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Schéma National d'Orientations 2015-2025

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RAPPORT DE LA MISSION 4 :

SCHEMA NATIONAL DES ORIENTATIONS SECTORIELLES ET


TRANSVERSALES A 10 ANS (2015 – 2025)
RAPPORT DE PRESENTATION

1
SOMMAIRE
1 - INTRODUCTION ........................................................................................... 1

2 - RAPPEL DES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES (du Diagnostic territorial) .............................. 3

3 - ELEMENTS STRUCTURANTS .............................................................................. 7

Espaces naturels protégés ................................................................................ 7

Réseau routier national................................................................................... 7

Le système portuaire ..................................................................................... 8

Le réseau ferré ............................................................................................ 9

L’énergie.................................................................................................... 9

4 - L’URBANISATION ET LE SYSTEME URBAIN ........................................................... 10

5 - ESPACES DE CROISSANCE ET PÔLES .................................................................. 12

6 - PLAN D’ACTIONS QUINQUENNAL ..................................................................... 24

7 - ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES RÉGIONALES .......... 42

2
INTRODUCTION

1 - INTRODUCTION d’un processus itératif, c’est-à-dire d’allers-et-retours entre propositions sectorielles et vision
globale.
Le texte qui suit constitue, avec le document graphique de même intitulé, la proposition de
« Schéma National des orientations sectorielles et transversales à 10 ans », conformément aux Les différentes programmations qu’ont connues le pays depuis plus de trois décennies, y
termes de références. C’est le produit de la mission 4 du mandat du Consultant. compris le premier PMO du MAP, n’avait pas bénéficié d’une telle procédure, ce qui explique
certaines lacunes de ces programmations, notamment pour ce qui concerne le secteur urbain,
Ce Schéma est un document d’Aménagement du Territoire mais ce n’est pas le Schéma très mal pris en compte dans l’évaluation des défis et des coûts récurrents d’une croissance
National d’Aménagement du Territoire, le SNAT proprement dit. Le terme « SNAT à 10 ans » économique rapide et quasiment absent des programmes d’investissements successifs.
utilisé comme abréviation de l’intitulé complet du document, ne doit pas abuser. Ce n’est pas
un document de planification (spatiale) mais un document de programmation. Il a pour but, La proposition de « Schéma des orientations sectorielles et transversales à 10 ans » se fonde
comme son nom l’indique, de permettre aux responsables de la planification économique de sur la Politique Nationale d’Aménagement du Territoire et sur la Politique Nationale
prendre en compte, dans la préparation d’un éventuel programme intérimaire 2013-2014 et d’Habitat, adoptées précédemment par le Gouvernent. C’est ainsi que les termes de
des Programmes quinquennaux à venir (en principe les programmes 2015-2020 et 2020-2025), référence du consultant faisaient une référence explicite à la « politique de pôles et
la dimension spatiale du développement et les cohérences que cette prise en compte d’espaces de croissance ». Ce volet de stratégie de développement était déjà présent dans les
recommande pour accroître l’efficacité de l’effort de développement, mieux que cela a pu Plans Régionaux de Développement, sous les concepts de « pôles de développement » ou de
être fait dans les programmes antérieurs. « pôles de croissance », à côté de pôles de développement social, distinction justifiée par le
double objectif de croissance forte et de réduction de la pauvreté. Bien que les auteurs des 22
Un tel Schéma d’Orientations à caractère de programmation diffère sensiblement d’un PRD n’aient pas donné la même interprétation et fait le même usage de ces derniers concepts
document de planification et spécialement d’un document de planification à long terme – et que tous les PRD n’aient pas clairement identifiés les dits pôles1, les propositions de ce
horizon classique de l’approche Aménagement du Territoire. Et cela, sur deux plans au moins : type figurant dans les PRD ont été très utiles au consultant pour la détermination des
« espaces de croissance » qui était l’objet de la mission 3 de son mandat.
- il doit faire une place beaucoup plus grande à la dimension économique de
l’Aménagement du territoire puisqu’il est censé s’inscrire dans une programmation Plutôt que de désigner des espaces de croissance ex-abrupto, le consultant a cherché à
économique ; identifier et à fournir des exemples de trois types d’espaces de croissance pour la période
2015-2025 :
- il doit associer les résultats attendus au cours de la période de programmation retenue,
lesquels dépendent dans une large mesure des investissements existants au début de la 1. des espaces de croissance liés à des investissements étrangers lourds (type exploitation
période, et les propositions d’investissements au cours de cette période, qui n’auront des minière), toujours aléatoires tant que l’opération n’est pas concrètement engagée ; le
effets que plus tard. consultant recommande de ne pas en inscrire d’autres que les 3 PIC en cours dans le
Schéma pour ne pas fausser la négociation à venir entre le Gouvernement et le
C’est ce que tente de réaliser la présente proposition de Schéma. La dimension économique
promoteur, en ce qui concerne notamment le financement des implications de
de l’Aménagement du Territoire étant abordée par le moyen d’un « modèle démo-économique
l’investissement considéré sur les dépenses publiques et les conditions de vie et de
et spatial » recommandé et utilisé par le consultant.
développement du milieu d’accueil. Des études d’impact économique, social et
Une telle proposition, faite au nom de l’Aménagement du Territoire, recommande aux environnemental devront précéder la décision de mettre en œuvre ces investissements
différentes instances sectorielles et transversales de prendre en compte l’impact de leurs étrangers lourds et permettre d’en inscrire l’effet dans le Schéma.
projets, la synergie potentielle avec les projets d’autres secteurs. Elle ne se substitue pas et
2. des espaces de croissance de niveau régional, qui sont la mise en œuvre, au niveau de
ne s’impose pas à ces instances : elle constitue un premier effort de cohérence qui est soumis
chaque région du pays, de la stratégie de développement adoptée au plan national et qui
à tous, à charge pour chaque instance concernée d’en apprécier le contenu et les
justifications, pour faire ses propositions de programmation sectorielle ou transversale…
lesquelles devront être rassemblées pour produire une version améliorée du présent Schéma 1
Certains PRD font état de ces concepts mais renvoient l’identification spatiale correspondante à la mise
proposant des ajustements de programmes aux uns et aux autres. Il s’agit donc de l’amorce en œuvre du PRD

1
INTRODUCTION
restent de l’initiative des instances régionales, même si le Gouvernement peut (administration de mission, autorité autonome, société d’économie mixte, concession ou
s’engager, ici ou là, aux côtés d’une instance régionale pour en favoriser ou accélérer la affermage…).
mise en œuvre.
Le document graphique du Schéma proposé figure donc la série des espaces de croissance de
3. des espaces de croissance « endogènes » de niveau national, entendant par là que leur niveau national identifiés, avec l’idée de recommander d’expérimenter des types d’espaces
création ne résulte pas d’une initiative étrangère mais de la volonté du Gouvernement de de croissance différant par la nature du « facteur déterminant » (un port, une route, un
financer, par le budget et/ou avec l’aide internationale, des investissements lourds de sa aménagement hydro-agricole…) ou par la configuration spatiale (ponctuelle, linéaire, plus ou
compétence et de nature à provoquer ou soutenir un développement d’un espace assez moins étendue) ou encore par le genre d’organisation à mettre en place pour la mise en
vaste, intéressant éventuellement plus qu’une région administrative. L’exemple le plus œuvre. Ce sont donc des propositions à l’intérieur de la proposition de Schéma, d’autant que
simple est celui d’un important aménagement hydro-agricole, mais le développement les circonstances n’ont même pas permis de réaliser un aller-et-retour minimum avec les
d’un port ou la réalisation d’une importante liaison routière ou encore un vaste différentes instances sectorielles et transversales.
programme de développement touristique peut constituer le « facteur déterminant » de
Pour toutes les raisons ci-dessus, le premier Schéma des orientations sectorielles et
la création d’un espace de croissance de niveau national pour tirer tout le parti possible
transversales à 10 ans proposé ici – élaboré sans disposer d’un SNAT à long terme
de l’investissement réalisé.
préalablement adopté – n’a pas vocation à être adopté par le Gouvernement ou approuvé, en
Le document graphique du « Schéma National des orientations sectorielles et transversales à tant que tel, à l’issue d’une procédure ad hoc. C’est un instrument de travail à introduire
10 ans » figure les espaces de croissance du premier type qui sont déjà engagés – les trois dans le processus de préparation d’un prochain programme pluriannuel (quinquennal). C’est
premiers PIC soutenus par la Banque Mondiale (Taolagnaro, Nosy-Be et Antsirabe) – tout en la mise au point de ce Schéma dans le cadre de l’élaboration du programme quinquennal –
recommandant d’en réviser le champ d’intervention et les objectifs suite à la disponibilité de dont il ne peut pas être séparé - qui en fournira de facto l’approbation.
nouvelles visions régionales de développement formulées dans les nouveaux SRAT (pour les
Ce sont le contenu et les justifications de cette proposition de « Schéma National des
Régions Diana et Anosy) . Le Schéma pourra être éventuellement complété lorsque le
orientations sectorielles et transversales à 10 ans » qui sont exposées ci-après ; la suite
Gouvernement aura retenu un second programme PIC avec la Banque Mondiale, pour des pôles
relevant, en tout état de cause, d’une procédure itérative à mettre en place au titre de la
de croissance répondant à la même catégorie (espaces de croissance liés à des investissements
préparation du Programme quinquennal 2015-2020.
étrangers lourds). Par contre, conformément à la disposition préconisée plus haut, le Schéma
ne figure pas des espaces de croissance liés à d’autres projets exogènes qui ne sont pas
concrètement engagés.

Le document graphique du Schéma figure en outre, à titre indicatif, les pôles de croissance
(ou de développement économique) identifiés par les PRD ou les SRAT, lorsque ceux-ci ont été
spatialement définis et qu’ils ont paru suffisamment consistants pour justifier l’appui du
Gouvernement….

S’agissant des espaces de croissance du troisième type – qui sont au cœur de la politique
nationale d’Aménagement du Territoire -, le Consultant fait remarquer que leur sélection
implique, pour être retenue au titre du programme 2015-2020, au-delà du constat du « facteur
déterminant »2, une décision forte de l’Etat en faveur de tel espace plutôt que tel autre, en
particulier en termes de financement public et de dispositions de mise en œuvre

2
i.e. un investissement ou une fonction économique nouvelle qui justifie la création d’un pôle et/ou d’un
espace de croissance pour en exploiter les impacts, au cours de la période de programmation.

2
RAPPEL DES DONNEES GEOGRAPHIQUES

2 - RAPPEL DES DONNÉES GÉOGRAPHIQUES (DU DIAGNOSTIC


TERRITORIAL) CROQUIS STRUCTUREL DES
RELIEFS DE MADAGASCAR
Le rapport de la mission 1 du mandat du consultant a fait la description et l’analyse des
données géographiques, naturelles et humaines, qui conditionnent – facilitent ou rendent
difficile - le développement de la Grande Ile et fondent, par le fait, la stratégie
d’Aménagement du Territoire. Le « Schéma National des orientations sectorielles et
transversales à 10 ans » retient principalement les données suivantes, en tant que contraintes
à desserrer ou atouts à exploiter :

1. La nature insulaire du territoire national qui impose une grande compétitivité du système
portuaire et exclut une centralisation trop exclusive de l’économie nationale autour de
son pôle majeur que constitue l’agglomération d’Antananarivo. La réponse proposée par
le Schéma pour la période 2010-2020 est l’optimisation des installations portuaires
existantes par l’organisation d’un réseau de transport alimentant les ports en produits
d’exportation, à commencer par les ports de Toamasina et de Taolagnaro, les mieux
aménagés, mais aussi celui d’Antsiranana, bénéficiant de bonnes conditions nautiques
naturelles.

2. L’extrême compartimentage créé par le relief de l’Ile, combiné avec les risques
climatiques, qui rend extrêmement coûteux la réalisation, l’entretien et la réparation
des ouvrages routiers et ferroviaires. Compte tenu de l’effort important qui aura été
réalisé à la fin du PMO en cours (2012) et des charges récurrentes qu’il imposera, le
Schéma accepte, pour la période 2010-2020, le ralentissement de la réhabilitation du
réseau national. L’extension du réseau de routes nationales ne résoudrait pas les
problèmes d’énormes distances à parcourir, notamment dans des zones peu peuplées et
sans grand potentiel. Le ralentissement de la réhabilitation du réseau national se fera au
profit du développement de réseaux régionaux ou locaux, indispensables pour intégrer
dans l’économie de marché les zones desservies par le réseau national achevé en 2012 ; à
l’exception des sections de voies nationales requises par l’extension des hinterlands des
LEGENDE
ports d’exportation principaux, dont le Schéma recommande même de hâter la Reliefs majeurs
réalisation. cuirasses et causses
calcaires
Le document graphique du Schéma ne peut représenter l’extrême compartimentage de Plateaux argileux

l’espace national qui se manifeste à toutes les échelles. Il ne représente que les ruptures Epanchements volcaniques
Crêtes et cuestas
majeures du relief : rebord du Bongolava, cuestas sédimentaires, falaises orientales.
Rupture de pente (falaise)
escarpements
Bassins alluviaux et plaines
littorales
Centres urbains

3
RAPPEL DES DONNEES GEOGRAPHIQUES
3. La diversité des potentiels agro-climatiques du pays. Cette diversité est encore peu
exploitée, en raison du caractère dominant de l’économie de subsistance en milieu rural.
S’opposent surtout les espaces à dominante agricole et les espaces à dominante 4
pastorale, encore que le bétail soit partout ou presque présent ; et, à l’échelle
nationale, l’exception des cultures de rente de la Côte Est. Le développement de
l’économie de marché est indissociable de la spécialisation des productions des espaces
en fonction de leur position par rapport au marché urbain, pour ce qui est des produis
vivriers (au sens large), et par rapport aux ports (et aéroports) d’exportation pour les
3
produits dits de rente. Il faudra un certain temps pour que cette spécialisation se
manifeste clairement par l’abandon, progressif et relatif, de l’omniprésence des cultures
vivrières et notamment de la culture du riz, au profit de productions de plus grande
valeur. Au cours de la période 2013-2017, cela ne prendra une certaine dynamique que
dans les espaces de croissance présentant les conditions favorables (proximité du pôle
majeur d’Antananarivo-Antsirabe et des ports de Toamasina et de Taolagnaro).
7
Le document graphique du Schéma représente cette diversité agroclimatique sous deux
formes. D’abord, par les délimitations de 5 grandes aires agro-climatiques, essentiellement
déterminées par la durée de la saison sèche – qui varie de 2 à 4 mois sur les Hautes Terres
centrales à plus de 9 mois à l’extrême sud de l’Ile. 2 4
57
1: plus de 9 mois secs : pastoralisme, céréalier
précaire hors irrigation
2: 7 à 9 mois secs : maïs, blé, manioc, pois riz
irrigué, arachide, coton, tabac, canne à

3:
sucre
5 à 7 mois secs : riz, maïs, manioc, haricot,
7
oignon, tomate, coco, tabac, canne à sucre
4: moins de 2 mois secs : riz, tubercules,
manioc, palmier cocotier vanille, café,
poivre
5: céréales en sec et riz irrigué, pomme de
terre, fruits tempérés, vigne, arabica, thé,
tabac
1

