Économie du développement : concepts clés
Économie du développement : concepts clés
ECONOMIE DU DEVELOPPEMENT
INTRODUCTION
Il est généralement admis que l’économie du développement est née après la seconde guerre
mondiale, bien que l’on puisse en trouver des fondements plus anciens dans la pensée économique.
L’économie du développement s’intéresse à des pays pauvres. Elle trace donc une frontière dans la
géographie en fonction d’un degré de richesse. Entre le critère du revenu par tête (banque mondiale)
et l’indicateur composite du développement humain (IDH), de l’Organisation des Nations Unies (qui
ajoute, au revenu, l’espérance de vie et le niveau d’éducation) apparaît la difficulté de définir le
développement et son objectif.
Avec le critère de revenu par habitant, on distingue les pays à revenu élevé des autres. C’est sur cette
base que repose l’idée que le développement = croissance, croissance en terme de revenu moyen par
tête. C’est également par ce biais que l’on introduit la dimension temporelle : il y a les pays
« avancés » et les pays « en retard ». Les statistiques internationales retiennent également des sous-
catégories ; les exportateurs de pétrole, les pays les moins avancés (PMA) (à partir d’un triple critère :
bas revenu, faibles taux d’industrialisation et d’alphabétisation), les Nouveaux pays industrialisés
(NPI) (désigne des pays à forte croissance qui exportent des produits manufacturés).
L’on peut en effet considérer que les explications du développement divergent parce que tous les
économistes ne sont pas d’accord sur ce qu’est le développement dès lors que celui-ci est considéré
comme quelque chose d’autre que la croissance du PNB et prend en compte des valeurs éthiques
comme l’indépendance nationale, l’égalité sociale, le droit de choisir la taille de sa famille ou de
pouvoir s’exprimer librement.
Les théories du développement se sont cependant affirmées comme un corpus distinct dans la science
économique dès lors qu’elles ont postulé l’existence de spécificités communes à un ensemble de pays,
en même temps qu’elles ont adopté l’idée que le développement ne se réduisait pas à la croissance.
Mais les conceptions du développement ont évolué depuis.
Avant et peu après les années 70, on pensait que le développement était une question de capital :
importation de capital, endettement massif des pays sous développés…. La question qui se posait
était qui doit conduire le développement : l’Etat ou le marché.
Dans ce sens Stiglitz (2002 :379) dit ceci « il y a trente ans, les économistes de gauche et de droite
était d’accord sur la nature de l’objectif du développement : améliorer l’efficacité de l’allocation des
ressources et augmenter le capital disponible. Leur seule divergence portait sur les moyens : fallait-
il, pour y parvenir, une planification dirigée par l’Etat ou des marchés totalement libres ?
Finalement, aucune des deux solutions n’a abouti. Le développement n’est pas seulement une
question de ressources et de capital mais une transformation de la société. »
- Dans les années 90 : l’accent est mis sur le côté social et environnemental : démocratie, bonne
gouvernance, liberté, justice, participation social, développement durable, développement comme
liberté (A. Sen).
Le développement exige la suppression des principaux facteurs qui s’opposent aux libertés : la
pauvreté aussi bien que la tyrannie, l’absence d’opportunités économiques comme les conditions
sociales précaires, l’inexistence de services publics autant que l’intolérance ou la répression
systématique exercée par les Etats autoritaires (Amartya Sen, 2003).
On passe d’une approche quantitative du développement (revenu par habitant) à une approche
beaucoup plus qualitative du développement (Indice du développement humain (IDH)). Ce qui
montre la difficulté à définir le développement. Les difficultés dans lesquelles se trouvent les pays
occidentaux reposent la question du développement.
« Développer c’est transformer la société, améliorer la vie des pauvres, donner à chacun une chance
de réussir, l’accès aux services de santé et d’éducation » (Stigliz, 2002).
Nous essayerons dans ce cours de saisir ce que c’est que le développement, ses répercutions
économiques et sociales. Nous essayerons aussi d’aborder l’expérience de certains pays : l’échec des
pays africains, la réussite des pays asiatiques. Nous proposerons pour cela les chapitres suivants :
Ce chapitre cherche d’abord à donner une image de ce que peut être le développement à travers
l’évolution des sociétés. Ensuite, il expose les concepts utilisés pour traduire ces évolutions. Aborde
enfin l’origine du développement (satisfaction des besoins alimentaire, sécurité alimentaire).
Il y a environ 9 000 – 10 000 ans, ou bien davantage, la « révolution néolithique » c’est – dire
l’abandon d’une économie basée sur la cueillette, la chasse et la pêche pour une économie fondée sur
l’agriculture et l’élevage, avait permis pour la première fois dans l’histoire de l’humanité un surplus
durable de la production alimentaire fournie par actif, et de ce fait avait rendu possible une
consommation significative de produits non alimentaire. Cette situation entraina à son tour un début
de spécialisation du travail et la création d’une vie urbaine ou s’établissaient certains producteurs non
agricoles : vie urbaine qui, elle, favorisera un développement intellectuel et technique d’où sont nées
les civilisations de l’Antiquité (Bairoch P., 1971 P. 20).
Ces différentes formes d’organisation sociale constitueraient des phénomènes historiques, dont
l’ordre étant déterminé par l’évolution des forces productives. Concept qui chez Marx englobe
l’accumulation du capital et le progrès technique. A un certain degré de développement des forces
productives correspondrait une certaine forme d’organisation de la production.
collectivité. L’étude du capitalisme commercial est donc importante pour l’identification des facteurs
qui ont ouvert la voie aux économies industrielles modernes. De même, c’est dans le contrôle des
structures du pouvoir- aussi bien que dans l’appropriation et l’utilisation de l’excédent- par des
groupes dont les motivations ne sont pas essentiellement en rapport avec l’activité productive, ou par
des groupes étrangers dont les objectifs ne sont pas souvent compatibles avec les intérêts de la
collectivité, que nous devons chercher les principaux obstacles au développement des pays sous-
développés (Celso, 1970 : 101).
1.1.3. Evolution du Pouvoir Humain et différenciation entre peuples (synthèse réalisée à partir
de Heilbroner R. (1997), Visions du Futur, Hier, Aujourd’hui, Demain, Economica).
Il est question d’examiner l’évolution de la pensée de l’Homme sur la nature et de ses capacités à la
dominée. Pour cela, nous feront un survol de l’évolution de l’histoire de l’humanité en regardant les
aspects techniques, scientifiques, économiques (social ou politique). On distingue trois périodes :
La première période
Elle débute avec les sociétés primitives qui pendant au moins cent mille ans (100 000 ans) dépendait
de la pierre, du silex ; pendant les dix ou les vingt mille années suivantes, le progrès s’accentua avec
l’utilisation du cuivre et du bronze, avant le décollage social, à l’issue duquel parurent les premières
civilisations évoluées de l’histoire : mésopotamienne, égyptienne, indienne, chinoise. Elle recouvre
la gloire de la Grèce et la grandeur de Rome, la confusion politique du moyen âge et finalement
l’émergence d’Etat-nation moderne en Europe au XVIIè siècle.
Pendant toute cette période, le climat, grand régulateur de l’agriculture déterminait la production. Les
outils et techniques de production demeuraient presque identiques d’une génération à l’autre. A
l’exception de très minces courants d’échange « international », la vie était une force d’inertie, pas
de changement.
La société de l’époque n’avait pas la possibilité de modifier son organisation pour devenir une
organisation supérieure et plus complexe. La raison est qu’il était généralement admis que l’avenir
est totalement hors de contrôle de l’homme. La nature est considérée comme toute puissante, ses
jugements sont sans appel.
Vers la fin de cette période la croyance en la toute-puissance de la nature va s’estomper face aux
capacités productives croissantes des sociétés stratifiées. L’origine de cette croyance est
l’introduction de nouveaux savoirs et de nouvelles technologies dans la vie économique quotidienne.
Un autre élément est l’émergence d’idées politiques et sociales.
En effet, entre 1430 et 1540, les marchands navigateurs conquérants européens explorent les côtes de
l’Afrique, prennent le contrôle du commerce arabo-indien, vont jusqu’en Chine et au Japon,
découvrent le continent américain et achèvent sa conquête. Dans les dernières années du siècle, Vasco
de Gama franchit le cap de Bonne Espérance et parvient jusqu’aux Indes. En quelques quarante ans,
l’Espagne achève la conquête du nouveau monde, qu’elle entreprend de coloniser, depuis le Chili
jusqu’à la Californie, de l’Argentine à la Floride, en contournant le Brésil portugais, détruisant au
passage les civilisations et anéantissant les populations locales. De cette emprise aux visées
planétaires, l’Europe retire une richesse prodigieuse. A l’afflux d’or et d’argent s’ajoutent des
quantités de produits auparavant inconnus qui vont révolutionner l’alimentation humaine (café,
cacao, sucre, pomme de terre, tomate, maïs, bois,ivoire…).
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L’émergence de l’économie-monde européenne entre 1450 et 1650 ne fut pas marquée par des
innovations techniques notables. Au XVIè siècle, la production industrielle dispose des mêmes
forces : le moteur humain, le moteur animal, le vent, l’eau et le bois. Si la forge se développe,
l’industrie reste principalement textile. Les techniques financières, en revanche, se perfectionnent,
avec la généralisation de la lettre de change. Cette première période va prendre fin sur ces
changements qui vont se poursuivre dans la deuxième période.
La deuxième période
Elle est mieux décrite par l’ascension du capitalisme, accompagné de ses deux sœurs que sont le
développement scientifique et l’émergence d’une conscience politique et sociale (révolution française
en 1789, déclaration d’indépendance américaine en 1776).
C’est la période où l’on se tourne vers le futur avec confiance, parce que les hommes et les femmes
croient que des forces jouent en leur faveur, tant individuellement que collectivement. C’est
probablement le philosophe français Condorcet qui l’exprima de la façon la plus émouvante (avant
de se suicider pour échapper à la guillotine), quand il déclara que « la perfectibilité de la race
humaine est en réalité infinie et que ses progrès, désormais indépendants d’un pouvoir qui
souhaiterait les arrêter, n’ont d’autre limite que la durée de vie de la terre sur laquelle la nature
nous a placés »
Indissolublement liée aux vecteurs que sont le capitalisme, le développement scientifique et les
mouvements populaires, cette vision du monde se manifeste essentiellement là où ces trois facteurs
ce sont le plus développés : l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord. Ailleurs, en Afrique, dans
la plus grande partie de l’Asie, en Amérique latine, les conditions matérielles de la première période
demeurent virtuellement inchangées.
Le dynamisme de cette période s’explique donc par le progrès qui se traduit par deux éléments :
- Le premier élément réside dans le fait que le savoir abstrait caractéristique de la démarche
scientifique va s’associer aux connaissances plus pratiques.
Les technologiques de la vapeur, du charbon et du textile vont jouer un grand rôle dans le
développement de tout ce qui est lié à l’électricité quelques décennies plus tard. Sans elle, il n’y aurait
aujourd’hui aucun ordinateur ni centrale nucléaire. En prenant appui sur la science, le levier
technologique a acquis lentement mais sûrement, une puissance nouvelle ;
- Le deuxième élément intimement associée à la science et à la technologie est l’apparition
d’une nouvelle organisation socio-économique, baptisée « capitalisme » à la fin du XIXè
siècle.
Elle naît de la science, au sens large en s’appuyant sur l’économie définit comme une forme
d’organisation dans laquelle la production et la distribution des richesses sont soumises au jeu de trois
facteurs qui n’existaient quasiment pas précédemment.
Le premier de ces facteurs c’est le rôle grandissant du marché, déterminant la production et les
conditions de production. Le deuxième facteur c’est l’apparition d’une tendance à l’accumulation du
capital qui sera le vecteur de tout le processus. Le troisième c’est la prédominance du statut privé de
l’activité économique source de profit.
Dans ces nouvelles conditions, la soif de richesses va jouer un rôle considérable. La poursuite de la
richesse devint une force qui va changer la face du monde.
Au fur et à mesure que le système se structurait, les entreprises familiales disparurent au profit des
grandes entreprises. Poursuivant leur expansion à l’étranger, ces entreprises acquirent une dimension
internationale, d’où naquit leur dénomination courante de firmes multinationales.
L’effort généralisé d’accumulation du capital a donné naissance à une énorme pression sur l’ensemble
du système. Cette pression, à son tour, encourage et continue toujours d’encourager le développement
technologique. La domination des mers est en effet la clé de l’expansion coloniale et surtout de la
maîtrise du commerce avec les colonies sont l’expression de cette période ; dont la finalité est la
recherche de débouchés et de ressource capables d’entretenir la poursuite du système. Ce qui aboutit
à l’internalisation (intensification des échanges entre Etats), à la globalisation (universalisation de
l’économie des entreprises, constitution d’un marché mondial de capitaux) et à la mondialisation
(processus d’intégration conduisant au dépérissement du rôle géopolitique des frontières).
Nous arrivons à la troisième période où tout le monde entier vit la mondialisation qui se manifeste
par le développement des masses média, la télécommunication, l’informatisation.
La troisième période
En quoi cette période est différente de la deuxième ? Pour avoir une idée, il faut garder à l’esprit que
les trois forces (marché, accumulation du capital, recherche de profit) qui furent déterminant dans la
deuxième période sont toujours présentes. L’extraordinaire pouvoir de la science, la dynamique
infatigable du capitalisme continuent de nous propulser vers l’avant.
La nouveauté dans cette période est que les deux forces (la science et le capitalisme) ne sont plus
considérées comme des facteurs évidents de progrès. Les exemples sont nombreux : la bombe
atomique, la pollution ou la destruction de l’environnement …
Mais ce qui renforce encore le capitalisme c’est la disparition du socialisme, qui fut longtemps son
principal ennemi et comme une organisation socio-économique alternative. Les clivages idéologiques
s’estompent. On est dans un monde à sens unique, guidé l’idéologie capitalisme. La disparition du
mur de Berlin est un exemple.
La conscience politique et sociale est très forte : les revendications démocratiques ; des droits de
l’homme. Tout ceci est soutenu par le développement des masses média, la télécommunication, du
transport, de l’informatisation qui raccourcissent les distances et effacent les frontières. C’est le
village planétaire.
