Introduction aux anneaux de valuation
Introduction aux anneaux de valuation
Initiation à la recherche
Anneaux de Valuations
Lauriane Huguet
Université de Rennes 1
3
Stage de magistère 1re année (L3), e↵ectué au laboratoire de mathématiques de
l’UVSQ, dans l’équipe d’Algèbre et Géométrie,
sous la direction de Vincent Cossart.
Je remercie toute l’équipe pour leur accueil chaleureux.
Je remercie tout particulierement les doctorants Jérémy Berthomieu, Tamara
El Bouti, Aurélien Greuet, Cécile Mailler et Daniele Turchetti pour leur
soutien et leur bonne humeur.
Merci à Vincent Cossart de m’avoir accordé son temps et m’avoir fait découvrir
le monde merveilleux des valuations.
Merci à Jérémy Berthomieu et Théo Pierron pour leur conseils avisés en
LATEX.
4
Introduction
Le but de ce stage était d’introduire la notion d’anneaux de valuation.
Ce rapport a été rédigé en suivant la logique globale de la section “valuation rings”
du chapitre 5, du livre Introduction to Commutative Algebra de M.F Atiyah et I.G
Macdonald [AM], et en y incorporant la rédaction des exercices se rapportant
au chapitre ainsi que des compléments nécessaires à la compréhension.
L’introduction des anneaux de valuation est assez récente puisque qu’elle date du
début du XXes.
Tous les anneaux considérés seront commutatifs et unitaires.
I. Préliminaires
I.A. Rappels
Définition I.1 Un idéal maximal m d’un anneau commutatif A 6= (0) est un idéal
tel qu’il existe exactement deux idéaux qui le contiennent, à savoir lui-même et
l’anneau entier.
En d’autres termes, m 6= A et 8I ⇢ A, I idéal de A, si m ✓ I alors I = A ou
I = m.
Définition I.2 Soit A un anneau, A est un anneau local s’il admet un unique
idéal maximal.
Rappel I.1 : Théorème de Krull.
Soit A un anneau non nul, I un idéal de A, I 6= A, alors il existe m un idéal
maximal de A tel que I ✓ m.
a
Définition I.3 Soit A un anneau intègre. On appelle K = b
a, b 2 A le corps
des fractions de A, parfois noté Frac(A).
Proposition I.A.1
Soient A un anneau, A 6= (0) et m = {x 2 A |x 1 2 / A}. A est local si, et seulement
si, m est un idéal de A. Dans ce cas, m est l’idéal maximal de A.
5
Preuve
Définition I.4 Soit S ⇢ A, non vide. On dit que S est une partie multiplicative
de A si 1 2 S, 0 2
/ S et S est stable par multiplication.
Définition I.5 Soient A un anneau et S une partie multiplicative de A. La loca-
lisation de A par rapport à la partie multiplicative S est S 1 A = (A ⇥ S)/R où
(a, s)R(a0 , s0 ) si, et seulement si, 9u 2 S , u(as0 a0 s) = 0.
Proposition I.B.1
S 1 A est un anneau.
Preuve
(cf : cours de L3)
6
Définition I.6 Si A est un anneau intègre alors S = A \ {0} est une partie
multiplicative de A et S 1 A est le corps de fractions de A.
Proposition I.B.2
Si p est un idéal premier de A alors S = A \ p est multiplicative et on note
Ap := S 1 A.
Définition I.7 Ap est dit localisé de A en p.
Théorème I.1
Soient A un anneau et p un idéal premier de A. Ap est un anneau local, d’idéal
maximal pAp := { as | a 2 p, s 2
/ A \ p}.
Preuve
Ap = { as , a 2 A, s 2
/ A \ p}
Montrons que pAp est un idéal de Ap .
a b c
Soient ,
s1 s2
2 pAp et s3
2 Ap .
a c ac
· =
s1 s3 s1 s3
ac
Comme p est un idéal, ac 2 p car a 2 p et s1 s3
2 pAp .
a b as2 + bs1
+ =
s1 s2 s1 s2
as2 +bs1
Comme p est un idéal et a, b 2 p, as2 + bs1 2 p donc s1 s2
2 pAp .
Donc pAp est un idéal de Ap .
1
Remarquons que 1 = 1
2
/ pAp donc pAp 6= Ap .
Soit x = uv 2
/ a 2 Ap a1 2/ pAp .
v
u2/ p donc u 2 S et u = x 1 2 Ap .
1
Donc pAp = x 2 Ap | x
2
/ Ap .
D’après la proposition I.A.1, Ap est local, d’idéal maximal pAp .
