]1 + 2[L]2 + …)
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Série n°3
I : Dans un complexe octaédrique, les ligands sont placés sur les axes x, y et z. L'examen des
orbitales d révèle que l'orbitale dx2-z2 dont les lobes pointent vers les ligands, est davantage
déstabilisée que l'orbitale dxz, dont les lobes pointent entre les ligands. Il est facile de voir que
les 3 orbitales dxy, dxz et dyz ont la même orientation relative par rapport aux ligands et qu'elles
subissent donc le même effet. L’orbitale dz2 étant une combinaison linéaire des orbitales dy2-x2
et dz2-y2, elle (dz2) est donc déstabilisée de la même façon que l'orbitale dx2-z2. Le champ exercé
par les ligands (champ cristallin) lève donc la dégénérescence des orbitales d. Dans un
complexe octaédrique, les 5 orbitales d se séparent en deux groupes, les orbitales dxy, dyz et dxz
(t2g) d'une part, les orbitales dx2-z2 et dz2 (eg) d'autre part. O est la différence d’énergie entre les
deux groupes d’orbitales (paramètre du champ des ligands). Pour le barycentre des orbitales d
dans le complexe (il s’agit du niveau des orbitales d dans un complexe hypothétique ML6 de
symétrie sphérique) les énergies des orbitales t2g et eg sont respectivement égales à –0,4O et
+0,6O.
Dans un complexe tétraédrique, les orbitales d se séparent en deux groupes. Mais les orbitales
dxy, dyz et dxz (t2) sont davantage déstabilisées que les orbitales dx2-z2 et dz2 (e). t est la différence
d’énergie entre les deux groupes d’orbitales. Pour un barycentre des orbitales d dans le
complexe hypothétique [ML4] de symétrie sphérique, les énergies des orbitales e et t2 sont
respectivement égales à –0,6t et +0,4t.
Le gain énergétique s'appelle énergie de stabilisation (ES) (LFSE = ligand field stabilisation
energy). La grandeur de la stabilisation dépend du nombre des électrons et de leurs distribution
dans les orbitales (champ faible, champ fort). L'effet de la stabilisation peut être déduit du
tableau suivant :
Symétrie configuration Energie
Sphérique dn E n = p+q
Octaédrique p
(t2g) (eg)q
E’ = E - 2/5*p*Do + 3/5*q*Do ES = E’ – E
tétraédrique (e)p(t2)q E’ = E - 3/5*p*Dt + 2/5*q*Dt ES = E’ – E
Démontrer que dans l’énergie de t2g est –0,4O et celle de eg est de +0,6O.
Démontrer que dans l’énergie de e est –0,6t et celle de t2 est de +0,4t.
Démontrer que pour un même métal, M, un même ligand, L et une même distance métal-
ligand, on peut établir la relation : t = (4/9) o.
D’après le tableau suivant calculer l’énergie totale de l’orbitale dn pour un métal dans
un complexe octaédrique ou dans un complexe tétraédrique. Calculer les rapports
E(tétraédrique)/E(octaédrique).
Pour un métal dn, donner l’énergie de sa stabilité dans un complexe Oh ou Td à champ
fort ou faible pour n = 0, 1,2 , 3, 4, 5 ,6 ,7, 8, 9, 10.
Tracer la courbe ESCC = f(n) dans un champ faible pour une symétrie Oh et Th.
Tracer sur un même graphe pour différente n, les courbes ESCC = f(n) dans un champ
à bas spin et à haut spin pour les complexes octaédriques.
II - Les spinelles sont des cristaux ioniques de formule AB2O4. La maille cristalline peut être
décrite de la façon suivante : les oxygènes occupent les sommets d'une maille cubique à faces
centrées ; dans un spinelle direct, le premier cation (A) occupe des sites tétraédriques, les deux
autres cations (B) la moitié des sites octaédriques.
Dans un spinelle inverse (anormale), le cation A et un des cations B occupent la moitié des sites
octaédriques, le dernier cation B occupant des sites tétraédriques.
Les oxydes Mn3O4, NiCr2O4, TiFe2O4, ZnFe2O4, ZnFeCrO4 et Fe3O4 possèdent la structure
spinelle [A]T[B2]OO4.
Montrer qu’à partir des énergies de stabilisation du champ cristallin en symétrie
octaédrique et tétraédrique, ces structures ne sont plus anormales.
