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Travailleurs sans papiers en France : histoire et enjeux

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CM3 : Les travailleurs sans papiers en France, une

approche historique et sociologique

Introduction : Les travailleurs sans papiers, de quoi parle-t-on ?


Différencier notion d’immigré et d’étranger.

Immigré = parcours de vie. Immigré en France c’est résider en France alors qu’on est
né ailleurs.
Étranger = ne pas avoir la nationalité du pays où l’on est. Donc certains droits et
statuts refusés.
Distinguer, car certains immigrés sont français, ont acquis la nationalité française,
c’est-à-dire naturalisation, donc non étrangers.

Conditions pour avoir la nationalité française :


- Droit du sol : pour avoir la nationalité, il faut être né en France et avoir un parent né
en France, donc double droit du sang.
- Droit du sang : avoir un parent français, on est français à la naissance.
- Naturalisation : arrivé en tant qu’étranger, petit à petit on obtient la nationalité.

Conceptions différentes de ce qu’il fait une nation : Républicains vs monarchistes


durant IIIe, monarchistes (sang) vs républicains (sol).

Étranger ≠ sans-papiers
Tous les étrangers ne sont pas sans papiers.
En tant qu’étranger, pour séjourner légalement en France, il faut détenir un titre de
séjour. Sinon, situation irrégulière c’est-à-dire « sans papiers ».
Il existe une multitude de titres de séjour, ce qui reflète la diversité des motifs de
séjour : études, travail, famille… Trois principaux, mais d’autres aussi : humanitaires,
etc.

Les personnes qui n’ont pas de titre de séjour valide sont en situation irrégulière : on
dit qu’elles sont sans papiers. Exception : membres de l’UE, pas besoin de titre de
séjour.
Chiffre noir : on connaît pas les chiffres exacts des sans papiers.

On estime entre 400 000 et 700 000 personnes en France, soit 10 % des étrangers.
Minorité mais assez importante.

Être sans papiers n’est pas un état durable : on peut obtenir un titre de séjour plus
tard.
Sans papier = au moment t, pas de titre de séjour.

De nos jours, difficile à obtenir des titres de séjour, surtout la carte de 10 ans, qui
était la norme dans les 90s. Effet des politiques publiques, qui durcissent
l’immigration et la régularisation des sans papiers.

Immigrés : 10,3 % de la population française.


Nationalité française = 35 % des immigrés
pas de nationalité = 65 %
Les flèches manifestent les circulations possibles des personnes entre ces différents
statuts juridiques : Situation irrégulière, titre de séjour court et long.

Comment devient-on sans papiers ?

- Arrivée non autorisée, c’est-à-dire sans visa.


- Certains ont un visa mais perdent leur titre de séjour. Ex : On peut plus continuer
ses études ou prouver qu’on a les ressources nécessaire ; on peut pas reprendre un
boulot après ; on se sépare avec son conjoint français.
Certains cochent toutes les cases mais n’arrivent pas à faire valoir leurs droits auprès
des préfectures, donc dysfonctionnement administratif.

Comment faire pour se régulariser quand on a pas de papiers ?

La condition de sans papiers est parfois durable: certaines personnes restent des
années dans l’irrégularité.
- Prouver qu’on réside en France, paradoxal car on est interdit de résidence en
France.
- Travail : Une des voies importantes de régularisation
- Mariage
- Réfugié politique, un peu à part.

Paradoxe :
Légalement le statut de sans papiers ne permet pas de travailler …
… Mais en pratique, des centaines de milliers de personnes sans papiers travaillent en
France, parfois depuis des années voire des dizaines d’années.

Alors comment est-ce qu’elles font ?

- Travailler au noir (Le travail au noir est une pratique qui consiste à ne déclarer que
partiellement ou pas du tout les heures de travail effectuées par un salarié. Cette
dissimulation permet à l’employeur d’échapper au paiement des cotisations sociales
(chômage, maladie, retraite…). Payé en liquide.
 Travail sous alias*, c’est-à-dire en empruntant (ou louant) les papiers d’une autre
personne
 Fabrication d’un faux titre de séjour (de moins en moins le cas car rationalisation
des contrôles des préfectures).

Le travail au noir n’est qu’un aspect : des sans papiers ont des cotisations, des
bulletins de salaire, etc.

L’actualité de la question des travailleurs sans-papiers :

Octobre 2023 – Les chantiers des Jeux Olympiques. Embauche massive de


travailleurs sans papiers pour ces chantiers, sans contrat, heures non payées, pas
d’équipements de sécurité, etc.
Grève de 500 travailleurs sans papiers, collectif « Le revers de la médaille »,
demandant une régularisation. Les négociations sont rapides car c’est un moment
critique, d’abord 200 personnes ont été régularisées.

