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Correction Devoir Math IV - Lyon 1

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Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre de printemps 2013-2014

Devoir numéro 3 – Math IV


Mardi 8 avril — Durée : 1h30
Partie Algèbre
Correction

Exercice 1. Soit E un espace euclidien. Soit u un endomorphisme auto-adjoint de E. Montrer


que deux vecteurs propres de u associés à deux valeurs propres distinctes sont orthogonaux.
Solution. Soient v1 et v2 deux vecteurs de u associés respectivement aux valeurs propres λ1 et
λ2 avec λ1 6= λ2 . On calcule d’un côté

hu(v1 ), v2 i = hλ1 v1 , v2 i = λ1 hv1 , v2 i,

et d’un autre côté, puisque u est auto-adjoint, on a

hu(v1 ), v2 i = hv1 , u(v2 )i = hv1 , λ2 v2 i = λ2 hv1 , v2 i.

Ainsi, on a
(λ1 − λ2 )hv1 , v2 i = 0
et finalement hv1 , v2 i = 0 puisque λ1 6= λ2 . Donc v1 et v2 sont orthogonaux.

Exercice 2. On considère la matrice


 
2 2 1
A = 2 5 2 .
1 2 2

1. Justifier l’existence d’une matrice orthogonale P telle que P −1 AP est une matrice diago-
nale.
Solution. Considérons R3 munit du produit scalaire classique. Soit u l’endomorphisme dont
la matrice dans la base canonique est la matrice A. Puisque la matrice A est symétrique, u
est auto-adjoint et donc il existe une base orthogonale B de R3 dans laquelle la matrice de
u est une matrice diagonale, disons D. Soit P la matrice de passage de la base canonique à
la base B. On a donc P −1 AP = D. De plus, P est orthogonale puisque la base canonique
et la base B sont orthonormées.

2. Calculer une base et la dimension du noyau de la matrice A − I2 .


En déduire que 1 est valeur propre de A.
Solution. Le vecteur t (x1 , x2 , x3 ) est dans le noyau de A − I2 si et seulement si

2x1 + 2x2 + x3 − x1 = 0,

2x1 + 5x2 + 2x3 − x2 = 0,

x1 + 2x2 + 2x3 − x3 = 0.

Après calcul, on trouve que ce système est équivalent à l’équation x1 + 2x2 + x3 = 0.


Donc le noyau de A − I2 est de dimension 2 et admet pour base, par exemple, la famille
(t (1, 0, −1), t (0, 1, −2)). Puisque ce noyau est de dimension 2, il suit que 1 est valeur propre
de A de multiplicité 2.
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3. Déterminer la deuxième valeur propre de A.


Calculer une base et la dimension du sous-espace propre correspondant.
Solution. La trace de la matrice A est 9. Puisque 1 est valeur propre de multiplicité 2,
on voit que la deuxième propre est 7. On calcule le sous-espace propre correspondant. Le
vecteur t x1 , x2 , x3 est vecteur propre de valeur propre 7 si et seulement si



2x1 + 2x2 + x3 = 7x1 ,

2x1 + 5x2 + 2x3 = 7x2 ,

x1 + 2x2 + 2x3 = 7x3 .

Après calcul, on trouve que ce système est équivalent au système


(
x1 − x2 + x3 = 0,
x2 − 2x3 = 0,

et donc ce sous-espace propre est de dimension 1 (comme il se doit) et admet pour base
(t (1, 2, 1)).
4. En déduire une matrice orthogonale P telle que P −1 AP est diagonale.
Solution. On pose a1 = t (1, 0, −1), a2 = t (0, 1, −2) et a3 = t (1, 2, 1) les vecteurs propres
calculés aux questions précédentes. Par le procédé de Gram-Schmidt, on calcule
     
0 1 −1
ha ,
1 2a i 2
a02 = a2 − a1 =  1  −  0  =  1 
ha1 , a1 i 2
−2 −1 −1
tel que (a1 , a02 ) est une base orthogonale du sous-espace propre associée à 1. On pose
finalement
1 √ √
e1 = a1 = t (1/ 2, 0, −1/ 2),
ka1 k
1 √ √ √
e2 = 0 a02 = t (−1/ 3, 1/ 3, −1/ 3),
ka2 k
1 √ √ √
e3 = a3 = t (1/ 6, 2/ 6, 1/ 6).
ka3 k
Alors (e1 , e2 , e3 ) est une base orthonormée de R3 sur laquelle la matrice de u est
 
