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Comprendre le périmètre en géométrie

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Périmètre

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Vous lisez un « bon article » labellisé en 2009.

Pour un article plus général, voir Longueur d'un arc.


Le périmètre du carré vaut ici 8.

Selon Homère, le périmètre de Troie était de


10 200 pas (photo des remparts supposés de Troie).
1

Sur les autres projets Wikimedia :

 périmètre, sur le Wiktionnaire

Le périmètre d'une figure plane est la longueur développée du contour de


cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à déterminer la
quantité de grillage nécessaire à la clôture d'un terrain.

Pour tout polygone, le périmètre est égal à la somme des longueurs des
côtés. Il existe des formules simples pour le calcul du périmètre des
figures de base, mais le problème devient beaucoup plus ardu pour des
figures plus complexes : il fait appel à des calculs d'intégrales ou
de limites. Dans ce cas, une méthode consiste à approcher la figure
complexe par d'autres, plus simples et mieux connues, pour obtenir
une approximation du périmètre voulu.

La question de savoir, pour un périmètre donné, quelle est la surface dont


l'aire est maximale (ou isopérimétrie) a été posée très tôt et sa réponse
seulement établie au XIXe siècle.

En dehors du contexte mathématique, le mot périmètre est parfois utilisé


pour désigner la ligne qui délimite une figure2. Il est toutefois préférable de
nommer cette ligne la circonférence pour une figure de forme
approximativement circulaire, ou le contour pour toute autre figure.
Dans une acception courante, le mot périmètre est aussi utilisé pour
désigner la zone qui s'étend autour d'un lieu déterminé (périmètre de
protection)2.

Le mot périmètre (du grec ancien : περίμετρος) est composé du


préfixe péri- qui signifie « autour » et du suffixe -mètre : « mesure »3.

Figures de base

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Polygones

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Un rectangle de largeur a et de longueur b.

Le cas des polygones est fondamental, non seulement par sa simplicité,


mais aussi parce que de nombreux périmètres sont calculés, en valeur
approchée, par une suite de polygones tendant vers ces courbes. Le
premier mathématicien connu pour avoir utilisé ce raisonnement
fut Archimède qui approcha le périmètre d'un cercle en l'encadrant par
celui de polygones réguliers4.

Le périmètre d'un polygone est égal à la somme des longueurs de ses


côtés.

En particulier, un rectangle de dimensions a et b a pour


périmètre 2(a + b). Un polygone équilatéral est un polygone dont tous les
côtés ont la même longueur (un losange est un polygone équilatéral à
quatre côtés). Pour calculer le périmètre d'un polygone équilatéral, il suffit
de multiplier cette longueur par le nombre de côtés.

Un polygone régulier est souvent défini par son nombre de côtés et


son rayon, c'est-à-dire la distance constante qui sépare son centre de
chacun des sommets. Il est possible de calculer la longueur du côté par un
raisonnement de trigonométrie. Si R est le rayon d'un polygone régulier
et n le nombre de ses côtés, son périmètre est5 :

Ces méthodes sont résumées dans le tableau ci-dessous.


Périmètre de polygones

Formu
Polygone Variables
le

a, b et c sont les longueurs des côtés du


Triangle
triangle.

a et b sont les longueurs de deux côtés


Parallélogramme
consécutifs.

Polygone n est le nombre de côtés et a la longueur


équilatéral de chaque côté.

Polygone quelconq où est la longueur du e (1er, 2e, 3e… ne)


ue côté d'un polygone à n côtés.

n est le nombre de côtés et R la distance


Polygone
entre le centre du polygone régulier et
régulier convexe
chacun des sommets.

Périmètre d'un cercle

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Si le diamètre du cercle est 1, sa


circonférence est π.

Article détaillé : Pi.

