Intégration et Probabilités : Cours SMA S6
Intégration et Probabilités : Cours SMA S6
1
2
Table des matières
3
TABLE DES MATIÈRES
3 Espaces de Lebesgue Lp 44
3.1 Inégalités de Hölder et de Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2 Les espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.3 Espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.4 Espaces L∞ et L∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
tive :
Dénition 1.1
n
(0 ≤ a1 < a2 < · · · < an ≤ +∞ ; Ai = f (ai ) et Ω = Ai )
[
−1
i=1
On appelle l'intégrale de Lebesgue de f (sur Ω) par rapport à µ, l'élément de R+ , noté
5
1.1. L'INTÉGRALE DE LEBESGUE D'UNE APPLICATION ÉTAGÉE POSITIVE :
Z
f dµ, déni par
Ω
Z n
X
f dµ = ai µ(Ai ).
Ω i=1
On notera indiérement
Z Z Z Z
fµ = f dµ = f (x)dµ(x) = f (x)µ(dx).
Ω Ω Ω
Z
Remarques 1.1.1 i) Si f = 0, alors f dµ = 0 même si µ(Ω) = +∞. En eet, on a f = 0 · 1Ω
Z Ω
et donc f dµ = 0 · µ(Ω) = 0.
Ω
n m
ii) Soit f ∈ E de décomposition canonique f = ai 1Ai . Si f = bj 1Bj telle que les Bj
X X
+
i=1 j=1
forment une partition mesurable de Ω (Bj ∈ T ), alors on a encore
Z m
X
f dµ = bj µ(Bj ).
Ω j=1
En eet, soit
Eij = Ai ∩ Bj i = 1, . . . , n ; j = 1, . . . , m.
Donc m
•
[
Ai = Eij , ∀i = 1, . . . , n
j=1
et n
•
[
Bj = Eij , ∀j = 1, . . . , m.
i=1
conséquent Z n
X
f dµ = ai µ(Ai )
Ω i=1
m
Xn •
[
= ai µ( Eij )
i=1 j=1
Xn Xm
= ai µ(Eij )
i=1 j=1
Xm X n
= bj µ(Eij )
j=1 i=1
n
m
X •
[
= bj µ( Eij )
j=1 i=1
m
X
= bj µ(Bj ).
j=1
Exemples 1.1.1 Z
1) Si f = a · 1A avec a ≥ 0 et A ∈ T . Alors f dµ = aµ(A). Car f = a · 1A + 0 · 1Ac et donc
Z Ω
2) 1Q dλ = λ(Q) = 0.
R
n
3) Soit f ∈ E avec f = ai 1Ai . Soit a ∈ Ω. Alors
X
+
i=1
Z n n
ai 1Ai (a) = f (a).
X X
f dδa = ai δa (Ai ) =
Ω i=1 i=1
Proposition 1.1
Soient
Z f et g ∈ E Z et α ∈ RZ+ . Alors on a :
+
i) (f + g)dµ = f dµ + gdµ.
ZΩ ZΩ Ω
n m
Démonstration : Soient f = ai 1Ai et g = bj 1Bj .
X X
i=1 j=1
i) Posons Eij = Ai ∩ Bj . Alors Eij ∈ T et les Eij sont deux à deux disjoints. On a
n n n X
m
ai 1Ai = ai 1∪m ai 1Eij .
X X X
f= j=1 Eij
=
i=1 i=1 i=1 j=1
De même m X
n
bj 1Eij .
X
g=
j=1 i=1
Donc n X
m
(ai + bj )1Eij .
X
f +g =
i=1 j=1
Par suite, Z n X
X m
(f + g)dµ = (ai + bj )µ(Eij )
Ω i=1 j=1
Xn X m n X
X m
= ai µ(Eij ) + bj µ(Eij )
i=1 j=1 i=1 j=1
n
X m
X n
X m
X
= ai ( µ(Eij )) + bj ( µ(Eij ))
i=1 j=1 i=1 j=1
m n
n
X [• n
X •
[
= ai µ( Eij ) + bj µ( Eij )
i=1 j=1 i=1 i=1
Xn Xn
= ai µ(Ai ) + bj µ(Bj )
i=1
Z Z i=1
= f dµ + gdµ.
Ω Ω
ii) Exercice.
iii) Supposons f (x) ≤ g(x) ∀x ∈ Ω. Si Eij 6= ∅, alors ∀x ∈ Eij , ai = f (x) ≤ g(x) = bj . Donc
Z X X Z
f dµ = ai µ(Eij ) ≤ bj µ(Eij ) = gdµ.
Ω i,j i,j Ω
Eij 6=∅ Eij 6=∅
Dénition 1.2
Z
Soient f ∈ E et A ∈ T . On appelle l'intégrale de f
+
sur A et qu'on note f dµ, l'intégrale
A
de la fonction étagée mesurable positive f · 1A :
Z Z
f dµ = f · 1A dµ.
A Ω
n
Remarque 1.1.1 Soit f ∈ E de decomposition canonique f = ai 1Ai . Soit A ∈ T .
X
+
i=1
n Z Z n
i) Alors f · 1A = ai 1A∩Ai et donc f · 1A dµ = ai µ(A ∩ Ai ).
X X
f dµ =
i=1 A Ω i=1
Z Z
ii) Si B ∈ T tel que A ⊂ B , alors f dµ ≤ f dµ.
Z A B Z Z
iii) Si g ∈ E , a et b ∈ R+ , alors (af + bg)dµ = a f dµ + b gdµ.
+
A A A
positive
Dénition 1.3
Proposition 1.2
Soient f et g ∈ M+Z, α ∈ R+ et
Z A ∈ T . On a :
i) si f ≤ g , alors f dµ ≤ gdµ. En particulier, si g est µ-intégrale alors f est µ-
A A
intégrale.
Z Z
ii) (αf )dµ = α f dµ.
A A
Z Z Z Z
Ainsi f dµ ≤ gdµ. En particulier, f dµ ≤ gdµ et donc si g est µ-intégrale alors f est
A A Ω Ω
µ-intégrale.
Remarque 1.2.1 Z
i) Si f = 0 sur A, alors f dµ = 0 même si µ(A) = +∞.
Z A
Démonstration : D'abord on a f ∈ M+ . Etant donné que (fn )n≥1 est une suite croissante
et fn ≤ f pour tout n ≥ 1, alors
Z Z Z
lim fn dµ = sup fn dµ ≤ f dµ.
n→+∞ A n≥1 A A
Z Z
Il reste à montrer que f dµ ≤ lim fn dµ.