Remarque : Si A est un anneau intègre, p 2 Spec A, A ⇢ K = Frac(A) et Ap
s’injecte dans K par as 7! as .
A ⇢ Ap ⇢ K.
7
Théorème I.2
Les idéaux propres de pAp sont de la forme IAp avec I un idéal de A, I ✓ p.
Preuve
IAp , I ⇢ p, est un idéal de Ap par les même arguments que précédemment.
1
Réciproquement, soit J un idéal de Ap alors J ⇢ pAp . Soit ' : A 7! S A telle
que '(a) = a1 pour tout élément a de A.
' est un morphisme d’anneau (cf : cours de L3).
' 1 (J) est un idéal de A et ' 1 (A) ⇢ ' 1
(pAp ) = p donc IAp ⇢ J avec
I = ' 1 (J).
8 as 2 J, 1
s
2 Ap donc a
1
= as
s1
2 J car J est un idéal de Ap .
a
On en déduit que a 2 I donc que s
2 IAp .
D’où J ⇢ IAp et J = IAp .
8
Théorème I.3
Soient k un corps, k 0 une extension de k et x un élément de k 0 .
Si x est algébrique sur k de polynôme minimal ⇧, alors [k[x] : k] = deg ⇧, k[x] est
un k-espace vectoriel de dimension n = deg P et de base (1, x, . . . , xn 1 ).
De plus, si ⌦ est un corps algébriquement clos et g un homomorphisme de k dans
⌦, alors g peut être étendu à k[x].
Preuve
Soit fx défini de la manière suivante :
fx : k[X] ! k 0
e 2 k 7! e
X 7! x 2 k 0 .
9
D’où : k[x] est un espace vectoriel de dimension n = deg ⇧ sur k et {1, x, . . . , xn 1 }
forment une base de k[x].
Soit ⌦ un corps algébriquement clos. On montre qu’il existe qui prolonge
g : k ! ⌦ telle que : k[x] ! ⌦.
/ k0
k / k[x]
g
~
⌦
fx1 : k[X] ! ⌦
e 2 k 7! e
X 7! x1 2 ⌦.
On obtient alors :
k / k[X] / k[X]/hSi
fx 1
g
✏ {
⌦
Soit hSi = ker fx1 , avec S un polynôme irréductible de k[X]. On sait que
ker fx1 6= (0) car il contient ⇧.
hSi est un idéal premier de k[x] contenant h⇧i qui est maximal. Donc hSi = h⇧i.
Il suffit donc d’envoyer X 2 k[X]/h⇧i sur x1 2 ⌦ pour définir fx0 : k[X]/h⇧i ! ⌦.
10
fx
k / k[X] / k[X]/h⇧i o / k[x] / k0
fx1
g fx0
✏ {
⌦
8a 2 A, aM = h0i ) a = 0.
u n = a1 u 1 + · · · + an u n
un ( 1 a ) = a1 u 1 + · · · + an 1 u n 1 .
| {z n}
2m
/ sinon 12m
11
Donc 1 an est inversible, et :
un = (1 an ) 1 (a1 u1 + · · · + an 1 un 1 ).
Définition I.14 L’ensemble A des éléments x 2 B entiers sur A est appelé clôture
intégrale de A dans B.
Si Ā = A, on dit que A est intégralement clos.
Si Ā = B, on dit que B est entier sur A ou que l’extension A ⇢ B est entière.
12
Proposition I.D.1
Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) x 2 B est entier sur A ;
(ii) A[x] est un A-module de type fini ;
(iii) A[x] est contenu dans un sous-anneau C de B qui est un A-module de type
fini ;
(iv) il existe un A[x]-module fidèle M qui est un A-module de type fini.
Preuve
(i) ) (ii). Par définition, il existe a1 , . . . , an 2 A tels que
⇧(x) = xn + a1 xn 1
+ · · · + an = 0.
13
Or (M) = 0 donc l’endomorphisme de multiplication par (x) est nul,
(x)M = 0 mais M est fidèle donc (x) = 0, x est entier sur A.
Corollaire I.D.1
Soient xi , 1 i n des éléments de B entiers sur A, alors l’anneau A[x1 , . . . , xn ]
est un A-module de type fini.
Preuve
On fait une récurrence sur n.
• Initialisation : Soit x1 2 B, entier sur A, alors il existe un polynôme P 2 A[X]
de coefficient dominant 1 tel que P (x1 ) = 0. On a donc A[x1 ] = A[x1 ]deg(P ) 1
et (1, x1 , . . . , xdeg(P ) 1 ) est un système de générateurs de A[x1 ] en tant que A-
module.
• Hérédité : On suppose que A[x1 , . . . , xm ] est un A-module de type fini.
