Station d'épuration à Gabès
Secteur:
Eau
Type Projet:
Projet Concession
Etat d'avancement:
Projet Programmé
Maître d'ouvrage:
Office National de l’Assainissement
La région du grand Gabès compte environ 180 000 habitants. Elle est équipée d’un
système d’assainissement prévu pour couvrir environ 90% des besoins par le biais
d’une station d’épuration construite en 1995. Cette dernière ne répond plus aux
exigences techniques, sociales et environnementales.
Compte tenu de la croissance urbaine et économique du gouvernorat, et pour mieux
répondre aux exigences environnementales l’ONAS se propose de réaliser une
nouvelle station d’épuration en partenariat avec le secteur privé.
CONTENU DÉTAILLÉ DU PROJET
Le projet comprend la création d’une nouvelle station d’épuration pour la région du
Grand Gabès.
Les composantes du projet sont :
La réhabilitation de la station de pompage principale SR4 pour un débit de
360 l/s;
La création d’une station de transfert SPTR vers le nouveau site de la
nouvelle STEP pour un débit pompage de 636 l/s et d’une conduite de
refoulement DN800mm de longueur 9 km;
La réalisation d’une nouvelle STEP avec valorisation de biogaz et
cogénération ayant les caractéristiques suivantes:
Charge hydraulique : 21500 m3/j
Charge organique : 11500 kg DBO5/j
IMPACTS ESCOMPTÉS
Augmentation de la capacité de traitement des eaux usées;
Eloignement de STEP Gabès de la zone urbaine;
Amélioration des filières des boues et de réutilisation des eaux traitées
Amélioration des conditions de vie des citoyens et de la sécurité
environnementale nationale.
L'eau est abondante sur terre, elle représente 1380 millions de
km3. L'essentiel toutefois est constitué d'eau de mer (97,2 %) et
de glace (2,15 %) inutilisables directement. L'eau douce,
facilement disponible (lacs, fleuves, certaines eaux souterraines),
ne représente que 0,07 % de la ressource totale soit environ un
million de km3. Mais la répartition de cette eau est très inégale.
1. Introduction
L'eau est abondante sur terre, elle représente 1380 millions de km 3. L'essentiel
toutefois est constitué d'eau de mer (97,2 %) et de glace (2,15 %) inutilisables
directement. L'eau douce, facilement disponible (lacs, fleuves, certaines eaux
souterraines), ne représente que 0,07 % de la ressource totale soit environ un
million de km3. Mais la répartition de cette eau est très inégale. En effet, dix
pays se partagent 60 % des réserves d'eau douce et vingt-neuf autres
principalement en Afrique et au Moyen-Orient, sont au contraire confrontés à
une pénurie chronique d'eau douce. Dans ces pays, selon le Water
Ressources Institute, 250 millions d'individus, ne disposent pas aujourd'hui du
minimum vital d'eau défini à 1000 m 3 par habitant et par an. 400 millions de
personnes vivent en situation de stress hydrique, estimé entre 1000 et 2000
m3 par habitant et par an. Et on estime que 2,5 milliards de personnes
pourraient souffrir du manque d'eau en 2050 compte-tenu de l'évolution de la
démographie et de l'augmentation des consommations d'eau.
Pour faire face à cette pénurie annoncée d'eau, de nouvelles techniques de
production d'eau potable devront être mises en place pour satisfaire les
besoins de la population croissante. Une des techniques prometteuses pour
certains pays est le dessalement de l'eau de mer ou des eaux saumâtres. Les
techniques de dessalement de l'eau de mer sont opérationnelles depuis de
nombreuses années. Mais leur coût (de 1 à 2 euros / m3) limite souvent leur
utilisation aux pays riches. Cependant dans les dernières années, la capacité
des usines de dessalement s'est fortement accrue et les coûts de production
par m3 ont connu une forte diminution.
2. Caractéristiques des eaux
marines et saumâtres
2.1. Les eaux marines
La caractéristique la plus importante des eaux de mer est leur salinité, c'est-à-
dire leur teneur globale en sels (chlorures de sodium et de magnésium,
sulfates, carbonates). La salinité moyenne des eaux des mers et océans est
de 35 g.L-1 (27,2 g.L-1 de NaCl, 3,8 g.L-1 de MgCl2, 1,7 g.L-1 MgSO4, 1,26 g.L-
1
CaSO4, 0,86 g.L-1 K2SO4).
Cette salinité peut être différente dans le cas de mers fermées :
mer Méditerranée : 36 à 39 g.L-1,
mer Rouge : environ 40 g.L-1,
mer Caspienne : 13 g.L-1,
mer Morte : 270 g.L-1,
Golfe Arabo-Persique : 36 à 39 g.L-1.
Le pH moyen des eaux de mer varie entre 7,5 et 8,4 : l'eau de mer est un
milieu légèrement basique.
2.2. Les eaux saumâtres
On appelle eau saumâtre une eau salée non potable de salinité inférieure à
celle de l'eau de mer. La plupart des eaux saumâtres contiennent entre 1 et 10
g de sels par litre. Ce sont parfois des eaux de surface mais le plus souvent
des eaux souterraines qui se sont chargées en sels en dissolvant certains sels
présents dans les sols qu'elles ont traversés. Leur composition dépend donc
de la nature des sols traversés et de la vitesse de circulation dans ces sols.
