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Système différentiel et matrices nilpotentes

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Université Paris Sud - Math 202 Année 2019 - 2020

Devoir Maison 2
À rendre pour la semaine des 20 et 21 novembre.

Exercice 1 Déterminer toutes les fonctions x, y et z de classe C 1 de R dans R


vérifiant le système différentiel suivant :

0
x (t)

 = 4x(t) + 6y(t)
0

y (t) = −3x(t) − 5y(t)
 0

z (t) = −3x(t) − 6y(t) − 5z(t).
Corrigé : Pour résoudre ce système, commence par étudier la matrice
 
4 6 0
A=

−3 −5 0 .

−3 −6 −5
Son polynôme caractéristique est le polynôme (X + 5)(X 2 + X − 2) = (X + 5)(X −
1)(X + 2). Ainsi la matrice A a exactement trois valeurs propres qui sont 1, −2
et −5. Elle est donc diagonalisable. Cherchons une base de diagonalisation en
déterminant les sous-espaces propres. On trouve
     
−2 1 0
E1 (A) = R  1 

, E−2 (A) = R −1  , E−5 (A) = R 0 .
   

0 1 1
En posant  
−2 1 0
P =  1 −1 0

,
0 1 1
on trouve donc  
1 0 0
−1
A=P  0 −2 0P .
0 0 −5
Les solutions du système différentiel sont donc les fonctions de la forme
aet −2aet + be−2t
   

t 7→ P be  =  aet − be−2t  , (a, b, c) ∈ R3 .


 −2t   

ce−5t be−2t + ce−5t


Autrement dit un triplet (x, y, z) de fonctions de classe C 1 de R dans R est solution
du système si et seulement si il existe des réels a, b et c tels que

x(t)

 = −2aet + be−2t

y(t) = aet − be−2t
= be−2t + ce−5t .


z(t)

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Exercice 2
a) Soit M ∈ Mn (C) une matrice nilpotente, c’est-à-dire telle qu’il existe un
entier N > 1 vérifiant M N = 0. Montrer que Sp(M ) = {0} (commencer
par montrer que Sp(M ) ⊂ {0} puis donner un argument pour montrer que
Sp(M ) 6= ∅).
La suite de l’exercice a pour but de prouver la réciproque, c’est-à-dire que si
Sp(M ) = {0}, alors M est nilpotente, sans utiliser le théorème de Cayley-Hamilton.
Soit donc M ∈ Mn (C) une matrice telle que Sp(M ) = {0}. On fixe v ∈ Cn un
vecteur non nul.
b) Montrer qu’il existe un entier m > 0 tel que la famille (v, M v, M 2 v, . . . , M m v)
est libre et que M m+1 v ∈ Vect(v, M v, M 2 v, . . . , M m v).
c) On note alors E = Vect(v, M v, . . . , M m v) ⊂ Cn . Montrer que si w ∈ E, alors
M w ∈ E. Vérifier que l’application w 7→ M w est un endomorphisme de E
que l’on note désormais f .
d) Posons M m+1 v = m i
i=0 ai M v avec a0 , . . . , am ∈ C. Déterminer la matrice de
P

f dans la base B = (v, M v, M 2 v, . . . , M m v) de E en fonction de a0 , a1 , . . . , am .


e) Calculer le polynôme caractéristique de f en fonction de a0 , a1 , . . . , am .
f) Montrer que Sp f = {0} et en déduire que a0 = a1 = · · · = am .
g) Déduire des questions précédentes que pour tout v ∈ Cn , il existe un entier
k > 1 tel que M k v = 0.
h) En déduire qu’il existe un entier N > 1 tel que M N = 0.
i) Retrouver directement le résultat précédent en utilisant le théorème de Cayley-
Hamilton.
Corrigé :
a) La matrice M est annulée par le polynôme X N . Ses valeurs propres sont donc
des racines de X N . Comme le polynôme X N a 0 pour unique racine, on en
conclut que toutes les valeurs propres de M sont nulles. Donc Sp M ⊂ {0}.
Ainsi on a soit Sp M = ∅ soit Sp M = {0}. Il reste à prouver que M possède
au moins une valeur propre. Deux arguments sont possibles. On peut soit
invoquer le fait que sur C toute matrice possède une valeur propre puisque
son polynôme caractéristique est scindé. On peut aussi remarquer que M
0
n’est pas inversible. En effet soit N 0 le plus petit entier > 1 tel que M N = 0.
0 0 0
Alors M N −1 6= 0. Soit v ∈ Cn tel que M N −1 v 6= 0. Le vecteur M N −1 v
0
est non nul et dans le noyau de M puisque M N = 0. C’est donc un vecteur
propre de valeur propre 0, ce qui prouve que 0 ∈ Sp M . Au final, Sp M = {0}.
b) Pour m > 0, la famille (v, M v, M 2 v, . . . , M n v) est une famille de longueur
m + 1 constituée de vecteurs de Cn . Comme la dimension de Cn vaut n,