La société traditionnelle
Elle est caractérisée par des comportements quelque peu fatalistes fondés sur des attitudes rigides.
L’activité économique est essentiellement agricole et la mobilité sociale est très peu développée à
cause du rôle que jouent les liens familiaux dans les rapports humains.
Le décollage
Le démarrage est la période pendant laquelle « la société finit par renverser les obstacles et les
barrages qui s’opposaient à la croissance régulière ». Les facteurs du progrès économiques élargissent
leur action, se développent avec une efficacité accrue et arrivent à dominer la société. Les taux
d’investissement et de l’épargne s’accroissent dans une très forte proportion, passant en moyenne de
5% du revenu national à 10% et plus. Des industries nouvelles sont lancées et se développent
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rapidement. Les profits obtenus sont élevés et, dans une proportion importante, réinvestis dans de
nouvelles installations. Une main-d’œuvre, d’origine agricole, est attirée vers l’industrie. D’autres
industries sont incitées à se créer pour répondre à la demande de produits émanant des premières
industrielles nouvelles. Les zones urbaines s’étendent. Les revenus de ceux exerçant leur activité dans
le secteur moderne de l’économie s’accroissent. Le groupe nouveau des entrepreneurs s’élargit ; il
contrôle l’orientation des investissements. …
La consommation de masse.
Dans cette dernière phase, la production des biens de consommations durables et celle des services
gagnent de l’importance et, progressivement, deviennent les principales activités.
A la fin de la phase précédente, deux phénomènes se manifestent. L’un est que le revenu réel par
habitant est parvenu à un tel niveau que la plupart des individus disposent régulièrement de biens et
de services une fois couverts leurs besoins d’alimentation, de logement et de vêtements.
L’autre réside dans la modification de la composition de la main-d’œuvre : non seulement la
population active agricole a diminuer absolument et relativement mais encore, au sein de la
population non agricole, s’est accrue la part des ouvriers qualifiés et des employés de bureau,
groupes appréciant les biens de consommation que peut leur offrir l’économie et impatients de les
obtenir….
Ce type d’analyse a eu des fruits très remarquables : grâce à elle, nous avons maintenant une meilleure
compréhension du rôle des facteurs non économiques qui interfèrent dans les processus de
développement, ainsi que des caractéristiques spécifiques des économies sous-développées (Celso,
1970 : 100). La définition de François PERROUX se comprend aisément : « la combinaison des
changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître,
cumulativement et durablement, son produit social global » (Celso, 1970 : 93).
Avec l’extension du processus d’industrialisation aux principaux pays d’Europe, dans la seconde
moitié du XXè siècle, le développement a été considéré comme faisant partie de l’ordre naturel des
choses, de même que la tendance de l’homme au moindre effort ou à la multiplication de ses besoins.
1.2. Des concepts pour caractériser ou différencier les pays selon le niveau de développement
1.2.1. Tiers-monde
De tiers et de monde; le mot est de l’économiste et démographe français Alfred Sauvy (1898–1990)
en 1952, en référence au tiers état français sous l’Ancien Régime, afin de désigner l’ensemble des
pays du globe qui n’appartenaient ni au bloc occidental ou premier monde (Amérique du Nord,
Europe de l’Ouest, Japon, Australie…), ni au bloc communiste ou second monde (URSS, Chine,
Europe de l’Est…).
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L'expression tiers-monde, ou tiers monde, se rapporte à l'ensemble des pays africains, asiatiques,
océaniens ou du continent américain en carence de développement. Ce terme est considéré comme
obsolète par certains au profit de celui de pays les moins avancés.
Plusieurs définitions
Le tiers-monde décrit la réalité complexe, transitoire et chaotique s'inscrivant dans le décalage
croissant qui nait entre monde traditionnel et monde moderne à partir de la révolution industrielle
(qui débute en Angleterre vers la fin du XVIIIe siècle). On remarque cependant qu'à cette époque, si
en Amazonie, en Afrique, en Asie, les hommes vivent dans un âge proche de l’âge de la pierre taillée,
d’autres en Chine et en Inde se trouvent à un niveau de vie supérieur à celui de l’Angleterre du XVIIIe-
XIXe siècle. L’historien Christopher Alan Bayly l’a éminemment montré dans son ouvrage « La
naissance du monde moderne ».
Certains insistent sur le fait qu'il s'agit d'une réalité très hétérogène, et concluent à l'existence de
« plusieurs » tiers mondes. Cela en fonction des perspectives envisagées.
Si l'on pointe l’inégalité économique, l'expression correspond à l'ensemble des pays pauvres,
soit les pays les moins avancés et les pays en développement. Dans cet esprit, le quart monde
(proposé par Joseph Wresinski en 1969) fait référence à cette couche de population la plus
défavorisée, ne disposant pas des mêmes droits que les autres, et existant dans tous les pays,
qu'ils soient riches ou pauvres.
Si l'on pointe les rapports nord-sud, l'expression fait alors référence à des « pays dépendants
du monde capitaliste », ou des « pays appauvris et surexploités ». Ils « ont le trait commun de
n'avoir pas connu, pour des raisons diverses, la révolution industrielle au XIXe siècle », ou la
prospérité qui a suivi la Renaissance en Europe, et favorisé la colonisation ou la domination
des autres territoires.
Si l'on pointe la géopolitique comme Georges Balandier (en 1956), l'expression désigne « la
revendication des tierces nations qui veulent s'inscrire dans l'Histoire ». À la suite de la
décolonisation et de la Conférence de Bandung, certains de ces pays se sont regroupés au sein
de l'organisation internationale du mouvement des non-alignés.
Synonymes : Pays moins avancés (PMA)
Le concept naît au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le 20 janvier 1949, dans son discours
sur l’état de l’Union, le président des Etats-Unis Harry Truman emploie pour la première fois le mot
« sous-développé » (underdeveloped):
« Il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre
avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l'amélioration et de la croissance des
régions sous-développées. Plus de la moitié des gens dans le monde vit dans des conditions voisines
de la misère. Ils n'ont pas assez à manger. Ils sont victimes de maladies. Leur pauvreté constitue un
handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. »
Après la Seconde Guerre mondiale, l'Occident se rend compte de l'immense misère de plus de deux
tiers de l'Humanité. Les pays riches rêvent, ou du moins affichent l'ambition de faire sortir les pays
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sous-développés de cette misère. Aussi l'influence des pays du Nord est extrêmement forte sur les ex-
pays colonisés.
La notion de sous-développement a longtemps fait partie de la politique étrangère des Etats-Unis, qui
voulaient faire accepter l'aide occidentale aux pays du Sud pour contrer l'influence que la solution
communiste pourrait avoir dans ces pays.
Définition
Selon Jacques B. Gélinas, on peut d'abord définir le sous-développement à partir de ses symptômes:
«la sous-alimentation, la mortalité infantile, l'analphabétisme, le PNB (produit national brut) par
habitant, l'endettement…». On peut aussi définir un pays sous-développé à partir des mécanismes
internes de son économie: c'est « un pays dont les rouages économiques s'engrènent de façon
subordonnée dans la mécanique géante de l'économie mondiale».
État d'un pays caractérisé par la médiocrité du niveau de vie moyen (traduit notamment par une faible
consommation alimentaire, à laquelle s'ajoutent des problèmes de malnutrition et de famine, une
faible espérance de vie, un taux encore élevé d'analphabétisme résultant d’un PNB/tête faible), auquel
on peut fréquemment associer une forte croissance de la population, une répartition particulière des
divers secteurs de l'économie (secteur rural très important) et une composition spécifique de la
balance commerciale.
Caractéristiques
Le sous-développement se caractérise par sa dépendance ou son insertion dans l’économie mondiale.
Les bocages économiques : l’accent est mis d’une part sur l’impossibilité de réaliser une épargne et
un investissement national suffisant, d’autre part sur les distorsions qui apparaissent dans la gestion
de l’économie (du marché).
Les blocages sociaux : la création d’une classe d’entrepreneur, condition nécessaire pour le passage
à l’étape 2 de la croissance, selon Rostow, est extrêmement lente à réaliser.
L’instabilité politique est grande dans beaucoup de pays en développement : les conflits ethniques et
tribaux, les guerres civiles, les conflits d’appartenance religieuse sont nombreux. L’instabilité qui en
résulte est un frein à l’investissement à long terme.
La présence de groupes sociaux monopolistiques et l’insuffisance de la mobilité sociale individuelle
constituent aussi des facteurs de blocages.
Les blocages d’ordre culturel : les valeurs qui prédominent dans les sociétés encore largement
traditionnelles peuvent être des freins au développement. Certaines sociétés valorisent la
consommation ostentatoire de biens de prestige et non pas l’épargne et l’investissement. Certaines
religions peuvent aussi constituer un frein au développement.
Pour Rostow, le développement serait un phénomène inéluctable. Certains pays ayant simplement
débuté le processus avant d'autres, tout ne serait donc qu'une question de temps. Mais, sous certaines
conditions, le développement pourrait être accéléré. W.W. Rostow dans son ouvrage « Les étapes de
la croissance économique » a tenté de « dégager les caractéristiques uniformes de la modernisation
des sociétés ». Selon lui, les sociétés parcourent au cours de leur développement cinq différentes
étapes : la société traditionnelle, les conditions préalables au décollage, le décollage, le progrès vers
la maturité et l’ère de la consommation de masse.
Malgré leur diversité les pays en développement possèdent un certains nombre de caractéristique
communes qui les différencient des pays développés. Ce sont : le revenu par tête d’habitant ; la
structure de la production et du commerce extérieur ; les indicateurs humains sociaux.
Les pays sous-développés qui appliquent les bonnes méthodes de développement économique (bonne
gouvernance, libéralisme économique (par exemple respect du droit à la propriété), etc.) améliorent
leur situation et peuvent devenir des pays émergents (cas de multiples pays d'Asie), puis des pays
développés (cas de la Corée du Sud passée du stade de sous-développé à un stade de pays très avancé).
Si nous observons ce processus dans le temps, nous remarquons que la troisième phase rejoint la
première ; l’accroissement de la productivité, provoqué par l’incorporation d’un capital nouveau et
par l’élargissement du marché, donne lieu à la création d’un nouvel excédent qui, approprié par le
groupe minoritaire, se transformera en capital nouveau, etc. la possibilité d’augmenter la productivité
et l’appropriation du fruit de cette augmentation par des groupes minoritaires constituent les points
stratégiques de ce processus. Ce sont ces deux facteurs qui, en dernier ressort, rendent possible la
croissance.
En réalité, si les ressources incorporées dans le processus productif ne provoquaient pas une réelle
augmentation de la productivité, l’accumulation ne donnerait lieu à aucune croissance et se bornerait
à différer l’acte de consommation. Par ailleurs, si le fruit d’une augmentation de productivité,
occasionnelle ou permanente, était entièrement distribué à l’ensemble de la population, le résultat en
serait une élévation occasionnelle ou permanente du niveau de consommation, l’économie passant
d’une position stationnaire à une autre.
Le schéma que nous venons de présenter se rapporte à des phases préliminaires du développement.
Dans ces phases, tant les biens de consommations que les biens accumulés ont fondamentalement la
même nature et peuvent donc être échangés. C’est pour cela que l’appropriation par des groupes
minoritaires est indispensable, afin d’éviter que la consommation n’absorbe la totalité du produit
(Celso, 1970 : 104-105).
Questions
1. Quels sont les facteurs à l’origine de la différentiation des peuples ?
2. Quels sont les éléments moteurs à l’origine d’un processus de développement ?
3. Quels sont les concepts pouvant servir de base de théorie de développement économique ?
4. Quelles sont les catégories de pays qu’on peut distinguer ? Quels sont les indicateurs les
caractérisant ?
5 Le sous-développement constitue-t-il véritablement un retard de développement ?
6. Quels sont les facteurs non économiques et les facteurs économiques à la base d’un processus de
développement ?
Etude de cas à partir de l’œuvre de Paul Bairoch (1992), Tiers-monde dans l’impasse, Gallimard,
Paris.
Grâce à son esprit d’ouverture, la civilisation européenne était une des plus avancées sur le plan
scientifique et technique.
Il est certain qu’un niveau de développement des sciences et des techniques et, surtout qu’un esprit
d’ouverture ait pu constituer en occident un substrat favorable à la révolution agricole d’abord et à la
révolution industrielle par la suite. Mais l’histoire économique et celle des techniques montrent que
pratiquement tous les progrès techniques qui ont accompagné la révolution agricole et surtout la
révolution industrielle furent le fait d’artisans parfois illettrés qui, empiriquement, mirent au point
(non d’invention) ou améliorèrent des machines. La science était presque totalement absente de ces
développements techniques qui accompagnèrent le début du démarrage économique. L’intervention
de la science n’a été que tardive.
- le déterminisme agricole
Le développement industriel aurait été presque impossible sans le développement agricole. Le rôle
primordial de l’agriculture se traduit par les faits suivant :
- prédominance des ruraux : 75 à 85% des actifs étaient de ruraux ; tant que la majorité n’avait pas
atteint le stade de rendements décroissants, une réduction de la population active employée dans
l’agriculture aurait signifié un faible niveau de production ;
- les rendements décroissants : la réduction de la population agricole ne constitue pas un handicap
tant que les exploitations agricoles n’ont pas atteint le stade de rendements décroissants. Dans le
cas où une forte proportion des exploitations agricoles a atteint ce stade, la réduction de la
population agricole est favorable au développement du secteur industriel. L’augmentation de la
productivité agricole permet de disposer de ressources pour l’acquisition des produits industriels.
L’histoire économique nous montre qu’en ce qui l’Angleterre et la quasi-totalité des pays qui ont
amorcé leur démarrage aux XVIIIè et XIXè siècle l’accélération des progrès du secteur agricole a
précédé celle des secteurs industriels.
échanges internationaux se traduit par un transfert du problème. Car le pays importateur de produits
industriels devrait avoir une productivité agricole suffisante pour consacrer à l’exportation une partie
importante de ses ressources agricoles. Ce qui suppose une productivité importante et continue du
secteur agricole. Ce qui est la cause principale du développement industriel.
conduira à une forte augmentation de la demande de biens non seulement agricoles mais également
industriels.