Dans le cas des oxydes Mn3O4, Fe3O4 et TiFe2O4 ayant des états de valences mixtes de
Mn et Fe, prévoir, à partir des énergies de stabilisation du champ cristallin en symétrie
octaédrique et tétraédrique, quel type de structure normale ou inverse aura chacun de ces
oxydes. On admettra que l’ion oxygène est un ion de type haut spin.
Données : Ti ([Ar] 3d24s2), Mn ([Ar] 3d54s2) et Fe ([Ar]3d64s2). On rappelle que Δt = 4/9 ΔO.
On donne les valeurs du paramètre de champ cristallin :
III - Les complexes octaédriques suivants sont caractérisés par l'intensité du champ cristallin
créé par chaque type de ligand :
Complexes ΔE (cm-1)
2+
[Fe(H20)6] 10400
3-
[Fe(CN)6] 35000
ΔE mesurée en cm-1, représente l'écart d'énergie entre les 2 groupes d'orbitales d dans le
complexe. Les énergies d'appariement de 2 électrons dans une même orbitale d sont pour les
ions Fe2+ et Fe3+ respectivement 17600 cm-1 et 29875 cm-1.
Indiquer pour chaque complexe le degré d'oxydation du métal.
Donner la structure électronique des complexes en représentant le diagramme d'énergie
des orbitales d d'après le modèle du champ cristallin.
IV – La levée de la dégénérescence des orbitales d augmente avec la force des ligands (série
spéctrochimique).
Champ fort : CO > CN-> en > NH3 >|H2O>C2O42->OH->F->Cl->Br->I- champ faible.
Expliquez pourquoi les complexes suivants ont les couleurs : [Ni(H2O)6]2+ (verte
490nm<<560nm), [Ni(NH3)6]2+ (bleu 430nm<<490nm), [Ni(en)6]2+ (violette
400nm<<430nm).
Donnez un schéma de la distribution électronique des orbitales d de Ni2+ dans les trois
complexes.
Pourquoi le complexe [Co(CN)6]3- se stabilise à bas spin alors que le complexe [CoF6]3-
est à haut spin.
V - De nombreux complexes de Mn2+ possèdent 5 électrons non appariés. Au contraire
[Mn(CN)6]4- ne possèdent qu’un seul électron non apparié. Expliquer ces faits à l’aide d’un
schéma d’orbitales selon le modèle du champ cristallin. Mn : Z = 25.
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Série n°3 - Corrigé
I :Dans une symétrie sphérique l’énergie des cinq orbitales est 5E0. Dans un champ octaédrique
l’énergie est 3 (E0 – (1-x)∆o) + 2 (E0 + x∆o). On a conservation de l’énergie : 5E0 = 3 (E0 – (1-
x)∆o) + 2 (E0 + x∆o). Donc x = 0.4
Pour une symétrie tétraédrique 5E0 = 2 (E0 – (1-x)∆t) + 3(E0 + x∆t)
On a ∆t = 4/9 ∆o. Dans un complexe tétraédrique, on a seulement 4 ligands qui exercent
un champ de 2/3 par rapport aux six (6) ligands dans un complexe octaédrique. Puisque la
direction des ligands dans un champ tétraédrique ne coïncide pas avec celle des orbitales d, le
champ exercé est réduit d’un facteur de 2/3. Donc ∆t = 2/3*2/3∆o
N Octaédrique Tétraédrique Rapport
0 0 0 --
1 -4 -2.67 0.6675
2 -8 -5.34 0.6675
3 -12 -3.56 0.29667
4 -6 -1.78 0.29667
5 0 4.44E-16 --
6 -4 -2.67 0.6675
7 -8 -5.34 0.6675
8 -12 -3.56 0.29667
9 -6 4.44E-16 -7.40E-17
10 0 4.44E-16 --
Dans un champ faible, la symétrie octaédrique est plus stable que la symétrie
tétraédrique. On observe que plus on s’éloigne des configurations stables d5 et d10, plus la
stabilité de la symétrie tétraédrique est proche de celle de la symétrie octaédrique.
II : Les spinelles ont la structure du minéral naturel MgAl2O4 appelé spinelle. La maille
élémentaire est composée de 8 motifs AB2O4 comprenant 32 atomes d’oxygène. Ces atomes
d’oxygène constituent un sous-réseau anionique CFC comprenant 32 sites [O] et 64 sites [T].
