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Évolution bancaire et assurance au XIXe siècle

Histoire du droit de l'entreprise

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Louis
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Bilan de la séance précédente

L’histoire de la banque révèle un spectaculaire accroissement de son


activité au cours du XIXe siècle. Ce développement est la
conséquence d’une mobilisation de plusieurs acteurs.

Des opérateurs privés prennent la mesure du caractère lucratif de ces


activités et développent un réseau bancaire important.

L’Etat souhaite soutenir la croissance et travaille en concertation avec


les acteurs du monde bancaire.

La philosophie saint-simonienne, qui réunit de nombreux adeptes,


plaide pour favoriser des emprunts à faible coût.
Bilan de la séance précédente

Le monde de la banque au XIXe siècle est protéiforme. Plusieurs


institutions coexistent.

La Banque de France obtient progressivement le monopole de


l’émission des billets de banque. C’est une institution privée sur
laquelle l’Etat exerce une influence.

Par l’émission de billets, la Banque de France contribue à situer le


franc sur les places financières internationales.

En matière de crédit, elle procède à l’escompte puis au réescompte.


Bilan de la séance précédente

La « Haute banque » occupe un autre secteur d’activité : celui de


la gestion de portefeuille des grandes fortunes. Elle place l’argent
de la haute bourgeoisie et de l’ancienne aristocratie sur des
marchés. La plus connue est la Banque Rothschild.

La « Haute banque » prête également de l’argent aux différents


gouvernements. Elle dispose d’un moyen de pression sur l’Etat
ce qui lui permet d’exercer une influence politique dont
l’importance, toujours grande, varie en fonction des régimes
politiques.
Bilan de la séance précédente

Les « établissements de dépôt et de crédit » se tournent


davantage vers l’épargne des particuliers et le capital mobilisable
des sociétés.

Concernant les particuliers, la grande innovation est celle initiée


par le Crédit Lyonnais fondé en 1863. La banque s’ouvre à
presque toutes les bourses et n’est plus réservée aux grandes
fortunes.

C’est une révolution. Afin d’attirer les particuliers, la banque


propose différents services. Elle privilégie la proximité et ouvre
des agences dans les villes : la banque devient visible.
Bilan de la séance précédente

Les « banques d’affaires » sont une création saint-


simonienne. Elles sélectionnent des entrepreneurs qu’elles
jugent méritants et innovants. Elles vont soutenir leur
activité en proposant des crédits à faible taux.

Il s’agit, conformément à l’esprit de Saint-Simon, de


soutenir l’activité, la croissance et l’industrialisation du pays.

Le Crédit mobilier va se présenter comme un soutien


majeur de l’économie entre 1852 et 1866.
Bilan de la séance précédente

Outre les banques, des « organismes parabancaires » se


développent.

C’est en particulier le cas du Crédit municipal qui procède à


des prêts sur gages. Les petites bourses peuvent gager leurs
biens et les commerçants leur stock.

La Caisse d’Epargne de Paris va proposer aux ouvriers de


placer leur épargne afin de se préserver des aléas et des
accidents de la vie.
La Caisse d’Epargne de Paris
La Caisse d’épargne de Paris est créée en 1818. Elle n’est pas tournée vers
la rentabilité et a pour objectif de permettre aux ouvriers et aux
domestiques d’économiser. Ces économies permettront aux individus de
se protéger contre la vieillesse, l’infirmité et/ou les accidents. Il s’agit
également de réduire le risque d’insurrections en luttant contre la
précarité. Il y a donc un objectif social et un objectif politique.

Siège de la Caisse d’épargne de


Paris, 9 rue Coq Héron.
La Clé d’argent. Tirage de Gangel à Metz (1851-1858), Bibliothèques/Médiathèques,
collections patrimoniales.
Bon point épargne à coller sur un album de l’écolier
d’une valeur de 5c.

A compter de 1838, les Caisses


d’Epargne se tournent également vers
les mineurs, notamment au sein des
établissements scolaires en bénéficiant
du concours de l’Etat. Papier buvard distribué aux écoliers par les Caisses
d’Epargne
La Caisse des dépôts et des consignations

La Caisse des dépôts et des


consignations (CDC) est fondée en
1815.

Son capital est composé des fonds


provenant de l’argent saisie suite à
des procès pénaux, des retraites, des
fonds placés auprès des caisses
d’Epargne et des cautionnements de
fonctionnaires.

La Caisse des dépôts et des


consignations soutient les projets Siège de la Caisse des dépôts et des
d’intérêt général. C’est une banque consignations derrière la Gare Austerlitz
d’Etat au service de l’investissement
public.
La Bourse

Les origines de la Bourse sont à


situer avant la période de
contemporaine. Dans la première
moitié du XIXe siècle, plusieurs
bourses coexistent dans plusieurs
villes de France. Celle de Paris est la
plus importante.