A n→+∞ A
Z Z
Pour cela, on va montrer que sup g dµ ≤ lim fn dµ.
g≤f A n→+∞ A
g∈E +
Bn = {x ∈ Ω / αg(x) ≤ fn (x)}, ∀n ≥ 1.
n≥1
Z Z
fn dµ ≥ fn · 1Bn dµ
A ZA
≥ (αg) · 1Bn dµ
AZ
= α gdµ
A∩Bn
m
Si g = ai 1Ai , alors
X
i=1 Z Z
fn dµ ≥ α gdµ
A A∩Bn
m
X
= α ai µ(Ai ∩ A ∩ Bn ).
i=1
n≥1
de continuité séquentielle croissante
Par conséquent, Z m
X Z
lim fn dµ ≥ α ai µ(Ai ∩ A) = α gdµ.
n→+∞ A A
i=1
Par conséquent, Z Z Z
lim fn dµ ≥ sup gdµ = f dµ.
n→+∞ A g≤f A A
g∈E +
Corollaire 1.1
Soit
Z f ∈ M et A ∈ T . ZAlors
+
ii) f dµ = f · 1A dµ.
ZA Ω Z Z
iii) (f + g)dµ = f dµ + gdµ.
A ZA ZA
iv) Si A ⊂ B , alors f dµ ≤ f dµ.
A B
Z Z Z
v) Si A ∩ B = ∅ alors f dµ = f dµ + f dµ.
A∪B A B
gdµ.
A
v) Si A ∩ B = ∅, alors 1A∪B = 1A + 1B . Donc
Z Z Z Z Z Z Z
f dµ = f · 1A∪B dµ = (f · 1A +f · 1B )dµ = f · 1A dµ+ f · 1B dµ = f dµ+ f dµ.
A∪B Ω Ω Ω Ω A B
Remarque 1.3.1 On a Z Z Z
f dµ = f dµ + f dµ.
Ω A Ac
Exemples 1.3.1
1) Soient (N, P(N), µd ) et f : N → R+ une application. Alors
Z +∞
X
f dµd = f (p).
N p=0
+∞
En particulier, f est µd -intégrable si et seulement si la série f (p) est convergente.
X
p=0
n
Pour cela, on considère la suite de fonction fn = f · 1{0,...,n} = f (p)1{p} . On a (fn )n≥0
X
p=0
est croissante et converge vers f . Il sut maintenant d'appliquer le théorème de convergence
monotone pour conclure.
2) Soit (Ω, P(Ω), δa ) (avec a ∈ Ω). Soit f : Ω → R+ . Alors
Z
f dδa = f (a).
Ω
Corollaire 1.2
p=1 n=1
On applique le TCM à la suite (gn ) et on obtient
Z +∞
! Z Z n
!
X X
fn dµ = lim gn dµ = lim fp dµ.
Ω n→+∞ Ω n→+∞ Ω
n=1 p=0
Z Z n
! n Z
X X
gn dµ = fp dµ = fp dµ.
Ω Ω p=0 p=0 Ω
D'où Z +∞
! +∞ Z
X X
fn dµ = fn dµ.
Ω n=1 n=0 Ω
En appliquant le corollaire précédent, on retrouve le résultat bien connu énonçant que pour
toute suite double (anm ) de réels positifs on a
X X X X
( anm ) = ( anm ).
n≥0 m≥0 m≥0 n≥0
Proposition 1.4
Donc Z Z
1 1
∀n ≥ 1, µ(An ) ≤ f dµ ≤ f dµ < +∞.
n An n Ω
En particulier, µ(A1 ) < +∞. Or, la suite (An ) est décroissante et An = A, alors d'après la
\
n≥1
propriété de continuité séquentielle décroissante on a
Z
1
0 ≤ µ(A) = lim µ(An ) ≤ lim f dµ = 0.
n→+∞ n→+∞ n Ω
Proposition 1.5
Soit f ∈ M+ et A ∈ T . Alors
Z
f dµ = 0 ⇐⇒ f = 0 µ − p.p. sur A.
A
Z
Démonstration : ⇒) : Supposons que f dµ = 0. Soient B = {x ∈ A : f (x) 6= 0} et
A
1
Bn = {x ∈ Ω : f (x) ≥ } ∀n ≥ 1. Alors B et Bn ∈ T . De plus, la suite (Bn )n≥1 est croissante
n
et Bn = B . Alors la propriété de continuité séquentielle croissante donne
[
n≥1
Donc Z Z
f dµ = sup fn dµ
A ZA n≥1
= sup gn dµ ( d'après i))
A n≥1Z
= lim gn dµ ( TCM)
n→+∞ ZA
Remarque 1.4.1 L'inégalité dans le lemme de Fatou peut être stricte. En eet, sur (R, B(R), λ)
soit
fn = 1[n,n+1] , ∀n ≥ 0.
Z
La suite (fn ) converge simplement vers f = 0. Donc lim inf fn dλ = 0 tandis que
n→+∞
Z
fn dλ = λ([n, n + 1]) = 1.
Par suite
Z Z
lim inf fn dλ = 0 < 1 = lim inf fn dλ.
n→+∞ n→+∞
Alors on a
1) νf est une mesure sur (Ω, T ), dite mesure de densité f par rapport à µ et notée f · µ.
2) Pour tout A ∈ T , µ(A) = 0 implique νf (A) = 0.
3) Pour toute application mesurable ϕ : Ω → R+ , on a
Z Z
ϕdνf = ϕf dµ.
Ω Ω
Proposition 1.6
Démonstration : : Exercice.
Remarque 1.5.1 a) Si µ est une probabilité alors ν = µ · ϕ−1 est aussi une probabilité.
b) Si ν est σ -nie alors µ est σ -nie. La réciproque est fausse. Soit
n
ai 1Ai avec ai ∈ R+ et Ai ∈ F . Alors on a
X
•f=
i=1
Z n n n Z n
Z X Z
1ϕ−1 (Ai ) dµ = ai 1ϕ−1 (Ai ) =
X X X
−1
f dν = ai ν(Ai ) = ai µ(ϕ (Ai )) = ai f ◦ϕdµ.
E i=1 i=1 i=1 Ω Ω i=1 Ω
• f : E → R+ une application mesurable. Soit (fn )n≥1 une suite croissante d'applications
étagées positives qui converge vers f . Alors (fn ◦ ϕ)n≥1 est une suite croissante d'applications
étagées positives qui converge vers f ◦ ϕ. Donc on a
Z Z
f dν = lim fn dν
E E n→+∞
Z
= lim fn dν (TCM)
n→+∞ ZE
= (f ◦ ϕ)dµ (TCM)
Ω
sitive
Dénition 1.4
Théorème 1.5
Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires positives sur (Ω, T , P ).
a) Si la suite (Xn )n≥1 est croissante et converge vers X , alors
b) On a
X X
E[ Xn ] = E[Xn ].
n≥1 n≥1
Théorème 1.6
Soit X : (Ω, T , P ) → (E, F) une variable aléatoire. Alors pour toute application mesu-
alors ν = PX .
