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Économie Sociale et Solidaire au Maroc

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SCIENCE ECONOMIE ET GESTION

Parcours économie et gestion

Projet de fin d’études

L’économie Sociale Et Solidaire Au MAROC

Année Universitaire : 2023/2024

Réalisé par : Encadré Par :

BENDOUR ZAKARIA Pr. ASSALIH HICHAM

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Remerciement

Au terme de ce travail, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mon cher professeur et


encadrant Pr. ASSALIH HICHAM, et on le remercie énormément pour son orientation et ses
conseils.

Je souhaite remercier également tous les professeurs de la faculté des sciences juridiques,
économiques et sociales de KENITRA, Ainsi que le Doyen Mustapha ACHIBANE pour son
dévouement et son assistance tout au long de mes études à l’université.

Et pour conclure, j’exprime ma reconnaissance à mes chers parents, mes frères, qui ont
toujours été là pour moi et également à mes amis pour leur sincère amitié et confiance, et à
tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’élaboration de ce travail.

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Sommaire

Introduction Générale ………………………………………………………………………..

Partie I : Définitions et Concepts…………………………………………………………….

Chapitre 1 : L’économie Sociale et Solidaire………………………………………………..

Section 1 : Définitions………..………………………………………………………………..

Section 2 : Evolution de l’économie Sociale et Solidaire au Maroc………………………..

Section 3 : Structures de l’économie Sociale et Solidaire au Maroc……………………….

Chapitre 2 : L’ESS Comme Moteur de la Croissance Inclusive.…………………………...

Section 1 : De La Croissance Economique à La Croissance Inclusive……………………..

Section 2 : Défis de la Croissance Inclusive au Maroc (Cas du Sud)……………………….

Section 3 : Les Dimensions de la Croissance Inclusive………………………………………

Partie II : Etat des Lieux……………………………………………………………………...

Chapitre 1 : La Création D’emploi et Gestion des Ressources……………………………..

Section 1 : le Secteur Associatif……………………………………………………………….

Section 2 : Le Secteur Coopérative…………………………………………………………...

Section 3 : Le Secteur Mutuelle………………………………………………………………

Chapitre 2 : Pour un Développement Renforcé de L’ESS au Maroc………………………

Section 1 : Les Grandes Orientations d’une Politique de L’ESS……………………………

Section 2 : La Nécessite d’un Cadre Juridique et d’une Gouvernance Nationale Adaptée…

Section 3 : L’assainissement et le Renforcement de Chaque Composante de L’ESS….……

Conclusion Générale…………………………………………………………………………..

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Liste Des Abréviations

ACI : Alliance Coopérative Internationale

ADPS : Association De Prévoyance Santé

ADS : Agence de Développement Sociale

AGR : Activités Génératrice de Revenus

AMO : Assurance Maladie Obligatoire

AREP : Agence Régionales d’exécution Des Programmes

BAJ : Barnamaj Aoulaouiyat Jtimaiya

CESE : Conseil Economique Sociale et Environnemental

CHU : Centres Hospitaliers Universitaires

CNOPS : Caisse Nationale des Organisme de Prévoyance Sociale

CNSS : Caisse Nationale de la Sécurité Sociale

ESS : Economie Sociale et Solidaire

INDH : Initiative Nationale de Développement Humain

MAMDA : Mutuelle Agricole Marocaine D’Assurance

MATU : Mutuelle d’Assurance des Transports Unis

MCMA : Mutuelle Centrale Marocaine d’Assurance

ODC : Office de Développement de la Coopération

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PAS : Programme d’Ajustement Structurel

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INTRODUCTION

S’inspirant des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste,
et en se référant à la nouvelle constitution de 2011, le Conseil Economique, Sociale et
Environnemental s’est autosaisi du sujet de l’Economie Sociale et Solidaire. Ce sujet constitue
en effet un thème majeur et un levier d’action prioritaire au service de l’inclusion, de la
réduction des inégalités et de la croissance harmonieuse et durable.

Le concept d’économie sociale combine deux termes qui sont : l’économie et sociale.
Economie qui renvoie à la production des biens et services. Et sociale qui réfère à la
rentabilité sociale des activités, qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie et du bien-
être de la population. Donc l’économie sociale signifie l’ensemble des activités qui combinent
à la fois l’aspect social et l’aspect économique dont le but est de répondre aux besoins sociaux
de la collectivité. Elle est constituée des organisations comme les coopératives, les
associations, et les mutuelles.

Le Maroc, s’est engagé dans cette direction depuis longtemps à travers une volonté
solennellement exprimée et de nombreuses actions manifestant celle-ci. Il a rejoint il y a 20
ans les rangs de l’Alliance Coopérative Internationale (ACI), où il est représenté par l’Office
de Développement de la Coopération (ODCO) à côté des représentants de plus de
800.000.000 de coopérateurs à travers le monde.

L’ESS œuvre à réconcilier les principes d’équité et de justice sociale avec le développement
économique, réconciliant ainsi la vitalité des dynamiques économiques avec les principes et
les finalités humaniste du développement. L’ESS est le troisième pilier sur lequel doit pouvoir
reposer une économie équilibrée et inclusive aux côtés du secteur public et du secteur privé.

L’ESS permet de favoriser un bon équilibre dans l’affectation des investissements. Elle permet à
toutes les catégories sociales, les entreprises de différents secteurs et les territoires de participer à
la consolidation de la cohésion sociale et à l’amélioration de la croissance économique.

En effet, c’est à la fin des années 90, que le Maroc a pris conscience du rôle que pouvait jouer
l’ESS dans la résolution de certains des problèmes engendrés par les politiques économiques
classiques mises place.

A la suite de ce constat, les grandes composantes de l’ESS au Maroc ont connu des évolutions
marquantes. Les coopératives ont ainsi élargi leur champ d’intervention, passant de l’habitat,
l’agriculture et l’artisanat, à d’autres secteurs d’activité.

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Cela soulève plusieurs problématiques essentielles pour comprendre et développer l’économie
sociale et solidaire au Maroc :

 Comment peut-on définir l’économie sociale et solidaire au Maroc ? Il est crucial de


cerner les contours de ce concept pour mieux comprendre ses spécificités et son rôle dans
l’économie nationale.
 Quels sont les défis et les dimensions de la croissance inclusive ? La croissance inclusive
représente une composante clé de l’ESS, mais elle doit être étudiée à travers les obstacles
qu’elle rencontre et les multiples aspects qu’elle englobe.
 Quels sont les secteurs de l’économie sociale et solidaire ? Identifier les secteurs impliqués
permet de mieux appréhender la diversité et la portée des activités de l’ESS au Maroc.
 Comment peut-on développer l’économie sociale et solidaire ? Enfin, explorer les
stratégies et les moyens pour favoriser le développement de l’ESS est essentiel pour
maximiser son impact socio-économique.

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Partie I : Définitions Et Concepts
Chapitre 1 : Economie Sociale Et Solidaire (ESS)
L’économie sociale et solidaire (ESS) est un secteur qui a pris une importance croissante dans le
paysage économique et social du Maroc. Enracinée dans les traditions de solidarité et d’entraide,
l’ESS représente une forme alternative d'organisation économique qui met en avant les valeurs
humaines et sociales sur les simples objectifs de profit. Cette partie explore les définitions,
l’évolution historique et les structures de l'ESS au Maroc, en mettant en lumière son rôle crucial
dans le développement social et économique du pays.
Section 1 : Définitions
1.1. L’économie sociale d’après : « Walras et Gide » :

Walras (1896) et Gide (1905) définissaient l’économie sociale comme l’ensemble des
« Institutions du progrès social » (Demoustier, 2010, p.90). Aujourd’hui, l’économie sociale
recouvre un secteur aux contours flous et hétéroclites avec plusieurs terminologies. Par
exemple, si les finalités des entreprises de l’économie sociale se distinguent des finalités des
entreprises de l’économie solidaire (insertion, lien social, etc.).

Suivant le Conseil Wallon de l’économie sociale (1990, cité par Comeau et Davister, 2008)
« L’économie sociale se compose d’activités économiques exercées par des sociétés,
principalement des coopératives, des mutualités et des associations dont l’éthique se traduit
par les principes suivants : finalité de service aux membres ou à la collectivité plutôt que de
profit, autonomie de gestion, processus de décision démocratique et enfin, primauté des
personnes et du travail sur le capital dans la réparation des revenus ». En France, « Cet
associationnisme original a ainsi fourni les bases d’un projet d’économie solidaire » (chanial
et laville, 2005, p.47).

Le secteur de l’ESS prend plusieurs appellations d’un pays à l’autre et selon le contexte. S’il
est répandu sous l’appellation d’« Economie Sociale et Solidaire » dans certains pays comme
la France, le Népal, l’Afrique du Sud et le Mali, dans d’autres pays tels que la Roumanie,
l’Espagne, la Bolivie, le Canada, le Cameroun et la Corée du Sud, le secteur est qualifié
uniquement d’«Economie Sociale». Par ailleurs, des pays comme l’Équateur et la République
Dominicaine la qualifient d’ « Economie Populaire ».

Même si l’appellation n’est toujours pas consensuelle, le Maroc retient celle d’« Economie

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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
Sociale et Solidaire », que l’on retrouve aussi chez son premier partenaire, la France.

Bien que la culture de solidarité, d’entraide et de travail collectif, qui constituent le principe
de base de l’ESS, soient ancrés dans les traditions marocaines, l’émergence du secteur sous
une forme structurée et organisée au Maroc, ne remonte qu’aux années 2000.

1.2. Evolution du champ et de la définition de l’ESS au Maroc :

Traditionnellement au Maroc, les pratiques de solidarité et de mutualisme, sont clairement


inscrites dans le concept et la pratique de la Jemaa. Cette référence coutumière était
déterminante pour la socialisation des individus et pour la construction de leur identité en
dehors des limites de leur espace privé. Ne plus respecter cette pratique entraîne la perte de la
place de l’individu au sein du groupe, voire même de son identité. Cette réalité était
prédominante dans les différentes régions du Maroc et plus particulièrement dans le milieu
rural où les aléas de la nature, le mode de production et la protection contre les ennemis ou les
prédateurs étaient les préoccupations majeures des populations. Une terminologie spécifique
distinguait, selon les régions et les activités, ce mode de participation collective :

* La Touiza : qui constitue la forme de coopération et de mutualisation de services, la plus


répandue, présente dans le domaine des labours, des moissons et cueillette, de forage de puits,
d’aménagement de pistes et de construction d’habitats ruraux. Cette pratique de solidarité se
base sur le principe de l’échange et de la réciprocité du service entre les membres de la
collectivité.

* L’Agadir : qui est une forme de stockage collectif de denrées alimentaires, notamment les
céréales et les fruits secs, s’appuie sur des constructions de type dépôt traditionnel surveillé à
tour de rôle par les membres de la collectivité.

* L’Agoug : en tant que forme d’organisation du partage des eaux d’irrigation, désigne la
gestion de l’exploitation collective de l’eau de surface.

* Les Khattaras : est une forme de stockage des eaux souterraines en vue de leur exploitation
collective.

* Le Chard : est une pratique courante dans domaine de l’éducation et de la formation qui
consiste à s’engager avec l’enseignant du Coran (Fquih), dans le cadre d’une convention

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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
Collective qui comprend la récompense des services du Fquih par sa prise en charge totale
(nourriture, logement, …) et lui conserver une part des récoltes de l’année.

* L’Ouziaa : est une pratique qui permet l’accès à la consommation de viande moyennant
l’achat en commun d’une bête en vue de l’abattre et de la répartir de manière collective et
équitable.

Toutes ces pratiques coutumières traditionnelles s’inscrivent dans les mêmes principes et
préceptes de l’Islam, et continuent d’exister à différentes fréquences selon les régions.

La volonté de faire de ces valeurs un outil mobilisateur de synergies et un support social


d’actions de développement existait à très haut niveau et chez les autorités en charge de la
mise en place des différents programmes de développement socio-économique et
environnemental.

Ainsi, après l’indépendance du Maroc et plus particulièrement en 1958, feu Sa Majesté


Mohammed V, puisant dans cette source de valeurs, récupéra des terres et les distribua entre
des agriculteurs regroupés en coopératives dans la région de Marrakech. C’était l’expression
suprême d’une reconnaissance pour un regain d’intérêt d’un système qui a la qualité d’unir
pour valoriser les efforts et les produits, de créer de l’emploi et lutter contre l’exode.

En Novembre de la même année, la loi des associations fut promulguée, permettant ainsi aux
citoyens d’avoir un cadre institutionnel pour engager et développer des actions sociales,
culturelles, éducatives et sportives au service de la communauté.