Les principaux sels dissous sont le CaCO3, le CaSO4, le MgCO3 et le NaCl.
3. Les principales
technologies de dessalement
des eaux
Les technologies actuelles de dessalement des eaux sont classées en deux
catégories, selon le principe appliqué :
Les procédés thermiques faisant intervenir un changement de phases :
la congélation et la distillation.
Les procédés utilisant des membranes: l'osmose inverse et
l'électrodialyse.
Parmi les procédés précités, la distillation et l'osmose inverse sont des
technologies dont les performances ont été prouvées pour le dessalement
d'eau de mer. En effet, ces deux procédés sont les plus commercialisés dans
le marché mondial du dessalement. Les autres techniques n'ont pas connu un
essor important dans le domaine à cause de problèmes liés généralement à la
consommation d'énergie et/ou à l'importance des investissements qu'ils
requièrent.
Quel que soit le procédé de séparation du sel et de l'eau envisagé, toutes les
installations de dessalement comportent 4 étapes :
une prise d'eau de mer avec une pompe et une filtration grossière,
un pré-traitement avec une filtration plus fine, l'addition de composés
biocides et de produits anti-tarte,
le procédé de dessalement lui-même,
le post-traitement avec une éventuelle reminéralisation de l'eau
produite.
A l'issue de ces 4 étapes, l'eau de mer est rendue potable ou utilisable
industriellement, elle doit alors contenir moins de 0,5 g de sels par litre.
3.1. L'osmose inverse
L'osmose inverse est un procédé de séparation de l'eau et des sels dissous au
moyen de membranes semi-perméables sous l'action de la pression (54 à 80
bars pour le traitement de l'eau de mer). Ce procédé fonctionne à température
ambiante et n'implique pas de changement de phase. Les membranes
polymères utilisées laissent passer les molécules d'eau et ne laissent pas
passer les particules, les sels dissous, les molécules organiques de 10 -7 mm
de taille.
L'énergie requise par l'osmose inverse est uniquement celle électrique
consommée principalement par les pompes haute pression.
La teneur en sels de l'eau osmosée est de l'ordre de 0,5 g.L-1.
3.1.1. Principe de l'osmose inverse
On appelle osmose le transfert de solvant (eau dans la plupart des cas) à
travers une membrane semi-perméable sous l'action d'un gradient de
concentration.
Soit un système à deux compartiments séparés par une membrane semi-
perméable et contenant deux solutions de concentrations différentes (figure 1).
Le phénomène d'osmose va se traduire par un écoulement d'eau dirigé de la
solution diluée vers la solution concentrée. Si l'on essaie d'empêcher ce flux
d'eau en appliquant une pression sur la solution concentrée, la quantité d'eau
transférée par osmose va diminuer. Il arrivera un moment où la pression
appliquée sera telle que le flux d'eau s'annulera. Si, pour simplifier, nous
supposons que la solution diluée est de l'eau pure, cette pression d'équilibre
est appelée pression osmotique.
Figure 1 - Osmose et osmose inverse
Auteur : Viviane Renaudin
Une augmentation de la pression au delà de la pression osmotique va se
traduire par un flux d'eau dirigé en sens inverse du flux osmotique (voir figure
1), c'est-à-dire de la solution concentrée vers la solution diluée : c'est le
phénomène d'osmose inverse.
Pour les solutions suffisamment diluées, la pression osmotique notée π peut
être calculée d'après la loi de Van't Hoff :
π = i x C x R x T, où :
i est le nombre d'ions dissociés dans le cas d'un électrolyte,
C est la concentration en sels en mol.m-3
R est la constante des gaz parfaits R = 8,314 [Link]-1.K-1
T est la température absolue de la solution en Kelvin.
Application :
La pression osmotique d'une eau à 20°C contenant 35 g de chlorure de
sodium par litre vaut :
π = 2 x (35*103/58,5) x 8,314 x 293 = 29,14 x 105 Pa = 29,14 bar.
Le débit spécifique J1 (débit massique par m2 de membrane) d'eau osmosée
produite est proportionnel à la différence entre la pression appliquée P et la
pression osmotique π de la solution concentrée.
J1 = A x (P-π), où A est le coefficient de perméabilité vis-à-vis de l'eau
pure.
Le flux spécifique de sel traversant la membrane est quant à lui proportionnel
à la différence de concentration de part et d'autre de la membrane.
J2 = B x πC, où B est le coefficient de perméabilité vis-à-vis du sel.
3.1.2. Éléments constitutifs d'une unité d'osmose inverse
Les éléments constitutifs d'une unité d'osmose inverse sont schématisés sur la
figure 2.
Figure 2 - Eléments constitutifs d'une unité d'osmose inverse
Auteur : Viviane Renaudin
Le dessalement par osmose inverse nécessite d'abord un pré-traitement très
poussé de l'eau de mer pour éviter le dépôt de matières en suspension sur les
membranes qui conduirait très rapidement à une diminution des débits
produits.
Il est nécessaire de retenir toutes les particules de dimension supérieure à 10
à 50 µm selon le type de module d'osmose inverse. Ceci est réalisé à l'aide
d'une préfiltration grossière puis d'une filtration sur sable pour éliminer les
matières en suspension les plus grosses. Puis un traitement biocide et une
acidification sont nécessaires pour éviter le développement de
microorganismes sur la membrane et éviter la précipitation de carbonates.