4
RAPPEL DES DONNEES GEOGRAPHIQUES
Ensuite, par la représentation de la partie de l’espace national à dominante pastorale, en
insistant sur les districts où les besoins de pâturage du bétail résidant exigent d’y consacrer
4. La réduction de la couverture forestière du pays, qui est à l’origine d’une érosion,
tout l’espace du district, voire davantage (transhumance) ; et par la représentation de la
désastreuse pour le potentiel des sols, de l’ensablement de réseaux d’irrigation, du
partie du territoire potentiellement offerte au développement de grandes exploitations
comblement de terres irriguées ou irrigables, de barrages de retenue et de ports
agricoles ou mixtes – qui connaît une certaine « petite colonisation » spontanée
d’embouchure. L’objectif, retenu par divers programmes et par le MAP, de maintenir la
(essentiellement le Moyen Ouest, du Betsiboka à l’Ihorombe).
couverture forestière a son niveau actuel (environ 20 millions d’hectares) impose de faire
figurer cette couverture comme un patrimoine à respecter, au-delà des délimitations et
classements d’aires protégées, de parcs nationaux ou de réserves de flore et de faune.
D’autres espaces naturels à respecter (de marais, lacustres, mangroves…) sont trop
PLACE DE L’ÉLEVAGE BOVIN ponctuels ou trop dispersés pour pouvoir être figurés sur un document cartographique à
l’échelle du 1 / 2.000.000ème.
Elevage dominant
Le document graphique figure quelques espaces quasi inexploitables par l’agriculture : causses
Plus de 5 bovins par habitant
karstiques de Kelifely et de l’Ankara, du Bemahara (tsingy), plateaux gréseux d’Antanimena et
De 3 à 5 bovins par habitant d’Ankarafantsika, affleurements lithiques (dôme cristallin de Bekodoka, Makay, Analavelona) -
dont certains ont vocation à conserver ou à retrouver une couverture forestière, d’autres à
Besoin de pâturage supérieur à
être protégés au titre du patrimoine naturel et/ou touristique (Ankarafantsika, tsingy, Isalo…).
la surface du district

Agriculture dominante

De 1 à 2 bovins par habitant

Moins de 1 bovin par habitant

5
RAPPEL DES DONNEES GEOGRAPHIQUES
5. Avec une densité générale de 30 habitants par km2, la forte croissance démographique cultivable par habitant primaire3 et 2) recommande un important effort préalable de
n’est pas encore un défi majeur, bien qu’une telle croissance pénalise l’épargne et développement urbain.
l’investissement. La disparité entre des zones très denses et des zones quasi inhabitées
Soldes migratoires régionaux sur les périodes 1965-1975 et 1975-1993
pose un problème plus délicat, dans la mesure où elle traduit une inadaptation du
différence entre l’évolution constatée et une évolution au taux moyen du pays
peuplement rural à la répartition des terres cultivables.

Il faut toutefois relativiser cette inadaptation. Les Confrontation Surface cultivable (en
migrations, qui sont à l’origine du peuplement actuel de vert) / population primaire (marron) 1965-1975 1975-1993
la Grande Île, se poursuivent et l’occupation du Analamanga

territoire n’est pas achevée. La topographie, la nature Itasy


des sols, le climat, les risques naturels, l’enclavement
Vakinankaratra
opposent aux migrations de fortes contraintes à la mise
en valeur des espaces peu occupés, sans compter Amorin I Mania

l’hostilité possible des populations autochtones. La Haute Matsiatra


« surface techniquement cultivable » représente peut-
Bongolava
être 15% du territoire (9 millions d’hectares) qui sont
partiellement cultivés (2 millions d’ha) mais l’élevage Betsiboka

utilise une partie des terres cultivables (association à


Diana
l’agriculture et pâturages de saison sèche) et plus de 7
millions d’ha sont parcourus par des pasteurs. Sofia

Boeni
Une meilleure distribution du peuplement sur l’espace
national utile ne peut se décréter et elle n’a de sens Melaky

que si elle contribue au progrès économique : les Alaotra-Mangoro


échecs, à travers le monde, déconseillent la voie du
Atsinanana
transfert massif de populations ; à l’opposé, une
migration spontanée de paysans sans moyens ne fait que Analanjirofo

reproduire, dans les zones d’arrivée, la précarité des


zones de départ, faute de capital ; l’intensification de la production vivrière dans les zones
denses ne favorise pas la redistribution du peuplement et retarde la transformation des Solde positif
pratiques agro-pastorales dans le sens d’une spécialisation pour le marché…. Seule une Solde négatif
réflexion à long terme – dans le cadre de l’élaboration du SNAT proprement dit - peut aboutir
à une stratégie viable en la matière. Le Schéma des orientations à 10 ans 1) retient une
perspective de peuplement prudente, visant la convergence des différents ratios d’espace

3
Une évolution dans laquelle les ratios « population primaire / surface techniquement cultivable » des
différents districts se rapprocheront les uns des autres, ceux des districts les plus occupés croissant
moins que ceux des districts les moins occupés.

6
ELEMENTS STRUCTURANTS

3 - ELEMENTS STRUCTURANTS
Il s’agit, comme le nom l’indique, des utilisations du sol et des infrastructures qui, par leurs
fonctions, structurent, c’est-à-dire organisent l’espace, provoquent ou permettent les
échanges de biens et de services et/ou attirent d’autres investissements ou activités.

ESPACES NATURELS PROTEGES


Au-delà de leurs fonctions de préservation-conservation de la faune ou de la flore, les aires
protégées sont (doivent être) des foyers de reprise en main du patrimoine naturel du pays et
de meilleure gestion des ressources naturelles. Ils s’inscrivent, en général, au cœur de zones
présentant des caractères analogues mais de moindre qualité ou moins bien conservés, voire
détruits. Il n’est pas possible, en général, d’assurer la protection d’aires limitées si celles-ci
ne sont pas (1) objet d’une certaine exploitation économique (prélèvements raisonnés,
programmes de recherche, fréquentation touristique…) et (2) entourées d’espaces de
transition dans lesquels une exploitation plus ordinaire des ressources naturelles (sol,
végétation ou faune) est orientée vers un respect écologique. Ce sont donc bien des pôles
structurants d’une meilleure gestion économique de l’espace, notamment des 20 millions d’ha
d’espace forestier existant encore.

Trois catégories d’espaces protégés sont figurés sur le document graphique : les forêts
classées, les parcs nationaux et réserves spéciales et naturelles, les réserves forestières, ces
dernières constituant des espaces de transition, à exploiter dans le souci de renouvellement.

RESEAU ROUTIER NATIONAL


Le réseau de routes est l’élément structurant du territoire par excellence. Il répond aux
besoins de déplacement et de transport les plus divers. C’est à partir de ce réseau que
l’exploitation de l’espace peut s’inscrire dans une économie de marché – les espaces non
accessibles étant quasiment voués à l’autosubsistance.

Le document graphique du Schéma des orientations à 10 ans figure :

6. L’état du réseau routier national à la date de 2012 constitué des sections en bon et en
moyen état, suivant les définitions du Ministère des Travaux Publics et de l’ARM4.

7. Des sections de routes nationales qui n’étaient pas prévues dans le PMO de juin 2009
mais qui sont proposées par le Schéma pour optimiser la collecte des produits
d’exportation et rentabiliser les investissements portuaires.

4
Autorité Routière de Madagascar

7
ELEMENTS STRUCTURANTS
8. Des sections du réseau national qui devraient être prises en compte dans le programme LE SYSTEME PORTUAIRE
routier 2015-2020, au titre de la politique d’espaces de croissance, indépendamment des
investissements routiers justifiés par le trafic sur des voies existantes en mauvais état, En tant que territoire insulaire, Madagascar dépend beaucoup, pour son développement, des
qui seront ajoutés au Schéma lorsque les projets correspondants auront été arrêtés. transports maritimes – d‘autant plus que le retard pris dans les échanges avec le reste du
monde a pénalisé le système portuaire. L’île dispose d’un grand nombre de ports de capacités
L’idée qui prévaut est celle d’un transfert important de ressources (p.e. 2/3 de l’aide très diverses. C’est une situation qui perdurera mais avec, parallèlement, une concentration
extérieure adressée au transport routier) au profit des réseaux de routes secondaires de progressive du trafic sur un nombre limité de ports, dans la poursuite d’un processus déjà
collecte des zones de production, indispensables pour alimenter le réseau national en bon état largement engagé. Font (et feront) exception à cette concentration des investissements
et, via ce dernier, les pôles de consommation urbaine et le système d’exportation. portuaires justifiés par l’exportation de matières premières pondéreuses (minerais non
transformés ou à peine transformés, produits d’extraction pétrolière…). Ces investissements
Le retard dans l’équipement routier est tel et les capacités d’investissement et surtout de
portuaires pourront sans doute, avec le temps et l’accroissement des besoins du pays, donner
maintenance sont si modestes qu’on ne peut pas, en effet, recommander d’anticiper sur la
lieu à des activités industrielles plus diversifiées. A court terme, c’est peu envisageable.
demande de transport, au risque de dépasser les capacités de maintenance, faute de pouvoir
prélever les recettes d’exploitation nécessaires. Toamasina est de loin le premier port malgache, sa part dans le trafic total de Madagascar,
évaluée à environ 69% en 2011 a cependant connu une diminution entre 2008 et 2011 (79% en
2008) suite à l’accroissement rapide du trafic au port d’Ehoala Taolagnaro. Le PNT 2004
prévoyait en 2020, un trafic de 13,5 millions de tonnes. C’est évidemment parce que
Toamasina est le port du pôle économique majeur du pays, qui associe la plus grande
agglomération urbaine (Antananarivo) et la troisième par rang de taille (Antsirabe) , lesquelles
génèrent ensemble avec leur hinterland régional, près de 40% de la richesse totale générée
dans le pays (le PIB). Cette concentration économique ne peut que se renforcer et contribuer
à la croissance du trafic du port de Toamasina et, en retour, à la croissance de la ville de
Toamasina et de ses activités, alourdissant, avec le temps, le poids relatif du triangle
Antananarivo-Antsirabe-Toamasina. Toamasina offre les meilleures opportunités de
développement d’activités industrielles en dehors de la Capitale (mises à part des
transformations de matières premières produites hors de l’hinterland immédiat du port). Le
site nautique de Toamasina est favorable au développement d’un grand port (fonds marins,
récif d’appui, protection).

La mise en service du port en eau profonde d’Ehoala Taolagnaro, justifiée par l’exportation
du minerai d’ilménite, a permis de la création d’un quai commercial et l’émergence d’un
trafic d’export-import bénéfique à ce territoire historiquement enclavé. Apres trois ans de
mise en service, le port Ehoala est devenu le deuxième port de Madagascar en termes de
tonnage de marchandise. Les PRD de la région Anosy et de la région Atsimo Atsinanana
révèlent que les produits à exporter ne peuvent provenir, à court et moyen terme, que de la
côte Est, jusque-là quasiment inaccessible. C’est dans ce sens que le Schéma oriente les
investissements routiers à réaliser dans la période concernée. (Le nouveau SRAT Anosy)

Le cas du port en rade d’Antsiranana est assez proche de celui de Taolagnaro : le site
portuaire est naturellement protégé et accessible aux navires de tirant d’eau moyen (8,5 m)
mais les zones de production de produits exportables n’étaient pas, jusqu’ici, correctement

8
ELEMENTS STRUCTURANTS
reliées au port. L’achèvement de la RN6 qui relie Antsiranana à Antananarivo a corrigé cette L’ENERGIE
situation pour la côte Ouest (où le cabotage était pratiqué). Reste à desservir la côte Est - qui
n’est pas favorable au cabotage. Le bois et le charbon de bois constituent encore la réponse majoritaire à la consommation
d’énergie domestique. La production d’énergie électrique est très faible et largement assurée
LE RESEAU FERRE par des unités thermiques, alors que le pays dispose d’un potentiel hydro-électrique
considérable. La concentration des besoins courants sur Antananarivo et Antsirabe fait qu’à
La prise en charge par un opérateur privé de la gestion des deux réseaux ferrés existants —la
moyen terme, les possibilités d’exploitation de ce potentiel sont réservées à la proximité de
ligne Toamasina-Antananarivo-Antsirabe et son embranchement vers Ambatondrazaka, et la
ce pôle de consommation. La perspective de développement industriel autour de Toamasina,
ligne Manakara-Fianarantsoa— a permis de relancer le transport par chemin de fer. Ce sont
l’exploitation du Nickel près de Moramanga suggèrent de donner la priorité à un site
des lignes de faibles caractéristiques et il n’est pas envisagé de les transformer ou d’en créer
hydroélectrique situé entre la Capitale et son port. C’est ce que retient le Schéma.
de nouvelles, à moyen terme au moins. Les trajets sont en outre doublés par la route. Le
L’exploitation du potentiel du bassin versant des rivières Ikopa et Betsiboka est remis à plus
Schéma se limite donc à prendre en compte l’existant.
tard. La production d’énergie électrique par l’extension des unités thermiques existantes ou la
création d’unités nouvelles n’apparaît pas, par nature, structurante.

9
L’URBANISATION ET LE SYSTEME URBAIN

4 - L’URBANISATION ET LE SYSTEME URBAIN urbain. Et c’est, en retour, la cause d’une stagnation de l’économie domestique et de
l’augmentation de la pauvreté. Mise à part la population rurale qui produit des denrées
La mission 3 a diagnostiqué le retard pris par l’urbanisation du pays après 1975. Alors que la d’exportation (café, vanille, girofle, poivre, cacao…), essentiellement sur la Côte Est, pour la
croissance démographique nationale s’accélérait, atteignant 2,7 % puis 2,9% par an, la majorité de la population agricole et pastorale, la clientèle urbaine pour les produits vivriers,
croissance urbaine ralentissait, tombant de 5% par an vers 1970-75 à moins de 4% par an à la rapportée au nombre croissant de producteurs, n’a fait que doubler en 40 ans, pour ne
fin du siècle. Une manifestation flagrante de cette situation est l’évolution des rapports de représenter aujourd’hui qu’un appel de surplus de l’ordre de 25% du niveau de
poids démographique entre la Capitale, Antananarivo, Toamasina et Antsirabe : le rapport l’autoconsommation - soit un revenu monétaire de quelque 25 dollars par habitant et par an
entre les deux premières, déjà élevé en 1960 (7), s’est accru pour atteindre 8 en 2005. ou moins de 0,1 dollar par jour… .. Le Schéma des orientations à 10 ans recommande, pour la
Antsirabe, au contraire, a poursuivi une forte croissance tout au long du demi-siècle (plus de période 2013-2017, de soutenir une urbanisation plus rapide, comparable à celle qui était
5% par an), passant du 7ème rang au 3ème rang du classement des villes par rang de taille. La enregistrée avant 1975. A un rythme de 5% par an, la population urbaine doublera en 13-14
mission 3 a également révélé le niveau dérisoire du capital public urbain (de l’ordre de 175 US ans, soit à accueillir, d’ici 2022-2023, autant de citadins supplémentaires qu’il en a été
dollars/habitant à Antananarivo et beaucoup moins dans les autres centres urbains). accueilli dans les villes malgaches depuis leur origine. On mesure le défi : il y a une extrême
urgence à définir et mettre en œuvre une politique urbaine dynamique – d’autant plus
dynamique que la croissance économique sera forte. Cela ne signifie nullement la poursuite
d’objectifs normatifs sans rapport avec le niveau des revenus et les capacités de l’économie :
le rapport de la mission 3 a montré qu’un objectif suffisamment ambitieux mais réaliste
consiste à faire en sorte que les collectivités urbaines mobilisent un pourcentage correct de la
richesse qu’elles génèrent, de l’ordre de 4 ou 5% du Produit Local (ou urbain) Brut – contre
moins de 1% aujourd’hui.

