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Efficacité du CA dans les entreprises publiques au Cameroun

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Efficacité du CA dans les entreprises publiques au Cameroun

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ISSN: 2658-8455

Volume 4, Issue 3-2 (2023), pp. 225-236.


© Authors: CC BY-NC-ND

L’efficacité du conseil d’administration dans les entreprises


publiques au Cameroun : une explication par la composition des
membres
The effectiveness of the board of directors in public enterprises in
Cameroon: an explanation by the composition of the members

Naomie Gaelle NJAMPOU TCHOUANTE, (Enseignant-chercheur)


Centre de Recherche en Management et en Economie (CERME)
Faculté des Sciences Économiques et de Gestion
Université de Dschang, Cameroun

Precile Fanie DJIPWO, (Enseignant-chercheur)


Laboratoire de Recherche en Management (LAREMA)
Higher Institute of Commerce and Management
Université de Bamenda, Cameroun

Sorielle Cybele EWANE, (Enseignant-chercheur)


Centre de Recherche en Management et en Economie (CERME)
Faculté des Sciences Économiques et de Gestion
Université de Dschang, Cameroun

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion


Adresse de correspondance :
Université de Dschang,
Les auteurs n'ont pas connaissance de quelconque financement
Déclaration de divulgation :
qui pourrait affecter l'objectivité de cette étude.
Conflit d’intérêts : Les auteurs ne signalent aucun conflit d'intérêts.
NJAMPOU TCHOUANTE, N. G., DJIPWO, P. F., &
EWANE, S. C. (2023). L’efficacité du conseil d’administration
dans les entreprises publiques au Cameroun : une explication
Citer cet article
par la composition des membres. International Journal of
Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics,
4(3-2), 225-236. [Link]

Cet article est publié en open Access sous licence


Licence
CC BY-NC-ND

Received: April 26, 2023 Accepted: May 30, 2023

International Journal of Accounting, Finance, Auditing, Management and Economics - IJAFAME


ISSN: 2658-8455
Volume 4, Issue 3-2 (2023)

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Naomie Gaelle NJAMPOU TCHOUANTE, Precile Fanie DJIPWO & Sorielle Cybele EWANE. L’efficacité du conseil
d’administration dans les entreprises publiques au Cameroun : une explication par la composition des membres

L’efficacité du conseil d’administration dans les entreprises publiques au


Cameroun : une explication par la composition des membres

Résumé
L’objet de cette étude est d’expliquer l’efficacité du CA à travers sa composition dans les entreprises
publiques au Cameroun. Pour y parvenir, nous avons emprunté une démarche quantitative. L’échantillon est
constitué de 88 administrateurs appartenant à trente-sept (37) CA. À l’issue des analyses, il ressort que
l’indépendance des membres du conseil ainsi que la présence et le fonctionnement effectif des comités
spécialisés influencent significativement l’efficacité du CA. L’approche disciplinaire prônée par la théorie
des droits de propriété et la théorie de l’agence constituent donc un axe déterminant de l’analyse et de
l’explication de son efficacité. Ces résultats renforcent les prémisses de la vision disciplinaire du CA qui
préconise l’intégration des membres externes indépendants au sein des CA. Nous recommandons ainsi à
l’État actionnaire de désigner de plus en plus cette catégorie de membres, et de veiller à la création d’un
nombre plus important de comités spécialisés. Cependant il apparait nécessaire de joindre à cette vision
disciplinaire du CA, la vision cognitive afin de renforcer le processus d’évaluation de l’efficacité du CA dans
les entreprises publiques.

Mots clés : Composition du CA, administrateurs indépendants, comités spécialisés, Efficacité, Entreprise
Publique, Cameroun.
EI. Classification : G30, M10.
Type de papier : Recherche empirique

Abstract
The purpose of this study is to explain the effectiveness of the board of directors through its composition in
public companies in Cameroon. To achieve this, we used a quantitative approach. The sample is made up of
88 directors belonging to thirty-seven (37) Boards. The analyses show that the independence of board
members and the presence and effective functioning of specialized committees significantly influence the
effectiveness of the board. The disciplinary approach advocated by the theory of property rights and the
theory of agency is therefore a determining factor in the analysis and explanation of its effectiveness. These
results reinforce the premises of the disciplinary vision of the board of directors, which advocates the
integration of independent external members into the board of directors. We therefore recommend that the
State shareholders appoint more and more of this category of members, and ensure the creation of a greater
number of specialized committees. However, it seems necessary to join to this disciplinary vision of the
Board of Directors, the cognitive vision in order to reinforce the evaluation process of the effectiveness of
the Board of Directors in public companies.

