Analyse des programmes éducatifs en Algérie
Analyse des programmes éducatifs en Algérie
BENHOUHOU Nabila
INTRODUCTION
Les programmes sont les documents officiels chargés d’exposer en détail les orientations
méthodologiques de l’enseignement-apprentissage des disciplines d’un système éducatif, ils
émanent des instances du ministère de l’éducation.
Le programme est à distinguer du curriculum. La notion de programme, généralement utilisée
en pédagogie traditionnelle, désigne une liste de contenus à enseigner qui s’accompagne
« (…) d’instructions méthodologiques qui les justifient et donnent des indications sur la
méthode ou l’approche que ses auteurs jugent la meilleure ou la plus pertinente pour enseigner
ces contenus. » [L. D’Hainaut, 1977 : 21].
Un curriculum est « un énoncé d’intentions de formation comprenant :
- la définition d’un public cible,
- les finalités,
- les objectifs,
- les contenus,
- le description du système d’évaluation,
- la planification des activités,
- les effets attendus quant à la modification des attitudes et des comportements des individus
en formation. » [F. Raynal & A. Rieunier, 1997 : 96].
Le texte régissant le statut des langues étrangères est le titre III de l’ordonnance du 16 avril 1976,
n° 76-35 :
Corrigés
1) Les différentes disciplines de l’article 25 sont : arabe, mathématiques, sciences naturelles,
éducation civique, histoire et géographie, éducation artistique, éducation physique, langues
étrangères.
2) Les trois objectifs de l’enseignement des langues étrangères :
- accéder à une documentation simple,
- connaître les civilisations étrangères,
- développer la compréhension mutuelle entre les peuples
Les compétences qu’elles nourrissent relèvent de compétences de réception et de compétences
socioculturelles.
La commission pose au préalable le fait qu’ « une politique des langues étrangères sérieuse
est souhaitable, et doit être mise en place dès que possible, notamment dans le système
éducatif. Elle aura pour finalités de redonner aux langues étrangères la place qui doit
être la leur, comme supports incontournables pour l’accès à la science, à la technologie et à
la culture mondiale. ». Ainsi, les membres de la commission soulignent que « pour des raisons
historiques, sociales et économiques » et « pour sa forte présence dans l’environnement
linguistique des élèves », le français est la première langue étrangère, et l’anglais sera la
deuxième langue étrangère.
Il est vrai que deux langues étrangères ont toujours été enseignées dans l’ancien système, comme
en témoigne l’extrait suivant de la Circulaire d’application du 17 octobre 1976 : « Deux
langues étrangères sont enseignées, afin de doter les jeunes d’autres moyens d’accès à
d’autres cultures et à la civilisation universelle, la première est apprise plus tôt que la
seconde avec un horaire plus élevé, ceci dans le but de permettre aux élèves de pouvoir
suivre les enseignements ultérieurs (secondaire ou supérieur) qui ne seraient pas encore
dispensés en langue arabe ». Cependant, la nouvelle disposition concerne la deuxième langue
étrangère qui devient obligatoirement l’anglais, le choix d’une troisième langue étrangère se fera
au cycle secondaire. Ce qui n’était pas le cas dans l’ancien système, en effet, en deuxième année
du cycle moyen l’élève était orienté soit vers l’anglais, soit vers l’allemand, soit vers
l’espagnol comme deuxième langue étrangère selon ses compétences en français et
l’apprentissage d’une troisième langue étrangère n’était pas envisagé.
Les nouveaux enjeux socio-éducatifs, tributaires d’enjeux et de contraintes socio-économiques,
mettent l’accent donc sur l’apprentissage des langues étrangères à des fins de mobilité culturelle
et professionnelle. Compte tenu de ces enjeux, le futur usager de la langue étrangère devra
réinvestir à court, à moyen et à long terme les acquis dans toute forme de communication. Il sera
alors évalué dans ses compétences linguistiques mais également dans ses capacités à
communiquer en contexte bi ou multiculturel avec des partenaires étrangers par la structure qui
l’emploiera comme médiateur et négociateur d’un projet. L’apprentissage de la langue s’inscrit
donc dans une logique de marché, entraînant un processus d’offre et de demande dans la
formation, dépendant pour une large part des besoins et des enjeux économiques et politiques, à
l’échelle nationale et internationale.