Le périmètre d'un cercle est la longueur développée de son contour. Il est


proportionnel à son diamètre6. C'est-à-dire qu'il existe une
constante π (le p grec de périmètre) telle que, quel que soit un cercle de
diamètre D et de périmètre P,

P = π D.

L'usage du compas ayant favorisé l'utilisation du rayon R du cercle plutôt


que de son diamètre, cette formule devient :

P = 2 π R.

Ces deux formules sont parfaitement équivalentes puisque, pour tout


cercle, D = 2 R.
Il suffit, pour calculer le périmètre d'un cercle, de connaître son rayon ou
son diamètre et le nombre π. Le problème est que ce nombre n'est
pas rationnel (on ne peut pas l'écrire sous la forme d'un quotient de deux
entiers) ni même algébrique (il n'est pas la racine d'un polynôme à
coefficients entiers). Obtenir une valeur approchée de π aussi précise
qu'on le souhaite n'est donc pas évident. La recherche des décimales
de π mobilise des connaissances
en analyse, algorithmique et informatique.

Le périmètre d'un cercle est souvent appelé par


extension circonférence même si la circonférence désigne une courbe et
non une mesure de longueur. L'usage du terme longueur du cercle est
ambigu et doit être évité car cette notion peut tout aussi bien recouvrir la
distance entre deux points opposés (le diamètre) que la longueur
développée du contour du cercle (le périmètre).

Perception du périmètre

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Plus on découpe, plus l'aire diminue et le périmètre

augmente. La citadelle de Neuf-Brisach a un


périmètre compliqué. Pour en faire le tour, mieux vaut suivre son
enveloppe convexe.

Articles connexes : Aire (géométrie) et Enveloppe convexe.

Le périmètre est, avec l'aire, l'une des deux mesures principales des
figures géométriques. Il est fréquent de confondre ces deux notions 7 ou de
croire que, plus l'une est grande, plus l'autre l'est aussi. En effet
l'agrandissement (ou la réduction) d'une figure géométrique fait croître (ou
décroître) simultanément son aire et son périmètre. Par exemple, si un
terrain est représenté sur une carte à l'échelle 1:10 000, le périmètre réel
du terrain peut être calculé en multipliant le périmètre de la
représentation par 10 000 et l'aire en multipliant celle de la représentation
par 10 0002. Il n'existe cependant aucun lien direct entre l'aire et le
périmètre d'une figure quelconque. Par exemple, un rectangle possédant
une aire égale à un mètre carré peut avoir comme dimensions, en mètres :
0,5 et 2 (donc un périmètre égal à 5 m) mais aussi 0,001 et 1000 (donc un
périmètre de plus de 2 000 m). Proclus (Ve siècle) rapporte que des
paysans grecs se sont partagé « équitablement » des champs suivant
leurs périmètres, mais avec des aires différentes8,1. Or, la production d'un
champ est proportionnelle à l'aire, non au périmètre : certains paysans
naïfs ont pu obtenir des champs avec de longs périmètres, mais une aire
(et donc une récolte) médiocre.

Lorsqu'on ôte une partie d'une figure, son aire diminue (on a
aussi « ôté » une aire). Mais il n'en est pas toujours de même du
périmètre. Dans le cas de figure très « découpées », à la confusion
aire/périmètre s'ajoute celle avec l'enveloppe convexe de la figure plutôt
que son tour au sens strict9. L'enveloppe convexe d'une figure est
semblable à un élastique qui entourerait cette figure. Sur l'animation ci-
contre à gauche, toutes les figures ont la même enveloppe convexe : le
grand hexagone initial.

Isopérimétrie

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Des yeux à la surface d'un bouillon.

Article détaillé : Isopérimétrie.

L'isopérimétrie traite, en particulier, la question de trouver la surface la


plus vaste possible, pour un périmètre donné. La réponse est intuitive,
c'est le disque10. Ceci explique pourquoi, notamment, les yeux à la surface
d'un bouillon ont une forme circulaire.