A titre indicatif, d’après le rapport de la mission 3, pour l’ensemble des centres de plus de
5000 habitants, totalisant 6 millions de personnes en 2012, avec un PLB/hab moyen de 1
million d’Ariary en 2005 porté à 1,4 million en 2012, l’objectif devrait être, dès l’exercice
budgétaire 2012, à raison de 5% de leur PLB, un volume total des ressources des budgets
urbains de 420 milliards d’Ariary (env. 200 Millions d’US dollars) pour permettre un
investissement annuel de l’ordre de 200 milliards d’Ariary, grâce au recours à l’emprunt gagé
sur les ressources annuelles futures ainsi assurées.

On voit qu’au-delà des problèmes de sécurité, la gestion de la croissance urbaine est un levier
de première importance pour le développement économique et un enjeu majeur pour
l’Aménagement du Territoire. L’objectif ne pourra sans doute pas être atteint à cette date
dans tous les centres urbains, mais il doit l’être impérativement dans les plus importants et,
en particulier, dans les pôles urbains des espaces de croissance.

Le renforcement du système urbain doit concerner toutes les agglomérations urbaines, avec
des objectifs, des politiques et des moyens adaptés aux différentes situations et contextes.
Dans le haut de la hiérarchie urbaine, il y aura peu de changements dans le classement des
villes par rang de taille dans les 10 à 15 ans à venir. La Capitale, devenant une « région
urbaine », et les 6 ou 7 villes suivantes (5 ports et deux villes des Hautes Terres) demeureront
C’était la conséquence les principaux pôles de l’aménagement du Territoire. Ces villes devraient, en priorité, faire
d’un long repli de la Grande Ile sur elle-même et d’un manque d’appui au développement l’objet d’une rapide mise à niveau de leurs ressources et de leurs capacités de gestion et

10
L’URBANISATION ET LE SYSTEME URBAIN
élaborer un programme visant à la fois le doublement de leur superficie et l’amélioration de méritent tout autant d’efforts mais plus particulièrement et prioritairement les centres
leurs services à la population et aux entreprises. urbains qui se trouveront dans les espaces de croissance retenus.

Les autres 14 chefs-lieux de Région et un grand nombre de centres de moindre importance,


déterminants pour le passage de l’agriculture de subsistance à l’économie de marché,

11
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

5 - ESPACES DE CROISSANCE ET PÔLES 5. Le concept du développement durable est maintes fois citées par la politique nationale
d’aménagement du territoire (PNAT) comme étant un des piliers fondamental de
La mission 3 du mandat du consultant a permis d’identifier une série d’espaces de croissance l’aménagement du territoire. Incontestablement ce concept se distingue par une capacité
de différents types. Pour chacun de ces types d’espaces de croissance, il y en a à poser et surtout à lier ensemble plusieurs des questions centrales aux quelles nos
potentiellement d’autres que celui ou ceux qui ont été retenus, lesquels représentent sociétés sont aujourd’hui confrontées : la question des finalités de la croissance – et d’un
seulement les cas les plus évidents dans leur catégorie. compromis possible entre les intérêts divergents de l’économique, du social et de
l’écologique ; celle du "temps" et de la concurrence entre court terme et long
Avant de passer en revue les 10 espaces de croissance proposés, il convient de faire quelques
terme(croissance rapide et développement durable), générations présentes et futures ;
remarques d’ordre général :
celle, enfin, des "identités spatiales" – et de l’articulation problématique entre les
1. Espaces de croissance et pôles urbains sont indissociables, spécialement au stade de logiques de globalisation et celles d’automatisation des territoires locaux5.
l’économie malgache, dans la mesure où le développement y est nécessairement urbano-
Ces considérations préalables justifient l’intégration de la « durabilité » à chaque espace
rural. C’est à la ville, à ses acteurs majeurs, à ses élus, qu’il appartient de promouvoir le
de croissance. La croissance, voulue rapide compte tenu de la situation économique
développement du milieu rural périphérique. C’est tout particulièrement vrai lorsque
actuelle du pays, ne devrait pas mettre de côté les exigences d’une croissance soutenue à
l’objectif affiché est le « passage d’un agriculture de subsistance à une agriculture de
laquelle profitera la génération future. C’est pourquoi chaque espace de croissance est
marché » : le marché, c’est la ville ou, plus exactement, le réseau urbain, y compris les
accompagné d’une note qui se porte sur trois points essentiels : le premier présentant les
villes portuaires qui ont vocation à développer les débouchés extérieurs.
enjeux environnementaux majeurs concernés par l’espace de croissance, le second cite les
2. Les limites de l’espace de croissance d’un pôle sont, par essence, flous. Dans la principales conditions de durabilité des actions, et enfin un dernier point informe sur le
compétition entre pôles urbains pour la maîtrise d’un espace à la fois de collecte de classement de l’espace de croissance en termes de vulnérabilité.
produits primaires et de clientèle pour des biens et services urbains, chaque ville a pour
L’analyse de durabilité de chaque espace de croissance a été menée étroitement avec tous
tâche de conquérir de l’espace, de repousser les limites de son aire d’influence (son
les acteurs du secteur environnement œuvrant à Madagascar6, tandis que la CPGU s’est
hinterland).
penchée spécifiquement sur l’analyse de vulnérabilité de chacun de ces espaces.
3. La performance de l’économie nationale, mesurée en termes de PIB par habitant en
En dernier lieu, il convient de rappeler que deux catégories d’espaces de croissance sont
dollars des E-U, reflète essentiellement le développement du secteur dit moderne. La
présentes :
transformation de cette mesure en parité de pouvoir d’achat s’efforce de traduire le fait
que le pouvoir d’achat réel est lié au coût des biens et services de base, lesquels sont en 1. Les espaces de croissance dérivés des PIC de la Banque Mondiale, dont le soutien doit
grande partie fournis par le secteur dit informel, primaire, rural et urbain, qui procure être poursuivi pendant la période 2013-2017 et même au-delà, en modifiant leur contenu
ses revenus à 90% de la population malgache. Le SNAT, directement concerné par la et leur emprise originels, et
distribution des hommes sur le territoire, attire donc l’attention sur l’importance à
donner à la gestion des activités informelles et, en particulier, à la gestion de la 2. les espaces de croissance de niveau national dits « exogènes » pour les distinguer
croissance de la population urbaine, à 70% informelle. La réponse à ce défi requiert une d’éventuels nouveaux pôles ou espaces de croissance liés à un investissement étranger
politique urbaine adaptée à la demande des cette partie de la population et de lourd d’exploitation d’une ressource naturelle. La décision de retenir un des espaces du
l’économie urbaine. second type est subordonnée à un financement budgétaire (avec ou sans l’aide d’un
bailleur de fonds) important.
4. Les espaces de croissance proposés sont représentés sur le document graphique par un
contour en trait pointillé de couleur orange et par une étiquette de la forme : 7 T dans
laquelle le chiffre est le numéro d’ordre de l’espace de croissance dans la revue ci-après 5
Jacques Theys, « L’approche territoriale du " développement durable ", condition d’une prise
et la lettre l’indication de la « fonction déterminante » qui justifie la sélection de en compte de sa dimension sociale », Développement durable et territoires. 2002.
6
l’espace délimité comme « espace de croissance » (ici, T : le tourisme). Près de 6 réunions techniques se sont tenues avec une vingtaine d’acteurs œuvrant dans le
domaine de l’environnement.

12
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 1 – ESPACE DE CROISSANCE dérivé du « PIC de TAOLAGNARO » D’autres perspectives, dont les réalisations sont encore incertaines pourraient renforcer
l’importance de cet espace de croissance et surtout étendre son aire d’influence ; il s’agit
Indiqué sur le Schéma [1 E] entre autre de l’exploitation de bauxite à Manantenina, d’une nouvelle autoroute maritime
Signifiant : Espace de croissance Rang 1 et Facteur déterminant Exportation qui pourrait faire de Taolagnaro un futur port d’éclatement, d’un projet portuaire à Toliara
grâce à une éventuelle exploitation d’ilménite par la société Toliara sands
Facteur déterminant la sélection : l’exploitation du minerai d’ilménite près de Taolagnaro
et, plus spécialement, la réalisation d’un port en eau profonde (port d’Ehoala) à Taolagnaro Les enjeux majeurs
pour l’exportation du minerai, qui a permis la création d’un quai commercial. Il est prévu que
• Superposition des sites de conservation prioritaires (ex vallée de Mandrare, avec ses
d’ici 10 ans, ce port sera le second port de Madagascar après Toamasina.
forêts d’épineux) avec les zones agricoles (bassin de Mandrare, vallée de Ranomafana).
Les promoteurs du PIC de Taolagnaro comptaient sur l’effet des dépenses réalisées pour la Il existe donc des enjeux en termes d’usage du sol à gérer.
construction du port et l’ouverture de la mine pour dynamiser le secteur privé local. Des • Abondance d’aires de conservation prioritaires: site de conservation Mandena, Aire
dépenses importantes ont été consacrées à l’amélioration de l’infrastructure et de Protégée, Nouvelle Aire Protégée, Parc National (Andohaela), Paysage prioritaire de
l’équipement urbain de la ville conservation (vallée de Mandrare) avec ses écosystèmes uniques et espèces
endémiques.
Les effets attendus ne se feront pas sentir avant quelques années et les salaires versés et
• Zone à forte potentialité minière (en plus de l’exploitation de QMM), qui pourrait
dépensés sur place pendant la période d’exploitation minière seront vraisemblablement plus
changer les perspectives de la zone et dont l’exploitation est pour l’heure dominée par
faibles que pendant les travaux d’installation et de construction du port.
de petits et moyens opérateurs. Ce qui rend par ailleurs difficile la gestion durable des
Le SNAT recommande donc de compter davantage sur le développement de l’activité ressources.
portuaire commerciale et, à cette fin, sur la desserte de l’arrière-pays du Port. La mise en • Energie dans la mesure où cet espace veut s’orienter vers le tourisme haut de gamme
place de la zone économique spéciale (ZES) au niveau de l’aire Ehoala park contribuera • Changement climatique. A moyen ou à long terme, ce phénomène pourra conduire à la
grandement à la dynamisation des activités commerciale et industrielle de la région, plus désertification du sud et à la montée du niveau de la mer qui touche les villes côtières.
d’une dizaine opérateurs économiques se sont manifestés pour investir sur les 400 ha mis à Il pourra en résulter notamment une migration incontrôlée des populations du littoral.
disposition de cette ZES. La réhabilitation de la RN 13 reliant Taolagnaro à Ihosy y contribuera Les impacts de ce phénomène commencent déjà à être palpables. Les habitants des
mais la zone traversée est peu peuplée (à peine plus de 500.000 habitants dans toute la région zones qui sont devenues non propices à leurs activités de subsistance migrent vers les
Anosy) mais la région a un potentiel en biens exportables moyennant des infrastructures terres, vers les centres urbains peu répulsifs
adéquates. Le SNAT recommande d’étendre rapidement l’espace de croissance en direction de • Vulnérabilité à la l’insécurité alimentaire. La région est parmi les plus vulnérables dans
la Côte Est, potentiellement productrice de denrées d’exportation, aujourd’hui enclavée et ce domaine
siège de la plus forte émigration du pays. La route doit atteindre au moins Vangaindrano en
2012 et se prolonger par des antennes de collecte des produits de rente. Conditions de durabilité

Les PDR des régions Anosy, Androy et Atsimo Atsinanana fournissent des éléments pour le Le développement des filières porteuses (exploitation des ressources marines, agriculture de
développement de l’espace rural (pôles de développement) mais très peu sur le rente ; tourisme) qui sont les « facteurs déterminants » de cet espace repose sur les
développement urbain. ressources naturelles qui sont pourtant très fragiles. La condition de durabilité est celle de
respecter le seuil de la capacité de charge environnementale par rapport aux activités de
Ouverte aux migrants de l’arrière pays et de la Côte Est, la ville doit engager une politique développement économique prévues
hardie, organiser son doublement à moyen terme (11 à 13 ans à raison de 5 ou 6% par an). Les
efforts de renforcement des capacités financières et humaines de la commune de Taolagnaro, Vulnérabilité
entrepris dans le cadre du PIC, n’ont pas permis de la doter des moyens d’un développement L’espace est classé parmi les plus vulnérables : 2ème/10
durable : le budget n’a pas atteint 1% de la richesse générée dans la ville.

