Gestion des dragages maritimes ICPE 2718
Gestion des dragages maritimes ICPE 2718
Collection | Références
Opérations de dragages maritimes
et modalités de gestion
de leurs matériaux
Note technique
Collection | Références
Édition Cerema
Cerema Risques, Eaux et mer – 134, rue de Beauvais – CS 60039 – 60280 Margny-lès-Compiègne Tél : +33 (0) 3 44 92 60 00
Siège social : Cité des Mobilités - 25, avenue François Mitterrand - CS 92 803 - F-69674 Bron Cedex - Tél : +33 (0) 4 72 14 30 30
L’ouvrage est une œuvre collective éditée sous la Résumé
direction du Cerema.
Ce document a été élaboré avec les contributions de : Cette note vise à accompagner le maître d’ouvrage et
les services instructeurs dans la conduite d’un projet de
Pierre-Yves Belan, Cerema Risques, Eaux et Mer dragages en milieu marin. Elle précise les investigations
préalables nécessaires à l’instruction et à l’évaluation des
Emmanuelle Thiesse, DGALN dossiers. Elle a pour ambition de couvrir l’ensemble du
projet, du dragage lui-même à l’éventuelle valorisation
La présente note technique rassemble, met à jour et ou au stockage à terre.
synthétise des éléments inclus dans le guide «Planifier
le dragage des ports en Bretagne» (DREAL Bretagne -
DDTM, 29 mai 2013) et dans la circulaire ministérielle
du 4 juillet 2008 relative à la procédure concernant la
gestion des sédiments lors de travaux ou d’opérations
impliquant des dragages ou curages maritimes et
fluviaux.
Toute reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement du Cerema est illicite (loi du 11 mars 1957).
Cette reproduction par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425
et suivants du Code pénal.
1.3 L'étude d'impact, une démarche itérative 6 6.4.6 Cas particulier : entreposage des
sédiments42
1.4 Conduite des études 7
6.4.7 Traitement des sédiments sur site
2. Investigations préalables 9 portuaire du dragage 43
2.1 Investigations techniques à mener 9 6.4.8 Poldérisation / constitution de terre-pleins 44
2.2 Investigations techniques à mener sur le site de 6.4.9 Procédure instruction travaux – code des
dragage. Plan d’échantillonnage 9 ports maritimes 46
2.2.1 Analyse des contaminants présents 6.4.10 Utilisation en remblai, endiguements 46
Niveaux de contaminants à prendre en 6.5 Gestion à terre des sédiments instruite sous
compte11 le régime des ICPE49
2.2.2 Interprétation des seuils 11 6.6 Élimination des sédiments en centre de stockage
2.2.3 Prise en compte des flux de contaminants 12 de déchets 52
2.2.4 Données complémentaires 12 7. Coordination entre procédures
2.2.5 Accréditation et performances des et services instructeurs 55
laboratoires d’analyse 12
7.1 Pour une filière de gestion en eau des sédiments 55
2.3 Investigations techniques à mener en vue
7.2 Pour une filière de gestion à terre relevant
de la gestion à terre des sédiments 13
de la loi sur l'eau 55
2.3.1 Caractère dangereux/non dangereux des
7.3 Pour une filière de gestion incluant une ICPE 55
sédiments14
7.4 Pour une filière de gestion à terre sans création
2.3.2 Sensibilité de la zone destinée à une
d’une ICPE et ne relevant pas de la loi sur l’eau 55
potentielle valorisation. 15
2.3.3 Radioactivité 15 8. Planification et gestion des opérations 56
8.1 Dragage en milieu marin : schémas d’orientation
3. Les procédures applicables aux opérations territorialisés56
de dragage et d’immersion 16
8.2 Gestion à terre des déchets : plans régionaux de
4. Évaluation environnementale - Étude d'impact 16 prévention et de gestion des déchets 56
4.1 Évaluation environnementale 16 9. Glossaire 56
4.2 L’étude d’impact 17
10. Acronymes 57
5. instruction loi sur l'eau : dragage / rejet 18
11. Bibliographie 58
5.1 Composition chimique des matériaux à draguer 18
5.2 Volumes de sédiments à considérer 18
5.3 Proximité des zones conchylicoles ou de cultures
marines18
5.4 Régime administratif 18
5.5 Cas particulier de dragages 21
5.6 Procédures administratives loi sur l'eau – dragage
et rejet y afférent 21
5.7 Procédure d'autorisation au titre de la loi sur l'eau 23
enquêtes publiques ont connu des modifications subs- En complément deux parties supplémentaires abordent
tantielles les années précédentes. respectivement :
En préambule à l'exposé de la réglementation qui D'autres analyses devront être menées, à d'autres
s'applique aux dragages en milieu marin ou estuarien et stades de l'évolution du projet, sur les sédiments bruts
à la gestion, en mer ou à terre, des matériaux extraits, ou traités, pour évaluer la faisabilité des modes de
il paraît utile d'attirer l'attention des porteurs de gestion envisagés.
projet et des services instructeurs sur quelques points
importants pour un bon déroulement du projet : qualité Selon les modes de gestion envisagés pour les matériaux
des études, concertation, coordination des procédures extraits, le service de police de l'eau instructeur pourra
administratives… alerter le maître d'ouvrage sur la sensibilité des solutions
envisagées, ce qui peut contribuer à orienter les choix
en termes de solutions de gestion et de concertations
préalables à mener avec les acteurs concernés.
1.1 Concertation, accompagnement
Le service de police de l'eau instructeur pourra
du projet également informer le porteur de projet sur les
L'échange d'informations et la concertation, avec les différentes législations et procédures administratives
services de l'État et les différents partenaires, ainsi qui s'appliquent à son projet, selon les choix de
que la bonne qualité des études, sont des éléments gestion des matériaux : le projet est-il soumis à étude
essentiels de la réussite d'une opération de dragage. d'impact et enquête publique, relève-t-il d'une double
instruction administrative au titre de la loi sur l'eau et de
Les maîtres d'ouvrage ont intérêt à dialoguer à toutes la législation ICPE ? Est-il soumis à d'autres législations ?
les étapes du projet et en particulier en amont du Quel sera le calendrier prévisionnel des procédures
lancement des études, avec les services de l'État. administratives ? Et ainsi de suite…
Les services de l'État disposent en effet de données sur Il convient notamment d'informer le maître d'ouvrage
la qualité des sédiments dans les ports et les estuaires de l'impossibilité de réaliser des aménagements en
dans le cadre du réseau des ports maritimes (REPOM) espace remarquable sauf à démontrer qu'ils participent
et des réseaux de surveillance au titre de la Directive à la conservation ou la protection de ces espaces
Cadre sur l'Eau (DCE) relatifs aux masses d'eaux côtières et milieux. Le projet est en outre soumis à enquête
et de transition et de la Directive cadre stratégie publique dans ce cas. En site classé, toute modification
pour les milieux marins (DCSMM). Cette information de l'état ou de l'aspect du site est interdite, et seuls
relative à la qualité des matériaux permet au maître les travaux d'entretien, restauration, mise en valeur
d'ouvrage, dès l'amont du projet, de s'orienter vers des compatibles avec le site peuvent être admis, sous
modes de gestion appropriés, qui devront faire l'objet réserve d'obtenir l'autorisation spéciale du ministre
éventuellement d'études plus approfondies, et de chargé des sites.
savoir s'il sera nécessaire d'effectuer des traitements
sur les matériaux avant valorisation ou élimination et, le Si le projet se situe au moins pour partie en site inscrit,
cas échéant, sur les eaux de ressuyage avant rejet. réserve naturelle ou parc marin, l'avis de la commission
départementale de la nature, des paysages et des sites,
Ces informations mises à disposition par les services des instances de gestion de la réserve naturelle ou du
de l’État ne dispenseront pas pour autant le maître parc marin sont respectivement requises.
d’ouvrage de réaliser des analyses détaillées des
sédiments et une estimation des volumes à extraire. Dans le cas où le projet est soumis à étude d'impact puis
À ce titre, la circulaire du 14 juin 2000 prévoit que le enquête publique, le maître d'ouvrage peut décider ou
plan d'échantillonnage des sédiments, en vue de ces non de solliciter, en amont du dépôt du dossier, un avis
analyses détaillées, soit validé par le service de police de l'autorité décisionnaire (préfet du département, en
de l'eau avant la réalisation des prélèvements. général) sur le degré de précision des informations à
fournir dans l'étude d'impact.
