Étude des Entérobactéries dans les Eaux Usées
Étude des Entérobactéries dans les Eaux Usées
Département : Microbiologie :
Intitulé :
Jury d’évaluation :
Année universitaire
2015 - 2016
Remerciements
Nous remercions tout d’abord Allah Le Tout Puissant pour nous avoir accordé la santé,
l’énergie et l’opiniâtreté nécessaire à la réalisation de ce modeste travail.
Nous remercions très singulièrement notre encadreur Mme BOUZERAIB L. pour avoir
accepté diriger ce travail, pour ses conseils , son aide, ses suggestions sur la rédaction
de ce mémoire ainsi que la confiance qu'elle nous a témoigné tout au long de cette
étude. Tout au long de la réalisation de ce mémoire, nous avons pu apprécier son
enthousiasme, son savoir-faire, sa pédagogie, son sens de communication. Vous avez été
la quand nos milieux de culture faisaient défauts et nous avons pu apprécier ensemble la
bonne odeur de certaines bactéries. Merci pour tous ces bons moments.
Nous remercions aussi nos pays, qui ont bien voulu nous accorder cette bourse d’étude. Nos
plus sincères gratitudes vont vers ce beau pays, l’ALGERIE, qui nous a accueillis et suivi
tout au long de notre parcours.
Nous saisissons cette occasion pour exprimer nos profonds respects et notre reconnaissance à
l’ensemble du corps enseignant de la faculté des Sciences de la Nature et de la Vie plus
particulièrement celui de la spécialité Microbiologie, pour avoir participé à notre
formation graduée.
Enfin, nous adressons nos plus sincères remerciements à nos parents, nos amis, nos
camarades ainsi que tous ceux qui nous ont toujours soutenus et encouragés au cours de la
réalisation de ce mémoire.
Dédicace
Je ne peux adresser les prémices de cette dédicace qu’à mes parents,
premiers piliers de mon éducation, vous m’avez soutenu depuis mes débuts
A ma chère mère
Aucun mot, aussi expressif qu’il soit, ne saurait remercier sa juste valeur .Puisse
A mon oncle, El Hadj Harouna OUEDRAOGO appelé aussi « Papa » pour tous les
efforts qu’il a effectué et qu’il continue d’effectuer pour la bonne marche de mes
A mes frères et sœurs Abdoul Salam, Idrissa, Balkissa et Mariam pour leur
Malienne)
A tous mes amis algériens Akram, Yahia, Meriem, Asma, Sara qui ont
Mahamadi SAVADOGO
Dédicace
Je dédie ce travail :
A toute ma famille.
Youssouf BOUBKEIR
Résumé
Les eaux usées sont susceptibles de renfermer et de véhiculer une grande variété d’agents
pathogènes pour l’homme. Les organismes pathogènes présents dans les eaux usées d’une
collectivité, en reflètent l’état sanitaire.
Les entérobactéries représentent une des principales familles de bacilles à Gram négatif
se retrouvant partout y compris les eaux usées. Ce sont les plus impliquées en pathologie
infectieuse humaine surtout en milieu hospitalier.
Sur trois échantillons étudiés, les résultats de la FTAM varient entre 1.14 106 et 13.8 106
UFC/ml qui témoignent d’une charge microbienne importante des eaux usées. Quant à
l’isolement, sur un total de quatre germes recherchés, nous avons pu isoler et identifier 3
souches d’E. coli et une absence de Salmonella spp. , Shigella spp. et Yersinia enterocolitica a
été observée. Par contre d’autres germes ont été isolés comme Proteus mirabilis, Proteus
morganii, Enterobacter agglomerans et Pseudomonas sp. . Les profils électrophorétiques de
l’ADN total des souches identifiées ont été aussi obtenus.
La presente étude nous a permis de récolter des données locales relatives à la présence de
pathogènes et des indicateurs de contamination fécale tels qu’E. coli. et une contribution à
l’extraction de l’ADN total des souches isolées.
The wastewater is likely containing and conveying a wide variety of pathogens for humans.
Pathogenic organisms in wastewater of a community, reflected in the health status.
Enterobacteria represent one of the main families of negative Gram of bacilli being found
everywhere including wastewater. These are the most involved in human infectious diseases
especially in hospitals.
The purpose of our work is researching and studying of some pathogenic Enterobacteria in
wastewater of oued Boumerzoug. A preliminary evaluation of the TMAF was performed on
our samples before making isolations on specific media, and identification by standard
microbiological procedures and a realization of the electrophoretic patterns of total DNA of
the identified strains were done.
For the three samples studied, the results of the TMAF vary between 1.14 106 and 13.8 106
CFU/ml which reflect a significant microbial load of waste water. As for the isolation of a
total of four germs sought we could isolate and identify 3 strains of E. coli and an absence of
Salmonella spp., Shigella spp. and Yersinia enterocolitica was observed. Also other germs
were isolated like Proteus mirabilis, Proteus morganii, Enterobacter agglomerans and
Pseudomonas sp. The electrophoretic patterns of total DNA identified strains were also
obtained.
The present study allowed us to collect local data on the presence of pathogens and indicators
of fecal contamination such as E. coli. and a contribution to the extraction of total DNA
isolated strains.
.E. coli
.