Keywords: Composition of the Board of Directors, independent directors, specialized committees,


Efficiency, public enterprise, Cameroon.
JEL. Classification : G30, M10.
Paper type: Empirical research

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ISSN: 2658-8455
Volume 4, Issue 3-2 (2023), pp. 225-236.
© Authors: CC BY-NC-ND

1. Introduction
La question de la composition des instances de gestion ainsi que de contrôle au sein des
entreprises a fait couler beaucoup d’encres dans le domaine de la gouvernance des entreprises
quoiqu’elles soient privées ou publiques. Ces interrogations font suite à des révélations très
compromettantes sur les comportements opportunistes de certains mandataires sociaux. On s’en
souvient encore des cas Enron, Vivendi, France Télécom pour ne citer que ceux-là. Le
Cameroun n’est pas en lice. En fait, plusieurs scandales liés à la gestion des entreprises
publiques ont été relevés. En mémoire, nous pouvons citer les cas de la Camair-co, de la
Camwater ou encore de la Sodecoton. La liste est loin d’être exhaustive. En fait, les sociétés
d’État au Cameroun font l’objet de multiples dérives managériales. On peut citer, les problèmes
de longévité aux postes des directeurs généraux (DG) ainsi que des présidents de Conseil
d’administration, des rotations incessantes des DG à la tête de certaines entreprises publiques,
des détournements des fonds publics, etc. Selon la commission technique de réhabilitation du
secteur public, 70% d’entreprises publiques au Cameroun sont en défaut de résultat probant ; et
ce, assorties de dettes pour la plupart. Pourtant, les conseils d’administration (CA) sont quasi
systématiquement satisfaits de la gestion des DG.
Le CA est l’un des trois organes de gestion des entreprises publiques au Cameroun avec la
direction générale et l’assemblée générale des actionnaires. Pour Forbes et Milliken (1999), le
CA représente un lien formel entre actionnaires et gestionnaires d’entreprise. En fait, le pilotage
stratégique et opérationnel des entreprises étant porté par le CA, d’un côté, les questions portant
sur sa composition paraissent nécessaires surtout dans un contexte où les membres sont
désignés en majorité par des décrets présidentiels. D’un autre côté, au regard des
dysfonctionnements observés dans les entreprises du portefeuille de l’État, la problématique de
l’efficacité de leur CA se pose.
Pour Van der Walt et Ingley (2003), le problème que rencontrent les entreprises ne se situe pas
au niveau des règlementations, mais plutôt au niveau de l'efficacité des CA. Ces auteurs
estiment à cet effet que les entreprises d'aujourd'hui ne peuvent pas prendre le risque d'avoir au
sein de leur CA, des administrateurs qui ne sont pas performants et qui ne contribuent pas
activement à l’efficacité de leur instance.
L’efficacité renvoie au sens large à la capacité de produire le maximum de résultats
avec le minimum d’effort ou alors de dépense. Pour Mfouapon et Feudjo (2015), tout comme
la performance de l’entreprise, l’efficacité du CA est un concept complexe et ambigu dont la
compréhension et la définition nécessitent la combinaison de plusieurs critères, évolutifs et
croisés. Ces auteurs considèrent l’efficacité du CA comme le degré de satisfaction atteint par le
CA dans l’accomplissement de ses missions.
La composition du CA constitue donc une problématique fondamentale dans la gouvernance
d’entreprise. Le débat sur ce sujet dans les entreprises publiques est un réel problème
au Cameroun. Bien que les sociétés publiques ne poursuivent pas les mêmes objectifs que ceux
du secteur privé, ces entreprises publiques au Cameroun rencontrent des difficultés dans leur
gestion. D’après l’OCDE (2015), la composition des CA des entreprises publiques diffère
largement d’un pays à l’autre suivant l’influence relative de l’État, la présence des représentants
des salariés et la place des experts du secteur privé et des membres indépendants.
Plusieurs travaux scientifiques se sont intéressés à la composition du CA comme garant de son
efficacité. En effet, une littérature abondante s’est consacrée à l’étude du CA comme principal
mécanisme de gouvernance d’entreprise (Charreaux et Pitol-Belin, 1990; Godard et Schatt,
2004 et 2005). Pour Feudjo et al. (2021), le CA dans l’entreprise publique au Cameroun a pour
obligation, entre autres, d’apporter à l’État l’assurance de la bonne gestion de l’entreprise par
le dirigeant. Il dispose d’un pouvoir de contrôle et de surveillance sur le dirigeant. Dans ses
travaux sur la logique de structuration du CA des sociétés anonymes non cotées au Cameroun,