La validation du plan d’échantillonnage et l’analyse
des résultats en laboratoire sont indépendantes de la Cette concertation avec le service instructeur, en amont
procédure en phase amont, qui intègre également le de la réalisation des études, et avec les partenaires
certificat de projet des articles L.181-6 et R.181-4 à 11 du concernés, présente un double avantage pour le
code de l’environnement. porteur de projet : aide à la décision en vue du choix de
la filière de gestion des sédiments et critères de qualité
Elles servent en effet à déterminer le régime de l'étude d'impact ou d'incidence à produire dans le
administratif d’une opération de dragage, au moins cadre de la procédure administrative.
sur des critères qualitatifs. Elles sont donc un préalable
indispensable à tout cadrage amont.
Présentation/a
ssociation du
comité de suivi
des opérations
de dragage ou
Notification du choix de la solution Avant-projet réunion
détaillé publique
Finalisation de l'étude d'impact
Montage
dossier Montage dossier d'instruction
Dépôt dossier d'instruction Instruction dossier
d’instruction
Analyses physiques
Arrêté du 9 août 2006 modifié, relatif aux • granulométrie (% sable, vase, argile) au moins jusqu'à 63 μ et, si
niveaux à prendre en compte lors d'une analyse possible, fraction inférieure à 2 μ
de rejets dans les eaux de surface ou de • % de matière sèche, densité
sédiments marins, estuariens ou extraits de cours • teneur en Al sur fraction inférieure à 2 mm
d'eau ou canaux relevant respectivement des
rubriques [Link], [Link] et [Link] de la • carbone organique total (COT) sur fraction inférieure à 2 mm
nomenclature annexée au décret n° 93-743 du
Analyses chimiques
29 mars 1993
• micropolluants métalliques: As, Cd, Cr, Cu, Hg, Ni, Pb, Zn
• micropolluants organiques :
Circulaire n° 2000-62 du 14 juin 2000 relative aux
- PCB : totaux, congénères 28, 52, 101, 118, 138, 153, 180
conditions d'utilisation du référentiel de qualité
des sédiments marins ou estuariens présents en - TBT
milieu naturel ou portuaire défini par l'arrêté - HAP : naphtalène, acénaphtylène, acénaphtène, fluorène,
interministériel phénanthrène, anthracène, fluoranthène, pyrène,
+ annexe " Instructions techniques portant sur le benzo(a)anthracène, chrysène, benzo(b)fluoranthène,
prélèvement et l'analyse des déblais de dragage " benzo(k)fluoranthène, benzo(a)pyrène,
dibenzo(ah)anthracène, benzo(ghi)pérylène, indéno(123-cd)
pyrène, Σ 16 HAP
Analyses microbiologiques
si dragage proche zones conchylicoles, cultures marines, baignade
D'autres analyses préalables doivent être réalisées
sur les sédiments en fonction de leur devenir après
extraction : gestion à terre ou immersion.
Elles sont décrites par la suite, dans les fiches La circulaire du 14 juin 2000 précise notamment les conditions
relatives à chaque mode de gestion d'utilisation des seuils N1 et N2 et fournit les instructions générales
d'échantillonnage et d'analyse des sédiments.
La méthode de caractérisation comporte 3 phases:
- phase 1 : propriétés physiques
- phase 2 : propriétés chimiques
- phase 3 : caractérisation biologique en cas d'immersion
Elle fournit également en annexe les instructions techniques relatives
à l'échantillonnage des sédiments (maillage des prélèvements,
Historique des dragages constitution des échantillons à analyser), aux analyses et méthodes
Qualité des sédiments (base de données Quadrige) utilisées.
•
par des dépassements du niveau N2). En fonction
l’arrêté du 17 juillet 2014, révisant les seuils pour les des résultats, le maître d’ouvrage pourra étudier
polychlorobiphényls (PCB).
des solutions alternatives pour réaliser le dragage,
La qualité chimique des sédiments faisant l'objet d'un ou des phasages de réalisation.
dragage est appréciée en comparant leur concentration Une attention particulière doit être portée aux
en éléments-traces métalliques et en composés éléments traces métalliques qui peuvent être
organiques aux concentrations de référence N1 et N2 présents naturellement dans certains territoires.
spécifiés dans l'arrêté du 9 août 2006 modifié. Cette concentration naturelle est nommée bruits
de fonds géochimiques. Il peut arriver, dans
En fonction de ces données, soit l'opération de dragage les territoires volcaniques notamment, que les
ne sera pas soumise à procédure administrative concentrations de certains éléments métalliques
préalable, soit elle sera assujettie au régime de dépassent fortement N2. Il convient alors de
déclaration ou d'autorisation au titre de la loi sur l'eau. prendre en compte ces particularités dans le
traitement des dossiers. Le service en charge
Dans ces deux derniers cas, avant de pouvoir réaliser de la police de l'eau pourra exiger des analyses
les travaux, le maître d'ouvrage devra d'abord réaliser complémentaires pour savoir si le dépassement
une étude d'incidence ou d'impact qui sera intégrée au des seuils est dû à la présence naturelle du métal en
dossier de déclaration ou de demande d'autorisation
question ou aux activités anthropiques (le métal se
adressé au préfet du département pour instruction
trouvant dans des formes différentes) ;
(voir procédures administratives de déclaration et
d'autorisation au titre de la loi sur l'eau).
• entre les niveaux N1 et N2, une investigation
complémentaire peut s'avérer nécessaire (comme
Selon la circulaire du 14 juin 2000, les seuils de
les tests écotoxicologiques) en fonction du projet
référence N1 et N2, qui permettent d'apprécier le
régime administratif (déclaration ou autorisation) considéré et du degré de dépassement du niveau
s'appliquant à l'opération de dragage, constituent des N1.
points de repère permettant d'apprécier l'incidence de
l'opération de dragage, mais ne correspondent pas à Il ne s'agit pas de seuils d’acceptation ou d’interdiction
des objectifs de qualité qui s'appliqueraient au rejet ou en tant que tels mais de seuils d’aide à la décision. Les
à l'immersion des sédiments après dragage. concentrations des contaminants mesurés dans les
échantillons, dont le plan d'échantillonnage a été précisé
Le rejet ou l'immersion des sédiments doivent respecter ci-avant, sont alors comparés aux seuils réglementaires
les normes de qualité environnementale fixées par la en vigueur. Les résultats permettent de statuer, en
réglementation et ne pas compromettre l'atteinte ou combinaison avec d’autres facteurs déterminants
le maintien du bon état des eaux au sens de la directive (volume, localisation), sur le régime de procédure :
cadre sur l'eau et de la directive cadre stratégie pour le déclaration ou autorisation environnementale au titre
milieu marin. de la loi sur l'eau.
•
Un raisonnement en termes de flux peut, par exemple,
être particulièrement utile lorsqu'un dragage et/ou sont accrédités sur le maximum de paramètres
rejet/immersion se situe/ent à proximité d'une zone de étudiés pour la matrice sédiment, et a minima sur
culture marine, ou en zone estuarienne où les flux de un paramètre (accréditation COFRAC sur au moins
contaminants pourront être comparés aux courants un couple paramètre/sédiment). Les laboratoires
naturels et aux marées. D’ailleurs la localisation
qui n'auraient aucune accréditation sédiment
d’une zone conchylicole ou de culture marine est un
devraient être écartés ;
critère intervenant pour la détermination du régime
•
administratif du dragage.
participent à des essais inter-laboratoires (EIL).
La prise en compte des flux reste toutefois complexe,
d’autant qu’il n’existe pas de référentiel à l’heure Les méthodes d'analyse utilisées devront être
actuelle. normalisées dans la mesure du possible, et adaptées
aux exigences nationales. Si la méthode n’est pas
2.2.4 Données complémentaires normalisée (méthode interne par exemple), elle doit
faire partie d'un référentiel qualité et avoir fait l'objet
D'autres données peuvent par ailleurs être utilisées d'une validation interne par le laboratoire en suivant
pour affiner l'analyse des substances présentes au notamment les exigences de la norme NF T90-210
sein des sédiments. L’arrêté autorisant le dragage (adaptée aux sédiments).
peut exiger du pétitionnaire la réalisation d’analyses
complémentaires en fonction du contexte local (micro- Le laboratoire d’analyses garantira la validité des
organismes (Germes Témoins de Contamination méthodes employées, l’incertitude de la mesure et la
Fécale), le phytoplancton toxique, les radionucléides…). limite de quantification pour chaque paramètre. La
La mesure de certains points de prélèvements
maîtrise d’ouvrage exigera que le laboratoire d’analyses
visés historiquement par le réseau de suivi des
ports maritimes (REPOM) peut être transférée présente un rapport précisant les méthodes utilisées
sous maîtrise d’ouvrage des ports effectuant des pour chaque paramètre, leur accréditation éventuelle,
dragages réguliers. Cette modalité doit être prévue leurs limites de quantification et incertitude.