FTAM
Tables des Matières
Introduction……………………………………………………………………………… 1
Bibliographie
Chapitre I : Généralités sur les entérobactéries……………………………………………. 3
1. Définition et caractéristiques généraux………………………………………………... 3
2. Position taxonomique………………………………………………………………….. 6
3. Etudes de quelques genres particuliers………………………………………………… 8
[Link] coli………………………………………………………………………... 8
3.1.1. Habitat……………………………………………………………………………... 8
3.1.2. Mode de transmission……………………………………………………………… 8
3.1.3. Pouvoir pathogène………………………………………………………………… 9
[Link]………………………………………………………………………………… 10
3.2.1. Habitat…………………………………………………………………………….. 10
3.2.2. Mode de transmission……………………………………………………………… 10
3.2.3. Pouvoir pathogène…………………………………………………………………. 11
[Link]……………………………………………………………………………... 11
3.3.1. Habitat……………………………………………………………………………... 11
3.3.2. Mode de transmission……………………………………………………………… 12
3.3.3. Pouvoir pathogène………………………………………………………………… 12
[Link] enterocolitica…………………………………………………………………. 12
3.4.1. Habitat…………………………………………………………………………….. 12
3.4.2. Mode de transmission……………………………………………………………… 13
3.4.3. Pouvoir pathogène…………………………………………………………………. 13
4. Bases moléculaires de l’antibiorésistance chez les entérobactéries…………………… 13
[Link]…………………………………………………………………………... 13
4.1.1. Définition………………………………………………………………………….. 13
i
4.1.2. Mécanisme d’action des antibiotiques……………………………………………... 14
4.2.Résistance aux antibiotiques…………………………………………………………… 15
4.2.1. Résistance naturelle………………………………………………………………... 15
4.2.2. Résistance acquise…………………………………………………………………. 16
Chapitre II : Généralités sur les eaux usées……………………………………………….. 17
1. Définition des eaux usées……………………………………………………………… 17
2. Origines des eaux usées………………………………………………………………... 17
3. Bactéries pathogènes des eaux usées…………………………………………………... 18
Chapitre III : Analyse de l’ADN bactérien………………………………………………… 22
1. Extraction et purification………………………………………………………………. 22
[Link] de l’ADN………………………………………………………………….. 22
1.2.Méthodes de purification………………………………………………………………. 22
2. Electrophorèse : Analyse des fragments d’acides nucléiques…………………………. 23
Matériel et Methodes
1. Cadre d’etude…………………………………………………………………………... 25
2. Matériel………………………………………………………………………………… 25
[Link]ériel de prélèvements……………………………………………………………… 25
[Link]ériel de laboratoire………………………………………………………………… 25
3. Méthodes………………………………………………………………………………. 27
[Link]élèvement……………………………………………………………………………. 27
3.1.1. Lieu de prélèvement……………………………………………………………….. 27
3.1.2. Période de prélèvement……………………………………………………………. 27
3.1.3. Technique de prélèvement…………………………………………………………. 28
3.1.4. Transport des échantillons…………………………………………………………. 28
[Link] des germes…………………………………………………………………. 28
3.2.1. Dénombrement de la flore totale aérobie mésophile (FTAM)…………………….. 28
3.2.2. Pré-enrichissement, enrichissement, isolement et identification…………………... 29
3.2.3. Profil électrophorétique de l’ADN total…………………………………………… 35
Résultats et discussion
Résultats…………………………………………………………………………………… 36
1. Dénombrement de la FTAM…………………………………………………………... 36
ii
2. Aspects culturaux……………………………………………………………………… 36
[Link] macroscopique……………………………………………………………….. 36
[Link] microscopique………………………………………………………………... 38
3. Test de l’oxydase………………………………………………………………………. 38
4. Test de catalase………………………………………………………………………… 38
5. Test de nitrate réductase……………………………………………………………….. 38
6. Recherche de l’utilisation du glucose, du lactose, de la production de gaz et H2S sur
milieu KIA et TSI……………………………………………………………………… 38
7. Recherche de l’utilisation du citrate…………………………………………………… 39
8. Test du mannitol mobilité……………………………………………………………… 40
9. Recherche de l’indole et mise en évidence de l’uréase et de la TDA………………… 40
10. Le test de RM et du VP………………………………………………………………... 41
11. Recherche de la -galactosidase : test ONPG…………………………………………. 42
12. Galerie API 20 E………………………………………………………………………. 42
13. Profils électrophorétiques de l’ADN…………………………………………………... 47
Discussion………………………………………………………………………………….. 48
Conclusion…………………………………………………………………………………. 51
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
iii
LISTE DES ABREVIATIONS
iv
LISTE DES ABREVIATIONS
MAN : Mannose
MEL : Mélibiose
Ng : nanogramme
ODC : Ornithine décarboxylase
ONP : Orthonitrophényl
ONPG : Orthonitrophényl- -D-galactopyrannoside
pb: Paire de base
PCA : Plate Count Agar
PDA: Phenylalanine désaminase
pH : Potentiel hydrogène
PLP : Protéines de liaison aux pénicillines
RHA : Rhamnose
RM : Rouge Méthyle
rpm: Rotation par minute
S: Svedberg
SAC : Saccharose
SFB : Sélénite F Broth
SHU : syndrome hémolytique et urémique
SOR : Sorbitol
SS : Salmonella-Shigella
STEC : Shiga Toxin Escherichia Coli
TBE : Tris Borate EDTA
TDA : Tryptophane désaminase
TSI : Triple Sugar Iron Agar
UFC : Unité Formant Colonie
VBNC: Viable But Non Culturable
VP : Voges-Proskauer
v
LISTE DES FIGURES
vi
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Les caractères d’identification biochimiques des genres les plus fréquemment
rencontrés………………………………………………………………………………………5
vii
LISTE DES ORGANIGRAMMES
viii
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Introduction
Les eaux usées représentent à la fois une ressource et un danger. Les eaux usées non
traitées renferment divers organismes excrétés, y compris les agents pathogènes, dont le type
et le nombre dépendent des niveaux de fond des infections correspondantes dans la
population. Les flambées épidémiques provoquent une augmentation des concentrations
d’agents causals dans les eaux usées et les excréta. Les types et les concentrations d’agents
pathogènes pouvant être très variables. [2]
Ces organismes peuvent contaminer les cultures, les sols, les eaux de surface, les eaux
souterraines. Les eaux usées représentent un important véhicule d’agents biologiques et
chimiques issus de l’activité humaine et/ou industrielle. Les agents pathogènes peuvent être
transmis à l’homme lors du contact direct avec les eaux usées ou indirectement par la
consommation de cultures irriguées avec ces eaux usées, ou encore par des produits d’origine
animale. [3]
Parmi les problématiques les plus répandues et qui s’écoulent actuellement dans le
monde, on cite celle de la réutilisation des eaux brutes surtout en agriculture qui consomme
plus de 80% des ressources hydriques exploitées et aussi l’utilisation pour la consommation.
[3]
Nous nous sommes intéressés aux eaux usées d’oued Boumerzoug de Constantine dans
le but de récolter des données locales pour évaluer la présence de pathogènes et des
indicateurs de contamination fécale tels qu’E. coli.
1
INTRODUCTION
dans les eaux usées d’Oued Boumerzoug, un écosystème constituant une niche
écologique.
2
BIBLIOGRAPHIE
Chapitre I :
Généralités sur les
entérobactéries
BIBLIOGRAPHIE
Les différences entre les nombreux genres et espèces viennent de critères plus
précis (Tableau 1), comme la fermentation des différents sucres, la production ou non de
sulfure, la production d'indole, la production d’uréase, la présence ou l’absence
d’enzymes du métabolisme (désaminases, décarboxylases)…etc. [6]
Leur principale particularité commune est d’être présente dans la flore digestive de
l’homme et des animaux à sang chaud. Leur distribution dans la nature est néanmoins plus
large, puisqu’on les retrouve notamment chez les végétaux et dans l’environnement (sol et
eau). Par leur particularité métabolique, certaines entérobactéries participent au cycle naturel
des matières organiques, d’autres peuvent coloniser et dégrader des produits agroalimentaires
ou encore provoquer des maladies parfois graves chez l’homme ou chez l’animal. [4]
La famille présente une grande facilité de culture : les milieux les plus simples (gélose
ordinaire) suffisent et le substrat énergétique de base (glucose) est également suffisant. La
température optimale de développement se situe entre 24 et 37°C (germes mésophiles). [4]
3
BIBLIOGRAPHIE
4
BIBLIOGRAPHIE
Tableau 1 : Les caractères d’identification biochimiques des genres les plus fréquemment
rencontrés. [8]
Klebsiella pneumoniae
Yersinia enterocolitica
Enterobacter cloaceae
Serratia marcescens
Pseudotuberculosis
Citrobacter freudii
Proteus morganii
Proteus mirabilis
Escherichia coli
Proteus vulgaris
Proteus rettgeri
Hafnia alvei
Providencia
Salmonella
Yersinia
Shigella
Levinea
Mobilité + + + + - - + +* + + + + + + + +
5
BIBLIOGRAPHIE
2. Position taxonomique
Les entérobactéries constituent un grand groupe de bactéries ayant une forte similitude. La
création de ce groupe a été proposée par Rahn en 1937 qu’il dénomma Enterobacteriaceae. Si
le nom de famille est toujours maintenu, en revanche le classement (Tableau 2) des bactéries
dans la famille a beaucoup évolué. [9]
Actuellement, les entérobactéries sont classées sur la base du séquençage des ARNr 5S et
16S dans :
Domaine : Eubacteria.