Cinq ans plus tard, la loi sur les mutuelles a vu le jour, malgré l’existence de ces dernières
bien avant l’indépendance. Par cette loi, ce système se veut une action de prévoyance, de
solidarité et d’entraide tendant à la couverture des risques pouvant atteindre la personne
humaine.

Par conséquent, la délimitation du champ de l’ESS ainsi que sa conceptualisation et sa


définition ont connu une évolution remarquable et ont mené vers un concept qui s’appuie sur
la finalité des services rendus aux membres et à la collectivité, tel que précise la stratégie
nationale de l’ESS 2010-2020 : «L’économie sociale et solidaire est l’ensemble des initiatives
économiques cherchant à produire des biens ou des services à consommer et à épargner
autrement de manière plus respectueuse de l’Homme, de l’environnement et des territoires».

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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
Section 2 : Evolution De l’Economie Sociale Et Solidaire Au Maroc

Le concept moderne de l’économie sociale est évoqué pour la première fois lors d’un colloque
organisé par le département chargé du plan en 1987. Toutefois, la structuration et
l’organisation du secteur de l’économie sociale et solidaire date des années 90. En particulier,
l’application du programme d’Ajustement Structurel (PAS) pendant cette période a eu pour
conséquence un désengagement progressif de l’Etat dans plusieurs domaines économiques ou
sociaux ainsi qu’une diminution des offres d’emploi et de services publics. Les plans de
développement économique et social mis en place sur la période 1988-1992 font de
l’économie sociale et solidaire une alternative en termes de création d’emplois et de
mobilisation de ressources.

Au sien de l’économie sociale, le secteur coopératif a connu un développement précoce. Dès


l’indépendance, en 1956, le modèle économique coopératif a constitué un choix stratégique
pour le Maroc, afin d’assurer une mobilisation nationale pour la modernisation et le
développement des secteurs traditionnels, notamment l’agriculture. La mise en place de
l’office de développement et de la coopération en 1975 a structuré le cadre juridique
permettant d’encadrer ces coopératives. Les mutuelles, réglementées par un texte de 1963,
sont particulièrement présentes dans le domaine de la couverture sociale, de la prévoyance et
de solidarité. Enfin, le domaine associatif, dont le champ d’intervention historique concernait
la résorption des inégalités de revenu et d’accès aux besoins de première nécessité
(alphabétisation, microcrédit, insertion des handicapés et des enfants des rues, intégration de
la femme, etc.), s’est étendue à la sphère socio-économique, avec le développement local et la
résorption des déficits en infrastructures (électrification, adduction d’eau potable,
désenclavement par la construction de routes, de pistes, de ponts…), domaines jusque-là de
compétence de l’Etat.

Dès 1993, la consolidation de cette économie sociale et solidaire va conduire à l’élaboration


d’une stratégie de développement social intégrée aux priorités nationales. Les objectifs
comprennent, entre-autre, la participation des populations défavorisées au processus de
croissance dans une perspective de création d’emploi, d’amélioration des indicateurs de
développement humain et de protection des plus démunis. Pour mettre en œuvre cette
stratégie, plusieurs moyens sont déployés au cours des années 90. Un programme des priorités
sociales a été défini, concernant quatorze provinces sur les soixante-cinq, en retenant comme
prioritaires

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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
L’accès à l’éducation et aux soins et l’insertion professionnelle. Plusieurs programmes de
construction de routes, d’électrification et d’approvisionnement en eau potable des communes
rurales, émanant de l’Etat et des collectivités territoriales, ont été élaborés.

Depuis les années 90, le secteur a occupé une place considérable dans les programmes de
développement économique et social. Ces derniers ont été renforcés, en 2005, par l’avènement
de l’initiative nationale de développement humain, fondée sur une approche participative qui
met les entreprises de l’ESS au centre du processus de développement humain.

L’ESS au Maroc, surtout en ce qui concerne sa composante coopérative, s’intéresse aux petits
producteurs qui fonctionnement en grande partie sur un principe d’auto-emploi et constituent
l’essentiel du tissu économique national.

Plusieurs stratégies sectorielles mises en place par différents départements ministériels (plan
Maroc vert, vision 2015 de l’artisanat, vision 2010 et 2020 du tourisme, plan Halieutis
2020…) contiennent également un volet dédié aux petits producteurs qui pourraient s’adapter
à l’économie sociale et solidaire (agriculture solidaire, tourisme de niche et tourisme rural,
pêche artisanale…).

Par ailleurs, la problématique de l’emploi, particulièrement chez les jeunes diplômés, a


encouragé une multiplication des efforts en vue de leur insertion dans des activités
génératrices de revenus stables. Sans pour autant se substituer au rôle des pouvoirs publics,
l’ESS est perçus comme un moyen efficace d’insertion économique et sociale d’une grande de
plusieurs programmes nationaux qui ont été lancés dans le but d’améliorer l’accès des
populations du Maroc. L’ESS est pensé comme une continuité de plusieurs programmes
nationaux qui été lancés dans le but d’améliorer l’accès des populations démunies aux
services de base.

Il s’agit notamment du programme d’électrification rurale généralisé, programme


d’approvisionnement groupé en eau potable des populations rurales (PAGER), bar
Aoulaouiyat jtimaiya (BAJ), et bien sûr, l’initiative nationale de développement humain
(INDH), lancée le 18 mai 2005).

Il semble donc qu’au Maroc, L’ESS a été conçue moins comme une réponse à l’exclusion et à
la crise du lien social qu’à la pauvreté et la marginalisation de certains groupes d’individus ou
territoires, en particulier autour de clivages intérieurs /cotes ou urbain/rural. Cette conception

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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
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Source : Conseil Economique, Social et Environnemental
se rapproche donc sur beaucoup de points de « l’économie sociale », de par les formes
d’organisations autour desquelles elle s’organise (coopératives, associations, mutuelles) et de
« L’économie populaire » des pays d’Amérique latine et touche parfois à « l’économie
informelle » (ou les activités, bien que générant des emplois et des revenus, ne sont pas
déclarées et intégrées dans les circuits classiques économiques et politiques).

Section 3 : Structures De L’Economie Sociale Et Solidaire Au Maroc

La combinaison de facteurs d’émergence sus mentionnés a favorisé l’implantation et le


développement d’un secteur de l’économie solidaire au Maroc. Pris par ses principales
composantes isolément, l’état des lieux se résume ainsi :

3.1 Les associations :

En l’absence de statistiques officielles à ce sujet, les écrits parlent de l’existence aujourd’hui


au Maroc des associations qui se comptent par dizaines de milliers et qui regroupent des
centaines de milliers d’individus dont il est extrêmement difficile de connaître la proportion
de celles qui sont actives. L’Etude qui a été faite à ce sujet pour le compte du ministère de
l’intérieur en 1987 a révélé toutefois quelques tendances : la plupart des associations sont
concentrées dans les grandes villes et dans l’ensemble de la population associative marocaine
est jeune et est alphabétisée et instruite.

Il s’agit d’une nébuleuse d’institutions dont les champs d’intervention sont extrêmement
diversifiés : enfance en situation difficile, la femme en détresse, l’accès aux équipements de
base, la lutte contre le chômage…. Certaines de ces associations se sont érigées en de
véritables partenaires de l’Etat, des collectivités locales voire des organisations
internationales.

Depuis une dizaine d’années, les milieux de la société civile ont développé une prise de
conscience de l’intérêt des entreprises de l’économie sociale. Ce qui a eu pour corolaire la
naissance d’une « nouvelle génération » d’associations s’intéressant au secteur marchand

Notamment le soutien aux entreprises, le microfinancement, l’accompagnement des jeunes


entrepreneurs et des femmes dans le monde rural.

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Source : Article de l’auteure Maroco-Belge : Myriam Dahman
([Link]
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Source : Article de l’auteure Maroco-Belge : Myriam Dahman
([Link]
Simultanément, les associations restent un cadre à travers lequel la société civile manifeste
son existence et prend part à l’évolution du pays par la prise de position de certains
évènements et leurs conséquences. Certains auteurs sont allés jusqu’à considérer la société
civile comme un contrepouvoir aux abus et l’on investit d’une « fonction biologique »
permettant d’exprimer les préoccupations des usagers et des adhérents afin d’infléchir et
d’influencer.

3.2 Les coopératives :

Les premières coopératives ont été implantées pour des raisons économiques et politiques
sous l’empire du protectorat dès 1937 dans les milieux des agriculteurs et des artisans. On
comptait unes soixantaines à la veille de l’indépendance dont quelques-unes fonctionnent à
nos jours.

Entre 1956 et 1983, et grâce à l’intervention de l’Etat que ce soit par la promulgation de textes
juridiques, la création de l’Office de développement des coopératives (1962), ou encore par
des subventions directes et des avantages fiscaux, on passe de 62 coopératives en 1957 à 2000
coopératives en 1983.

A partir de 1983, et par la révision du texte de 1962, l’Etat se désengagea progressivement du


secteur par la suppression de certains avantages octroyés aux coopératives en faveur de leur
autonomie. L’aide a pris d’autres formes telles que la formation de l’élément humain et la
création des réseaux de coopératives.

A partir de l’année 2000, on assiste à un regain d’intérêt porté par les bailleurs des fonds et
par des divers programmes de financement gouvernementaux (INDH, plan Maroc Vert, plan
Ibhar
…) aux coopératives qu’on a considéré comme un instrument de création d’emploi,
d’intégration de la femme dans la vie active et l’intégration du secteur informel. En 2013, le
nombre de coopératives atteint les 12000 avec 440.000 adhérents avec un rythme de création
de 100 coopératives chaque année.

Malgré cette croissance en termes de création, on note malheureusement que la contribution


du secteur au PIB reste timide (1,6%) et le taux de pénétration de la population active à peine
de 4%.

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Source : GHAZALI Abû HAMID, 1989 « une fonction biologique » Pascal F


Les secteurs les plus représentés demeurent l’agriculture, l’habitat et l’artisanat. D’autres
secteurs comme le tourisme rural et les jeunes diplômés commencent à susciter l’intérêt pour
l’organisation sous la forme coopérative donnant ainsi signal à une tendance à la
diversification.

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Source : GHAZALI Abû HAMID, 1989 « une fonction biologique » Pascal F


Cette diversité marquante est orientée par les potentialités propres à chaque territoire.

3.3 Les mutuelles :

Sous le protectorat, trois mutuelles pour des statuts particuliers des agents de l’Etat ont vu le
jour à savoir la mutuelle de police 1919, des douanes en 1928 et de la poste en 1946. D’autres
organismes à caractère générale comme la mutuelle générale des administrations publiques
ont commencé à partir de 1946.

Le principal texte qui encadrait le secteur date de 1963. Il prévoyait notamment la gestion des
sociétés mutualistes sous la responsabilité d’organes élus par les assemblées des adhérents. Il
plaçait aussi ces formes de sociétés sous une double tutelle administrative du ministère de
l’emploi et du ministère des finances ainsi que la subordination de certains de leurs actes
patrimoniaux à l’autorisation préalable et conjointe de la tutelle.

La loi de 65-00 de 2002 est venue modifier ce dispositif dans le sens d’une plus grande
rigueur dans la création et la gestion des mutuelles (effectif minimum de 5000 personnes,
règles plus contraignantes du contrôle …).

Si Ce nouveau cadre juridique qui a visé le renforcement des règles de bonne gouvernance a
été salué puisqu’il a tenté de répondre à l’évolution du contexte notamment suite à l’entrée en
vigueur d’un régime d’assurance maladie obligatoire général et suite aux dysfonctionnements
administratifs et financiers relevés par la cour des comptes et l’Inspection Générale des
Finances.

Il n’en demeure pas moins que le texte de 2002 a été vivement critiqué pour ses règles jugées
très contraignantes pour la création des mutuelles et pour l’élargissement de leurs champs
d’intervention.

Il s’agit de mutuelles de fait qui n’opèrent pas dans la cadre de la loi sur la mutualité mais se
constituent sous la loi relative aux associations. Ces structures opèrent généralement dans les
milieux ruraux ou suburbains. Ils bénéficient le plus souvent de l’appui technique et financier
des donateurs étrangers (OMS, UNICEF…). Les impacts sur les communautés concernées et
la viabilité des structures une fois les programmes de financement terminé demeurent non
étudiés.

Page | 19
Source : Ministère de l’emploi, et de la formation professionnelle (MEFP)
([Link] ([Link]).
Le secteur mutualiste marocain est animé par une cinquantaine d’institutions.

. La moitié de celles-ci sont des mutuelles de couverture sanitaire, dont 8 publiques


regroupées dans la CNOPS.

. 43% sont des sociétés de cautionnement mutuel qui opèrent dans les secteurs de l’artisanat
(11 mutuelles regroupant 8840 artisans), du transport (6 avec 8979 exploitants de voitures de
transport), de la pêche (3 avec 675 pêcheurs) et de la PME (2 avec 517 commerçants et jeunes
promoteurs).