1 Se référer aux lignes directrices pour la mise en œuvre du programme REPOM dès 2015
2.3.1 Caractère dangereux/non dangereux des l'annexe III de la directive 2008/98/UE relative aux
sédiments déchets. Parmi ces quinze propriétés de danger :
La caractérisation en vue de la gestion à terre débute • les propriétés de danger HP1 à HP3 (respectivement
déchets explosibles, déchets comburants et
par la détermination de la dangerosité du déchet.
déchets inflammables) ne sont pas pertinentes
L'évaluation de la dangerosité du sédiment permet de
pour les sédiments de dragage ;
caractériser le sédiment au regard de l'annexe de la
décision 2014/955/UE de la Commission européenne
du 18 décembre 2014 établissant une liste de codes
• les propriétés de danger HP4, HP5, HP6, HP8, HP12
et HP13(2) sont à prendre en compte en fonction
déchets dans la rubrique 17 05 05* (dangereux) ou 17 05 des recommandations faites dans le guide Ineris
06 (non dangereux). Cerema publié en 2017(3) ;
Un déchet est considéré comme dangereux s'il présente • aucune méthode n’existe pour évaluer la propriété
HP9 (infectieux) des déchets ;
une des quinze propriétés de danger énumérées à
2 HP4 : irritant ; HP5 : toxicité spécifique pour un organe cible ; HP6 : toxicité aiguë ; HP7 : cancérogène ; HP8 : corrosif ;
HP12 : dégageant des gaz toxiques au contact de l’eau ; HP13 : sensibilisant.
3 Ineris 16-149793-00431B valorisation de sédiments en techniques routières. Évaluation de la dangerosité : proposition de
seuils et confrontation à des données françaises.
4
BRGM/RP-60835-FR, Janvier 2012, « Protocole pour l’évaluation de l’écotoxicité de sédiments destinés à une gestion
à terre » et BRGM/RP-61420-FR, Janvier 2013, « Test du protocole d’écotoxicologie (critère H14) pour l’évaluation du
caractère dangereux de sédiments destinés à une gestion à terre ».
5 Voir guide à destination des porteurs de projet publié par la CGEDD en août 2019.
6 [Link]
• la composition chimique des rejets et sédiments ; Les activités de production (zones conchylicoles
ou de cultures marines) à considérer au titre de la
• les volumes à draguer ; réglementation sont les activités aquacoles au sens
large (conchyliculture, pisciculture, algoculture, etc.).
• la localisation des rejets par rapport à des zones
conchylicoles ou de cultures marines ;
Les zones de production aquacoles doivent ainsi être
localisées et leur distance évaluée par rapport au
périmètre de la zone d’immersion ou des possibles
• la façade maritime concernée. rejets afférents au dragage. Leur localisation peut être
obtenue, auprès de l’autorité administrative (cadastre
aquacole) ou auprès des organisations professionnelles
Ces critères s'appliquent aussi bien pour le dragage que
concernées : les comités régionaux des pêches
pour l'immersion.
maritimes et des élevages marins (CRPMEM) et les
comités régionaux de la conchyliculture (CRC).
Par ailleurs, l'arrêté du 23 février 2001 fixant les
prescriptions générales applicables aux travaux de Les services police de l’eau peuvent s’appuyer soit
dragage et rejet y afférent soumis à déclaration prévoit uniquement sur le cadastre conchylicole ou alors, sur
notamment que l'implantation et la gestion de la zone les limites des zones de production.
de rejet tiennent compte de la proximité des différents
usages du milieu aquatique, notamment de la baignade, Le seuil fixé est une distance de 1 km par rapport au rejet
des activités conchylicoles, des cultures marines, de (voir définition du rejet). Par ailleurs, outre la distance
la pêche et de la navigation. Le rejet ne doit pas être de 1 km prévue dans la nomenclature loi sur l'eau, les
courants représentent un facteur important à prendre
susceptible d'altérer notablement la qualité des eaux
en compte dans l’étude de l’incidence du projet mais
nécessaires aux usages tels que la baignade, les loisirs
pas dans la détermination de la limite réglementaire du
nautiques, les activités conchylicoles ou de cultures 1 km définissant la procédure administrative.
marines, notamment lors des périodes habituelles
de commercialisation des produits de la mer ou de
baignade.
5.4 Régime administratif
En fonction du volume des prélèvements et de la nature
5.1 Composition chimique des des sédiments, les projets sont soumis à un régime
de déclaration ou d’autorisation. Le schéma suivant
matériaux à draguer précise les critères d’application de ces deux régimes.
Avant de procéder à des travaux de dragage de Il convient pour donner une valeur relative à cette
sédiments portuaires marins ou estuariens, la distinction, basée sur des seuils et des volumes à
draguer, de préciser que l'examen au cas par cas est
réglementation impose de réaliser des investigations
quasiment la règle pour les opérations de dragages et
préalables, et notamment des analyses physico-
qu 'en parallèle cet examen est quasi systématique du
chimiques permettant de caractériser la nature et la fait de l'absence de valeur minimale pour les opérations
qualité des matériaux bruts à extraire. Le niveau de annexes (rechargement, extension en mer…)
contamination permet notamment de définir le régime
de l’opération (déclaration ou autorisation). Comme écrit plus haut, le terme rejet peut qualifier, à
la fois les rejets afférents au dragage et les opérations
d’immersion.
Les dossiers de demande d'autorisation doivent Il est recommandé au maître d’ouvrage de consulter le
comporter une étude d'impact depuis le 1er juin 2012. service instructeur en amont de la réalisation du dossier
Le contenu de l'étude d'impact est précisé par pour préciser les points méritant des développements
la réglementation (article R.122-5 du code de spécifiques dans le contexte particulier du projet.
l'environnement, modifié par l’ordonnance du
11 août 2016). Il convient de souligner que l'étude
d'impact doit traiter de toutes les opérations
constitutives du programme de travaux envisagés, en
mer et à terre, le cas échéant.
TEXTE DE RÉFÉRENCE
rubrique [Link] de la nomenclature annexée à l'art. R214-1 du code de l'environnement
Volumes en m3
Seuils Zone d’application
<500≥ <5000≥ <50 000 ≥ <500 000≥
Benzo [k]
200 400
Benzo [g,h,i]
1700 5650 Le volume à draguer V est la somme des
pérylène
différentes opérations conduites par la
Indéno [1,2,3-cd] même personne sur un même milieu et sur
1700 5650
pyrène une période de 12 mois consécutifs.
A UTORISATION
L'arrêté du 9 août 2006 a été récemment complété par
l’arrêté du 8 février 2013 pour prendre en compte les
L'autorisation est valable pour une durée
niveaux N1 et N2 relatifs aux HAP (hydrocarbures
qui ne peut être supérieure à 10 ans. Elle
aromatiques polycycliques)
prend également en compte les éventuels
sous-produits et leur devenir.
(*) procédure de déclaration : voir page 27
procédure d'autorisation : voir page 29
Dragages hydrodynamiques
DOSSIER DE DÉCLARATION
Adressé au préfet du département en 3 exemplaires
1° Nom et adresse demandeur, ainsi que son numéro SIRET ou, à défaut, sa date de naissance ;
2° Emplacement sur lequel les travaux doivent être réalisés (dragage et rejet/immersion) ;
3° Nature, consistance, volume et objet des travaux, rubrique(s) de la nomenclature dans lesquelles ils doivent être rangés ;
4° Un document :
• indiquant les incidences du projet sur le milieu aquatique en fonction des procédés mis en œuvre, des modalités d'exécution des travaux, de la
nature des eaux affectées et compte tenu des variations saisonnières et climatiques ;
• comportant l'évaluation des incidences du projet sur un ou plusieurs sites Natura 2000 au regard des objectifs de conservation de ces sites. (…) ;
• justifiant, le cas échéant, de la compatibilité du projet avec le schéma directeur ou le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (…) et de
sa contribution à la réalisation des objectifs visés à l'art. L211-1 ainsi que des objectifs de qualité des eaux prévus par l'art. D 211-10 ;
• précisant, s'il y a lieu, les mesures correctives ou compensatoires envisagées. Ce document est adapté à l'importance du projet et de ses
Incidences.
5° Les moyens de surveillance ou d'évaluation des prélèvements et des déversements prévus ;
6° Les éléments graphiques, plans ou cartes utiles à la compréhension des pièces du dossier, notamment celles mentionnées aux 3° et 4°.