Phylum XII : Proteobacteria.
Classe : Gammaproteobacteria.
Ordre : Enterobacteriales.
Famille : Enterobacteriaceae.
Les genres de cette famille sont regroupés en cinq tribus, d’après leurs propriétés
fermentatives: Escherichiae, Klebsielleae, Proteae, Yersiniae et Erwiniae. [11]
6
BIBLIOGRAPHIE
Genres Espèces
Escherichia Six espèces: Escherichia coli…
Salmonella Salmonella bongori, S. enterica, S. subterranean…
Shigella Quatre espèces : Shigella dysenteriae, S. flexneri, S.
sonnei, S. boydii.
Citrobacter Douze espèces : Citrobacter freundii, C. youngae,
C. braakii, C. koseri…
Klebsiella Quatre espèces : Klebsiella pneumoniae,
K. pneumoniae subsp. ozaenae…
Entérobactéries Enterobacter Quatorze espèces : Enterobacter aerogenes,
Courantes E. cloacae, E. sakazakii…
Hafnia Espèce unique : Hafnia alvei
Serratia Onze espèces : Serratia marcescens subsp.
marcescens, S. odorifera, S. rubidaea…
Proteus Six espèces : Proteus vulgaris, P. mirabilis,
P. penneri…
Morganella Une espèce : Morganella morganii subsp. Morganii
Providencia Cinq espèces : Providencia alcalifaciens, P. stuartii,
P. rettgeri...
Yersinia Onze espèces : Yersinia pestis, Y. enterocolitica
subsp. enterocolitica, Y. pseudotuberculosis…
Erwinia Onze espèces
Cedecea
Ewingella
Pantoea
Rahnella
Budvicia
Buttiauxella
Entérobactéries Kluyvera
rare ou
Leclercia
récemment
décrites Moellerella
Trabulsiella
Yokenella
Edwardsiella
Leminorella
Obesumbacterium
Pragia
Photorhabdus
Tatumella
Xenorhabdus
7
BIBLIOGRAPHIE
Isolée pour la première fois par Escherich en 1885, Escherichia coli est l'espèce
bactérienne qui a été la plus étudiée par les fondamentalistes pour des travaux de
physiologie et de génétique. [12]
3.1.1. Habitat
Les E. coli sont des hôtes normaux du tube digestif, de la partie distale de l’iléon et du
colon de l’homme et de la plupart des animaux à sang qu’ils colonisent dès les premières
heures de la naissance. [8]
La présence de cette bactérie dans le sol, l’eau et/ou les aliments témoigne d’une
contamination fécale et suggère la possibilité que d’autres bactéries ou virus d’origine
digestive s’y trouvent. On considère que leur présence rend l’eau ou les aliments impropres à
l’utilisation ou à la consommation. [4]
8
BIBLIOGRAPHIE
9
BIBLIOGRAPHIE
Les ECEA : E. coli entéroaggrégatifs provoquent une diarrhée persistante chez les
enfants, particulièrement dans les pays en voie de développement. [19]
Les ECAD : E. coli à adhésion diffuse qui seraient responsables de diarrhées aqueuses
chez l’enfant. [7]
3.2. Shigella
Ces bactéries furent décrites la première fois par Chantemesse et Widal en 1888. Ils
avaient isolé des selles de malades présentant un syndrome dysentérique. [8]
Bien que faisant partie sur le plan génétique de l’espèce Escherichia coli, le genre Shigella
a été conservé dans la taxonomie pour des raisons médicales. Ce genre comprend quatre
« espèces » ou sous-groupes A, B, C, D pouvant comporter un ou plusieurs serotypes : groupe
A, S. dysenteriae avec 15 serotypes ; groupe B, S. flexneri avec 6 serotypes ; groupe C,
S. boydii avec 18 serotypes ; et groupe D, S. sonnei avec un seul serotype. [7]
3.2.1. Habitat
Les shigelles sont des bactéries strictement humaines. Elles ne font pas partie de la flore
intestinale normale. On ne les retrouve que chez les malades, les convalescents et les rares
porteurs sains. [22]
Ils peuvent survivre relativement longtemps dans le milieu externe : 10-11 jours dans les
matières fécales, 8 jours sur les vêtements des malades et 2-3 jours dans l’eau. [4]
La transmission est directe ou indirecte par voie fécale-orale à partir d'un malade ou d'un
porteur. Les mauvaises pratiques d'hygiène contribuent à propager l'infection de façon
directe, par contact physique, ou de façon indirecte, par contamination des aliments.
10
BIBLIOGRAPHIE
La transmission par l'eau, le lait, les blattes et les mouches peut survenir par suite de la
contamination fécale directe. La dose infectante est généralement comprise entre 10 et 100
bactéries. [21] [4]
Les autres sérotypes provoquent des colites infectieuses chez l’adulte et des
gastroentérites chez l’enfant. Les Shigella provoquent des ulcérations de la muqueuse
intestinale et une réaction inflammatoire. En conséquence, les selles sont sanglantes avec des
leucocytes, des glaires et des fausses membranes, douleurs abdominales, épreintes et ténesme
caractérisent le syndrome dysentérique. Les localisations extra-digestives sont peu fréquentes.
Les moins rares sont les infections urinaires. On observe parfois des formes bactériémiques,
des arthrites, des méningites. [23]
3.3. Salmonella
Les salmonelles sont des entérobactéries, pour la plupart pathogènes pour l’homme, agent
de nombreuses infections comme les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, de gastro-entérites et
de toxi-infections alimentaires parfois collectives. Ces maladies sont à déclaration obligatoire.
[4]
Les hybridations ADN/ADN ont démontré que toutes les souches de salmonelles
appartenaient à deux espèces, Salmonella enterica et Salmonella bongorii, qui est
exceptionnellement isolée chez l’homme. L’espèce S. enterica est divisée en six sous-espèces.