La question des langues étrangères dans le cycle secondaire a fait l’objet de remarques
très importantes de la part des membres de la commission, eu égard aux observations des
enseignants universitaires quant au niveau requis des étudiants en langues étrangères. Ces
derniers doivent être dotés d’une véritable compétence en français et en anglais, d’où
l’objectif primordial est d’améliorer l’enseignement des langues étrangères dans le
secondaire. La prise en charge sérieuse de l’intensification de l’enseignement des langues
étrangères à l’université devra de même concerner toutes les filières. Mais il a fallu attendre
janvier 2005, pour voir la publication du nouveau programme de français de la 1 ère année du
cycle secondaire.
Les nouveaux programmes pour l’enseignement des langues étrangères sont mis en place
dès avril 2003, notamment pour la première année du cycle moyen (deuxième cycle
scolaire) qui correspond à la sixième année d’enseignement selon la nouvelle organisation
du système scolaire; cycle qui devra compter quatre années au lieu des trois du cycle
fondamental.
En septembre 2004, le français a été introduit en deuxième année du cycle primaire et la 1 ère
année du cycle moyen se voit dotée de nouveaux programmes pour le français, l’anglais, l’arabe
et l’amazighe. Ce nouveau programme est officiellement entré en vigueur, pour la 1 ère année
moyenne, à la rentrée scolaire de septembre 2003.
Activité de réflexion
Quelle(s) distinction(s) doit-on faire entre « évaluation des apprentissages » et « évaluation des
enseignements » ?
Corrigé
- L’évaluation des apprentissages consiste à vérifier et à mesurer le degré d’atteinte des objectifs
du projet, de la séquence, de la séance, selon un mode d’évaluation choisi par l’enseignant
(contrôle continu, exercices, activités, productions écrite/orale,….)
- L’évaluation des enseignements consiste à mener une réflexion rétroactive sur les pratiques
d’enseignement : « ai-je réalisé mes objectifs ? En combien de séances ? L’articulation et la
progression retenues ont-elles été menées jusqu’au bout ? Si non, pourquoi ?....
1.3. Les caractéristiques des nouveaux programmes de français
Les concepteurs des nouveaux programmes de français ont introduit de nouvelles notions :
Remarques
1) Tous les objectifs s’organisent autour du projet initial défini par les finalités de l’éducation.
« Perdre le sens des finalités de l’éducation, c’est ne pas leur faire correspondre un modèle
d’enseignement adapté. », affirment F. Raynal et A. Rieunier [1997 : 146].
2) Pour les langues étrangères, les objectifs ne sont plus définis simplement en termes de
structures syntaxiques et de listes d’éléments lexicaux à acquérir, mais ils sont axés sur le
développement d’habiletés. C'est-à-dire que le savoir-faire et le niveau de performance des
élèves priment sur leurs savoirs et sur leurs connaissances de la langue étrangère puisque les
objectifs intermédiaires sont assujettis aux objectifs généraux.
3) Il faut distinguer les objectifs d’enseignement de la discipline d’une manière générale des
objectifs d’enseignement de la discipline pour chacune des années des cycles scolaires, en effet,
les objectifs par année sont régis par les contenus pour chaque année (voir par exemple que dans
chacun des programmes de français par année, les objectifs sont différents)
Nous allons aborder dans le point qui suit les objectifs d’enseignement du français sous forme
d’activité de réflexion et de commentaires.
Le nouveau programme de français a d’abord concerné la 1 ère année moyenne, il est consigné
dans un document de 127 pages comportant les programmes relatifs à l’enseignement
d’autres langues en plus du français, avec respectivement l’arabe, le tamazight et l’anglais. Il est
complété par un document d’accompagnement des programmes de 143 pages dont l’objet est
la description et l’explication de la démarche pédagogique. Les pages concernant le français
vont de la page 29 à la page 50, dans le programme ; et de la page 29 à la page 82 dans le
document d’accompagnement.