Ce problème, d'apparence anodin, fait appel à des théories sophistiquées


pour obtenir une démonstration rigoureuse. On simplifie parfois le
problème isopérimétrique en limitant les surfaces autorisées. Par exemple
on cherche le quadrilatère ou le triangle d'aire la plus vaste possible,
toujours pour un périmètre donné. Les solutions respectives sont
le carré et le triangle équilatéral. De manière générale,
le polygone à n sommets ayant la plus grande surface, à périmètre donné,
est celui qui se rapproche le plus du cercle, c'est le polygone régulier.

L'isopérimétrie ne se limite pas à ces questions. On recherche aussi une


zone d'aire la plus vaste possible pour un périmètre donné, avec des
géométries différentes. Par exemple, dans le cas d'un demi-plan, la
réponse est le demi-disque.

Ce concept donne naissance à une famille de théorèmes,


dit isopérimétriques, à des majorations dites inégalités isopérimétriques,
ainsi qu'à un rapport, appelé quotient isopérimétrique. L'inégalité
isopérimétrique indique qu'une surface de périmètre p et d'aire a vérifie la
majoration suivante :

Le terme de gauche, est appelé quotient isopérimétrique, il est égal à 1 si,


et seulement si la surface est un disque.

Si l'origine de cette question date d'au moins 2 900 ans11, ce n'est


qu'en 1895, à l'aide de méthodes dérivées du théorème de Minkowski que
la question est définitivement résolue sous sa forme antique 12. Ces
méthodes permettent de démontrer le théorème isopérimétrique et de le
généraliser à des dimensions supérieures dans le cas d'une géométrie
euclidienne.

Voir l'article isopérimétrie pour les aspects élémentaires de cette question.


Des éléments de réponse, faisant usage d'outils mathématiques plus
sophistiqués, sont proposés dans l'article Théorème isopérimétrique.

Courbe rectifiable

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Mis à part les cas des polygones et des cercles, le périmètre de la plupart
des surfaces est malaisé à calculer : il fait intervenir une intégrale qui ne
s'exprime pas souvent au moyen de fonctions élémentaires (polynômes,
sinus, etc.).

Un exemple : l'ellipse

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Une ellipse.

L'ellipse peut paraître simple : il ne s'agit après tout que d'un « cercle
écrasé ».

Soit une ellipse de demi-grand axe a et de demi-petit axe b.

L'aire est aisée à calculer13 : .

Mais le périmètre P de l'ellipse ne peut être obtenu qu'à l'aide


d'une intégrale elliptique14 :

qui s'exprime sous forme de série, en notant e l'excentricité de l'ellipse


(formule de J.H. Lambert (1772)) :

La difficulté de ces calculs a conduit à développer des approximations. La


deuxième proposée, plus précise, est l'œuvre de Ramanujan14 :

Courbe rectifiable

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Article détaillé : Longueur d'un arc.

Le problème du calcul d'un périmètre est plus ardu si la frontière


est courbe et non plus polygonale.

Il est toujours possible d'approcher la longueur d'une courbe par celle


d'un polygone d'approximation. La longueur du polygone d'approximation
est la somme des longueurs de ses côtés. Lorsque le pas, c'est-à-dire la
longueur maximale entre deux sommets consécutifs du polygone, tend
vers zéro, la limite supérieure de la longueur du polygone tend vers la
longueur de la courbe. Si la longueur de la courbe est finie, celle-ci est
dite rectifiable. Ce raisonnement permet de calculer des valeurs
approchées de nombreuses courbes.

Une valeur exacte est possible lorsque la courbe est paramétrée par une
fonction continûment dérivable. Alors la courbe est rectifiable. Si la courbe
est un arc paramétré par une fonction f définie sur un intervalle [c;d], alors
sa longueur est :
En particulier, si f(t) = (x(t) ; y(t)) et si les coordonnées s'expriment dans
une base orthonormale, la longueur L de la courbe est donnée par :

Cette formule permet d'établir celle donnée plus haut, pour le périmètre
de l'ellipse (x(t) = a cos t, y(t) = b sin t, I = ]0, π/4[).