Ainsi, un accroissant de la demande de biens de consommation et, notamment, des produits textiles,
le développement agricole a fourni un stimulant très important au déclenchement de la révolution
industrielle.
La suppression de la jachère entraîne l’augmentation des labours et une usure rapide de l’outillage.
L’amélioration de l’outillage agricole se fait par le remplacement progressif du bois par le fer.
L’introduction d’outillages nouveaux : l’extension de l’usage agricole des chevaux et de la pratique
de la ferrure accroît la consommation totale de produits sidérurgiques.
Grâce à l’effet combiné de ces différents éléments, la demande de fer émanant de l’agriculture s’est
fortement accrue.
En même temps qu’elle accroît la demande de fer, la révolution agricole fournie aux agriculteurs les
moyens économiques nécessaires pour acquérir cette masse supplémentaires d’équipements grâce
aux augmentations de rendements. Comme la demande de fer émanant de l’agriculture est élevée,
elle fourni un puissant stimulant aux recherches en vue de supprimer le goulot d’étranglement devant
lequel se trouvait la sidérurgie locale (manque de bois comme combustible).
Villes et campagnes
«Selon une étude de la Banque mondiale, près de la moitié des richesses produites par les campagnes
africaines sont en fait appropriées par les villes.
Cette exploitation est faite de manière assez transparente. En son centre, on trouve souvent une pièce
commune, des centrales d’Etat, les Marketing boards, administrations publiques auxquelles est
accordé le monopole d’achat des produits agricoles. L’origine de ces boards est diverse. Parfois, ils
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ont été créés par les paysans eux-mêmes pour soutenir le cours des matières premières. Parfois encore,
ce sont les grands exportateurs qui les ont constitués pour exploiter – déjà- les petits paysans. Pendant
la seconde guerre mondiale, ils ont été souvent utilisés et développés par l’Angleterre pour
approvisionner ses armées. Toujours est – il qu’au lendemain de la guerre, les Etats nouvellement
créés ont ainsi hérité d’une administration efficace de la production agricole. Au motif que ces boards
pouvaient aider les paysans à stabiliser le cours des matières premières, les gouvernements en ont
maintenu le principe. L’idée était alors d’accumuler des réserves en périodes de vaches grasses, et de
les reverser aux producteurs en périodes de vaches maigres. (…)
Irrésistiblement les paysans ont été contraints de reverser toute leur production au pouvoir central,
aux prix les plus bas possibles. Très vite, les boards sont ainsi devenus le tuteur exigeant de la
production agricole et des matières premières. (…)
Cette exploitation des paysans a une origine simple : les élites sont toutes urbaines, ou en tout état de
cause, tiennent toutes des villes leur légitimité politiques. Ce sont les révoltes urbaines qui
déclenchent les coups d’Etat et les révolutions. Tout pouvoir en place redoute les émeutes de la faim
qui surgissent chaque fois que le FMI essaie de libéraliser le prix des produits alimentaires. Cette
épée de Damoclès urbaine induit ainsi un cercle vicieux. En maintenant le prix des produits agricoles
artificiellement bas, les pouvoirs urbains ruinent les paysans les plus vulnérables, les contraignant à
un exode rural qui les entasse dans des villes dont souvent la seule richesse est précisément de pouvoir
compter sur des prix agricoles subventionnés…quand on sait que plus de la moitié de la
consommation urbaine est constituée de produits alimentaires, on prend tout à la fois la mesure de
l’irréversibilité de ce processus, et de son absurdité. Les villes se gonflent de vagabonds, de laissés
pour compte, qui deviennent les soutiers d’une politiques dont ils ont été les premières victimes.
Briser ce enchaînement devient presque impossibles : les révoltes urbaines sanctionnent
immédiatement les gouvernement qui s’y essaient. La pauvreté des campagnes où vit, répétons le, la
majorité de la population, devient irréversible.
Le mercantilisme
Cet affrontement entre villes et campagnes est au cœur éternel de l’histoire humaine. (…). Il n’est
sans doute pas inutile de rappeler comment le passage des sociétés européennes d’un âge agraire à un
âge industriel s’est tout d’abord heurté à des politiques voulant pareillement « aider » les villes contre
les campagnes.
En des termes dont le parallélisme avec les politiques africaines est troublant, les pays européens à
l’heure de la Renaissance ont en effet cherché de la même manière à maintenir le prix des produits
agricoles aussi bas que possible. La circulation du blé était pareillement encadrée, son exportation
interdite, et l’importation favorisée. Cette politique n’est rien d’autre que celle menée par les Colbert
et autres ministres intègres de l’Europe des XVIè et XVIIè siècles. C’est ce qu’on a appelé le
mercantilisme. (…).
Or, on ne n’aide pas les villes en appauvrissant les campagnes : tôt ou tard les famines viennent
sanctionner un exode rural mal maîtrisé. Il n’y a pas de populations urbaines viables qu’à concurrence
du surplus venu des campagnes, surplus qui, pour être abondant, exige qu’on ne ruine pas les paysans :
tel est en substance le message que les auteurs « physiocrates », emmenés par le bon docteur Quesnay,
feront entendre au XVIIIè siècle. Abolir le faras des régulations favorables aux villes et « laissez-
faire » l’équilibre naturel que dicte la production alimentaire : c’est en défense des campagnes que le
libéralisme économique qui allait devenir le credo des sociétés industrielles au XIXè siècle va se
développer tout d’abord au XVIIIè siècle.
Et de fait, les progrès de l’agriculture sont, de l’avis des historiens, l’une des causes majeures de la
(première) révolution industrielle qui voit le jour à la fin du XVIIIè siècle. C’est dans les campagnes
en effet (par ce qu’on appellera la « proto-industrialisation ») que l’industrialisation se développera
tout d’abord, grâce au temps libre qu’offrira aux paysans une productivité agricole augmentée, dans
un équilibre mieux maîtrisé entre la production de biens industriels, le plus souvent textile, et celle
de biens alimentaires. Ce schéma est encore à l’œuvre aujourd’hui : il sert en effet implicitement de
Economie du développement/ L3-UFR-SJPEG/De Dr Y. SONGUE
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référence au développement [Link] même étude de la Banque mondiale qui concluait au pillage
des richesses agricoles africaines révélait aussi, par comparaison, que les campagnes coréennes ont
été subventionnées par les villes ! Comme on le voit, les paysans asiatiques ne se laissent pas dicter
leurs prix par les villes… La chine de Deng s’est elle-même conformée à ce modèle de développement
« physiocrate » : elle a d’abord laissé se développer la prospérité agricole, afin de bâtir aujourd’hui,
sur la prospérité retrouvée de ses campagnes, l’essor de son industrialisation.
Il est loisible de dire à l’inverse que les Etats africains sont restés quant à eux en deçà de ce modèle
de développement. Affamés de ressources fiscales, comme les Etats mercantilistes, mais ivres
également de corruption, les Etats africains ruinent leurs campagnes, dans la noble tradition ouverte
par les rois de l’Ancien régime. »
On peut penser que la situation a changé depuis les années 80, suite aux programmes d’ajustements
structurels. Au Burkina Faso, depuis 1991. Est-ce que la situation a véritablement changée ? Vu les
remouds des producteurs de coton ces deux dernières années. L’espoir c’est que la révolte n’est pas
cette fois-ci urbaine mais rurale.
Questions
1. Quels sont les éléments à l’origine de révolution agricole ?
2. Quels sont les éléments déterminant la révolution agricole ?
3. Quels facteurs psychologiques interviennent ?
4. Pourquoi le développement industriel n’a pas été un préalable au développement agricole ?
5. Pourquoi la révolution agricole ne s’est pas produite au Pays-Bas ?
6. Quels sont les éléments déterminant dans le processus révolution agricole, révolution industrielle ?
7. Quelle relation entre les différents secteurs ? Quelle analyse permet de les mettre en évidence ?
8. Quels sont les problèmes de développement agricole du Burkina Faso?
Chapitre 3: Aperçu sur les obstacles de développement des pays sous-développés suite à la
révolution industrielle.
Si l’on excepte les sociétés primitives (peu évoluées techniquement : par de métallurgie de fer, pas
d’armes à feu, pas d’utilisation de la roue), on peut avancer, avec assez de certitudes, que jusqu’à la
fin du xviiè siècle, les écarts dans les niveaux de développement économiques et techniques des divers
pays étaient peu important. Le niveau des pays aujourd’hui développés était alors voisin, voire, dans
certain cas et certains domaines, inférieur à celui de la majorité des pays aujourd’hui sous-développés.
Il y avait certes, des différences profondes dans les structures sociales et religieuses des sociétés qui
les composaient. Il y avait également, et il s’agit ici d’un élément persistant, des différences
climatiques importantes. Mais, pris dans leur ensemble, il est très difficile de déterminer lequel de
ces deux groupes de sociétés avait atteint, à l’époque, un niveau de développement économique plus
avancé, lequel de ces deux avait un niveau de vie plus élevé. Une telle absence d’écart significatif
entre les niveaux de développements économique des diverses sociétés non primitives était une
constance de l’histoire depuis quelques millénaires.
Puis, et on pourrait ajouter « tout à coup » apparut un phénomène nouveau et lourd d’implications.
Vers 1700, toute la structure économique anglaise commença à subir des mutations rapides. Ce que
les historiens ont appelé à juste titre, la révolution industrielle débutait.
En moins de deux siècles, le niveau de vie des pays touchés par la révolution industrielle se trouve
multiplié par plus de 15, le volume des échanges internationaux par plus de 100 et celui de la
production mondiale de biens industriels par plus de 2000. Cette expansion économique et technique,
sans cesse plus rapide, permet de favoriser des progrès scientifiques, lesquels à leur tour féconderont
le développement économique jusqu’à devenir un des moteurs essentiels de la croissance.
Pendant ce temps les trois quarts de l’humanité, qui étaient restés à l’écart de cette révolution
industrielle, subissaient les effets indirects de cette révolution, notamment en raison de la
colonisation, qui graduellement, s’étendant à la presque totalité du tiers monde. Mais, il faudra
attendre le milieu du xixè siècle pour que les effets indirects de la révolution industrielle soient
ressentis par l’ensemble des sociétés sous développées.
I. Préliminaires
Le début de la révolution agricole peut-être décrit schématiquement par l’application accélérée, sur
des terres peu peuplées, de techniques agricoles mises lentement au point dans des régions
confrontées à un problème de forte densité de peuplement. Une série de facteurs a handicapé le
processus de transmission aux pays sous-développés (SD). Il s’agit de la distance géographique, de
la densité de peuplement et surtout de la différence climatique.
L’Afrique dont on sépare le nord du sud du Sahara peut-être distingué par : au nord du Sahara, le
Maghreb, plus ou moins sous la domination Ottomane, avait un niveau de développement
économique et technique voisin de celui de l’Europe. Au sud, l’Afrique noire, dont de larges fractions
étaient encore primitives (…), avait aussi des foyers importants de civilisations avancées. Un exemple
significatif est celui de Bénin, qui avait atteint un niveau technique avancé proche de celui de l’Europe
des XI et XIIè siècle.
Dan « A Quand l’Afrique » P. 22-23, Ki-Zerbo, nous apprend que « L’Afrique a évolué comme tous
les autres peuples du monde, de façon progressive, depuis les premiers collectifs humains de
l’Antiquité égyptienne jusqu’au XVIè siècle, à travers des chefferies, des royaumes, des empires de
plus en plus importants, et ce, malgré le handicap du Sahara, qui occupe presque le tiers de l’Afrique.
Au Mali, un développement remarquable attesté par les savants et voyageurs de l’époque avait intégré
l’écriture et la civilisation autochtone du savoir et du pouvoir. Aux XIIIè et XIVè siècles, la ville de
Tombouctou était plus scolarisée que la plupart des villes analogues en Europe. Scolarisé en arabe,
mais parfois on exprimait les langues subsahariennes aussi par l’écriture arabe. Y professaient des
savants et des maîtres de l’enseignement supérieur qui étaient si prisés dans le monde de
l’intelligentsia – aussi bien de l’Afrique que du monde arabe et de l’Europe- que des disciples
traversaient le Sahara pour venir écouter ces maîtres de Tombouctou, de Djénné et de Gao.
Au XVIè siècle commença l’invasion extérieure : une ingérence de taille, avec les « grandes
découvertes » de l’Afrique au sud du Sahara et de l’Amérique latine. Ces découvertes ont entraîné,
comme vous le savez, la traite des Noirs. Après le génocide des indiens, la traite a coûté la vie à des
dizaines de millions d’Africains qui ont été arrachés à ce continent et expédiés dans des conditions
atroces au-delà de l’Océan. Aucune collectivité humaine n’a été plus infériorisée que les Noirs après
le XVè siècle. (…). » (Ki-Zerbo, 2004 P 22-23.
On peut considérer l’Asie, aussi, comme étant au début du XVIè siècle beaucoup plus avancé que
l’Europe. La Chine notamment possédait une technique de loin supérieur à celle de l’Europe ; dans
certains domaines l’avancée était considérable. Ainsi pour ne citer qu’un exemple, la chine médiévale
pouvait déjà fabriquer de l’acier au tungstène, technique que l’Occident ne maîtrisera qu’à la fin du
XIXè siècle.
La colonisation entraîna un recul du niveau de développement des sociétés autochtones, la
dépossession foncière entraîna un recul de l’agriculture indigène et l’artisanat urbain subit la
redoutable concurrence des industries plus productives d’Europe.
Dans le cas de la Chine, si la domination néocoloniale fut certes suffisante pour réduire à néant les
chances d’une industrialisation spontanée, il convient toutefois de noter que ses effets négatifs furent
plus restreints que dans le cas des colonies proprement dites d’Asie. Cela en raison notamment de
l’importance plus limitée, car plus tardive, de la pénétration commerciale européenne et de l’absence
de système de plantation. Cette importance plus restreinte de la pénétration des produits européens
est un des éléments qui expliqueraient la grande facilité relative que rencontre actuellement la chine
pour s’industrialiser surtout par comparaison avec l’Inde.