13
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 2 - ESPACE DE CROISSANCE dérivé du « PIC d’ANTSIRABE » Les enjeux environnementaux majeurs

• Deuxième plus grande agglomération du pays après la métropole et à forte potentialité


Indiqué sur le Schéma [2 AA]
Signifiant : Espace de croissance Rang 2 et Facteur déterminant Agro Alimentaire agricole avec Itasy ;
• Risque de surcharge « humaine » de par ces spécificités ;
Fait déterminant pour la sélection : le PIC associait initialement Antananarivo et Antsirabe • Bonne connexion aux autres espaces avec une proximité aux services et infrastructures
autour des potentialités de l’accueil d’investisseurs étrangers dans le secteur industriel structurantes (énergie, route, biens et services urbains, capital financier,…);
Antsirabe a un passé qui plaide en sa faveur : c’est la ville qui a le plus progressé dans le • Un potentiel industriel « sous exploité » (approvisionnement insuffisant des industries
classement des villes malgaches par rang de taille ; elle est bien reliée à Antananarivo, est existantes à partir de la production agricole environnante);
desservie par le chemin de fer et un aéroport et elle a conservé un certain tissu industriel, en • Une possibilité d’ouverture sur le moyen ouest qui est à conquérir mais dont
dépit de difficultés. Antsirabe peut attirer des ateliers de textile ou de confection. Le marché l’aménagement est pour l’heure peu réfléchi
urbain de la Capitale offre un débouché croissant à la production agricole, animale et laitière. • Maîtrise de la gestion des ressources en eau incontournable pour satisfaire les besoins
agricoles, industriels qu’urbains
L’agro-industrie est la vocation principale d’Antsirabe mais une difficulté majeure résiderait
dans un approvisionnement insuffisant des industries existantes par la production agricole • Accès et coûts de l’énergie qui conditionnent le développement de ces activités ;
régionale. Il est donc indispensable de faire porter l’effort sur ce goulot d’étranglement. Le • Conciliation des activités aux préoccupations environnementales majeures liées à
PRD de la région Vakinankaratra fournit des éléments à ce sujet. La réhabilitation de la route l’industrialisation.
menant à Soavinandrina (Itasy) en passant par Faratsiho fut réalisé et a offert un espace
Condition de durabilité
d‘approvisionnement plus large, lequel peut également s’étendre jusqu’à Ambositra (plus
proche d’Antsirabe que de Fianarantsoa). La mise en valeur des terres du Moyen Ouest se La bonne gestion de la ressource « terre » en termes de disponibilité et de qualité conditionne
réalise mais dans de mauvaises conditions : elle reproduit dans une large mesure l’économie la pérennisation de la croissance estimée; à rappeler que la surcharge humaine est un facteur
de subsistance des zones de départ. bloquant. Il s’agit ainsi d’identifier et de mettre en place un mécanisme de partage et des
systèmes adéquats qui permettraient d’optimiser la production. En outre, un plan de
Un frein au développement régional réside en effet dans la surcharge humaine de ces Hautes développement énergétique devra permettre la mise à disponibilité des ressources nécessaires
Terres du Vakinankaratra, de l’Itasy et de l’Amoron’i Mania. La croissance continue de la au service du développement industriel.
population rurale s’est traduite par une réduction continue de la taille des exploitations, par Vulnérabilité
l’exploitation de terres de plus en plus difficile à faire produire, par la consécration de plus en
plus d’espace et d’énergie pour la subsistance, par l’impossibilité financière et matérielle de Cet espace est le moins vulnérable de tous (10ème/10)
mécaniser le travail agricole…. Sans politique d’allègement du poids démographique sur la
terre cultivable, la Région s’enferme dans une impasse. La région et son pôle urbain, au
premier chef, doivent aider les agriculteurs à mieux organiser leur migration vers des terres
moins occupées et, pour ceux qui restent, à transformer leur production au profit de produits
pour le marché urbain et pour les industries régionales. Parallèlement, la mise en valeur des
terres du Moyen Ouest doit faire l’objet d’une politique régionale active, faisant
nécessairement appel à des « entrepreneurs agricoles», agriculteurs ou éleveurs ou mixtes, ne
serait-ce que pour compenser le retrait des petits exploitants restant dans les Hautes Terres
de la production vivrière.

L’espace ne serait s’étendre qu’au-delà de l’exploration d’autre marché en plus


d’Antananarivo.

14
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 3 - ESPACE DE CROISSANCE dérivé du « PIC DE NOSY BE » • Equilibre de peuplement entre les zones littorales qui sont fortement occupées et des
zones « presque – vides » à l’intérieur.
Indiqué sur le Schéma [3 TE] • Gestion des ressources en eau.
Signifiant : Espace de croissance Rang 3 et Facteur déterminant Tourisme & Exportation • Gestion des déchets dans les villes. Etant une île, Nosy Be doit veiller particulièrement
Fait déterminant pour la sélection : le PIC mise sur le développement touristique pour à cet aspect.
« booster » le développement local. Condition de durabilité
L’île a une vocation touristique mais les investissements hôteliers se manifestent lentement. La préservation des diversités génétiques et des rôles des forêts (pollinisation, habitats
L’île n’offre peut-être pas un produit touristique suffisamment valorisant et diversifié pour d’espèces endémiques…) qui conditionne le développement des activités économiques telles
attirer une grande clientèle et une clientèle de haut de gamme (cf. le Plan Tourisme) : elle qu’elles sont appréhendées dans les perspectives économiques de cet espace.
est de petite dimension et ne propose pas des activités alternatives à la nature.
De par les richesses et leur vulnérabilité aux pressions anthropiques, l’adoption de normes
L’espace de croissance s’étend au-delà de Nosy Be et englobe l’ensemble de la DIANA et « eco-friendly » devra être particulièrement observées dans le choix et la mise en place des
même de la SAVA. Le SNAT recommande d’étendre substantiellement l’espace de croissance infrastructures et des services touristiques.
lié au tourisme insulaire pour créer un « produit touristique » de niveau international. La
région DIANA peut en effet ambitionner de faire du tourisme un facteur de développement Vulnérabilité
régional en organisant les déplacements et l’accueil de touristes entre l’île de Nosy Be, les
Face aux risques et catastrophes, l’espace est classé 6ème sur 10
autres îles (Mitsio) et le littoral de la région, le massif du Tsaratanana, la ville d’Antsiranana,
la montagne d’Ambre et en intégrant un tourisme de croisières incluant les îles Comores. Cet
espace offre des conditions propices pour permettre le développement de cultures
particulières et de haute valeur pour des marchés de niche (vanille, ylang ylang et autres
produits). Le corridor Marojejy – Tsarartanana présente la plus large gamme d’altitudes à
Madagascar avec les types de végétation correspondantes (possibilité de parcours de raid).

Il concentre des « hot spots » biologiques et endémiques et des activités économiques entre
autres, l’exploitation industrielle des ressources halieutiques, le tourisme (qui peut s’orienter
davantage vers le haut de gamme) ; Lesquels pouvant être combinés à travers par exemple
d’un tourisme « Vanille ».

Les enjeux environnementaux majeurs

• Disponibilité des ressources naturelles, essentiellement celles marines et côtières. Les


fortes pressions anthropiques constituent un défi majeur que cet espace doit relever
car le développement des régions associées repose presque exclusivement sur
l’exploitation de ces ressources ;
• Maintien des forêts naturelles étant le support des activités économiques ;
• Maintien/renforcement des conditions d’épanouissement des filières porteuses ;
• Gouvernance locale en termes d’économie, social et environnement face à la forte
attractivité de la Région qui se traduit par l’engouement des opérateurs nationaux et
étrangers à y investir. Elle devra permettre une gestion équitable des ressources et la
distribution des richesses qu’elles produisent.

15
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 4 - ESPACE DE CROISSANCE polarisé par TOAMASINA Enjeux environnementaux majeurs


• De très grands potentiels : premier port de l’île, troisième plus grande ville, un arrière
Indiqué sur le Schéma [4 M*E] pays offrant la possibilité de diversifier l’économie :agriculture d’exportation,
Signifiant : Espace de croissance Rang 4 et Facteur déterminant Importation & Exportation tourisme; un espace qui supporte le plus grand bloc forestier humide du pays, zone
Fait déterminant pour la sélection : C’est le développement de la fonction portuaire, faiblement enclavée (exceptée vers Analanjirofo) Capacité d’extension des terres
implication du développement économique du pays et spécialement de l’agglomération cultivables très limitée sauf occupation des zones forestières;
antananarivienne, pôle économique majeur du pays. La réalisation en cours d’un nouveau • Pressions sur les ressources naturelles très importantes notamment sur les ressources
môle au port de Toamasina ouvre la voie à ce développement. forestières
Il s’agit principalement d’une croissance des importations (matières premières en tous genres, • Faiblesse de la maîtrise de l’extension des villes;
biens d’équipement, produits alimentaires et de consommation courante) mais Toamasina est • Espace (toute la région Est) parmi ceux les plus exposés aux catastrophes naturelles
aussi un port d’exportation des productions « de rente » de la Côte Est. A ce titre, l’effort doit
• Front ouvert dans la forêt et facilitation d’accès par la mise en place des
porter sur l’approvisionnement du port, c’est-à-dire sur une collecte aussi large que possible
infrastructures routières. Si le désenclavement est une condition essentielle au
dans les zones productrices ou potentiellement productrices de ces produits exportables mais
développement de cette zone (Atsinanana – Analanjirofo), la bonne gouvernance locale
actuellement mal desservies (cause de moindre intérêt et de pertes). La qualité de la desserte
devra être instaurée.
routière influe sur la qualité des produits livrés au port et sur le coût de cette livraison.
L’objectif à terme peut être d’atteindre Maroantsetra au nord et Mananjary au [Link] des Condition de durabilité
routes en bon état. Trouver un compromis sur la préservation de la forêt humide à long terme et la valorisation
Les 3 régions concernées par l’extension de l’hinterland de Toamasina (Atsinanana, économique de ces ressources à court, moyen et long terme ;
Analanjirofo et Vatovavy-Fitovinany) rassemblent près de 3 millions d’habitants, dont plus de
1,5 million d’agriculteurs. Actuellement, la surface moyenne en plantations de rente ne Vulnérabilité
dépasse pas 1/10 d’ha par habitant (0,7 ha par exploitation) et la production à peine 250 kg Cet espace est le plus vulnérable de tous : 1er/10
par habitant : ces chiffres pourraient augmenter très fortement si une partie des producteurs
y consacraient une plus grande part de leur temps, quitte à acheter des produits alimentaires,
du riz notamment, auprès de producteurs locaux ou en provenance d’autres régions de
Madagascar (et à défaut de l’étranger).
La qualité des services fournis, au port et en ville, aux entreprises d’import-export et plus
généralement commerciales est un élément essentiel du développement de Toamasina et de
son hinterland. Après la réalisation de nouveaux postes à quai, le port doit s’attaquer à son
handicap premier : le manque de terrains à l’arrière du port. Ce handicap est
particulièrement grave pour le développement du transport maritime en conteneurs qui
demande de vastes terre-pleins immédiatement à l’arrière du quai. La ville de Toamasina
doit, de son côté s’organiser pour accueillir à terme (vers 2035-2040) une population de
l’ordre du million d’habitants.
Le premier port d’un pays a vocation à développer une activité industrielle. Sur trois bases : la
transformation, plus ou moins poussée, de produits à exporter et, en sens inverse, celle de
produits importés, et la transformation de produits importés et réexportés. L’installation
Sheritt pour le traitement du minerai de nickel est l’amorce de la première voie, la minoterie,
celle de la seconde voie. La troisième est directement liée au coût de la main d’œuvre, est à
l’origine des entreprises textiles sous statut de zone franche autour d’Antananarivo.

16
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 5 - ESPACE DE CROISSANCE polarisé par L’AMÉNAGEMENT HYDRO-


AGRICOLE DU LAC ALAOTRA

Indiqué sur le Schéma [5 HEl]


Signifiant : Espace de croissance Rang 5 et Facteur déterminant Hydroagricole Elevage

Fait déterminant pour la sélection : La réhabilitation de la route de Moramanga au Lac et la


réhabilitation indispensable et urgente des aménagements hydro-agricoles autour du Lac. A
laquelle doit être associée la lutte contre l’érosion dans les bassins versants alimentant le
système d’irrigation et l’organisation d’un entretien soigneux des réseaux.

Le pourtour du Lac Alaotra est une des deux premières zones de la production de riz
commercialisée de Madagascar. Or les aménagements hydrauliques sont anciens et
passablement dégradés, par suite d’une insuffisance d’entretien, de l’ensablement par les
dépôts de l’érosion en amont des bassins versants alimentant les réseaux et par les
inondations périodiques des casiers. Enjeux environnementaux

Madagascar doit assurer une relative autosuffisance en riz, parce que la population totale • Grenier à riz du pays relativement non enclavé et à proximité de grands marchés
croît de près de 3% par an mais surtout parce que la population urbaine est appelée à passer (Antananarivo, Toamasina), En outre, l’espace est relié à de grandes infrastructures
de 5 millions aujourd’hui à 10 millions en 2020 et à 18 millions en 2035. Le pays n’y est pas structurantes : chemin de fer, route, énergie pour le besoin d’industrialisation,
parvenu pendant que la population urbaine passait 1,5 millions à 5 millions en 30 ans (de 1975 • Saturation de la plaine d’où la nécessité de conquérir de nouveaux espaces ;
• Ensablement de la plaine, tarissement des ressources en eau, diminution de la fertilité du
à aujourd’hui). Il ne peut pas compter sur l’autoconsommation ni seulement sur des surplus de
sol résultant de la dégradation des bassins versants ;
petits producteurs, dispersés et visant d’abord à assurer leur subsistance par la polyculture. • Destruction par ensablement des habitats naturels d’espèces endémiques liés au système
Des exploitations, voire des espaces essentiellement orientées vers la commercialisation lacustre
doivent prendre le relais. C’est le sens de l’objectif de faire passer l’agriculture malgache de • Pression foncière très importante. Les paysans commencent actuellement à conquérir les
la production de subsistance à la production pour le marché.La taille moyenne des flancs de collines dont la sécurisation et les dispositifs d’aménagement ne sont pas encore
exploitations du Lac, déjà actuellement supérieure à la moyenne nationale devrait au moins mis en place/opérationnels ;
• Exacerbation du Changement climatique par émission de gaz à effet de serre notamment
doubler d’ici 2020 soit, si la surface irriguée ne peut pas croître, une division par deux du
le méthane naissant de l’intensification rizicole (SRI). Il y a lieu tout particulièrement de
nombre des exploitations : tel est le défi. Il y a là la possibilité de recruter des candidats à la veiller au bilan carbone entre dégagement à partir des activités choisies et le captage de
création de nouvelles zones de riziculture commerciale. carbone via le reboisement au niveau de bassins versants.

Le pôle urbain de cet espace de croissance très particulier est triple : Ambatondrazaka et Condition de durabilité
Amparafaravola, Moramanga. A charge pour les responsables et acteurs régionaux d’organiser
la complémentarité de ces deux pôles au profit du développement local. Le développement de cet espace est quasi exclusivement lié à la disponibilité et à la qualité
des ressources « terre » et « eau ». Adresser les deux problématiques majeures par la mise en
L’espace associé (hinterland) ne peut s’étendre que vers le nord en direction d’Andilamena et cohérence et la concentration des efforts (publics et privés – de nombreux projets
des zones pastorales qui entourent ce centre, offrant des possibilités de gestion commune de interviennent dans cet espace et ceux depuis des lustres) est une condition sine qua none au
l’élevage régional (pays naisseur et pays d’embouche, fumure contre aliment du bétail). développement durable de cet espace.
• Distribution statistique de la taille des exploitations dans diverses régions Vulnérabilité

L’espace est classé 5ème/10

17
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 6 - ESPACE DE CROISSANCE polarisé par FIANARANTSOA


Enjeux environnementaux
Indiqué sur le Schéma [ 6LD ]
Signifiant : Espace de croissance Rang 6 et Facteur déterminant développement local L’espace polarisé par Fianarantsoa comprend la région Haute Matsiatra et d’Ihorombe. Il s’agit
Fait déterminant pour la sélection: l’achèvement de la réhabilitation de la RN 7 et la d’une zone de transition vers le Sud et vers le Sud Est. L’espace mise sur le développement
nécessité de valoriser le capital matériel et humain accumulé dans la ville de Fianarantsoa et local afin de redresser le déclin économique. L’espace a la capacité d’approvisionner le
dans sa région. niveau national par des produits de valeur et spécifiques aux terroirs (viande, vin..), et à
exporter des produits (café, thé, …); c’est une zone de transition vers le Sud et Sud Est mais il
Fianarantsoa et la Haute Matsiatra ont beaucoup souffert du long repli de la Grande Île sur devrait faire face à des défis importants dont :
elle-même et de la stagnation économique qui s’en est suivie. Cette évolution est occultée,
sur le plan démographique, par l’accueil, plus ou moins durable, du flux de migrants en • La surcharge démographique sur un espace restreint
provenance de la Côte Est et en marche vers d’autres provinces. L’absence d’un port plus • La gestion durable des pâturages qui est très problématique dans cette zone
• La gestion des ressources en eau
proche que Toliara (460 km) est pour quelque chose dans ce déclin mais ne suffit pas à
• Préservation des forêts contre les feux de brousse
l’expliquer car la Hte Matsiatra a surtout vocation à approvisionner le territoire national en
produits de haute valeur (fruits, viande, vin…) et à exporter des produits de faible poids (café,
thé, huiles essentielles…) ; au point que la relance de l’économie locale – incluant le Condition de durabilité
renouvellement du matériel végétal – apparaît comme un préalable à la réalisation d’un port La préservation de l’équilibre local à travers une bonne gouvernance, le
en eau profonde à Manakara, sans doute justifié par la population qu’il desservirait mais non déploiement/valorisation du patrimoine culturel et des ressources existantes (ex,
par les productions à exporter, actuellement. zafimaniry) ainsi que la redynamisation/renforcement des filières porteuses devraient
Plus que de l’exploitation d’un dynamisme de croissance avéré, il s’agit de relancer une assurer un développement local durable de l’espace.
économie qui le justifie et qui en a les moyens humains et les infrastructures, voire la Vulnérabilité
tradition. Cela passe par une forte mobilisation des responsables et acteurs locaux.
Différentes approches méthodologiques, regroupées sous le terme LED (Local Economic L’espace est classé 8ème sur 10
Development) existent et peuvent être utilisées. Le consultant recommande la méthodologie
“ECOLOC” (Relance des économies locales) largement expérimentée en Afrique de l’Ouest,
sous l’égide du PDM (Partenariat pour le développement municipal) parce que cette
méthodologie met en œuvre l’approche urbano-rurale, présentée en introduction à cette
revue comme indispensable à la mise en œuvre des espaces de croissance, au stade actuel de
l’économie malgache.