. 3 mutuelles d’Assurance (Mutuelle Agricole d’Assurance (MAMDA), la Mutuelle


d’Assurance des transporteurs Unis (MATU) et la Mutuelle d’Assurance sur les accidents de
route et de travail.

LES MUTUELLES

ASSURANCE:6%

COUVERTURE SANITAIRE:51%

CAUTIONNEMENT
MUTUEL:43%

Page | 20
Source : Ministère de l’emploi, et de la formation professionnelle (MEFP)
([Link] ([Link]).
Pour conclure on peut dire qu’aujourd’hui, l’enjeu de l’ESS au Maroc consiste à dépasser la
simple réponse formulée dans l’urgence aux conditions précaires de travail et à la
paupérisation en se structurant-en interne et en externe- de manière cohérente et articulée. La
faiblesse structurelle constatée dans des activités entraine pour celles-ci des difficultés à se
pérenniser, s’institutionnaliser et ainsi qu’à jouer le rôle d’interlocuteur au niveau local,
régional ou national.

Cependant, nous attirons l’attention sur la nécessité que des règles de bonne gouvernance
doivent être respectées avec la rigueur requise. Car en effet, force est de constater que la
solidarité que les marocains ont hérité est en train de s’effacer progressivement sous l’effet de
la désagrégation des structures sociales traditionnelles. Et que si ce vide n’a pas été rempli par
des structures solidaires d’aujourd’hui (associations, coopératives et mutuelles) opérant dans
des règles minimums de démocratie, ces solidarités sont menacées par des pratiques
clientélistes et népotistes qui ne feront que ressusciter in fine la culture individualiste au
détriment de l’intérêt collectif recherché. Un tel scénario demeure fort probable dans les
milieux où la précarité et la concurrence s’avèrent intensifs.

Page | 21
Chapitre 2 : L’ESS Comme Moteur De La Croissance Inclusive

La croissance économique, souvent mesurée par le PIB, ne garantit pas une amélioration des
conditions de vie pour tous et peut même creuser les inégalités. La croissance inclusive, quant à
elle, vise à distribuer équitablement les bénéfices économiques et à offrir à chacun des chances
égales d'accès à l'emploi, à l'éducation et aux services sociaux. L'Économie Sociale et Solidaire
(ESS), avec ses coopératives, associations et mutuelles, joue un rôle clé en créant des emplois, en
améliorant les conditions de vie et en soutenant les communautés les plus vulnérables, contribuant
ainsi à une croissance qui bénéficie à tous.

Section 1 : De La Croissance Economique A La Croissance Inclusive

Il est communément admis que la croissance économique d’un pays désigne l’évolution de la
production de biens et services dans le territoire de ce pays sur une durée déterminée.

Ainsi, l’indicateur le plus souvent utilisé pour évaluer cette croissance est le Produit Intérieur
Brut (PIB). Cet outil statistique, inventé par l’économiste Simon Kuznets, permet de suivre
l’évolution de l’activé économique mais ne prend pas en compte l’évolution de la satisfaction
sociale et environnementale.

En effet, si la croissance économique cherche à transformer le niveau de vie des individus, par
l’accroissement de leurs revenus en même temps que la richesse de leurs nations, cet objectif
demeure loin d’être atteint car le niveau de vie et la qualité de vie de ces personnes n’évolue
pas de la même manière, créant ainsi des inégalités sociales au sein du même territoire. Il en
va de même pour des inégalités industrielles et celles géographiques. Quelques tranches de
population restent marginalisées, certaines industries délaissées et des zones géographiques
inexploitées.

Cependant, l’expérience a montré que l’ESS a pu apporter un équilibre en limitant la portée


des inégalités sociales, industrielles et territoriales. Cette économie parallèle a pu amorcer une
dynamique d’inclusion sociale, s’enracinant dans les bases d’une croissance inclusive.

En raison des nouveaux enjeux de développement, la croissance inclusive s’inscrit en ligne


droite avec les objectifs du développement du millénaire et vise à améliorer la cohésion
économique, sociale et territoriale. On parle donc à la fois d’inclusion sociale, d’inclusion

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud
industrielle et d’inclusion territoriale. La croissance inclusive compte allier une solide
performance économique et une amélioration du niveau et de la qualité de vie des individus.
C’est en prenant compte des catégories de population marginalisées et des défis sociaux, des
secteurs d’activités abandonnés ou non explorés et des zones géographiques qui restent à
découvrir, qu’un nouveau souffle est injecté à la croissance économique.

Schéma 1 : croissance économique à caractère inclusif

croissance
Inclusive

Inclusion Inclusion
Inclusion sociale
sectorielle territoriale
(personnes)
(entreprises) (géoghraphie)
Bien que le concept de la croissance inclusive soit largement utilisé par les spécialistes, il ne
connaît pas une définition communément admise. Selon la Banque Asiatique de
Développement, la croissance inclusive est une « Croissance qui non seulement crée de
nouvelles possibilités économiques, mais assure aussi l’égalité d’accès à ces opportunités à
tous les segments de la société, et notamment aux pauvres ».

En Europe, le plan de la stratégie Europe 2020 définit la croissance inclusive comme une «
une croissance qui a pour but de favoriser l’autonomie des citoyens grâce à un taux d’emploi
élevé, d’investir dans les compétences, de lutter contre la pauvreté, de moderniser les marchés
du travail et les systèmes de la formation et de protection sociale pour aider tout un chacun à
anticiper et à gérer les changements, et de renforcer la cohésion sociale.

Il est également crucial de veiller à ce que les fruits de la croissance économique profitent à
toutes les régions de l’Union, y compris à ses régions ultrapériphériques, afin de renforcer la
cohésion territoriale. Il faut garantir à tous un accès et des perspectives tout au long de la vie
».

Pour l’OCDE, la croissance inclusive est « Une croissance économique qui crée des

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud

Source (Schéma 1) : Nous mème


opportunités pour tous les segments de la population et qui distribue les dividendes de la

Prospérité accrue, tant en termes monétaires que non monétaires, équitablement à travers
l’ensemble de la société ».

En plus, les travaux de cette organisation se sont penchés sur trois aspects qui unifient le
concept de la croissance inclusive :

*Caractère pluridimensionnel : La croissance économique ne capture en grande partie que


le bien-être économique et écarte d’autres dimensions importantes pour la société comme
l’éducation, la santé ou la sécurité. Le fait d’adopter une approche pluridimensionnelle de la
croissance inclusive contribuerait à réaliser des améliorations dans de nouvelles dimensions
qui sont importantes tant pour la population que pour l’économie.

*Effet redistributif : La croissance inclusive tendrait à donner à tous les individus la même
chance pour participer au processus de croissance économique et répartirait d’une manière
équitable les résultats générés par cette croissance.

*Utilité pour l’action : La croissance inclusive devrait proposer des actions concrètes. Elle
servirait de lien entre les politiques sectorielles et les dimensions monétaires et non
monétaires choisies. En outre, et selon l’OCDE, les dimensions de la croissance inclusive
varient selon le niveau de développement de chaque pays. Ces derniers peuvent être
généralement représentés comme suit :

Pays développés Pays en développement

- Revenu et patrimoine - Protection sociale


- Emploi - Sécurité des personnes
- Santé - Sécurité alimentaire
- Compétences et éducation - Infrastructures et logement
- Liens sociaux, engagements
Civiques et institutions
- Qualité de l’environnement

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud
Il est clair que l’Economie Sociale et Solidaire se veut une solution capable de dynamiser des
institutions dont la finalité est principalement la consolidation de la cohésion économique,
sociale et territoriale. Centrée sur l’élément humain, cette économie se veut aussi inclusive,
injectant à la croissance économique un nouveau souffle.

Section 2 : Défis De La Croissance Inclusive Au Maroc (Cas Du Sud)

L’économie sociale et solidaire n’est pas encore suffisamment encouragée, au-delà de


quelques projets emblématiques, en tant que secteur et que leviers économiques. Elle
constitue pourtant une option qui peut structurer l’économie de la région dans une perspective
exemplaire pour le reste du pays.

Les provinces du sud comptent quelques 2900 associations et 400 coopératives dont près de
65% sont localisées dans la région de Guelmim-Es-Smara. Le secteur mutualiste est
quasiment absent dans les provinces du sud. Le tissu associatif y est relativement développé et
expérimenté, notamment dans les zones rurales, et en particulier à Tata.

Plusieurs organismes de développement humain opèrent sur le territoire (organismes


nationaux, INDH, ODECO). Agence de développement social (ADS) ou dédié au territoire
(ADPS). Le budget global alloué au développement de l’économie sociale et solidaire s’élève
à 800 millions de Dh sur 5 ans.

Le tissu associatif et/ou coopératif est caractérisé par sa jeunesse (à l’exception de Guelmim)
et par ses capacités institutionnelles limitées ce qui impacte ses performances, notamment
dans les régions de Laayoun Boujdour et d’oued Eddahab Lagouira. Plusieurs associations
sont inactives (30% de taux d’inactivité à Laayoun) et certaines sont confrontées à des
dysfonctionnements majeurs.

Les activités Génératrices de revenus (AGR) ne sont pas suffisamment appuyées et suivies.
Les porteurs de projets sont confrontés à une multitude d’approches de sélection/exécution
selon l’organisme de développement. Par ailleurs, les organismes intervenant dans le secteur
rencontrent des difficultés dans l’élargissement de leur champ d’action par manque de
ressources humaines qualifiées.

Les financements dédiés au secteur de l’économie sociale et solidaire sont insuffisants. Le


budget (AGR) est noyé dans le budget de développement humain et occupe une part très

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud
faible dans les budgets des intervenants du développement humain (6% du budget de l’APDS,
30% du budget INDH, et 13% du budget ADS).

Au total, le développement. Des provinces de Sud se doit d’être renforcé. Sans négliger les
efforts consentis et les progrès atteints, certains fondements sur lesquels leur dynamique
sociale et économique repose méritent d’être transformés en profondeur.

Bien que différenciés entre les régions, les progrès ont été notables en termes de droits
humains fondamentaux, de lutte contre la pauvreté, d’accès aux services essentiels,
d’amélioration des indicateurs de santé et d’éducation ou d’infrastructures. Mais ils sont
largement fondés sur des dispositifs d’assistance et d’investissement directs de l’Etat central,
peu incitatifs pour l’activité et les individus. La faiblesse du secteur privé et le fort taux de
chômage des jeunes et des femmes en sont le corollaire. La forte centralisation des décisions
ne rencontre pas nécessairement les besoins et les attentes des populations, tandis que les
lourdeurs administratives entretiennent un sentiment d’iniquité et conduisent à une certaine
inefficience, notamment en matière d’aménagement du territoire.

Section 3 : Les Dimensions De La Croissance Inclusive :

Pour approfondir la réflexion, nous pouvons tenter de définir puis de désagréger l’inclusion.
Selon une approche quelque peu étroite, la croissance inclusive est celle qui s’accompagne
d’une réduction des disparités de revenus (Rauniyar et Kanbur, 2010).

En revanche et à l'autre extrême, la croissance inclusive est parfois qualifiée de façon assez
floue comme « profitant à tous ». Dans ce sens très large, cette vision laisse entendre que la
« Croissance devrait profiter à toutes les couches de la société, y compris les pauvres, les
quasi- pauvres, les groupes à revenus moyens, et même les riches » (Klasen, 2010, in BAD,
2013,) L’auteur précise encore que l’on peut concevoir la croissance inclusive comme un
processus plutôt que comme un résultat. Cette perspective a le mérite de ne pas se contenter
d’un indicateur quantifiable à un moment donné mais de se situer dans une dynamique de
croissance qui pourrait réduire les pauvretés et les inégalités. Si les bienfaits de la croissance
sont conçus

Uniquement en termes de résultats (par exemple, amélioration des revenus et/ou de l'accès aux

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud
biens sociaux, filet de sécurité), la mesure est généralement plus facile, car les résultats sont
aisément quantifiables. En revanche, quand l'accès à la croissance et à ses bienfaits est
envisagé en termes de processus, la mesure devient complexe. Selon Klasen (2010), l'absence
d'un concept universellement accepté de croissance inclusive a conduit à créer un large
éventail d'indicateurs qui varient de « peu clairs » à « simples » ou à « techniquement
difficiles ».

Si on assimile la croissance inclusive à une « égalité des chances […] avec l'accent à la fois
sur la création d'opportunités et sur le fait de les rendre accessibles à tous » (Ali et Zhuang,
2007 in BAD 2013), on se rapproche des capabilités de Sen soit une croissance synonyme
d’un processus grâce auquel chacun a plus de chances d’accéder aux externalités positives de
la croissance économique.