La lutte contre l’immigration clandestine, une priorité politique affichée en France et


en Europe :
14 octobre 2024 : Annonce d’une nouvelle législation pour favoriser les expulsions
d’é[Link] en situation irrégulière par Ursula von der Leyen, présidente de la
Commission européenne.
15 octobre 2024 : Annonce par le ministre de l’intérieur français Bruno Retailleau
d’une nouvelle loi pour lutter contre l’immigration irrégulière. Revient sur la
circulaire Valls. Revient sur le travail des travailleurs sans-papiers.

Cette loi s’inscrit dans une série de lois depuis quelques décennies.

I) La situation des « travailleurs sans papiers », un produit de


l’histoire des migrations de travail et des politiques publiques
Catégorie de travailleurs sans papiers arrive tardivement, produit d’une double
histoire : histoire de l’emploi des personnes étrangères en France et des politiques
publiques/migratoires, à prendre en compte car papiers liés à l’État, et donc aux
politiques publiques.

L’immigration de travail en France remonte aux débuts de la révolution industrielle


(fin 19ème) (Gérard Noiriel, « Une histoire du modèle français d'immigration »).
Continuité de l’immigration du travail depuis le XIXe, transformations dans les pays
d’origines. XIXe : pays d’origines sont des pays frontaliers, belges/italiens/espagnols,
migrations européennes.
Transformation de ces flux migratoires : à partir de la WW2 et décolonisation,
immigration des pays anciennement colonisés par la France : Maghreb, pays
subsaharien, etc.
A) L’émergence d’une politique migratoire et l’organisation des
migrations de travail (de la Première guerre mondiale aux années 1970)

Fin XIXe, notion de sans papiers n’a pas de sens car pas besoin de papiers pour
contrôler.
1917 (WW1) : début de la politique migratoire en France. Instauration d’une carte de
séjour pour les étrangers. Avant cette date, pas besoin de carte.
Donc début d’une différenciation avant ceux qui ont la carte et ceux qui ne l’ont pas.

Dans les années 1920, l’État et le patronat favorisent les migrations de travail vers la
France : fort besoin de main d’œuvre suite à la guerre. Expansion économique. Avec
main d’oeuvre, véritable politique de l’État et patronat pour favoriser le recrutement,
surtout dans les mines.

Avec la crise économique des années 1930 (chômage), les étrangers sont les premiers
licenciés et l’État ferme les frontières.

Travail plus sur l’aspect volontariste. 30 Glorieuses, plein emploi, expansion


économiques.

De 1945 aux années 1960, l’État et le patronat industriel organisent d’importantes


migrations de travail (besoin de main-d’œuvre) depuis l’Europe du sud et le
Maghreb.

Groupe ouvrier est le plus important. Donc immigrés vont massivement travailler
dans les usines, beaucoup d’usines automobiles. Beaucoup d’hommes, vont occuper
les postes les plus dévalorisés, appelés ouvriers spécialisés.

 Les « travailleurs étrangers », en particulier maghrébins, occupent les postes


d’usine les moins valorisés (travail à la chaîne).

On parle pas de travailleurs sans papiers mais de travailleurs étrangers car c’est une
période provisoire :
 A l’époque, il est assez « facile » d’être régularisé : irrégularité comme étape
possible mais pas comme statut durable.

Donc irrégularité n’est pas un état tangible. Dure quelques semaines/mois.

B) Vers une politique migratoire restrictive : le tournant des années 1970

Tournants migratoires déterminés par des politiques économiques. Quand on a plus


besoin des travailleurs étrangers, on les abandonnent.
70s : crise économique, crise pétrolière. 70s/80s : montée du chômage.
Précarité du travail : CDD, Intérim.

Dans ce contexte, tournant restrictif (et durable) des politiques d’immigration :

 Fermeture « officielle » des frontières


 Accès à la régularisation beaucoup plus difficile pour les étrangers en situation
irrégulière => ce qui était une étape devient un état plus durable

1974 : le gouvernement annonce la fermeture des frontières pour les migrations de


travail.

Circulaires Marcellin-Fontanet, en 1972, qui limitent les entrées, et vont changer la


façon d’obtenir une carte de séjour.

Dans ce contexte, apparaît cette notion de sans-papiers.

Début des contrôles de police pour les sans papiers. On parle de sans papiers, mais on
parle pas de travailleurs sans papiers. La question du travail n’est pas abordé, même
par les associations de défense des sans papiers.