Il est également possible d'utiliser les coordonnées polaires (θ, r(θ))


où r est une fonction continûment dérivable de θ définie sur un intervalle
[θ1;θ2]. Dans ce cas :

Courbes fractales

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Construction du « flocon ».

Un exemple : Le flocon de von Koch

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Article détaillé : Flocon de Koch.

Le flocon de Koch est construit par une suite de polygones à la fois très
simple et aux propriétés étonnantes.

1. On part d'un triangle équilatéral.

2. On partage chaque côté de la figure en trois segments de même


longueur. On construit, sur chaque segment central et à l'extérieur
de la figure précédente, un triangle équilatéral.

3. On répète le procédé de l'étape 2 indéfiniment.

À chaque itération, le polygone obtenu possède un périmètre égal à 4⁄3 de


celui du précédent, la suite des périmètres obtenus tend vers l'infini.
Pourtant, tous ces polygones sont inclus dans le cercle circonscrit au
premier triangle, et ont une aire finie.

Fractales et dimension de Hausdorff

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Articles détaillés : Fractale et dimension de Hausdorff.

Si plusieurs surfaces ont des périmètres infinis, il est toutefois possible que
certaines aient un « plus long périmètre » que d'autres15. La dimension de
Hausdorff introduite en 1918, permet de les comparer en étendant encore
la notion de longueur, et donc celle de périmètre.

Fragments d'histoire

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Aire et périmètre

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Des plans tracés sur des tablettes d'argile et datant d'Ur III (fin
du IIIe millénaire av. J.-C.) comportent des mentions de longueurs de
terrains, qui sont découpés en triangles et quadrilatères afin de faciliter les
calculs. Mais les aires de polygones, notamment les surfaces des champs,
étaient calculées à partir des périmètres, même si certains scribes
semblent s'être rendu compte que ces raisonnements pouvaient être
faux16. Cette façon de mesurer des villes ou des régions par leur périmètre
est utilisée par Homère pour Troie1 ou encore par Hérodote :

« aussi donnait-on autrefois le nom d'Égypte à la Thébaïde, dont la


circonférence est de six mille cent vingt stades 17. »

Dès 1800 av. J.-C., les problèmes de géométrie au sujet de périmètres sont
attestés. Un problème classique trouvé sur de nombreuses tablettes
consistait à trouver les dimensions d'un rectangle, connaissant son aire et
son périmètre18 :

Exemple de problème babylonien — Un champ rectangulaire possède


une aire de 96 et un périmètre de 40. Quelles sont les longueur et largeur
du champ ?

La légende19 veut que Didon, vers 800 av. J.-C., cherchant une terre pour
fonder une nouvelle cité pour son peuple, obtint d'un roi qu'il lui en
cède « autant qu'il en pourrait tenir dans la peau d'un bœuf ». Didon
découpa une peau de bœuf en très fines lanières et choisit une péninsule :
avec les lanières, elle sépara la péninsule du continent et put ainsi
délimiter un vaste terrain. Carthage était née. La légende de Didon peut
avoir une origine didactique, car elle montre qu'aire et périmètre ne sont
pas liés, elle est également une première approche du problème
d'isopérimétrie1.

La fondation de Rome est également une question de périmètre : Romulus


trace, avec sa charrue, le périmètre circulaire de sa future ville. Le
mot latin Urbs (la Ville, qui désigne Rome et a donné en français les
mots urbain, urbaniser) serait une déformation d'une expression
signifiant « tracer le périmètre ». Une racine indo-européenne signifiant
pourtour, périmètre, clôture en serait à l'origine 20.