Il reste cependant à identifier le processus dont il est question, ce qui ne semble pas possible
en respectant les seules règles du marché. Il convient au contraire de réfléchir à la répartition
des fruits de la croissance ce qui peut se concevoir via le recours à l’État. Toutefois, si
l’intervention publique est nécessaire, elle n’en est pas moins suffisante. Les conditions dans
lesquelles la puissance publique s’est édifiée, les règles institutionnelles en vigueur, le niveau
de transparence de l’action publique, le degré de moralité des acteurs, la présence ou non de
corrupteurs et de corrompus, sont des variables aussi déterminantes que l’action de l’État elle-
même. D’un côté, on peut croire que les mécanismes du marché peuvent assurer la diffusion
des retombées de la croissance inclusive, avec des chances pour tous. Il s’agit donc plus de
soutenir la croissance, de favoriser l’accès pour tous à la création de richesses que de mener
une politique de redistribution. De l’autre, il est plutôt question de promouvoir des biens
publics, collectifs ou communs (Vérez, 2015), notamment dans les domaines de l'éducation et
de la santé et éviter une croissance exclusive.

Bien que la définition de la croissance inclusive soit complexe, nous pouvons tenter d’en
identifier les dimensions.

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Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud
 Dimensions de la croissance inclusive

Champs Critères Formes


Économique Employabilité ou occupations Accès aux ressources monétaires
Social Offre de services sociaux Accès par ex. à la santé publique
Spatial Services publics accessibles Infrastructures territoriales
Politique Acteurs représentés Participation à la vie démocratique

Dans le champ économique, il s’agit de dissocier les emplois formels des occupations
informelles, qui ne sont en rien assimilées à un statut d’actif occupé sur le marché du
travail. Cela devient plus compliqué quand un fonctionnaire mène également des activités
secondaires non déclarées dont les revenus peuvent dépasser son salaire officiel. Dans les
deux cas, il y a accès à des ressources monétaires et donc inclusion.

Dans le champ social, il est indispensable de mesurer si les services sociaux existent, s’ils
sont ou non accessibles, s’ils sont connus ou non du plus grand nombre, etc. L’éducation
ou la santé sont particulièrement concernées et l’absence de pauvreté monétaire ne signifie
pas nécessairement un accès à ces services. De même, si les services existent et sont
accessibles en quantité, cela n’implique pas qu’ils répondent aux critères qualitatifs requis.
C’est notamment le cas dans l’éducation quand la corruption règle les échanges entre
enseignants et élèves et parents d’élèves (Vérez, 2013). Les rapports sont biaisés et les
plus pauvres sont plus affectés que les moins pauvres fautes de pouvoir satisfaire le
corrupteur. Le secteur de la santé peut connaître les mêmes difficultés.

Le dilemme quantité-qualité des services offerts et le niveau pour y accéder se retrouve


dans le champ spatial et dans le champ politique. Si les capitales des PED sont pourvues
d’un hôpital, les zones rurales les plus reculées « se contentent » de dispensaires. De
même, l’accès à l’université peut être à son tour localisé dans la capitale tandis que les
écoles primaires peuvent être disséminées dans tout le pays. Par ailleurs, la localisation
des infrastructures peut répondre à des critères politiques : le pouvoir se préoccupe avant
tout de développer des infrastructures au sein de la région d’où est issu le chef de l’État et
ce sont donc des préoccupations de solidarité ethnique qui prédominent. La croissance est
inclusive pour une partie de la population, que l’on peut considérer comme privilégiée. Si
la croissance est un défi majeur, simultanément, il faut se préoccuper de ses retombées

Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud


Page | 28
réelles sur chaque individu, sur chaque ménage.

Dans ces conditions, il convient d’analyser les opportunités « propres » aux acteurs
individuels et les résultats auxquels ils parviennent. Roemer (2006) classifie les inégalités
de résultats en deux catégories mutuellement exclusives : celle attribuée à l’effort, au
mérite et à la responsabilité individuelle et l’autre due aux circonstances sur lesquelles les
individus ont peu d’influence. Cette dernière repose à la fois sur des facteurs individuels
tels le sexe, le milieu familial, l’éducation des parents, etc.) mais aussi sur des institutions,
des politiques publiques et sociales. Le critère d’égalité d’opportunité s’impose désormais
comme le critère de justice sociale (Bourguignon et alii, 2013 ; Sen 1992). Le défi de la
croissance inclusive consisterait simultanément à inciter les personnes à chercher de
nouvelles opportunités, essentiellement sur une base individuelle, et à garantir « l'égalité
d'accès » à ces opportunités à tous les segments de la population (Ali, 2007).

Et pour Conclure , toute volonté de croissance inclusive dans les PED (Pays en
développement) comme le Maroc nécessite en amont une profonde réflexion sur les
objectifs ciblés, les moyens alloués, tant monétaires que physiques et humains, les
priorités inter-sectorielles (santé ou éducation, transports ou logements) et intra-
sectorielles (dans le secteur de la santé : dispensaires dans les zones les plus reculées et/ou
CHU dans les grandes villes, soins maternels et accompagnement pré, post-natal et/ou
lutte contre le diabète, etc.). Ces choix sont difficiles mais indispensables pour une réelle
inclusion. Toute politique d’envergure macroéconomique ne permet pas nécessairement
d’atteindre les plus pauvres, quelle que soit la bonne volonté des bailleurs de fonds, des
agences multilatérales et des responsables politiques nationaux. La spécificité de la
croissance inclusive est de parvenir à satisfaire les individus par rapport à ce qu’ils
attendent pour améliorer leur vie et leurs moyens de subsistance décents.

Source : Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud


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Partie II : Etat des lieux

Chapitre 1 : La Création D’emploi Et Gestion Des Ressources


(Les Secteurs : Associatifs, Coopératives Et Mutuelles)
Les secteurs associatifs, coopératifs et mutualistes au Maroc jouent chacun un rôle unique dans le
développement socio-économique, en mettant l'accent sur l'autonomisation des communautés, la
participation économique et la solidarité sociale. Malgré leurs contributions, des défis tels que la
viabilité financière, la gouvernance et la professionnalisation restent présents dans tous les
secteurs.
Section 1 : Le Secteur Associatif
Au cours de ces dernières années, le secteur associatif, a connu un essor considérable, et il est
devenu une composante incontournable de la vie économique et sociale du pays.
Historiquement, le choix de l’intervention du mouvement associatif dans les développements
s’explique par l’impact du programme d’ajustement structurel (PAS) adopté au Maroc au
début des années 80, et qui s’est traduit par le renforcement de la culture de solidarité et la
dynamique sociale ce qui a donné naissance à de nombreuses associations.

1.1 Les caractéristiques générales du tissu associatif marocain :

Selon les résultats de l’enquête nationale du haut-commissariat au plan, le nombre


d’association (ordinaires et d’utilité publique) réellement en activité, sur le territoire national
en 2007, est estimé à plus 44770 associations. Le tissu associatif est réparti d’une façon non
proportionnelle à travers les 16 régions du royaume comme le montre le graphique suivant, les
régions Rabat- salé-zemmour-zaer et sous-Massa-Daraa constituent les deux pôles les plus
imposants du pays en ce qui concerne la concerne les concentrations. Elles rassemblent, à
elles seules, plus de 28% du nombre total des associations au Maroc. Elles sont suivies par la
région Marrakech-Tensift- AL Haouz (11,5%) et le grand Casablanca (9.7%).

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Source : « Jaad Mustapha, Economie sociale et dynamique des territoires : Création d’emploi et gestion
des ressources en eau, édition : Avril 2015 »
Réparation des associations par région

Oued-Edahab: 0,7%

Laayoune-Boujdour: 1,1%

Guelmi-Essmara: 4,1%

Souss-Massa-Draa: 14,3%

Gharb-Chrarda-Bni Hssein: 3,1%

Chaouia-Ouadigha: 4,6%

Marrakech-Tensift Al Haouz:
11,5%
Oriental: 7,4%

Grand Casablanca: 9,7%

Rabat-Salé-Zemmour-zaer:
14,1%
Doukkala-Abda: 3,5%

Tadla-Azilal: 5,3%

Méknes-Tafilalet: 9,1%

Fes-Boulemane: 4,7%

Taza-al Hociema: 3,6%

Tanger-Tétouane:3,1%

Le graphique montre que les associations sont majoritairement actives dans le secteur de la santé,
des services sociaux, des intermédiaires philanthropiques et de la promotion du bénévolat, qui
représente 45 % de l'ensemble, indiquant une forte focalisation sur le bien-être social. Viennent
ensuite l'éducation et la recherche avec 23,5 %, soulignant une préoccupation importante pour

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Source : « Jaad Mustapha, Economie sociale et dynamique des territoires : Création d’emploi et gestion
des ressources en eau, édition : Avril 2015 »
l'apprentissage et l'innovation. Les associations économiques et professionnelles occupent 15,5 %,
mettant en lumière l'engagement envers le développement économique et le soutien professionnel.
Le secteur environnemental représente 7 %, ce qui montre une préoccupation notable mais moins
prioritaire pour les questions écologiques. Les associations dédiées au droit, à la défense des
citoyens et des consommateurs, ainsi qu'aux questions politiques, représentent 5 %, tandis que les
associations religieuses constituent 4 %, suggérant une moindre prévalence mais une présence
significative dans le paysage associatif. Cette répartition reflète une diversité d'engagements avec
une priorité marquée pour le soutien social et l'éducation.

Réparation des associations par domaines d’activité

Religions: 4%

Associations économiques,
professionnelles : 15.5%

Education et recherche:
23.5%

Santé, services sociaux,


intermédiaires
philanthropiques et promotion
du bénévolat: 45%
Environnement: 7%

Droit, Défense des citoyens


et
des consommateurs et
politique: 5%

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Source : « Jaad Mustapha, Economie sociale et dynamique des territoires : Création d’emploi et gestion
des ressources en eau, édition : Avril 2015 »
1.2 Age et conditions d’activité des associations marocaines :
Les associations au Maroc sont, globalement, des structures jeunes. En effet, 82% des
associations ont été créés après l’année 1997 (voir graphique au dessous). A noter, par
ailleurs, que le rythme de création s’est accéléré à partir de 2005 surtout avec le lancement
de l’Initiative Nationale du Développent Humain (INDH).

Réparation des associations marocaines


Selon la date de création

45.00%
40.00%
35.00%
30.00%
25.00% Réparation des associations
20.00% Marocaines selon la date
de création
15.00%
10.00%

1.3 Conditions de fonctionnement des associations marocaines :


 Plus de la moitié des associations n’ont pas de local :

Plus de la moitié des associations n’ont pas de local professionnel. Pour le reste, 29,6% sont
hébergées à titre gratuit, 11% sont des locataires et 8,4% sont propriétaires de leurs locaux.

En ce qui concerne les associations hébergées gratuitement, le secteur public assure


l’hébergement pour 58% d’entre elles et l’un des membres met son domicile au service de
29% de ces associations.
Répartition des Associations Marocaines selon la
Possession de Locaux Professionnels

Sans local 58%


Avec local 42%

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Source : « Jaad Mustapha, Economie sociale et dynamique des territoires : Création d’emploi et gestion
des ressources en eau, édition : Avril 2015 »
 Presque la totalité des associations ne tient pas de comptabilité selon les normes en
vigueur1 :

Près de 95% des associations ne tiennent pas de comptabilité. La proportion faible


d’associations tenant une comptabilité (5%) diffère selon les domaines d’activités. En effet,
elle varie entre 66,7% pour le domaine des « Activités internationales » à 0,5% pour celui de
la « Religion »

♦ Proportion des associations tenant une comptabilité selon le domaine d’activité

Domaine d'activités Nombre d’associations Associations tenant une


Comptabilité
Nombre %
Culture, Sport et Loisirs 12134 580 4,8
Education et Recherche 3814 277 7,3
Santé, Services sociaux, 8038 634 7,9
Intermédiaires
philanthropiques et
Promotion
du bénévolat
Environnement 1468 61 4,2
Développement et Logement 15741 455 2,9
Droit, Défense des citoyens et 871 133 15,3
des consommateurs et
Politique
Religion 598 3 0,5
Associations économiques, 2077 203 9,8
professionnelles
Activités internationales 30 20 66,7
National 44771 2366 5,3

1
Source : « Jaad Mustapha, Economie sociale et dynamique des territoires : Création d’emploi et gestion des ressources en eau, édition :
Avril 2015 »

Page | 34
Source : Enquête Nationale auprès des Institutions Sans But Lucratif
 Une minorité d’associations appartient à un réseau2 :
La majorité des associations, soit 78,1% du total, exercent leurs activités sans appartenir à un
réseau d’associations. C’est dans le domaine « Droit, Défense des citoyens et des consommateurs
et Politique » que la proportion des associations qui appartiennent à un réseau est la plus élevée,
soit 40,6%. Elles sont suivies de celles opérant dans les « Activités internationales » (36,7%) et

dans la « Culture, Sport et Loisirs » (33,8%).