OUI
0 Dépôt du dossier Complet ?
NON
Le délai est interrompu jusqu'à
réception des éléments ; au-delà
Avis de réception avec Récépissé de déclaration avec
de trois mois, opposition tacite demande de compléments acceptation d'emblée* ou indication
sous délai ≤ 3 mois du délai d'opposition
15 jours au-delà de 3 mois, opposition * l'acceptation d'emblée est
tacite examinée par/avec le service
Acceptation en l'état de la
déclaration avec accord tacite à OUI OUI
l'échéance de 2 mois ou avec accord Régularité ?
formel avant cette échéance
NON
2 mois max
OUI
5 mois max (*) Demande
Demande de précisions,
de précisions, avecavecdélai
délai de
de réponse
réponse< 3 <mois
3 mois
7 [Link]
2. Le recyclage.
4. L'élimination.
Assurer la traçabilité
sédiments
NON OUI
IMMERSION bruts
dangereux ?
Législation loi sur l'eau
+ conventions internationales NON
nature des
sable, roches sédiments vase
en vue
gestion à
terre
Législation Législation
loi sur l'eau loi sur l'eau Législation ICPE
TRAITEMENT DES Législation TRAITEMENT DES
VALORISATION
SÉDIMENTS SUR SITE loi sur l'eau SÉDIMENTS SUR
PORTUAIRE SITE DISTANT
Rechargement de plage Traitement
Confortement dunaire des eaux de
Stockage/lagunage ressuyage
avant rejet
Valorisation
en mer
Amendement éventuelle du
sols agricoles sable (*)
Séparation sables/vase sédiments
traités OUI
dangereux ?
Utilisation en BTP
Déshydratation
et traitements
complémentaires NON
(*) pour sédiments bruts non donnant un produit Législation
dangereux pelletable loi sur l'eau
et/ou code
de Législation
l'urbanisme ICPE
• Le maître d'ouvrage doit traiter l'ensemble des rubriques VALORISATION A TERRE ÉLIMINATION A TERRE
loi sur l'eau qui s'appliquent au dragage et à la gestion à
terre relevant de cette législation.
Utilisation en polder, Stockage mono-spécifique
• Lorsqu'elle est requise pour tout ou partie du projet, remblai
l'étude d'impact porte sur l'ensemble des opérations de (TP, aménagements
dragage et de gestion des sédiments constituant le paysagers, digues
projet. en terre, …)
Installation de stockage de
• Même si le dragage relève du régime de la déclaration, il déchets non dangereux ou
Matériaux de dangereux
se peut que la gestion à terre relève du régime de construction
l'autorisation. (expérimental)
sédiments
Dans le cas de cette double instruction, le dossier peut traités
être unique s'il contient les éléments requis par chaque NON dangereux ? OUI ou NON
réglementation. Le cas échéant, l'enquête publique peut
être conjointe pour l'ensemble des procédures.
Dans le cas d’une opération de dragage avec gestion Les deux schémas suivants apportent les repères
à terre des sédiments, une double instruction utiles pour répondre à ces questions dans un cadre
administrative est nécessaire : par le service de police réglementaire.
de l'eau, pour ce qui concerne le dragage, et par l'unité
territoriale de la DREAL, pour ce qui concerne la gestion
à terre. Ces deux instructions aboutiront à la production
de deux arrêtés préfectoraux d'autorisation, le cas
échéant. Il est alors important que les deux services se
coordonnent pour minimiser les délais d'instruction.
TEXTES DE RÉFÉRENCE
Non, s'ils sont déplacés au sein des eaux de surface (rejet / immersion) aux fins de
Art L 541-4-1 du code de l'environnement gestion des eaux et des voies d'eau (…) s'il est prouvé que ces sédiments ne sont
pas dangereux
Référence à une liste unique des déchets qui figure à l'annexe de la décision
Art R 541-7 du code de l'environnement
2000/532/CE de la Commission du 3 mai 2000
• Les boues de dragage contenant des substances dangereuses sont listées sous la
rubrique 17 05 05*
• Les boues de dragage autres que celles visées à la rubrique 17 05 05 sont listées
sous la rubrique 17 05 06
Annexe de la décision 2000/532/CE
De plus, l’art. L541-1-1 du Code de l'environnement dispose : on entend par
déchet , toute substance ou tout objet ou, plus généralement, tout bien meuble
dont le détenteur se défait, ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire
" Un déchet cesse d'être un déchet après avoir été traité dans une installation visée
à l'art. L214-1 soumise à autorisation ou à déclaration ou dans une installation visée
à l'art. L511-1 soumise à autorisation, à enregistrement ou à déclaration et avoir
subi une opération de valorisation, notamment de recyclage ou de préparation en
vue de la réutilisation, s'il répond à des critères remplissant l'ensemble des
conditions suivantes:
Art L 541-4-3 du code de l'environnement • La substance ou l'objet est couramment utilisé à des fins spécifiques ;
• Il existe une demande pour une telle substance ou objet, et elle répond à un
marché ;
• La substance ou l'objet remplit les exigences techniques aux fins spécifiques et
respecte la législation et les normes applicables aux produits ;
• Son utilisation n'aura pas d'effets globaux nocifs pour l'environnement et la
santé humaine."
• Décret n° 2012/602 du 30 avril 2012 Recyclage : Toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les
relatif à la procédure de sortie du statut déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de
de déchet. leur fonction initiale ou à d'autres fins. Les opérations de remblaiement ne peuvent
pas être qualifiés d'opération de recyclage.
• Arrêté du 29 février 2012 fixant le Valorisation : Toute opération dont le résultat principal est que les déchets servent
contenu des registres mentionnés aux à des fins utiles en substitution à d'autres substances, matières ou produits qui
art. R 541-43 et -46 du code de l'environ- auraient été utilisés à une fin particulière, ou que des déchets soient préparés pour
nement. être utilisés à cette fin, y compris par le producteur de déchets.
Relative aux propriétés qui rendent les déchets dangereux (non reproduit
intégralement ci-après) :
H1 explosif H8 corrosif
H2 comburant H9 infectieux
H3-A facilement inflammable H10 toxique pour la reproduction
H3-B inflammable H11 mutagène
H4 irritant H12 substances et préparations qui, au contact
de l'eau, de l'air, ou d'un acide, dégagent
un gaz toxique ou très toxique
H5 nocif H13 sensibilisant
Annexe III de la directive 2008-98
H6 toxique H14 écotoxique : substances et préparations
qui présentent ou peuvent présenter des
risques immédiats ou différés pour une ou
plusieurs composantes de l'environne-
ment
H7 cancérogène H15 substances et préparations susceptibles,
après élimination, de donner naissance,
par quelque moyen que ce soit, à une
autre substance, par exemple un produit
de lixiviation, qui possède l'une des
caractéristiques énumérées ci-avant
Art. R4411-6 du Code du travail Reprend, en les détaillant, les 15 propriétés listées en annexe III de la directive
2008/98 CE.
Annexe VI de l'arrêté du 20 avril 1994 Critères généraux de classification et d'étiquetage des substances et préparations
dangereuses.
•
à créer ou à entretenir ».
Extractions pour créer ou agrandir un port ou une
Le Conseil d’État considère que cette définition dépendance portuaire : les matériaux issus des
n’interdit pas que les produits excédentaires résultant travaux d’extraction doivent se limiter au strict
des extractions répondant à ces définitions soient, le besoin de l’ouvrage à réaliser. Ils doivent être utilisés
cas échéant, commercialisés. Sous le contrôle du juge et prioritairement pour reconstituer le domaine
conformément à l’intention du législateur, ces travaux public maritime (rechargement d’une plage qui se
maritimes ne doivent pas entrer en concurrence avec dégraisse, restauration de transit littoral, by-pass,
l’activité des entreprises extractrices soumises aux création ou restauration de cordon dunaire). Le
procédures minières. Par conséquent, il y a lieu de surplus éventuel peut être commercialisé.
•
justifier que les matériaux excédentaires, s’ils sont
commercialisés, proviennent d’extractions strictement Extractions de matériaux pour édifier des ouvrages
limitées aux besoins des travaux maritimes. maritimes et portuaires : les matériaux marins
doivent être extraits à proximité du port concerné,
Enfin, lorsque les matériaux excédentaires sont les extractions opérées doivent se limiter aux seuls
constitués de produits minéraux naturels, acheminés besoins occasionnés par les ouvrages maritimes ou
vers une station de transit et/ou traités, une déclaration portuaires à édifier. Aucun produit excédentaire ne
ou une autorisation au titre des rubriques 2517 et doit être extrait.