18
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 7 - ESPACE DE CROISSANCE structuré par la RN7 Enjeux environnementaux

La croissance estimée dans cet espace dépend de la capacité de développement de la zone de


Indiqué sur le Schéma [7 T]
Signifiant : Espace de croissance Rang 7 et Facteur déterminant Tourisme
départ (Antananarivo – Vakinankaratra); du pouvoir d’attraction de la zone d’arrivée (Toliara)
et des zones « au passage » qui justifient la fréquentation de cet espace. Il s’agit donc d’un
Fait déterminant pour la sélection : l’achèvement de la réhabilitation de l’itinéraire espace à potentialité très diversifié. Ainsi, le principal enjeu de cet espace serait la
Antananarivo-Toliara et la fréquentation de cet itinéraire par un tourisme itinérant (de préservation des « intérêts » dédiés à l’activité touristique : diversité biologique et
découverte) en forte croissance à Madagascar écologique mais aussi culturelle.
La réhabilitation de la liaison Antananarivo-Toliara faisait partie de l’objectif de remise à Condition de durabilité
niveau de l’ensemble du réseau national. Elle n’était pas totalement justifiée par le trafic, du
moins entre Antsirabe et Toliara. Mais elle offre aux touristes un itinéraire remarquable pour Maintien des potentiels naturels qui justifient la locomotive « tourisme », et structuration des
« connaître » Madagascar, des Hautes Terres au Grand Sud, de la Grande ville historique aux villes relais le long de la RN7 qui accentuent l’attractivité. Il s’agit aussi de voir la possibilité
plages et aux récifs coralliens en passant par les diverses traditions. Les tours operateurs de tourisme communautaire car les infrastructures ayant des standards internationaux tout au
proposent depuis longtemps plusieurs circuits autour de cet itinéraire. long de la RN7 ne sont pas systématiques.

Les points d’intérêt ne manquent pas tout au long du parcours, naturels —site de la Capitale Vulnérabilité
et des douze collines (Rova), hauteurs tragiques de l’Ankaratra (réserve forestière, arboretum, Cet espace est faiblement vulnérable face aux aléas et catastrophes, il est classé 7ème/ 10
circuit des mimosas, Lac Froid et Bassin des Dames), paysages des cuvettes rizicoles,
d’Antsirabe (parc de l’Est, lac Tritriva, Andraikiba), Massif de l’Isalo— humains et culturels, un
chapelet d’Aires Protégées tout au long de la PN7 et ce jusqu’au littoral (Ibity, Ranomafana,
Corridor Fandriana Vondrozo, Andringitra, Pic d'Ivohibe, Isalo, Zombitse Vohibasia,
Tsimanampetsotse, PK32 Ranobe, Mikea, Amoron'ny Onilahy, Baie de Ranobe…). L’objectif est
de les valoriser et de les présenter en tant que « produit touristique unique» et de part et
d’autre de l’axe routier, dans la limite de 30 à 50 km de l’axe. Les promoteurs devront veiller
à la qualité de l’accès, de l’accueil, de l’hébergement, de la gastronomie pour différentes
clientèles et niveau de dépenses.

L’aboutissement de l’itinéraire à Toliara permet de prendre en compte l’objectif de


développement touristique autour de cette ville et d’utiliser à cette fin les réserves foncières
créées par l’Etat (RFT).

A part le tourisme, l’espace pourra compter sur l’agribusiness comme moteur de


développement, ceci notamment au niveau des grands espaces de la Région Ihorombe.

C’est aussi un moyen de justifier, a posteriori, l’investissement consacré à réhabiliter la voie


routière et de contribuer à son entretien via les taxes ad hoc mises en place. Et, dans le
même temps, d’amorcer une lutte contre l’insécurité en commençant par sécuriser l’espace
touristique (répartition de postes de gendarmerie le long de l’axe, avec des moyens de
déplacement efficaces, justifiés par la fréquentation touristique).

19
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 8 - ESPACE DE CROISSANCE « métropolitain » Enjeux environnementaux

Le caractère métropolitain exige une gestion rigoureuse et durable des ressources stratégiques
Indiqué sur le Schéma [8 Met]
nécessaires :
Signifiant : Espace de croissance Rang 8 et Facteur déterminant Métropole
• Assurer l’approvisionnement en eau de manière généralisée
Le fait métropolitain est, en lui-même, un fait déterminant pour en faire un espace de • Planifier les besoins énergétiques (domestiques et industriels) afin de ne pas
compromettre l’équilibre des zones périphériques hors métropole souvent sujets à de
croissance.
véritable « pompage » de ressources. A rappeler, que la métropole Ananalamanga
L’agglomération d’Antananarivo génère près de 30% du PIB national. C’est sans conteste le associe l’espace de croissance autour d’Antsirabe, une partie du bassin versant
Betsiboka et une partie de celui polarisé par Alaotra Mangoro
pôle économique majeur du pays. Dans une perspective de croissance économique forte (plus
• Gérer la croissance et la pollution générée par cette croissance
de 6% par an), nécessairement ouverte sur le reste du monde, cette concentration d’hommes • Contrôler les risques liés à l’inondation
et de richesse n’est pas appelée à se réduire, au contraire et d’autant plus que la croissance • Préservation des zones tampon
sera forte. Ainsi, au cours des prochaines décennies, plus du tiers de l’augmentation annuelle • Rendre compatible l’usage du sol et des rivières et des sources stratégiques pour
de richesse nationale (de PIB) sera générée dans ou à la périphérie de ce pôle métropolitain l’approvisionnement urbain
national que constitue l’agglomération-capitale.

A deux ou trois années près, suivant le rythme de croissance économique qui sera Condition de durabilité
effectivement réalisé, la perspective d’une agglomération de près de 4 millions d’habitants en Un plan d’approvisionnement en énergie devrait être conçu afin de planifier et d’assurer les
2020 (et proche de 6 millions vers 2035) est une certitude. On peut mesurer le défi en disant besoins croissants de la métropole : ressources en eau, énergie domestique, énergie
qu’il s’agit de réaliser à Antananarivo, en une quinzaine d’années, un patrimoine urbain industrielle.
aussi important que celui qui a été réalisé depuis l’origine de la ville (avec le résultat que
l’on voit). La permanence, au sein de cette population, d’une proportion importante de En outre, la maîtrise de la croissance et de l’extension urbaine
ménages dépendant du secteur dit informel – plus de 50% des ménages – est en effet non
Vulnérabilité
moins certaine, en raison de la poursuite de la croissance démographique et de la charge déjà
très élevée de la population rurale sur les ressources naturelles des Hautes Terres, d’où L’espace est parmi les moins vulnérable 9ème /10
provient l’essentiel du flux migratoire vers la Capitale.

La gestion communale actuelle est hors d’échelle avec le défi à affronter, d’autant que le site
sur lequel se développe cette agglomération plurimillionnaire est difficile. En matière de
circulation, la préparation d’un avenir lointain doit se faire dès aujourd’hui. Une politique
urbaine nouvelle s’impose pour maîtriser la croissance de l’agglomération, notamment
l’habitat de ménages démunis. Des dispositions différentes sont à mettre en place sur tous les
plans : institutionnelles, technique, financier et gestionnaire. Le concept d’espace de
croissance peut constituer une approche acceptable de ce problème délicat

20
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES
FICHE 9 - ESPACE DE CROISSANCE – BASSIN de la Betsiboka période 2013-2017. A quoi on peut ajouter que la Capitale se trouve dans ce bassin versant de
telle sorte que l’espace de croissance considéré dispose de deux pôles urbains.
Indiqué sur le Schéma [9 BV]
Signifiant : Espace de croissance Rang 9 et Facteur déterminant Bassin Versant avec la moitié du potentiel
hydro-électrique du pays
Enjeux environnementaux

• Forte érosion du bassin versant. Sans ralentissement de ce phénomène à travers


Fait déterminant pour la sélection : La nécessité d’un programme à long terme pour assurer
l’aménagement et la gestion de l’amont, la valorisation du potentiel hydro-électrique
la relation entre la Capitale et le Nord-Ouest du pays.
ne peut être envisagé ;
Par la distance, après Toamasina (370 km), Mahajanga (580 km) est le second port le plus • Gestion foncière. Il y a nécessité de gérer l’affectation des sols en amont (possibilité
proche de la Capitale. Plus éloigné de la Capitale que Toamasina de 60%, le trafic du port de d’extension des superficies cultivables par irrigation de part et d’autre des barrages) et
Mahajanga trafic est 7 fois moindre que celui du premier port. La région du Nord-Ouest ne l’augmentation des terrains cultivables en aval,
manque pas de potentiel agropastoral et halieutique, y compris pour l’exportation mais les • Migration massive et incontrôlée de la population attirée par les aménagements offerts
conditions de sa mise en valeur sont difficiles (relief de cuestas répétées, inondations • Gestion intégrée des zones côtières : celle attenante au port et celle dédiée au
catastrophiques, climat pénible…). Le bassin versant de la Betsiboka et de son affluent l’Ikopa tourisme et à l’activité de pêche.
recèlent pourtant près de la moitié du potentiel hydroélectrique inventorié dans la Grande Île.
Mais, plus que tout, la zone des Tampoketsa (croupes dénudées et fortement érodées), sur Condition de durabilité
plus de 300 km entre Antananarivo et Maevatanana, offre très peu de ressources
agropastorales et, par voie de conséquence, une très faible présence humaine. C’est une La mise en valeur de cet espace et surtout son potentiel hydro-électrique est un travail de
coupure, un no man’s land entre la capitale et la côte nord-ouest. La route nationale reliant longue haleine, mais en l’absence d’actions de protection du bassin versant et de
Antananarivo à la côte du nord-ouest et, au-delà, à la pointe nord de l’île, sera néanmoins ralentissement de l’érosion dans les plus courts délais, les perspectives de développement
entièrement réhabilitée. escomptées dans cette zone sont compromises.
Tout indique que l’aménagement de cette partie du territoire malgache est à la fois une
Les actions sur le bassin versant ne devront pas se cantonner à son aménagement mais aussi
affaire coûteuse et de longue haleine et que c’est une raison pour élaborer un programme
voir le mode de gestion. En effet, par exemple, le reboisement en amont est une source de
étalé sur plusieurs périodes quinquennales à démarrer le plus tôt possible. A défaut d’une
telle stratégie, la mise en valeur sera périodiquement souhaitée, recommandée et… différée. convoitise pour les populations riveraines car source de bois. Ainsi, les dispositifs mis en place
devront être réfléchis.
L’aménagement d’un bassin versant fluvial est un classique en matière d’Aménagement du
Territoire (de “Regional Planning”)7. C’est une approche pluridimensionnelle qui convient bien Vulnérabilité
au problème posé par la jonction Antananarivo-Côte N-O : Lutte contre l’érosion pour éviter
l’ensablement de l’équipement hydro-électrique et celui du port de Mahajanga, barrages pour Cet espace est classé parmi les plus vulnérables : 4ème/10
lutter contre les inondations à l’aval, aménagement du port de Mahajanga8 (port de marée),
exploitation du potentiel hydro-électrique, extension et aménagement des terres irrigables
autour de Mahajanga et entre Ambatoboeny, Mapikony et Boriziny,… constituent un ensemble
d’objectifs qu’il faut articuler et ordonnancer pour dégager un premier programme pour la

7
La référence bien connue est l’aménagement de la vallée du fleuve Tennessee, aux Etats-Unis par la
TVA (Tennesee Valley Authority).
8
La création d’un port en eau profonde dans la baie de Narinda, de meilleures caractéristiques nautiques
que Mahajanga, mais plus éloigné d’Antananarivo que Mahajanga de 100 km, ne résoudrait pas le
problème.

21
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

FICHE 10 - ESPACE DE CROISSANCE national-régional dans la Région MENABE Enjeux majeurs

• Gestion naturelle des pâturages


Indiqué sur le Schéma [10 A]
Signifiant : Espace de croissance Rang 10 et Facteur déterminant Agriculture
• Gestion et maîtrise de l’eau, spécifiquement concernant l’eau d’irrigation
Fait déterminant de la sélection : la réhabilitation récente du port de Morondava et la
• Conflit foncier
nécessité de relier par une bonne route le potentiel agropastoral de la Côte Ouest au bi-pôle
Antsirabe–Antananarivo qui constitue, pour les productions agropastorales, le débouché Condition de durabilité
intérieur majeur du pays. A quoi doit s’ajouter la décision de réhabiliter le réseau d’irrigation
Préservation d’une biodiversité « unique » mis au service du tourisme, et de la pêche. En
du barrage de Dabara
outre, la gestion de l’eau est une priorité au sein de cet espace classé relativement « sèche ».
La région Menabe est l’exemple de ce que les géographes appellent un « isolat », c’est-à-dire
Vulnérabilité
une zone mal reliée au marché économique dominant, même si en l’occurrence, le port
permet à la zone d’exporter. La région aurait même régressé d’après le PRD. La réhabilitation Cet espace est classé parmi les plus vulnérables : 3ème/10
de la section Miandrivazo-Malaimbandy est réalisée (la gouttière du Betsiriry, au pied du
Bongolava) mais pas la liaison complète Antsirabe-Morondava, dont Antsirabe a besoin pour
l’approvisionnement de ses unités agro-industrielles. Dès lors que la section Miandrivazo-
Malaimbandy est réhabilitée, le complément de l’itinéraire précité devrait avoir la priorité sur
la réhabilitation de la liaison Malaimbandy-Ambositra.