La Bourse de Paris est composée


d’ « agents » qui répondent aux
ordres d’achats et de vente passés
par des propriétaires. Les agents
confrontent la demande et l’offre et
déterminent les cours officiels. Ils
facilitent l’échange des titres.
Photographie de la Bourse de Paris par Jacques Cuinières au XXe siècle
La Bourse

Le développement de la Bourse est


progressif au cours du XIXe siècle.

Il ne faut toutefois pas exagérer son


importance, en particulier pour le
premier quart du XIXe siècle. Très
peu de sociétés sont initialement
cotées.

Le développement de la Bourse
intervient surtout dans le dernier
quart du XIXe siècle. En 1870, on
compte 140 entreprises cotées qui
représentent une capitalisation
boursière de 5 milliards de francs.
Les compagnies d’assurance

Le système de l’assurance est particulièrement ancien et trouve ses racines


dans l’Antiquité. Au XVIIIe siècle, le droit français connaît la Tontine.
C’est une assurance que contractent plusieurs individus pour se prémunir
des risques qu’ils encourent. D’une certaine manière, il s’agit d’une
assurance-vie. Les sociétaires misent sur le décès des autres membres.

Le modèle contemporain de l’assurance naît en Angleterre et, dans une


moindre mesure en Allemagne. En France, les assurances contemporaines
apparaissent plus tardivement, au cours du XIXe siècle.
Les mutuelles

Le système des mutuelles


est directement issu de
celui des tontines. Les
premières mutuelles se
développent surtout dans
le domaine de l’incendie
avant de s’étendre à
d’autres domaines.

Le grand incendie de Londres de 1666

Les propriétaires s’associent pour limiter le risque. A chaque fin d’année la


société fait le bilan des pertes et indemnise les membres qui ont été
frappés d’un sinistre. Le montant à payer pour chaque membre est décidé
à l’issue de l’année, en fonction de l’argent qu’il faut dépenser pour
indemniser.
Les compagnies d’assurance à prime fixe

Progressivement, la nécessité pour les mutuelles de disposer d’une réserve


financière conduit à modifier leur nature. Cette évolution conduit
indirectement à la création des compagnies d’assurance à prime fixe.

Les entrepreneurs, notamment la Haute banque, souhaitent étendre leur


activité au monde de l’assurance. L’idée est de spéculer sur le risque.
L’objectif est purement commercial et se distingue du concept d’entraide
qui régit en principe les mutuelles.

A partir de 1818, la première compagnie est fondée. Elle est rapidement


suivie par d’autres. Il y a un lien étroit entre ces premières compagnie et les
banques. Les compagnies peuvent se constituer uniquement après
autorisation du gouvernement. Les pouvoirs publics se méfient et souhaite
exercer un contrôle au moment de leur fondation.
LA GENÈSE DES CODES NAPOLÉONIEN

Napoléon associe la rédaction du code à


l’affermissement de son pouvoir. Il écrit au roi
de Naples en 1806 : « Le grand avantage du
Code civil c’est de consolider la puissance. C’est
ce qui m’a fait prêcher le Code civil et m’a porté
à l’établir ».

La situation est également favorable pour


Napoléon. L’ancien droit et les juridictions
d’Ancien régime ont été écartées. La codification
est espérée par le peuple. Elle est perçue comme
un objectif non atteint de 1789 qui permettra
d’atteindre la stabilité, l’ordre et la paix.
LE PROCESSUS D’ADOPTION DES CODES NAPOLÉONIENS

La commission Adressé au
Examiné et
de rédacteurs Conseil d’État
commenté par
rédigent un pour étude et
les magistrats
projet amendements

Promulgation Transmis au Transmis


par Corps au Tribunat
l’Empereur législatif pour
pour vote discussion
LE CONTENU DU CODE DE COMMERCE

Le code du commerce est composée de cinq


lois, structuré autour de trois livres et 648
articles.

Livre 1. Du commerce en général


Livre 2. Du commerce maritime
Livre 3. Des faillites et des banqueroutes
Livre 4. De la juridiction commerciale

A l’inverse d’autres codes, en particulier du


code civil, le code du commerce est critiqué.

Sur la forme, il est souvent mal écrit voire


imprécis. Sur le fond, on lui reproche de ne
pas assez innover.
LES ADAPTATIONS DU DROIT COMMERCIAL

Devant les évidentes carences du code, le


droit commercial s’adapte.

Tout d’abord, il va fortement s’appuyer sur le


code civil, nettement plus précis et rigoureux.

A compter de la seconde moitié du XIXe


siècle, les magistrats vont également élaborer
une jurisprudence de nature commerciale
sous l’égide de la Cour de cassation.

Enfin, la doctrine développe une approche


critique du code. Elle le commente et
propose des améliorations qui seront
reprises.

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