2515 de la nomenclature des installations classées
pour la protection de l’environnement (ICPE) reste • Dragages d’approfondissement ou d’entretien :
les matériaux extraits doivent se limiter au seul
naturellement nécessaire, sauf s’ils sont gérés sur le
besoin de maintien du tirant d’eau nécessaire à
domaine portuaire le temps de l’opération de dragage
la navigation. Les matériaux extraits doivent être
et qu’ils sont ensuite valorisés ou transportés dans une
installation de stockage. utilisés prioritairement pour conserver le domaine
public maritime. Le surplus peut être commercialisé.
• remblaiement de carrière ;
• matériaux de construction ;
15 jours
instruction dossier ICPE
2 mois
stockage de déchets) autorité commission locale de l'eau,
• Affichage en mairie(s) et
7 à 13,5 mois
• Avis Conseil Général / environnemen- personne publique gestionnaire
tale (2 mois) publicité (15 jours avant du DPM, directeur établisse-
Conseil Régional E.P.) ment public parc national,
préfet coordonnateur de bassin
• Préfet de région (archéologie
préventive) (délai 45 jours)
• Avis conseils municipaux
2 à 2,5 mois
d'ouvrage (8 jours)
• Mémoire en réponse maître
d'ouvrage (15 jours)
• Avis des conseils municipaux
• Rapport commissaire-enquê-
teur (30 jours après fin
enquête)
Rapport de Préparation
synthèse et rapport
propositions CODERST
3 mois prorogeable de 2 mois
inspection IC
maximum arrêté motivé (***)
Projet AP
(projet AP) autorisation
3 à 5 mois (***)
Information Information
pétitionnaire pétitionnaire
(maître (maître
d'ouvrage) d'ouvrage)
Au plus Au plus tard 15
tard 15 Avis CODERST jours après
jours après CODERST
CODERST
AP autorisation AP autorisation
(*) L'accompagnement du projet en ICPE loi sur l'eau
amont et pendant la réalisation des
études, conformément au schéma
relatif à la conduite de projet à pour
objectif de parvenir au dépôt d'un Notification
dossier complet et régulier et d'en pétitionnaire
faciliter l'instruction.
(maître
(**) S'il n'y a pas d'avis d'ouverture d'ouvrage)
d'enquête publique durant plus de 6
mois à compter de la complétude
du dossier, ceci vaut rejet de la Publication
demande d'autorisation.
information Élements communs de
(***) Le délai est en général inférieur de tiers
à 3 mois (≈ 1 mois) procédure loi sur l'eau + ICPE
•
n'est pas nécessaire. Le concessionnaire dispose d'une
la substance ou l'objet peut être utilisé directement autorisation domaniale pour effectuer ces opérations
sans traitement supplémentaire autre que les sur la durée de la concession.
pratiques industrielles courantes ;
•
Hors du domaine public maritime naturel, les
la substance ou l'objet est produit en faisant partie opérations de rechargement des hauts de plage et
intégrante d'un processus de production ; de confortement dunaire ne sont pas soumises à
•
autorisation préfectorale et sont réalisées sous l'autorité
la substance ou l'objet répond à toutes du gestionnaire de l'espace concerné.
les prescriptions relatives aux produits, à
l'environnement et à la protection de la santé Dans tous les cas de figure, les opérations de
prévues pour l'utilisation ultérieure ; rechargement de plage sont soumises à la procédure
•
du cas par cas, qui détermine si une étude d'impact
la substance ou l'objet n'aura pas d'incidences est nécessaire ou non. Celle-ci doit alors porter
globales nocives pour l'environnement ou la santé sur l’ensemble du projet (dragage / entretien et
humaine.
rechargement de plage). Plusieurs critères entrent
en jeu, notamment : l'existence ou non d'une étude
Le rechargement de plage fait par ailleurs l'objet
d'impact pour les précédents rechargements, le volume
de plusieurs réglementations : aux dispositions du
du rechargement projeté, les volumes cumulés des
code de l'environnement relatives à la loi sur l'eau, à
rechargements antérieurement effectués, les enjeux
l’étude d’impact et aux autorisations de circulation
écologiques, la localisation, les mesures d’évitement
et de stationnement des véhicules à moteur sur les
et de réduction notamment lors de la phase de
plages, s’ajoutent les dispositions du code général de
travaux, etc.
la propriété des personnes publiques relatives aux
autorisations d’occupation du Domaine Public Maritime
L'instruction est menée par la délégation à la mer et au
(DPM) et les dispositions du code de l’urbanisme
littoral (DML) de la DDTM ou le service police de l’eau si
concernant les exemptions à la déclaration préalable et
au permis d'aménager. une rubrique IOTA est visée. Elle donne lieu à un (ou des)
arrêté (s) préfectoral (ux). Il est recommandé de prendre
L'utilisation de sables issus de dragage en rechargement l'attache de la DDTM pour coordonner les procédures
de plages ou en confortement dunaire peut donner administratives au titre du code de l'environnement
lieu à la circulation et au stationnement d'engins de (loi sur l'eau et circulation des véhicules à moteur) et
travaux sur l'estran (pelles mécaniques, camions) pour au titre du Code général de la propriété des personnes
le transport et le terrassement des matériaux. Une publiques (gestion du DPM).
autorisation par voie d'arrêté préfectoral est alors
nécessaire au titre du code de l'environnement. Dans Selon l'article R.425-28 du code de l'urbanisme, le
d'autres cas, le sable est clapé sur l'estran à marée permis de stationnement ou l'autorisation d'occupation
haute. du domaine public dispense de la déclaration préalable
ou du permis d'aménager auxquels sont, en principe,
Quel que soit le mode opératoire, et en fonction du subordonnés les travaux d'exhaussement du sol, en
coût de ces travaux, ces derniers peuvent être soumis fonction de leur hauteur et de la superficie concernée.
à procédure préalable de déclaration Loi sur l’eau ou
d'autorisation environnementale (rubrique [Link] de Si les travaux de remblaiement ou de confortement se
la nomenclature en complément de la rubrique [Link] situent en site classé au titre de l'article L 341-2 du code
pour les opérations de dragage). Il prend en compte de l'environnement, ils sont soumis à une autorisation
l'ensemble des sites concernés. spéciale du préfet ou du ministre chargé des sites selon
la nature des travaux. Toutefois, cette autorisation
Sur le domaine public maritime naturel, les opérations spéciale de travaux demeure en principe l'exception,
de rechargement de plage sont soumises par ailleurs quelle que soit l'importance de l'intervention projetée.
à procédure d'autorisation d'occupation temporaire En effet, seuls peuvent y être autorisés les travaux
(AOT) lorsqu'il y a modification du caractère naturel compatibles avec le site (entretien, restauration, mise
de la plage, notamment lorsqu'il est prévu des travaux en valeur…).
NON NON
Déclaration Autorisation de circulation sur le DPMn
rubrique [Link]
V ≥ 10 000 m³ ?
Avis de l'autorité
Délai = 4 à 7 mois
environnementale (*) le délai de 35 jours
court dès que le
formulaire de demande
Enquête publique Délai = 2 mois d'examen est complet
Services consultés
Instruit la demande
• Le service de France Domaine (fixe le montant de la redevance)
1-Contrôle l'emplacement de l'occupation sur
• Le maire
le site
Avis conforme du : 2-Vérifie la capacité d'acceptation du site
(physique, environnementale)
• Le préfet maritime de l'Atlantique (si pas de délégation de
signature) 3-Vérifie la comptabilité avec les autres
consulte
usages
• Le commandant de la zone maritime de l'Atlantique (il ne peut
y avoir d'avis tacite après 2 mois) 4-Prépare les lettres de consultation pour avis
ainsi que le projet d'arrêté préfectoral joint
éventuellement à la consultation
Le cas échéant :
5-Si délégation de signature du préfet
• Le direction régionale de l'environnement, de l'aménagement
maritime, prépare le projet d'avis conforme
et du logement
(voir modèle) qui sera présenté pour signa-
• Le service territorial d'architecture et du patrimoine – ABF ture en même temps que le projet d'arrêté
• La direction Inter régionale de la mer/Nord Atlantique –
Manche Ouest/Subdivision des Phares et Balises
• L'agence régionale de santé (prise d'eau et rejet en mer)
• La direction départementale de la cohésion sociale (jeunesse
et sports)
• L'agence des aires marines protégées (si activité susceptible
d'affecter notablement le milieu marin)
• La parc naturel marin (si activité susceptible d'affecter nota-
blement le milieu marin)
• Le parc naturel régional
• Adresse à la DDTM un dossier de demande d'autori- 1-Vérifie si les travaux envisagés relèvent des
sation de superposition d'affectations règlementations :
• Concertation préalable
(articles L300-1 et L300-2 du code de
l'urbanisme
• Déclaration d'intérêt général (DIG) ou
d'urgence
(article L211-7 du code de l'environnement)
D.D.T.M. / DML • Opérations susceptibles d'affecter l'environne-
ment
• Vérifie le dossier (article L123-1 à 16 du code de l'environnement)
• Consulte les services • Incidence sur l'eau
(article L214-1 à 6 du code de l'environnement)
• Changement substantiel d'utilisation du DPM
(article L2124-1 du code général de la propriété
des personnes publiques)
• Déclaration d'utilité publique (DUP)
(article L2124-2 du code général de la propriété
CONSULTATION des personnes publiques)
• Urbanisation du littoral ou constructions ou
Réponse sous deux mois sinon avis tacite
installations nécessaires à des activités écono-
Externe: miques exigeant la proximité immédiate de
l'eau
• Assentiment du Préfet maritime
(articles L146-4, L146-6, L146-8 et R146-2 du
• Avis et décision de France Domaine code de l'urbanisme
• Autres avis suivant projet (voir annexe)
2-Prépare et dépose, auprès des services concernés,
Interne: les dossiers nécessaires à ces instructions.