Activité de réflexion
Comparez les deux extraits suivants concernant les programmes de français de la 1 ère année du
cycle moyen, programmes publiés par la Direction de l’Enseignement Fondamental du Ministère
de l’Education, le premier extrait date de 1981(première réforme), le second de 2003 (deuxième
réforme) :
Analyse et commentaire
L’analyse comparative de ces deux extraits donne les résultats comptabilisés dans le tableau
suivant :
Ancien programme Nouveau programme
- enseignement - apprentissage
- installe - développer
- / - chez l’élève
La lecture horizontale du tableau donne de prime abord, des évolutions qui paraissent assez
significatives. Ainsi, nous relevons des paires qui, soit se complètent, soit s’opposent, soit
restent incomplètes (case vide, colonne1).
Dans le nouveau programme, l’élève joue un rôle primordial dans la construction de ses
compétences, en participant activement au processus d’apprentissage : « la pratique des quatre
domaines d’apprentissage (…) permet à l’apprenant de construire progressivement la langue
(…) il s’agira (…), pour l’élève (…) de se forger des outils d’analyse méthodologiques pour
aborder les textes ou en produire lui-même ». L’objectif est de le former afin qu’il s’exprime
personnellement, il a un statut, il « existe », il est actif : « l’expression d’idées et de sentiments
personnels» (colonne 2).
Dans le document de 1981-1982, les auteurs soulignent qu’ « il s’agit d’enseigner une langue
plutôt qu’une culture ». Quelques années après, le discours évolue quant à la langue à enseigner,
celle-ci doit répondre à celle que les élèves pourraient rencontrer dans la vie quotidienne,
l’objectif étant d’amener l’élève à un emploi personnel de la langue : « (…) les programmes ont
retenu certains thèmes d’étude et des activités de langue dont l’intérêt utilitaire et fonctionnel est
évident. (…). La langue pourra alors jouer un double rôle :
- rôle utilitaire : l’élève sera amené à un emploi personnel de la langue dans des situations
authentiques et correspondant à ses intérêts,
- rôle culturel : la pratique linguistique sous toutes ses formes (lecture principalement) donnera
à l’élève la possibilité d’élargir son horizon culturel. »
Nous supposons alors que la langue que rencontre l’apprenant dans la vie quotidienne ne peut
être la langue scientifique, bien que les auteurs soulignent parallèlement que le cycle moyen « a
pour tâche principale de continuer et de développer les savoir-faire (savoir écouter et
comprendre, savoir lire et comprendre) » du cycle précédent. Or, si on cherche à faire acquérir
la langue pour un emploi personnel, cette entreprise ne peut se faire si les compétences à
développer visent « la lecture principalement ». Lire et comprendre ne développent pas
obligatoirement l’expression.
Les concepteurs des nouveaux programmes ont montré que la connaissance du système de la
langue (« compétence linguistique de base », colonne 1), ne suffisait pas pour pouvoir
communiquer. En effet, on a longtemps supposé qu’une fois les aptitudes linguistiques
acquises, les capacités de communication suivraient automatiquement. Or, force est de constater
que, dans la réalité ce n’est pas toujours le cas, comme le déclare H.G. Widdowson :
« l’acquisition des aptitudes linguistiques ne garantit pas forcément l’acquisition des
capacités de communication dans une langue donnée » [1981 : 80]. Il souligne que la
capacité à produire des phrases correctes est certes selon lui, un élément essentiel ; toutefois
ce n’est pas la seule aptitude à acquérir, ce qu’il faut c’est actualiser la langue dans un
comportement communicatif signifiant : « Connaître une langue est souvent interprété
comme la connaissance de l’usage correct mais ce savoir est de peu d’utilité s’il n’est complété
par une connaissance de l’emploi approprié » [1981 : 29]. En somme, apprendre une langue ne
peut se limiter exclusivement à l’acquisition de la seule compétence linguistique et qui plus
est seulement à l’oral (colonne 1). Nous relevons donc l’abandon de la primauté de l’oral
(colonne 1) au profit des deux canaux de la communication : « tant à l’oral qu’à l’écrit »
(colonne 2). En matière de communication, l’élève doit faire preuve d’une double compétence
aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, compétences nécessaires à la maîtrise d’une langue étrangère.