Le coût réduit du transport permet une dépendance extérieure. Les impératifs propres à l’exploitation
des territoires colonisés ont conduit à donner une configuration géographique spécifique au réseau
des voies ferrées du Tiers monde. En effet, contrairement aux pays européens où les lignes des
chemins de fer ont généralement commencé à relier des points situés à l’intérieur du territoire pour
former finalement une étoile dont le centre était la capitale, les réseaux des pays SD forment des
« entonnoirs » destinés à drainer le trafic vers un ou plusieurs ports ; et c’est bien entendu en partant
de ces ports que la construction des lignes à débuté.
augmentation de la population active agricole et étant donné les disponibilités extrêmement restreinte
d’extension des superficies des terres arables à des coûts économiques et aussi écologiques
raisonnables, il faut s’attendre à de nouvelles et substantielles réduction des superficies cultivées par
actif agricole. Or, l’accroissement des superficies cultivées par actif est une des conditions essentielles
de l’accroissement de la productivité.
Une augmentation rapide de la population totale conduit en général à une augmentation plus que
proportionnelle de la population en âge scolaire.
L’inflation démographique des pays du Tiers monde conduit non seulement à la nécessité de taux
extrêmement élevés d’investissement rien que pour maintenir le faible niveau de vie, mais elle
handicap sérieusement les progrès de la productivité agricole. En outre, elle accroît considérablement
le coût de l’éducation, de la formation général et technique, formation devenu indispensable au
développement.
techniciens dont la durée de formation est longue et dont le niveau d’éducation générale doit être
élevé. En outre, la proportion d’ouvriers et de cadres qualifiés nécessitée par l’industrie actuelle est
considérablement plus élevée qu’à la fin du XIXè siècle. Les pays SD se trouvent ainsi placés devant
un obstacle très important et qui était presque absent durant la révolution industrielle.
En raison, surtout, de la simplicité de la technique (qui permettait l’imitation) tous les pays qui ont
amorcé leur démarrage dans le courant du XIXè siècle ont basé leur industrialisation sur des biens
d’équipement produits localement.
Suppression de la barrière protectrice que représentaient les coûts de transports pour les
industries naissantes.
Isolant pratiquement chaque pays, cette barrière a permis la diffusion des effets indirects (résultant
du développement des divers secteurs) et la transmission à l’ensemble de l’économie des impulsions
initiales et cela par une série d’interactions dans lesquelles l’outillage a joué un rôle très important.
Cette barrière ne joue plus pour les pays SD.
Si des années 1850, on commença à construire des voies ferrées dans les pays SD, le gros de ces
programmes se plaça dans les années 1880-19910, au moment où, les effets de la réduction des coûts
de transport maritimes étaient déjà très grands.
D’autre part, une fois les lignes établies, aucun problème sérieux ne se posera pour
l’approvisionnement des chemins de fer. Tant en combustibles qu’en pièces de rechange : le coût
réduit du transport permettant une dépendance extérieure pour ces produits. Voilà les raisons
essentielles qui expliquent le peu d’effets induits sur l’industrie et sur l’économie en général de la
construction et de l’exploitation des chemins de fer dans les pays SD.
La réduction de la durée de transport intervient également en défaveur des pays SD, car par là le
handicap d’une dépendance envers l’extérieur pour les équipement et surtout les pièces de rechanges
se trouve réduit. Et l’avènement de l’aviation en tant que moyen de transport relativement peu
onéreux lorsqu’il s’agit de pièces de rechange n’a fait que diminuer encore les inconvénients
apparents de ne disposer sur place d’une industrie de bien d’équipement.
Présentons les conséquences sur le plan du développement de cette spécialisation à outrance dans la
production agricole non vivrière.
- Une agriculture de plantation organisée par et au profit d’habitant non autochtones,généralement
des citoyens du pays qui assurait le pouvoir politique sur ces territoires. Sans parler des conditions
sociales faites aux ouvriers employés dans ces plantations, l’effet principal d’une telle structure
d’exploitation réside dans l’exportation des profits et épargnes réalisées par les propriétaires de ces
plantations.
Economie du développement/ L3-UFR-SJPEG/De Dr Y. SONGUE
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- Non seulement l’épargne est exportée, mais la consommation de cette « élites » ne favorise que très
peu le développement local. La baisse des coûts de transport (favorisé par l’avantage d’un fret de
retour) incita à l’importation de la quasi-totalité des biens de consommation. Pour l’équipement
agricole nécessaire aux plantations, on s’apuie également sur les pays développés, réduisant ainsi
presque totalement l’effet indirect de ce développement agricle, qui a joué un rôle si important dans
les pays européens aux XIXè siècle.
- L’expansion des plantations a soustrait aux cultures vivrières une fraction significative des bonnes
terres, ce qui a contribué à réduire la productivité de cette agriculture vivrière qui est, le gagne-pain
de plus de 65% des populations du tiers monde.
- Les conditions politiques, jointes au peu de progrès de l’agriculture traditionnelle, ont permis le
maintien d’un niveau de salaires extrêmement bas. La demande globale de ce fait ne s’est que très
faiblement ou pas du tout accrue.
Le faible coût de transport constitue un obstacle important au démarrage économique des pays SD et
cela non seulement pour l’industrie manufacturière, mais également pour l’agriculture. L’industrie,
déjà handicapé par les problèmes de complexité de la technique moderne et par les faibles progrès de
la demande locale, se trouve aussi exposée à la concurrence des entreprises infiniment plus
productives des pays développés. La possibilité d’exploitation des minerais prive encore
l’industrialisation d’un facteur positif.
Le concept de développement peut aussi être appliqué à n’importe quel ensemble économique dont
la composition de la demande traduit des préférences individuelles et collectives basées sur un
système de valeurs.
Toutefois si l’ensemble économique présente une structure simple, c’est à dire si la demande n’est
pas auto-engendrée, comme dans le cas d’une entreprise ou d’un secteur productif spécialisé, il est
préférable d’éviter le concept de développement et d’utiliser celui de croissance.
En effet, le concept de développement contient l’idée de croissance, mais la dépasse, car il se réfère
à l’accroissement d’un ensemble de structure complexe. Cette complexité structurale n’est pas une
simple question de niveau technologique : elle traduit en réalité la diversité des formes sociales et
économiques qu’engendre la division du travail social et la multiplicité des besoins à satisfaire.
Celle-ci suit l’action permanente d’une multiplicité de facteurs sociaux et politiques qui échappent à
l’analyse économique courante. C’est dans cette optique que François Perroux a défini le
développement comme « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population
qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit social global ».
On peut donc admettre que la croissance est l’augmentation de la production au niveau d’un secteur
productif spécialisé, et que le développement constitue le même processus quand on l’envisage du
point de vue de ses répercussions sur l’ensemble économique de structure complexe qui comprend le
secteur en question.
Considérons les modifications, que nous avons qualifié de structurales, inhérentes au processus de
développement. En fonction des ressources disponibles et d’un horizon technologique connu, la
collectivité, par l’intermédiaires de certains agents économiques, élabore son plan de production,
lequel doit être comparable avec les plans de dépenses ou les projets de vie conçus par les membres
de cette collectivité dans le cadre de la répartition du revenu et d’autres données institutionnelles.
Admettons que, pendant une période déterminée, se produise une augmentation de productivité et
que, en conséquence, la population détermine un volume de revenu réel supérieur au volume prévu.
La forme de répartition du revenu additionnel et les élasticités-revenu de la demande des biens de
consommation seront responsables des modifications qui se produisent dans la demande globale.
Certains secteurs seront privilégiés, tandis que d’autres verront leur demande stationnaire, ou même
en régression. Le nouveau profit de la demande entraînera des modifications dans l’affectation des
ressources productives.
Exemple
Un coefficient budgétaire est la part, exprimée en pourcentage, de la consommation d’un bien i dans
la consommation totale. Si le coefficient budgétaire du bien i est noté bi, la consommation Ci et la
dépense totale C, le coefficient budgétaire est défini par : bi = (Ci/ C)*100
Quelle est la signification de cette chaîne de modification dans l’agencement interne du système
économique ?
Si nous observons ce processus du point de vue des décisions qui ont été prises, et non pas comme
des modifications intervenant dans les relations entre variables abstraites, nous constatons, d’une part,
que la collectivité a modifié ses plans de dépenses afin de les adapter au nouveau plan de vie de la
collectivité. L’adaptation de la structure du système de production se fait par approximations et, dans
ce processus, la capacité d’auto-transformation du système de production joue un rôle important.
Il n’existe pas de rapport unique et nécessaire entre l’élément moteur (ici, l’augmentation de la
productivité), et la chaîne de décisions qu’il induit. Différents facteurs interviennent dans ce
processus. Imaginons l’hypothèse simple d’une augmentation imprévue de productivité dans
l’industrie sidérurgique d’un pays, par suite d’une baisse relative des prix du minerai de fer importé
ou produit dans une nouvelle mine au rendement plus élevé. La direction de celle-ci considère qu’il
est de son intérêt de ne pas réduire les prix des produits sidérurgiques. Il est évident que la
modification du profil de la demande globale de la collectivité dépendra essentiellement de la façon
dont seront utilisés les plus grands bénéfices de l’industrie sidérurgique.
Imaginons encore une autre hypothèse ou la plus grande productivité se traduise par une réduction
des prix des produits sidérurgiques. On doit alors s’attendre à une baisse des prix relatifs des
équipements, ce qui, les autres facteurs restant constant, entraîne une élévation de l’efficacité
marginale des investissements. Nous nous trouvons ainsi devant deux chaînes de décisions distinctes,
qui ont pour origine la même impulsion.
Economie du développement/ L3-UFR-SJPEG/De Dr Y. SONGUE
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Il convient donc de distinguer, dans l’analyse l’impulsion initiale (qui peut être un phénomène
exogène au système économique) et les mécanismes de propagation de cette impulsion (l’étude exige
la dynamisation des modèles par l’introduction de rapports entre variables qui se rapportent à
différentes périodes de temps).
La structure du système économique a son fondement dans les éléments institutionnels, ainsi que dans
les ressources naturelles, dans les données technologiques et dans certains modèles de comportement
définis dans chaque société. C’est grâce à la stabilité relative de ces données institutionnelles,
physiques et psychologiques, que les variables économiques (définies comme étant les principaux
éléments représentatifs de la réalité économique) présentent des uniformités qui peuvent être objet
d’analyse.
La forme la plus simple de représentation d’ensemble du comportement des variables économiques
est la technique de l’analyse de l’input-output developpée par Wassily Léeontief. L’objet de celle-ci
est de d écrire la chaîne de décisions induites par les décisions privilégiées, qui sont celles des agents
directement responsables du niveau de la demande globale : les consommateurs, les investisseurs, le
gouvernement, et les importateurs étrangers. Les transactions entre secteurs deviennent alors des
variables endogènes du modèle.
Quand la productivité est faible, la satisfaction des besoins les plus immédiats de la population
absorbe une grande partie de la capacité productive. Nous pouvons par exemple observer que dans
les économies à très faible productivité 80% ou plus de la population active travaille pour satisfaire
les besoins de subsistance de la collectivité. A ce niveau de productivité, l’excédent disponible pour
satisfaire différentes formes de consommation ou pour couvrir des investissements est extrêmement
petit, ou même nul. Il est donc probable qu’un processus d’accumulation du capital puisse prendre
naissance grâce à une action endogène.
En outre, le revenu étant distribué de façon inégale, il existe une demande de biens non agricoles et
de services, même dans les communautés à plus faible productivité, de la part de minorité privilégiées,
demande qui absorbe la capacité productive non utilisée pour la subsistance de l’ensemble de la
collectivité. Ainsi, la combinaison d’un faible niveau de productivité et d’un certain degré de
concentration du revenu implique que la presque totalité de la population doit rester en dehors de
l’économie d’échange, ou mieux, qu’elle doit se contenter de produire pour subsister.
Le développement prend la forme d’une introduction de combinaison plus productive des facteurs de
production. Ces nouvelles combinaisons exigent presque toujours un agencement de facteurs dans
des proportions différentes de celles qui prévalent auparavant. Les modifications se font dans le sens
de plus grandes doses de capital par unité de main-d’œuvre ou de ressources nouvelles.
L’évolution structurelle qui accompagne le développement économique implique donc des accroissements de
productivité, de même que des augmentations du capital national par rapport à d’autres intrants comme le
travail. Elle suppose également des retournements majeurs entre les secteurs de production.
L’évolution des structures économiques qu’entraîne le développement présente une caractéristique claire :
l’augmentation du revenu individuel s’accompagne d’un accroissement du produit national brut. On peut
imaginer une situation dans laquelle un pays quitterait un état de pauvreté pour accéder à la prospérité en axant
son effort sur l’agriculture, mais ce type de croissance ne s’est pas encore produit. Tous les pays qui ont mis à
leur actif un revenu individuel élevé ont également connu une mutation démographique, la majorité des gens
quittant les zones rurales et l’agriculture pour les villes et le travail industriel. Tous ont vu leur valeur ajoutée
industrielle s’accroître dans le produit national brut.
Le fait s’explique principalement par la loi d’Engel. ERNST Engel, au XIXè siècle, a découvert que
l’augmentation des revenus des familles se traduisait par une baisse de la proportion du budget que celles-ci
consacraient à l’alimentation. Le secteur agricole ayant pour principale fonction de produire des denrées
alimentaires, cela signifiait que la demande de ces produits n’augmenterait pas aussi vite que celle des produits
et services industriels, et que, dans ces conditions, la part de l’agriculture dans le produit national déclinerait.
Ce rapport vaut pour tous les pays qui ont connu un développement soutenu.
Conclusion
Le développement mental, culturel peut être compris à travers cette citation « Je me trouve donc
dans l’obligation de conclure que le développement économique ou son absence sont dus avant tout
à des différences entre les personnes : différences dans leurs attitudes, dans leurs coutumes, dans leurs
traditions et en conséquence dans leurs institutions politiques, sociales et religieuses. » Telle a été la
leçon tirée par Robert L. Garner de son expérience de quatorze années aux postes de vice-président
de la banque mondiale et de président de la société financière internationale.