• Avis au titre des cultures marines (vérification de la
compatibilité avec cultures marines existantes et 3-Intègre pour information le projet d'arrêté et de
projetées sur ce site) convention de superposition d'affectations au(x)
• Avis au titre Natura 2000 en mer ou mixte " terre/mer " dossier(s) d'enquête(s) publique(s) s'il y a lieu
• Avis au titre de l'urbanisme, de la loi littoral...
4-Enquête(s) publique(s) s'il y a lieu
Transmission des avis
5-Consulte si les travaux sont en site protégé (site
inscrit ou classé, périmètre d'un monument histo-
rique) :
• DREAL
• Architecte des bâtiments de France
• N.B. : Ces services demanderont si besoin à la
D.D.T.M. / DML
Préfecture le passage du dossier à la
commission départementale de la nature, des
• Transmet les conclusions de l'instruction de superpo-
paysages et des sites pour avis
sition d'affectations au pétitionnaire ainsi que le
projet d'arrêté préfectoral et de convention de
superpositions d'affectations. 6-Adresse à la DDTM les conclusions des procédures
Ces projets seront soumis, s'il y a lieu, au(x) dossier(s) travaux :
d'enquête(s) publique(s) • Conclusions des enquêtes publiques liées aux
travaux uniques
• Finalise, s'il y a lieu au vu des conclusions de la procé- • Avis des services consultés
dure travaux, la convention de superposition d'affec- • Autorisations ou déclarations loi sur l'eau
tations et l'adresse au pétitionnaire
• Signe la convention de superposition d'affectations, 7-Signe le convention et l'adresse à la DDTM
prépare et signe l'arrêté préfectoral approuvant la
convention susvisée
• Publie l'arrêté préfectoral au recueil des actes admi- L'arrêté préfectoral signé doit être publié dans deux
nistratifs, puis le notifie avec son annexe au pétition- journaux à diffusion locale ou régionale et affiché
naire pendant 15 jours en mairie.
Étude Étude
agro-pédologique à agro-pédologique à
intégrer dans le intégrer dans l'étude
document
d'impact
d'incidence
Boues Sols
Teneurs limites en éléments-traces dans Teneurs limites en composés-traces Valeurs limites de concentration en
les boues organiques dans les boues éléments-traces dans les sols
Chrome + Cuivre +
4000
Nickel + Zinc
8 en anglais : Registration, Evaluation, Authorization and restriction of CHemicals (REACH) — est un règlement du
Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne, adopté le 18 décembre 2006
Les traitements réalisés sur le site portuaire faisant La note technique du 25 avril 2017(9) qui définit les
l'objet du dragage ou le site portuaire le plus proche modalités d’application de la nomenclature ICPE du
consistent principalement à égoutter ou déshydrater secteur des déchets permet l’encadrement au titre
les matériaux afin d'en limiter le volume pour en faciliter de la loi sur l’eau en cas d’entreposage temporaire des
le transport, à séparer le sable des particules fines, à sédiments en amont d’un processus de valorisation ou
traiter les sédiments avant valorisation ou élimination, d’élimination.
à traiter les eaux de ressuyage avant rejet en mer. Ils
sont encadrés par la loi sur l'eau et la rubrique [Link] Cet entreposage peut être encadré par la loi sur l’eau,
de la nomenclature, relative aux rejets dans les eaux de au travers de la rubrique [Link] « rejets dans les eaux de
surface, dès lors que la durée du traitement n'excède surfaces » sous réserve que :
pas celle des travaux de dragage.
9 Ministère de l’environnement, 25 avril 2017, modalités d’application de la nomenclature ICPE du secteur de la gestion des
déchets
Pas de
procédure
loi sur l'eau
(Concentration Max
flux total de pollution OUI OUI [Link])
brute pour un au moins <R1 X < 1010 [Link]/j
des paramètres (débit moyen
journalier rejet) (*)
NON NON
Déclaration
(Concentration Max
flux total de [Link])
pollution brute pour OUI OUI
R1≤ <R2 10 10
[Link]/j < X < 1011 [Link]/j
un au moins des
paramètres (débit moyen
journalier rejet) (*)
NON NON
Autorisation
INVESTIGATIONS
PRÉALABLES À MENER METOX = (AS x 10) + (Cd x 50) + (Cr x 1) + (Cu x 5) + (Hg x 50) + (Ni x 5) + (Pb x 10) + (Zn x 1)
Pas de
• Rubrique [Link] de la nomenclature 160000€ ≤ procédure au
NON NON
annexée à l'art. R214-1 du Code de Montant travaux Montant travaux titre de la
l'environnement. < 1,9 M€ ≥ 1,9 M€ rubrique
[Link]
Déclaration
au titre de la
rubrique
[Link]
OUI OUI
Si les travaux de remblaiement ou d'endiguement Les matériaux issus de dragage peuvent, le cas échéant,
se situent en site inscrit au titre de l'article L 341-1 du être utilisés dans la constitution de digues de protection
code de l'environnement, ils sont soumis à déclaration contre les inondations ou submersions ou de rivières
préalable, adressée au préfet au moins quatre mois canalisées. Ces travaux sont soumis à déclaration
avant le début des travaux. Le préfet recueille l'avis de ou autorisation au titre de la rubrique [Link]. de la
l'architecte des bâtiments de France. La commission nomenclature « eau ».
départementale de la nature, des paysages et des sites
(CDNPS) peut être consultée. Il convient de signaler toutefois que l'utilisation
de sédiments issus de dragage en remblaiement
Si les travaux de remblaiement ou d'endiguement se ne peut être envisagée que dans le cadre d'un
situent en site classé au titre de l'article L 341-2 du code projet d'aménagement et ne peut pas être justifiée
de l'environnement, ils sont soumis à une autorisation uniquement par la simple élimination des matériaux. Le
spéciale du préfet ou du ministre chargé des sites selon projet d'aménagement doit répondre à un besoin.
la nature des travaux :
•
Il en va de même de projets conduisant à créer des
à autorisation spéciale du préfet pour les remblais en zones humides ou dans les marais. La
exhaussements du sol d'un maximum de 2 m de
préservation des zones humides et de la biodiversité
hauteur et de moins de 100 m² ;
est une orientation fondamentale de certains SDAGE,
Le préfet délivre l'autorisation spéciale après avis de Les communes disposent d'un inventaire des zones
l'architecte des bâtiments de France, et, s'il le juge utile, humides de leur territoire.
de la commission départementale de la nature, des
paysages et des sites. Dans tous les cas, il informe la La compatibilité du projet aux orientations et
CDNPS des décisions qu'il a prises. dispositions du SDAGE et sa conformité au règlement du
SAGE sont des points fondamentaux sur lesquels porte
Le ministre délivre l'autorisation spéciale après avis l'examen de la régularité et de la recevabilité du dossier.
obligatoire de la CDNPS et au vu des avis formulés par L’'incompatibilité avec les dispositions du SDAGE ou du
la DREAL et par l'architecte des bâtiments de France. Le SAGE justifie une opposition à déclaration du préfet
ministre peut consulter la commission supérieure des et la non recevabilité d'une demande d'autorisation
sites, perspectives et paysages. conduisant le maître d'ouvrage à une modification du
projet.