A partir de 1974, théoriquement l’immigration de travail s’arrête. Des dispositions


sont prévues pour organiser le regroupement familial* (permettre aux travailleurs
étrangers en situation régulière de faire venir leur famille restée au pays).
Conditions assez restrictives (ressources, tailles du logement), famille (conjoint et
enfants mineurs).
Féminisation de l’immigration.

En pratique, des migrations de travail ont perduré jusqu’à aujourd’hui car :


 Les politiques restrictives dissuadent peu les personnes qui ont décidé de migrer.
 Une partie de l’économie française est fortement dépendante de la main-d’œuvre
étrangère.

Secteurs : Bâtiment, restauration, nettoyage, aide à la personne, agroalimentaire


(surtout agriculture intensive).
Patronat privilégie les travailleurs étrangers. Les lois pour limiter l’immigration ont
toujours un aspect pour favoriser l’embauche dans certains secteurs.

C) Les années 2000 : du durcissement des politiques migratoires aux


grandes grèves de travailleurs sans papiers

A partir des années 1980, le nombre de personnes en situation irrégulière augmente


(conséquence directe des politiques restrictives d’immigration).

Années 2000 : intensification de la « chasse aux étrangers en situation irrégulière»


(Barron et al, 2014).

Durcissement des conditions de regroupement familiales.

Accès plus difficile au travail :


Les employeurs deviennent contraints de faire vérifier les papiers des salariés
étrangers par les préfectures  cela pousse les sans-papiers à plus de clandestinité,
avec le travail sous alias, c’est-à-dire personne tierce qui prête ou loue leurs papiers,
dépendance envers la personne.
Devient beaucoup plus difficile à travailler avec des faux papiers. Effet paradoxal,
encore plus de clandestinité.

Loi qui passe inaperçue mais est très importante :


La loi de 2007 permet des régularisations « exceptionnelles » pour des TSP
(travailleurs sans papiers) parrainés par leur employeur. Encore, dépendance du sans
papiers envers son employeur.
Autre effet de la loi qui n’était pas prévue : Se constitue en enjeu de lutte pour les
travailleurs et les syndicats.

« En constituant l’emploi comme une source de régularisation, l’État aurait voulu ne


traiter qu’avec un acteur, l’employeur. En réalité, il a inévitablement invité
l’ensemble de la relation d’emploi, c’est-à-dire l’ensemble des antagonismes dont
cette relation est porteuse et des institutions que ces antagonismes ont produites au
cours de deux siècles de luttes sociales, du droit du travail jusqu’aux syndicats. »
(Barron et al., 2014, p. 125).

2006-2010 : Grandes grèves de travailleurs sans papiers, auxquels participent


plusieurs milliers de personnes, aidés par des associations de défense des sans
papiers.
Travailleurs sans papiers majoritairement de l’Afrique de l’Ouest, veulent un cadre
légal pour la régularisation à travers l’emploi.
Médiatisation, effet dans l’opinion publique, ils prennent conscience de l’importance
des travailleurs sans papiers en France, à ce moment là la figure du travailleur sans
papiers.

Victoire en demi teinte : Deux conséquences.

Obtention de nombreuses régularisations dans l’immédiat (près de 3000), mais qui


ont concerné d’abord les TSP les plus intégrés. Inégalités entre travailleurs sans
papiers, difficultés pour les moins intégrés et ceux qui travaillent au noir.

La circulaire Valls de 2012 (entr)ouvre une voie officielle à la régularisation par


l’emploi.
D) La circulaire Valls de 2012, une porte entrouverte à la régularisation
par l’emploi

La circulaire Valls (2012, toujours en vigueur aujourd’hui) :

Permet à une personne sans papiers de faire une demande d’admission exceptionnelle
au séjour ; la décision finale revient au préfet.
Même en ayant toutes les conditions, c’est pas sûr d’y arriver car le préfet décide.

Les conditions :
- Preuves d’une durée de résidence suffisante en France
- Preuves de l’ancienneté dans l’emploi en France (24 ou 30 fiches de paie)
- Promesse d’embauche d’un employeur

Un paradoxe : on demande des preuves de résidence et de travail, alors que


légalement le statut de sans-papier interdit de vivre et de travailler en France.