Enfin une filtration sur cartouches permet de retenir les particules de taille de
l'ordre de quelques dizaines de µm qui n'ont pas été retenues par le filtre à
sable.
La pompe haute pression permet ensuite d'injecter l'eau de mer dans le
module d'osmose inverse dans lequel se trouvent les membranes.
De plus, un deuxième phénomène intervient lors de l'osmose inverse, il s'agit
de la polarisation de concentration de la membrane. En effet, au cours du
temps, la concentration de la solution salée augmente puisque la majorité des
molécules sont retenues d'un seul côté de la membrane. De ce fait, la
pression osmotique augmente également près de la couche limite, avec des
risques de précipitation des composés à faible produit de solubilité. Pour un
même rendement, la pression à appliquer est donc plus élevée. Pour éviter ce
phénomène on balaye la membrane du côté de la solution salée par un flux
d'eau continu. Toute l'eau n'est pas filtrée, une partie sert à nettoyer la
membrane. Ce procédé est donc semblable à une filtration tangentielle. L'eau
non filtrée est appelée rétentat tandis que l'eau qui a traversé la membrane est
appelée perméat.
Afin de limiter la consommation d'énergie du procédé, on peut placer sur le
circuit du rétentat une turbine qui permet de récupérer une partie de l'énergie
contenue dans ce fluide sous haute pression.
3.2. Les procédés de distillation
Dans les procédés de distillation, il s'agit de chauffer l'eau de mer pour en
vaporiser une partie. La vapeur ainsi produite ne contient pas de sels, il suffit
alors de condenser cette vapeur pour obtenir de l'eau douce liquide. Il s'agit en
fait d'accélérer le cycle naturel de l'eau. En effet l'eau s'évapore naturellement
des océans, la vapeur s'accumule dans les nuages puis l'eau douce retombe
sur terre par les précipitations. Ce principe de dessalement très simple a été
utilisé dès l'Antiquité pour produire de très faibles quantités d'eau douce sur
les bateaux.
L'inconvénient majeur des procédés de distillation est leur consommation
énergétique importante liée à la chaleur latente de vaporisation de l'eau. En
effet pour transformer un kg d'eau liquide en 1 kg d'eau vapeur à la même
température il faut environ 2250 kilojoules (si le changement d'état se fait à
100 °C). Afin de réduire la consommation d'énergie des procédés industriels,
des procédés multiples effets qui permettent de réutiliser l'énergie libérée lors
de la condensation ont été mis au point.
Deux procédés se partagent le marché du dessalement thermique : le procédé
de distillation à détentes étagées (Multi-Stage Flash distillation MSF) et le
procédé de distillation à multiples effets (Multi-Effect distillation MED).
3.2.1. Le procédé de distillation à détentes étagées (Multi-Stage Flash distillation
MSF).
Ce procédé dit Flash consiste à maintenir l'eau sous pression pendant toute la
durée du chauffage ; lorsqu'elle atteint une température de l'ordre de 120 °C,
elle est introduite dans une enceinte (ou étage) où règne une pression réduite.
Il en résulte une vaporisation instantanée par détente appelée Flash. Une
fraction de l'eau s'évapore (voir figure 3) puis va se condenser sur les tubes
condenseurs placés en haut de l'enceinte, et l'eau liquide est recueillie dans
des réceptacles en dessous des tubes. C'est l'eau de mer chaude qui se
refroidit pour fournir la chaleur de vaporisation, l'ébullition s'arrête quand l'eau
de mer a atteint la température d'ébullition correspondant à la pression
régnant dans l'étage considéré. Le phénomène de flash est reproduit ensuite
dans un deuxième étage où règne une pression encore plus faible. La
vaporisation de l'eau est ainsi réalisée par détentes successives dans une
série d'étages où règnent des pressions de plus en plus réduites. On peut
trouver jusqu'à 40 étages successifs dans une unité MSF industrielle.
Pour chauffer l'eau de mer jusqu'à 120 °C, l'eau de mer circule d'abord dans
les tubes des condenseurs des différents étages en commençant d'abord par
le dernier étage où la température est la plus faible, elle est alors préchauffée
en récupérant la chaleur de condensation de la vapeur d'eau. Elle est
finalement portée à 120 °C grâce à de la vapeur à une température supérieure
à 120 °C produite par une chaudière ou provenant d'une centrale de
production d'électricité.
On remarque lors du phénomène de flash que des gouttelettes d'eau salée
peuvent être entraînées avec la vapeur, elles sont séparées grâce à un
dévésiculeur constitué par une sorte de grillage qui limite le passage des
gouttelettes qui retombent alors au fond de l'enceinte.
L'avantage principal du procédé MSF est que l'évaporation de l’eau de mer ne
se produit pas autour des tubes de chauffe puisque le liquide « flashe » ceci
limite les risques d'entartrage.
L'énergie requise est principalement l'énergie thermique à fournir à la
chaudière, cette énergie peut être peu coûteuse si on récupère de la vapeur
basse pression à la sortie d'une turbine de centrale électrique. Il faut
également fournir de l'énergie électrique pour les pompes de circulation de
l'eau de mer.
