Bilan de la séance précédente
Sous l’Antiquité, un droit des sociétés est identifié dès les
premiers codes sumériens. C’est un droit donné par Dieu aux
hommes comme l’ensemble des autres droits.
Le droit romain pose ensuite les premiers grands jalons du droit
des sociétés. Le concept de societas désigne un contrat consensuel
de bonne foi par lesquels deux ou plusieurs personnes, les
associés (socii), s’engagent à mettre en commun tout ou partie de
leurs biens et/ou activités en vue d’en retirer un avantage
patrimonial commun. Avec le développement du commerce
méditerranéen, le monde de l’entreprise évolue. Les activités
bancaires se développent.
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Bilan de la séance précédente
A compter de la renaissance du XIIe siècle, le monde de
l’entreprise et l’économie connaissent un profond
renouvellement. La redécouverte du droit romain – oublié depuis
plus de 500 ans – permet aux entrepreneurs de disposer d’un
droit des sociétés de qualité.
Cette période coïncide également avec une pénétration des idées
religieuses. L’affirmation de la religion exerce une incidence sur
le développement des sociétés. Le commerce n’est pas prohibé
mais il n’est pas encouragé. Certains instruments du droit du
société sont dénoncés par l’Eglise. C’est particulièrement le cas
du prêt à intérêt qui est interdit alors qu’il est essentiel pour le
développement de l’économie.
Bilan de la séance précédente
Au XVIIIe siècle, on entre dans l’ère «préindustrielle ». Ce
développement économique coïncide avec la formation de
grandes sociétés, notamment les manufactures et les compagnies.
En droit, aux termes de l’ordonnance de 1673, seul trois types de
sociétés dites « personnel » existent : la société générale
(responsabilité solidaire et infinie, petite société) / la société en
commandite (avec possible investisseurs extérieurs dont la
responsabilité est limitée) / la société anonyme (fonctionnement
occulte dont les associés ne sont pas connus).
Le droit ne connaît pas le principe des sociétés par action qui
toutefois se développent dans la pratique.
Bilan des thèmes de réflexion
Le droit du travail semble être relativement absent du droit de
l’entreprise. C’est le droit des sociétés qui se dessine en premier.
L’évolution du droit des sociétés semble en très grande partie
s’expliquer par le contexte économique et social.
Le droit des sociétés est susceptible d’être traversé par les questions
religieuses mais nettement moins que d’autres disciplines juridiques.
Les états généraux en mai 1789
La Révolution française
La Révolution française permet de passer d’une société holistique à une
société individuelle. L’individu prime en lieu et place du groupe (famille,
ordre, et, dans le monde de l’entreprise, corporation). Susceptibles de
constituer des contrepouvoirs, les corporations sont interdites.
Décret d’Allarde du 2 mars 1791 : Suppression des privilèges liés à
l’activité professionnelle. Proclamation de la liberté du commerce et de
l’industrie.
La loi le Chapelier des 14-17 juin 1791 : Suppression des corporations et
interdiction de s’associer entre plusieurs individus de même profession.
Les conséquences de la Révolution sur le droit des
sociétés
Les révolutionnaires de 1789 ne considèrent pas le droit des sociétés
comme un enjeu majeur de réformes.
Après l’avènement de la première République en 1792, l’Etat se présente
comme un acteur interventionniste et souhaite exercer une surveillance
sur l’activité des grandes sociétés.
1793 : Adoption de la « loi du maximum ». Les prix et les salaires sont
déterminés département par département.
1794 : suppression de toutes les sociétés financières.
La machine de Watt
Manuel Hatier 2016, p. 95
Saint-Simon
Une philosophie de la production se
développe sous l’influence du comte de
Saint-Simon au début du XIXe siècle. Pour
Saint-Simon, les hommes doivent se
tourner massivement vers la production et
l’industrialisation. Il appelle au
développement des activités bancaires, du
train, des canaux et de l’industrie.
Pour Saint-Simon, l’Etat détient les biens,
le travail et les instruments de production
Claude-Henri de Rouvroy, comte
et les confie aux citoyens les plus de Saint-Simon
compétents. L’Etat occupe donc une place
centrale.
La Banque de France est fondée en
La Banque de France
1800. Elle est conçue comme une
banque privée classique. A compter
de 1806, l’Etat nomme le
Gouverneur de la Banque de France.
Le Conseil d’administration est
composé de quinze « régents ». C’est
un système de reproduction sociale.
La Banque de France est chargée
d’émettre la monnaie et le fait de
manière monopolistique à compter de
1840. Elle devient un pivot de
l’économie française. Elle est
également compétente pour A. Plessis, La Banque de France sous le
l’escompte et le réescompte. Second Empire.
La Haute banque
La Haute banque est chargé de la
gestion de portefeuilles. C’est la
fortune personnelle de la famille
qui est garante de la solvabilité de
la banque. La Banque Rothschild
est la plus connue. Avec l’argent de
leurs clients, ces banques spéculent
sur le marché des matières
premières, sur les métaux précieux,
sur des opérations immobilières.
Elles participent à l’essor du
commerce, de l’industrie et à la
concentration des richesses. La bibliothèque de la banque
Rothschild, 19 rue Laffitte à Paris,
Anonyme.
Les établissements de dépôts et de crédits
A compter de 1848, plusieurs villes créent des «Comptoirs
d’Escompte ». Leur capital est formé à hauteur d’1/3 par l’Etat, d’1/3
par les villes et d’1/3 par des particuliers. Les comptoirs prêtent
ensuite cet argent.
C’est le début des banques qui sollicitent l’épargne. En 1859, le Crédit
Industriel et Commercial (CIC) est fondé puis, en 1863, le Crédit
Lyonnais. Le Crédit Lyonnais révolutionne l’activité bancaire. La
Banque se tourne dorénavant vers tous les particuliers et plus
seulement vers les plus riches.
Les banques d’affaires
Les banques d’affaire cherchent à
favoriser des crédits bas. Il s’agit
d’encourager l’emprunt pour favoriser
les affaires. C’est un soutien destiné aux
entreprises afin de favoriser
l’innovation. Les premières tentatives
sont concrétisées à partir de 1837 par le
groupe Laffitte. En 1852, les frères
Pereire fondent le Crédit mobilier. Le
Crédit mobilier devient, en 1860, le
premier organisme de financement
industriel. On peut souscrire des
actions ou des obligations auprès du Les frères Pereire en 1857
Crédit mobilier.
Le Crédit municipal
Le Crédit municipal, également
appelé « Mont de Piété », est
fondé en 1804. Il consiste à
prêter de l’argent en gageant
des biens. Les particuliers mais
également les commerçants, qui
gagent leur marchandises,
recourent massivement à ce
nouveau type de crédit. Il
comporte naturellement des
risques. Si le prêt n’est pas
remboursé, la marchandise est
saisie. Mont de Piété de Roubaix, 1870