Le développement économique est l’augmentation du revenu par habitant et les transformations des
structures de production.
Le développement social (le bien-être) est l’amélioration des conditions de vie (éducation, santé,
alimentation, mutation des structures démographiques, transformations politiques : démocratie,
liberté) qui accompagne le développement économique.
Le développement économique est un préalable au développement social. Un développement
économique plus rapide conduit à un développement social conséquent.
Le développement politique ?
Questions
1. Quelles sont les caractéristiques économiques du développement ?
2. Quelles sont ses répercutions sociales ?
3. Commenter ces tableaux. Que mettent-ils en évidence.
Tableau 1 : répartition des emplois entre l’agriculture, l’industrie et les services selon une sélection de pays
1980-1992 (en pourcentage des actifs).
Agriculture Industrie service
à faible revenu
Ethiopie 85 2 10
Mali 85 2 10
Chine 73 14 13
à revenu moyen
Russie 20 16 34
Mexique 23 29 48
Corée du Sud 17 36 47
à revenu élevé
Royaume Uni 2 28 70
Japon 7 34 59
Etats-Unis 3 25 72
Source : Extrait de PNUD, Rapport sur le développement Humain, 1994.
Tableau 2 : Investissement intérieur, espérance de vie à la naissance, taux d’analphabétisation des adultes
selon une sélection de pays.
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EXERCICES
Exercice 1
On considère l’économie du Burkina Faso. Quels sont les secteurs filières porteurs de développement.
Lesquels ne le sont pas ?
On veut promouvoir la filière tomate.
1. Quels sont les acteurs devant intervenir et dans quel domaine ?
2. Pour la motivation des producteurs de tomate, quelle réforme doit-être entreprise ? quels les acteurs
dans la mise en œuvre d’une telle réforme ?
3. Indiquer les blocages qui peuvent subvenir suite à la faillite d’un acteur.
4. Que faut-il pour qu’un processus d’industrialisation puisse se mettre en place.
5. Indiquer les contraintes qui doivent être levées pour que l’unité industrielle soit viable.
6. Indiquer les contraintes pour le promoteur individuel
7. Montrer que le développement n’est pas une seule question de capital. Que suppose le
développement ?
9. Qu’appelle-t-on développement auto-entretenu ? Dans le cas de la filière tomate, quelles sont les
contraintes d’un telle développement ?
10. Décrire la stratégie des industries industrialisantess et indiquer ce qui pose problème dans le cas
du Burkina Faso.
11. Quelle préalable faut-il pour la réussite de la stratégie de substitution aux importations.
Exercice 2 :
On considère un promoteur d’unité de production de patte de tomate. Il dépense 1000F à l’achat des
tomates, 5000F pour les unités de transformation, 3000F pour la construction des bâtiments dont
1500F en biens importés ; 1500F en achat de consommation intermédiaire dont 1000F en électricité
et eau et 500F en carburant. Les dépenses en salaires se chiffrent à 200F par mois.
Le producteur de tomate dépense en consommation intermédiaire 600 (insecticide, herbicide,
semences, fertilisant chimiques).
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Dans le débat sur le développement, il semble, selon BasuK. (2002), que l’on s’achemine enfin vers un
consensus, selon lequel les nations en développement, au lieu de consacrer leur efforts à augmenter les taux
de croissance de leurs PIB ; PNB et autres agrégats, devraient plutôt tenter de réussir un « développement
humain » ou un « développement exhaustifs ». Ces deux objectifs participent d’une volonté de ne pas se limiter
à des objectifs économiques étroits et d’y associer des objectifs plus larges, dans le domaine social et politique.
En cherchant frénétiquement à maximiser la croissance du revenu, on a ignoré les inégalités entre les classes
sociales, entre les régions, entre les sexes.
Stiglitz souligne la nécessité de prendre en considération les améliorations possibles dans le domaine de la
distribution du revenu, de l’environnement, de la santé publique et de l’éducation. Dans une série de
publication, Sen (1983, 1985, 1999) a souligné la nécessité d’en finir avec les premières approches
matérialistes et d’évaluer le développement et le progrès davantage en termes de fonctionnement et de capacité.
La banque Mondiale a récemment préconisé un élargissement des objectifs par rapport à ceux que se fixe la
macroéconomie classique (revenu national, équilibre fiscal et stabilité de la balance des paiements) pour
prendre en compte le « développement social », notion englobant les droits fondamentaux, un système légal
égalitaire, l’alphabétisation et la santé publique.
Pour appréhender le développement social, nous nous appuierons sur le concept de pauvreté. Jusqu’aux années
1990, il existait peu d’études spécifiquement centrées sur la pauvreté. La pauvreté avait été assimilée aux
conséquences du sous-développement. C’est au cours des années 90 que des études vont être menées et des
stratégies vont être élaborées, notamment les stratégies de lutte contre la pauvreté.
1. Définition de la pauvreté
La pauvreté a fait l'objet de nombreux débats au cours de l'histoire. Dès 1776, Adam Smith décrit le concept
comme privation des nécessités de la vie quotidienne. Si elle paraît être un phénomène visible, concret,
aisément reconnaissable, surtout dans le contexte des pays en voie de développement, elle n'en reste pas moins
un concept difficilement définissable et mesurable. La pauvreté est donc un concept polysémique et multi
dimensionnelle. Les définitions proposées engendrent des instruments différents pour la caractériser et la
mesurer sous ses formes les plus diverses. Parmi ces définitions, celle de la banque mondiale parait plus
complète puisqu’elle intègre l’accès et le contrôle des ressources de production, les privations humaines, le
manque de moyen d’actions, de pouvoir, et l’insécurité. Ainsi, elle définit la pauvreté comme : « une privation
inacceptable de la condition humaine du point de vue des opportunités économiques, de l’éducation, de la
santé, et de la nutrition autant qu’un manque de moyen et de sécurité ». De façon générale, les définitions
de la pauvreté s’articulent autour de 2 approches : l’approche utilitariste de Ravalions (1998) et l’approche
sociologique développé par Sen basé sur la philosophie de manque ou de capacités
Les dépenses de consommation traduisent non seulement celles qu’un ménage peut disposer selon ses
revenus actuels mais aussi la possibilité pour ce ménage de trouver du crédit ou de mobiliser son épargne
lorsque son revenu est faible voire négatif. La consommation donne alors un meilleur aperçu des conditions
de vie à long terme, que les revenus actuels.
Dans les pays pauvres à dominance agricole, les revenus des ménages varient sensiblement en fonction
des cycles de récoltes. Il peut être alors difficile de faire des ajustements saisonniers. Par ailleurs, pour bien
mesurer les revenus nets, les ménages agricoles doivent consigner et garder en mémoire les revenus bruts y
compris l’autoconsommation de produits agricoles ainsi que les biens de production qu’ils ont achetée.
Dans les pays où le secteur informel est développé, les ménages peuvent avoir de la difficulté à se
rappeler avec exactitude les revenus tirés des nombreuses activités secondaires.
La pauvreté des conditions de vie
Selon cette approche, la pauvreté résulte de l’impossibilité de satisfaire les besoins qui permettent de mener
une vie décente dans une société donnée. Elle peut s’exprimer par l’insuffisance de satisfaction des besoins
essentiels relatifs à l’alimentation (insécurité ou déséquilibre alimentaire) à la santé, à l’éducation, à l’accès à
l’eau potable. Elle est plus difficile à cerner que la pauvreté monétaire du fait de son lien avec l’environnement
socioculturel de l’individu ou du ménage. Elle se mesure donc par une panoplie d’indicateurs qui retracent
l’accès aux services sociaux de bases (taux de malnutrition, taux de mortalité infantile, de scolarisation,
d’alphabétisation etc.
La pauvreté des potentialités
La pauvreté des potentialités est définie comme un manque de moyen permettant de sortir de la pauvreté, de
vivre correctement et de mettre en valeur ses capacités individuelles. Cette approche permet d’approcher la
pauvreté à sa source en le considérant comme le résultat d’une incapacité à saisir les opportunités qui se
présentent en raison d’un manque de capacité résultant par exemple d’une santé déficiente, d’une éducation
insuffisante, d’un déséquilibre nutritionnel. Dans cette vision, on devient pauvre suite à des modifications dans
le patrimoine (par faillite), dans le capital humain (handicap) ou dans le capital social (rupture ou exclusion
familiale).
autre schéma : sur la base des données de l’enquête, la structure des dépenses totales a été calculée en retirant
les 10% les moins plus pauvres et les 10% les plus « riches ». Cette structure a été transposée chez l’individu
dont les dépenses couvrent les «aliments de base» et les produits de base non alimentaires (seuil de pauvreté
absolu).L’avantage de cette méthode est qu’elle permet à chaque pays de fixer ses propres seuils de pauvreté.
Elle est souvent utilisée pour les pays en voie de développement.
Selon l’approche relative, le seuil est fixé par rapport à la distribution des revenus ou de la consommation de
l’ensemble de la population, c'est-à-dire que sur les bases de distribution des revenus ou de la consommation,
on fixe un pourcentage de la population soit par exemple les personnes qui ont un revenu inférieur à la moitié
du revenu moyen.
En France par exemple, une personne est pauvre si son niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie
médian de la population française. On obtient ainsi une estimation de la pauvreté relative. Cette approche se
base sur l’utilisation des données courantes pour générer un seuil de pauvreté. Une comparaison de la pauvreté
absolue et celle relative montre que ses deux concepts sont complémentaires. La différence est que l’approche
absolue utilise des données brutes alors que l’approche relative utilise des données courantes.
Chacun de ces éléments étant noté de 0 à 1. L’indice est la moyenne pondérée des trois notes.
Tableau : Les bases de calcul de l’IDH
Les variables prises en compte Les bases de calcul Critères de notation
La longévité (L) L’espérance de vie à la naissance 25 ans = 0
85 ans = 1
L’instruction (I) -Le taux d’alphabétisation des 0% =0
adultes compte pour 2/3 100% =1
-le nombre d’années d’étude des 0 année = 0
enfants compte pour 1/3 15 années = 1
Le niveau de vie (Y) Le revenu est mesuré en§/h En 1995 :
corrigé des parités des pouvoir 200§/hab = 0
d’achat. 5385§/hab = 1
Source : Louat (1999 :)
Plus l’indicateur est élevé, plus le pays se rapproche des pays développés. Un IDH inférieur à 0,5 refère un
faible niveau de développement humain. La tranche intermédiaire est délimitée par les IDH 0,5 et 0,8. Les
pays les plus développés ont un IDH supérieur à 0,8.
L’Indice de développement humain (IDH) du Burkina Faso demeure faible (0,305 en 2010, 0.340 en 2011 et
0.343 en 2012) et inférieur à la moyenne en Afrique sub saharienne qui est de 0.475 en 2012 et même pour
l’année 1980 qui était de 0.365.
Les indicateurs non monétaires de bien-être ont aussi connu une évolution au cours des années. L’analyse de
la capacité des populations à satisfaire leurs besoins de base fait ressortir que le déficit social demeure
relativement visible dans les domaines de l’énergie, du logement et de l’assainissement. En revanche, il a
fortement reculé dans le domaine de l’eau potable Le pourcentage de ménage utilisant l’eau de forage est
passée de 31% en 1998 à 40,4% en 2003
Le CSLP global, était soutenu à la base par 13 cadres stratégiques régionales de lutte contre la pauvreté
(CSRLP) et des programmes sectoriels de réduction de plusieurs dimensions de la pauvreté.
Au titre des programmes sectoriels, on peut citer le PDDEB (programme décennal de développement de
l’éducation de base), PNGT (programme national de gestion du terroir), le PRPC (programme de réduction de
la pauvreté au niveau communal), le programme d’hydraulique villageoise et de développement rural. A côté
de ces grands programmes il y a eu une multitude de projets de développement rural (PDR) ou local (PDL) et
des projets spécifiques d’appui à des filières agricoles ou à des régions qui contribuent à l’effort global de
réduction de la pauvreté.
Aussi la Stratégie de développement rural (SDR) à l’horizon 2015 : adoptée en 2003, son objectif est « assurer
une croissance soutenue du secteur rural en vue de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au renforcement de
la sécurité alimentaire et à la promotion d’un développement durable ». La SDR s’est traduite par l’élaboration
du Programme d’investissement du secteur de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques
(PISA), du Plan décennal d’action de l’environnement et du cadre de vie (PDA/ECV) et du Plan d’actions et
Programme d’investissements du sous- secteur de l’élevage (PAPISE) ainsi que de la politique nationale de
développement durable de l’élevage (PNDEL). En effet, les grands défis que se donnait l’Etat burkinabè étaient
de réduire le niveau de pauvreté à 30%, la vulnérabilité face aux crises de toute nature et l’inégalité entre les
différentes régions et groupes socioéconomique. Les résultats de mise en œuvre du CSLP ont été très mitigés
comme le confirme les résultats des enquêtes sur les conditions de vie de ménages. Ce bilan de la lutte contre
la pauvreté, montre que le développement du Burkina Faso est sujet à des contraintes qui méritent d’être repérer
et levées afin d’atteindre les objectifs du millénaire qui est de réduire de moitié l’extrême pauvreté. En effet,
la croissance économique était appréciable (≈ 5% en moyenne par an entre 2000-2010), des progrès ont été
remarqués dans le domaine de la gestion des finances publiques, dans le domaine de l’amélioration de l’accès
aux services sociaux de base. Toutes fois la fragilité et de la grande vulnérabilité des chocs externes indiquent
que les difficultés demeurent.
En somme, le CSLP s’est avéré impuissant à lutter efficacement contre la pauvreté. C’est pourquoi, Au regard
des acquis et surtout des insuffisances constatées dans la mise en œuvre du CSLP. La SCADD (stratégie de
croissance accélérée et de développement durable) a été adopté en 2010 comme nouvelle stratégie de lutte
contre la pauvreté en remplacement du CSLP.