L’autre nouveauté concerne la notion de « discours ». Les textes sont abordés « au moyen de
différents types de discours » (colonne 2). Les auteurs, soucieux de prendre en compte la
dimension langagière, s’inscrivent dans la lignée des travaux d’E. Benveniste (1966, 1974) qui,
au lieu de replier la langue sur l’arbitraire de ses unités et de ses règles, aborde les énoncés en
tant que « discours ». Le nouveau programme se caractérise par une diversification de plus en
plus grande des types de textes à analyser et à produire. Les textes à étudier et à produire sont
désormais classés selon les catégories résultant des recherches sur la typologie textuelle (J-
M. Adam, 1992).
Même si le narratif dominera toute la première année, toutefois les élèves seront
sensibilisés à d’autres types de discours, et ce dès cette première année, ainsi l’informatif, le
prescriptif et l’argumentatif font également l’objet d’apprentissage. Les concepteurs ont opté
pour la répartition suivante couvrant tout le cycle : « En première année, la narration occupe
une place prépondérante. Mais les autres pratiques discursives (description, explication,
argumentation, injonction, etc..) ont toutes leur place, chaque année, dans l’étude du français.
En deuxième année, une grande place sera accordée à la description, sous toutes ses formes
et dans la diversité des textes. (…). En troisième année, la prépondérance sera donnée à
l’explication, et en quatrième année, à l’argumentation. ». Les élèves doivent donc être
entraînés durant tout le cycle à produire des écrits de fiction et des écrits d’interaction sociale
visant à expliquer, à décrire, à convaincre, à persuader. L’écriture de textes à dominante narrative
et descriptive commence en 1ère A.M. et se complexifie au fil des années avec l’imbrication de
deux types de discours : narratif/argumentatif, argumentatif/explicatif. Cependant aucune
référence théorique sous-jacente n’est clairement énoncée ni pour les typologies, ni pour les
types de discours.
Les verbes qui décrivent les compétences censées avoir été travaillées (mais surtout censées être
acquises !) sont du type : sait, a développé, a construit, est familiarisé, …..
Un profil de sortie désigne ce que l’apprenant sera capable de mettre en œuvre à la fin de l’année
ou du cycle. C'est-à-dire que le profil de sortie décrit toutes les compétences qui feront l’objet
d’apprentissage l’année durant ou le cycle dans sa totalité.
Pour exemple, nous présentons le profil de sortie du cycle secondaire tel qu’il est consigné dans
le programme de 3ème année secondaire (février 2006) :
« Les apprenants au terme du cursus auront :
- acquis une maîtrise suffisante de la langue pour leur permettre de lire et de comprendre des
messages sociaux ou littéraires,
- utilisé la langue dans des situations d’interlocution pour différents buts en prenant en compte
les contraintes de la vie sociale,
- exploité efficacement de la documentation pour la restituer sous forme de résumés, de
synthèses de documents, de compte-rendu,
- adopté une attitude critique face à l’abondance de l’information offerte par les média,
- produit des discours écrits et oraux qui porteront la marque de leur individualité (que ces
discours servent à raconter, à exposer, à rapporter des dires ou à exprimer une prise de
position),
- appréhendé les codes linguistiques et iconique pour en apprécier la dimension esthétique). »
(p. 4 du document).
Les verbes utilisés décrivent les capacités à acquérir, ce qui justifie l’emploi de modalités
verbales et temporelles exprimant l’action à venir.
Ces verbes concernent directement chacune des compétences réceptives et productives, comme
par exemple : maîtriser, répondre, lire, reconnaître, identifier, rédiger,…..
Le profil d’entrée en 1ère année du cycle moyen du nouveau programme de français concerne
aussi bien les compétences réceptives orales et écrites que les compétences productives orales et
écrites. Nous présentons ci-après les compétences requises en compréhension et en expression
orales :
« En 1ère année moyenne, l’élève est en mesure de :
- réagir à des sollicitations verbales par un comportement approprié verbal ou non verbal,
- prendre la parole de façon autonome et s’exprimer de manière compréhensible dans des
séquences conversationnelles,
- dire un poème,
- questionner, répondre et s’exprimer à partir d’un support écrit ou visuel. » (p. 31 du
document).