La rivière Morondava n’est pas un cours d’eau important et le réseau d’irrigation à l’aval du
barrage de Dabara, une fois réhabilité, doit être géré avec habileté pour en tirer tout le parti.

Morondava dispose d’un aéroport et de liaisons fréquentes avec Antananarivo, Toliara et


d‘autres villes du pays et la côte de Morondava offre un potentiel touristique apprécié dont la
mise en valeur fait partie de l’objectif de l’espace de croissance à développer.

Morondava est toutefois un centre urbain de taille trop modeste (65.000 habitants
aujourd’hui) pour polariser une aussi vaste région que le Menabe, qui s’étend sur plus de 400
km du nord au sud et près de 200 km d’est en ouest. L’espace de croissance à associer à
Morondava peut se limiter, à moyen terme, à l’itinéraire Morondava-Malaimbandy (qui
traverse plusieurs vallées cultivables et des zones d’élevage) et à la plaine côtière de part et
d’autre de Morondava, de Belo-sur-Tsiribihina à Belo-sur-Mer et quelques antennes
perpendiculaires à l’itinéraire précité. On peut parler d’un espace de croissance de niveau
intermédiaire entre un pôle de développement régional (au sens des PRD et des SRAT) et un
pôle de niveau national, au sens du SNAT.

22
ESPACES DE CROISSANCE ET POLES

Antsiranana

3-TE

9-BV
Mahajanga

8-Met 5-HEl

2-AA
4-M*E
Antananarivo

10-A
Morondava

Fianarantsoa
7-T
6-LD

Toliara

1-E

Taolagnaro

50 150 400 km

23
6 - PLAN D’ACTIONS QUINQUENNAL
1. ESPACE DE CROISSANCE POLARISE PAR TOAMASINA
1.A. ENJEU A : Attribuer à Toamasina un rôle de port international compétitif

OBJECTIFS
AIII : Elaborer un plan d’occupation du sol de l’agglomération impliqué par le nouveau rôle du port
AII : Augmenter la capacité de traitement du trafic de marchandise
de Toamasina
ACTIONS
AIII1 : Elaborer les Plans d’Urbanisme de Détail couvrant toutes les parties de la Commune
AII1 : Réhabiliter le môle A
Urbaine et des Communes environnantes
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
6,3 2015 0,4 2015
AIII2 : Implanter les zones d’activité et les zones d’habitat préconisées par les PUDé
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
70,0 2015
1.B. ENJEU B : Jeter les bases de développement de l'hinterland rapproché de la ville
OBJECTIFS
BI : Développer le réseau routier/fluvial BII : Améliorer les infrastructures destinées à l’exportation des produits de rente
ACTIONS
BI1 : Réhabiliter la RN11 (Vatomandry - Nosy Varika)
BII1 : Créer un espace réservé dans le Schéma d’Urbanisme
en commençant par les ouvrages de franchissement
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,2 2015 10,0 2015
BI2 : Réhabiliter les voies d’interconnexion à la RN2 BII2 : Promouvoir la construction d’unités de transformation
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
21,5 2015 1,5 2015

24
1. ESPACE DE CROISSANCE POLARISE PAR TOAMASINA
1.C. ENJEU C : Développer le Tourisme (Balnéaire, écotourisme)
OBJECTIFS
CIII : Instaurer un tourisme de haut de gamme pour des sites
CI : Améliorer les voies d’accès aux sites touristiques CII : Améliorer les infrastructures d’accueil
spécifiques
ACTIONS
CI1 : Réhabiliter la RN5 (Toamasina - Maroantsetra) en CII1 : Faire respecter les normes de construction et
CIII1 : Améliorer la qualité d’accueil
commençant par les ouvrages de franchissement d’exploitation des infrastructures d’accueil
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
402,0 2015 0,1 2015 1,0 2015
CIII2 : Promouvoir la construction de nouvelles
CI2 : Assurer un entretien permanent des voies routières
infrastructures d’accueil de haut de gamme
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
37,2 2015 25,0 2015
CI3 : Assurer un entretien annuel des voies fluviales (Canal
des Pangalanes)
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015

Concernant spécifiquement cet espace de croissance, il convient de mette en exergue l’importance de la promotion des projets REDD ((Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts), dont
les objectifs seraient de :
- Valoriser économiquement la préservation des forêts à travers le crédit carbone
- Appuyer le développement local aux périphéries des forêts

25
2. ESPACE DE CROISSANCE AUTOUR D’UN AMENAGEMENT HYDRO-AGRICOLE : LE LAC ALAOTRA
2A. ENJEU A : Améliorer l’efficience des réseaux hydro-agricoles
OBJECTIFS
AI : Réhabiliter les réseaux hydro-agricoles en y intégrant le volet protection et gestion des
AII : Mettre en place un système efficace d’entretien des réseaux
bassins versants
ACTIONS
AI1 : Poursuivre le Projet BVPI AII1 : Mettre en œuvre des chantiers d’entretien
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
1,9 2015 40,8 2015
AI2 : Réhabiliter les réseaux prioritaires pour assurer la production des périmètres AII2 : Identifier un système assurant une réhabilitation permanente des réseaux
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,5 2015 0,2 2015
2.B. ENJEU B : Renforcer la production agricole et l’industrialisation
OBJECTIFS
BI : Promouvoir la mutation des unités de production en entreprises agricoles BII : Améliorer les voies de communication desservant la région
ACTIONS
BI1 : Définir un cadre juridico-financier pour favoriser cette mutation BII1 : Achever la réhabilitation de la RN44
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 180,6 2015
BI2 : Adopter l’utilisation de variétés de riz à haut rendement et à faible consommation
BII2 : Réhabiliter la rocade Ouest du Lac Alaotra
hydrique
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 49,8 2015
BI3 : Diversifier les types de culture en associant la culture irriguée et la culture pluviale
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015

26
3. ESPACE DE CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT URBANO-RURAL EN HAUTE MATSIATRA
3A. ENJEU A : Développer des productions spécialisée 3B. ENJEU B : Installer des exploitations agropastorales de grande taille
OBJECTIFS OBJECTIFS
AI : Proposer à la population rurale des activités rentables BI : Rentabiliser les grands espaces disponibles
ACTIONS ACTIONS
AI1 : Identifier les types de cultures rentables spécifiques aux potentialités BI1 : Localiser les zones concernées et en constituer des réserves foncières
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 0,3 2015
AI2 : Promouvoir l’adoption des cultures spécialisées vivrières ou industrielles BI2 : Promouvoir la mise en place d’unités de production
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,3 2015 0,4 2015
BI3 : Mettre en place des schémas de financement adéquats
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015
BI4 : Adopter des mesures d’accompagnement pour la commercialisation, la transformation
des produits et la sécurisation des personnes et des biens
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015
3C. ENJEU C : Adopter un schéma régional d’aménagement du territoire adapté
OBJECTIFS
CI : Financer les travaux d’aménagement prévus par le PUDi de
CII : Financer les projets d’aménagement prévus par le SRAT
Fianarantsoa en intégrant l’agglomération future du pôle de CIII : Réhabiliter le réseau routier
HAUTE MATSIATRA
croissance
ACTIONS

CI1 : Projeter la modification du tracé de la RN7 pour CIII1 : Réhabiliter en priorité les axes routiers Fianarantsoa –
préserver les fonctions de Centre ville Ikalamavony et Ankaramena – Tsitondroina

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER


0,2 2015 69,6 2015

27
4. ESPACE DE CROISSANCE AUTOUR D’UN AXE ROUTIER : LE CAS DE LA RN7
4.A. ENJEU A : Rendre l’axe comme une destination touristique de qualité
OBJECTIFS
AI : Améliorer la qualité des sites AII : Renforcer la capacité d’accueil et améliorer la qualité AIII : Développer la promotion touristique de la destination
de l’hébergement
ACTIONS
AI1 : Garantir l’accès en toutes saisons AII1 : Mettre en valeur les RFT (1) AIII1 : Elaborer une carte guide des centres d’intérêt
touristique
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
52,1 2015 1,0 2015 0,3 2015
AI2 : Aménager les sites par le développement de voies de AII2 : Offrir un service touristique de qualité AIII2 : Dynamiser les activités de l’Office National du Tourisme
parcours et de protection des produits et des Offices Régionaux concernés
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
10,0 2015 0,5 2015 0,1 2015
AI3 : Assurer des services internes AII3 : Faire respecter les normes de construction, AIII3 : Utiliser les Technologies de l’Information et de la
d’exploitation et environnementale Communication
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 0,1 2015 0,1 2015
AII4 : Mettre en place un système de financement pour
appuyer les investissements en infrastructure
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015
(1) : les RFT qui au sein de la région Atsimo Andrefana sont définies et devraient être prioritaires: 5293 Ha sur les sites d’Andavadaoka, Manombo, Soalara Sud et Beheloka auquels
s’ajoutent également 756 Ha sur Itampolo

28
4. ESPACE DE CROISSANCE AUTOUR D’UN AXE ROUTIER : LE CAS DE LA RN7
4.B. ENJEU B : Faire du Tourisme un moteur d’entraînement des autres secteurs économiques

OBJECTIF
BI : Intégrer l’implantation et/ou la BII : Promouvoir l’artisanat local BIII : Renforcer les services de base BIV : Assurer l’entretien des voies de
réhabilitation des infrastructures hôtelières communication
dans les PUDi des villes concernées
ACTIONS
BI1 : Identifier les besoins de l’activité BII1 : Mettre en place des centres de BIII1 : Améliorer la qualité des services de BIV1 : Développer des chantiers d’entretien
« tourisme » en espaces spécifiques dans formation artisanale santé et de protection des infrastructures
chaque ville de la RN7 routières

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 0,4 2015 1,3 2015 90,2 2015
BI2 : Réorganiser les différents PUDi à BII2 : Aménager des espaces réservés à la BIII2 : Renforcer la capacité des services
travers des PUDé intégrant les espaces commercialisation des produits artisanaux tertiaires : établissements financiers,
dédiés à l’activité « tourisme » télécommunication…
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 2,6 2015 0,9 2015
BI3 : Réaliser les infrastructures urbaines BII3 : Structurer l’organisation des producteurs
appropriées
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
1,0 2015 0,1 2015
4.C. ENJEU C : Sécuriser la RN7
OBJECTIF
CI: Promouvoir une organisation efficace de sécurisation humaine et matérielle
ACTIONS
CI1 : Renforcer la capacité humaine et matérielle des unités de sécurité
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015
CI2 : Mettre en place des unités mobiles d’intervention
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,8 2015

29
5. ESPACE DE CROISSANCE METROPOLITAIN D’ANTANANARIVO
5.A. ENJEU A : Maîtriser une croissance urbaine forte et socialement sensible
OBJECTIF
AI : Promouvoir le déploiement de l’économie informelle AII : Offrir des espaces d’extension dans la Plaine
ACTIONS
AI1 : Aménager des espaces de production et/ou d’échanges appropriés à l’exercice des AII1 : Poursuivre les travaux d’aménagement hydraulique et d’urbanisation de la Plaine
activités informelles
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
3,0 2015 0,5 2015
AI2 : Entretenir le patrimoine public existant AII2 : Réaliser des opérations d’aménagement urbain dans la Plaine : voiries et lotissements
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
9,9 2015 100,0 2015
AI3 : Construire de nouveaux bâtiments publics à fonctions locales et nationales
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
51,0 2015
5.B. ENJEU B : Adapter une stratégie urbaine
OBJECTIF
BI : Intégrer l’extension de la Commune Urbaine en synergie avec celle des Communes BII : Réaliser des programmes d’extension urbaine ou « villes nouvelles »
périphériques
CII : Assurer la participation financière de toutes ses composantes au développement du Grand Antananarivo
BI1 : Construire les réseaux divers convenablement dimensionnés facilitant le BII1 : Identifier les communes les plus dynamiques en termes de peuplement et y édifier des
fonctionnement de l’agglomération « villes nouvelles » sites d’extension urbaine
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
5,0 2015 0,1 2015
BI2 : Relocaliser et regrouper les sites d’activité comme les zones industrielles et autres BII2 : Surveiller l’équilibre qui doit exister entre la CUA et les nouvelles extensions afin
centres commerciaux d’assurer une certaine harmonie du paysage de la Métropole
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
500,0 2015 0,1 2015

30
5. ESPACE DE CROISSANCE METROPOLITAIN D’ANTANANARIVO
5.C. ENJEU C : Mettre en place un financement urbain
OBJECTIFS
CI : Assurer une gestion saine de la Capitale de Madagascar CII : Assurer la participation financière de toutes ses composantes au développement du Grand
Antananarivo
ACTIONS
CI1 : Assurer un prélèvement d’au moins 3% du PIB de «l’agglomération» pour le CII1 : Réaliser les voies de contournement et de liaison rendant ces différentes « villes »
fonctionnement de la ville fortement solidaires entre elles, garantissant leur mobilisation à l’effort financier commun
nécessaire
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,1 2015 150,0 2015
CI2 : Intégrer l’ensemble de l’agglomération Grand Antananarivo dans l’effort commun de
gestion de la Capitale
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER
0,2 2015

31
6. UN BASSIN FLUVIAL COMME ESPACE DE CROISSANCE : L’IKOPA BETSIBOKA
6.A. ENJEU A : Développer la production d’énergie
6.B. ENJEU B : Développer et améliorer les caractéristiques du port de Mahajanga
hydro-électrique
OBJECTIF

AI : Augmenter la capacité de production BIII : Mettre en œuvre les activités prévues par
BI : Réhabiliter le port de Mahajanga BII : Protéger le port de Mahajanga
d’électricité le PUDi de Mahajanga

ACTIONS

AI1 : Lancer la construction du barrage BI1 : Lancer la réhabilitation de la 2ème BII1 : Lutter contre l’érosion du bassin BIII1 : Protéger les espaces à soustraire de
d’Ambodiroka tranche du port de Mahajanga versant de la Betsiboka pour protéger le l’urbanisation
port de Mahajanga de l’ensablement
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

121,0 2015 15,0 2015 706,8 2015 200,0 2015


AI2 : Lutter contre l’érosion du bassin BI2 : Mettre en conformité au code ISPS du BIII2 : Acquérir les emprises de la grande
versant à l’amont du barrage hydro- port : code international pour la sûreté des voirie à l’échelle des besoins à long terme
électrique navires et des installations portuaires
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

224,2 2015 0,1 2015 0,1 2015


BIII3 : Définir la répartition des ressources
potentielles entre les collectivités
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

0,1 2015
BIII4 : Organiser l’accès des collectivités
publiques à un financement concessionnel
pour leurs investissements
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