Soit {e1 , . . . , en } un système
nP de P générateurs de A[x1 , . . . , xm ]. o
r n j
A[x1 , . . . , xm ][xm+1 ] = j=0 ( i=1 ai,j ei ) xm+1 ai,j 2 A, r 2 N . Or xm+1
est entier sur A, 0 + 1 xm+1 + · · · + p 1 xpm+1 1
+ xpm+1 = 0.
Ainsi toutes les puissances supérieures à p de xm+1 s’expriment en fonction des
puissances inférieures ou égalesnPà p P 1 de xm+1 . o
p 1 n j
Donc A[x1 , . . . , xm ][xm+1 ] = j=0 ( i=1 a i,j e i ) x m+1 ai,j 2 A
et xim+1 ej 0 i p 1, 1 j n est un système de générateurs de
A[x1 , . . . , xm , xm+1 ] qui est donc un A-module de type fini sur A.
Corollaire I.D.2
La clôture intégrale de A dans B est un sous-anneau de B.
Preuve
Soit C la clôture intégrale de A dans B. Il suffit de montrer que C est stable pour
l’addition et la multiplication. Soient x, y 2 C, alors le module A[x, y] contient xy
et x + y. Par la proposition I.D.1(iv) et le corollaire I.D.1, xy et x + y sont entiers
sur A.
Corollaire I.D.3
Soient A ⇢ B ⇢ C trois anneaux tels que les extensions A ⇢ B et B ⇢ C soient
entières, alors l’extension A ⇢ C est entière.
14
Preuve
Soit x 2 C et soient a0 , . . . an 1 2 B tels que
x n + an 1 x n 1
+ · · · + a0 = 0.
Corollaire I.D.4
Soit A ⇢ B une extension d’anneaux et soit C la clôture intégrale de A dans B,
alors C est intégralement clos dans B.
Preuve
Soit x 2 B, entier sur C :
A ⇢ C ⇢ C[x]
Or A ⇢ C est une extension entière et C ⇢ C[x] est aussi une extension entière,
d’après le corollaire I.D.1. D’après le corollaire I.D.3, A ⇢ C[x] est une extension
entière, donc x 2 C.
Ainsi, si x 2 B est entier sur C, alors il est entier sur A, ce qui nous donne par
définition de C, x 2 C et C = C.
II.A. Généralités
exemple
15
Preuve
Soit x 2 Q, x = uv , on choisit u et v premiers entre eux. Si p ne divise pas u,
alors x 1 2 Zp . Sinon p ne divise pas v, car u et v sont premiers entre eux, donc
x 2 Zp .
Proposition II.A.1
Un anneau de valuation A est un anneau local.
Preuve
On considère le sous-ensemble m de A défini de la manière suivante :
1
m = x 2 A, x 2
/A .
On a a fortiori 1 2
/ m donc m 6= A.
Montrons que m est un idéal.
Soient x 2 m, y 2 A, xy 2 A. On suppose que xy 2
/m:
9u 2 A, xyu = 1.
1
Il en découle que yu = x 2 A, ce qui contredit x 2 m.
Soient x, y 2 m. Si x ou y est nul, alors on a évidemment x + y 2 m.
Si x et y sont non nuls alors
1 1
x + y = y xy + 1 = x yx +1 .
Proposition II.A.2
Soient K un corps et A un anneau de valuation de K. Soit A0 un sous-anneau de
K tel que :
A ✓ A0 ✓ K,
alors A0 est un anneau de valuation.
16
Preuve
8x 2 K, x 2 A donc x 2 A0 ou x 1
2 A, donc x 1
2 A0 .
Proposition II.A.3
Soit A un anneau de valuation, alors A est intégralement clos.
Preuve
Soit x 2 K entier sur A.
Si x 2 A, x x = 0, n = 1 et a1 = x.
1
Sinon x 2 A et
1 n
1 + a1 x + · · · + an x =0
1 n+1
1+x a1 + · · · + an x =0
1 n+1
x · a1 + · · · + an x = 1.
n+1
On a donc : x = (a1 + · · · + an x ) 2 A.
(A, f ) (A0 , f 0 ) si A ✓ A0 et f 0 |A = f.
Lemme II.A.1
B est un anneau local et m = ker g est son idéal maximal.
17
Preuve
D’après le rappel I.3 appliqué à g : B 7! ⌦, on a :
B g 7/ ⌦
✏ ) ḡ
B/ ker g
g(B) = ḡ(B/ ker g) et ḡ(B/ ker g) ' B/ ker g. ḡ(B/ ker g) est un sous-anneau de
⌦, donc c’est un anneau intègre. On en déduit que B/ ker g est intègre et donc que
ker g est premier.