Corollaire 1.3
Soit X et Y des variables aléatoires à valeurs dans Rd . Alors les assertions suivantes sont
équivalentes :
i) X et Y ont même loi ;
ii) Pour toute application mesurable f : Rd → R+ , on a E[f (X)] = E[f (Y )].
Exemple 1.6.1 Soient X , Y et Z des varianles aléatoires réelles positives dénies sur un espace
de probabilité (Ω, A, P ).
1) On suppose que X = Y p.s. Montrer que X et Y sont la même loi.
Supposons que X = Y p.s. Soit f : R → R+ une fonction borélienne. Montrons que
Donc on a E(f (X)) = E(f (Y )) et ceci pour toute fonction borélienne positive f .
D'où, X et Y ont même loi de probabilité.
Dénition 1.5
Proposition 1.7
Proposition 1.8
Soit f ∈ M. Alors
Corollaire 1.4
= |f |dµ
ZAc
= |f | · 1Ac dµ
ZΩ
≤ gdµ < +∞.
Ω
Exemples 1.7.1
1) Soient (N, P(N), µd ) et f : N → R une application. Alors
+∞
f est µd -intégrable ⇐⇒
X
|f (p)| < +∞.
p=0
Dans ce cas Z Z Z
f dµd = +
f dµd − f − dµd
N N N
+∞
X +∞
X
= f + (p) − f − (p)
p=0 p=0
+∞
X
= (f + (p) − f − (p))
p=0
+∞
X
= f (p).
p=0
Dans ce cas, Z Z Z
f dδa = +
f dδa − f − dδa = f + (a) − f − (a) = f (a).
Proposition 1.9
Démonstration : On a
Z Z Z
f dµ = f dµ − f − dµ
+
A ZA ZA Z Z
+ − + −
≤ f dµ + f dµ = (f + f )dµ = |f |dµ
A A A A
Théorème 1.7
3) Si f ≤ g alors f dµ ≤ gdµ ∀A ∈ T .
A A
h+ + f − + g − = f + + g + + h− µ-p.p.
Donc Z Z Z Z Z Z
− −
+
h dµ + f dµ + g dµ = +
f dµ + +
g dµ + h− dµ.
A A A A A A
Etant donné que les intégrales de cette égalité sont nies, alors
Z Z Z Z Z Z
−
+
h dµ − +
h dµ = +
f dµ − f dµ + +
g dµ − g − dµ.
A A A A A A
D'où Z Z Z
hdµ = f dµ + gdµ.
A A A
Z
3) On a g = f + (g − f ) et g − f ≥ 0. Donc (g − f )dµ ≥ 0. Alors
A
Z Z Z Z
gdµ = f dµ + (g − f )dµ ≥ f dµ.
A A A A
Théorème 1.8
Z Démonstration : ⇒) Supposons
Z f = 0 p.p. et soit A ∈ T . Alors f · 1A = 0 p.p. Donc
f · 1A dµ = 0. Autrement dit, f dµ = 0.
Ω Z A
Z Z
Alors A1 et A2 ∈ T . Donc par hypothèse f dµ = f dµ = [Link] vient que
A1 A2
Z Z
f dµ = 0 ⇔ f · 1A1 dµ = 0
A1
Soit (fn )n≥1 une suite d'applications mesurables de Ω dans R convergeant µ-p.p. vers une
application mesurable f : Ω → R.
On suppose qu'il existe une application g : Ω → R+ µ-intégrable telle que
∀n ≥ 1, |fn | ≤ g µ-p.p.
Ainsi Z Z
lim fn dµ = f dµ, ∀A ∈ T .
n→+∞ A A
Démonstration : Soit
[
B = {g = +∞} ∪ {x ∈ Ω / fn (x) 9 f (x)} ∪ {x ∈ Ω / |fn (x) > g(x)}.
n≥1
Quitte à remplacer fn par fn · 1Bc , f par f · 1Bc et g par g · 1Bc , on peut supposer que fn
converge vers f , |fn | ≤ g ∀n ≥ 1 et g est nie partout sur Ω.
On a |fn | ≤ g ∀n ≥ 1. Donc |f | ≤ g et par conséquent f et les fn sont intégrables. Posons
gn = 2g − |fn − f |, ∀n ≥ 1.
Ainsi, Z Z Z Z
fn dµ − f dµ = (fn − f )dµ ≤ |fn − f |dµ −→ 0.
A A A A n→+∞
Corollaire 1.5
Soit f : Ω → R (ou R) une application Zintégrable et soit ε > 0. Alors il existe A ∈ T tel
que f est bornée sur A, µ(A) < +∞ et |f |dµ < ε.
Ac
Démonstration : Soit
1
An = {x ∈ Ω / ≤ |f (x)| ≤ n}, ∀n ≥ 1
n
|fn | ≤ |f |, ∀n ≥ 1.
ou encore Z
lim |f |dµ = 0.
n→+∞ Acn
Z
Soit n0 ≥ 1 tel que |f |dµ < ε. Donc il sut de prendre A = An0 . D'après l'inégalité de
Acn0
Markov on a Z Z
µ(An0 ) ≤ n0 |f |dµ ≤ n0 |f |dµ < +∞.
An0
mann
Lemme 1.1
Soit [a, b] ⊂ R et soit ϕ : [a, b] → R une fonction en escalier. Alors ϕ est Riemann-
intégrable et λ-intégrable sur [a, b] et les deux intégrales coïncident :
Z b Z
ϕ(x)dx = ϕ(x)dλ(x).
a [a,b]
Démonstration : Comme ϕ est en escalier, alors elle est borélienne. De plus, il existe une
subdivision a ≤ a0 < a1 < · · · < an−1 < an = b telle que ϕ(x) = αi , ∀x ∈ [ai , ai+1 [. Donc
Z b n−1
X n−1
X Z
ϕ(x)dx = αi (ai+1 − ai ) = αi λ([ai − ai+1 [) = ϕ(x)dλ(x).
a i=0 i=0 [a,b]
Proposition 1.10
Démonstration : Soit ε > 0. Alors il existe deux fonctions en escalier ϕ et ψ sur [a, b]
telles que Z b
ϕ≤f ≤ψ et (ψ − ϕ)(x)dx < ε.
a
et donc Z Z
|f |dλ ≤ M dλ = M (b − a) < +∞.