♦ Proportion des associations appartenant à un réseau selon le domaine d’activités

Domaine d'activités Nombre d’associations Associations tenant une


comptabilité
Nombre %
Culture, Sport et Loisirs 12134 4104 33,8
Education et Recherche 3814 786 20.6
Santé, Services sociaux, 8038 1816 22,6
Intermédiaires
philanthropiques et
Promotion
du bénévolat
Environnement 1468 254 17,3
Développement et Logement 15741 1995 12,7
Droit, Défense des citoyens et 871 354 40,6
des consommateurs et
Politique
Religion 598 20 3,3
Associations économiques, 2077 445 21,4
professionnelles
Activités internationales 30 11 36,7
National 44771 9785 21,9

2
Source : Enquête Nationale auprès des Institutions Sans But Lucratif

Page | 35
Source : Enquête Nationale auprès des Institutions Sans But Lucratif
 La majorité des associations au Maroc ont réalisé leurs actions en 2007 sans
partenariat
Rares sont les associations (12,3%) qui entretiennent des relations de partenariat avec les
différents agents économiques pour la réalisation de leurs actions. Selon le domaine
d’activités, cette proportion varie de 5,9% pour les unités exerçant dans la « Religion » à
73,3% pour celles menant des « Activités internationales ».

♦ Proportion des associations ayant un partenariat selon le domaine d’activités

Domaine d'activités Nombre d’associations Associations tenant une


comptabilité
Nombre %
Culture, Sport et Loisirs 12134 966 8
Education et Recherche 3814 848 22.2
Santé, Services sociaux, 8038 1093 13,6
Intermédiaires
philanthropiques et
Promotion
du bénévolat
Environnement 1468 185 12,6
Développement et Logement 15741 2153 13,7
Droit, Défense des citoyens et 871 52 6
des consommateurs et
Politique
Religion 598 35 5,9
Associations économiques, 2077 134 6,5
professionnelles
Activités internationales 30 22 73,3
National 44771 5488 12.3

Les partenaires publics sont les plus sollicités, 5% des associations ont établi un partenariat
avec l’Etat, 2,9% l’ont fait avec des Etablissements publics et 2,7% avec des Collectivités
locales. Le partenariat avec d’autres ISBL n’a intéressé que 3,1% des associations. Quant au
partenariat à l’échelle internationale, 1,5% seulement d’associations sont concernées par ce

Page | 36
Source : Enquête Nationale auprès des Institutions Sans But Lucratif
type de partenariat.

Page | 37
Source : Enquête Nationale auprès des Institutions Sans But Lucratif
Section 2 : Le Secteur Coopérative

Le secteur coopératif représente dans le monde très d’un milliard de membres et plus 100
millions d’emplois (M. Bertel, 2014). Les coopératives représentent l’une des composantes
majeures de l’économie sociale et solidaire du Maroc. Elles jouent un rôle primordial dans le
développement socio-économique du pays du fait qu’elles participent à la création d’emplois,
la lutte contre la pauvreté et l’exclusion et l’amélioration des conditions de vie pour le milieu
rural. Cependant, c’est coopératif doivent faire face à des contraintes tant en matière de
gestion interne, qu’en matière de concurrence s’ajoutent à ceci également les difficultés ayant
trait à la disponibilité des matières premières et l’accès aux marchés.

2.1 Les caractéristiques et les principes des coopératives :

Les coopératives sont fondées et gérées par des principes reconnus universellement, par les
instances mondiales. Ainsi, les principes coopératifs énoncés dans la déclaration sur l’identité
internationale des coopératives (Alliance coopérative internationale, 1995) constituent les
lignes directrices qui permettent aux coopératives de mettre leurs valeurs en pratique :

-Adhésion volontaire et ouverte à tous : Liberté et responsabilité personnelle.

-Pouvoir démocratique exercé par les membres : Egalité et démocratie.

-Participation économique des membres : Responsabilité mutuelle et partage.

-Autonomie et indépendance : Equité et probité.

-Educations, formation et information : transparence.

- Coopération entre les coopératives : Solidarité.

- Engagement vers la communauté : Responsabilité sociale et citoyenneté.

L’application de ces 7 principes à l’acte d’entreprendre se traduit par des distinctions


significatives vis-à-vis des entreprises capitalistiques classiques :

- La coopérative est une société de personnes et non de capitaux, les orientations sont

des choix collectifs.

Page | 38
Source : « Ahrouch Said, Les entreprises coopératives expériences et perspectives, Edition 2016 ».
-Son objectif n’est pas la maximisation des profits et la profitabilité d’un capital mais la

valorisation des activités et compétences de ses membres.

- Les résultats sont d’abord dirigés vers l’investissement et le réserve sont impartageable.

Pour assurer la pérennité et la transmission aux générations futures.

Autres caractéristiques des coopératives, c’est leur enracinement dans le milieu sociale et
local plus reculé, ce qui favorise une grande sensibilité aux besoins des membres, de même, la
volonté d’aboutir malgré quelques handicaps de ceux qui sont à l’origine du projet-porteurs-
du projet- et leur esprit d’initiatives et d’innovation sociale.

On ajoute que pour Amina Lokmane 2011, la caractéristique principale d’une coopérative et
le fait que les adhérents cherchent collectivement, et non individuellement, à résoudre un
problème commun ou à tirer profit d’une opportunité. Les motifs pour démarrer une
coopérative sont variés :

- Mobiliser plus de ressources qu’il n’est plus possible individuellement.

- Créer des alternatives intéressantes pour acheter des biens et des services.

- Mener une activité plus efficacement qu’il n’est possible de le faire seulement.

Il reste par la suite, de moteur que les coopératives peuvent constituer un modèle efficace dans
une économie sociale et solidaire.

2.2 Secteurs d’activité :

Le secteur coopératif marocain a enregistré ces dernières années une évolution remarquable
malgré la lourdeur qui caractérise la procédure de constitution d’une coopérative et les
difficultés 25 que confrontent les petites d’entre elles au début de leur existence. Cette
évolution du nombre de création de coopératives a impacté de manière significative l’effectif
total des adhérents comme le montre le tableau suivant :

Page | 39
Source : « Ahrouch Said, Les entreprises coopératives expériences et perspectives, Edition 2016 ».
Année Nombre de coopératives Nombre d’adhérents

2005 4912 317982

2008 6286 347684

2013 12 022 440 372

Source : ODCO (Juillet-2013)

Il est à préciser également que cette évolution concerne, aussi bien les secteurs classiques tels
que l’agriculture, l’habitat, l’artisanat, la forêt, la pêche et le transport, que les nouveaux
créneaux tels que, l’huile d’argan, l’alphabétisation, les plantes aromatiques et médicinales,
les denrées alimentaires, la gestion et comptabilité… etc. Le tableau ci-après présente la
comparaison de la répartition des coopératives par secteur en 2005 et 2013 :

Secteurs 2005 2013


Agriculture 3043 7983
Habitat 846 1107
Artisanat 570 1707
Forêt 144 208
Pêche 53 127
Transport 54 79
Argan 74 255
Commerce de détail 32 37
Alphabétisation 29 83
Consommation 25 28
Plantes médicinales 14 109
Denrées alimentaires 6 206
Exploitation des carriers 5 22
Gestion du comptabilité 5 11
Main d’œuvres 4 26
Autres 8 34
Total 4912 12022
Source : ODCO (Juillet-2013)

Page | 40
D’après les données avancées dans ce tableau, on remarque que l’évolution du nombre de
création de coopératives a plus que doublé pour une diversité sectorielle apparente.

On constate donc, qu’en 2005 la tendance a été marquée par une présence prédominante dans
les domaines de l’agriculture (secteurs laitier, céréalier, apicole, maraicher, oléicole, avicole,
d’approvisionnement, d’utilisation de matériel en commun et d’élevage), de l’artisanat (tapis,
broderie et couture, menuiserie, poterie et ferronnerie), de l’habitat, de la pêche, des transports
et de la forêt.

Cette donne n’a pas beaucoup changé et on souligne toujours la grande prédominance du
secteur agricole qui est passée de 62% en 2005 à 66,4% en 2013 suivi du secteur artisanal
avec une montée de 11,6% à 14,19% et du secteur de l’habitat qui a enregistré une très lente
évolution et une descente de 17,3 % à 9,2 %.

En outre, les dernières années ont aussi marqué une conquête de nouveaux domaines
d’activités et de nouvelles catégories de petits producteurs et de porteurs de projets. A cet
effet, le secteur coopératif a pu consolider sa présence au niveau des activités liées aux
produits de terroir (huile d’argan, miel, plantes médicinales et aromatiques, denrées
alimentaires…) et aux activités de formation, de gestion et comptabilité, d’entretien de
matériel électronique, etc.

On enregistre ainsi une croissance remarquable de la branche de l’huile d’argan qui ne faisait
que 0,25 % en 2005 pour passer au 4ème rang avec 2 %. La même percée a été faite par la
branche des denrées alimentaires avec un effectif de 206 en 2013 contre uniquement 6
coopératives en 2005 pour se placer à la 6ème place avec 1,7 % du total général des
coopératives.

La particularité de ces coopératives c’est qu’elles sont constituées par des femmes en majorité
du milieu rural, ce qui justifie que ce changement de cap n’était pas sans effet sur la
structuration de ces coopératives.

Une autre lecture peut se faire si l’on présente aussi le nombre d’adhérents par secteurs, le
tableau ci-après nous dresse un état des lieux de la situation en 2013.

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Secteurs Nombre de coopératives Nombre d’adhérents
Agriculture 7983 324042
Artisanat 1707 28908
Habitat 1107 49589
Argan 255 6679
Forêt 208 8941
Denrées alimentaires 206 1996
Pêche 127 2215
Plantes médicinales et arome 109 2611
Alphabétisation 83 820
Transport 79 1721
Commerçants détaillants 37 1013
Consommation 28 6763
Main d’œuvre 26 295
Exploitation du carrière 22 1018
Centres de gestion 11 101
Tourisme 9 69
Traitement de déchets 8 251
Ménagers
Imprimerie-papèterie 5 38
Mines 4 230
Art et culture 4 39
Télécommunication 3 25
Commerce électronique 1 8
Total 12022 440372
Source : ODCO (Juillet-2013)

On remarque que le secteur coopératif dans le domaine agricole absorbe à peu près les trois-
quarts du total des adhérents en 2013, suivi par le secteur de l’habitat avec 11,26% et le
secteur de l’artisanat avec 6,56% du total des adhérents le moment où le reste des secteurs ne
totalise que 8,6%.

En décomposant ces chiffres, on remarque l’émergence de coopératives créées

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distinctivement et massivement par des femmes et des jeunes diplômés dans différents
domaines, Particulièrement ceux qui répondent au mieux à leurs statuts sociaux et
socioprofessionnels et leurs qualifications en vue des attentes du marché.

Les dernières statistiques de 2013 dénombrent un total de 1756 coopératives des femmes avec
31833 adhérentes et 327 coopératives des jeunes diplômés regroupant 3628 coopérateurs. Les
tableaux suivants démontrent cette répartition par secteurs d’activités :

* Répartition des coopératives féminines par secteurs d’activités

Secteurs Nombre de coopératives Nombre d’adhérents


Artisanat 704 11274
Agriculture 612 11628
Argan 235 6428
Denrées alimentaires 151 1561
Plantes médicinales et 26 594
Aromatiques
Autres : pêche, 28 338
Alphabétisation, …
Total 1756 31833
Source : ODCO (Juillet-2013)

Les coopératives féminines représentent 14% du total des coopératives. Le secteur de


l’arganier est le plus représentatif des coopératives féminines (93%) suivi du secteur
alimentaires (74%). Les secteurs suivants : centre de gestion, commerce détaillants,
commerce électronique, exploitation des carrières, forêt, télécommunication, tourisme,
traitement de déchet, et transport.

* Répartition des coopératives de jeunes diplômés par secteurs d’activités

Secteurs Nombre de coopératives Nombre d’adhérents


Agriculture 150 1723
Alphabétisation 83 820
Forêt 21 440
Artisanat 20 182

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Transport 15 58
Centre de gestion 11 101
Autres : informatique, 27 304
Télécom…
Total 327 36
Source : ODCO (Juillet-2013)

* Performances d’exploitation des coopératives

L’un des indicateurs économiques qui permettent de décrire le niveau de performance du


secteur coopératif national est le chiffre d’affaires des coopératives actives. Dans cette sous-
section, nous présentons les données disponibles sur cet indicateur.