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d’administration dans les entreprises publiques au Cameroun : une explication par la composition des membres

Mfouapon (2021) trouve que les calculs économiques qui s’effectuent lors de la composition
du CA visent à trouver une savante composition qui permettrait d’accéder à des ressources telles
que le marché et des alliées stratégiques, de réduire les conflits internes d’intérêts, de manager
une période de crise, de renforcer et d’élargir la surface cognitive de référence en matière de
prise de décision stratégique.
Dans le contexte du Cameroun, il existe très peu de travaux portant sur la gouvernance
d’entreprises publiques (Sangue, 2011 ; Begné, 2012 ; Lagmango, 2016, Feudjo et al., 2021).
Cependant, la composition du CA est appréhendée comme une variable de son efficacité. Ainsi,
au regard des dysfonctionnements observés au sein des sociétés d’État au Cameroun, et en
s’inscrivant dans le sillage de la théorie des droits de propriété et la théorie de l’agence, cet
article a pour objectif d’analyser l’impact de la composition du CA sur son efficacité dans les
entreprises publiques au Cameroun. Pour atteindre cet objectif, le travail est organisé autour de
trois points. Nous exposerons dans un premier temps le cadre théorique de l’étude, ensuite les
hypothèses du travail. Il sera question dans le troisième point de présenter le canevas appliqué
afin de parvenir aux résultats et discussions.

2. Les fondements théoriques de l’efficacité du CA


Les difficultés rencontrées par les entreprises camerounaises viennent confirmer qu’il existe
des failles au sein du système de gouvernance des sociétés d’État au Cameroun. La théorie des
droits de propriété et la théorie de l’agence ont été mobilisées dans cet article pour leur vision
disciplinaire du CA dans la gouvernance de l’entreprise. La majeure partie des travaux
consacrés à la thématique de la composition du CA s’est accordée à cette vision disciplinaire
(Fama, 1980 ; Jensen et Fama, 1983 ; Zahra et Pearce, 1989 ; Charreaux, 2000 ; Godard et
Schatt, 2002, 2004, 2005).
La théorie des droits de propriété permet dans cette étude d’appréhender la spécificité de la
société d’État. Cette spécificité réside de la différence des entreprises du secteur privé en ce
sens que, les administrateurs contrairement à ceux du secteur public sont désignés par des
décrets présidentiels. La théorie de l’agence est mobilisée dans les études en gouvernance
d’entreprise pour son rôle disciplinaire dans l’analyse du CA. En se basant sur cette théorie,
Fama et Jensen (1983) admettent que l’efficacité du CA croît avec la proportion
d’administrateurs indépendants. Pour Jensen (1993), les caractéristiques du CA telles que la
taille, la composition, la structure de propriété sont autant des éléments qui permettent de juger
de l’efficacité du CA dans son activité de contrôle des mandataires sociaux. Parrat (2003) quant
à lui trouve que les administrateurs n’ont pas toujours l’information suffisante pour juger de la
performance des dirigeants.
Au regard de ce qui précède, le conseil est perçu comme un organe contrôleur et surtout
disciplinaire de la gestion mise en place par le dirigeant.