A /B / Bm / K
g0
g
f
& ✏ x
⌦
g(b)
où Bm = sb b, s 2 B, s 2 / m = ker g et g 0 b
s
= g(s)
. g 0 est bien définie, i.e., ne
dépend pas du représentant choisi.
Donc (Bm , g 0 ) 2 ⌃ et (B, g) est un élément maximal de ⌃ , d’où (B, g) = (Bm , g 0 ).
1
De plus, Bm = S B avec S = B \ m donc son idéal maximal est
mBm = mB = m.
C’est-à-dire : B est local, d’idéal maximal m.
Lemme II.A.2
Soit x 2 K un élément non nul. Alors m[x] 6= B[x] ou m[x 1 ] 6= B[x 1 ].
Preuve
On suppose que m[x] = B[x] et m[x 1 ] = B[x 1 ], 9↵0 , ↵1 , ..., ↵n , 0, 1 , ..., d 2m
tels que :
1 = ↵ 0 + ↵ 1 x + · · · + ↵ n xn (0.1)
1 d
1= 0 + 1x + ··· + dx (0.2)
xn (1 0) = 1x
n 1
+ ··· + dx
n d
.
18
Comme 0 2 m, 1 0 est inversible.
xn = (1 0)
1
· 1x
n 1
+ ··· + dx
n d
Théorème II.1
Soit (B, g) un élément maximal de ⌃ , alors B est un anneau de valuation du
corps K.
Preuve
1
Soit x 2 K tel que x 6= 0. On veut montrer que x 2 B ou x 2 B.
D’après le lemme II.A.2, m[x] 6= B[x] ou m[x 1 ] 6= B[x 1 ] et il est clair que m[x]
est un idéal de B[x]. Comme x et x 1 jouent des rôles symétriques, on suppose
que m[x] 6= B[x].
D’après le rappel I.1, il existe alors m0 ⇢ B[x] tel que m0 est un idéal maximal de
B[x] qui contient m[x]. On a donc :
m[x] ⇢ m0 ⇢ B[x]
19
D’après le rappel I.3, on a donc une injection de B/m dans B[x]/m0 :
B / B[x]
✏ f $ ✏
B/m / B[x]/m0
B[x] = {b0 + b1 x + · · · + bn xn | n 2 N, bi 2 B}
k 0 = B[x]/m0 = {b0 + b1 x + · · · + bn xn | n 2 N, bi 2 B/m}
= k[x].
B / B[x]
✏ $ ✏
B/m / B[x]/m0
g
ḡ
! { ḡ 0
- ⌦p
On a donc trouvé (B[x], ) tel que (B[x], ) ⌫ (B, g), or (B, g) est un élément
maximal de ⌃ donc B = B[x], d’où x 2 B car x 2 B[x].
20
La relation de domination, dom , est une relation d’ordre sur
⌃dom = {A, A sous-anneau local de K}.
Corollaire II.A.1
Soit K un corps et A un sous-anneau local de K, alors il existe V , un anneau de
valuation de K, qui domine A.
A / V /K
Preuve
Soit ⌦ la clôture algébrique de A/ max(A). Comme A est un sous-anneau de K,
on a :
A /K
✏ h
A/ max(A)
%⇠
⌦
/B
A / K
✏ h
A/ max(A)
%⇠ ⌥
⌦
Corollaire II.A.2
F Exercice 27, chapitre 5, [AM].
A est un élément maximal de ⌃dom pour dom si, et seulement si, A est un anneau
de valuation de K.
21
Preuve
1re étape : On veut appliquer le lemme de Zorn (cf : le rappel I.2).
S
Soit une chaı̂ne de ⌃dom . Soit B = A2 A, on montre que B est un majorant
de .
Soient x, y 2 B, 9A1 , A2 2 tels que x 2 A1 , y 2 A2 . Comme est une chaı̂ne,
A1 dom A2 ou A2 dom A1 , donc x 2 A2 et xy 2 A2 , i.e., x + y 2 A2 ou y 2 A1 ,
donc xy 2 A1 et x + y 2 A1 .
On a donc xy, x + y 2 B, B est un sous-anneau de K qui contient tous les éléments
de .
S
On pose mB = A2 mA où mA est l’idéal maximal de A.
Soient x 2 B, y 2 mB , 9A1 2 tel que y 2 mA1 , 9A2 tel que x 2 A2 .
Si A1 dom A2 , alors y 2 mA2 , donc xy 2 mA2 , xy 2 mB .
Si A2 dom A1 , x 2 A1 xy 2 mA1 , xy 2 mB .