En symétrie Oh, il y a éclatement des niveaux d en deux sous-niveaux, t2g et eg, séparés
énergétiquement de ΔO = 10 Dq. En symétrie tétraédrique, cet éclatement devient ΔT = 4/9 ΔO,
c’est-à-dire 0,44 ΔO, avec inversion des deux sous-niveaux, qui deviennent t2 (≡ t2g) et e (≡ eg).
Ce qui donne les valeurs des énergies des niveaux e (−6 Dq × 0,44 = −2,64 Dq) et t2 (+4 Dq ×
0,44 = 1,76 Dq). La comparaison des énergies des deux symétries est reportée sur la figure
suivante :
III : Dans le complexe [Fe(H2O)6]2+ le Fer est Fe+II et dans le complexe [Fe(CN)6]3- il est sous
forme Fe+III.
Fe (Z = 26) ………..3d64s2
Fe2+ ……………….3d6
Fe3+………………..3d5
Pour [Fe(H2O)6]2+ on a P = 17600 > E = 10400cm-1 donc Haut Spin et pour [Fe(CN)6]3- on a
P = 29873 < E = 35000cm-1 donc Bas Spin.
Pour [Fe(H2O)6]2+ on a 4 e- non appariés donc paramagnétique et pour [Fe(CN)6]3- on a 1 e-
non appariés donc paramagnétique.
IV - L’atome central étant le même dans les trois complexes. L’absorption dans le visible
dépend de la force du ligand. L’ordre dans la série spéctrochimique est H2O < NH3 < en. Donc
la levé de la dégénérescence des orbitales d par le champ des ligands est dans l’ordre ∆(H2O) <
∆(NH3) < ∆(en) ce qui donne en longueur d’onde absorbée (H2O) > (NH3) > (en).
Dans les trois complexes Ni2+ étant un d8, il présente une seule configuration électronique
t2g6eg2. La seule différence est l’écart ∆ entre les deux niveaux t2g et eg.
Dans les complexes [Co(CN)6]3- et [CoF6]3-, le cobalt est sous forme Co3+ (d6). Si le ligand est
à champ faible la configuration électronique des orbitales d est t2g4eg2 c’est le cas du ligand F-
donnant un complexe à haut spin.
Par cotre si le ligand est à champ fort, comme le CN-, il forme un complexe à bas spin de
configuration t2g6eg0.
V : Mn (Z = 25) ……………….3d54s2
Mn2+ ……………………….3d5
Avec un ligand à champ octaédrique faible, la configuration électronique est t2g3eg2 donc 5 e-
non appariés E est faible.
Avec un ligand à champ octaédrique fort comme le CN- , on a la configuration électronique
t2g5eg donc seulement un e- non appariés et E est élevé.
VI : Co (Z=27) ……………………3d74s2
Pour [CoCl6]3- Co3+ ……..3d6 : E est faible, la configuration est t2g4eg2 on a donc 4e- non
appariés et le complexe est paramagnétique.
Pour [CoCl2(en)2]+, on a 2 ligands en donc 4 coordinations à champ fort et 2 coordinations Cl-
à champ faible ce qui provoque un champ fort (E’). La configuration est t2g6eg0 on a donc 0e-
non apparié et le complexe est diamagnétique.
En ce qui concerne l’absorption de la lumière (changement de couleur), E = hc/ soit =hc/E.
le passage E E’ est suivie par une absorption différente ’ ( avec E < E’ >
’). On constate que le changement du du rayonnement absorbé conduit au changement de
couleur.
VII :
Complexe Calcul cation
2+
[Ni(H2O)6] x + 0 = +2 Ni+II
[Ni(CN)6]4- x- 6 = -4 Ni+II
2-
[MnCl4(H2O)2] x– 4 + 0= -2 Mn+II
[MnCl(CN)4H2O] 2-
x – 1 – 4 + 0 = -2 Mn+III
[Ni(H2O)6]2+
Ni (Z=28) ……………………..3d84s2
Ni2+ …………………………….3d8
E faible t2g6eg2 2 e- non appariés.
[Ni(CN)6]4-
Ni (Z=28) ……………………..3d84s2
Ni2+ …………………………….3d8
E élevé t2g6eg2 2 e- non appariés.
[MnCl4(H2O)2]2-
Mn (Z=25) ……………………..3d54s2
Mn2+ …………………………….3d5
E faible, t2g3eg2, 5 e- non appariés.