Le problème de l'isopérimétrie est très ancien, comme l'atteste la légende


de Didon, et ses différentes réponses (polygone régulier, demi-disque dans
un demi-plan, cercle) étaient connues dès l'antiquité grecque 21, bien qu'il
ait fallu attendre le XIXe siècle pour qu'une démonstration rigoureuse soit
élaborée.

Périmètre du cercle

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Les Babyloniens liaient l'aire A et le périmètre P d'un cercle suivant


un algorithme de calcul équivalent à la formule ce qui donne une
approximation22 de π égale à 3. Même lorsqu'ils connaissaient le diamètre
d'un cercle, les scribes passaient toujours par le calcul de son périmètre
(en multipliant le diamètre par 3) pour ensuite obtenir son aire. La
dimension usuelle pour un cercle était toujours son périmètre, jamais son
diamètre ni son rayon. Cela montre que, pour les anciens, un cercle était
plutôt vu comme une circonférence plutôt que comme une courbe définie
par un centre et un rayon23. La procédure pour calculer l'aire d'un disque à
partir de son diamètre était la suivante24, utilisée, dans cet exemple, pour
déterminer le volume d'une bûche cylindrique dont le diamètre était
1 + 2⁄3 :

Méthode babylonienne — Triple 1 + 2⁄3, le dessus de la bûche, et 5, la


circonférence de la bûche, viendra. Prends le carré de 5 et 25 viendra.
Multiplie 25 par 1⁄12, la constante, et 2 + 1⁄12, l'aire, viendra.

L'approximation de π par 3 est également utilisée dans la Bible25 :

« Il fit la mer de fonte. Elle avait dix coudées d’un bord à l’autre, une
forme entièrement ronde, cinq coudées de hauteur, et une circonférence
que mesurait un cordon de trente coudées26. »

et le Talmud25 :

« Ce qui a trois palmes de tour est large d'une palme. »

Encadrement de cercles par des polygones


réguliers. Archimède, pour ses calculs, utilisa des polygones réguliers à 6,
12, 24, 48 et 96 côtés.

Archimède énonça6 et démontra, dans son traité De la mesure du cercle :


Approximation de π par Archimède — Le quotient du périmètre de
tout cercle par son diamètre est plus petit que mais plus grand que .

Ce qui donne un encadrement de π (qui est le quotient du périmètre de


tout cercle par son diamètre). Pour parvenir à ce résultat, Archimède
encadra le cercle par deux polygones réguliers dont il calcula les
périmètres. Son résultat utilise des polygones réguliers à 96 côtés.

En 1424, Al-Kachi, dans son Traité sur le cercle, calcule une valeur
approchée de π en encadrant le cercle entre deux polygones réguliers à
805 306 368 côtés avec seize décimales exactes. Son objectif était de
déterminer une valeur approchée de π suffisamment précise pour pouvoir
calculer non seulement la circonférence de la Terre, mais aussi celle de
l'Univers27. Son traité commence ainsi28 :

« Louange à Allah, qui connaît le rapport du diamètre à la circonférence


[...] et paix à Mahomet, l'Élu, qui est le centre du cercle des prophètes. »

La méthode d'Archimède a été reprise29 en 1579 par François Viète et en


1593 par Adrien Romain pour calculer de douze à quinze décimales de π.

D'autres mathématiciens ont calculé des valeurs approchées de π en


utilisant des calculs d'aires puis, à partir du XVIIe siècle, les techniques
du calcul infinitésimal.

Longueur développée d'une courbe

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La question du calcul de la longueur développée d'une courbe prend,


au XVIIe siècle le nom de rectification d'une courbe30. Elle est en général
considérée comme impossible à résoudre, ce que Descartes exprime
par : « la proportion qui est entre les droites et les courbes n'étant pas
connue, et même je crois ne le pouvant être par les hommes 31 ».

Au XVIIe siècle, l'invention du calcul infinitésimal a conduit à interpréter le


calcul de la longueur développée d'une courbe comme celui d'une
intégrale32 suivant la formule vue plus haut (voir l'exemple de l'ellipse).