* Chiffre d’affaires total des coopératives selon le secteur d’activité

Secteurs Montant en Dhs Part en %


Agriculture 7 510 708 640 95,77 %
Artisanat 155 701 156 1,99%
Commerce de détail 110 001 401 1,40%
Forêt 26 514 192 0,34 %
Transport 18 658 863 0,24%
Aragne 10 821 376 0,14%
Autres 9 786 412 0,12%
Total 22 429 100%
Source : ODCO (Juillet-2013)

Chiffre d’affaires Sur les 7800 coopératives actives (de 2010), seules 1163 ont déclaré leur
chiffre d’affaires pour l’exercice 2008, les coopératives d’habitat ne sont pas concernées.
Prises ensembles, ces coopératives cumulent un chiffre d’affaires annuel global de l’ordre de
7,8 milliards dirhams, soit une moyenne de 6,7 millions de dirhams par coopérative.

Selon le secteur d’activité, les coopératives agricoles, qui représentent un peu plus de 64% des
coopératives déclarantes, contribuent à hauteur de 95,77%. Les coopératives artisanales
déclarantes réalisent à peine 2% du chiffre d’affaires total. Ces résultats s’expliquent en partie
par le fait que la coopérative artisanale est en général de petite taille comparativement à la
coopérative agricole.

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Sur les 1163 coopératives qui ont répondu, celles qui exercent dans le secteur du commerce de
détail génèrent généralement le chiffre d’affaires moyen le plus élevé. Celles du secteur
agricole se placent en deuxième position.

2.3 Exemple de coopérative Tafyoucht : historique et état des lieux

C’est en 1995 que l’association « Ait Baamrane » pour le développement a eu de faire une
coopérative d’huile d’arganier dans sa région. Trois ans plus tard, soit en 1998, l’association a
obtenu le statut de coopérative et a établi un partenariat avec l’ONG international Oxfam-
Québec. Ce partenariat s’est concrétisé par un financement destiné à l’achat de la presse
mécanique et à l’aménagement du local qui est situé à Larbaa Mesti à 24 Km au sud-est de
sidi Ifni.

 La coopérative a bénéficié aussi de l’appui de plusieurs partenaires sur le plan technique et


financier. L’un des objectifs de la coopérative est de permettre aux femmes de participer au
développement socio-économique de la région et ainsi contribuer à méliorer leur qualité de
vie.
Photo 1 : L’entrée de la coopérative Tafyoucht

Les femmes sont rémunérées selon la qualité de travail qu’elles effectuent. Leur travail est
coordonné par la présidente et le directeur. Ce dernier est employé par la coopérative et payé
moins que le salaire minimum en vigueur dans le pays, soit 1500 dh par mois. La présidente
quant à elle ne touche que 500 dh par mois. La coopérative n’est pas suffisamment solide
financièrement pour donner du travail à davantage de femmes. Les adhérents à la coopérative
qui sont au nombre de 47 femmes, ont différents statuts : femmes célibataires, femmes
mariées vivant seules ou avec leurs conjoints, femmes veuves et femmes divorcée (photo 2).

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Leur âge varie de 18 à 70 ans presque toutes les femmes ont plusieurs enfants.

Certaines les ayant à leur charge, d’autres pas. Les conditions de vie matérielles de ces
femmes sont très difficiles. La plupart ne peuvent pas subvenir convenablement à leurs
besoins matériels et n’ont pas la capacité d’épargner. Elles vivent de la charté de leurs proches
sur lesquels peuvent parfois compter pour les soutenir financièrement.
Photo 2 : Femmes tirant les coques d’aragne (akka) et les amandes (tiznine)

La coopérative est le seul espace de travail formel auquel les femmes ont accès dans cette
commune. Même si ce travail à la coopérative contraint la femme à s’absenter toute la journée
de son foyer, qui n’est pas conciliable avec son rôle de « cheville ouvrière » au sien de
famille, la coopérative leur offre un lieu d’apprentissage et de formation, de plus elles ont
accès à des sessions d’alphabétisation. Leur implication dans la coopérative leur donne accès
d’une certaine façon aux lieux publics et elles apprennent à fonctionner dans cet espace
qu’elles n’avaient jamais exploré auparavant. Pour plusieurs femmes. L’expérience
coopérative leur donne une

Confiance en elle-même (Drain ville, 2001). Il est possible donc de dire que la coopérative
apporte une certaine équité dans les rapports de genre mais elle ne va pas jusqu’à enclencher
un processus d’empowerment avec les femmes.
Photo 3 : Impact des coopératives féminines sur la préservation et la valorisation de l’arganeraie : cas de
la coopérative Tafyoucht

Page | 46
Page | 47
Section 3 : Le Secteur Mutuelle

Les sociétés dites d’entraide ou mutuelles sont le troisième pilier de l’économie sociale au
Maroc. Créées sous le colonialisme, les premières sont des mutuelles d’assurance agricole.
Elles garantissent en particulier la mortalité du bétail et la grêle. Après l’indépendance, les
agriculteurs marocains constituent des caisses régionales qui se fédèrent au sein de la
Mutuelle agricole marocaine d’assurance (MAMDA). En 1919, naissent les mutuelles de
santé pour les fonctionnaires (ex. : Mutuelle de la police). Après l’indépendance, les mutuelles
se développent largement, puis se regroupent au sein de la Caisse nationale des organismes de
prévoyance sociale (CNOPS).

Aujourd’hui, le secteur est dominé par les mutuelles du secteur public, animé par plus de
cinquante institutions (52 en 2010). La moitié de celles-ci sont des mutuelles de couverture
sanitaire. Huit parmi elles sont publiques, regroupées au sein de la CNOPS. 43% des sociétés
de cautionnement mutuel opèrent dans les secteurs de l’artisanat. Onze de ces mutuelles
regroupent quelques 8840 artisans. On retrouve aussi 6 mutuelles dans le secteur du transport
qui regroupent 8979 exploitants de voitures de transport. Trois mutuelles sont actives dans le secteur
de la pêche et couvrent un peu moins de 700 pêcheurs. Il y a aussi 2 mutuelles pour les petites et
moyennes entreprises avec 517 commerçants et jeunes promoteurs.

On dénombre enfin 3 mutuelles d’assurance, la Mutuelle agricole d’assurance (MAMDA), la


Mutuelle d’assurance des transporteurs unis (MATU) et la Mutuelle d’assurance sur les
accidents de route et de travail.

3.1 Les mutuelles de couverture sanitaire et sociale :

Depuis la création récente de la Mutuelle nationale des artistes, cette catégorie comprend 26
mutuelles dont 9 publiques, en plus de la CNOPS chargée de l’organisation des mutuelles du
secteur public. Elles regroupent plus de 1,5 millions d’adhérents, (principalement des salariés
du secteur public) et concernent plus de 4 millions de bénéficiaires. Elles jouent actuellement
le rôle dévolu dans d’autres pays à l’assurance maladie obligatoire. On dénombre aussi trois
unions de sociétés mutualistes dont fait partie la Caisse nationale des organismes de
prévoyance sociale (CNOPS).

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Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
3.2 Les mutuelles d’assurance :

Elles sont au nombre de trois et fournissent les différentes catégories de services d’assurance
et de réassurance :

• La Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), destinée à couvrir uniquement


les risques liés à des activités agricoles ;

• La Mutuelle centrale marocaine d’assurances (MCMA), généraliste en ce sens qu’elle


couvre l’ensemble des risques classiques (biens et personnes), liés à tous les secteurs ;

• La Mutuelle d’assurances des transports unis (MATU), spécialisée exclusivement dans


le domaine de l’assurance des transports publics de voyageurs.

Le principal acteur est constitué du groupe MAMDA-MCMA qui comporte donc deux
branches :

• Une branche assurance agricole ancienne : MAMDA dont le CA 2006 est de 273 millions
de Dh ;

• Une branche d’assurances autres risques : MCMA dont le CA 2006 est de 412 millions de Dh.

La MAMDA et la MCMA, qui forment le groupe, drainent ensemble plus de 70000 adhérents
à travers le pays. Dans un souci de proximité, elles utilisent un réseau national de distribution
composé de plus de 28 bureaux régionaux et emploient pas moins de 300 personnes.

Le groupe est aussi devenu un important investisseur institutionnel. Il compte de nombreuses


participations financières dans des sociétés marocaines : Attijariwafa Bank (8% du capital),
BMCE Bank (8%) et Maghrébail (8%), SNI (6%), ONA (6%), Sonasid (12%), Fertima (30%).
De plus, le groupe pratique également le capital-risque.

Quant à la MATU, elle emploie près de 234 personnes et dispose de plusieurs agences
réparties sur l’ensemble du territoire national.

3.3 Les Sociétés de cautionnement mutuel :

Cette catégorie de mutuelles est composée de 22 institutions réparties comme suit :

• 11 sociétés dans le secteur de l’artisanat, regroupant 8840 artisans ;

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Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
• 6 sociétés dans le secteur du transport, avec 8979 exploitants des voitures de transport ;
• 3 sociétés dans le secteur de la pêche avec 675 pêcheurs ;
• 2 sociétés dans le secteur des petites et moyennes entreprises, qui regroupent 517
commerçants et jeunes promoteurs.

3.4 La Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS) :

Le régime marocain de sécurité sociale a été créé en 1959, et est entré en vigueur en 1961. La
gestion de ce régime a été confiée à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. La CNSS a été
chargée de gérer le seul régime obligatoire de sécurité sociale qui existait alors au Maroc. Ce
régime est financé par les cotisations des employeurs et des salariés dans des proportions
fixes. Il repose sur l’ensemble des rémunérations perçues par les salariés, y compris les
indemnités, primes, gratifications et tous les autres avantages en argent et en nature.

3.5 La Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS) :

La CNOPS est une fédération de 9 sociétés mutualistes du secteur public. Ses ressources
financières proviennent de cotisations salariales et patronales. Elle assure actuellement la
couverture mutualiste à plus de 1 million de personnes. Ces dernières se concentrent naturellement
dans les grandes villes du pays. Ce régime ne couvre en effet que les fonctionnaires et les employés
des quelques grandes entreprises.

Il ressort que les catégories pauvres et vulnérables de la population ne bénéficient d’aucune


couverture sociale en l’absence de mécanismes institutionnels de prise en charge. Le
gouvernement a initié un projet de généralisation de la couverture à quelques 300000
nouveaux adhérents, dont 170000 retraités et veuves à travers l’Assurance maladie
obligatoire. Ce projet est difficile à réaliser pour différentes raisons organisationnelles et de
financement.

3.6 Autres expériences mutualistes :

Les mutuelles communautaires l’adoption en 2007 d’une nouvelle loi sur l’assurance maladie
obligatoire (AMO et son corollaire à destination des populations démunies, le RAMED)
devrait modifier profondément le positionnement et le rôle des mutuelles dans la société
marocaine. Ce nouveau dispositif de couverture sanitaire ne couvrirait que la moitié de la
population qui vit d’une activité dans le secteur informel.

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Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
Pour pallier cet écart en termes de couverture sanitaire, et en plus des mutuelles classiques de

Page | 51
Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
santé, on assiste au Maroc à l’émergence d’une autre catégorie de mutuelles, les mutuelles
communautaires.

La création de ce type de mutuelle d’organisation d’économie sociale est encouragée. Elles


seraient des organismes à but non lucratif dont l’objectif est de constituer un mécanisme
d’assurance maladie, conçu et géré au niveau local, par lequel les populations s’organisent
elles-mêmes pour récolter des cotisations, fixer les prestations remboursées en échange des
cotisations et payer les prestataires pour les soins fournis couverts par la garantie.

Il s’agit donc de groupes de personnes qui s’organisent localement pour faire face, au moyen
de leurs cotisations, à leurs besoins en matière de financement de la santé. Les mutuelles de ce
type, créées dans différents cadres, n’ont fait l’objet d’aucune stratégie. Elles ont cependant
un point commun, celui d’avoir été initiées par l’État.

La première mutuelle de ce genre a vu le jour en 2002 dans la commune de Zoumi, suite à une
demande de la Délégation de la santé de la province de Chefchaouen, soutenue par l’Unicef.
Le but était de favoriser la prise en charge précoce des maladies et de lutter contre la mauvaise
disponibilité de médicaments.

Dans le même cadre, et après avoir observé les bons résultats de la mutuelle de Zoumi, une
deuxième mutuelle communautaire est créée sous forme d’une fédération de trois mutuelles
couvrant les trois communes de Bâb Taza, Bni Darkoul et Bni Salah dans la même province.
La mutuelle de Tabant dans la province d’Azilal a en revanche été créée en avril 2005 dans le
cadre du programme des Besoins essentiels de développement (BED) mené par le ministère
de la Santé pour améliorer l’état de santé des populations.