3. Bases d’hypothèses et hypothèses de l’étude


Pour répondre à la problématique de ce travail, deux hypothèses ont été formulées.
3.1. L’indépendance des administrateurs externes et l’efficacité du CA
Traditionnellement, les CA sont constitués de diverses catégories d’intervenants. Ces
intervenants peuvent être internes, externes, affiliés, non affiliés ou encore indépendants. Un
administrateur est dit « interne » lorsqu’il entretient une relation directe ou indirecte avec les
dirigeants. Par contre, est considéré comme administrateur externe, celui qui n’est pas un
employé, peu importe s’il satisfait ou non à des critères d’indépendance (Clarck, 2006).
Lorsqu’en plus d’être un membre externe, si ce dernier n’entretient aucune relation de quelque

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nature que ce soit avec la société, son groupe ou sa direction qui puisse compromettre l’exercice
de sa liberté de jugement, celui-ci est alors considéré comme administrateur indépendant
(Bouton, 2002).
De nos jours, la tendance est à la réduction de la représentation des administrateurs internes et
ce, afin d’éviter que les dirigeants dominent, ce que Mintzberg appelle la coalition interne de
l’organisation (Mintzberg et al., 1995). Les études réalisées sur la problématique de l’éventuelle
présence d’administrateurs externes sur la performance de l’entreprise montrent une incidence
positive (Baysinger et Butler, 1985 ; Rosenstein et Wyatt, 1990). Cette relation positive est
également confirmée tant pour la performance passée que future par Pearce et Zahra (1992), à
partir d’un modèle stratégique expliquant la composition du CA. Pour Leech et Mundheim
(1976), l’indépendance des administrateurs est compatible avec une relation de travail efficace
entre la direction et le CA. Johnson et al. (1996) pensent que la présence des administrateurs
indépendants au sein des CA se manifeste dans l’optique de recherche d’indicateurs entre le
directeur et les administrateurs. D’autres travaux ont démontré que le rôle de surveillance du
CA s’accomplit par l’indépendance des administrateurs (Baysinger et Butler, 1985, Weisbach,
1988). C’est fort de ces développements que nous formulions dans le contexte des sociétés
d’État au Cameroun l’hypothèse suivante :
H1 : La composition du CA en majorité par des administrateurs externes indépendants a une
incidence positive sur son efficacité dans les entreprises publiques au Cameroun.
3.2. La présence effective des comités spécialisés de fonctionnement et l’efficacité du
conseil
Suite aux différents scandales financiers internationaux, l’une des solutions préconisées par les
codes de bonne gouvernance fut le démembrement du conseil en comités spécialisés. Les
comités spécialisés sont une émanation du CA qui en fixe la composition et le fonctionnement.
Ils ont pour mission principale de rendre des avis, mais ils ne doivent en aucun cas se substituer
au conseil dans la prise de décision finale. La majorité d’auteurs qui se sont intéressés à l’étude
des comités spécialisés s’accordent sur leurs rôles positifs dans l’amélioration de l’efficacité du
CA et de la performance de l’entreprise (Klein, 1995 et 1998 ; Godard, 2006). Pour Alioui et
al. (2010), « les spécialités des comités sont importantes, car elles permettent au conseil d’avoir
un avis éclairé sur des questions précises ». Cette synthèse nous permet dans le contexte
camerounais de formuler l’hypothèse suivante :
H2 : L’efficacité du CA dans les entreprises publiques au Cameroun est influencée
significativement par la présence et le fonctionnement effectif des comités spécialisés.
À l’exposition de ces hypothèses, le modèle conceptuel de l’étude se présente comme tel.
Figure 1 : modèle conceptuel

Présence majoritaire des


administrateurs externes
indépendants
Efficacité du CA

Présence et fonctionnement
des comités spécialisés

Source : les auteurs

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d’administration dans les entreprises publiques au Cameroun : une explication par la composition des membres