[a,b] [a,b]
On a Z b Z b Z b
ϕ(x)dx ≤ f (x)dx ≤ ψ(x)dx
a a a
et Z Z Z
ϕ(x)dλ(x) ≤ f (x)dλ(x) ≤ ψ(x)dλ(x).
[a,b] [a,b] [a,b]
Théorème 1.11
Démonstration : Soient (an )n≥1 une suite strictement décroissante vers a et (bn )n≥1 une
suite strictement croissante vers b. Comme f est borélienne et Riemann intégrable sur tout
intervalle fermé borné [c, d] ⊂]a, b[, alors |f |, f + et f − sont λ-intégrables sur chaque intervalle
[an , bn ] d'après la proposition précédente ; et leurs intégrales respectives de Riemann et de
Lebesgue sont égales.
La suite (|f |1[an ,bn ] )n≥1 est croissante et converge vers |f |1]a,b[ . Alors selon le TCM on a
Z Z Z
|f |1]a,b[ dλ = |f |1[an ,bn ] dλ
T CM
|f |dλ = lim
]a,b[ R n→+∞ R
Proposition 1.10 bn b
Z Z Z
= lim |f |dλ = lim |f (x)|dx = |f (x)|dx < +∞.
n→+∞ [an ,bn ] n→+∞ an a
et Z Z Z bn Z b
− − −
f dλ = lim f dλ = lim f (x)dx = f − (x)dx < +∞.
]a,b[ n→+∞ [an ,bn ] n→+∞ an a
D'où, Z Z b
f (x)dλ(x) = f (x)dx.
]a,b[ a
Corollaire 1.6
Z b
Soit f : ]a, b[→ R avec −∞ ≤ a < b ≤ +∞. Si f est continue et f (x)dx est absolument
a
convergente, alors f est λ-intégrable sur ]a, b[ et
Z Z b
f (x)dλ(x) = f (x)dx.
]a,b[ a
Proposition 1.11
Soit f : ]a, b[→ R une fonction borélienne et localement Riemann intégrable sur ]a, b[ avec
Z b
−∞ ≤ a < b ≤ +∞. Si l'intégrale f (x)dx n'est pas absolument convergente, alors f
a
n'est pas λ-intégrable sur ]a, b[ et
Z
f (x)dλ(x) = +∞.
]a,b[
Donc Z Z d
|f |dλ ≥ lim |f (x)|dx = +∞.
]a,b[ c→a , d→b−+
c
ne−x
La fonction est postive et continue sur [0, 1] et donc elle est Riemann intégrable. Alors
nx + 1
son intégrale de Riemann est égale à son intégrale de Lebesgue :
1
ne−x ne−x
Z Z
dx = dλ(x)
0 nx + 1 [0,1] nx + 1
ne−x
Z
= dλ(x) (car λ({0}) = 0)
]0,1] nx + 1
ne−x
Z
= 1]0,1]dλ(x).
R+ nx + 1
ne−x e−x
La suite fn = 1]0,1] converge simplement vers la fonction 1]0,1] . Donc d'après le
nx + 1 x
Lemme de Faton on a
e−x
Z Z Z
1]0,1] dλ(x) = lim inf fn dλ ≤ lim inf fn dλ.
R+ x R+
1
e−x e−x
Z Z Z
Or dx = +∞, donc 1]0,1] dλ(x) = +∞ et par suite lim inf fn dλ = +∞.
0 x R+ x
Ainsi
1
ne−x
Z
lim dx = +∞.
n→+∞ 0 nx + 1
Théorème 1.12
Démonstration : D'après i) et iii), il est clair que F est bien dénie sur E tout entier.
Soit (tn )n≥1 une suite que converge vers t0 dans E . Posons
fn = f (•, tn ), ∀n ≥ 1.
|fn | ≤ g µ − p.p. ∀n ≥ 1.
De plus, la suite fn converge vers f (•, t0 ) µ-p.p. Alors d'après le théorème de convergence
dominée (TCD) on a Z Z
lim fn (x)dµ(x) = f (x, t0 )dµ(x).
n→+∞ Ω Ω
Autrement dit, lim F (tn ) = F (t0 ).
n→+∞
∀t > 0 et x ∈ R+ .
2
f (x, t) = e−tx ,
lim x2 g(x) = 0 et donc pour ε = 1 il existe A > 0 tel que ∀x > A, 0 ≤ x2 g(x) ≤ 1.
x→+∞
Z +∞ Z +∞ Z +∞
1
Alors g(x)dx ≤ dx < +∞. Par suite g(x)dx < +∞
A A x2 1
Alors d'après le théorème de la continuité sous l'intégrale, F est continue sur [a, b]. D'où la
continuité de F sur ]0, +∞[.
Théorème 1.13
F : ]a, b[−→ R
Z
t 7−→ F (t) = f (x, t)dµ(x)
Ω
Démonstration : Soit t ∈]a, b[. Si t = t0 , alors f (•, t0 ) est µ-intégrable d'après ii).
Ceci étant vrai pour tout suite (tn )n≥1 convergeant vers t, alors F est dérivable en t et on a
Z
0 ∂f (x, t)
F (t) = dµ(x).
Ω ∂t
+∞
est continue et e−tx dx est absolument convergente, donc d'après le corollaire précédent,
2
0
elle est λ-intégrable et son intégrable de Lebesgue coincide avec son intégrale de Riemann).
∂f
- On a (x, t) = −x2 e−tx .
2
∂t
∂f
- (x, t) = |x2 e−tx | ≤ x2 e−ax = g(x) et la fonction g est λ-intégrable. En eet, on a
2 2
∂t
lim x2 g(x) = 0
x→+∞
Dénition 2.1
Soient (X, T1 ) et (Y, T2 ) deux espaces mesurables. On appelle tribu produit de (X, T1 ) et
(Y, T2 ) la tribu sur X × Y engendrée par
T1 × T2 = {A × B : A ∈ T1 et B ∈ T2 }.
On la note T1 ⊗ T2 .
Proposition 2.1
Soient (X, T1 ) et (Y, T2 ) deux espaces mesurables. Alors, T1 ⊗ T2 est la plus petite tribu
qui laisse mesurables les projections
P1 : X × Y −→ X P2 : X × Y −→ Y
et
(x, y) 7−→ x (x, y) 7−→ y
P1−1 (A) = A × Y ∈ T1 × T2 ⊂ T1 ⊗ T2 .
35
2.1. TRIBU PRODUIT
Proposition 2.2
(X1 , τ1 ) et (X2 , τ2 ) deux espaces topologiques et τ la topologie produit sur X1 ×X2 . Soient
B(X1 ), B(X2 ) et B(X1 × X2 ) les tribus boréliennes respectives sur X1 , X2 et X1 × X2 .