Cette circulaire a beaucoup de défauts :

1) La circulaire n’est pas contraignante, la décision revient aux préfectures, qui ont
des pratiques très diverses. Deux marges de manœuvre pour la préfecture : elles
utilisent parfois d’autres conditions et cadre discrétionnaire de la préfecture, elle n’a
pas besoin de se justifier.
2) Titre précaire (1 an), dont le renouvellement dépend du maintien dans l’emploi (si
au chômage, fini)
3) La procédure ne peut pas être lancée sans le soutien de l’employeur (qui doit
remplir un dossier administratif), ce qui renforce la dépendance du salarié (si travail
sous alias, certificat de concordance pour dire que c’est la même personne mais
l’employeur n’a pas envie de déclarer qu’il embauchait illégalement).
4) La procédure exclut les travailleurs qui n’ont pas de fiche de paie (travail au noir)
qui sont aussi les plus précaires

Et aujourd’hui ?

Si dossier refusé, sous OQTF, et durant la période d’OQTF, on peut pas se faire
régulariser. Darmanin, janvier 2024, a allongé la durée d’OQTF (???).
Depuis 2012, 30 000 régularisations en France.

La circulaire Valls continue d’être le dispositif central de la régularisation par le


travail

Instauration en janvier 2024 d’une nouvelle procédure : « métiers en tension »,


censée favoriser la régularisation des salariés dans les métiers pénuriques :
 Le salarié peut faire la procédure sans l’intervention de l’employeur…
 … mais comme pour la circulaire Valls, la décision revient in fine à la préfecture

Métiers en tension, où on manque de main d’oeuvre (ex : agroalimentaire). Plus


besoin du parrainage d’un employeur, critères de durée moins long, mais procédure
au cas par cas, pouvoir discrétionnaire de la préfecture.

Critère de 12 mois, liste par départements de métiers en tension.

Dernière actualité : le 9 octobre 2024, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau


annonce qu’il projette de supprimer la circulaire Valls pour durcir les conditions de
régularisation des sans-papiers.

II) Les conditions de vie, de travail et d’emploi des personnes sans


papiers dans la France contemporaine
A) Qui sont les sans papiers ?

Pas de comptage car illégaux. Indice : ordres d’OQTF, mais ce sont les ordres de la
préfecture, parfois plusieurs pour une seule personne.
Estimation des chercheurs : 400 000 personnes, estimation de l’article de Chauvin.
La plupart des étrangers ont un titre de séjour.

Stéréotypes que ce sont des hommes, mais c’est faux : Processus de féminisation des
migrations dans les 90s/2000s.

Femmes relativement nombreuses mais invisibilisées dans les représentations,


nombreuses dans des métiers invisibilisés : aide à domicile.
Pas seulement des jeunes : perdent leurs papiers, retournent dans leurs pays.

Secteur d’activité : BTP, travail à domicile (ménage, garde d’enfants), hotellerie-


restauration, nettoyage industriel, agriculture, agroalimentaire.

Pays d’origines divers : Maghreb, pays d’Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal),


pays d’Asie (Afghanistan, Bangladesh, Syrie).
Divers, mais souvent des pays pour qui il est difficile d’obtenir un visa en France.

Mécanismes qui facilitent les recrutements des sans papiers : intérim, et la sous-
traitance en cascade, vont faciliter l’exploitation des travailleurs sans-papiers.

Intérim : agence d’intérim, on va travailler dans une autre entreprise sans être
employé, tous les bulletins de salaires, etc, vont être à l’intérim, mais les responsables
et supérieurs sont ceux de l’entreprise.
En plus de la flexibilité du salariat, qui permet de voir par semaine quels sont les
besoins, ça permet aux grandes entreprises du secteur de se décharger de leur
responsabilité en cas de contrôle, mais aussi d’entretenir leur bonne image.

Sous-traitance en cascade, une entreprise recrute des salariés après avoir conclus un
contrat avec le grand groupe en charge du chantier, c’est le cas pour les JO. Le
problème pour les contrôles c’est savoir qui est responsable.

B) Des existences contraintes et des droits limités

Difficulté d’accès au logement.

Première contrainte : impossibilité de retourner voir ses proches dans le pays


d’origine. On peut pas quitter le territoire français sous peine de ne pas pouvoir y
retourner car pas de papiers.
Crainte d’être expulsé, livre de Stéphane Le Courant. Mais le risque d’être expulsé
est faible, sauf si on est arrêté pour une autre raison.
Malgré les OQTF, la plupart restent, mais ils perdent des droits. Les régularisation
compensent les nouvelles entrées, donc nombre de sans papiers relativement stable.

Accès aux droits sociaux :

Couverture santé minimale (prouver qu’on est en France depuis 3 mois), car droit
considéré comme un droit fondamental. Droit social pas conditionné par un titre de
séjour.
Droit de scolarisation, car les enfants ne sont pas sans papiers, pas besoin de titre de
séjour.
Droit à l’hébergement d’urgence (numéro : le 115).