Ces différentes capacités doivent être vérifiées en début d’année par le biais d’une évaluation
diagnostique qui doit cibler les quatre compétences. C'est-à-dire que l’enseignant de français ne
doit plus se contenter de proposer un test dans lequel figure un texte suivi des rubriques
classiques, celles de compréhension, de manipulations linguistiques et d’expression écrite (si ce
n’est uniquement l’une ou l’autre des rubriques !!). A travers ce type de test, il n’y a que deux
compétences qui sont évaluées : la compréhension écrite (C.E) puisque l’élève travaille sur un
document écrit et la production écrite (P.E). Qu’en est-il alors des compétences orales de
l’élève ? Est-il compétent pour comprendre un document oral ? Est-il capable de produire un
discours oral comme le stipule le programme ? En effet, comme les quatre compétences sont
appelées à être développées dans chaque cycle et pour chaque année, elles doivent faire l’objet
d’une évaluation en «entrée » et en « sortie ».
Nous ajouterons que si l’une des capacités posées en profil d’entrée venait à manquer ou faisait
défaut chez l’élève, elle doit être intégrée dans le nouveau cursus comme capacité à développer.
En effet, ces capacités figurant dans le profil d’entrée constituent la base du nouveau parcours
d’apprentissage.
Quant au profil de sortie de la 1ère année moyenne, il met l’accent sur la consolidation des acquis
du cycle précédent en termes de pratiques langagières et la mise en place de savoir-faire
nécessaires aux interactions verbales et écrites ainsi que sur les formes et les fonctions du
discours :
« L’élève sortant de 1ère A. M aura renforcé ses bases en français :
- à l’oral, il sera capable d’exposer des idées, d’exprimer un affect et de donner un avis……(…),
- à l’écrit, l’élève sera capable de rédiger un récit, d’y insérer un passage descriptif (un
personnage, un objet, un lieu) et un passage dialogal. » (p. 33 du document).
La nouveauté dans ces programmes (par rapport au profil de sortie) concerne la focalisation sur
la consolidation des acquis en visant l’homogénéisation des niveaux. En effet, la première
difficulté à laquelle se trouvent confrontés les enseignants, c’est la disparité des niveaux,
l’hétérogénéité touche pratiquement les trois cycles scolaires, même pour les élèves ayant
suivi un cursus normal.
Nous vous proposons comme activité de réflexion d’étudier les profils d’entrée et de sortie en
compétence de lecture pour la 1ère année moyenne :
Activité de réflexion
Corrigé
Le profil d’entrée met l’accent sur des compétences qui doivent être développées lors du cycle
précédent, « conserver une information » reste ambiguë, pour la capacité à la reformulation, nous
restons sceptique quant à son développement dans le cycle primaire.
Les compétences censées être acquises à l’écrit, au terme de la 1 ère année (« l’élève est capable
de rédiger un récit, d’y insérer un passage descriptif (un personnage, un objet, un lieu) et un
passage dialogal ») demandent à ce qu’elles fassent l’objet d’apprentissage au cours de cette
année, il faut donc vérifier si les contenus prennent en charge entre autres, le discours direct et le
discours indirect.
Quant à la compétence, « il aura acquis un comportement de scripteur (respect d’une consigne,
utilisation d’un brouillon, élaboration d’un plan) » dépend étroitement des recommandations et
des directives pédagogiques en matière scripturale.
Commentaire
Les concepteurs du nouveau programme du cycle moyen posent plus d’exigences en termes de
compétences acquises au cours du cycle précédent qu’ils n’en prévoient d’assurer au cours de la
première année de ce cycle. Ainsi, l’élève entrant en 1 ère année de ce cycle doit être capable,
après une lecture silencieuse d’un document écrit, de dégager un certain nombre de points qui ne
sont pas convoqués en sortie de la 1 ère année de ce cycle, à savoir les enjeux d’un récit, la reprise
de l’essentiel d’un texte lu et l’expression de l’avis personnel. Les compétences visées à la sortie
de la 1ère année du cycle, se limitent au repérage, à l’identification (identifier, repérer,
reconnaître) et à l’aspect formel du récit (retrouver la structure du récit), à travers la typologie
des textes visée en 1ère A.M, l’élève doit être amené, à travers la lecture, à découvrir surtout la
structure qui caractérise tel ou tel type de texte. Il est donc nécessaire d’ajuster le programme
d’un cycle en fonction de la formation antérieure.