Au XIXe siècle, Camille Jordan donne une nouvelle définition de la longueur


développée d'une courbe33, se rapprochant de celle d'Archimède mais
utilisant les outils modernes (dont le calcul de la limite d'une suite) : il
approche la courbe par un polygone dont les sommets sont des points de
cette courbe. Lorsque le nombre de ces points tend vers l'infini, la limite
supérieure de la suite des longueurs des polygones obtenus, si elle
est majorée, est la longueur développée de cette courbe. Cette définition
de courbe rectifiable englobe et étend la précédente qui utilisait
une intégrale.
La côte bretonne.

Durant les XIXe et XXe siècles, des mathématiciens découvrent de


nombreuses courbes « bizarres » comme celle de von Koch, qui ne sont
pas rectifiables34. À partir de 1967, Benoît Mandelbrot15 définit et étudie
les fractales à partir d'une question apparemment très simple :

Question — Combien mesure la côte de la Bretagne ?

Mandelbrot explique que plus on cherchera à préciser la mesure, plus


celle-ci sera grande, jusqu'à éventuellement devenir infinie 15. En effet, si
on mesure grossièrement le périmètre de la Bretagne (ou de tout pays) sur
une carte, on va obtenir un polygone. Mais plus la carte sera précise, plus
le polygone sera découpé et donc son périmètre grandira. Si l'on veut le
« vrai » périmètre de la Bretagne, il faudra aller sur place mesurer chaque
caillou, chaque escarpement de rocher, voire chaque atome de ces
composants. L'étude de ces objets dépasse le cadre du calcul de
périmètres.

Article connexe : Paradoxe du littoral.

Annexes

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Bibliographie

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Livres

 Otto Neugebauer, Les sciences exactes dans l'Antiquité, Actes


Sud, 1992 (ISBN 978-2-86869-300-6).

 Benoît Mandelbrot, Les objets fractals, 4e édition, Flammarion, 1995,


212 p. (ISBN 978-2-08-081301-5, présentation en ligne [archive]).

 Henri Poincaré, Science et méthode, Flammarion, 1908 (lire en


ligne [archive]).

 A. Amiot, Éléments de géométrie : rédigés d'après le nouveau


programme de l'enseignement scientifique des lycées ; suivis d'un
Complément à l'usage des élèves de mathématiques spéciales,
Paris, C. Delagrave et Cie, 1870, 428 p. (lire en ligne [archive]).
 Anne Chevalier, Collectif, Ginette Cuisinier, Danielle Degen, Christine
Docq, Mariza Krysinska, Christiane Hauchart, Référentiel de
mathématiques : de 12 à 16 ans, De Boeck Education, 2002,
448 p. (ISBN 978-2-8041-4052-6).

 (en) Lennart Berggren, Jonathan M. Borwein, Peter B. Borwein, Pi, a


source book, New York, Springer, 2004, 797 p. (ISBN 0-387-20571-3).

 (en) Eleanor Robson, Mathematics in Ancient Iraq: A Social History,


Princeton University Press, 2008, 442 p. (ISBN 9780691091822).

Article

 Groupe national de réflexion sur l’enseignement des mathématiques


en dispositifs relais, « Aire et Périmètre [archive] ».

Notes et références

[modifier | modifier le code]

1. ↑ Revenir plus haut en :a b c et d Bernard Teissier, « Volumes des corps convexes,


géométrie et algèbre [archive] », sur Institut de mathématiques de
Jussieu (leçon donnée le jeudi 7 octobre 1999, rédigée par C.
Reydy), p. 2.

2. ↑ Revenir plus haut en :a et b Alain Rey (sous la direction de), Le Grand Robert
de la Langue Française, Le Robert, 2009 (ISBN 978-2-85036-673-
4 et 2-85036-673-0), article périmètre.