4. Canevas méthodologique
La démarche méthodologique s’articule autour de trois volets. Le premier volet porte sur
l’échantillonnage et l’instrument de collecte de données, le second sur la mesure des variables
et le dernier sur la méthode d’analyse des données.
4.1. Échantillonnage et instrument de collecte de données
Cette étude porte sur une recherche de type quantitative. En fait, lorsqu’il existe un cadre
théorique déjà bien reconnu dans la littérature cette stratégie méthodologique est indiquée. Dias
Lopes da Silva et Toledo de Sousa (2016) notent en ce sens que les méthodes quantitatives ont
pour but de contribuer au développement et à la validation des connaissances, dont certaines
rentrent dans le domaine de l’analyse exploratoire de données (statistique descriptive), d’autres
dans le domaine de l’analyse confirmatoire de données (inférence statistique), permettant la
généralisation des résultats pour l’ensemble de la population.
À cet effet, notre échantillon est constitué de 88 administrateurs des sociétés à capitaux publics
(SCP) et des sociétés d’économie mixte (SEM) dont l’État détient la majorité ou la totalité du
capital. Sa sélection s’est faite suivant la méthode du choix raisonné. Il faut noter que ces
administrateurs sont repartis dans 37 CA.
Les données ont été collectées par un questionnaire, administré en face à face et par courrier
électronique. Les données collectées dans ce travail concernent les périodes 2018-2022. Leur
analyse s’est faite à partir du logiciel SPSS.

4.2. Mesure des variables


La mesure des variables dans cette étude consiste à définir d’une part les items qui expliqueront
la variable à expliquer et ceux qui définissent les variables explicatives d’autre part.

4.2.1. Mesure des variables indépendantes


L’indépendance des administrateurs externes et la présence des comités spécialisés sont les
deux variables indépendantes impliquées dans les hypothèses de l’étude.
[Link].Mesure de la variable « indépendance des administrateurs externes »
Étant donné que cette étude est axée sur les CA des entreprises publiques et que des intervalles
n’ont pas été définis avant l’enquête, l’indépendance des administrateurs externes dans cette
recherche représente la proportion (ou le pourcentage) des membres ne faisant pas partir du
management et n’ayant aucun lien de subordination avec l’entreprise. Ce pourcentage est issu
du rapport d’administrateurs externes indépendant sur l’effectif total du CA.
[Link].Mesure de la variable « présence des comités spécialisés de fonctionnement ».
Dans la littérature, Boujenoui et al. (2004) ont mesuré le concept de comités spécialisés en
termes de leur présence ou de leur absence. C’est ainsi qu’ils ont pu exposer les comités tels le
comité d’audit, le comité de nomination, de rémunération, etc. Pour mesurer cette variable dans
cette étude, nous avons mobilisé deux dimensions de la variable. La première porte sur la
fréquence des comités spécialisés. Quatre (4) modalités ont permis de la mesurer : jamais (note
1), souvent (note 2) ; plus souvent (note 3) et toujours (note 4). La seconde dimension
permettant de mesurer cette même variable porte sur la désignation par les administrateurs des
comités existants au sein de leur CA.

4.2.2. Mesure de la variable dépendante : l’efficacité du CA


L’efficacité du CA est appréhendée dans ce travail comme la proportion d’effort consacrée par
les administrateurs pour atteindre les objectifs à eux assignés. Dans la littérature consacrée au

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sujet, nous avons recensé trois travaux proposant une échelle de mesure de l’efficacité du CA.
La première échelle, celle de Forbes et Milliken (1999) mesure l’efficacité du CA en termes
d’accomplissement des tâches de contrôle et de services du conseil. La deuxième échelle est
celle proposée par Dulewig et Herbert (1999). La dernière est celle de Karoui et al. (2009) qui
mesure l’efficacité dans les opérations stratégiques, de contrôle et de conseil. Selon Mfouapon
et Feudjo (2015), l’échelle de Dulewig et Herbert (1999) semble complète dans la mesure où
elle intègre les informations contenues dans les deux autres. Ainsi, pour mesurer l’efficacité du
CA dans ce travail, nous avons utilisé l’échelle de Dulewig et Herbert (1999) que nous avons
enrichis par des informations issues de la loi sur les entreprises publiques au Cameroun et des
textes de l’OHADA. L’efficacité du CA est alors évaluée par douze (12) items ; mesurée sur
une échelle de Likert à 5 points allant de « totalement en désaccord » (note 1) à « tout à fait
d’accord » (note 5). Les membres du conseil ont été invités à identifier parmi les items ceux qui
sont attribués à leur CA. Les données collectées portent sur les exercices 2018/2022. Les
administrateurs ont été invités à évaluer l’efficacité de leur CA au cours de ces exercices par
rapport aux tâches énumérées par les items de mesure du concept.
4.3. Méthode d’analyse des données
Pour tester le modèle de l’étude, les méthodes de régression ont été utilisées. Chaque hypothèse
est testée en isolement via une régression simple. Ces tests vont permettre de voir la restitution
individuellement de chaque modèle dans l’explication de l’efficacité du CA. Les équations des
ajustements des modèles théoriques sont les suivantes :
Y (Efficacité CA) = ß0 + (ß1. Administrateurs externes indépendants) + Ɛ
Y (Efficacité CA) = ß0 + ( ß2. Présence et fonctionnement des comités spécialisés) + Ɛ.