Alors on a :
i) B(X1 ) ⊗ B(X2 ) ⊂ B(X1 × X2 ).
ii) Si τ1 et τ2 sont à bases dénombrables, alors B(X1 ) ⊗ B(X2 ) = B(X1 × X2 ).
ii) Soient $1 une base dénombrable de τ1 et $2 une base dénombrable de τ2 . Alors la famille
$ = {V1 × V2 : Vi ∈ $i } est une base dénombrable de τ . Par conséquent,
B(X1 × X2 ) = T (τ )
= T ($)
⊂ B(X1 ) ⊗ B(X2 )
⊂ B(X1 × X2 ).
D'où l'égalité.
Remarque 2.1.1 Soit (Xi , Ti )1≤i≤n une famille nie d'espaces mesurables. On dénit la tribu
produit de T1 , . . . , Tn−1 et Tn comme étant la tribu engendrée par
{A1 × · · · × An : Ai ∈ Ti , 1 ≤ i ≤ n}.
On la note ⊗ni=1 Ti ou T1 ⊗ · · · ⊗ Tn .
Nous signalons que les deux propositions précédentes restent valables. En particulier, on a
Dénition 2.2
Soient A ⊂ X × Y , x ∈ X et y ∈ Y . On appelle
i) section de A selon x, la partie Ax de Y dénie par
Ax = {y 0 ∈ Y : (x, y 0 ) ∈ A}.
Proposition 2.3
Soit A ∈ T1 ⊗ T2 . Alors pour tout x ∈ X et pour tout y ∈ Y , on a
Ax ∈ T2 et Ay ∈ T1 .
T 0 = {A ∈ T1 ⊗ T2 : Ax ∈ T2 }.
Alors d'après la remarque précédente on a T 0 est une tribu sur X × Y qui contient T1 × T2 .
Donc T1 ⊗ T2 ⊂ T 0 . Mais d'après la construction de T 0 on a T 0 ⊂ T1 ⊗ T2 . D'où T 0 = T1 ⊗ T2 .
De la même façon, on montre que Ay ∈ T1 .
Soit f : X × Y → Z une application où (Z, T3 ) est un espace mesurable. Pour tout x ∈ X
et tout y ∈ Y , on note par fx et fy les applications dénies par
fx : Y −→ Z fy : X −→ Z
et
y 0 7−→ fx (y 0 ) = f (x, y 0 ) x0 7−→ fy (x0 ) = f (x0 , y)
Proposition 2.4
Etant donné que f est mesurable, alors f −1 (A) ∈ T1 ⊗ T2 . Donc d'après la proposition précé-
dente, (f −1 (A))x ∈ T2 . Par suite, fx−1 (A) ∈ T2 et fx est T2 -mesurable.
ii) On applique la même méthode de i).
Théorème 2.1
X −→ R+ Y −→ R+
et
x 7−→ µ2 (Ax ) y 7−→ µ1 (Ay )
Remarque 2.2.1 La condition µ1 et µ2 sont σ-nies est essentielle. En eet, Soient (R, B(R), λ)
et (R, P(R), µd ). Soit A = {(x, x) ∈ R2 : x ∈ R}. Alors
et Ax = {x}, Ay = {y}. On a
Z Z
µd (Ax )dλ(x) = 1 dλ(x) = λ(R) = +∞,
R R
tandis que Z Z
y
λ(A )dµd (y) = 0 dµd (y) = 0.
R R
Théorème 2.2
µ : T1 ⊗ T2 −→ R+
Z Z
A 7−→ µ(A) := µ2 (Ax )dµ1 = µ1 (Ay )dµ2
X Y
Démonstration :
• µ est mesure : il est clair que µ(∅) = 0. Soit (An )≥1 une suite disjointe dans T1 ⊗ T2 . Alors
pour tout x ∈ X , la suite ((An )x )n≥1 est une suite disjointe dans T2 . En appliquant le TCM,
on obtient
•
[ Z •
[
µ( An ) = µ2 (( An )x )dµ1 (x)
n≥1 X n≥1
Z •
[
= µ2 ( (An )x )dµ1 (x)
X
Z Xn≥1
= µ2 ((An )x )dµ1 (x) (d'après la remarque 2.1.2, 2))
X n≥1
T CM
XZ
= µ2 ((An )x )dµ1 (x)
n≥1 X
X
= µ(An )
n≥1
• Soit A ∈ T1 et B ∈ T2 . On a
Z
µ(A × B) = µ2 ((A × B)x )dµ1 (x)
ZX
= µ2 (B)1A (x)dµ1 (x) (d'après la remarque 2.1.2, 3))
X
= µ1 (A)µ2 (B).
et
(Yn )n≥1 est croissante dans T2 et µ2 (Yn ) < +∞, ∀n ≥ 1.
[
Y = Yn ,
n≥1
et
[
X ×Y = Xn × Yn µ(Xn × Yn ) = µ1 (Xn ) · µ2 (Yn ) < +∞.
n≥1
Alors ν est aussi σ -nie et coïncide avec µ sur T1 × T2 . Donc elles coïncident sur l'algèbre A
engendrée par T1 × T2 et qui est constituée par les réunions nies et disjointes des éléments de
T1 × T2 . Alors d'après le théorème de Hahn, on a ν = µ.
Tout au long de cette section, (X, T1 , µ1 ) et (Y, T2 , µ2 ) sont deux espaces mesurés σ -nies.
X −→ R+ Y −→ R+
Z et Z
x 7−→ fx (y)dµ2 (y) y 7−→ fy (x)dµ1 (x)
Y X
Démonstration :
Supposons que f = 1A avec A ∈ T1 ⊗ T2 .
On a Z Z
fx (y)dµ2 (y) = 1Ax (y)dµ2 (y) = µ2 (Ax ).
Y Y
Donc l'application
X : −→ R+
Z
x 7−→ fx (y)dµ2 (y)
Y
est T1 -mesurable, d'après le théorème 2.1.
De la même manière, on montre que l'autre application est mesurable.
Pour ii) on a
Z
f d(µ1 ⊗ µ2 ) = µ1 ⊗ µ2 (A)
X×Y Z
= µ2 (Ax )dµ1 (x) (par dénition, voir théorème 2.2)
ZX Z
= ( f (x, y)dµ2 (y))dµ1 (x)
X Y
Maintenant supposons f est positive. Soit (fn )n≥1 une suite croissante d'applications positives
étagées qui converge vers f . On a la suite ((fn )x )n≥1 est croissante et converge vers fx . Alors
d'après le théorème de convergence monotone, on a
Z Z
fx (y)dµ2 (y) = lim (fn )x (y)dµ2 (y).