Le procédé MSF ne permet pas une flexibilité d'exploitation. Aucune variation
de production n'est tolérée, c'est pourquoi ce procédé est surtout utilisé pour
les très grandes capacités de plusieurs centaines de milliers de m3 d'eau
dessalée par jour.
Figure 3 - Principe de fonctionnement d'un système par détentes successives (MSF) à 3 étages
Auteur : Viviane Renaudin
3.2.2. Le procédé de distillation à multiples effets (Multi-Effect distillation MED).
Ce procédé est basé sur le principe de l'évaporation, sous pression réduite,
d'une partie de l'eau de mer préchauffée à une température variant entre 70 et
80°C. L'évaporation de l'eau a lieu sur une surface d'échange, contrairement
au cas du procédé précédent, où elle est assurée par détente au sein des
étages successifs. La chaleur transférée au travers de cette surface est
apportée soit par une vapeur produite par une chaudière, soit par une eau
chaude provenant d'un récupérateur de chaleur. La vapeur ainsi produite dans
le 1er effet est condensée pour produire de l'eau douce dans le 2ème effet où
règne une pression inférieure, ainsi la chaleur de condensation qu'elle cède
permet d'évaporer une partie de l'eau de mer contenue dans le 2ème effet et
ainsi de suite (voir figure 4). Ainsi seule l'énergie nécessaire à l'évaporation
dans le premier effet est d'origine externe. La multiplication du nombre d'effets
permet donc de réduire la consommation spécifique (énergie/m3 d'eau douce
produite).
Plusieurs technologies d'évaporateurs multiples effets existent :
Les évaporateurs multiples effets à tubes horizontaux arrosés sont les
appareils les plus utilisés actuellement. Dans ces appareils le fluide de
chauffage s'écoule dans les tubes horizontaux tandis que l'eau de mer à
évaporer est arrosée de façon à s'écouler sous forme de film le plus
uniforme possible sur l'extérieur des tubes. La vapeur produite dans la
calandre (enceinte cylindrique qui contient le faisceau de tubes) est
ensuite envoyée dans les tubes de l'effet suivant où elle cédera son
énergie de condensation. Ces évaporateurs présentent un très bon
coefficient d'échange grâce à l'écoulement en film de l'eau de mer. C'est
la raison pour laquelle ils remplacent actuellement les plus anciens
évaporateurs à faisceau de tubes noyés dans lesquels les tubes étaient
plongés dans l'eau de mer.
Figure 4 - Schéma de principe d'un système d'évaporateurs multiples effets (MED)
Auteur : Viviane Renaudin
Des évaporateurs multiples effets à plaques sont également en cours de
développement. L'eau de mer à évaporer s'écoule alors sous forme de
film mince le long d'une mince plaque métallique chauffée par la vapeur
provenant de l'effet précédent qui s'écoule le long de l'autre face de la
plaque métallique. De nombreuses plaques entre lesquelles s'écoulent
alternativement l'eau de mer et la vapeur de chauffage sont associées
en parallèle pour constituer un effet. La vapeur produite est recueillie
dans une calandre cylindrique dans laquelle sont placées les plaques.
Cette vapeur est ensuite envoyée entre les plaques situées dans une
calandre qui constitue le deuxième effet et ainsi de suite.
Un système compact à bases de plaques EasyMED constitué de
cellules élémentaires comprenant une zone d'évaporation et une zone
de condensation breveté en 1998 est également en cours de
développement. L'agencement judicieux de cellules élémentaires pour
que chaque zone d'évaporation se situe entre deux zones de
condensation de l'effet précédent permet d'obtenir un appareil plus
compact puisqu'il ne nécessite pas une volumineuse calandre pour
chaque effet.
L'énergie requise est principalement l'énergie thermique à fournir à la
chaudière produisant le fluide de chauffage pour le premier effet. On peut
cependant utiliser des chaleurs résiduaires en couplant le procédé MED à des
usines de production d'électricité ou des usines rejetant produisant les eaux
résiduaires à des températures de l'ordre de 80 °C. Il faut également de
l'énergie électrique pour les pompes de circulation et la production de vide.
Afin de limiter la consommation d'énergie thermique, il est aussi possible
d'utiliser la compression mécanique de vapeur. Ceci est possible dans le cas
de l'évaporation simple ou multiple effet. La vapeur produite dans le dernier
effet ou dans l'effet unique (pour de petites unités) est aspirée par un
compresseur. Après compression, la température de saturation de la vapeur
haute pression est augmentée. Cette vapeur peut donc être utilisée (elle est
envoyée dans les tubes du faisceau tubulaire) pour porter à ébullition l'eau de
mer dans l'évaporateur où règne une pression plus faible. La vapeur haute
pression est ainsi condensée et se transforme en eau distillée liquide et le
cycle se reproduit avec la vapeur produite par l'évaporation partielle de l'eau
de mer.
Figure 5 - Schéma de principe d'une unité d'évaporation simple-effet avec compression de
vapeur
Auteur : Viviane Renaudin
Dans le procédé MED, l'ébullition de l'eau de mer au sein de chaque cellule
(effet) se fait au contact de la surface d'échange de chaleur, il y a des risques
d'entartrage dû à la précipitation de sels tels que CaSO 4 ou CaCO3 dont la
solubilité diminue quand la température augmente. Pour limiter ces risques, il
faut donc utiliser un traitement à l'acide et limiter la température de tête (du 1er
effet ou étage) à moins de 70 °C.