[7]
3.3.1. Habitat
Le réservoir naturel est constitué par le tube digestif des espèces contaminées :
mammifères (y compris l’homme), volailles, reptiles, escargots, grenouilles, animaux de
compagnie (chiens et chats)… Les déjections de ces espèces peuvent contaminer le sol et/ou
l’eau. Si elles ne peuvent s’y multiplier de manière significative, elles peuvent y survivre, en
particulier dans le sol, pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois si les conditions
de température, de pH et d’humidité sont favorables. [4] [8]
11
BIBLIOGRAPHIE
Les salmonelles sont éliminées par les matières fécales, et de manière inconstante par les
urines. La maladie est contractée par absorption d’eau ou d’aliments contaminés, directement
ou indirectement, par des excréments. [8]
Y. enterocolitica s’imposa en 1962, par la vague épizootique qui détruisit les élevages de
chinchillas d’Europe occidentale. Elle atteignit ensuite les lièvres puis les porcs. A partir de
1964, les cas humains apparaissent et, les années suivantes, la liste des espèces atteintes et
celle des infectés ne cessent de s’accroitre. Par la suite, la découverte de souches gardées en
collection, isolées aux Etats-Unis dès 1939 ou en Suisse en 1949, montra qu’en fait cette
espèce attendait seulement les conditions nécessaires à sa diffusion. [8]
3.4.1. Habitat
12
BIBLIOGRAPHIE
La transmission par voie féco-orale est la plus importante; elle se fait par l’ingestion
d’aliments ou d’eaux contaminées, ou par un contact avec des animaux ou des personnes
infectés. [24]
4.1. Antibiotiques
4.1.1. Définition
Les antibiotiques sont des molécules chimiques ou de synthèses capables de détruire les
micro-organismes ou du moins de limiter de manière significative leur multiplication. Ce
terme est généralement réservé aux molécules dont l’action est antibactérienne (bactéricides
ou bactériostatiques). [4]
Ils agissant spécifiquement sur des cibles moléculaires perturbant une étape essentielle du
métabolisme des bactéries (synthèse protéique, synthèse des acides nucléiques, réplication,
transcription, transport transmembranaire…) [27]
13
BIBLIOGRAPHIE
Les antibiotiques, contrairement aux antiseptiques, agissent sur les bactéries en inhibant
des fonctions physiologiques précises (Figure 2) telles que la synthèse de la paroi ( -
lactamines, glycopeptides, fosfomycine), la réplication/transcription de l’ADN (4-quinolones,
rifampicine, sulfamides, triméthoprime), la synthèse protéique (aminosides, tétracycline,
macrolides et apparentés, chloramphénicol) ou encore la respiration cellulaire (polymyxines,
daptomycine).
Pour exercer leur action, ils doivent se lier à des cibles moléculaires spécifiques le plus
souvent intracellulaires. [28]
Les antibiotiques les plus utilisés pour lutter contre les infections humaines interfèrent avec
les réactions structurales ou physiologiques qui sont particulières aux pathogènes infectieux.
Ceci est possible car les bactéries sont physiologiquement très différentes des eucaryotes. Par
conséquent, les antibiotiques antibactériens peuvent exploiter ces différences et détruire les
« envahisseurs » sans dommages significatifs à l’hôte humain. [29].
14
BIBLIOGRAPHIE
La résistance naturelle est un caractère présent chez toutes les souches appartenant à la
même espèce. Ce type de résistance est détecté dès les premières études réalisées afin
de déterminer l’activité d’un antibiotique et contribue à définir son spectre
antibactérien. Elle peut être due à l’inaccessibilité de la cible pour l’antibiotique qui est
une conséquence des différences existant entre les structures pariétales bactériennes, à une
faible affinité de la cible pour l’antibiotique, ou encore à l’absence de la cible. [32]
Ainsi, les membres de la tribu des Proteae sont naturellement résistants aux
nitrofuranes et à la colistine. Concernant la sensibilité aux -lactamines, les entérobactéries
sont classiquement divisées en quatre classes :
15
BIBLIOGRAPHIE
Ce terme est utilisé pour désigner le résultat d’un processus permettant à des bactéries
d’une espèce originellement sensible de devenir résistante à un ou plusieurs antibiotiques.
[31]
La résistance bactérienne acquise n’apparaît que chez quelques souches d’une espèce
donnée normalement sensible, elle est due à l’emploi en thérapeutique des antibiotiques. [32]
Sur le plan génétique, la résistance peut être acquise par deux voies totalement
distinctes, soit des mutations affectant des gènes présents sur le chromosome, soit
l’acquisition de gènes étrangers. Ces gènes peuvent provenir du chromosome
d’espèces différentes ou être véhiculés par des éléments génétiques mobiles pouvant être
transférés d’une bactérie à l’autre, on parle alors de transmission. [34]
16
Chapitre II :
Généralités sur les
eaux usées
BIBLIOGRAPHIE
En parlant des eaux usées, il semble important d’avoir une idée sur leur définition, leurs
origines et caractéristiques ainsi que les maladies qu’elles peuvent véhiculées.
Selon Rejsek, les eaux résiduaires urbaines (ERU), ou eaux usées, sont des eaux chargées
de polluants, solubles ou non, provenant essentiellement de l’activité humaine. [35]
Les activités humaines, domestiques, agricoles et industrielles produisent toutes sortes
de déchets et de souillures qui sont transportés par voie liquide. Ils sont susceptibles
d’engendrer différentes sortes de pollution et de nuisance dans le milieu récepteur. Cet
ensemble d’eau rejetée et de déchet constitue ce qu’on appelle les eaux usées. [36]
Donc sous la terminologie d’eau résiduaire, on groupe des eaux d’origines très diverses qui
ont perdu leurs puretés ; c'est-à-dire leurs propriétés naturelles par l’effet des polluants après
avoir été utilisées dans des activités humaines (domestiques, industrielles ou agricoles).