1 0 0
D = 0 1 0 .
0 0 2
La matrice P est la matrice de changement de base de la base canonique à la base (e1 , e2 , e3 )
et donc  √ √ √ 
1/ 2 −1/√ 3 1/√6
P =  0√ 1/ √3 2/√6 .
−1/ 2 −1/ 3 1/ 6

Exercice 3. On munit R2 du produit scalaire canonique. Soit f une rotation du plan vectoriel
R2 telle qu’il existe une base (u, v) sur laquelle la matrice de f est
 
2 −1
A= .
3 −1
On cherche à déterminer les vecteurs u et v et l’angle de f .
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1. Donner, sans démonstration, l’expression de la matrice de la rotation d’angle θ dans une


base orthonormée. Quelle est sa trace ?
Solution. La rotation d’angle θ a pour matrice dans une base orthonormée
 
cos θ − sin θ
Rθ =
sin θ cos θ

De plus, la trace de Rθ est 2 cos θ.

2. Justifier pourquoi la trace d’un endomorphisme est indépendante du choix de la base.


En déduire que l’angle de la rotation f est ±π/3 (mod 2π).
Solution. La trace d’un endomorphisme est la somme de ses valeurs propres (avec mul-
tiplicité) et donc est indépendant du choix de la base. On peut aussi utiliser la formule
Tr(M N ) = Tr(N M ) pour deux matrices carrées M et N . Si M1 et M2 sont deux matrices
associées à l’endomorphisme dans deux bases distinctes, alors il existe une matrice inversible
P telle que M2 = P −1 M1 P et par la formule ci-dessus avec M = P −1 et N = M1 P , on
obtient bien Tr(M2 ) = Tr(M1 ).
La trace de la matrice A est 1 donc, par la question précédente, il suit que 2 cos θ = 1 où θ
est l’angle de f , d’où cos θ = 1/2 et θ = ±π/3 (mod 2π).

3. Soient a et b deux vecteurs de R2 . Montrer que kf (a)k = kak et hf (a), f (b)i = ha, bi.
Solution. Puisque f est une rotation, f est un endomorphisme orthogonal et donc on a
bien kf (a)k = kak et hf (a), f (b)i = ha, bi.

4. On pose U = kuk2 , V = kvk2 et S = hu, vi. Montrer qu’on a



U = 4U + 9V + 12S,

V = U + V + 2S,

S = −2U − 3V − 5S.

(Indication : calculer hu, ui, hv, vi et hu, vi en utilisant la question précédente.)


Solution. On a

U = kuk2 = kf (u)k2 = hf (u), f (u)i = h2u + 3v, 2u + 3vi


= 4hu, ui + 6hu, vi + 6hv, ui + 9hv, vi
= 4hu, ui + 12hu, vi + 9hv, vi = 4U + 12S + 9V.

De même, on calcule

V = kvk2 = kf (v)k2 = hf (v), f (v)i = h−u − v, −u − vi


= hu, ui + hu, vi + hv, ui + hv, vi
= hu, ui + 2hu, vi + hv, vi = U + 2S + V.

Et on trouve aussi finalement

S = hu, vi = hf (u), f (v)i = h2u + 3v, −u − vi


= −2hu, ui − 2hu, vi − 3hv, ui − 3hv, vi
= −2hu, ui − 5hu, vi − 3hv, vi = −2U − 5S − 3V.

On note (e1 , e2 ) les vecteurs de la base canonique de R2 . On suppose à présent que u = e1 .


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! !
−1/2 −1/2
5. En déduire qu’on a v = √ . On choisit pour la suite v = √ .
±1/2 3 1/2 3
Solution. On a donc U = 1 et le système

1 = 4 + 9V + 12S

V = 1 + V + 2S

S = −2 − 3V − 5S.

On trouve la solution S = −1/2 et V = 1/3.


On écrit v = t (x, 2 2 2
√ x = −1/2 et y = 1/3 − 1/4 = 1/12,
√ y). On a V = x + y et S = x. Donc
d’où y = ±1/2 3. Pour la suite, on prend y = 1/2 3.

6. Déterminer le signe de l’angle de la rotation f .


Solution. On a ! !
1
− 21
 
1 √2
f (e1 ) = 2e1 + 3v = 2 +3 1 = 3
.
0 √
2 3 2

D’un autre côté, on a f (e1 ) = t (cos θ, sin θ). Donc l’angle de la rotation f est π/3.

7. Quelle est la matrice de f dans la base canonique ?


Solution. Puisque la base canonique est une base orthonormée, la matrice de f sur cette
base est donnée par Rπ/3 et donc c’est la matrice
 √ 
1/2
√ − 3/2
.
3/2 1/2

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