Quatre axes sont identifiés pour relever le défi de l’accélération de la croissance et du développement durable :
- Axe 1 : Le développement des piliers de la croissance accélérée
- Axe 2 : La consolidation du capital humain et la promotion de la protection sociale
- Axe 3 :Le renforcement de la bonne gouvernance
- Axe 4 :La prise en compte des priorités transversales dans les politiques et programmes de
développement
On note donc l’adoption du Programme national du secteur rural (PNSR) le 24 octobre 2012, qui
opérationnalise la SDR et la SCADD et a pour objectif de « contribuer de manière durable à la sécurité
alimentaire et nutritionnelle, à une croissance économique forte, et à la réduction de la pauvreté»
Etude de cas
Extrait du livre de Daniel Cohen (1997) : Richesse du monde, pauvretés de nations , Flammarion. p. 18-19.
Cas 1
« … L’Homme le plus pauvre du monde est sans doute (…) une femme : une femme africaine. (…) Tous les
jours, elle doit marcher plus de deux heures pour se rendre à son lieu de travail. Elle porte sur la tête jusqu’à
50 kg de charges, sur le dos son dernier enfants, et dans le ventre, bien souvent, un enfant à naître. (…). Les
tâches domestiques ou de production sont faite par des femmes. Les jeunes filles sont mises à contribution dès
l’âge de 10 ans. Elles pilent …, s’occupent des enfants plus jeunes. A 14 ans ; elles seront mariées…parfois
carrément vendue…. » Rapport certains propos de René Dumont , Démocratie pour l’Afrique, paris, Le Seuil,
1991.
1. Quelles sont les causes de ces situations ?
2. Quelles politiques (solutions) de développement pour en sortir ?
Cas 2
«Il n’est pas excessif de dire que les femmes africaines sont les esclavages d’aujourd’hui. (…) L’exploitation
des femmes provoque un cercle auto-entretenu de pauvreté. Elle dispense en effet les hommes d’investir dans
la machine. L’épargne sert à acheter une autre femme, qui donnera d’autres enfants qui travailleront pour le
père ou seront vendus, si ce sont des filles »
Quelles politiques de développement pour en sortir ?
Exercice
Les enquêtes nationales sur les conditions de vie des ménages menées successivement en 1993,1998 2003 et
2009 par l’INSD au Burkina Faso ont permis d’estimer les seuils de pauvreté suivants : 41.099 FCFA en
1994 ; 72.690 FCFA en 1998 ; 82.672 FCFA en 2003 ;et 130.735 FCFA en 2009 par adulte et par an. Ces
seuils ont permis d’évaluer les indices d’incidence, de profondeur et de sévérité de la pauvreté selon le milieu
présentées dans le tableau ci-dessous.
La théorie classique de la croissance (D. Ricardo, R. Malthus, Stuart Mill) peut être aisément schématisée.
Soit OW une fonction de consommation linéaire : cela signifie que le salaire s’ajuste sur le minimum vital.
Soit TP la production pour différents niveaux d’offre de travail. (Y = f(L), la fonction de production est concave
car les rendements sont décroissants).
Revenu (Y) W
TP’
TP
E3
Y2 E2
Y1 E1 W2
W1
0 L1 L2 L3 Travail (L)
Phase 1
Pour une quantité de travail OL1, la production est donnée OY1. Le salaire se fixe à son niveau d’équilibre
naturel (minimum vital), soit en W1. Ce salaire est intégralement consommé. Un surplus se forme égal à la
différence entre la production totale OY1 (ou L1E1) et la consommation (L1W1), soit W1E1 ce surplus.
Si la population était constante et donc l’offre de travail également, l’accumulation du surplus ferait croître la
demande de travail et ferait porter le salaire de W1 à E1. Mais comme les salaires sont supérieurs au minimum
vital, l’offre de travail est stimulée et s’accroît (« trappe malthusienne » : les individus préfèrent avoir des
enfants plutôt que de voir augmenter leur salaire et leur niveau de consommation) pour passer de OL1 à OL2.
Phase 2
Pour cette nouvelle quantité de travail, la production se fixe en Y2 et le nouveau surplus est W2E2. Les
rendements décroissants, le processus continue jusqu’au point E qui correspond à l’état stationnaire des
classiques. La production couvre alors seulement les besoins de base. La fin de l’accumulation est atteinte
faute de surplus.
La théorie classique néglige l’effet de la croissance du capital parallèlement à celle de la population. Or cette
accumulation du capital, associée à du progrès technique, permet d’augmenter la productivité du travail de
telle sorte que la courbe de production peut se déplacer de OTP vers OTP’, ce qui repousse la frontière des
possibles (courbe des possibilités de production).
Il s’agit de déterminer le niveau d’investissement permettant à la fois d’accroître l’offre et la demande étant
donnée la propension à l’épargne et le taux de croissance démographique de la communauté considérée.
La fonction de production est à facteurs complémentaires, c’est à dire que la réalisation d’une production
donnée Y nécessite des volumes déterminés de L et K. Les technologies sont statiques rigides dans leurs
spécifications.
Pour accroître l’offre, il faut un taux d’investissement (i) et une productivité du capital (1/k’) :
Le taux de croissance de l’offre (Y/Y) est g = i* 1/k’
Offre : g = i*1/k’ = ∆K/Y* ∆Y/ ∆K = ∆Y/Y i = ∆K/Y = I/Y, k’ = ∆K/ ∆Y = I/∆Y
Pour accroître la demande, la formation du capital à travers le taux d’épargne (s)accroît lerevenu : g = s*
1/k’ ; s = g*k’.
Demande : g = s’*1/k’ s = S/Y = I/Y = ∆K/Y
Prise en compte du facteur travail
si l > g sous emploi ;
si l = g plein emploi ;
si l < g déficit de l’offre de travail ;
si l = 0, la productivité du travail est égale à q = g = i*1/k’.
Il y a trois taux de croissance : g = taux de croissance effectif (observé), ge = taux justifié (ou d’équilibre I =
S), gl = taux naturel (ou de long terme).
Or gl et ge sont déterminés par des facteurs indépendants (ge dépend de la capacité d’épargne) :
- si ge < gl, il y a insuffisance d’épargne et croissance de sous emploi,
- si ge > gl, l’expansion permise par le taux d’épargne vient buter sur l’insuffisance de l’offre de travail
et/ou de la productivité du travail (insuffisance de la capacité d’absorption = manque d’infrastructure,
insuffisance des qualifications, ou étroitesse du marché).
Le coefficient du capital k est constant. Les propensions à épargner sont constantes, mais elles sont différentes
selon deux groupes sociaux représentatifs de la société (capitaliste et ouvriers, agriculteurs et non agriculteur,
nationaux et étrangers, …)
Le revenu est égal à la somme des salaires plus des profits : (1) Y = W + P.
L’épargne totale est égale à celle des capitalistes et de celles des ouvriers : (2) S = Sp + Sw ou (3) S = sp*P +
sw*W avec sp et sw, les propensions à épargner respectives des capitalistes et des ouvriers.
et 1 - étant les élasticités de la production par rapport à K et L. Le choix entre les combinaisons différentes
K/L se fera en fonction des prix relatifs des deux facteurs. La production maximale est obtenue lorsque le prix
des facteurs égalise leurs productivités marginales respectives. La condition d’équilibre (ex ante) est : S = sY
= I.
Le point de départ est le « cercle vicieux de la pauvreté » (R. Nurkse, 1955). « Du côté de l’offre, il y a une
faible capacité d’épargne qui du bas niveau de revenu réel. Le faible revenu est lui-même le reflet de la faible
productivité, qui résulte à son tour- pour une large part, du manque de capital. Ce manque de capital est le
résultat de la faible capacité d’épargne, et le cercle se trouve ainsi fermé. Du côté de la demande, l’incitation
à investir peut être faible à cause du pouvoir d’achat réduit des gens, conséquence de la faiblesse de leurs
revenus réels, laquelle est de nouveau du à la faible productivité».
En deçà d’un certain niveau de revenu, l’accumulation du capital n’est en conséquence pas possible, le marché
étant exigu et la propension à épargner faible, ce qui ne permet pas d’accroître le stock de capital et le niveau
des techniques de production.
Pour obtenir un cercle « vertueux » de croissance, une impulsion initiale du côté de l’offre provoquant un
processus cumulatif d’enchaînement d’effets externes, est cependant indispensable. Le développement est en
effet subordonné à la création d’un minimum d’infrastructures économiques et sociales (capital social
minimum) qui sont des préalables à l’apparition de liens de complémentarités entre les activités et les
secteurs.
La mise en place de ce capital de base –effort minimum critique- permet de dépasser un seuil rompant
l’équilibre statique et entraînant un processus cumulatif auto-entretenu.
- les économies externes horizontales propagées entre unités de secteurs différents et sans liens techniques :
les revenus distribués par les unes servent de débouchés pour les autres. Les baisses de prix d’une unité,
obtenues grâces à des efforts de productivité, peuvent bénéficier à d’autres. Ces économies sont surtout
prises en compte dans la théorie de la croissance équilibrée.
- ceux qui concernent les activités directement productives (ADP) pour lesquels le critère de choix est celui
de la rentabilité microéconomique ;
- ceux qui concernent les infrastructures économiques et sociales (IES) qui conditionnent le développement
en créant l’environnement approprié à l’investissement productif.
Le critère de choix entre les deux grands types d’investissement est celui de la productivité marginale sociale :
il faut répartir le fonds d’investissement entre les ADP et les IES de façon à dégager le maximum d’emploi et
de valeur ajoutée au moindre coût.
- les effets de liaison vers l’amont (backward linkage effets) sont le résultat d’une demande supplémentaire
émanant des secteurs de consommation résultant d’un besoin d’approvisionnement : une hausse de la
demande de bières peut déterminer non seulement un accroissement de la capacité existante de la brasserie,
mais dans une certaine mesure le lancement de la production intérieure de bouteilles, de la culture de
l’orgue et toute une chaîne de répercussions de ce genre ;
- Les effets de liaison vers l’aval (forward linkage effects) surviennent avec l’extension de la capacité de
production des biens produisant des intrants et avec l’apparition d’un débouché. Quand par exemple un
produit de base devient disponible (engrais par exemple), alors les utilisateurs potentiels seront incités à
se porter acquéreurs de ce bien, ce qui aura pour conséquence d’accroître la production en aval, et la
productivité. Il ne suffit pas que le produit de base existe, encore faut-il qu’il soit effectivement disponible
à un prix compatible et que son utilisation se justifie par un accroissement des débouchés finaux ;
- Les effets boomerang et les remontées de filières. Les effets de liaison vers l’aval –s’ils se produisent-
engendrent un accroissement de la demande des secteurs aval vers l’amont (effet de liaison vers l’amont).
Et inversement, d’où un processus en chaîne ou en spirale jouant de manière progressive.
On peut dater l’apparition de la littérature sur la croissance endogène de la publication du modèle de Romer
(1986).L’idée de base de ce modèle est que si la productivité marginale du capital est non décroissante alors
l’économie peut croître sans limite. Mais elle est décroissante et freine l’incitation des agents à accumuler.
Le capital apparaît comme le seul facteur de production. Le travail est assimilé au capital humain qui est
accumulable, et qui agrégé au capital physique donne le concept de capital élargi K.
Q = f(K) ; Q = AK
La productivité marginale de ce facteur (K), accumulable, et non nulle à long terme.
Pour les économies en développement, le problème réside dans la répartition du temps ou des ressources
consacrée à la formation, éducation et production.
Le capital humain est un facteur accumulable, il faut que la productivité marginale conjointe des deux stocks
dans la production ne soit pas décroissante.
Dans ce secteur, la connaissance est un bien public pur, non rival et non exclusif. Tous les chercheurs peuvent
utiliser le stock de connaissance existant, aucune d’entre elles ne fait l’objet d’un droit de propriété
intellectuelle.
Les autres secteurs sont soumis à la concurrence et à la protection des biens intellectuels (brevets).
La croissance dans ce modèle résulte de l’augmentation du nombre, de la variété des biens intermédiaires, qui
dépend elle-même de l’effort consacré par l’économie à la recherche.
Economie du développement/ L3-UFR-SJPEG/De Dr Y. SONGUE
44
Questions de compréhension
1. Pourquoi dans les pays sous-développés, un surplus (excédent) de production semble inexistant ?
2. Pourquoi dans les pays sous-développés, l’accumulation du capital semble ne pas avoir d’impact sur la
productivité (l’accroissement de la production) ?
3. Le modèle de répartition (Kaldor et al.) du revenu en facteur d’un groupe se justifie dans les expériences de
développement récentes ?
4. Pourquoi la faible articulation du tissu économique des PSD interdit un processus autonome de
capitalisation ?
La formule de Ragnar Nurkse (1953) selon laquelle « un pays est pauvre parce qu’il est pauvre »
reflète l’idée commune : le développement est une question d’argent. L’épargne est insuffisante parce
que le revenu est bas ; celui-ci est bas parce que l’accroissement de la production bute sur les
imperfections du marché, sur le manque de capitaux, sur l’absence de stimulants pour
l’investissement… Amorcer le développement, financer la transition, tel est le principal problème,
jusqu’à ce que l’épargne intérieure atteigne un niveau suffisant et que la croissance s’auto entretienne.
C’est dans cette optique que se sont élaborées des théories du financement de la transition propres
aux pays en développement. On peut distinguer quatre :
- celle de Arthur Lewis (1954) : transformer l’excédent de main-d’œuvre en surcroît de profit;
- celle de Paul Baran (1957) : surplus mobilisé par l’Etat ;
- celle de Hollis Chenery (1966) : le double déficit et l’aide extérieure;
- celle de Ronald Mackinnon (1973) : la promotion d’un marché intérieur de capitaux.
Chaque courant esquisse des stratégies de développement différentes.
On considère qu’il existe deux secteurs dans l’économie sous-développée : un secteur traditionnel de
subsistance avec un excédent structurel de main-d’œuvre et un secteur moderne capitaliste (dualisme)
fait d’une série d’îlots (plantations, unités industrielle dans les villes…).
L’excédent de main-d’œuvre est constitué dans le secteur traditionnel par le chômage déguisé dans
l’agriculture de subsistance, le travail intermittent, le petit commerce, les services domestiques… Le
salaire courant est un salaire de subsistance, il est égal au produit moyen par tête de l’agriculture de
subsistance plus une marge (« prime » d’exode rural).