La cotisation annuelle par ménage est de 150 DH pour la mutuelle de Zoumi et de 200 DH
pour les deux autres. La garantie couvre les médicaments non fournis par le centre de santé et
les transferts en ambulance à l’hôpital de référence. Elle comprend en plus, dans le cas de la
mutuelle de Bab Taza, les médicaments pour le traitement de deux maladies chroniques, le
diabète et l’hypertension artérielle. Le nombre d’adhérents pour l’exercice 2005 a atteint 335
pour la mutuelle de Zoumi, 478 pour la mutuelle de Tabant et 886 pour la mutuelle de Bab
Taza.

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Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
♦ Nombre d’adhérents des mutuelles communautaires pour l’exercice 2005
Mutuelle communautaire Nombre d’adhérents Taux de couverture

Zoumi 335 _
Tabant 478 25%
Bab Taza 886 11%

Toutes ces mutuelles présentent des bilans financiers largement excédentaires. Celle de Bab Taza,
qui couvre trois communes et compte le plus d’adhérents, affiche l’excédent le plus élevé avec
près de 128000 DH, soit environ les trois quarts des recettes. Vient ensuite celle de Tabant
avec un excédent de l’ordre des deux tiers des recettes. Ce taux est relativement moins
important dans le cas de la mutuelle de Zoumi (40%) à cause des dépenses exceptionnelles
relatives à la réparation de l’ambulance du centre de santé.

De ces chiffres, on peut conclure que ces mutuelles pourraient séduire davantage de clients en
baissant la cotisation des adhérents ou en élargissant le champ de la garantie proposée. Sur la

base d’un sondage réalisé auprès de 141 adhérents de la mutuelle de Zoumi, 79% des interviewés
se sont déclarés très satisfaits, 19% se sont déclarés peu satisfaits et 2% uniquement se sont
déclarés pas satisfaits.

♦ Bilan financier des mutuelles communautaires pour l’exercice 2005

Recettes Dépenses Solde Rapport


rec/dép
Zoumi 140 756 83 700 57 056 1,7

Tabant 95 600 29 000 66 600 3,3

Bab Taza 169 817 41 833 127 984 4,1

Jusqu’à fin 2005, le Maroc comptait trois mutuelles communautaires opérationnelles. Cinq autres
expériences étaient en cours d’étude ou de mise en place. Encouragé par ces résultats,
l’Unicef envisageait la création de 18 autres mutuelles communautaires dans le pays. En
2006, des mutuelles étaient déjà en projets sur plusieurs sites, tels que ceux d’Aït M’hammed
et Aït

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Source : « L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles réalités pour quel avenir ? »
Abbas dans la province d’Azilal, d’Ourika dans la province d’El Haouz, et de Sabt Jahjouh dans
la province d’El Hajeb.

Ceci étant, ce nouveau mécanisme de mutuelles communautaires pourrait contribuer, aux


côtés de l’assurance maladie obligatoire (AMO) et du régime d’assistance médicale
(RAMED) récemment mis en place, à l’amélioration du taux de couverture sanitaire au
Maroc.

En guise de conclusion, on peut dire qu’un modèle a été proposé par les premiers penseurs de ces
secteurs (Associatifs, Coopératives et Mutuelles) pour mieux répondre aux besoins de tous
ceux et celles qui voulaient être partie prenante de cette grande utopie devenue réalité. Cette
vision de la société et cette volonté de mettre l’être humain, sa dignité et la réalisation de son
potentiel au cœur du projet coopératif sont toujours primordiales et auront permis de connaître
une évolution exemplaire. Il s’agit d’un modèle économique qui a su répondre aux besoins
d’une population marginalisée par le capitalisme et la mondialisation. Tout en respectant et
valorisant les particularités locales des territoires.

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Utopie : représentation d'une société idéale sans défaut contrairement à la réalité


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Utopie : représentation d'une société idéale sans défaut contrairement à la réalité


Chapitre 2 : Pour Un Développement Renforcé De l’ESS Au Maroc

Section 1 : Les Grandes Orientations D’une Politique Publique De L’ESS

1. 1 Adopter un cadre législatif dédié permettant au Maroc de participer au


mouvement mondial de reconnaissance accrue du secteur de l’ESS :

L’adoption d’un cadre législatif dédié au secteur de l’ESS et qui réunit l’ensemble de ses
composantes est une nécessité incontournable pour combler une lacune organique
affaiblissant le rôle d’un secteur riche en potentialités aussi bien matérielles qu’immatérielles.
Ce cadre permettrait l’identification clarifiée du secteur de l’ESS et réunirait l’ensemble de
ses composantes dans un référentiel commun. Il répondrait aussi à l’impératif de
reconnaissance accrue de ce secteur. Reconnaissance aboutissant à une considération plus
juste par toutes les composantes de la Nation de ce secteur et de son rôle. Enfin, il s’agit de
fournir à tous les acteurs de l’ESS une sécurité juridique et règlementaire de leurs activités et
notamment un plus grand confort juridique dans la construction des différentes formes
d’organisation statuaire du secteur. Ce cadre permettrait de :

- Harmoniser les politiques publiques et le rôle des différents acteurs gouvernementaux dans
la promotion du secteur ;

- Reconnaître les acteurs historiques et les nouveaux entrants de l’ESS à l’instar des
coopératives des travailleurs salariés et des entreprises commerciales à vocation sociales ;

- Introduire le critère « d’utilité sociale » comme mesure de performance des acteurs du secteur ;

- Mettre en place des mesures de soutien et de supports aux acteurs (financement,


accompagnement et développement). Une partie de ces mesures pourrait s’appuyer dans
certains cas sur le principe de la discrimination positive afin de réajuster l’équilibre vers une
égalité des chances.

1.2 Renforcer et mettre en place un système de gouvernance national et régional


qui pourra dynamiser et accompagner le développement du secteur et sa
croissance :

Il s’agit ici d’améliorer la Gouvernance du Secteur de l’Economie Sociale et Solidaire et de


l’inscrire dans la régionalisation avancée. Pour ce faire, il est entendu libérer les énergies
propres aux acteurs de l’ESS et mobiliser les initiatives locales par des actions de soutien, de

Page | 56
Source : Conseil Economique, Social et Environnemental.
promotion et de professionnalisation. Le but étant de créer plus de synergies et d’efficacité
dans la mise en place et l’exécution de programmes structurants. Il s’agit d’organiser
l’autonomie des organes existants ou futurs de la gouvernance du secteur. Pour être efficiente,
cette action doit d’emblée s’inscrire dans le chantier de la régionalisation avancée tel que
consacré par la nouvelle Constitution.

Ce système de gouvernance devrait reposer sur la réforme et la fusion de plusieurs organismes


publics tels que l’ODCO, l’ADS ainsi que Maroc Taswiqau sein d’une nouvelle « Instance
Nationale de promotion de l’ESS ». Les prérogatives des départements étatiques en matière
d’Economie Sociale et Solidaires devront être adossées à la nouvelle instance.

L’action de l’Instance Nationale de l’ESS devra s’exercer au niveau national en coordination


avec les instances centralisées et au niveau régional à travers les Instances régionales de l’ESS
en s’appuyant sur les Agences Régionales d’Exécution des programmes (AREP) prévues dans
le nouveau cadre de la régionalisation avancée.
L’Initiative Nationale de Développement Humain peut fonder, quant à elle, un véritable espoir
dans l’avenir en matière de promotion de la TPE, notamment dans le monde rural. Cette
démarche pourra à son tour représenter une réelle perspective, si elle arrive à être inscrite
comme pilier nouveau et essentiel de la stratégie globale de l’INDH.

Le séminaire organisé à Casablanca le 18 mai 2013 à l’occasion du 8ème anniversaire de


l’INDH sur le thème de « l’intégration économique » autorise à penser que l’on s’achemine
vers cette direction.

Cependant si on veut que l’impact de ce pilier ne reste pas limité en termes de développement
d’activités non agricoles en milieu rural, il est de la plus grande importance à ce nouveau plier
de s’inscrive non seulement dans le cadre d’un traitement social de la pauvreté rurale, mais
aussi et surtout d’un traitement économique productif des problèmes des zones fragiles,
enclavées et marginalisées du monde rural et les zones périurbaines défavorisées. Car c’est
dans ces zones où les besoins d’inclusion sociale, d’insertion socioprofessionnelle et d’auto-
emploi en faveur des jeunes sont importants.

Page | 57
Source : Conseil Economique, Social et Environnemental.
Section 2 : La Nécessité D’un Cadre Juridique Et D’une Gouvernance
Nationale Adaptée

2.1 Un cadre juridique dédié : pour un nouveau Code ou une nouvelle Loi Cadre
de l’ESS

Malgré l’ancrage dans les traditions marocaines, et malgré la reconnaissance des composantes
du secteur de l’Economie Sociale et Solidaire dans les textes de lois depuis l’ère coloniale, le
secteur nécessite désormais un renouvellement important de son cadre juridique qui marque sa
place et la reconnaissance nationale de son action pour l’intérêt général et social.

Cette nouvelle étape de reconnaissance du secteur dans son ensemble lui permettra de
contribuer significativement à la croissance économique et à l’inclusion sociale et territoriale.

Or, l’ensemble des expériences internationales suggèrent que le Maroc ne pourra pleinement
bénéficier de cette dynamique de l’ESS sans un encadrement consolidé de ce secteur dans les
textes officiels, et sans l’émergence de nouvelles formes juridiques capables d’accompagner
cette dynamique internationale.

Ce cadre législatif pourrait se traduire en un Code ou une loi-cadre (dénommé ci-après loi) qui
devrait permettre une ouverture du secteur sur l’environnement international et fournir un plus
grand confort juridique aux formes d’organisation du secteur. Cette loi déterminerait, ainsi, les
normes relatives au secteur de l’Economie Sociale et Solidaire, aussi bien que ses principes, et
définirait, tout en retenant une approche inclusive, les outils d’intervention et les moyens de
soutien au développement de ses structures. Un des principes de cette loi serait de promouvoir
la définition et la reconnaissance du critère d’utilité sociale pour l’appartenance au secteur de
l’ESS et le bénéfice de son statut.

Plus précisément, cette loi devrait permettre à chaque type de structure de l’ESS de réaliser
pleinement les missions qui lui sont spécifiques :

 Pour les coopératives :


- Assainir les dispositions juridiques définissant les rapports des différents adhérents
avec leurs coopératives, les rapports de la coopérative avec son environnement
sectoriel, économique et institutionnel ainsi que le système de fiscalité auquel elles
sont astreintes.

Page | 58

Source : « Conseil Economique, Social et Environnemental ».


- Mettre en place des garde-fous juridiques pour protéger le patrimoine communautaire
et collectif des coopératives ayant atteint un stade de développement avancé grâce à
l’effort collectif de leurs membres. Il s’agit ici de rester dans l’orientation d’esprit qui
stipule que les parts sociales constituant le capital d’une coopérative sont non
négociables et insaisissables. Autrement dit, il faut protéger les coopératives de toutes
tentatives de transformation à d’autres formes juridiques pouvant disloquer des
structures ayant réalisé des performances sur la base d’une participation démocratique
et grâce à l’action collective de leurs adhérents. Ces adhérents qui risquent, en cas de
transformation, de devenir minoritaires et sans pouvoir, fragiles et exposés à
d’éventuelles suspensions ou exclusions.

- Mettre en place un cadre juridique relatif aux coopératives de travailleurs salariés leur
permettant de racheter la majorité des actions de leur entreprise– en situation de dépôt
de bilan. Ce rachat doit pouvoir être soutenu par l’intervention partenariale de l’Etat et
des syndicats concernés afin de sauvegarder l’emploi des salariés et maintenir
l’activité de l’entreprise.

- Harmoniser la loi des coopératives en prenant en considération la situation des


coopératives assujetties aux impôts et taxes et qui sont traitées de la même façon que
les autres coopératives (restrictions, limites et contrôle multiforme des différentes
administrations …).

 Pour les mutuelles :

-Déterminer les dispositions qui conditionnent l’action mutualiste, facilitant les


procédures administratives, et donner un caractère incitatif aux critères de constitution.

-Clarifier et rationaliser les principes et les règles de rattachement du secteur de la


mutualité à l’administration en charge de l’Economie Sociale et Solidaire (tutelle).

-Préciser les rôles et les compétences des différents acteurs institutionnels qui
interviennent dans la mutualité ;

-Libérer l’initiative mutualiste afin de lever les incohérences et les contradictions entre
les dispositions du code de la mutualité et les dispositions des autres textes qui affectent
le secteur de la mutualité.

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Source : « Conseil Economique, Social et Environnemental ».


 Pour les associations :
- Déterminer les catégories et types des associations.

- Délimiter le champ d’action de chaque type d’association.

-Faciliter l’accès au financement et leurs interactions avec les organismes publics dans

le cadre de contrats programme.