[MnCl(CN)4H2O]2-
Mn (Z=25) ……………………..3d54s2
Mn3+ …………………………….3d4
E élevé, t2g4eg0, 2 e- non appariés.
Université Mohammed Premier
Faculté des Sciences
Département de Chimie Oujda
TD Chimie inorganique
SMC S6
Série n°4
III - Pour le complexe [Cr(NH2CH2CO2)3], on obtient la valeur du facteur gion est 17400 cm-1
pour l'ion métallique et celle du facteur fligand est 1,18 pour le ligand. Les termes
spectroscopiques sont 2D2(P,D,F,G,H)4(P,F). Dans un champ octaédrique, les termes
fondamental et celui de même multiplicité sont éclatés en (A2g+T1g+T2g) et (T1g). on donne
E(4T2g) = -2 Dq, E(4A2g) = -12 Dq, E(4T1g) = + 6 Dq et E(4P) - E(4F) = 15B (B étant l’indice de
Racah).
1. Donner la structure du complexe glycinato du chrome (III).
2. Donner l’état fondamental du métal dans le complexe.
3. Donner le nombre de microétats possibles dans l’ion libre.
4. Quelles sont les transitions permises, lesquelles.
5. Dans une symétrie octaédrique, donner les transitions possibles.
6. Quel est l’état fondamental dans le complexe.
7. Quelles sont les différentes transitions possibles.
8. Calculer les fréquences 1, 2 et 3
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Série n°4 – Corrigé
I - La couleur est une particularité des composés de coordination. Elle dépend de la force du
champ des ligands qui provoque une levée de dégénérescence des orbitales d. l’éclatement
des orbitales dépend de la nature du ligand. Dans le cas [Fe(CN)6]4- et [Fe(H2O)]2+, la
couleur est différente car CN- est un ligand fort par contre H2O est un ligand faible. (H2O) <
(CN-) d’où (H2O) > (CN-). Les transitions entre les orbitales d d est différente ce qui
conduit à des couleurs différentes.
II - On a un ion vanadium de degré III donc un d2. La transition est bien dd car le coefficient
d’absorption < 10.
En regardant le diagramme de Tanabe-Sugano, on voit que le terme fondamental est 3T1g(F).
Il y a trois transitions possibles qui gardent le spin inchangé :
3
T1g(F) 3T2g
3
T1g(F) 3T1g(P)
3
T1g(F) 3A2g(F).
1. On calcule E2/E1 = 1.49.
2. Si on suppose que les deux transitions observées correspondent pour E1 à 3T1g(F)
3
T2g et pour E2 à 3T1g(F) 3T1g(P). En se plaçant à O = 31, le rapport des deux
énergies est respecté. On lit E1/B = 28 et E2/B = 41.6. Et on a 41.6/28 = 1.486. B =
17500/28 = 26000/41.6 = 625.
3. On calcul O = 15800 cm-1.
III –
1. Le complexe est un trischelate
4
A2g 4T2g avec 1 = 10 Dq = O
4
A2g 4T1g avec 2 = 18 Dq
On a E(4P) - E(4F) = 15B donc 4A2g 4T1g(P) avec 3 = 12 Dq + 15B
1 = O = g*f = 17400*1.18 = 20532 cm-1
2 = 18 Dq = 1.8O = 36958 cm-1.
A champ fort, on s’attend à deux bandes car 3 sort probablement du visible.
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Série n°5
Complexe Z
[Ag(CN)2]- 47
[HgI3]- 80
[ZnCl4]2- 30
[Cr(CN)6]2- 24
[FeF6]3- 26
[Ni(NH3)4]2+ 28
[Fe(CN)6]3+ 26
[Ni(CN)4]2- 28
II - Quand [Mn(H2O)6]2+ réagit avec CN-, il se forme [Mn(CN)6]4- qui présente un électron non
apparié. Avec I-, il se forme le complexe [MnI4]2- qui présente cinq électrons non appariés.
Expliquer.
III - Les cristaux verts (480 nm < < 590 nm) de [Ni(PPh2Et)2Br2] ont un moment magnétique
effectif de 3.2 μB. Dissous dans le chloroforme, ils donnent une solution verte ( 480 nm < <
590 nm) ayant un moment magnétique de 2.69 μB. Dissous dans le benzène, ils donnent une
solution rouge ( 620 nm < < 800 nm) qui, refroidie à -78°C, permet d’obtenir des cristaux
rouges diamagnétiques de [Ni(PPh2Et)2Br2]. Stockés à température ambiante, ces cristaux
redeviennent verts. Expliquer.