L’offre de main-d’œuvre est illimitée au taux de salaire courant tant que le « surplus » de main-
d’œuvre n’est pas résorbé.
La productivité marginale est nulle dans le secteur traditionnel, c’est à dire que la production de ce
secteur ne se réduit pas quand on lui soustrait la force de travail en excédent.
Dans le secteur capitaliste industriel, la productivité marginale de la main-d’œuvre est décroissante à
mesure que l’emploi augmente. La demande de main-d’œuvre de ce secteur croît jusqu’à ce que la
productivité marginale égalise le taux de salaire courant.
N3
Progrès N2
Technique
N1 W
Courbe de dde de m-d’o
N3
T
W N2
Courbe d’offre de main-d’œuvre N1
Surplus de main-d’oeuvre
L1 L2 L3 Emploi dans le
secteur capitaliste
Le graphique représente les volumes d’emploi Ol1, Ol2, que le secteur capitaliste est susceptible
d’absorber. Le rectangle OWTL2 correspond à la masse des salaires versés et WN2T à la masse des
profits quand tout le surplus de main-d’œuvre a été mis au travail.
On peut retenir de la thèse de Lewis qu’au moins une des conditions nécessaire d’une transition
réussie est la progression du profit dans le revenu national. Mais cette analyse ne dit pas qui de l’Etat
ou du secteur privé, doit être le maître-d’œuvre. Les autres théories sont plus explicites sur ce point.
Avec les hausses de prix, l’un des avatars de ce type d’accumulation s’est révélé, au cours des années
soixante-dix, l’effet d’éviction exercée par le gonflement de la rente sur les autres activités
économiques. La dérive bureaucratique n’est pas envisagée, ni les difficultés concrètes à opérer le
recentrage d’économie extravertis et spécialisée. Surtout ce modèle transforme l’Etat en rentier ou en
commerçant – ces revenus viennent de la propriété juridique du sol et du sous-sol par les
nationalisations. Où se trouve véritablement l’incitation à investir et à assurer la rentabilisation des
investissements publics ? Beaucoup croyaient, à la différence du secteur privé tourné vers le profit à
court terme, l’Etat serait, lui, capable de rationalité à long terme.
Sur la base d’un modèle Harrod-Domar, selon lequel la croissance dépend de l’investissement
(contrainte intérieure d’épargne), l’analyse du double déficit avance l’hypothèse de la rigidité de
l’offre à moyen terme, ce qui nécessite l’importation de biens et de services (contraintes extérieures
de devises).
Dans ce cadre, l’évaluation des besoins de financement met en œuvre quatre paramètres : l’épargne
intérieure, l’investissement, les exportations et les importations. En fixant un taux cible de croissance,
il est possible de déterminer les besoins en capitaux extérieurs pour l’investissement, compte tenu de
la propension interne à épargner, et d’évaluer le solde de la balance commerciale propre à ce taux de
croissance.
Ce modèle a donc d’abord une utilité programmatique : il permet de déterminer des volumes d’aide
extérieur en fonction d’un objectif de croissance. L’aide représente un apport d’épargne extérieure,
elle accélère la croissance, et ne pourra à terme se réduire qu’à condition que les rigidités initiales
disparaissent : augmentation du taux d’épargne intérieure et substitution croissante des importations
par l’offre interne (baisse de la propension à importer) et/ou élévation du taux d’exportation.
Le modèle
L’équilibre global s’écrit S – I = X – M, c’est à dire le déficit intérieur d’épargne (épargne-
Investissement) est égal au déficit extérieur (exportations – importations). L’apport extérieur finance
l’un et l’autre déficit.
En économie fermée, le taux de croissance garanti gw dépend (dans le modèle Harrod-Domar) de la
propension à épargner(s) et du coefficient du capital k (k = K/Y) : gw = s/k, avec s taux constant
d’épargne par rapport au revenu, et k le coefficient du capital qui augmente de façon constante.
On peut déterminer les besoins de financement (aide extérieure) en fixant un taux de croissance
objectif correspondant à la croissance naturelle de l’offre de main-d’œuvre (taux de croissance
démographique).
En économie ouverte, si chaque unité de capital importé était échangeable avec la production
intérieure, le taux de croissance garanti serait égal à s/k. Mais tel n’est pas le cas.
Chaque augmentation de la capacité de production Pt requiert 1/ unité de capital importé ;
l’investissement en capital importé est égal à If = (s/k) Pt
Pour financer, le pays dispose des devises gagnées à l’exportation, soit ePt (une fraction de la
production). L’équilibre est assuré avec e = s/k , qui n’est pas atteint si e< s/k. Dans ce cas, la
capacité d’importer contraint la croissance. Entre le taux de croissance garanti par les exportations
(e) et le taux de croissance garanti par l’épargne (s/k), le taux de croissance effectif sera égal au plus
petit des deux.
Les économies sous-développées se caractérisent par la fragmentation des marchés des produits et
des facteurs ; le système des prix ne reflète donc pas les préférences ou les utilités sociales et
individuelles ni la productivité des facteurs.
Cette situation trouve son origine dans la période coloniale et dans le dispositif de protection mis en
place en faveur de l’industrie. Les stratégies de revenu ne sont pas clairement définies : beaucoup
d’entrepreneurs sont à la fois épargnants et investisseurs. L’autofinancement domine dans les
économies agraires traditionnelles.
C’est à partir de cette hypothèse que Mackinnon reformule une fonction de demande de monnaie, et
démontre la nécessité d’accroître le rendement des encaisses monétaires pour dissocier les fonctions
d’épargnes et d’investissement et créer ainsi un véritable marché financier.
Le rendement (d – P*) dépend des autorités monétaires : celles-ci fixent, d’une part, le taux d’intérêt
d, donc la rémunération nominale de l’épargne, d’autre part, le taux d’inflation anticipé P* par la
progression de la masse monétaire.
Elever le taux d’intérêt nominal des dépôts et réduire l’inflation tout en déréglementant le
fonctionnement du système financier existant permettant l’essor d’un marché financier ; ces mesures
lèveront l’hypothèse qui pesait sur l’accumulation du capital.
I/Y
Taux
d’investissement
autofinancé
A 0 B d – P*
Rendement réel des encaisses
monétaires
Dans beaucoup de pays, le rendement réel des encaisses d-P* est négatif (OA). Quand il s’élève et
qu’il devient positif, on assiste à un processus de monétarisation favorable à l’investissement : les
agents choisissent de détenir leur épargne en monnaie plutôt qu’en nature.
Des encaissent préalables à l’investissement sont accumulés (hypothèse d’autofinancement). Si les
encaisses augmentent, le volume de l’investissement s’accroît : c’est l’effet d’adduction entre
monnaie et investissement. A partir d’un certain taux de rendement des encaisses (point B), l’effet
d’adduction laisse place à un effet de substitution entre actifs réels et actifs financiers.
5. L’ajustement structurel
Confrontés aux déséquilibres financiers, à la montée de l’endettement et à la stagnation de la
production pendant la décennies 1980, les pays d’Afrique au sud du Sahara en particulier, ont été
contraints de privilégier les politiques de stabilisation et d’ajustement par rapport aux politiques de
développement.
Dès la fin des années 1970, le Ghana, le Malawi, la Mauritanie et le Zaïre adoptaient des politiques
de stabilisation assorties de dévaluations. La période 1980-1985 fut ensuite marquée par l’entrée
massive des pays africains dans le processus d’ajustement, à l’est comme à l’ouest. Le Burkina Faso
entre dans la mouvance au début des années 1990 en s’inspirant de l’expérience des voisins.
La seconde insiste sur l’échec du modèle d’accumulation dominant depuis les indépendances. On
observe un épuisement dès le milieu des années 1975 du modèle de prélèvement interne- par les prix
et l’impôt – du surplus disponible (d’origine rurale ou minière), qui par excès de ponction a menacé
les conditions économiques, écologiques et sociales de la reproduction. Dans le même temps, le
surplus prélevé n’a guère été utilisé à des fins productives. Il a été largement neutralisé dans des
consommations somptuaires, dans des grands projets coûteux ou encore en direction des groupes
urbains, principale base sociale des gouvernements à la recherche d’une assise politique. Le primat
de la logique de redistribution sur la logique d’accumulation est la caractéristique fondamentale de
ce modèle africain. Il a été entretenu artificiellement par le crédit international, quand celui-ci était
abondant et facile d’accès. Par la suite, il est entré en crise dès le retournement du marché international
des capitaux.
La logique de l’ajustement
L’approche par les prix
Dans cette optique, c’est le système de formation des prix qui génère les dysfonctionnements. Trop
d’administration des prix et des échanges (subventions, protections, taxation, contrôle de la
commercialisation), introduit des biais, conforte les secteurs protégés dans une structure des coûts
non concurrentielle, et enfin entrave l’expansion des secteurs ouverts vers l’extérieur trop mal
rémunérés. La libéralisation des prix et des échanges est donc une condition absolue pour le retour à
la croissance équilibrée (conduisant à des politiques de libéralisation, privatisation).
restrictives ont consistées à bloquer les salaires des fonctionnaires, à réduire les bourses, à limiter les
investissements à certains secteurs.
L’approche monétaire
Pour rétablir le stock des réserves extérieures, il convient de limiter l’offre monnaie (en réduisant le
crédit) ou de faire baisser la valeur de la monnaie (c’est à dire en dévaluant). Les encaisses réelles
détenues par les agents enregistrent une baisse en valeur et la demande intérieures se comprime pour
s’ajuster au stock de monnaie compatible avec l’équilibre des paiements extérieurs.
Ajoutons que, sous la pression des faits et de certaines institutions comme l’UNICEF et la
Commission Economique pour l’Afrique, la Banque Mondiale intègre aujourd’hui le volet social de
l’ajustement en introduisant des mesures concernant la réinsertion professionnelle, les travaux
d’utilité publique, la santé ou l’éducation primaire. Ce volet est plus conçu comme un correctif pour
remédier aux effets néfastes de l’ajustement sur les populations, que comme une véritable composante
interne du programme.
L’informel entre développement et ajustement
Les caractéristiques des activités informelles sont, selon le BIT (1976) : la facilité d’entrée sur le
marché, la dépendance de ressources locales dans les fabrications, la propriété familiale des
entreprises, la petite échelle de production, l’intensité en travail des technologies utilisées, des savoir-
faire acquis hors du système scolaire, et des marchés non réglementés et concurrentiels.
Avec l’échec des politiques d’industrialisation et celui des programmes d’ajustements, dans un grand
nombre de pays en développement ;la vision du secteur informel par les organisations internationales
a évolué depuis vingt ans : celui-ci était conçu au départ, comme une complication de la transition :
chômage déguisé, urbanisation sauvage, épargne parallèle (qui ne va pas dans les banque). Au total,
l’informel apparaissait comme une sphère qui échappe à l’Etat, le privant de recettes
fiscales,donc comme un obstacle au développement qu’il s’agissait de résorber.
Puis, avec les politiques d’ajustement, qui abandonnent l’objectif prioritaire d’industrialisation dans
la politique économique et qui mettent en place le moins d’Etat tout en étant confrontées dans leurs
effets à la montée de la pauvreté, l’existence de l’informel tend à être perçue différemment. Celui-
ci se présente désormais comme une zone de non réglementation qui répondrait aux exigence du
libéralisme et, en même temps, comme une source de revenus et d’emplois, c’est à dire comme un
gisement potentiel de capacités variées de survie, d’innovations technologiques, d’entrepreneuriat, de
croissance, qu’il s’agit de mieux connaître et d’appuyer.
Le destin de Singapour est plus extrême encore. Les conditions de départ, tout d’abord, sont
beaucoup moins favorables. Le niveau de scolarisation de la population est l’un des plus bas du
monde : en 1947, plus de 75% de sa population n’a reçu aucune éducation ! Le contexte politique est
également très instable, la ville étant secouée tout d’abord par l’insurrection communiste en Malaisie,
dans les années cinquante, puis par la guerre entre l’Indonésie et la Malaisie dans les années soixante.
Lorsque l’Angleterre décide de retirer son personnel militaire de la ville, en 1967, son décollage
industriel n’a pas encore commencé. 1967 marque la date charnière. La poigne de fer de Lee Kuan
Yew étreint alors son destin.
Le gouvernement promulgue une série de réformes quasi dictatoriales. La législation du travail est
« simplifiée ». Tous les conflits du travail sont soumis au jugement d’une cour d’arbitrage industrielle
dont la mission est de veiller aux « intérêts de la communauté dans son ensemble». Le gouvernement
lance par ailleurs une réforme radicale des finances publiques. Dès le début des années 70, le
gouvernement dégage un surplus de ses finances publiques qui dépasse 10% du PIB ! Un régime de
retraite par capitalisation obligatoire est ensuite mise en place qui va contribuer, tout au long des
années 1970 et 1980 à financer à lui seul près de la moitié de l’investissement de la ville. Enfin, le
gouvernement offre aux investisseurs étrangers des exemptions fiscales pouvant aller jusqu’à 90%
des profits générés. Résultats : Singapour devient le premier récipiendaire du monde des
investissements internationaux. Selon une étude récente des Nations unies, Singapour a ainsi reçu au
cours des quinze dernières années près de 60 milliards d’investissements extérieurs, près de 50% de
plus que l’Indonésie (pourtant trente fois plus peuplé) et vingt fois supérieurs à ceux reçu par l’Inde !
Grâce à ses ressources internes et externes considérables, le gouvernement va multiplier les aides à
l’industrie. Il jette à son tour son dévolu sur le textile, puis sur les industries chimiques et pétrolières,
avant de s’engager dans l’industrie du jouet, puis dans l’électronique, puis dans l’informatique, et, à
l’aube des années quatre-vingt-dix, dans les services financiers ! On mesurera, en quelques chiffres,
l’irrésistible ascension de Singapour. En dix ans, de 1979 à 1980, la production de téléviseurs est
multipliée par cinquante. A l’aube des années 1980, Singapour ne disposait d’aucune expérience
informatique ; à la fin des années 1980 elle est devenue le premier exportateur mondial de disques
durs ! Et de même son déploiement comme centre financier qui, parti de rien, est devenu l’un des plus
actifs en Asie. L’histoire retiendra sûrement que c’est à partir de Singapour qu’à été signée la faillite
de la banque Barings, l’une des plus vieilles institutions financières britanniques !