17
BIBLIOGRAPHIE
Les bactéries sont les plus fréquentes des agents pathogènes microbiens présents dans les
eaux usées. Il existe une large gamme d'agents pathogènes bactériens et des agents pathogènes
opportunistes qui peuvent être détectés dans les eaux usées. Les eaux usées contiennent en
moyenne 107 à 108 bactéries/l. La concentration en bactéries pathogènes est de l’ordre
de 104 /l. Le nombre de germes peut être multiplié par 1 000 dans les eaux de rivières
après un rejet urbain. [39] [40]
Les bactéries des eaux usées ont été caractérisées et appartiennent aux groupes suivants :
Les infections gastro-intestinales sont parmi les maladies les plus courantes causées par des
pathogènes bactériens des eaux usées. Celles-ci comprennent la diarrhée, les exemples les
plus connus sont le choléra causé par Vibrio cholerae et les salmonelloses causées par un
certain nombre d'espèces de Salmonella ; et la dysenterie causée par diverses espèces de
Shigella, ainsi que des espèces de Salmonella. [39]
Les maladies bactériennes non entériques qui peuvent être transmises par des agents
pathogènes présents dans les eaux usées comprennent la légionellose (maladie du
Légionnaire) une pneumonie potentiellement mortelle causée par les espèces de Legionella; la
leptospirose, une infection zoonotique causant une maladie fébrile causée par Leptospira
18
BIBLIOGRAPHIE
Une compilation des bactéries les plus importantes qui peuvent être pathogènes pour
l'homme et qui peuvent être transmises directement ou indirectement par le biais de l’eau est
représenté sur le tableau suivant (tableau 3) :
19
BIBLIOGRAPHIE
20
BIBLIOGRAPHIE
21
Chapitre III :
Analyse de l’ADN
bactérien
BIBLIOGRAPHIE
1. Extraction et purification
L’extraction et la purification des acides nucléiques sont les premières étapes dans la plupart
des études de biologie moléculaire. [43]
Les méthodes de purification des acides nucléiques issus d’extraits cellulaires sont
généralement des combinaisons de deux ou plusieurs des techniques suivantes :
Extraction/précipitation,
Chromatographie,
Centrifugation et
Séparation par affinité. [43]
22
BIBLIOGRAPHIE
23
MATERIEL ET
METHODES
MATERIEL ET METHODES
Matériel et méthodes
1. Cadre d’étude
Dans notre étude nous avons utilisé des méthodes d’isolement classiques connues pour la
recherche de ces germes et ce travail a eu lieu au niveau du laboratoire de Microbiologie
(Laboratoire 11) de la Faculté SNV (Université Frères Mentouri Constantine) qui s’est étalée
sur une période allant du mois de Février au mois de Mai 2016.
2. Matériel
2.1. Matériel de prélèvements
24
MATERIEL ET METHODES
25
MATERIEL ET METHODES
3. Méthodes
3.1. Prélèvement
3.1.1. Lieu de prélèvement
Les prélèvements ont été faits à partir des eaux usées au niveau d’Oued Boumerzoug
(Figure 3) à Chaâbat Erssas et l’ancienne gare SNTV à Constantine à des périodes
différentes.
Deux sorties ont été faites à 2 stations différentes et à des périodes différentes avec des
échantillons de 200 ml dans des flacons stérilisés au préalable (Tableau 4).
26
MATERIEL ET METHODES
Le transport des échantillons au laboratoire a été effectué dans un sac isotherme qui
permet de maintenir la température des prélèvements.
Les germes recherchés dans la présente étude sont Escherichia coli, Salmonella spp.,
Shigella spp. et Yersinia enterocolitica.
Les échantillons étudiés ont été dilués avec de l'eau physiologique jusqu'à la dilution
10-6.
27
MATERIEL ET METHODES
Dénombrement et Isolement
-4 -5
A partir des dilutions 10 ,10 et 10 -6, l'ensemencement a été effectué dans la masse sur
gélose PCA. Les boites ensemencées sont incubées à 30°C pendant 24 heures.
1 ml
Dénombrement de la FTAM
Incubation à 30°C/24h
La recherche de ces germes est souvent compliquée par leur faible concentration dans
l’échantillon à analyser. Une première solution consiste en un enrichissement mécanique ou
physico-chimique lorsque cela est possible (centrifugation, précipitation au lait d’alumine).
Une deuxième solution plus fréquemment pratiquée consiste à utiliser des milieux
d’enrichissement (et parfois de pré-enrichissement) liquides qui permettent la multiplication
des germes avant leur isolement et identification. [45]
Pré-enrichissement
Le pré-enrichissement est destiné à revivifier les cellules de façon à faciliter la culture dans
les bouillons d’enrichissement. [45]
28
MATERIEL ET METHODES
Cette étape concerne la recherche de Salmonella. Il est réalisé à l’aide de divers milieux,
par exemple le bouillon au mannitol ou le milieu eau peptonée tamponnée.
Enrichissement
- L’enrichissement des Shigella est réalisé conjointement avec celui des Salmonella.
Ainsi 1 ml du bouillon de pré-enrichissement (eau peptonée exempte d’indole) est
prélevé et placé dans un volume adapté de bouillon SFB et incubé à 37°C durant 16 à
20 heures.
- L’enrichissement des Yersinia est réalisé à 4°C pendant 7 à 15 jours en 1 ml de
l’échantillon mère dans un tube d’eau peptonée exempte d’indole.
Isolement
Les entérobactéries pathogènes peuvent être directement recherchées sur des milieux
sélectifs en boite de Pétri, soit directement, ce qui permet leur numération, soit après
enrichissement.
- E. coli
La recherche des souches d’E. coli se fait directement sans un enrichissement au préalable.
Ainsi à l’aide d’une anse de platine, une öse de l’échantillon mère bien agité est prélevée et
déposée sur le milieu BCP par des techniques de stries puis le tout est incubé pendant 24h à
37°C et à 44°C vu la thermotolérance de certaines souches d’E. coli.
29
MATERIEL ET METHODES
- Salmonella et Shigella
- Yersinia enterocolitica
Examen macroscopique
Examen microscopique
30
MATERIEL ET METHODES
Identification biochimique
Recherche de l’oxydase
Déposer, sur une lame porte-objet propre, un disque « Ox » et l’imbiber avec une goutte
d’eau distillée ou d’eau physiologique stérile. Prélever une partie de la colonie à l’aide d’une
pipette Pasteur boutonnée stérile et l’étaler sur le disque. [10]
Recherche de la catalase
La catalase est une enzyme qui catalyse la dégradation du peroxyde d’hydrogène (H2O2),
produit toxique du métabolisme aérobie de nombreuses bactéries en H2O et ½ O2.
H2O2 H2O + ½ O2
Prendre une lame porte-objet propre. Déposer sur celle-ci une goutte d’eau oxygénée à 10
volumes et émulsionner un peu de la colonie suspecte ou de la culture obtenue sur gélose. [10]
On met une ou deux gouttes dans du bouillon nitraté cultivé pendant 24 h à 37°C.
S’ils sont présents, ils donnent une coloration rose en présence d’acide sulfanilique et
d’ -Naphtylamine. Ces réactifs portent le nom de réactifs de Griess.
31
MATERIEL ET METHODES
Le milieu KIA ou TSI est utilisé principalement pour orienter l’identification des
entérobactéries (bacilles à Gram-). Il permet de permettre en 24 heures les fermentations du
glucose, du lactose et du saccharose (pour TSI), la production d’hydrogène sulfuré (H2S) et de
gaz provenant de la fermentation du glucose.
Ensemencer le culot du milieu par piqûre centrale et la pente en stries serrées, afin d’avoir
une culture en nappe avec la souche bactérienne à tester. Ne pas revisser à fond le bouchon du
tube. Incuber à 37°C pendant 24 heures.
Le milieu citrate de Simmons est un milieu solide qui permet de mettre en évidence
l’utilisation du citrate comme seule source de carbone et d’énergie. Seules les bactéries
possédant une citrate perméase seront capables de se développer sur ce milieu.