Activité A
A votre tour, étudiez les profils d’entrée et de sortie de la 1 ère A.M en compétence de production
écrite :
Quant à la notion de compétence, elle tient une place de choix dans les discours tenus sur le
monde du travail et de la formation, et depuis peu l’école. Intermédiaire entre le savoir et le
travail, la compétence permet la traduction des savoirs en actions.
Le mot a donné lieu à des expansions adjectivales comme linguistique, langagière, discursive,
textuelle, socio-culturelle, communicative. L’important est de savoir identifier les compétences
clés autour desquelles il faut organiser les apprentissages et en fonction desquelles il faut piloter
le travail en classe et fixer des priorités, d’où un important travail de va-et-vient entre les
contenus, les objectifs et les situations. Les finalités des structures formatives vont conditionner
la manière dont la compétence est traitée.
Il faut donc retenir que la compétence est inséparable de l’action (on est compétent pour faire
quelque chose) et ne peut être appréciée que dans une situation donnée, par une instance qui soit
à même d’évaluer pour reconnaître la compétence. Pour Cl. Springer : « Evaluer la compétence,
c’est recueillir des données concernant une performance » [2002 : 65].
Activité de réflexion
Quelles compétences, les auteurs du programme de 2 ème année moyenne (décembre 2003), ont-ils
prévu de développer à l’oral aussi bien en réception qu’en production ? Analysez les objectifs
d’apprentissage qui en découlent.
Corrigé
Voir programme de 2ème A.M, p. 29 :
Les compétences à développer dans le domaine de l’oral, aussi bien en réception qu’en
production tiennent compte de deux situations de communication :
- un monologue : l’élève écoute un document sonore et produit à son tour un « texte » qu’il
présente oralement,
- une interaction : l’élève écoute un document sonore dans lequel interviennent deux ou plusieurs
personnes pour le sensibiliser aux tours de rôles (les et les autres sont tantôt émetteurs, tantôt
récepteurs). Il doit également être capable d’interagir dans le même type de situation.
Les objectifs d’apprentissage feront l’objet de développements circonstanciés par l’enseignant
selon le projet dans lequel il s’inscrit, selon la séquence, etc.
1.4.4. La méthodologie
Rappelons que la méthodologie représente l’étude des méthodes et de leurs applications.
C’est le niveau où se définissent les principes et les hypothèses qui sous-tendent
l’élaboration, où s’opèrent les choix des théories de référence : les théories linguistiques,
les théories de l’apprentissage.
Corrigé
La méthodologie n’est pas clairement énoncée mais elle met l’accent sur les pratiques
langagières, c'est-à-dire que la langue ne sera plus étudiée en tant que système mais en tant
qu’outil facilitant le langage, c'est-à-dire développer chez l’élève l’aptitude à formuler
langagièrement, de manière adéquate à la situation de communication.
L’explication du fonctionnement de la langue doit se faire en rapport à la situation de
communication, les activités qui en découlent se conforment également au contexte de
communication.
Les quatre domaines (lire, écouter, parler, écrire) doivent figurer dans chaque projet de l’année.
1.4.5. Les contenus
L’enseignement-apprentissage du français dans les nouveaux programmes est envisagé par le
discours parce que l’orientation prédominante n’est plus celle de la langue comme système,
mais celle du texte pris comme discours socialement établi du point de vue de ses fonctions dans
l’interaction.
Les contenus sont sélectionnés en fonction des types textuels et discursifs retenus pour chacune
des quatre années du cycle moyen. Pour exemple, les types textuels et discursifs retenus pour le
cycle sont le narratif, le descriptif, le conversationnel, l’argumentatif, le prescriptif et
l’informatif. Ils s’organisent autour de la notion de « projets pédagogiques». La première année,
l’attention sera portée sur le type narratif, la deuxième année sur le type descriptif, la troisième
année sur le type explicatif et la dernière année du cycle sur le type argumentatif.