5. Résultats et discussion
5.1. Statistiques descriptives des variables
La description de ces statistiques porte sur les variables explicatives.
5.1.1. Présence des administrateurs externes indépendants
Le tableau ci-après nous donne les détails sur la présence de ces membres dans les CA de notre
échantillon.
Tableau 1 : Répartition des administrateurs indépendants
Nombre de membres externes Pourcentage
Fréquences Pourcentage
indépendants cumulé
0 membre 52 59,1 59,1
3 membres 1 1,1 60,2
5 membres 5 5,7 65,9
6 membres 6 6,8 72,7
8 membres 3 3,4 76,1
11 membres 13 14,8 90,9
12 membres 5 5,7 96,6
14 membres 2 2,3 98,9
18 membres 1 1,1 100
Total 88 100
Source : nos enquêtes
À la lecture de ce tableau, il ressort que 52 administrateurs sur les 88 enquêtés affirment que
leur CA ne dispose pas d’administrateurs indépendants. Ce qui représente 59,1% des

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répondants. Nous notons à cet effet que tous les CA de l’échantillon ne disposent pas de
membres externes indépendants. L’absence de cette catégorie d’administrateurs peut
s’expliquer par le fait que la majorité d’administrateurs dans le secteur public est des
représentants des administrations publiques. Ce qui fait d’eux des membres externes, mais non
indépendants.
5.1.2. Présence et fonctionnement des comités spécialisés
Le tableau ci-après présente les détails portant sur cette variable.
Tableau 2 : Répartition des répondants selon l’existence des comités
Existence de
Effectifs Pourcentage Pourcentage cumulé
comités
Jamais 70 79,5 79,5
Souvent 13 14,8 94,3
Plus souvent 2 2,3 96,6
Toujours 3 3,4 100,0
Total 88 100,0
Source : nos enquêtes
L’analyse révèle que 70 membres affirment que leur CA n’a jamais mis en place un comité de
fonctionnement ; soit 79,5% des répondants. 14,8% affirment que les comités sont souvent mis
en place, 2,3% pour le plus souvent contre 3, 4% pour toujours. Les résultats du tri à plat ont
montré que les comités qui existent sont le comité d’audit (9%), le comité d’évaluation (6%) et
le comité ad hoc (6%). Les CA ne comptent donc en majorité pas de comités spécialisés.
5.1.3. Analyse de fiabilité
L’analyse factorielle portant sur les 12 items de mesure de l’efficacité du CA a permis de
générer les résultats qui sont consignés dans le tableau ci-après.
Tableau 3 : Matrice des composantes
Items Qualité de la Composante
représentation 1
Réussite organisationnelle ,740 ,871
Haut niveau de débat ,683 ,822
Communication avec toutes les parties prenantes ,780 ,883
Prises de sanctions et mesures punitives ,729 ,854
Exigence des rapports d’audit ou des CAC ,589 ,768
Contrôle du niveau d’exécution des politiques ,793 ,890
Ratification des propositions du DG ,715 ,861
Conception claire de l’activité principale ,655 ,787
Fréquence des réunions ,691 ,832
Questions pertinentes de l’entreprise ,578 ,695
Définition des parties prenantes externes ,805 ,897
Valeur propre 8,658
% de la variance cumulée 78,708
Alpha de Cronbach 0,872
Indice KMO 0,709
Source : résultats des tests