Y n→+∞ Y
Z
Comme, pour tout n, l'application x 7→ (fn )x (y)dµ2 (y) est T1 -mesurable, alors l'application
Z Y
Exemple 2.3.1 Soit f (x, y) = e−xy , ∀(x, y) ∈ [0, +∞[×[a, b] avec 0 < a < b.
Corollaire 2.1
Soit
Z f : X×Y → R Z une
Z application T1 ⊗ T2 -mesurable.
Z ZSi l'une des trois intégrales
|f |d(µ1 ⊗ µ2 ), ( |f (x, y)|dµ2 (y))dµ1 (x), ou ( |f (x, y)|dµ1 (x))dµ2 (y) est
X×Y X Y Y X
nie, alors il en est de même pour les deux autres ; et on a
Z Z Z Z Z
f d(µ1 × µ2 ) = f (x, y)dµ2 (y) dµ1 (x) = f (x, y)dµ1 (x) dµ2 (y).
X×Y X Y Y X
Soit n ∈ N. On a
Z +∞
X
f (m, n)dµd (m) = f (m, n) = f (n, n) + f (n + 1, n) = 1 − 1 = 0.
N m=0
Donc Z Z
f (m, n)dµd (m) dµd (n) = 0.
N N
Soit m ∈ N. Alors Z +∞
X
f (m, n)dµd (n) = f (m, n).
N n=0
Or, f (m, n) = 0 sauf si n = m ou n = m − 1. On a donc deux cas :
1er cas : m = 0. Dans ce cas, on
Z +∞
X
f (0, n)dµd (n) = f (0, n) = f (0, 0) = 1.
N n=0
On en déduit que
Z Z +∞ Z
X
f (m, n)dµd (n) dµd (m) = f (m, n)dµd (n) = 1.
N N m=0 N
Par conséquent, la fonction f n'est pas µd ⊗ µd -intégrable. Car sinon, d'après le théorème de
Fubini-Lebesgue, les deux intégrales seraient égales.
Espaces de Lebesgue Lp
xα y 1−α ≤ αx + (1 − α)y.
kf gk1 ≤ kf kp kgkq .
Démonstration :
Si kf kp kgkp = 0 ou kf kp kgkp = +∞, alors l'inégalité est triviale.
44
3.1. INÉGALITÉS DE HÖLDER ET DE MINKOWSKI
Supposons donc que 0 < kf kp < +∞ et 0 < kgkq < +∞. Soient
|f |p |g|q
et
F = G = .
(kf kp )p (kgkq )q
Z Z
1
On vérie facilement que F dµ = G dµ = 1. D'après le lemme précédent et pour α = ,
p
on a
1 1 1 1
F p G q ≤ F + G.
p q
Ainsi,
|f g|
Z Z
1 1 1 1
F G dµ =
p q dµ ≤ + = 1.
kf kp kgkq p q
D'où, Z
kf gk1 = |f g|dµ ≤ kf kp kgkq .
Exemple 3.1.1 Soit (N, P(N), µd ) et Soient (an )n≥0 et (bn )n≥0 deux suites réelles. Alors on a
+∞ +∞
! p1 +∞
! 1q
X X X
|an bn | ≤ |an |p |bn |q .
n=0 n=0 n=0
Lemme 3.2
Pour tout a, b ∈ R+ on a
(a + b)p ≤ 2p (ap + bp ), ∀p ≥ 1.
kf + gkp ≤ kf kp + kgkp .
Démonstration :
• p = 1 : alors il est clair que kf + gk1 ≤ kf k1 + kgk1 .
Donc Z p1
p
kf + gkp = |f + g| dµ
Z Z p1
p p p
≤ 2 ( |f | dµ + |g| dµ)
Z Z p1
p p
= 2 |f | dµ + |g| dµ
< +∞
On a aussi
|f + g|p = |f + g||f + g|p−1 ≤ |f ||f + g|p−1 + |g||f + g|p−1 .
Donc
Z
p
(kf + gkp ) = |f + g|p dµ
Z Z
p−1
≤ |f ||f + g| dµ + |g||f + g|p−1 dµ.
Or,
Z 1q Z p−1
p
p−1 (p−1)q p
k(f + g) kq = |f + g| dµ = |f + g| dµ = (kf + gkp )p−1 .
Par conséquent,
(kf + gkp )p ≤ (kf kp + kgkp ) (kf + gkp )p−1 .
D'où,
kf + gkp ≤ kf kp + kgkp .
Exemple 3.1.2 Soient (an )n≥1 et (bn )n≥1 deux suites réelles. Alors on a
+∞
! p1 +∞
! p1 +∞
! p1
X X X
|an + bn |p ≤ |an |p + |bn |p .
n=1 n=0 n=0
Soit (fn )n≥1 une suite croissante d'applications mesurables positives sur Ω. Alors
Corollaire 3.1
Soit (fn )n≥1 une suite d'applications mesurables positives sur Ω. Alors
X X
k fn kp ≤ kfn kp , ∀p ≥ 1.
n≥1 n≥1
Démonstration : On a
X n
X
k fn kp = k lim fk kp
n→+∞
n≥1 k=1
n
( Theorem 3.3)
X
= lim k fk kp
n→+∞
k=1
n
(l'inégalité de Minkowski)
X
≤ lim kfk kp
n→+∞
k=1
X
= kfn kp .
n≥1
Dénition 3.1
Proposition 3.1
k kp : Lp −→ R+
f 7−→ kf kp
Remarque 3.2.1
i) f ∈ Lp si et seulement si |f | ∈ Lp .
ii) Si |f | ≤ g p.p. et g ∈ Lp , alors f ∈ Lp .
iii) f ∈ Lp si et seulement si f + et f − ∈ Lp .
iv) Si p, q ∈]1, +∞[ sont conjugués et f ∈ Lp et g ∈ Lq , alors f g ∈ L1 .
Théorème 3.4
Soit (fn )n≥1 une suite de Cauchy dans (Lp , k kp ). Alors il existe une sous-suite (fnk )k≥1
et une application f ∈ Lp telles que fnk → f µ-p.p.
Démonstration : Etant donné que (fn )n≥1 est une suite de Cauchy dans (Lp , k kp ), alors
on peut en extraire une sous-suite (fnk )k≥1 telle que
1
∀k ≥ 1, kfnk+1 − fnk kp < .