Mais pratique : certaines mairies refusent d’inscrire les enfants étrangers bien que ça
soit illégal, et les coupure budgétaires font qu’il n’y a plus beaucoup d’hébergement
d’urgence.

Sans papiers exclus des autres droits sociaux : retraite, APL, allocations familiales,
(prouve qu’on est régulier depuis 6 mois, Retailleau vaut passer à 5 ans) RSA, etc).

Droit à la retraite, combat des associations de défense des sans papiers.


Impôts : les travaialleurs paient certains impôts sans avoir de droit sociaux (ex :
TVA).

Ils ont aussi des droits liés au statut de salarié :


Droit à la rémunération.
Droit à l’application du Code du Travail sur la durée du travail, congés payés, règles
d’hygiènes et de sécurité.
Droit d’indémnisation en cas d’accident du travail.
Droit de saisir les prud’hommes.

Mais au noir, pas de contrat de travail donc difficile de faire reconnaître ces droits.

C) Une intégration au marché du travail subordonnée et précaire

Difficultés concernant l’intégration au marché que rencontrent les sans papiers qui ne
sont pas spécifiques à eux, mais à tous en France.

Exclusion de la certains métiers de la fonction publique pour les ressortissants des


pays hors UE.
Difficulté à faire reconnaître ses diplômes et qualifications en France, où il n’y a pas
d’équivalent.
Assignation à des métiers pénibles et mal rémunérés.
Discriminations, en particulier pour les travailleurs racisés (catégories de populations
qui subissent du racisme en raison de leur couleur de peau, de leur nom ou de leur
origine réelle ou supposée) (idée de race mais en sociologie, construit social).

Difficultés spécifiques aux sans papiers lié à leur condition administrative :


Vulnérabilité (peur de perdre son emploi et de ne pas en trouver un autre) qui peut
conduire à accepter des conditions de travail dégradés. Ex : JO, inspection de travail
voit que les ouvriers n’ont pas les outils et matériel adaptés.
Ils peuvent être licenciés par leur employeur sans que ça soit motivé, car ils ne
peiuvent saisir les prudhommes.

Certains employeurs jouent sur cette situation car les poursuites contre les
employeurs pour avoir employé des TSP sont rares.

Barron parle d’une « intégration subordonnée et précaire » des travailleurs sans


papiers, bien qu’ils soient pleinement intégrés et plusieurs secteurs dépendent
entièrement des TSP.

Veron, sociologue qui a suivi les grèves des TSP des années 2000, il voit que ces TSP
ont ensuite été régularisé, et même si cette régularisation ne donne pas une égalité
complète, les conditions se sont améliorées, car les employés peuvent alors négocier
leurs conditions de travail avec leur employeur.

D) Les travailleurs sans papiers, un groupe hétérogène aux conditions


d’emploi variées

Statuts d’emplois divers : salariés, mais aussi indépendants comme des auto-
entrepreneurs (ex : livraison de repas à domicile).
Chauvins : « Du travail informel à l’emploi déclaré et cotisant, les sans papiers
occupent toutes les positions au sein de l’éventail des possibilités du salariat ».

- Les plus intégrés au marché du travail : des salariés déclarés (sous alias), en CDI, à
temps plein
- Les plus précaires : travail au noir, non déclaré. Parfois c’est limite de l’esclavage
(procès à Paris d’un coiffeur qui employait des TSP).
- Entre les deux, des situations intermédiaires : contrats courts, temps partiel,
déclaration partielle du salarié.

Va aboutir à des ressources économiques, de stabilité sociale, différentes et inégales.

Différences de ressources entre sans papiers :


culturelle : diplôme, maîtrise de la langue française.
Sociales : soutien familiaux, communautaires, associatifs.

Circulaire Valls : possibilité d’admission, de régularisation par le travail. Il faut créer


un gros dossier, avec preuve de résidence, contrat de travail, attestation de résidence
par des amis, attestation du niveau de français.

Cette politique de régularisation va créer des différences, car il y a besoin d’une fiche
de paie, donc exclut ceux qui n’en ont pas, ceux qui ne sont pas en temps plein car la
fiche de paie valide doit avoir certains montants.
Désavantage les femmes, car elles sont surreprésentés dans les emplois les plus
informels, et sont plus concernées par le temps partiel que les hommes.

Conclusion
l’intégration des TSP au marché du travail est réelle, parfois vitale dans certains
secteurs comme l’agroalimentaire, mais subordonnée et précaire.

Mais inégalités :
- Conditions d’emplois et de travail
- Ressources culturelles et sociales
- Finalement, inégalité dans les chances d’être régularisées.

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