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Au regard des valeurs des indices KMO, des communalités et de la valeur propre (8,658), le
concept d’efficacité est mesuré par 11 items, autorisant la rétention d’un seul facteur restituant
78,71% de l’information avec un bon niveau de cohérence interne de 0,872.
5.3. Résultats des régressions et discussions
Cette partie s’articule autour de deux principaux points. Le premier point apprécie l’efficacité
du CA à travers la présence des administrateurs externes indépendants. Le second point quant
à lui analyse cette efficacité à travers la présence et le fonctionnement des comités spécialisés.
5.3.1. L’influence des membres externes indépendants sur l’efficacité du CA
Ce point a pour but de mettre en exergue la relation qui lie les membres indépendants du CA à
son efficacité. Il est à noter que cette indépendance des membres est appréhendée par la
proportion (ou le pourcentage) des membres ne faisant pas partir du management et n’ayant
aucun lien de subordination avec l’entreprise. Quant à son efficacité, elle s’appréhende par
l’atteinte des objectifs et missions assignés au CA. De cette relation une hypothèse a été émise.
À cet effet, les paramètres du modèle permettant d’apprécier l’hypothèse sont consignés dans
le tableau ci-après.
Tableau 4 : Relation entre les administrateurs indépendants et l’efficacité du CA
Efficacité CA
Variable indépendante B T Sig.
Administrateurs externes 1.227 17.48 0,000*
indépendants
R = 0,883 R² = 0,780 R² ajusté = 0,778
F = 305,43 p = 0,000*
* indique le degré de significativité du test
Source : résultats des tests
Les résultats de ce modèle donnent une valeur de Fischer (F) de 305,43. Cette valeur est
significative au seuil 0,05. Il y’a donc une relation significative entre l’efficacité du CA et la
présence des administrateurs externes indépendants. Le coefficient de corrélation multiple (R)
est de 0,88. Cette valeur suggère que nos données sont très bien ajustées au modèle. Bien plus,
on observe que la statistique de Fisher est associée à une valeur R² = 0,78. Nous pouvons donc
dire que la présence des administrateurs externes indépendants explique 78% de la variation de
l’efficacité du CA. L’importance de la variable indépendante mesurée par le t de Student est
également significative au seuil de 5%. Plus le conseil est composé des membres indépendants,
plus son efficacité s’améliore. Ce qui conforte et permet de confirmer l’hypothèse H1.
En effet, en considérant que les administrateurs internes ont tendance à dominer le CA, nous
avions supposé que les administrateurs indépendants dans les entreprises publiques seraient
susceptibles d’améliorer l’efficacité du conseil. Ainsi, ce résultat va parfaitement en accord
avec la théorie de l’agence qui voudrait que les conseils se constituent en majorité autour des
administrateurs indépendants. Ce résultat corrobore les travaux de Rosenstein et Wyatt (1990)
ainsi que ceux de Pearce et Zahra (1992) sur la performance du CA. Il conforte également les
travaux de Weisbach (1988). Ce dernier estime que les administrateurs indépendants peuvent
être des stimulants pour le remplacement d’un style de gestion inefficace.

5.3.2. Influence de la présence et du fonctionnement effectif des comités sur l’efficacité du


CA
Il est question dans cette partie de présenter le lien entre la présence et le fonctionnement des
comités spécialités du CA et son efficacité. Ce lien met en exergue deux variables notamment