Cependant il ne faut pas perdre de vue qu’il n’existe pas de type textuel et discursif « pur », les
recherches en linguistique ont montré que tout texte relève d’une catégorie de discours et que
différents types de discours peuvent s’imbriquer dans un texte.
Activité de réflexion
Analysez l’extrait suivant définissant les contenus retenus pour la 3 ème année du cycle moyen :
« Le texte explicatif a pour objectif de faire comprendre un fait, un évènement, un phénomène…
Hormis le texte explicatif pur, l’explication est souvent présente dans différents types de textes.
Dans tout discours explicatif, il est important de définir la situation d’énonciation : qui
explique ? Quoi ? A qui ? Comment ? Celui qui explique est en position de supériorité, il sait
quelque chose que l’autre ne sait pas. » (juillet 2004, p. 10).
Corrigé
L’extrait définit la manière d’entreprendre l’enseignement du texte explicatif, l’attention devant
être portée sur la situation d’énonciation et les caractéristiques de ce type textuel. Les stratégies
de l’enseignant doivent développer chez l’apprenant la capacité à identifier ce type textuel et son
caractère « objectif », la façon d’expliquer qui dépend étroitement du destinataire (celui à qui on
explique) ; mais surtout aider l’apprenant à produire un texte explicatif.
1.4.6. L’évaluation
Notons que dans les nouveaux programmes une large place est réservée à ce volet qui était
quasiment absent dans les anciens programmes.
Les auteurs des nouveaux programmes ont présenté les différents types d’évaluation et proposé
des grilles d’évaluation (grilles d’auto-évaluation et grilles de co-évaluation).
Activités de réflexion
Activité 1
Le premier document ayant présenté les différents types d’évaluation est le programme de 1 ère
année moyenne. Lisez-les et comparez-les avec les données présentées dans le « cours de
didactique générale », rubrique « évaluation ». Quelles remarques pouvez-vous faire ?
Activité 2
Activité 1
Les différents types d’évaluation présentés dans le programme de 1.A.M. sont :
- l’évaluation diagnostique,
- l’évaluation sommative,
- l’évaluation formative.
Elles sont expliquées de manière très succincte si bien qu’elles ne présentent pas les modalités
d’accompagnement de la tâche de l’enseignant. Les auteurs s’inscrivent dans une approche
fondée sur l’interaction dont le but est d’accompagner l’apprenant tout au long de
l’apprentissage. Il est vrai que des grilles d’évaluation sont présentées aussi bien dans le
programme que dans le document d’accompagnement, mais ces grilles sont trop générales pour
représenter une quelconque situation d’apprentissage.
Remarques importantes :
- les concepteurs posent l’évaluation des deux codes (oral et écrit) de la même manière en
donnant des exemples de grilles d’évaluation qui concernent plutôt l’écrit ; or l’oral et l’écrit ne
peuvent prétendre répondre aux critères d’une grille unique.
- les performances de l’élève qui réinvestissent les compétences ne sont pas du tout intégrées
dans les critères d’évaluation.
- aucun critère ciblant la « cohérence textuelle » (aspect très important au cycle moyen) n’est pris
en compte.
Activité 2
Analyse de la grille d’évaluation du conte (document d’accompagnement des programmes/
[Link]., p. 71)
Il s’agit d’une grille d’auto-évaluation qui comporte des éléments assez généraux pour être
appliqués à n’importe quel conte, ils ne permettent pas de valider la textualité, ni la fonction
discursive et encore moins les techniques ou outils qui justifient que les objectifs posés par
l’enseignant sont atteints. Il s’agit d’éléments de surface qui ne rassurent le scripteur que sur le
plan formel. Si on veut aider le scripteur à effectuer des opérations d’auto-évaluation, une seule
grille, adaptée à plusieurs textes (même s’ils répondent tous au même type textuel), ne peut
répondre aux particularités des textes. Il faut élaborer des grilles d’aide à la révision pour chaque
texte à produire, quel que soit le type textuel attendu.
BIBLIOGRAPHIE
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