Le complexe se présente sous trois formes géométriques
VII – Calculer le moment magnétique du Co2+ dans une symétrie tétraédrique, octaédrique et
plan carré.
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Série n°5 - corrigé
[Ag(CN)2]- ………………………………..
L’hybridation est donc sp et la géométrie du complexe est linéaire CN-----Ag-----CN.
CN- est un ligand fort.
µ = √(n(n+2) or n = nombre d’électrons célibataires = 0 donc µ = 0µB. Le complexe est
diamagnétique.
[HgI3]- ……………………………………………
Zn (Z=30) …………[Ar]4s23d10……………
Zn2+ ………………………..3d10 ……………..
[ZnCl4]2- ………………………………………..
Cr (Z=24) ………………[Ar]4s13d5………….
Cr3+ ………………………….3d3 ……………
[Cr(CN)6]3- ……………………………………
[FeF6]3- …………………………………
L’hybridation est sp3d2 et la géométrie est octaédrique.
Le F- est un ligand à champ faible donc la configuration électronique est t2g3eg2.
Le nombre n = 5 et µ = √35µB. le complexe est paramagnétique.
.
L’hybridation est dsp2 et la géométrie est plan carré.
Le nombre n = 0 donc µ = 0 et le complexe est diamagnétique.
III -
Ni (Z= 28) [Ar]4s23d8. Dans le complexe est sous forme cationique Ni2+ (3d8).
La configuration électronique dans le complexe de géométrie tétraédrique est e4t24. Le nombre
d’électron célibataire est 2. Le moment magnétique µ = √8µB < 3.2µB. le produit est
paramagnétique.
Dans la symétrie carrée plane, la configuration électronique est e4b1g2a11b11 (cis-planaire) ou
e4b1g2a12b10 (trans-planaire).
Dans la symétrie octaédrique, la configuration est t2g6eg2. Le nombre d’électron célibataire est
2. Le moment magnétique µ = √8µB < 3.2µB. le produit est paramagnétique.
Les cristaux verts sont des complexes tétraédrique (T correspond à la transition électronique e
t2).
Si on les mets dans le chloroforme, il adoptent une symétrie plan carré cis et la transition
possible est b1g a1 est de la même ordre de grandeur de T Donc même couleur verte.
Dans le chloroforme, le produit est stabilisé sous forme trans. On a deux électrons célibataires
donc µ = √8µB < 2.69µB. le produit est paramagnétique.
La transition dans ce cas est a1 b1. est très faible. La couleur est rouge.
Stockés les cristaux à température ambiante, l’effet stabilisant de chloroforme sous forme trans
disparait. La symétrie tétraédrique est stabilisée.
V–
Complexe Caractéristiques Moment magnétique
[M(H2O)6]3+ Ti3+ , d1, t2g1eg0, µ = √(3) = 1.7 µB
[M(H2O)4]2+ Fe2+, d6 , e3t23, µ = √(24) = 4.9 µB
[M(H2O)6]2+ Co2+, d7 , t2g5eg2, µ = √(15) = 3.9 µB
[M(H2O)6]3+ Cr3+, d3 , t2g3eg0, µ = √(15) = 3.9 µB
[MBr4]- Fe3+, d5 , e2t23, µ = √(15) = 3.9 µB
[M(CN)6]3- Co3+ , d6, t2g6eg0, µ=0
[M(H2O)6]2+ Cr2+ , d4, t2g3eg1 (HS) ou Cu2+, d9, t2g6eg3, (BS) µ = √(3) = 1.7 µB
[MI4]- Ni3+, d7 , b1g2e4a11b10, µ = √(15) = 3.9 µB
[MCl4]- Fe3+, d5 , e2t23 µ = √(35) = 5.9 µB
[MCl2(NH3)2] Ni2+, d8 , b1g2e4a10b10, µ=0
[M(H2O)6]2+ V2+ , d3, t2g3eg0 ou Co2+, d7, t2g5eg2 µ = √(15) = 3.9 µB
[M(CN)6]3- Mn3+, d4 , t2g4eg0 µ = √(8) = 2.8 µB
K3[M(CN)6] Cr3+ , d3, t2g3eg0, µ = √(15) = 3.9 µB
[M(CN)6]3- Co3+ , d6, t2g6eg0, µ=0