- Etablir les règles générales relatives aux conditions et modalités d’évaluation et de


contrôle (associations subventionnées, associations dont le budget annuel dépasse les
500.000,00 dh, …).

Section 3 : L’Assainissement Et Le Renforcement De Chaque Composante


De L’ESS

3.1 Secteur Coopératif

Les recommandations que le CESE propose en vue de développer le secteur coopératif


visent à surmonter les obstacles qui limitent un développement soutenu des
coopératives, et ce sur deux niveaux :

-Sur le plan externe, les coopératives souffrent de trois types de contraintes : juridiques,
institutionnelles et socio-économiques :

- Sur le plan interne, en remédiant aux défauts de leur gouvernance, à la faiblesse de


leurs capitaux propres en raison des apports très limités en termes de parts sociales et du
non- réinvestissement des excédents dans la coopérative.

Le secteur coopératif souffre aussi de carences institutionnelles liées à l’insuffisance


d’accompagnement des coopératives, à la défection de coordination entre les
intervenants et à l’absence de convergence des programmes de soutien. S’ajoutent à
celles-ci la difficulté d’accès aux crédits bancaires, la commande publique, l’incapacité
à répondre aux exigences du marché et l’absence de la couverture sociale des adhérents.

Face à ces limites, le CESE recommande une série de mesures à prendre, selon les axes
suivants :

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Source : « Conseil Economique, Social et Environnemental ».


-Amélioration du cadre juridique ;

-Amélioration de la gouvernance ;

-Amélioration de la compétitivité des coopératives ;

-Soutien et amélioration de l’accès au financement ;

-Développement de nouveaux marchés et secteurs ;

-Mise en place d’un label (produit solidaire) ;

-Mise en place d’un système de protection sociale des adhérents.

3.2 Secteur Mutualiste


Pour développer le secteur de la mutualité au sein d’une économie sociale et solidaire, le
CESE rappelle les deux principes fondamentaux de la mutualité qui sont la solidarité et la
démocratie. Ainsi, le principe de solidarité implique que les mutuelles agissent au service de
leurs membres, sans but lucratif, assurent la gratuité de l’affiliation et garantissent le respect
du principe de la non-discrimination lors de l’adhésion de leurs membres (pas de tarification
différenciée sur des critères portant sur l’état de santé, l’âge ou le sexe ou toute autre
considération discriminatoire).

Le principe de démocratie implique le droit des membres à la représentation en conformité


avec la règle un membre équivaut à une voix. Ce principe implique l’élection des dirigeants et
la responsabilisation des adhérents en les informant dûment de leurs droits et en leur
permettant de participer effectivement, et en connaissance de cause, à la gouvernance de leur
mutuelle. Être membre d’une mutuelle c’est être à la fois assuré et assureur.

Les recommandations qui vont suivre visent une meilleure réalisation en pratique de l’esprit
mutualiste.

 Renforcer la gouvernance interne des acteurs de la mutualité.

Pour donner une impulsion au secteur mutualiste au sein de la protection sociale et pour
garantir son bon fonctionnement et sa pérennité du secteur mutualiste, le Conseil
Economique, Social et Environnemental recommande de renforcer la gouvernance des
mutuelles, à cet effet, le CESE préconise :

Page | 61

Source : « Conseil Economique, Social et Environnemental ».


-De délimiter et séparer les pouvoirs des organes élus et les fonctions de gestion au moyen
d’une distinction claire entre, d’une part, les fonctions d’orientation et de contrôle
dévolues aux administrateurs élus et, d’autre part, les fonctions de gestion confiée aux
dirigeants exécutifs nommés par les élus et responsables devant eux.

-D’inciter les Assemblées générales et les Conseils d’administration à adopter des Chartes
de bonne conduite, avec des dispositions claires explicitant les conflits d’intérêts
potentiels et les moyens de les prévenir, notamment grâce à des indicateurs précis et
vérifiables par des tiers indépendants.

 Elargir le champ mutualiste au développement d’unité de soins

Concernant la régulation du secteur mutualiste, le Conseil Economique, Social et


Environnemental recommande, dans un premier temps, d’élargir les missions des
mutuelles à la création, développement et gestion des unités de soins, et de définir la
forme juridique

pour cette fin, en lien avec les réglementations en la matière et en concertation avec les
différents partenaires.

Dans un second temps, le Conseil appelle à revoir la situation des trois mutuelles
d’assurance (MAMDA, MCMA et MATU) afin de clarifier leurs missions et de bien
distinguer le service de l’assurance privée de celui qui est fourni par une entité mutualiste
dont l’éthique et les principes diffèrent de la première.

En somme, l'ESS représente une voie prometteuse pour promouvoir un développement


économique plus inclusif et durable au Maroc. Les recommandations du CESE visent à libérer
le plein potentiel de ce secteur en alignant les politiques publiques, en renforçant les cadres
juridiques et en soutenant activement les initiatives locales. Ce faisant, le Maroc pourrait
bénéficier d'une dynamique positive qui favorise à la fois la prospérité économique et le bien-
être social, en répondant aux besoins spécifiques des communautés locales et des populations
marginalisées.

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Source : « Conseil Economique, Social et Environnemental ».


Conclusion Générale

Au terme de cette recherche, nous rappelons que nous avons présenté dans la première partie
le cadre théorique de l’économie sociale et solidaire, appelé aussi ; l’évolution et les structures
de l’économie sociale et solidaire au Maroc, en mettant l’accent sur la notion d’utilité sociale,
liée aux de grands champs constitutifs, qui sont la cohésion sociale et le développement local.
Dans cette partie nous avons cité la croissance inclusive, ces défis et ces dimensions.

Apres nous avons étudié dans la deuxième partie les entités de l’économie sociale et la
création d’emploi surtout les associations, les coopératives et les mutuelles.

Les principales conclusions se résument comme suite :


 Le secteur associatif : est faiblement créateur d’emploi, surtout lorsqu’il s’agit des
associations exerçant des activités non génératrices de profit comme les associations
reconnues d’utilité publique, les clubs sportifs et les unions d’associations. Et il est
fortement créateur d’emplois dans le cas des activités génératrices de revenus
directement ou indirectement telles les associations de microcrédit.

 Le secteur coopératif : les coopératives contribuent de façon importante a


l’économie, à la mobilisation des ressources ainsi qu’à la stimulation de
l’investissement en même temps qu’elles promeuvent la plus complète participation au
développement économique et social de toute la population. En tant que forme
puissante de solidarité humaine, est les coopératives favorisent d’une part la création
de richesse et leur répartition plus équitable, ce qui bénéficie leurs membres et leur
communauté, et d’autre part, elles constituent des espaces d’insertion sociale pour
leurs membres.

 Le secteur mutuel : Le secteur de la mutualité s’est, de l’indépendance à nos jours,


concentré sur le domaine de la santé. Son cadre règlementaire n’a pas favorisé
l’éclosion de ce qu’on pourrait appeler un « tiers-secteur » économique, à caractère
social et solidaire. Ce tiers- secteur, porté par des processus de financement et de
gestion de type mutualiste, aurait pu constituer un contributeur positif au mieux-être
social, en tant que levier additionnel de création de richesses et d’emploi, et en tant
que pourvoyeur de services d’assurance de biens et des personnes, de crédits et de

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banque, services aux personnes âgées ou en situation de handicap, ainsi que de
couverture de santé de base pour les étudiants, les commerçants, les artisans et les
professions libérales. Ces dimensions, insuffisamment explorées, continuent de
représenter un important potentiel de développement pour le secteur mutualiste.

Et afin de consolider son rôle dans la société, l’Economie Sociale et Solidaire a besoin d’être
appuyée par une politique publique adéquate. Un tel processus du développement de ce
secteur économique demande beaucoup de temps, ce qui signifie que la transformation du
secteur ne peut se faire du jour au lendemain et nécessite une politique de long terme.

Cette politique doit s’inscrire dans le processus de régionalisation avancée et privilégier la


perspective territoriale en mobilisant tous les acteurs locaux et en les dotant d’outils de
pilotage à savoir les incubateurs et un système d’information efficace.

En fin, nous pouvons conclure que la contribution de l’économie sociale et solidaire dans la
dynamique au Maroc en termes de développement locale reste limitée par rapport aux autres
pays voisins.

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Bibliographie et Webographie

Bibliographie :
 Dahman Myriam. "Conseil Economique, Social et Environnemental."
Rapport annuel. Rabat, Maroc.

 Mustapha Jaad. Economie Sociale et Dynamique des Territoires : Création


d’emploi et Gestion des Ressources en Eau. Casablanca : Editions Atlas,
2015.

 Enquête Nationale auprès des Institutions Sans but Lucratif. Rapport


statistique. Ministère de l'Intérieur, Maroc.

 Dahman Myriam. "L’économie sociale et solidaire au Maghreb, Quelles


réalités pour quel avenir ?" Revue de l'Economie Sociale, vol. 25, no. 3,
2018, pp. 45-60.

 Ahrouch Saïd. Les entreprises Coopératives : Expériences et perspectives.


Casablanca : Editions Maghrébines, 2016.

 "Nouveau Modèle de Développement Pour les Provinces du Sud." Rapport


de l'Office Du Développement De La Coopération (O.D.C.O), Juillet 2013.
Webographie :

 ([Link]

 ([Link]

 ([Link]).

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Table Des Matières
Remerciement...........................................................................................................................2

Sommaire...................................................................................................................................3

Liste Des Abréviations..............................................................................................................4

Introduction Générale………………………………………………………………………...5

Partie I : Définitions et Concepts.............................................................................................7

Chapitre 1 : L’économie Sociale et Solidaire..........................................................................7

Section 1 : Définitions...............................................................................................................7

1.1 L’économie Sociale D’après : « Warlas et Gide »...........................................................7

1.2 Evolution du Champs et de définition de l’ESS au Maroc..............................................8

Section 2 : Evolution de l’économie Sociale et Solidaire au Maroc....................................10

Section 3 : Structures de l’économie Sociale et Solidaire au Maroc.................................12

3.1 Les Associations................................................................................................................12

3.2 Les Coopératives...............................................................................................................13

3.3 Les Mutuelles.....................................................................................................................14

Chapitre 2 : L’ESS Comme Moteur de la Croissance Inclusive.........................................17

Section 1 : De La Croissance Economique à La Croissance Inclusive…...........................17

Section 2 : Défis de la Croissance Inclusive au Maroc (Cas du Sud)….............................20

Section 3 : Les Dimensions de la Croissance Inclusive…....................................................21

Partie II : Etat des Lieux…....................................................................................................25

Chapitre 1 : La Création D’emploi et Gestion des Ressources….......................................25

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Section 1 : le Secteur Associatif…..........................................................................................25

1.1 Les caractéristiques Générales du Tissu Associatif Marocaine……………………….25

1.2 Age et Condition D’activité des Associations Marocaines…………………………….28

1.3 Conditions de Fonctionnement des Associations Marocaines…………………………28

Section 2 : Le Secteur Coopérative………………………………………………………….32

2.1 Les Caractéristiques et les Principes les Coopératives…………………………………32

2.2 Secteurs d’activités............................................................................................................33

2.3 Exemple de Coopérative Tafyoucht : Historique et Etat des Lieux.............................39

Section 3 : Le Secteur Mutuelle.............................................................................................40

3.1 Les mutuelles de couverture sanitaire et sociale………………………………………41

3.2 Les mutuelles d’assurance ……………………………………………………………………..42

3.3 Les Sociétés de cautionnement mutuel ………………………………………………42

3.4 La Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS)…………………………………………..43

3.5 La Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS)…………...43

3.6 Autres expériences mutualistes………………………………………………………43

Chapitre 2 : Pour un Développement Renforcé de L’ESS au Maroc…………………..47

Section 1 : Les Grandes Orientations d’une Politique de L’ESS........................................47

1.1 Adopter un Cadre Législatif Dédie Permettant au Maroc de Participer au


Mouvement Mondial de Reconnaissance Accrue du Secteur de L’ESS.............................47

1.2 Renforcer et Mettre en Place un Système de Gouvernance National et Régional Qui


Pourra Dynamiser et Accompagner le Développement du Secteur et sa Croissance........47

Section 2 : La Nécessite d’un Cadre Juridique et d’une Gouvernance Nationale


Adaptée.....................................................................................................................................49

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2.1 Un cadre juridique dédié : pour un nouveau Code ou une nouvelle Loi Cadre de
l’ESS……………………………………………………………………………………49

Section 3 : L’assainissement et le Renforcement de Chaque Composante de L’ESS……51


3.1 Secteur Coopératif………………………………………………………………………51
3.2 Secteur Mutualiste………………………………………………………………………52

Conclusion Générale………………………………………………………………………...54

Bibliographie et Webographie………………………………………………………………56

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