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[Introduction] [Intérêt du sujet] Nous souffrons souvent d’un manque de
liberté. Il serait donc intéressant de se demander ce qui peut nous rendre
libres. [1ère réponse, argumentée à l’aide d’une étude des définitions et de leur lien]
À cette question, on pourrait répondre qu’un tel but n’est pas très difficile à
atteindre. Chacun d’entre nous, en effet, a conscience de soi. Autrement dit, il
sait qu’il existe, et qu’il se distingue du monde extérieur, y compris des autres
êtres humains. Si je suis conscient de moi-même, je suis un sujet, un être
singulier, qui a ses propres pensées, ses propres décisions. Je suis l’auteur de
mes actes : rien ni personne n’agit à ma place. Ainsi, il semble bien que je sois
libre, puisque la liberté consiste à agir en fonction de ses propres buts, et non
sous l’effet d’une contrainte extérieure.
[Objection, fondée sur une nouvelle analyse du sujet] Mais n’avons-nous pas
prêté à la conscience une puissance exagérée ? Ce n’est pas parce que nous
pouvons nous distinguer du monde extérieur, grâce à notre conscience, que
nous sommes indépendants de lui. La liberté que la conscience semble nous
procurer n’est-elle pas une simple illusion ? Tel est le problème que nous
allons maintenant tenter de résoudre.
1ère thèse : la conscience fait de nous des sujets libres
Argumentation (inspirée de Descartes): la conscience fait de nous des sujets,
des êtres singuliers, capables de dire « je », donc responsables de leurs
pensées et notamment de leurs décisions. D’une part, nous nous distinguons
du monde extérieur, ce qui nous rend dans une certaine mesure indépendant
de lui. D’autre part, le « je » possède une grande unité : c’est toujours un seul
et même sujet auxquelles se rattachent les multiples pensées et volontés qui
apparaissent dans notre conscience. Nous ne pouvons donc pas prétendre que
quelqu’un d’autre ou quelque chose d’autre a agi à notre place.
Exemple : Si un élève de terminale décide du type d’études qu’il va entreprendre
après le baccalauréat, il va prendre conscience de ce qu’il désire, et affirmer sa
volonté singulière par rapport aux influences diverses qui peuvent s’exercer sur lui
(parents…). Sa conscience lui permettra donc de prendre une décision librement.
Transition : Grâce à notre conscience, nous pouvons nous distinguer du
monde extérieur, en en faisant abstraction. Mais cela signifie-t-il que le monde
extérieur fasse moins pression pour autant sur notre volonté ? Notre
prétendue liberté personnelle n’est-elle pas une illusion ?
Objection à l’argumentation de la 1ère partie (développement de la transition)
2ème thèse : La conscience de soi ne nous donne qu’une illusion de liberté.
Argumentation : La conscience de soi nous donne seulement l’illusion d’être
un sujet. Elle n’a probablement cette unité que Descartes lui prête (cf. Hume)
et il semble bien qu’elle ne contrôle pas les pensées qui surgissent en elle (cf.
Nietzsche).
Exemple : Si un élève de terminale décide du type d’études qu’il va entreprendre
après le baccalauréat, il croit peut-être agir en fonction de ses buts propres. Mais il
est probable que ses désirs sont façonnés par son entourage (parents, amis…). Au
lieu de choisir une voie professionnelle qui l’aurait spontanément attirée, il va
chercher à se valoriser aux yeux de ses parents ou de la société. Il aura conscience
de soi et de sa décision, mais pas des causes qui ont motivé celle-ci.
Transition : Nous venons de voir que la conscience de soi ne nous donne
qu’une liberté illusoire. Mais si nous avons conscience d’être victimes d’une
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illusion, ne pouvons-nous pas en sortir, de manière à accéder à une liberté
véritable ?
Objection à l’argumentation de la 2ème partie (développement de la transition)
3ème thèse : En devenant une véritable connaissance, la conscience de soi
contribue à nous rendre libres.
Argumentation : La conscience de soi est d’abord naïve, pleine d’illusions.
Mais elle peut se critiquer elle-même, et ainsi mettre en question les préjugés
qu’elle a sur elle-même. De cette manière, notre pensée devient plus
autonome et nous cessons d’agir d’après des principes que d’autres nous ont
imposés. Nous prenons aussi conscience des influences qui s’exercent sur
nous, et nous sommes alors en mesure de les combattre – ou bien de les
assimiler, de telle manière que ces influences ne soient plus des obstacles à la
liberté.
Exemple : En prenant conscience de l’influence des préjugés sexistes qu’elle a
intégrée durant son éducation, une femme peut découvrir qu’elle a autant de valeur
qu’un homme, ce qui peut la conduire à se battre pour sa liberté. Cette prise de
conscience n’est pas suffisante, sans doute, mais elle contribue à la liberté, parce
qu’elle aboutit à une réelle connaissance de soi.
[Conclusion]
Nous nous étions demandé, au début de cette
[Je rappelle quel était le problème]
réflexion, si la conscience de soi rend libre. [Je résume la dernière solution]
Comme on vient de le voir, la solution de ce problème ne peut être un oui
sans nuance. D’abord, il semble bien que la conscience de soi ne soit pas une
condition suffisante : elle peut contribuer à nous rendre libres, mais cette
liberté ne devient effectifs que si nous agissons pour transformer notre
manière d’agir et notre rapport au monde extérieur. Ensuite, la conscience de
soi ne peut pas être facteur de liberté si elle ne se transforme en une véritable
connaissance. [Je rappelle pourquoi les autres n’ont pas été retenues] Si elle reste
naïve, elle ne nous donne qu’une illusion de liberté, et nous empêche de
développer une liberté véritable. Voilà pourquoi nous n’avons pas retenu la
première réponse à notre problème. Mais nous n’avons pas non plus retenu la
seconde, parce que la conscience de soi, en s’approfondissant, en se critiquant
elle-même, peut devenir un véritable savoir et contribuer ainsi ruiner les
préjugés qui nous empêchent d’être libres.
N. B. D’autres plans étaient possibles. Par exemple :
I. La conscience de soi fait de nous des sujets libres (cf. le corrigé)
II. La conscience de soi nous empêche d’être libres
Argumentation : En nous donnant l’illusion d’être libres, la conscience de soi ôte
l’envie de combattre les obstacles qui s’opposent à la liberté. De plus, elle nous rend
égocentriques, ce qui fait que nous nous gênons mutuellement au lieu d’agir
harmonieusement les uns avec les autres.
III. Conscience de soi et liberté s’impliquent mutuellement (cf. Hegel, cours
sur la conscience)
Argumentation : Plus nous prenons conscience de nous-mêmes, plus nous nous
libérons des préjugés sociaux, plus nous devenons libres. Mais, à l’inverse, le fait
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d’agir librement nous conduit à prendre plus profondément conscience de ce que
nous sommes.
Exemple : les révoltes d’esclaves, qui ont pris conscience de leur nature d’hommes
libres en combattant pour leur liberté.