A titre d'information, pour comprendre la nécessité de réduire la pression dans
les systèmes multiples-effets ou à détentes étagées, la figure 6 donne
l'évolution de la température d'ébullition de l'eau en fonction de la pression.
Figure 6 - Évolution de la température d'ébullition de l'eau en fonction de la pression
Auteur : Viviane Renaudin
Le procédé de séparation membranaire est basé sur la présence de membranes semi-
perméables. Le principe est assez simple: la membrane agit comme un filtre très spécifique
qui laisse passer l'eau, tandis qu'elle retient les solides en suspension et d'autres
substances.
Est appelé membrane tout matériau qui mis sous la forme de films minces (0,05 mm
à 2 mm) a la propriété d'opposer une résistance sélective au transfert des différents
constituants d'un fluide liquide ou gazeuxet donc de permettre la séparation de
certains des éléments (particules, solutés ou solvants) composant ce fluide.
structure des membranes
Depuis l'introduction des premières membranes d'osmose inverse en acétate de
cellulose, un grand nombre de membranes organiques (polymères) ou même
minérales (obtenues par exemple par frittage de grains céramiques tel que A203,
carbone, carbure de silicium, zircone) sont venues peu à peu s'ajouter à la liste. Elles
peuvent être caractérisées par leur structure (figures 47 et 48).
Figure
47. Schéma de principe de la structure des membranes homogènes et asymétriques
Figure
48. Schéma de principe de la structure des membranes composites
membranes homogènes
Ces membranes sont caractérisées par une microstructure homogène dans toute
l’épaisseur. Elles peuvent être poreuses ou denses.
membranes asymétriques (ex. photo 4)
Photo
4. Coupe d'une membrane asymétrique
Préparées à partir d’un même matériau , elles sont constituées de deux couches
superposées : une « peau » de très fine épaisseur (0,1 à 1 micron) et une sous-
couche poreuse beaucoup plus épaisse (100 à 300 microns) souvent elle-même
renforcée par un support textile. Les propriétés de séparation de ces membranes
sont liées essentiellement à celle de la « peau », la sous-couche poreuse assure la
tenue mécanique sans opposer de résistance au transfert de matière.
Quand les membranes prennent la forme de fibres creuses, on parle de peau interne
si celle-ci tapisse le lumen de la fibre, ou de peau externe si elle est située sur la face
externe de ladite fibre.
membranes composites (voir figure 48)
Apparues plus récemment, des techniques permettent de former une peau
extrêmement fine sur un support poreux préexistant, lui-même souvent asymétrique.
Les deux matériaux associés étant normalement de nature différente, ceci permet
d'utiliser au mieux leurs propriétés, mécaniques pour l'un, sélectives pour l'autre.
Ainsi les membranes d’osmose dites TFC (Thin Film Composite) possèdent une
couche semi-perméable très inférieure à 1 µm en polyamide déposée sur un support,
qui est souvent une membrane d’ultrafiltration en polysulfone.
mécanismes de transfert au
travers des membranes
Ils peuvent être classés en quatre familles (figure 49).
Figure 49. Mécanismes de transfert au travers des membranes
filtration
La solution ou la suspension est concentrée par passage sélectif de l'eau (transfert
convectif du solvant dans le milieu poreux), alors que les autres composants du
fluide sont arrêtés en surface du milieu poreux et ceci en fonction de leur taille.
solubilisation - diffusion
Solvants et solutés se lient chimiquement à la membrane et diffusent (migrent) à des
vitesses très différentes sous l'effet du gradient de pression et de potentiel chimique.
La séparation résulte des différences de vitesses observées.
perméation (gazeuse)
Il est possible de fractionner un mélange par transfert sélectif d'un des constituants
en phase gazeuse au travers de la membrane.
dialyse
En dialyse se sont les solutés qui passent, plus ou moins sélectivement, à travers la
membrane, l'eau ne traverse pas ces membranes. Elles peuvent être neutres ou
chargées. Si elles sont chargées (matériau identique à celui des résines
échangeuses d'ions, mis sous forme de feuille), elles deviennent sélectives adu
transport des ions de signes opposés et l'on peut ainsi constituer des membranes,
cationiques ne transférant que les cations ou anioniques ne transférant que les
anions.
membranes de dessalement et de
clarification
Pour ces membranes, l'eau est la phase transférée préférentiellement par filtration,
sous l'effet d'un gradient de pression. Elles ont été souvent décrites comme
membranes de filtration ou membrane permsélective (à permeation sélective) et
classées en fonction de leur taille de pores ou de celle des solutés et particules
qu’elles arrêtent (figure 50). En fait :
Les membranes d’osmose inverse sont des membranes asymétriques ou
composites à peau dense qui laissent passer l’eau et idéalement arrêtent tous les sels.
Les membranes de nanofiltration sont des membranes d’osmose inverse qui
n’arrêtent bien que les ions multivalents et les solutés organiques de taille supérieure à
celle du nanomètre soit environ 300 g/mole d’où leur nom.