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Naomie Gaelle NJAMPOU TCHOUANTE, Precile Fanie DJIPWO & Sorielle Cybele EWANE. L’efficacité du conseil
d’administration dans les entreprises publiques au Cameroun : une explication par la composition des membres

la présence et le fonctionnement des comités spécialisés (fréquence des comités spécialisés et


présence de ces comités) et l’efficacité du CA. Les résultats de la restitution et du test de Fisher
concernant cette relation sont consignés dans le tableau ci-dessous.
Tableau 5 : relation entre les comités spécialisés et l’efficacité du CA.
Efficacité CA
Variable indépendante B T Sig.
Présence et Fréquence des 0,829 7,769 0,000*
fonctionnement comités
des comités Présence des 0,479 4,917 0,000*
spécialisés comités
R = 0,872 R² = 0,76 R² ajusté = 0,754
F = 134,428 P = 0,000*
* indique le degré de significativité au seuil
Source : résultats des tests
La variable indépendante a été mesurée par deux indicateurs à savoir la fréquence du comité
spécialisé et son existence. À la lecture du tableau, on constate que la valeur du coefficient R
est de 0,87. Ce résultat implique que nos données sont bien ajustées au modèle. La valeur du
coefficient de détermination R² correspond à 0,76. Ce qui sous-entend que les deux variables
recensées pour caractériser la présence de la variable indépendante expliquent à 76 % de la
variation de l’efficacité du CA. Bien plus, la qualité de la restitution n’est appréciée par un test
de Fisher avec une valeur de 134,43, significative au seuil de 5%. Il y’a donc une relation
statistiquement significative entre l’efficacité du CA et la présence effective des comités
spécialisés. De même, le test t de Student des deux indicateurs mesurant la variable
indépendante est significative au seuil p ˂ 0,05. On constate alors que l’efficacité du CA en
termes de missions et objectifs accroit avec la mise sur pied des comités spécialisés rattachés
au conseil. Au regard de ces données, l’hypothèse H2 est validée :
Ce résultat confirme les travaux de Godard (2006) ainsi que ceux d’Alioui et al., (2010). Leurs
travaux révèlent que la présence des comités spécialisés dynamise le CA en améliorant la
qualité de l’information produite et le contrôle du management. La création des comités
spécialisés est donc une modalité d’amélioration du fonctionnement du CA dans les entreprises
publiques au Cameroun.

6. Conclusion
Cet article a analysé l’influence de la composition du CA sur l’efficacité du CA. L’étude basée
sur une recherche quantitative a reposé sur un échantillon 88 administrateurs siégeant auprès
de 37 CA. La littérature sur la problématique de la performance des CA révèle des incidences
positives que ce soient en termes de présence des membres indépendants au conseil que ceux
des comités spécialisés. Les résultats de notre étude obtenus à l’aide des régressions linéaires
ont démontré que la composition du CA en termes d’administrateurs externes indépendants
ainsi qu’en termes de présence et fonctionnement des comités spécialisés est associée à un haut
niveau d’efficacité du CA dans les entreprises publiques au Cameroun.
D’une part, le résultat sur l’indépendance des administrateurs externes en allant en accord avec
la théorie de l’agence qui préconise que les CA soient en majorité constitué des membres
indépendants nous a permis de valider l’hypothèse H1. Ce résultat corrobore les travaux de
Rosenstein et Wyatt (1990) ainsi que ceux de Pearce et Zahra (1992). D’autre part, la validité
des résultats sur la présence et le fonctionnement des comités spécialisés de fonctionnement
conforte les travaux de Godard (2006) et d’Alioui et al., (2010).

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ISSN: 2658-8455
Volume 4, Issue 3-2 (2023), pp. 225-236.
© Authors: CC BY-NC-ND

Ce travail démontre donc la nécessité d’une part de renforcer l’indépendance des


administrateurs et d’autre part d’accroitre le nombre des comités spécialisés de fonctionnement
au sein des CA d’entreprises publiques au Cameroun. Pourtant, les résultats obtenus ne sont pas
exempts des limites. L’étude s’est limitée à deux attributs du CA pour expliquer son efficacité.
Le travail s’est le plus imprégné de la littérature sur la gouvernance de l’entreprise privée pour
un travail portant sur les sociétés publiques. Une autre limite réside sur la taille de l’échantillon
qui est restreint. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : la confidentialité et l’indisponibilité
des informations, la difficulté d’accès aux différents acteurs. Ces limites ne remettant pas en
cause les résultats de ce travail, ouvrent plus tôt des voies futures de recherches ; comme la
prise en compte d’un important nombre de variables liées au CA d’une part, d’autre part
augmenter la taille de l’échantillon.

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