0,1 2015

32
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
6. UN BASSIN FLUVIAL COMME ESPACE DE CROISSANCE : L’IKOPA BETSIBOKA
6.C. ENJEU C : Développer les filières agricoles 6.D. ENJEU D : Dynamiser le secteur industrie
OBJECTIFS OBJECTIFS
CI : Aménager les espaces agro-pastoraux DI : Densifier les unités de transformation DII : Restructurer et mettre à niveau les industries locales
ACTIONS ACTIONS
CI1 : Identifier et délimiter les espaces agro-pastoraux DI1 : Augmenter le taux de croissance des investissements des DII1 : Identifier et multiplier les zones industrielles dédiées
industries locales
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

0,1 2015 0,1 2015 0,1 2015


CI2 : Assurer la sécurisation foncière des espaces agro- DI2 : Poursuivre la construction des unités de transformation DII2 : Mettre en place des CERDIC : Centre d’Expansion
pastoraux et de conservation : produits halieutiques, fruits et légumes Régional de Développement Industriel et Commercial
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

0,1 2015 2,6 2015 0,7 2015


CI3 : Lancer les aménagements des espaces agro-pastoraux DI3 : Construire des unités de production de bio-diesel
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

1,2 2015 0,1 2015

33
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

[Link] DE CROISSACE DERIVE DU PIC TAOLAGNARO

7.A. Enjeu A. Développement de l’environnement des affaires

OBJECTIF

A.I. Pérenniser et développer le tissu des PME existants [Link]. Développer le rôle polarisateur des pôles urbains

ACTIONS

AI1: Disposer d’un dossier d’éclairage du développement économique dans AII1: Mettre à jour les PUDi Farafangana, Vaingandrano
les régions associées à l’EC
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

AI2: Faciliter l’accès aux services financiers et diversification de l’offre AII2: Mettre en place les services et infrastructures ayant fonction polarisatrice prévus par les PUDi de
financière Taolagnaro, Manakara et Ambovombe
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

AI3: Appuyer les opportunités de marché au niveau local, régional et AII3 : Mettre en réseau les centres urbains secondaires avec les centres urbains nationaux
national
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

7B. Enjeu B : Développement agricole promu par les PMEs

OBJECTIF

B.I. Approvisionner les marchés intérieurs (interrégional) et [Link]. Développer et diversifier la production agricole [Link]. Appuyer le développement de l’exportation
marché local Promouvoir l’élevage

ACTIONS
BI.1 Réhabiliter la RN 13. Fort dauphin - Ranomafana Sud BII.1. Réaliser des schémas d’aménagement agricole de BIII.1. Développer les filières porteuses (culture à forte
(Fort dauphin _ Farafangana à moyen et long terme). chaque bassin agricole (Bassin de Mandrare, vallée de valeur ajouté /cibler marché de niche pour l’exportation)
Ranomafana, …)
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

34
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

BI.2. Réhabiliter la RN 10. Fort Dauphin – Ambovombe BII.2. Lancer les aménagements des zones d’investissement BIII.2. Mettre en place les infrastructures adaptées au
agricole conditionnement des produits d’exportation
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

7C. Enjeu C : Développement du tourisme (durable)


OBJECTIF
CI. Développer des produits touristiques basés sur la valorisation des potentialités et atouts naturels CII. Sécuriser les zones à vocation touristique
ACTION
CI1 : Appuyer l’Office Régional du Tourisme dans la promotion de la destination CII1: Elaborer le schéma d’aménagement touristique
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

CI.2. Mettre en place des infrastructures d’accueil


COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

35
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

8. ESPACE DE CROISSANCE DERIVE DU PIC VAKINANKARATRA ASSOCIANT ANALAMANGA

8.A. ENJEU A. Promotion de l’agribusiness

OBJECTIF

AI. Développer et ouvrir le marché agricole AII. Sécuriser les zones d’investissement agricole

ACTION

AI1 : Réhabiliter les routes liant Vakinankaratra –Menabe AII1:Réaliser des projets d’infrastructures
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

AI2: Aménager le « Moyen Ouest » dédié à l’agriculture AII2 : Procéder à la délimitation et à la réservation des zones d’investissement
agricole
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

8.B. ENJEU B. Développement de pôle industriel

OBJECTIF

BI. Mettre en place des zones économiques spéciales attractives à BII. Renforcer l’attractivité du pôle Antsirabe
l’implantation d’industries

ACTION

BI1 : Réserver des zones à vocation industrielle BII1 : Organiser le transport de biens et personnes sécurisé entre les territoires de
l’espace de croissance
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

BI2 :Organiser l’approvisionnement en énergie des villes propices au BII2 : Réaliser le schéma régional d’aménagement du territoire Vakinankaratra (SRAT)
développement industriel
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

36
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

9. ESPACE DE CROISSANCE DERIVE DU PIC NOSY BE ASSOCIANT DIANA ET SAVA

9A. ENJEU A. DEVELOPPER DE L’AGRO-INDUSTRIE (DANS UNE PHASE DE PREMIERE EXPORT-SUBSTITUTION)

OBJECTIF
AI : Améliorer la production agricole AII : Promouvoir des zones d’activités industrialo-commerciale

ACTION
AI1 : Réaliser la route « ceinture de la montagne d’Ambre » AII1 : Développer l’industrie de parfumerie à Nosy Be

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020 2025
AI2 : Maitriser l’eau d’irrigation pour les deltas de Mahavavy et de Sambirano AII2 : Redresser l’industrie navale de Diégo Suarez
avec les vallées en amonts

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020 2020
AII3 : Lancer la Zone Economique Spéciale avec le hub aéroportuaire de Cap Diégo

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020

9B. ENJEU B. SUBSTITUER PROGRESSIVEMENT L’ENERGIE FOSSILE A L’ENERGIE RENOUVELABLE

OBJECTIF
BI : Promouvoir l’hydroélectrique pour la grande consommation régionale (industrie, BII : Promouvoir l’éolien et le solaire pour les petites et moyennes consommations
zone d’activité, ville, etc.) (localités et des zones d’activité de taille moyenne, éclairage publics, ménages, etc.)

ACTION
BI1 : Lancer la construction des barrages hydroélectriques d’Ampandriambazaha BII1 : Lancer un programme d’électrification rurale basé sur l’éolien et le solaire
et de Bevory Andraimanjavona

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020 2020
BI2 : Mettre en place le réseau interconnecté du « Nord » de Madagascar
(Diégo-Ambilobe, Ambanja, Nosy Be)

37
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020
BI3 : Lutter contre l’érosion des bassins versants des fleuves Sambirano,
Ramena et Mahavavy

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020

9C. ENJEU C. DEVELOPPER ET DIVERSIFIER L’OFFRE TOURISTIQUE DU NORD DE MADAGASCAR

OBJECTIF
CI. Améliorer l’offre touristique régionale CII. Développer le tourisme alternatif

ACTION
CI1 : Réaliser des zones d’aménagement touristique (d’envergure nationale) CII1 : Organiser les opérateurs touristiques villageois

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020 2020
CI2 : Rehausser la qualité de service des établissements hôteliers (main d’œuvre
et infrastructure)

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020
CI3 : Appuyer l’office régional du tourisme dans la « mise en réseau » des
produits touristiques régionaux

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

2020

38
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

10. ESPACE DE CROISSANCE DU MENABE

[Link]. Développement des territoires agricoles

OBJECTIF

AI. Préserver et élargir le capital physique en périmètres irrigués AII. Développer les filières porteuses

ACTION

AI1: Réaliser des infrastructures hydro-agricoles AII1:Mettre en place des unités de transformation destinées à l’exportation des
grains secs (haricots, pois de cap et lentilles grises)
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

AI2 : Réaliser un schéma d’aménagement des milieux naturels à préserver et des


zones agricoles (1)

COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

(1). En effet, formations végétales de baobab son menacées par la non maîtrise de l’eau dûe à l’extension des périmètres irriguées. Ces formations de baobabs constituent
pourtant les principaux sites d’attraction touristique de la zone.

10.B. ENJEUB Renforcement du pôle urbain Morondava

OBJECTIF

BI. Développement du tourisme BII. Aménager la ville

ACTION

BI1:Sécuriser l’axe « Menabe » BII.1. Réaliser les projets d’équipement et infrastructures structurantes prévus
par le PUDi
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

BI2: Préserver les ressources de la biodiversité dédiées au tourisme


COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

39
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

BI3: Equiper les petites villes relais (Miandrivazo, Malaimbandy, Belo sur
Tsiribihina)
COUT (MILLIONS USD) ECHEANCIER

40
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

REQUIS A LA MISE EN ŒUVRE DU SNAT

Quelques conditions sont requises à la mise en œuvre du SNAT

Relevant de la gouvernance

• Instaurer la bonne gouvernance et la transparence ;

• Intégrer les principes d’équité dans la répartition des ressources et des bénéfices ;

• Mettre en cohérence et concentrer les efforts pour adresser les problématiques stratégiques et/ou qui nécessitent des actions de longue haleine ;

• Evaluer et capitaliser les expériences des initiatives publiques et privées avant de poursuivre et ouvrir des chantiers d’actions ;

• Veiller aux secteurs stratégiques notamment Mines et leur incidence sur l’aménagement du territoire et le développement durable ;

Relevant de l’environnement

• Mener au préalable une évaluation du type Evaluation Environnementales Stratégique pour chaque Espace de Croissance pour assurer l’intégration des dimensions économie – social -
environnement;

• Adopter le principe de précaution notamment pour les domaines nouveaux ;

• Développer le concept «sustainable business standard » : cahier de charge pour chaque opérateur quel que soit son domaine/niveau d’investissement. Ce standard exigera entre autres
l’obligation d’informer sur la traçabilité des matières utilisées ; la démonstration du « non gaspillage » ;

• Adopter des normes « eco-friendly » pour les infrastructures notamment au niveau des espaces optant pour l’écotourisme et des « Better Management Practices » ;

Relevant de l’énergie

• Développer le secteur Energie pour la production (non seulement pour la consommation) et la sécurisation des investissements– Cette ressource étant un pilier principal de toute activité
économique ;

Relevant du développement urbain

• Pour toutes les orientations, là où il sera prévu une création ou une extension de villes, des études relatives au traitement des déchets solides seront menées (Etude de faisabilité / choix de
l’emplacement des sites / types de traitement à retenir avec divers scénarios (compostage – torchage de méthane et cogénération d’énergie ou centre d’enfouissement technique).

• Prévoir également un plan d’approvisionnement en énergie

Relevant du domaine social

• Préparer la population au développement notamment à travers l’éducation, l’information et la communication ;

• Impliquer et encadrer les populations locales pour assurer l’appropriation des actions.

41
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

7 - ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET imposera une référence effective des instances sectorielles à la stratégie des espaces et des
pôles de croissance et qui, en retour, parviendra à une prise en compte réelle de cette
POLITIQUES RÉGIONALES stratégie et à une adoption définitive des dits espaces de croissance éventuellement modifiés
Il convient de rappeler que les espaces de croissance et les pôles urbains qui leur sont associés en cours de programmation.
répondent à une orientation stratégique majeure de la politique d’Aménagement du Territoire Ces considérations portent sur les espaces de croissance dits « de niveau national ». Certains
mais qu’ils ne constituent pas la seule et exclusive modalité de mise en œuvre de de ces espaces de croissance proposés dans la première version du Schéma des orientations à
l’Aménagement du Territoire. 10 ans englobent des espaces de croissance régionaux, tels qu’ils ont été identifiés dans
Le Schéma des orientations sectorielles et transversales à 10 ans ne concerne en outre que les l’élaboration des PRD : leur programmation sera conduite en relation avec les instances
objectifs d’Aménagement du Territoire pour une période limitée (en principe deux périodes régionales. D’autres pôles de développement régionaux ne sont pas inclus dans les 9 espaces
quinquennales). Les espaces de croissance retenus pour cette période ont pour effet d’exiger, de croissance proposés; il n’est pas question de les exclure de la stratégie d’Aménagement du
à l’intérieur de ces espaces, la recherche de cohérence, synergie et coordination aussi grandes territoire et l’Etat peut naturellement y apporter son appui mais l’initiative restera celle des
que possible des différents programmes publics, sectoriels et transversaux. En dehors de ces instances locales qui peuvent d’ailleurs trouver l’aide de bailleurs de fonds pour leur mise en
espaces de croissance, les politiques sectorielles et transversales seront naturellement œuvre. Le Schéma national repère (par une forme ovale) les pôles de développement ou de
poursuivies. croissance qui sont géographiquement déterminés dans les PRD (ce qui n’est pas le cas de tous
les PRD)
C’est en particulier le cas pour les programmes routiers pour lesquels il faut arbitrer entre la
mise en œuvre des espaces de croissance —notamment la réalisation des compléments de Par contre, le Schéma National ne fait pas état des pôles dits de « développement social » qui
routes nationales et des réseaux de routes régionales et locales intérieurs à ces espaces— et ont été identifiés par des PRD —c’est-à-dire des districts qui sont à l’écart de la diffusion de la
l’adaptation continue du réseau national aux trafics sur les différentes sections de ce réseau croissance économique à partir des pôles de développement économique. Indépendamment du
national (sans anticipation). C’est aussi le cas pour la politique urbaine, comme il est exposé fait que les termes de référence n’en faisait pas mention, il appartient sans doute davantage
ci-dessus. Mais c’est le cas, plus généralement pour toutes les politiques sectorielles et aux Régions qu’à l’Etat Central de définir et de conduire les politiques très locales qui
transversales : agriculture élevage et développement rural, tourisme, etc. Le processus doit s’imposent pour aider ces espaces à surmonter leurs handicaps spécifiques— ce qui n’empêche
aboutir à ce que chaque instance sectorielle soit appelée à distinguer, dans sa programmation, pas l’Etat de mettre en place un dispositif d’aide et des directives générales pour appuyer les
sa participation à la mise en œuvre des espaces de croissance retenus et la poursuite de sa initiatives régionales en la matière sans s’y impliquer directement. Les régions devraient
politique sectorielle dans le reste du territoire. C’est la perspective de cet aboutissement qui également pouvoir mobiliser des ONG pour les assister.

42
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES

8 - ARBITRAGE L’objet de cette partie du rapport sera donc de présenter les résultats de l’Atelier de
concertation et d’arbitrage dans le cadre de la finalisation du Schéma National
RAPPEL DES TDR SNAT 2008 d’Aménagement du Territoire (SNAT) à l’horizon 10 ans avec la participation des institutions
de la Transition comme le CT et le CST, des secteurs, des régions, des communes et de
Les TDR du SNAT 2008 avait prévu « la création d’une Commission Nationale d’Arbitrage,
différents acteurs de l’AT.
placée sous la présidence du Premier Ministre » tenu d’assumer la priorisation des programmes
et des actions sectorielles proposées par l’étude. CADRAGE
Le Ministre de l’Aménagement du Territoire devait en assurer le secrétariat. Vision
La commission d’arbitrage devait disposer d’un Comité de Suivi Technique regroupant un A la base de tout essai de planification territoriale nationale il doit y avoir une vision du
représentant du Président de la République, un représentant du Premier Ministre, un développement économique et social du pays concerné.
représentant du Ministre de l’Aménagement du Territoire, et deux membres de l’Unité
Technique de l’Aménagement du Territoire. En 2008, le MAP a servi de référence à l’élaboration du Schéma National des Orientations
Sectorielles et Transversales (SNOST). Le SNOST devait d’ailleurs spatialiser le MAP.
Sitôt l’arbitrage arrêté, le Comité Technique devait se réunir régulièrement pour assurer le
suivi du processus. Les engagements édictés par le MAP ont été traduits par tous les secteurs en politiques et en
actions que le SNOST devait considérer.
Les membres avaient à faire régulièrement un compte rendu de l’évolution des travaux, aux
autorités qui les y ont mandatées. Les espaces de croissance étaient définis afin de mettre en œuvre de façon cohérente et en
synergie ces politiques et ces actions.
Le comité avait à identifier les domaines où un arbitrage du Premier Ministre apparaissait
nécessaire. Ensemble avec les consultants mandatés pour l’élaboration du SNAT, et en Les espaces de croissance se déployaient sur une partie significative du territoire national qui
discussion avec les Ministères concernés, ils devaient préparer les dossiers d’arbitrage à présentait des caractéristiques évidentes répondant à l’objectif primordial du MAP qui était le
soumettre au Premier Ministre. développement rapide de l’économie malgache.