La vitesse à laquelle le gouvernement accélère les ruptures est à la fois spectaculaire et, selon nombre
de commentateurs, tout simplement absurde. Aucune industrie n’a le temps de consolider ses
avantages. Dans une course insensée, le gouvernement engage déjà l’étape « suivante » de sa
spécialisation. Et pourtant, on pouvait dire : cela a marché. Grâce à une accélération de ses choix de
spécialisation qui, à chaque étape, était irréaliste, Singapour est devenue l’une des villes les plus
riches du monde.
3. L’activisme étatique
En économie du développement, la question n’est pas de savoir si l’Etat doit intervenir ou pas, mais
plutôt de savoir comment et jusqu’où. Ce qui est recherché c’est l’efficacité et la capacité d’Etat
particulier, dans un univers social donné, à conduire la croissance.
L’exemple Coréen peut illustrer les analyses de la croissance déséquilibrée : la capacité de gestion
par laquelle Hirschman justifiait l’intervention étatique est omniprésente. La question qui reste est de
savoir pourquoi cette capacité est si inégalement partagée d’un pays à l’autre. Si les facteurs dont
dépend cette capacité sont largement méconnus des économistes, on constate qu’elle est tout aussi
déterminante avec les politiques d’ajustement structurel.
Stiglitz Joseph, Charlton andrew (2005) : Pour un commerce mondial plus juste, Oxford University Press
Les politiques qu’ont suivies les pays d’Asie orientale ont divergé sur des points importants. Le modèle
industriel du japon et de la Corée s’est organisé autour de grands conglomérats nationaux et a délibérément
restreint les flux d’investissement direct étranger (IDE). En revanche, Singapour et la Malaisie ont élaboré une
stratégie consistant à attirer de grandes multinationales étrangères, puis à encourager le développement de
grappes d’activités autour d’elles. Dans ces pays, l’IDE représentait plus de 30% du PIB en 1992.
Mais, à un niveau beaucoup plus profond, les pays asiatiques avaient beaucoup de points communs : des taux
d’investissement élevés en capital humain et matériel, une vive croissance de la productivité agricole, une
baisse de la fécondité…
………………
P 53-54
Ces facteurs ont sûrement contribué à la croissance, mais ils sont loin d’être le fin mot de l’histoire. Sur d’autres
plans, les politiques économiques des pays d’Asie ne cadraient vraiment pas avec l’orthodoxie. Leur modèle
économique accordait au secteur public une fonction forte. Ils ne croyaient pas, c’est évident aux marchés
libres et sans entraves. Leur succès a nécessairement reposé sur un bon fonctionnement des entreprises et des
marchés, mais l’Etat y a joué un rôle crucial. Les gouvernements ont servi de catalyseurs, ils ont aidé les
marchés en leur fournissant les infrastructures matérielles et institutionnelles dont ils avaient besoin, en
remédiant à leurs échecs, en stimulant l’épargne et le progrès technologique.
………………..
P 55
Dans bien des pays de la région, la politique commerciale, en particulier, n’a pas suivi les prescriptions
orthodoxes du libre-échange. De nombreux gouvernements asiatiques ont suivi une politique à deux volets :
protection pour les secteurs pas encore prêts à participer à la concurrence internationale, promotion pour les
branches capables d’exporter. L’Etat est donc intervenu dans de nombreuses industries en fournissant des
crédits par le biais de banques qu’ils soutenait d’une façon ou d’une autre, en restreignant la concurrence des
importations, en limitant l’entrée de nouveaux concurrents sur le marché intérieur et en créant des institutions
de commercialisation à l’exportation.
Ces composantes des stratégies asiatiques ne cadraient évidemment pas avec le modèle économique orthodoxe
du « lasser-faire ».
P. 64-65
Les pays d’Asie ont suivi des politiques de développement élaborées (par eux-mêmes), qui associaient
l’intervention de l’Etat à la promotion des exportations et à des contrôles sur le volume et la qualité des flux
entrants de capitaux.
De plus, ils ont effectué leur libéralisation par étapes, prêté une grande attention à la politique sociale
notamment à l’éducation et à l’égalité, et investi massivement dans les infrastructures et la technologie.
Les stratégies macroéconomiques dominantes ont visé la stabilité, en particulier par des politiques budgétaires
et monétaires responsables, une inflation faible et le maintien d’un taux de change réel approprié, un cadre
juridique fiable, qui garanti la stabilité, stimulé l’investissement et assuré la concurrence.
d’équipement « essentiels » : ainsi, les devises étrangères seraient orientées vers l’usage le plus profitable à la
société, et la restriction des importations ferait monter la demande de biens produits localement, ce qui allait
promouvoir l’industrialisation. De plus, seul le protectionnisme pourrait permettre à leurs entreprises de
concurrencer les firmes bien établies d’Europe et des Etats-Unis.
P. 60
Les pays d’Amérique latine se sont développés rapidement pendant les décennies de « substitution aux
importations ». Mais ensuite, au début des années 1980, ils se sont tous retrouvés en difficulté ; ils ont dû se
déclarer incapables de rembourser leur dette, et le continent est entré dans une décennie perdue, pendant
laquelle il y a eu arrêt de la croissance et chute du revenu par habitant dans la région. Les taux de croissance
économique, qui avaient été en moyenne de 6% par an dans les années 1970, sont pratiquement tombés à zéro
dans les années 1980.
La politique monétaire et les institutions financières ont facilité la création d’entreprises et d’emplois
nouveaux. Certes, une partie de l’argent est allée soutenir les entreprises d’Etat inefficaces – parce que la chine
jugeait plus important, non seulement politiquement, mais économiquement, de maintenir la stabilité sociale,
qu’un chômage massif aurait détruite. Si elle n’a pas privatisé ses entreprises d’Etat, celle-ci ont très vite perdu
de l’importance quand de nouvelles firmes ont été crées : vingt ans après le début de la transition, elles ne
représentaient plus que 28,2% de la production industrielle.
Enfin, la chine a compris le danger d’une libéralisation totale des marchés financiers, tout en s’ouvrant à
l’investissement direct étranger.
CONCLUSION
Le sous-développement est perçu comme une série d’obstacles au changement (manque de capital et
d’entrepreneurs dynamiques, pression démographique…).
Pour s’engager dans la voie du développement et rompre avec les cercles vicieux du sous-développement, un
effort massif est nécessaire. Les métaphores se sont multipliées : « le coup d rein » (big push) de Rosenstein-
Rodan, le « décollage » (take-off) de Rostow etc. L’image est celle d’un avion qui décolle ; il faut mobiliser
toute la puissance disponible pour l’arracher à la pesanteur, et un « seuil critique » doit être franchi pour
qu’il trouve son altitude et son régime de croisière.
Le concept de développement désigne dans son usage courant, le développement économique. Cependant,
chacun va à la recherche d’un processus de changement social entendu au sens large, sans d’ailleurs toujours
expliquer la logique et les finalités.
Le développementaliste est fondée sur l’idée de progrès, qui a ses racines anciennes dans la pensée euro-
américaine, mais qui, depuis les années soixante-dix, traverse une crise de plus en plus manifeste : la croyance
dans l’homme maîtrisant à l’infini la nature a buté contre la persistance des récessions et les multiples crises
de l’environnement.
La réflexion sur le développement est restée, en outre, pour sa majeure partie, une pensée venue du nord.
Gunnar Myrdal, comme bien d’autres, ont mis en garde les experts contre l’européocentrisme, le paternalisme,
la projection de valeurs occidentales dans des mondes différents…
En s’engageants « aux frontières », les économistes du développement ont appris à relativiser les outils qui
sont les leurs et qui ont été conçus pour des économies salariées déjà développées. Peut-être ont – ils appris un
peu d’ »économie pour les Hommes » (F. Perroux).
Le développement exige la suppression des principaux facteurs qui s’opposent aux libertés : la pauvreté aussi
bien que la tyrannie, l’absence d’opportunités économiques comme les conditions sociales précaires,
l’inexistence de services publics autant que l’intolérance ou la répression systématique exercée par les Etats
autoritaires.
Dans d’autres cas, le déni de liberté tient à l’absence de services publics ou de protection sociale, quand, par
exemple, il n’existe aucune surveillance épidémiologique, ni système de santé ni au respect de la loi. D’autres
fois encore, il résulte d’une violation des droits politiques et civiques, imposée par un régime autoritaire qui
restreint les possibilités de participer à la vie sociale politique et économique de la collectivité.
Les libertés telles que : droit de participation, d’expression, libre accès à l’éducation, à la santé ; apparaissent
comme des éléments constitutifs du développement. Ces libertés contribuent aussi, et dans des proportions
significatives, au progrès économique.
Le rôle des marchés dans le processus de développement fournit une autre illustration. La contribution du
mécanisme de marché à la croissance et au progrès économique général a été largement reconnue dans les
études consacrées au développement. Adam Smith le notait déjà : la liberté d’échanges et de transactions
constitue, en elle-même, une de ces libertés élémentaires auxquelles les gens ont raison d’aspirer. Déclarer son
opposition aux marchés, reviendrait à peu près à postuler une opposition de principe aux conversations entre
les individus. Certes, le mécanisme de marché contribue de façon significative à la croissance économique,
mais cet aspect est secondaire, dès lors que l’on admet l’importance directe de la liberté d’échanger des mots,
des biens ou des cadeaux.
Refuser la liberté de participer au marché du travail est l’une des manières de maintenir les gens dans une
situation de sujétion et d’asservissement. De la même manière, des obstacles insurmontables, entretenus par le
poids des traditions ou crées par des dispositions légales, constituent une autre forme de déni de liberté. La
liberté de participer aux échanges économiques a u rôle fondamental dans la vie sociale. La liberté d’entrer sur
le marché contribue au développement, quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur le rôle du mécanisme
de marché dans la croissance économique ou l’industrialisation. On imagine mal comment un réel processus
de développement pourrait prendre place sans un recours massif au marché, mais on ne doit pas pour autant
relativiser le rôle du soutien social, de la réglementation, ou même des orientations gouvernementales quand
ils visent à enrichir les vies humaines.
Le choix est ouvert (contrairement aux affirmations de nombreux apologistes du développement) et ne devrait
pas être laissé à la seule élite des gardiens de la tradition. S’il est nécessaire de sacrifier un mode de vie
traditionnel pour briser le carcan de la pauvreté et allonger l’espérance de vie, l’ensemble de population
directement concernées devrait participer au processus de décision. Les tentatives pour étouffer la liberté de
participation au nom des valeurs traditionnelles ignorent la simple notion de légitimité et le besoin, pour les
personnes, de prendre part aux décisions concernant ce qu’elles souhaitent et ce qu’elles ont raison d’accepter.
Cette reconnaissance de principe a des conséquences considérables. Rien ne justifie que la liberté de la presse
ou le droit des citoyens à communiquer entre eux chancellent dans l’ombre portée de la tradition.
L’approche du développement comme liberté a des implications multiples, elles ne concernent pas seulement
les objectifs ultimes du développement, mais aussi les processus à respecter.
Bibliographie
Amartya Sen (2003) : L’économie est une science morale, Editions La Découverte, Paris.
Amartya Sen (2003) : Un nouveau modèle économique, Développement justice, liberté, Odile Jacob.
Bairoch, P. (1992): La tiers-monde dans l’impasse, Gallimard, Paris
Celso Furtado (1970) : Théorie du développement économique, PUF.
Cohen D. (1997) : Richesse du monde, pauvretés des nation ; Flammarion.
Dominique Guellec ; Pierre Ralle (2001) : Les nouvelles théories de la croissance, Editions la découverte
Elsa Assidon (1992) : Les théories économiques du développement, Editions la découvertes.
Kenneth Galbraith j. (1997) : Pour une société meilleure, Editions du Seuil.
Ki-Zerbo joseph (2004) : A Quand l’Afrique, Editions de l’Aube, dans bas.
Malcolm Gillis ; Dwight H. Perkins ; Michael Roemer ; Donald R. Snoolgras (…) : Economie du
développement.
EXPOSES
1. L’évolution de la consommation (Production) et développement
2. L’analyse input-output (l’analyse intersectorielle) et développement
3. La genèse de la révolution agricole
4. La révolution agricole
5. Révolution agricole et révolution industrielle
6. La maturation de la révolution industrielle
7. Le modèle de développement des pays africains au sud du sahara des indépendances aux années 80
8. Le modèle de développement des pays africains au sud du sahara des années 80 à nos jours
9. Les programmes d’ajustements structurels
10. Les stratégiques de lutte contre la pauvreté
11. Les stratégies de croissance accélérée et de développement durable
12. Les stratégies de substitution aux exportations
13. Les stratégies de substitution aux importations
14. Le programme national de développement économique et social /Burkina Faso
15. Le Brésil et la stratégie de substitution aux importations
16. Les « grands » pays et les stratégies autocentrées (chine l’inde)
17. Les « petits » pays et les stratégies d’extraversions
18. Stratégie de développement de la chine (du communisme au début du libéralisme)
19. Stratégie de développement de la chine (du libéralisme à nos jours)
20. Stratégie de développement de l’Inde
21. Les quatre dragons (Corée du sud, hong-Kong, Singapour, Taïwan)
22. Stratégie de développement de la Corée du Sud (jusqu’aux années 80)
23. Stratégie de développement de la Corée du Sud (des années 80 à nos jours)
24. Stratégie de développement de Hong-kong (jusqu’aux années 80)
25. Stratégie de développement de Hong-kong (des années 80 à nos jours)
26. Stratégie de développement de Singapour (jusqu’aux années 80)
27. Stratégie de développement de Singapour (des années 80 à nos jours)
28. Stratégie de développement de Taïwan (jusqu’aux années 80)
29. Stratégie de développement de Taïwan (des années 80 à nos jours)
30. La transition vers l’économie de marché (le cas de la Russie)
31. Les tigres (Indonésies, Malaisies, Philipines, Thaïlande)