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pour m > n cette famille ne peut être libre, elle est donc liée. Comme v est
non nul, la famille (v) réduite au vecteur v est libre. Il existe donc un plus
grand entier 0 6 m 6 n − 1 tel que la famille (v, M v, . . . , M m v) est libre.
Par définition de m, la famille (v, M v, . . . , M m+1 v) n’est pas libre, elle est
liée.
c) La famille (v, M v, . . . , M m v) est libre et la famille (v, M v, . . . , M m+1 v) est
liée. On peut en conclure que M m+1 v ∈ E = Vect(v, M v, . . . , M m v). En
effet, il existe une relation de liaison non triviale
m+1
ai M i v = 0.
X

i=0

Si am+1 = 0, il existe une relation de liaison non triviale entre v, M v, . . . , M m v,


ce qui est faux. Ainsi am+1 6= 0 et
m
M m+1 v = −a−1 ai M i v ∈ E.
X
m+1
i=0

Soit w ∈ E, on écrit
m
bj M j v.
X
w=
j=0
Pm
Ainsi M w = j=0 bj M j+1 v. Si j 6 n − 1, il est clair que M j+1 v appartient
à E. Comme on a aussi M m+1 v ∈ E, on peut en conclure que M w ∈ E.
Pour vérifier que l’application w 7→ f (w) = M w est un endomorphisme, il
suffit de vérifier que f (λw1 + w2 ) = λf (w1 ) + f (w2 ) pour w1 et w2 dans E
et λ ∈ C, c’est une propriété de la multiplication matricielle.
d) Si j 6 m − 1, on a f (M j v) = M j+1 v et f (M m v) = m i
P
i=0 ai M v, donc

0 0 0 · · · a0
 
1
 0 0 · · · a1 
 .. .. 
0
MatB (f ) =  1 0 . .  .
 .. . . . . . . . . .. 
 
. . . 
0 ··· 0 1 am

e) Posons A = MatB (f ). On veut calculer


X 0 0··· −a0
−1 X 0··· −a1
... ..
χA (X) = det(XIn − A) = 0 −1 X . .
.. ... ... ... ..
. .
0 · · · 0 −1 X − am

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Je vous renvoie à la correction du DM 1 pour une rédaction précise de la


réponse à cette question. On obtient

χA (X) = X m+1 − am X m + · · · − a0 .

f) Soit v un vecteur propre de f , c’est-à-dire un vecteur non nul de E tel que


f (v) = λv pour une certaine valeur λ ∈ C. Alors M v = λv donc v est aussi
un vecteur propre de M . Par la question a), on en déduit que λ = 0. Ainsi
Sp f ⊂ {0}. Comme on travaille sur C, on a Sp f 6= ∅ et donc Sp f = {0}
(exactement comme dans la question a)). Comme les valeurs propres de f
sont exactement les racines de χA (X). On en déduit que la seule racine de
χA (X) est 0. Comme χA (X) est scindé et de degré m + 1, il s’écrit sous la
forme
χA (X) = (X − 0)m+1 = X m+1 .
En identifiant les coefficients de X m+1 et de X m+1 − am X m + · · · − a0 , on en
déduit que am = am−1 = · · · = a1 = a0 .
g) On en déduit donc que M m+1 v = 0. Comme le vecteur v peut être choisi
arbitraire, on en déduit que pour tout v ∈ Cn , il existe un entier m > 0 tel
que M m+1 v = 0 (mais bien sûr m peut dépendre de v).
h) Soit (e1 , . . . , en ) la base canonique de Cn . D’après la question précédente,
pour 1 6 i 6 n, il existe un entier mi tel que M mi ei = 0. Soit N =
max{m1 , m2 , . . . , mn }. On a alors M N ei = 0 pour tout 1 6 i 6 n. Comme
le vecteur colonne M N ei s’identifie à la i-ième colonne de M N , on a bien
M N = 0.
i) Supposons Sp M = {0}. Les valeurs propres de M sont exactement les racines
du polynôme caractéristique de M . Comme on travaille sur C, χM (X) est
scindé, donc
χM (X) = (X − 0)n = X n .
Le théorème de Cayley-Hamilton affirme que χM (M ) = 0, c’est-à-dire M n =
0.

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