Les réunions de la Commission sont convoquées par le Premier Ministre, sur proposition du Le développement rapide devait se traduire par un fort taux de croissance du PIB, voisin de
Ministre de l’Aménagement du Territoire. Les Ministères et autres acteurs concernés par 10% par an, sur 5 années.
l’arbitrage sont invités à participer. Pour notre mission de mise à jour, il était entendu avec la VPMDAT que le référentiel ne
Ce processus a été suspendu dû à la nécessité pour le pays d’entrer dans une période de devait plus être le MAP.
Transition politique dans laquelle nous sommes jusqu’à ce jour. Le Rapport finalisé en 2012 de la Mission 4 fera référence à un cadrage assez universel qui ne
Malgré la particularité institutionnelle de cette période, en partenariat avec la Coopération devra souffrir d’aucune contestation de fond.
Suisse, à travers l’ONG SAHA, la Vice Primature en charge du Développement et de Notre équipe a opté pour orienter la révision en prenant en considération le développement
l’Aménagement du Territoire a décidé d’avancer pour arrêter la finalisation de la Mission 4 de rapide et durable.
l’élaboration du SNAT, le rapport SNOST, et de proposer un Résumé Exécutif Opérationnel à
l’usage des différents acteurs publics comme privés de l’Aménagement du Territoire. Politiques et Actions sectorielles

Tout en respectant la méthodologie de partage, d’échanges et de validation collective, il a Lors de la première phase de la présente Mission, volet « Mise à jour », si les données
été convenu que la VPDAT assumera la responsabilité de l’arbitrage quitte à ce qu’elle prenne nouvelles influent sur les politiques et sur les actions des secteurs concernés par la
le soin de faire valider les produits de ses choix par l’ensemble des secteurs avant qu’un Plan présentation et la réalisation des espaces de croissance, nous les avons considérés en
National ne soit présenté aux Partenaires Techniques et Financiers traditionnels. procédant par la mise à jour des espaces de croissance.

43
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
Espaces de croissance Elle peut être rapide si le taux de croissance atteint un chiffre relativement élevé pour le type
d’économie qui prévaut à Madagascar soit de l’ordre de 7% à 9%.
Le document initial de la Mission 4 a identifié 10 espaces de croissance.
Les espaces de croissance sont les territoires au sein desquels la mise en œuvre des politiques
A ce stade ci, nous estimons qu’il n’y a pas lieu ni de définir ces espaces ni d’apporter quant à
et des actions sectorielles peuvent favoriser cette croissance rapide et partant le
leur contour, encore moins de chercher de nouveaux.
développement économique et social de l’ensemble de la nation.
Une fois opérée la correction et l’insertion des données recueillies lods de la première phase,
Investissements publics prioritaires facteurs de croissance
la finalisation de la Mission 4 consiste à élaborer un rapport complémentaire qui devra
développer l’argumentaire tendant à « prioriser » la mise en œuvre d’un certain nombre Les investissements publics identifiés comme actions à mettre en œuvre dans ces espaces sont
d’espaces de croissance, priorisation justifiée essentiellement par : les conditions à réaliser pour que la croissance soit rapide.

• leur capacité d’être les locomotives de la croissance rapide dès le démarrage des Il s’agit essentiellement des investissements en infrastructures de transports, en énergie, en
actions, équipements de communication, en infrastructures urbaines et en équipements socio
• et la disponibilité de Bailleurs fonds – PTF – pour appuyer financièrement leurs collectifs.
réalisations.
L’effet multiplicateur de ces investissements constituera les leviers essentiels à la croissance
rapide.
CROISSANCE RAPIDE
CONTRIBUTION DES PTF POUR MADAGASCAR
Economie Nationale
Les données figurant dans ce chapitre proviennent de deux documents intitulés
D’un état d’économie de subsistance actuellement, l’économie malgache ambitionne de
respectivement : (i) « Stratégie de Coopération et programme indicatif pour la période 2002-
devenir une économie de marché tournée tant vers la généralisation des échanges tant
2007 » et (ii) « Document de stratégie pays et programme indicatif pour la période 2008-
intérieurs que vers l’exportation.
2013 » de la Communauté Européenne.
Les secteurs économiques qui sont à la pointe pour participer à cet élan sont :
Ces données sont basées sur un questionnaire adressé aux principaux bailleurs de fonds de
- l’agriculture, et les sous secteurs qui la composent, de taille et exploitée de façon Madagascar sur leurs projets en cours ou prévus ; bien que non exhaustives car non disponibles
industrielle ou non communiquées elles sont suffisamment significatives pour être exploitées ; par ailleurs
- l’exploitation intensive des richesses du sous sol elle couvre la période 2001-2008.
- les industries de transformation
- les zones franches industrielles et commerciales Les bailleurs de fonds
- le tourisme
- et les services Selon la classification utilisée dans ces documents, les bailleurs sont subdivisés en trois
catégories :

Croissance rapide • Bailleurs multilatéraux au nombre de 17 : BAD, BADEA, Banque Mondiale, FAD, FAO,
FIDA, FMI, FNUAP, FTI Initiative, Global Fond, OMS, ONUDI, OPEP, PAM, PNUD, UNICEF ;
La conception de l’équipe qui a élaboré le SNAT en 2009 a défini la croissance du PIB comme
étant la mesure du développement économique de Madagascar à travers l’accroissement du • Bailleurs bilatéraux au nombre de 5 : Coopération Suisse, Fonds Koweitien, Japon,
volume de la production de biens et de services ainsi que le développement des échanges Norvège et US AID ;
locaux (marché intérieur) et internationaux (exportation).
• Union Européenne au nombre de 5 : Allemagne, BEI, CE, France et Royaume Uni.
En fonction du montant alloué, ces bailleurs de fonds sont classés selon l’ordre décroissant
suivant :

44
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
Tableau 1 : Rang des Bailleurs 1.4. Santé
Désignation Montant % Rang 1.5. Appui Macro
Banque Mondiale 1 065,64 34,48% 1 1.6. Energie
CE 493,12 15,96% 2
1.7. Infrastructures et Transports
France 332,35 10,75% 3
1.8. et Autres.
US AID 302,80 9,80% 4
BAD 199,77 6,46% 5 Toujours en fonction des montants affectés, on obtient le tableau d’ordre suivant :
FMI 179,40 5,81% 6 Tableau 2 : Rang des Secteurs
BEI 119,10 3,85% 7 Désignation Montant % Rang
FAD 67,73 2,19% 8
Infrastructures et Transports 660,46 21,37% 1
Allemagne 40,44 1,31% 9
Norvège 38,60 1,25% 10 Appui Macro 638,60 20,66% 2
UNICEF 38,31 1,24% 11 Développement Rural 529,52 17,13% 3
Coop Suisse 38,23 1,24% 12
Autres 473,53 15,32% 4
Fonds Koweitien 32,37 1,05% 13
FNUAP 28,50 0,92% 14 Santé 321,26 10,40% 5
FTI Initiative 25,73 0,83% 15 Education 266,42 8,62% 6
BADEA 19,06 0,62% 16
Environnement 113,13 3,66% 7
PNUD 17,83 0,58% 17
FIDA 15,68 0,51% 18 Energie 87,37 2,83% 8
OPEP 15,60 0,50% 19 TOTAL 3 090,29
PAM 14,45 0,47% 20
FAO 4,20 0,14% 21
Royaume Uni 1,38 0,04% 22 Analyse de ces tableaux

TOTAL 3 090,29 En considérant les 4 premiers PTF par l’importance de leur niveau de financement et les 4
premiers secteurs d’intervention toujours selon l’ordre d’importance des montants affectés,
on obtient le tableau suivant. Ce tableau aiderait à émettre une hypothèse sur le choix des
Les secteurs d’intervention PTF pouvant être intéressés par un secteur donné.
Les domaines de coopération avec les PTF sont subdivisés en 8 secteurs :

1.1.Développement Rural,

1.2. Environnement

1.3. Education

45
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
Tableau 3 : Tableau de prédilection - Par rapport au critère C1 = Economique:
• PIB: part du PIB national hors minier produit dans l'espace
Infrastructures et Appui Macro Autres Développement
o supérieure à 10% = 1 point
Banque Transports Rural o inférieure à 10%. = 0 point
Mondiale • Exportation: situation par rapport aux échanges internationaux
253,35 223,97 185,08 136,01 o primordiale = 1 point
o secondaire = 0 point
Infrastructures et Appui Macro Développement Autres
CE Transports Rural - Par rapport au critère C2 = Bailleurs de fonds:
• PTF: nombre de PTF historiquement présents dans l'espace
207,40 101,00 99,60 59,29
o supérieur à 2 = 1 point
Développement Education Autres Infrastructures et o inférieur à 2 = 0 point
• Infrastructures financées: infrastructures d'exportation en amont et en aval de
France Rural Transports
l'espace
71,64 71,17 63,68 55,16 o existence = 1 point
o absence = 0 point
Développement Santé Environnement Appui Macro
Tableau 4 : Notation des Espaces de Croissance
US AID Rural
Critère C1 Critère C2 Total
112,60 66,90 60,70 48,10 Espace
PIB Exportation PTF Infra.

1 E PIC Fort Dauphin 1 1 1 1 4


CRITERES D’ARBITRAGE
2 AA PIC Antsirabe 0 0 0 0 0
L'objectif est d'arbitrer la priorité de mise en œuvre des 10 Espaces de Croissance du SNOST 10
ans. 3 TE PIC Nosy Be 1 1 1 1 4

Il s'agit des espaces suivants: 4 M*E Toamasina 1 1 1 1 4


- E1 - PIC Fort Dauphin [1E]
- E2 - PIC Antsirabe [2AA] 5 HEI Lac Alaotra 0 0 1 0 1
- E3 - PIC Nosy Be [3 TE]
- E4 - Toamasina [4M*E] 6 LD Fianarantsoa 0 0 0 0 0
- E5 - Lac Alaotra [5HEI]
- E6 - Fianarantsoa [6LD] 7 T RN7 1 1 1 0 3
- E7 - RN7 [7T]
8 Met Antananarivo 1 1 1 0 3
- E8 - Métropolitain [8Met]
- E9 - Betsiboka [9BV] 9 BV Betsiboka 0 0 0 0 0
- E10 - Menabe [10A]
10 A Menabe 0 0 0 0 0
Les critères choisis sont:
- C1 = capacité de contribuer à la croissance rapide du PIB
- C2 = forte probabilité d'avoir des PTF pour financer les programmes et les actions planifiés

La méthode choisie est la notation simple.

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ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
Classement
Ainsi notés, les Espaces qui peuvent être choisis prioritaires dans un premier temps de
réalisation sont :
- E1 - PIC Fort Dauphin [1E]
- E3 - PIC Nosy Be [3 TE]
- E4 - Toamasina [4M*E]
- E7 – RN7 [7T]
- E8 – Métropolitain [8Met]

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ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
PLAN QUINQUENNAL Tableau 6– RN7 [7T] : montant total 197,6 Millions USD

Programme d’Investissements Publics 2015-2020 pour Madagascar

Fondé sur le Schéma National des Orientations Sectorielles et Transversales élaboré en 2008,
mis à jour en 2012 et arbitré

Contexte

Dans l’hypothèse d’une sortie de crise institutionnelle effective durant l’année 2013, l’année
2014 sera consacrée à la préparation organisationnelle, technique et financière des différents
secteurs concourant à la mise en œuvre du plan.

Hors PIC (Projet de Pôles Intégrés de Croissance), les différentes actions par Espace priorisé
sont

Tableau 5– Toamasina [4M*E] : montant total 827,5 Millions USD

48
ESPACES DE CROISSANCE, POLITIQUES SECTORIELLES ET POLITIQUES REGIONALES
Tableau 7– Métropole Antananarivo [8Met] : montant total 1000,28 Millions USD Les hypothèses considérées sont :

- population en 2010 = 20 Millions fournis par l’INSTAT en 2012 et cités par WAVES –
- croissance démographique linéaire de 3% par an en moyenne nationale soit une
population totale de 27 Millions en 2020
- taux de distribution de la population issu des données 2005 de l’INSTAT

Autres investissements pour le MT

1- Dans la perspective de la réalisation de ces différentes actions :


a. Antananarivo, Commune Urbaine, devra conforter sa fonction de Capitale
politique de Madagascar, pôle essentiel d’une agglomération institutionnellement
réorganisée dotée d’un statut spécial extension du statut d’Antananarivo
actuelle.
b. Toamasina pourra prétendre à devenir la Capitale économique de Madagascar,
pôle économique.
c. La liaison physique entre ces deux pôles pourrait être « upgradée » en :
i. « autoroute 2 x 2 voies» pouvant réduire par 2 le temps de liaison par
voiture entre les 2 villes et éviter les accidents graves en nombre croissant
actuellement
ii. voie ferrée électrifiée à 2 voies pour les mêmes motifs
2- La mise en synergie entre Toamasina et Fort Dauphin pourra se réaliser par la
construction d’une route à grande circulation entre les 2 villes pouvant aider à
l’évacuation des produits traditionnels de rente et à leur promotion.
3- Une fois la RN7 et les villes avoisinantes revisitées, divers axes transversaux à partir de
ces villes pourront être rétablis.
4- Les gains touristiques de tout ceci sont incalculables.
JUSTIFICATION

1 – Contribution à la croissance du PIB :

Les 3 Espaces ci dessus (Tamatave, RN7 et Tananarive) contribuent à plus de 40% du PIB
national et des investissements publics faits pour améliorer leur productivité seront des
conditions pour atteindre une croissance rapide de ce PIB.

Les 3 PIC (Fort Dauphin, Antsirabe et Nosy Be) ont été identifiés, par ailleurs, ayant des
potentiels identiques en autant que leur principal bailleur, la Banque Mondiale, consente à
poursuivre le projet sur des espaces plus élargis vers les hinterlands des pôles.

2- Population concernée

La réalisation du programme d’investissements identifiés sur les 6 espaces concernera


quelques 55% de la population nationale répartis sur 10 régions et estimés à plus de 15 Millions
d’individus en 2020.

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