3. ↑ Trésor de la langue française informatisé, article périmètre.

4. ↑ La méthode est décrite dans le paragraphe Circonférence du


cercle ou le site : S. Mehl Longueur du cercle selon
Archimède [archive] ChronoMath.

5. ↑ Chevalier et al. 2002 pour la formule et une démonstration.

6. ↑ Revenir plus haut en :a et b


Amiot 1870, XXVIIe leçon.

7. ↑ Aire et périmètre, dossier d’activités pédagogiques réalisé par le


groupe national de réflexion sur l’enseignement des mathématiques
en dispositifs relais.

8. ↑ (en) Thomas Little Heath, A History of Greek


Mathematics, vol. 2 : From Aristarchus to
Diophantus, Dover, 2013 (1re éd. 1921), 608 p. (ISBN 978-0-486-
16265-2, lire en ligne [archive]), p. 206-207.

9. ↑ François Colmez, « De l'Aire et d'autres Grandeurs


géométriques [archive] », p. 3.
10. ↑ « Le problème isopérimétrique », sur IREM d'Orléans, p. 2.

11. ↑ « Le problème isopérimétrique », sur IREM d'Orléans, p. 1.

12. ↑ Teissier 1999, p. 6.

13. ↑ G. Tulloue, Aire d'une ellipse [archive], par l'université de


Nantes.

14. ↑ Revenir plus haut en :a et b (en) Eric W. Weisstein, « Ellipse [archive] »,


sur MathWorld.

15. ↑ Revenir plus haut en :a b et c


Mandelbrot 1995.

16. ↑ Robson 2008, p. 61, 67.

17. ↑ Hérodote, Histoire : Livre second - Euterpe, XV.

18. ↑ Neugebauer 1992. Une résolution de ce problème est


donnée dans l'article Inconnue (mathématiques).

19. ↑ Cette légende est racontée par : Virgile, Énéide [détail des
éditions] [lire en ligne [archive]] Livre 1,16.

20. ↑ Jean-Paul Brachet et Claude Moussy, Latin et langues


techniques, Paris, Presses Paris Sorbonne, 2006, 334 p. (ISBN 2-
84050-417-0, lire en ligne [archive]), p. 51-53.

21. ↑ Antoine Henrot, Jan Sokolowski, « Qu’est-ce que


l’optimisation de forme ? », 1903 - 2003 Un siècle de
mathématiques à Nancy, 2003 (lire en ligne [archive]).

22. ↑ Neugebauer 1992, p. 51.

23. ↑ Robson 2008, p. 65, 66.

24. ↑ Traduction libre et adaptation depuis Robson 2008, p. 65.

25. ↑ Revenir plus haut en :a et b E. Fourrey, Curiosités géométriques, Vuibert


et Nony, 1907, 431 p..

26. ↑ Ancien Testament, Premier livre des Rois, Version Louis


Segond - 1910.

27. ↑ Berggren et al. 2004, p. 681.

28. ↑ Traduction libre depuis Berggren et al. 2004, p. 681.

29. ↑ Berggren et al. 2004, p. 329.

30. ↑ J. C. Pénin, Analyse et démarche analytique Actes


du 11 colloque de Reims InterIrem d'Epistémologie et d'Histoire des
e

Mathématiques, Chap 4, p. 311.


31. ↑ Descartes, La géométrie, extrait du site : J.-C. Pénin, « La
rectification des courbes [archive] », 2007.

32. ↑ Pénin 2007.

33. ↑ C. Jordan, Cours d'analyse de l'école polytechnique, 3


volumes, Jacques Gabay, première publication entre 1882 et 1887,
édition 1991 (ISBN 2-87647-018-7).

34. ↑ Poincaré 1908, p. 132.

 Portail de la géométrie

Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 31 mai
2009 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et
le vote l'ayant promu.

Catégories :

 Distance et longueur

 Géométrie classique

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