La pente du milieu est ensemencée par des stries sur toute la surface et incubé à 37°C,
pendant 24 heures. En cas de réaction négative, prolonger l’incubation de 24 heures.
Le milieu mannitol mobilité est un milieu semi solide qui permet d’étudier simultanément
la dégradation du mannitol (la dégradation en anaérobiose conduit à la formation de fructose
qui est un produit de dégradation du mannose) et la mobilité.
L’ensemencement du milieu s’est fait par piqûre centrale jusqu’au fond du tube avec la
souche à tester à l’aide d’une anse de platine (fil droit sans boucle). Incubation à
37C° durant 24 heures.
32
MATERIEL ET METHODES
Le milieu Clark et Lubs permet de rechercher les voies fermentaires des entérobactéries et
de différencier la fermentation « acides mixtes » et la fermentation « butylène glycolique ».
Après incubation le milieu est partagé en deux tubes pour réaliser les tests.
- Prélever une anse complète d’une culture bactérienne sur un milieu lactosé gélosé
(pente du milieu Kligler) et faire une suspension dense dans 0.5 ml d’eau distillée
stérile. La réaction est d’autant plus rapide qu’il y a plus de bactéries, donc plus
d’enzymes.
33
MATERIEL ET METHODES
L’identification est ensuite complétée par ensemencement sur galerie API 20E
(Appareillage et Procédé d’Identification) : la galerie API 20 E comporte 20 microtubes
qui contiennent chacun un milieu déshydraté différent.
On prélève une colonie bien isolée sur gélose nutritive et on réalise une
suspension homogène dans 5 ml de medium ou d’eau distillée. On inocule la galerie
selon la méthodologie recommandée par la notice technique (Annexe 4) . Les réactions
produites pendant la période d’incubation (24h à 48h à une température de 37°C) se
traduisent par des virages colorées spontanées ou révélés par l’addition des réactifs. On
fait la lecture et on interprète en se référant au catalogue analytique API (Annexe 4 ).
Les souches ainsi identifiées vont subir une dernière caractérisation qui consiste à
l’établissement du profil électrophorétique de leur ADN total.
Extraction de l’ADN
L’extraction de l’ADN total a été réalisée à partir des colonies bactériennes cultivées sur
gélose nutritive. Les cellules ont été traitées à la protéinase K. L’équivalent d’environ 10 µl
de cellules (un öse métallique pleine) est mis en suspension dans 200 µl de tris HCl à 5mM
(pH 8.2) auquel est ajouté 10 µl de protéinase K à 1.3 mg/ml et le tout est centrifugé pendant
10 s à 13000 rpm. Ce mélange est incubé à 55°C pendant toute la nuit, puis la protéinase K est
dénaturée à 100°C pendant 10 min. A partir du surnageant contenant l’ADN, nous avons
effectué l’électrophorèse. [47]
34
MATERIEL ET METHODES
(Promega U.S.A) à 1 % dans lequel ont été ajouté 4µl de BET (10mg/ml-Promega). Ce gel a
été placé dans la cuve d’électrophorèse à 100 V pendant 20 min dans une solution de tampon
TBE (Tris-Borate EDTA 1X) préparé à partir de TBE 10X. La DNA ladder (Biomatik) a été
utilisé comme marqueur de poids moléculaire.
La visualisation a été faite sous UV à l’aide d’un imageur relié à une imprimante. La
présence de l’ADN est révélée grâce à la fluorescence du BET piégé entre les molécules.
35
RESULTATS ET
DISCUSSION
RESULTATS ET DISCUSSION
Résultats
1. Dénombrement de la FTAM
Le dénombrement sur milieu PCA a été effectué à partir des dilutions 10 -4, 10-5 et 10-6. A
l’aide d’un compteur, seules les colonies dont le nombre compris entre 30 et 300 ont été prises
en compte.
Nc = Nombre de colonies
Nc
N= avec V = Volume de l’inoculum V= 1ml
V× Fd Fd = Facteur de dilution
2. Aspects culturaux
2.1. Examen macroscopique
Sur milieu BCP, plusieurs colonies de tailles variables entre 1- 4mm de diamètre se sont
formées, de couleurs violette et jaune présentant des aspects différents (rugueuses,
lisses, contour régulier) aussi bien à 37°C qu’à 44°C.
Colonies jaunes
lactose +
36
RESULTATS ET DISCUSSION
Sur milieu SS, des colonies transparentes (incolores), de taille comprise entre 1-3 mm
de diamètre présentant différents aspects ont été observées.
Colonies transparentes
lactose -
Sur milieu DCL, les colonies observées avaient les aspects suivants :
- Colonies transparentes de petites tailles (1mm)
- Colonies transparentes de taille comprise entre 2-3 mm avec un centre noir
- Colonies roses brillantes de 2-3 mm de diamètre
Colonies transparentes
lactose -
Sur Mac Conkey, des colonies roses, incolores, de tailles variables présentant divers
aspects ont été observées.
A partir de chaque colonie présomptive, nous avons réalisé une coloration de Gram, des tests
de l’oxydase et de la catalase.
37
RESULTATS ET DISCUSSION
3. Test de l’oxydase
L’absence de la coloration violette révèle un résultat négatif sur les disques d’oxydase.
4. Test de catalase
Toutes les colonies testées sont catalase positives dont la présence se manifeste par un
dégagement de bulles d’air dès leur contact avec l’eau oxygénée.
Après l’ajout des réactifs Nit1 et Nit2, nous avons pu observer une coloration rouge du
milieu.
Après incubation du milieu KIA, nos souches ont présenté différents aspects.
38
RESULTATS ET DISCUSSION
L’utilisation du citrate se traduit par un virage au bleu du milieu. Certaines souches sont
citrate +, d’autres par contre sont citrate- donc pas d’utilisation du citrate (coloration verte).
CITRATE CITRATE
- +
39
RESULTATS ET DISCUSSION
Mannitol Mannitol
+ –
La présence de l’indole est révélée après ajout du réactif de Kovacs dans le milieu
urée-indole. La formation d’un anneau rouge témoigne de sa présence et un anneau
jaune son absence.
40
RESULTATS ET DISCUSSION
Anneau rouge
La TDA est mise en évidence après ajout du réactif de la TDA. Une coloration rouge
brun témoigne de la désamination du tryptophane.
10. Le test de RM et du VP
La voie des acides mixtes est mise en évidence après ajout du réactif de RM dans le
milieu. Une coloration rouge désigne un RM+ c’est-à-dire une fermentation acide
mixte. Une coloration jaune est un résultat négatif. La plupart des colonies testées
étaient RM+. Par contre quelques-unes étaient RM-
RM + RM -
41
RESULTATS ET DISCUSSION
La voie du butylène glycolique est mise en évidence après ajout des réactifs VP I et
VP II. Une coloration rouge témoigne d’un VP+ et la réaction négative est révélée
par l’absence de la coloration rouge.