Les membranes d’ultrafiltration sont des membranes asymétriques ou composites
dont la taille des pores est comprise entre 1 et 50 nm : elles laissent passer les sels
minéraux et les molécules organiques et n’arrêtent que les macromolécules et
quelques virus.
Les membranes de microfiltration sont des membranes poreuses le plus souvent
homogènes ou faiblement asymétriques. La taille des pores est comprise entre 100 nm
(0,1 micron) et 10 micron. Elles laissent passer presque toutes les espèces dissoutes
et n’arrêtent que les particules solides.
Cette classification très habituelle est toutefois prise en défaut :
dès que l'on atteint le domaine de l'ultrafiltration et a fortiori de l'osmose, il est difficile
de caractériser correctement la taille de pores par les méthodes habituelles (points de
bulle, porosimétrie au mercure, microscopie électronique),
Les mécanismes de transfert classiques de la filtration (transfert convectif de l'eau en
milieu poreux et filtration/tamisage des particules d'une taille supérieure à celle des
pores), qui s'appliquent bien à la microfiltration et à l'ultrafiltration « lâche », sont
inadéquats dès que l'on aborde les membranes de nanofiltration et d’osmose inverse
où il s'agit d'un mécanisme de diffusion.
Figure 50. Types de filtration membrane
Aussi proposons-nous plutôt, dans le cas du traitement des eaux de distinguer parmi
les membranes celles qui assurent une élimination totale ou partielle des sels,
appelées membranes de dessalement et les membranes de clarification qui
assurent, elles, l’élimination totale des matières en suspension responsables de la
turbidité sans modifier la composition saline de l’eau.
On remarquera que cette classification conduit à classer les membranes
d’ultrafiltration les plus « serrées » dont le rejet des sels est nul mais qui rejettent de
nombreuses macromolécules dissoutes parmi les membranes de dessalement et on
classera que les plus lâches parmi les membranes de clarification …
Les premières sont très peu utilisées en traitement des eaux (flux trop faible) au
contraire des UF lâches de plus en plus utilisées, ce sera donc ces dernières que
l’on décrira sous le nom de membranes d’ultrafiltration dans le paragraphe
membrane « clarification » (voir membranes de clarification).
Le procédé d'osmose inverse utilise une membrane semi-perméable afin de
séparer les solides dissous, la matière organique, les virus et bactéries de
l'eau. Le procédé est dit "inverse" car il nécessite une pression suffisante pour
'forcer' l'eau pure à passer à travers la membrane. Ce procédé abouti à de très
bons résultats, car il peut éliminer de 95 à 99 % des particules solides
dissoutes et 99% des micro-organismes.
Figure 2. Principe de l'osmose.
Figure 3. Principe de l'osmose inverse.
La nanofiltration est une technique membranaire relativement récente qui
couvre un domaine de séparation intermédiaire entre l'ultrafiltration et
l'osmose inverse dans la famille des procédés à membranes sous pression.
Les capacités de séparation de cette technique se situent :
pour les composés organiques, dans une gamme de poids moléculaire
allant de 200 à 600 daltons[3],
pour les sels minéraux, dans une forte rétention globale des espèces
ioniques à de faibles concentrations, et dans une séparation entre mono
et multivalents pour des concentrations élevées.
Les nanofiltres sont mis en oeuvre selon le principe de la filtration tangentielle
avec un transfert de matière à travers la membrane dû à un gradient de
pression pouvant varier de 10 à 40 bars. La couche active de ces nanofiltres
est constituée d'un matériau organique ou inorganique présentant une
structure microporeuse avec des diamètres de pores de l'ordre du nanomètre.
Mis au point initialement pour la séparation en milieu liquide les nanofiltres
sont maintenant considérés comme offrant des possibilités d'application
intéressantes dans la séparation des gaz, ou les réacteurs catalytiques à
membranes.
L'ultrafiltration est un procédé de séparation physique utilisant une membrane.
Elle s'applique à la séparation de particules de 0,005 à 0,1 µ[Link] séparation
de particules plus petites fait appel à la nanofiltration ou à l'osmose inverse. La
migration des produits d'un coté à l'autre de la membrane est obtenue par une
différence de pression. La filtration est généralement de type tangentielle, c'est
à dire que le fluide circule parallèlement à la membrane, contrairement à la
filtration classique qui est dite frontale. La filtration tangentielle permet de
limiter l'accumulation de dépôts qui obturent la surface de filtration.
Les applications de l'osmose inverse concernent surtout le traitement des
eaux et la concentration des solutions :
dessalement des eaux saumâtres pour produire de l'eau potable,
préparation d'eau ultrapure pour l'électronique et la pharmacie,
concentration de jus de fruits, antibiotiques, acides aminés.
Située entre l'osmose inverse et l'ultrafiltration, la nanofiltration concerne :
l'adoucissement des eaux de surface ou souterraines,
la déminéralisation du lactosérum et la préparation des acides aminés et
peptides,
le traitement des effluents dans l'industrie du papier, du bois, de la
teinture.
L'ultrafiltration permet de concentrer les solutions macromoléculaires en ne
laissant passer que le solvant et les solutés de faible masse molaire :
clarification et désinfection des eaux potables,
concentration des protéines de lactosérum,
séparation d'émulsions huile-eau,
traitement des bains de peinture.