2k
On considère l'application
+∞
X
g= |fnk+1 − fnk |.
k=1
On en déduit que g ∈ Lp et donc elle est nie µ-p.p. Soit A = {g = +∞}. Alors µ(A) = 0.
+∞
Donc fn1 + (fnk+1 − fnk ) est absolument convergente sur Ac .
X
k=1
Soit +∞
si x ∈ Ac
X
fn1 (x) + (fnk+1 (x) − fnk (x))
f (x) = k=1
si x ∈ A
0
Or,
|fns | ≤ |fn1 | + g, ∀s ≥ 1.
D'après le résultat précédent, il existe une sous-suite (fnk )k≥1 qui converge µ-p.p. vers une
application f ∈ Lp . Soit m ≥ N , alors
Z Z
p p
(kfm − f kp ) = |fm − f | dµ = lim |fm − fnk |p dµ
Ω Ω k→+∞
Z
≤ lim inf |fm − fnk |p dµ (lemme de Fatou)
k→+∞ Ω
= lim inf (kfm − fnk kp )p
k→+∞
≤ εp .
Corollaire 3.2
Soit (fn )n≥1 une suite de Cauchy dans Lp qui converge µ-p.p. vers une application me-
surable f . Alors f ∈ Lp et (fn )n≥1 converge vers f dans (Lp , k kp ).
Démonstration : Exercice.
Soit (fn )n≥1 une suite dans Lp qui converge µ-p.p. vers une application mesurable f . On
suppose qu'il existe application positive g ∈ Lp vériant ∀n ≥ 1, |fn | ≤ g µ-p.p. Alors :
i) f ∈ Lp ;
ii) kfn − f kp −→ 0, quand n −→ +∞.
3.3 Espaces Lp
Dénition 3.2
f Rg ⇐⇒ f = g µ − p.p.
L'espace quotient Lp /R sera noté Lp (Ω, T , µ) ou tout simplement Lp , s'il n'y a pas de
confusion possible.
• • •
Remarque 3.3.1 Soit f ∈ Lp . Soit g est un représentant quelconque de f c-à-d g = f . Alors
•
•
Exemple 3.3.1 Si Ω = N, T = P(N) et µ = µd , alors f = {f } pour tout f ∈ Lp . Donc
+∞
X
p p p
L = L = l = {(an )n≥0 : |an |p < +∞}.
n=0
Théorème 3.7
•
Démonstration : Soit (f n )n≥1 une suite de Cauchy dans Lp . Alors (fn )n≥1 est une suite
de Cauchy dans Lp . Donc d'après le théorème de Fischer-Riesz, la suite (fn )n≥1 converge dans
• •
Lp . Soit f sa limite. Il est donc clair que (f n )n≥1 converge vers f (dans Lp ).
L'application
< ·, · > : L2 × L2 −→ R
• • • •
Z
(f , g) 7−→ < f , g >= f gdµ
Corollaire 3.3
3.4 Espaces L∞ et L∞
Dénition 3.3
Proposition 3.2
Soient f et g ∈ M. Alors
1) kf + gk∞ ≤ kf k∞ + kgk∞ .
2) kf gk∞ ≤ kf k∞ kgk∞ .
3) Soient p et q ∈ [1, +∞] deux conjugués. On a kf gk1 ≤ kf kp kgkq .
Dénition 3.4
On note par L∞ (Ω, T , µ) le sous-espaces vectoriel de M formé par les applications essen-
tiellement bornées. Autrement dit, L∞ (Ω, T , µ) = {f ∈ M : kf k∞ < +∞}. On notera
L∞ (Ω, T , µ) par L∞ (µ) ou L∞ .
Théorème 3.8
Démonstration : Soit (fn )n≥1 une suite de Cauchy dans L∞ . Alors la suite est bornée dans
L∞ et il existe une constante M > 0 telle que ∀n ≥ 1, kfn k ≤ M . Pour chaque n et m ≥ 1,
soient
Posons
[ [
A= An ∪ Bn,m .
n≥1 n,m≥1
Soit ε > 0, comme (fn )n≥1 est de Cauchy, alors il existe n0 ≥ 1 tel que
Soient x ∈ Ac et n, m ≥ n0 , alors
Donc pour chaque x ∈ Ac , la suite (fn (x))n≥1 est une suite de Cauchy dans R et elle converge
vers un élément qu'on note f (x).
Pour x ∈ A, on pose f (x) = 0. Alors f ∈ M. De plus f ∈ L∞ . En eet, on a
∀x ∈ Ac , ∀n ≥ 1, |fn (x)| ≤ M.
Donc ∀x ∈ N c , |f (x)| ≤ M .
D'autre part, si n ≥ n0 et x ∈ Ac , alors |fn (x) − f (x)| ≤ ε. Par suite, ∀n ≥ n0 , kfn − f k∞ ≤ ε.
Ainsi, fn converge vers f dans L∞ .
Dénition 3.5
• •
L'espace quotient L∞ /R se note L∞ . Pour f ∈ L∞ , on pose kf k = khk∞ où h est un
•
élément quelconque de f .
Théorème 3.9
Proposition 3.3
•
Si µ est nie et si 1 ≤ p < q ≤ +∞. Alors Lq ⊂ Lp et pour tout f ∈ Lq on a
• 1 1 •
kf kp ≤ (µ(Ω)) p − q kf kq .
Démonstration :
√ • • •
Z q = +∞ : Soit f ∈ L ∞
. Alors |f | ≤ k f k ∞ µ -p.p. Donc |f |p
≤ (kf k)p µ-p.p. Par suite,
• • • •
|f |p dµ ≤ kf kp∞ µ(Ω). D'où, kf kp ≤ kf k∞ (µ(Ω)) p et f ∈ Lp .
1
Ω
√ • q
q < +∞ : Soient f ∈ Lq , r = et r0 le conjugué de r. Alors on a r et r0 ∈]1, +∞[. On a
p
•
f ∈ Lq ⇐⇒ |f |q ∈ L1
⇐⇒ |f |pr ∈ L1
⇐⇒ |f |p ∈ Lr .
Z Z
p
|f | dµ = |f |p 1Ω dµ
Ω Ω
≤ k|f |p kr k1Ω kr0 ( l'inégalité de Hölder)
Z r1
1
= |f |pr dµ (µ(Ω)) r0
ZΩ pq
p
= |f | dµ (µ(Ω))1− q
q
Ω
D'où
• 1 1 • •
kf kp ≤ (µ(Ω)) p − q kf kq et f ∈ Lp .
i=1
n
αi non nuls et les Ai deux à deux disjointes. On a |f |p = |αi |p 1Ai . Donc
X
i=1
Z n
X
p
|f | dµ = |αi |p µ(Ai ) < +∞ ⇐⇒ µ(Ai ) < +∞, ∀i.