Les colonies que nous avons testées avaient les profils suivantes : (RM+ ; VP-), (RM- ;
VP+) et (RM- ; VP-).
Après incubation, les résultats sont négatifs pour les tubes incolores ONPG- et positif pour
les tubes jaunes ONPG+.
La galerie API 20 E, nous a permis d’affiner nos résultats dans l’identification des souches.
Au total 8 souches présomptives ont été retenues.
Souche 1
42
RESULTATS ET DISCUSSION
Souche 2
Souche 3
43
RESULTATS ET DISCUSSION
Souche 4
Avec son caractère IND-, SAC+, la souche 4 correspond beaucoup plus à Enterobacter
agglomerans.
Souche 5
44
RESULTATS ET DISCUSSION
Souche 7
45
RESULTATS ET DISCUSSION
Avec un résultat positif à ODC, URE, TDA et GLU, nous avons pu correspondre la souche à
Proteus morganii à 97% IND+.
Souche 8
46
RESULTATS ET DISCUSSION
S1 S2 S3 M S4 S5 S6 S7
47
RESULTATS ET DISCUSSION
Discussion
1. Dénombrement de la FTAM
Notre étude avait pour but principale, l’isolement et la caractérisation de certaines espèces
d’entérobactéries isolées à partir des eaux usées. Afin de procéder à notre isolement, une
étude au préalable a été faite pour évaluer la flore totale aérobie mésophile (FTAM) de nos
échantillons (eaux usées). Les résultats de la FTAM se situent entre 1.14 106 UFC/ml à 13.8
106 UFC/ml. Cela montre que les eaux usées sont chargées en bactéries. Nos résultats tendent
vers ceux de Baumont [40] qui trouva que les eaux usées contiennent en moyenne 107 à 108
bactéries/l. Il rajouta également que le nombre de germes pathogènes avoisinait les 104
bactéries/l. De plus, une étude réalisée en 2011 par Lezzar [48] sur les eaux usées d’oued
Rhumel qui a comme principal affluent oued Boumerzoug a fait état d’une FTAM avoisinant
les 1.8 105 UFC/ml. Cette charge élevée de bactéries pourrait sans doute s’expliquer par la
teneur en matière organique qui favorise la prolifération des bactéries mais aussi par la
contamination continue de ces eaux (rejets domestiques...) qui apporte à chaque fois une
nouvelle communauté de bactéries. Baumont [40] révèle que le nombre de germes peut être
multiplié par 1 000 dans les eaux de rivières après un rejet urbain.
2. Isolement et identification
Les milieux d’isolement spécifiques BCP, SS, DCL et Mac Conkey ont présenté une
sélectivité plus ou moins efficace qui a permis à de nombreuses colonies suspectes de cultiver
mais aussi plusieurs autres colonies ont pu croitre sur ces milieux.
L’isolement sur ces milieux spécifiques, nous a permis de tester les colonies présomptives
prélevées sur ces milieux. Ainsi la plupart des colonies testées présentaient une oxydase
négative, une catalase positive, une nitrate réductase positive et aussi la coloration de Gram
nous a montré des bacilles Gram négatif. Ces tests sont donc fondamentaux pour orienter le
diagnostic et classer les souches dans la famille des entérobactéries.
La fermentation du glucose sur milieu KIA est aussi un élément important qui définit les
entérobactéries et les différentie des autres bacilles Gram- non fermentaire. Ainsi toutes nos
souches testées fermentaient le glucose.
48
RESULTATS ET DISCUSSION
Ces tests nous ont permis de sélectionner 8 souches présomptives dont l’identification a
révélé sur galerie API 20 E : 3 souches d’Escherichia coli qui diffèrent par l’utilisation des
sucres (RHA, SAC, MEL, AMY, ARA), 1 souche d’Enterobacter agglomerans, 2 souches de
Proteus mirabilis et 1 souche de Proteus morganii. La dernière souche n’a pas pu être
identifiée.
De plus des espèces de Pseudomonas spp. ont également été trouvées présentant une
oxydase positive ainsi qu’une pigmentation verdâtre sur gélose nutritive. Elles ont été aussi
retrouvées en 2015 par Pierre [30] dans leurs travaux sur la recherche de Vibrio dans les eaux
usées d’oued Boumerzoug.
Parmi les germes recherchés seules les Escherichia coli se sont révélés présentes vu leurs
caractères ubiquitaire ainsi que leur facilité de culture.
L’absence des Salmonella spp., Shigella spp. et Yersinia enterocolitica dans notre
recherche ne signifie en aucun cas leur inexistence. Bien au contraire la présence de ses
germes a été confirmée par les travaux de El Ouali [49] en 2014 ainsi que Bitton [41]
L’absence des salmonelles a été observée également par les mêmes travaux de El Ouali
[49] sur le contrôle microbiologique des eaux usées domestiques et industriels de la ville de
Fès au Maroc dans certains points de prélèvements.
Les données bibliographiques relatives à ce sujet sont très variées car la concentration de
ces bactéries pathogènes dans les eaux usées dépend des conditions épidémiologiques et
environnementales des régions où sont réalisées les études. [49]
49
RESULTATS ET DISCUSSION
Ainsi l’absence de ces germes pourrait s’expliquer par un certain nombre d’hypothèses :
- Une fois rejetées dans le milieu naturel, ces bactéries se trouvent confrontées à des
conditions défavorables telles que la limitation en nutriments, le stress osmotique, de
faibles températures et des variations de pH ainsi que face à de multiples prédateurs.
Une partie de ces bactéries peuvent survivre à ces conditions défavorables en entrant
dans l’état VBNC [50]. En effet, de nombreuses publications montrent qu’après leur
introduction dans un milieu aquatique naturel, les bactéries fécales perdent assez
rapidement leur faculté de croître dans/sur les milieux spécifiques utilisés pour
leur dénombrement mais conservent beaucoup plus longtemps certaines activités
métaboliques.[50] [51] [52] [53]
- Elle peut s’expliquer également par le caractère instantané des prélèvements,
l’absence de porteurs de germe. En effet, la survie des bactéries d'origine
anthropique dans l'environnement ne dépend pas uniquement de la qualité du milieu
récepteur, mais également de leur historique avant rejet. [49]
Les autres espèces que nous avons identifiées à savoir Enterobacter agglomerans, Proteus
mirabilis et Proteus morganii font également partie des espèces isolées souvent dans les eaux
usées et sont fréquemment diagnostiquées en pathologie infectieuse humaine.
3. Profils électrophorétiques
L’extraction d’ADN des souches ainsi que leur électrophorèse sur gel d’agarose a permis
d’obtenir des bandes fluorescentes après observation sous UV. Cette fluorescence témoigne
donc de l’efficacité de la méthode d’extraction qui fut utilisée chez les bactéries nodulantes
Rhizobium dans les travaux de Laguerre [47].