L'article R.425-17 du code de l'urbanisme prévoit que la
décision prise sur la demande de permis d'aménager ou Le cas échéant, le dragage et l'utilisation des sédiments
sur la déclaration préalable ne peut intervenir qu'avec pour la réalisation de remblais ou d'endiguement, s'ils
l'accord exprès prévu par l'article L 341-10 du code de relèvent de la nomenclature « eau », font l'objet d'un
l'environnement (autorisation spéciale du préfet ou du dossier unique de déclaration ou d'autorisation traitant
ministre mentionnée ci-dessus). de l'ensemble des rubriques concernées.
En espace remarquable, l'article L146-6 du code de Le schéma suivant présente de manière synthétique
l'urbanisme prévoit que la réalisation de travaux ayant la procédure relative aux opérations utilisant les
pour objet la conservation ou la protection de ces sédiments en remblai ou en endiguement.
Digue
H<2m Zone asséchée OUI de protection
et
OUI
Surface soustraite
OUI contre inondations OUI
< 0,1 ha (1000 m²)
S<100m² < 400 m² et submersions
NON
Durée Durée
d'instruction d'instruction
= 1 mois = 3 mois (*)
L'utilisation de sédiments marins ou estuariens en remblai ou en endiguement est envisageable après traitement.
Selon leur qualité, leur mise en œuvre doit tenir compte de la politique nationale de gestion des sites et sols pollués présentée dans la circulaire
du 8 février 2007 et ses 3 annexes.
+ arrêté du 15 février 2016 relatif aux + arrêté du 15 février 2016 relatif aux Enregistrement
installations de stockage de déchets installations de stockage de déchets
de sédiments (traitement biogaz, de sédiments (traitement biogaz,
distinction eaux de ressuyage et distinction eaux de ressuyage et
lixiviats, possibilité de casiers dédiés) lixiviats, possibilité de casiers dédiés)
1- Déclaration mentionnant:
• Si personne physique: nom,
prénom, domicile.
• Si personne morale: dénomina- Installation non comprise
Le préfet en informe le OUI
tion ou raison sociale, forme dans la nomenclature ou relevant
juridique, adresse du siège social, pétitionnaire de l'autorisation ou de
qualité du signataire de la l'enregistrement ?
déclaration.
• Emplacement sur lequel
l'installation doit être réalisée. NON
• Nature et volume des activités,
ainsi que la ou les rubriques de la
nomenclature dont elles
relèvent.
• Si l'installation figure sur les listes
mentionnées au III de l'art.
L414-4, une évaluation des
Le préfet invite le
incidences Natura 2000. NON
déclarant à régulariser Dossier complet et régulier ?
2- Plan du cadastre dans un rayon de ou compléter sa
100 m déclaration
3- Plan d'ensemble à l'échelle de
1/200 au minimum, accompagné
de légendes et, au besoin de OUI
descriptions permettant de se
rendre compte des dispositions
matérielles de l'installation et
indiquant l'affectation, jusqu'à 35
m au moins de celle-ci, des
constructions et terrains
avoisinants, ainsi que les points
d'eau, canaux, cours d'eau et
réseaux enterrés.
4- Le mode et les conditions d’utilisa-
tion, d'épuration et d'évacuation
Récépissé de
des eaux résiduaires et des émana- Copie déclaration et
déclaration avec copie
tions de toute nature ainsi que de textes des
gestion des déchets de l'exploita- des prescriptions
prescriptions
tion sont précisées. générales applicables à
générales
l'installation
5- Dispositions prévues en cas de
sinistre.
le cas
TEXTES DE échéant
Copie du récépissé
affichée pendant une
RÉFÉRENCES Arrêté préfectoral de mesures de durée minimum de
prescriptions publicité 1 mois an mairie avec
particulières sur rapport mention de la
Art. R512-47 à -54 du Code de
inspection ICPE et après possibilité pour les tiers
l'environnement
avis CODERST de consulter sur place
le texte des
Art. L512-8 à -10 du Code de prescriptions générales
l'environnement
TEXTES DE RÉFÉRENCES
Arrêté du 12 décembre 2014 relatif aux prescriptions générales Arrêté du 15 février 2016 relatif aux installations de stockage de déchets de
applicables aux installations du régime de l'enregistrement relevant de sédiments de stockage de déchets non dangereux et notamment sont :
la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la • Annexe I : Critères à respecter pour l'acceptation de déchets de
protection de l'environnement sédiments dangereux ;
• Annexe II : Critères minimaux applicables aux rejets d'eaux de ressuyage
et des lixiviats ;
• Annexe III : Dispositions relatives au contrôle des eaux, des lixiviats et des
gaz ;
• Annexe IV : Essais à réaliser dans le cadre de la caractérisation de base
pour les déchets de sédiments.
7.2 Pour une filière de gestion à terre 7.4 Pour une filière de gestion à terre
relevant de la loi sur l'eau sans création d’une ICPE et ne relevant
pas de la loi sur l’eau
Si la filière de gestion envisagée pour les sédiments
issus d’un dragage est une filière de gestion à terre La valorisation de déchets dans des travaux d’aménage-
relevant de la nomenclature IOTA, alors l’ensemble ment ou dans des matériaux de construction ne fait pas
du programme relève de la loi sur l’eau, et le service l’objet de procédure de demande d’autorisation spéci-
instructeur est unique : il s'agit du service en charge fique à la réglementation déchet. La valorisation peut
de la police des eaux littorales au sein des DDTM ou alors être soumise à d’autres réglementations. Si les va-
des DREAL/DEAL. Le service police de l’eau vérifiera lorisations à terre prévues dans le dossier loi sur l’eau
par des contrôles ciblés le devenir des sédiments de l’opération de dragage ne relèvent pas de rubrique
conformément aux prescriptions adaptées de l’arrêté IOTA et posent question en termes de justification de
préfectoral. La DREAL/DEAL, compétente en termes la finalité utile, il est recommandé que l’avis du ser-
de réglementation déchet, pourra être sollicitée sur les vice compétent sur les ICPE de la DREAL/DEAL soit
dossiers. consulté sur l'acceptabilité de la valorisation (finalité
utile ou stockage déguisé). Si la DREAL/DEAL confirme
que l’opération visée ne relève pas des rubriques de la
nomenclature des ICPE, alors il est demandé au pétition-
7.3 Pour une filière de gestion incluant naire d’intégrer à son dossier, les justifications associées
une ICPE aux conditions de valorisation (caractérisation, justifica-
tion de la valorisation, acceptabilité environnementale,
Comme dit précédemment, une gestion à terre traçabilité), qui sont à prendre en compte dans le volet
n’engendre pas de manière systématique le « incidences » Cela ne préjuge pas de l’acceptabilité en-
déclenchement d’une procédure ICPE. Le dépôt d'un vironnementale de la valorisation qui sera étudiée lors
dossier ICPE n’est exigé qu’en cas de gestion à terre dans de l’instruction du dossier.
8.1 Dragage en milieu marin : schémas de cette mesure, a été proposé par le ministère en
d’orientation territorialisés charge de l’environnement, de l’énergie et de la mer.
Il s’agit ensuite d’encourager la mise en œuvre locale.
En application de la directive cadre « stratégie pour le Ces documents ne disposeront d'aucun cadre juridique
milieu marin » (DCSMM), pour le maintien ou l’atteinte particulier, et ne seront en l'occurrence pas soumis à
du bon état écologique du milieu marin, une mesure évaluation environnementale.
pour permettre une gestion anticipée des activités de
dragage et des filières de gestion, par le « déploiement
de schémas d’orientation territorialisés pour ces
activités » a été intégrée aux programmes de mesures 8.2 Gestion à terre des déchets : plans
des plans d'action pour le milieu marin (PAMM). Cette
régionaux de prévention et de gestion
mesure a pour objectif la mise en place de schémas
directeurs actualisés de gestion des dragages à l’échelle des déchets
spatio-temporelle pertinente. Ils devront permettre
d’anticiper les besoins des acteurs, et de leur proposer Les sédiments gérés à terre doivent être intégrés dans
les outils adaptés à l’optimisation environnementale de les plans régionaux de prévention et de gestion des
la gestion des sédiments dragués. Ils aideront également déchets et les schémas régionaux d’aménagement,
à la mise en cohérence des suivis environnementaux. de développement durable, et d’égalité des territoires
Un cadrage méthodologique national, première étape (SRADDET).