La principale utilisation de la microfiltration est la clarification des eaux, des
liquides alimentaires et biologiques.
3. Techniques
électromembranaires
Les techniques électromembranaires voient depuis quelques années leur
champ d'applications potentielles s'élargir de façon importante. Ceci s'explique
par l'apparition sur le marché de nouvelles générations de membranes,
notamment anioniques et bipolaires, présentant une résistance chimique
améliorée. Ces techniques sont aujourd'hui au nombre de trois :
L'électrodialyse dite conventionnelle
Le terme dialyse désigne la diffusion d'un soluté à travers une
membrane qui lui est perméable ; l'électrodialyse désigne le transfert
d'ions à travers une membrane qui leur est perméable sous l'effet d'un
champ électrique.
L'électrodialyse à membranes bipolaires
Les membranes bipolaires sont constituées d'une face perméable aux
anions et d'une face perméable aux cations. Sous l'effet d'un champ
électrique, l'eau présente au coeur de la membrane est dissociée en
ions H+ et OH- générés respectivement par les faces cationiques et
anioniques. On peut ainsi dissocier un sel en l'acide et la base
correspondante.
L'électrodialyse à membranes
L'électrolyse à membranes est la technique électromembranaire dans
laquelle on couple les effets d'une électrodialyse (migration d'ions au
travers d'une membrane semi-perméable) à ceux d'une électrolyse
(réactions aux électrodes).
Le point commun de ces techniques est la mise en oeuvre de membranes
échangeuses d'ions permettant de transférer des ions de façon sélective sous
l'effet d'un champ électrique.
Ces techniques d'électrodialyse ont deux types d'applications principales : le
dessalement des eaux saumâtres dont le taux de salinité est inférieur à 500
mg.L-1 (au dessus de ce taux, l'osmose inverse est plus intéressante) et le
traitement des sous-produits de l'industrie laitière : les principaux produits
concernés sont les lactosérums, résultant de la production de fromage et de
caséine. Dans l'industrie chimique, de nombreuses applications innovantes
sont à l'épreuve. L'électrodialyse est bien placée pour purifier des composés
non ionisés par élimination d'électrolytes.
Les sels dissous dans l'eau sont ionisés, c'est-à-dire constitués par des
atomes qui, au lieu d'être neutre, sont porteurs d'une charge positive ou
négative. Par exemple, le sel de cuisine (NaCl), lorsqu'il est dissout, donne
dans l'eau des ions positifs de sodium (Na+) et des ions négatifs de chlore (Cl-).
L'électrodialyse est une technique de séparation membranaire qui impose un
courant continu à deux électrodes plongées dans une solution de sel ou dans
l'eau pour déplacer des ions, les cations ( ions positifs comme le sodium Na+
par exemple) vers la cathode (électrode négative) et les anions (chlorure
Cl- par exemple, de charge négative) vers l'anode (électrode positive). Si on
considère un ion quelconque, il se déplacera sous l'effet d'un champ électrique
proportionnellement au gradient de potentiel électrique, à sa valence[4] et à sa
mobilité[5]. De mobilité différente selon leur taille, leur concentration, leur
charge, leur encombrement et selon la température de l'eau, les ions ne
migrent pas de la même façon à travers les membranes. Les nitrates,
chlorures et ions monovalents sont très bien éliminés alors que les sulfates
passent difficilement.
Dans l'électrodialyse, des membranes filtrantes imperméables pour les cations
ou pour les anions, sont interposés alternativement entre les électrodes. La
membrane qui laisse passer les cations a la propriété d'arrêter les anions ;
celle qui est imperméable aux anions oppose une barrière infranchissable aux
cations. Le module peut être considéré comme une succession de résistances
montées en série. Dans certains compartiments de la cuve, on peut donc
collecter les ions retenus par chacune de ces deux membranes. Ainsi, des
cellules où l'eau contient une concentration de sel alternent avec d'autres où
l'eau a été dessalée.
Figure 4. Principe de l'électrodialyseur.
En fait, l'électrodialyse a été surtout envisagée jusqu'ici pour le dessalement
d'eaux saumâtres pour la production d'eau potable (notamment en Libye), et
pour l'épuration des eaux résiduaires de salinité supérieure à 0.4 g.L -1 Cette
technique n'est pas adaptée pour le traitement des eaux de salinité supérieure
à 3 g.L-1 ce qui l'exclut le plus souvent pour le dessalement de l'eau de mer.
L'électrodialyse constitue une voie alternative au traitement biologique et aux
résines échangeuses d'ions pour dénitrater l'eau potable. Elle est aussi utilisée
pour défluorer l'eau potable.
membranes de clarification
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Ces membranes comportent des pores visibles en microscopie électronique. L’eau
s’y déplace par convection en entraînant les solutés et particules dont la taille est
inférieure à celle des pores (effet tamis).
Ces membranes sont elles-mêmes classifiées, comme on le verra en membranes
d’ultrafiltration et de microfiltration.
membranes d'ultrafiltration ( UF )
Les membranes d’ultrafiltration organiques sont toutes de type asymétrique alors que
les membranes minérales sont composites. Elles laissent passer librement les sels et
ne rejettent que les solutés les plus gros (macromolécules) et les éléments
particulaires tels que les virus, bactéries, colloïdes, etc...