Ces profils ainsi obtenus ne nous permettent de tirer d’avantages d’information concernant
certains aspects de nos souches comme le poids moléculaire. Néanmoins, cela reste une
initiative à l’indentification des bactéries par les techniques de biologie moléculaire qui vont
leur apparition ces dernières années dans ce domaine.
50
CONCLUSION
CONCLUSION
Conclusion
Les entérobactéries sont des bacilles à Gram négatif qui constituent une part importante
des bactéries isolées lors du diagnostic bactériologique des infections humaines. Leur
abondance dans l’intestin, leur mobilité, leur rapidité de multiplication, leur fréquente
résistance aux antibiotiques expliquent qu’elles soient les bactéries les plus impliquées
en pathologie infectieuse humaine.
Les eaux usées constituent un milieu aquatique rassemblant l’essentiel des rejets
domestiques. Par leur richesse en matière organique, ils constituent un environnement
favorable pour la prolifération des bactéries.
Il ressort de cette étude après évaluation de la FTAM que ces eaux usées sont une véritable
niche écologique pour les bactéries vu la charge très élevée de ces dernières.
Parmi les germes recherchés, seules les souches d’E. coli se sont révélées présentes et les
plus fréquentes. L’absence des Salmonella spp., Shigella spp. et Yersinia enterocolitica dans
notre recherche ne signifie en aucun cas leur inexistence. Leur absence pourrait s’expliquer
par un certain nombre d’hypothèse parmi elle, le faible nombre de nos échantillons.
Outre les germes recherchés, nous avons pu mettre en évidence la présence d’autres souches
d’entérobactéries qui pourraient s’avérer pathogènes.
Une initiation à l’étude moléculaire nous a permis également de réaliser une extraction
ainsi que des profils électrophorétiques de l’ADN total des souches isolées.
Les résultats préliminaires obtenus dans le cadre de cette étude nous permettront de penser
aux perspectives suivantes :
- Etaler notre étude sur une large zone (plusieurs sites) pendant une période
longue avec plusieurs prélèvements.
- Déterminer les sérotypes
- Etudier l’antibiorésistance des germes recherchés
- Réaliser une étude moléculaire variée (PCR, RLFP, Profils de restriction…)
- Comparer les souches avec celles isolées dans les milieux hospitaliers.
51
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Références bibliographiques
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eaux ménagères. Volume II : utilisation des eaux usées en agriculture. 3e édition. OMS. p.27-
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suspended by membrane chamber in semitropical ocean water. FEMS Microbiology Letters
34 (2): 161-165.
ANNEXES
ANNEXES
1. Prélèvement
A partir d’une culture liquide : prélever un aliquote de suspension à l’anse (ou à la
pipette stérile) après avoir homogénéisée le milieu
A partir d’un milieu solide : réaliser une suspension en eau physiologique à partir
d’une culture jeune et prélever un aliquote de suspension à l’anse de platine (ou à
la pipette stérile)
A partir de produits alimentaires ou biologiques : prélever un aliquote du produit
(dilué ou non) à l’anse (ou à la pipette stérile) après avoir homogénéisée le milieu
2. Réalisation du frottis
3. Séchage
- à la température du laboratoire, si possible
- ou bien à chaleur douce : platine chauffante à 37° ou au-dessus de la veilleuse du
bec bunsen, à hauteur suffisante. NE JAMAIS CHAUFFER BRUTALEMENT
4. Fixation
But : tuer les bactéries, fixer leur structure cytologique, et les faire adhérer à la lame.
- recouvrir la lame pendant 5 min avec de l’alcool puis rincer à l’eau déminéralisé et
égoutter le frottis avant coloration.
5. Coloration
Principe: La coloration permet de distinguer les bactéries GRAM + des GRAM – grâce à
leurs différences de nature de paroi.
Tryptone………………………………………………………….5 g/l
Extrait autolytique de levure………………………………….….2.5 g/l
Glucose……………………………………….…………………..1g/l
Agar agar…………………………………………………………15g/l
pH du milieu prêt à l'emploi à 25°C: 7,0 +/- 0,2.
Peptone........................................................................................5g/l
Extrait de viande.........................................................................3g/l
Lactose……................................................................................10g/l
BCP ...........................................................................................0,025g/l
Agar .....................................................................................15g/l
pH final = 7
ANNEXES
Milieu Gélose T S I
Milieu Kligler-Hajna
Milieu Mannitol-Mobilité
Milieu Urée-indole
Bouillon Nitraté
Réactif de Kovacs
Réactif de Voges-Proskauer
VP I
Hydroxyde de Potassium……………………………………………….40g/l
Eau………………………………………………………………………100ml
VP II
-naphtol …………………………..………………………………… 6 g/l
Ethanol ……………………………………..……………………… 100ml
Réactif TDA
Réactif I
Acide sulfanilique……………..……………………………………..0,8g/l
Acide Acétique 5N………………………………………………… 100ml
Réactif II
ANNEXES
EDTA (2 mM)……………………………………………..0,58 g
Eau distillée………………………………………………..1000ml
pH = 8 ,2
Gel d’agarose
Tampon TBE………………………………………………100ml
Agarose…………………………….………………………0,8 g
ANNEXES
- Remplir uniquement les tubes (et non les cupules) des autres tests.
- Créer une anaérobiose dans les tests ADH, LCD, ODC, URE, H2S en remplissant leur
cupule d’huile de paraffine.
REACTIONS
TUBE POSITIVE NEGATIVE COMMENTAIRES
Une teinte jaune pâle est souvent
ONPG Jaune Incolore obtenue, la considérer comme une
réaction négative.
ADH Rouge ou Jaune Jaune
LDC Rouge ou Jaune Jaune
ODC Rouge ou Jaune Jaune
CIT Turquoise ou bleu Vert pâle ou jaune La lecture se fait dans la partie
foncé supérieure de la cupule (en aérobie)
H2 S Dépôt noir Aucun dépôt noir
URE Rouge ou Jaune Jaune
TDA Brun-rouge Jaune Ajouter 1 goutte de chlorure de fer
à 10%. Lire immédiatement la
réaction
IND Anneau rouge Jaune Ajouter 1 goutte du réactif de
James. Lire la réaction
immédiatement
VP Rose foncé ou Incolore ou rose Ajouter 1 goutte de KOH à 40%
rouge pale puis 1 goutte d’alpha-naphtol à 6%.
Lire la réaction après 10 minutes.
GEL Diffuse du pigment Aucune diffusion, La répartition des particules solides
incolore à travers la cupule doit être
considérée comme une réaction
négative.
GLU La fermentation des sucres
MAN commence dans la partie la plus
INO anaérobique du microtube (partie
SOR Jaune Bleu ou bleu-vert inferieure). Il faut lire ces réactions
RHA à partir de la base de la cupule vers
SAC le haut. Une couleur jaune au fond
MEL indique une réaction positive
AMY
ARA
Année universitaire : 2015/2016 Présenté par : SAVADOGO Mahamadi
BOUBKEIR Youssouf