9. GLOSSAIRE
Biodragages ou biotraitement
Ré réduction du volume des sédiments accumulés 22 septembre 1992. Elle est issue de la fusion de la
via l'ensemencement de bactéries. Procédés utilisés convention d'Oslo (1972) traitant de la prévention de
aujourd'hui à titre expérimental et devant encore faire la pollution marine par les opérations d'immersion, et
preuve de leur innocuité environnementale et sanitaire, de la convention de Paris, traitant des rejets d'origine
ainsi que de leur incidence sur la teneur (concentration) tellurique.
en polluants des sédiments et de la colonne d’eau. Les
polluants peuvent être remobilisés dans la colonne
d’eau suite à la dégradation de la matière organique par Dragage
les bactéries. opération d'extraction ou de remobilisation de
matériaux présents sur les fonds marins et estuariens,
dans les canaux, bassins ou chenaux d’accès aux ports,
Clapage et destinée à permettre la navigation, la réalisation de
Technique d’ immersion des sédiments par ouverture travaux et aménagements maritimes, mais également
du chaland transportant les sédiments (barge à fond à lutter contre les inondations. Ces travaux couvrent
amovible ou drague fendable) grâce à des clapets des opérations qui peuvent concerner les accès aux
hydrauliques. ports ou des ouvrages portuaires en deçà de la limite
transversale de la mer. Le terme dragage recouvre
Convention de Barcelone pour la protection de la également des opérations de maintien du chenal de
navigation des canaux et cours d’eau. La notion de
Méditerranée
curage peut-être assimilée à celle de dragage.
La convention de Barcelone de 1976, amendée en
1995, et les protocoles élaborés dans le cadre de cette
convention visent à protéger l’environnement marin Drague hydraulique aspiratrice
et côtier de la Méditerranée tout en encourageant navire doté d’une pompe centrifuge aspirant un
des plans régionaux et nationaux contribuant au mélange d’eau et de sédiment au travers d’un tube
développement durable. (élinde) muni d’un embout (bec d’élinde). La mixture
est refoulée, selon les dragues, dans un puits, dans un
chaland ou dans des conduites allant vers une zone
CONVENTION OSPAR de dépôt. L’efficacité du dragage peut être accrue par
convention Oslo-Paris pour la protection du milieu l’adjonction d’un désagrégateur en acier à lames ou à
marin de l'Atlantique du Nord-Est signée à Paris le griffes dans les terrains durs ou compactés au niveau
•
d'immersion sont interdites, sauf dans le cas de certains
le dragage par agitation,
« déchets et autres matières », dont les immersions
• le dragage à injection d’air, peuvent être acceptées sous certaines conditions
• le dragage à charrue,
(délivrance d’un permis, etc.) ; Les « déblais de dragage »,
appelés sédiments de dragage en France, en font partie.
• le rotodévasage,
10. ACRONYMES
2012)
• Le principe de proportionnalité dans l’évaluation
environnementale (CGDD, Théma , août 2019)
• Guide méthodologique sur le dragage par injection
d’eau (GEODE, 2012)
Le Cerema est un établissement public qui apporte un appui scientifique et technique renforcé
dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de l’aménagement et du
développement durables. Centre d’études et d’expertise, il a pour vocation de diffuser des connaissances
et savoirs scientifiques et techniques ainsi que des solutions innovantes au cœur des projets territoriaux
pour améliorer le cadre de vie des citoyens. Alliant à la fois expertise et transversalité, il met à disposition
des méthodologies, outils et retours d’expérience auprès de tous les acteurs des territoires : collectivités
territoriales, organismes de l’État et partenaires scientifiques, associations et particuliers, bureaux d’études
et entreprises.
ISBN : 978-2-37180-445-6
ISSN : 2276-0164
Éditions du Cerema
CS 92803
CS 60039
60280 Margny-lès-Compiègne
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La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l’ensemble des documents de référence portant sur l’état de l’art dans les
domaines d’expertise du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoir-faire...),
dans une version stabilisée et validée. Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction
pédagogique et concrète facilite l’appropriation et l’application des recommandations par le professionnel
en situation opérationnelle.
Expertise et ingénierie territoriale - Bâtiment - Mobilités - Infrastructures de transports - Environnement et risques - Mer et littoral
Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement - [Link]
Cerema Risques, Eaux et Mer – 134, rue de Beauvais – CS 60039 – 60280 Margny-lès-Compiègne Tél : +33 (0) 3 44 92 60 00
Siège social : Cité des Mobilités - 25, avenue François Mitterrand - CS 92 803 - F-69674 Bron Cedex - Tél : +33 (0) 4 72 14 30 30
La concertation avec les services de l'État est cruciale car elle garantit que toutes les étapes de l'étude et du projet de dragage tiennent compte des données pertinentes sur la qualité des sédiments et des procédures administratives. Cette interaction facilite la validation des plans d'échantillonnage, l'identification des enjeux environnementaux, et aide à anticiper les défis de gestion ou les sensibilités qui pourraient affecter le projet, assurant ainsi la conformité réglementaire .
Lors des investigations techniques pour l'admission des sédiments, il est crucial d'évaluer leur composition physico-chimique, y compris la siccité (doit être supérieure à 30 %), les éventuels contaminants, et de vérifier s'ils respectent les seuils d'admission. Des essais sont nécessaires pour caractériser l'environnement du site, déterminer les risques pour l'eau et l'air, et garantir qu'ils adhèrent aux critères de stockage pour les déchets dangereux et non-dangereux .
La bonne qualité des études préalables est essentielle pour le succès d'une opération de dragage. Ces études permettent d'évaluer précisément la qualité des sédiments, les enjeux environnementaux, et d'orienter le maître d'ouvrage vers des modes de gestion appropriés. Cela facilite la concertation avec les services de l'État et les partenaires, contribue à la coordination des procédures administratives, et aide à déterminer le régime administratif de l'opération de manière appropriée .
Réaliser une étude d'impact est important pour les opérations de dragage soumises à autorisation car elle permet d'évaluer l'impact environnemental global, incluant les incidences sur l'eau et les sites Natura 2000. Cela aide à prendre des décisions éclairées, à préparer le dossier d'autorisation nécessaire pour obtenir l'aval des autorités compétentes, et à identifier toutes les mesures de mitigation nécessaires pour protéger les écosystèmes marins .
Les facteurs principaux incluent la qualité des sédiments (présence de contaminants), les options de gestion (immersion en mer ou stockage à terre), les aspects techniques et environnementaux des solutions de gestion, les conditions légales et réglementaires, et les coûts associés. Une analyse détaillée de faisabilité doit être réalisée pour chaque option, en considérant les impacts environnementaux, la conformité avec les conventions internationales sur l'immersion, et les prescriptions locales pour le traitement ou le stockage .
Le plan d'échantillonnage doit inclure une description précise des points de prélèvement, la méthodologie d'échantillonnage, et une justification des choix faits. Il doit être validé par le service de police de l'eau et inclure des estimations de volumes, des caractérisations physico-chimiques des sédiments, ainsi que des indicateurs de dissémination possible d'éléments contaminants pour garantir la crédibilité et la précision des résultats qui influenceront les décisions de gestion .
L'étude d'impact environnemental prépare le dossier de dragage en fournissant une évaluation détaillée des impacts potentiels sur l'environnement. Elle compile toutes les informations nécessaires comme les analyses préalables, les mesures d'atténuation des impacts, et assure que le projet respecte la réglementation telle que les articles R.214-1 et L.122-1 du code de l'environnement. Elle guide également les consultations avec les collectivités territoriales et autres parties prenantes .
L'immersion des sédiments en mer nécessite des investigations préalables pour évaluer la zone d'immersion, incluant des analyses hydrodynamiques et d'éventuelles études supplémentaires pour comprendre l'impact sur les écosystèmes marins. Administrativement, il faut justifier que l'immersion ne crée pas de risques significatifs, et elle est encadrée par des conventions internationales comme OSPAR et Barcelone, nécessitant potentiellement l'obtention d'une dérogation à l'interdiction générale d'immersion .
La procédure d'autorisation environnementale intégratrice simplifie l'autorisation de projet en consolidant plusieurs réglementations (installations classées, loi sur l'eau, dérogations espèces protégées, etc.) en une seule procédure. Elle permet des évaluations plus globales et cohérentes, permet à l'exploitant de disposer d'informations nécessaires en phase amont pour préparer son dossier. Cette procédure vise à simplifier l'instruction et à anticiper les dispositions légales et réglementaires nécessaires à la réalisation des projets .
Pour minimiser les sources de contamination identifiées, il est possible de mettre en œuvre des actions préventives telles que des « ports propres » en collaboration avec l'agence de l'eau. Cela inclut la suppression des sources de contamination en amont, ce qui simplifie les opérations ultérieures et améliore la qualité des sédiments à long terme .