Elles sont communément caractérisées par leur "seuil de coupure": taille de la
protéine de plus faible masse molaire rejetée à plus de 90 % par la membrane. On
trouve ainsi des membranes industrielles à point de coupure allant de 2 103 à 4 105
daltons.
La Norme NFX45-103 de décembre 1997, Membranes poreuse – Taux de rétention
des membranes d’ultrafiltration et de nanofiltration – propose une méthodologie de
mesure du seuil de coupure. Mais ce protocole de mesure n'est qu'indicative surtout
que les traceurs sont déformables sous l’effet de la pression varient au niveau de
leur configuration stérique en fonction de la salinité, du pH.... Enfin le taux de rejet
varie fortement en fonction des conditions opératoires.
Les débits unitaires annoncés pour les membranes d' UF se situent entre 0,05 et 0,5
m3/[Link] pour de l'eau propre. Attention, dans le cas des membranes
d’ultrafiltration à faible point de coupure (< 50 000 D) et en présence de solutés
séparables, ce débit diminue considérablement et ceci pour deux raisons
essentielles : la polarisation de concentration à laquelle vient s’ajouter, en présence
de colloïdes, un colmatage.
Le premier phénomène a déjà été présenté dans le cas de l'osmose inverse, il est
responsable en ultrafiltration de l’apparition d'un flux limite lorsque la pression
transmembranaire croît (figure 55) et ceci même sur une membrane « neuve ».
Figure 55. Influence
de la pression transmembranaire sur le flux UF avec rétention de soluté(s)
En effet, vu la très faible rétro-diffusibilité des macromolécules, les coefficients de
polarisation dépassent souvent 10.
Les valeurs du flux observées ne sont plus alors que de l'ordre de quelques dizaines
de litres par m² et par heure.
Le seul moyen dont on dispose pour augmenter ce flux est de travailler à plus forte
vitesse tangentielle ce qui entraîne des consommations énergétiques importantes.
Comme noté ci-dessus, ces membranes ont un comportement de membranes de «
dessalement » et sont de fait peu utilisées en traitement d’eau. Au contraire dans les
procédés des industries chimiques pharmaceutiques du lait, où elles permettent de
récupérer des macromolécules valorisables (enzymes, protéines, antibiotiques,
etc…).
En traitement d’eaux les membranes utilisées sont le plus souvent des
membranes « lâches » avec des points de coupure aux environs de
105 Daltons soit des pores de 0,03 à 0,01 µm qui n’éliminent que quelques rares
macromolécules (ex. élimination de 10 à 20 % de la couleur des eaux chargées en
acides humiques). Leur rôle est donc d’abord d’éliminer les matières en suspension
d’où le nom proposé de membrane de clarification. Dans ce cas, le phénomène de
flux limite sur une membrane neuve n'existe plus mais un 2ème phénomène
apparaît, le colmatage qui devient largement prépondérant. Il se traduit, à
concentration et pression constantes, par une baisse du flux au cours du temps,
pouvant aller jusqu'à un blocage complet de la membrane.
Le colmatage est dû à la formation d'un dépôt de colloïdes à la surface de la
membrane, mais aussi à l'adsorption de solutés variés dans les pores. Le premier
phénomène est essentiellement réversible par rétro-lavage (opération qui consiste à
inverser les pressions pour renvoyer l’eau produite au travers de la membrane et
ainsi décoller le dépôt) (voir fig. 56). Au contraire, l'adsorption est très souvent
insensible au rétro-lavage, ou à une augmentation de vitesse de balayage ; seul un
traitement chimique approprié permet de "nettoyer" la membrane.
Figure 56. Rétro
lavage
Pratiquement, on verra à la section séparation par membranes que toutes les
membranes d’ultrafiltration utilisées en traitement des eaux se présentent sous forme
de fibres creuses asymétriques, à peau interne ou externe suivant que cette peau est
située sur la face extérieure de la fibre ou sa face intérieure (ex. Photo 5 - a de la
fibre aquasource®). La raison essentielle tient à ce que cette géométrie permet des
rétrolavages efficaces à une pression faible, sans avoir à supporter mécaniquement
la membrane.
Photo 5. Filtre acétate de cellulose aquasource®. Détail de la section " peau
interne "
membranes de microfiltration
( MF )
Plus « grossières » les membranes de microfiltration sont caractérisées par des
pores entre 0,1 à 0,45 µm qui leur permettent d’éliminer bactéries, protozoaires et
colloïdes « grossiers » mais pas les virus (sauf ceux fixés sur des MeS) ni les
colloïdes les plus fins (ex. silice colloïdale). Par contre leurs pores plus larges
peuvent laisser passer un gaz (point de bulle < 2-3 bar) ce qui permet de les
décolmater à l’air.
Disponibles également sous formes de fibres creuses à peau interne ou externe,
elles présentent des débits initiaux à l’eau pure encore plus élevés > 0,5 m3/h.m².bar-1
membranes de clarification :
définitions
Sur une membrane propre, le débit cf. figure 57, dépend :
linéairement de la pression du moins dans la 1ère partie de la courbe, cf. segment AB
(avant compactage de la membrane sous l'effet de la pression)
de la température : le transport convectif de l’eau dans les pores est fonction de la
viscosité de l’eau