Ω i=1
Théorème 3.10
Démonstration : Soit f ∈ Lp . On suppose d'abord f positive. Soit (fn )n≥1 une suite
croissante de applications étagées positives qui converge simplement vers f . On a fn est étagée
et |fn | = fn ≤ f , alors fn ∈ S , ∀n ≥ 1. On aussi |fn | ≤ f ∈ Lp , alors d'après le théorème de
convergence dominée on a donc lim kfn − f kp = 0.
n→+∞
Maintenant si f est réelle, alors on a f = f + − f − et on applique le cas précédent à f + et f − .
Dénition 4.1
Soit (E, F) un espace mesurable. Une application X : Ω → E mesurable est dite une
variable aléatoire .
Si (E, F) = (R, B(R)), X est dite une variable aléatoire réelle.
Dénition 4.2
La loi d'une variable aléatoire X : Ω → E est la mesure image de P par X : c'est la
mesure de probabilité PX sur (E, F) donnée par
PX (B) = P (X −1 (B)), ∀B ∈ F.
Remarque 4.1.1
1) Si E est dénombrable, on dit que X est une variable aléatoire discrète . Si B ⊂ E , on a
[ X X
PX (B) = P (X ∈ B) = P ( {X = x}) = P (X = x) = px .
x∈B x∈B x∈B
Ainsi,
X
PX = p x δx .
x∈E
55
4.2. ESPÉRANCE MATHÉMATIQUE D'UNE VARIABLE ALÉATOIRE
Dénition 4.3
Théorème 4.1
b) On a
X X
E[ Xn ] = E[Xn ].
n≥1 n≥1
Théorème 4.2
Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles et X une variable aléatoire réelle.
Si (Xn )n≥1 converge vers X p.s., et s'il existe Z intégrable telle que |Xn | ≤ Z p.s. ∀n ≥ 1,
alors
lim E[Xn ] = E[X].
n→+∞
Corollaire 4.1
Proposition 4.1
Soit X et Y des variables aléatoires à valeurs dans Rd . Alors les assertions suivantes sont
équivalentes :
i) X et Y ont même loi ;
ii) Pour tout A ∈ B(Rd ), P (X ∈ A) = P (Y ∈ A) ;
iii) Pour toute fonction mesurable f : Rd → R+ , on a E[f (X)] = E[f (Y )].
Exemple 4.2.1 Soient X , Y et Z des varianles aléatoires réelles dénies sur un espace de
probabilité (Ω, A, P ).
1) On suppose que X = Y p.s. Montrer que X et Y sont la même loi.
Supposons que X = Y p.s. Soit f : R → R+ une fonction borélienne. Montrons que
Donc on a E(f (X)) = E(f (Y )) et ceci pour toute fonction borélienne positive f .
D'où, X et Y ont même loi de probabilité.
2) La réciproque est fausse. En eet, soit X une variable aléatoire de loi normale N (0, 1) et de
1 − x2
densité √ e 2 par rapport à la mesure de Lebesgue.
2π
Soit Y = −X . Soit g : R → R+ une fonction borélienne. On a donc
Z Z
1 − x2 1 x2
E(g(Y )) = g(−x) √ e dλ(x) =
2 g(x) √ e− 2 dλ(x) = E(g(X)).
R 2π R 2π
Alors X et Y ont même loi mais X et Y ne sont pas égales p.s.
3) On suppose que X et Y ont la même loi.
a) Soit f : R → R une fonction borélienne. Montrer que les variables aléatoires f (X) et f (Y )
ont la même loi.
Soit g : R → R+ une fonction borélienne. Montrons que
En eet, la fonction h = g ◦ f est une fonction borélienne positive. De plus X et Y ont la même
loi, alors
E(h(X)) = E(h(Y )).
C'est-à-dire, E(g(f (X))) = E(g(f (Y ))). D'où f (X) et f (Y ) ont même loi.
XZ = X 2 et Y Z = −X 2 .
La loi de X 2 est une mesure de probabilité sur R+ tandis que la loi de −X 2 est une mesure de
probabilité sur R− . Donc XZ et Y Z n'ont pas la même loi.
Dénition 4.4
On a
D'où,
V ar(X) = E[X 2 ] − E[X]2 .
Démonstration : Exercice.
Dénition 4.5
Proposition 4.3
Proposition 4.4
Ou encore, Z Z
f (ψ(u))dλ(u) = f (v)|det(J −1 (ψ)(v)|dλ(v).
U V
Exemple 4.3.1 Soient X et Y deux variables aléatoires gaussiennes (centrées réduites) indé-
X +Y X −Y
pendantes. Montrer que les variables aléatoires √ et √ soient indépendantes.
2 2
x+y x−y
Soient F, G : R → R+ deux fonctions boréliennes. En remarquant que (x, y) 7→ ( √ , √ )
2 2
est un C diéomorphisme de R × R sur R × R de Jacobien -1, la formule du changement de
1
variable donne
X −Y x − y 1 − x2 +y2
Z
X +Y x+y
E F √ G √ = F √ G √ e 2 dxdy
2 2 R×R 2 2 2π 2 2
x+y
√ x−y
√
+
2 2
x−y 1 −
Z
x+y
= F √ G √ e 2 dxdy
ZR×R 2 2 2π
1 u2 +v 2
= F (u)G(v) e− 2 dudv
R×R
Z 2π Z
1 − u2 1 − v2
= F (u) √ e 2 du G(v) √ e 2 dv
R 2π R 2π
X +Y X −Y
On en déduit que √ et √ soient indépendantes, et sont toutes les deux gaussiennes
2 2
centrées réduites.
Exemple 4.3.2 Soit (Ω, A, P ) un espace de probabilité et X une variable aléatoire réelle
telle que X ∼ N (0, 1).
1
1) Calculer la loi de la variable aléatoire .
X2
Soit g : R+ → R+ une fonction borélienne. On a
Z Z
1 1 1 x2 2 1 − x2
E(g( 2 ) = √ g( 2 )e− 2 dx = √ g( )e 2 dx.
X 2π R x 2π R∗+ x2
1 1
Comme x ∈ R∗+ 7→ 2
∈ R∗+ est C 1 diéomorphisme de Jacobien −2 3 donc d'après la formule
x x
de changement de variables on a
Z Z
1 2 1 x2 2 1 1
E(g( 2 ) = √ g( 2 )e− 2 dx = √ g(u)e− 2u 3 du.
X 2π R∗+ x 2π R∗+ 2u 2
1 1
D'où la loi de est √ 3 e− 2u 1{u>0} .
1
X 2
2πu