Soient x, y 2 mB , 9A1 , A2 2 tel que y 2 mA1 , x 2 mA2 .
Si A1 dom A2 , alors y 2 mA2 , donc x + y 2 mA2 , x + y 2 mB .
Si A2 dom A1 , x 2 mA1 , x + y 2 mA1 , x + y 2 mB .
mB est un idéal de B.
Soit x 2 B \ mB , 9A 2 tel que x 2 A.
Si x n’est pas inversible dans B, alors x n’est pas inversible dans A, donc x 2 mA
et on en déduit que x 2 mB , ce qui contredit x 2 B \ mB . On en déduit que x est
inversible dans B. Donc m = {x 2 B | x 1 2 / B}.
Réciproquement, si x 2 mB et x inversible dans B, alors il existe A1 , A2 2 tels
que x 2 mA1 , x 1 2 mA2 . Comme est une chaı̂ne, A1 A2 ou A2 A1 .
Par la proposition I.A.1, B est un anneau local, d’idéal maximal mB et B est un
majorant de . On peut alors appliquer le Lemme de Zorn (le rappel I.2), ⌃dom
admet un élément maximal.
2e étape : On montre l’équivalence A anneau de valuation de K si, et seulement
si, A est un élément maximal de ⌃dom .
() Soit A un élément maximal de ⌃dom . A est un sous-anneau local de K, par le
corollaire II.A.1, il existe V un anneau de valuation de K qui le domine. Or A est
maximal, donc V = A. A est un anneau de valuation.
22
)) Soit V un anneau de valuation de K.
Si V n’est pas un élément maximal de ⌃dom , alors il existe B 2 ⌃dom maximal
tel que V ✓ B ✓ K.
8x 2 K :
Soit x 2 V , alors x 2 B.
Soit x 2/ V , alors x 1 2 V , car V est un anneau de valuation et x 1 est non
inversible dans V , donc x 1 2 mV . Comme mV = V \ mB , x 1 2 mB , c’est à dire,
x 1 est non inversible dans B, donc x 2
/ B.
On vient de montrer que V = B, donc V est un élément maximal de ⌃dom .
Corollaire II.A.3
Soient V un anneau de valuation de K et K 0 une extension de K. Il existe V 0
anneau de valuation de K 0 qui domine V .
De plus V 0 \ K = V , mV 0 \ K = mV .
Preuve
V est un anneau local, sous-anneau de K 0 , donc il existe un élément V 0 , sous-
anneau de K 0 , maximal pour dom qui le domine. Par le corollaire II.A.2, V 0 est
un anneau de valuation de K 0 .
V _ / K
✏ ✏
V0 / K0
23
Corollaire II.A.4
Soient A un sous-anneau d’un corps K. La clôture intégrale A de A dans K est
l’intersection de tous les anneaux de valuations de K contenant A.
Preuve
Soit V un anneau de valuation
T qui contient A. Comme V est intégralement clos,
Ā ⇢ V . On a donc Ā ⇢ A⇢V V , où tous les V sont des anneaux de valuations.
Pour montrer l’inclusion réciproque, on montre par contraposée que si x 2
/ A, alors
il existe un anneau de valuation V tel que x 2/ V.
Soit x 2 / A0 := A[x 1 ], sinon x = ↵0 + ↵1 x 1 + · · · + ↵d x d , donc
/ Ā, alors x 2
xd+1 = ↵0 xd + ↵1 xd 1 + · · · + ↵d ce qui contredirait x 2/ Ā. On a donc x 1 non
0 1 0 0
inversible dans A , donc x 2 m , l’idéal maximal de A . De plus, par le corollaire
II.A.1, il existe V un anneau de valuation de K qui contient A0 , d’où :
A / A0 = A[x 1 ] / V /K
✏
A0 /m0
⌧ ✏ ⇥
⌦
Proposition II.A.4
F Exercice 28, chapitre 5, [AM].
Soient A un anneau intègre et K son corps de fractions. Les assertions suivantes
sont équivalentes :
(i) A est un anneau de valuation de K ;
(ii) Si I et J sont deux idéaux de A, alors I ✓ J ou J ✓ I.
Preuve
24
8x 2 K, x 2 A ou x 1 2 A.
Supposons I * J. 9y 2 I, y 2 / J. Soit x 2 J. Comme A est un anneau de
x y
valuation, y 2 A ou x 2 A.
Or, xy 2
/ A, sinon y = xy · x 2 I. Donc xy 2 A et x = xy · y 2 I.
On en déduit donc que J ✓ I.
(ii) ) (i) Les idéaux de A sont totalement ordonnés pour l’inclusion.
Soit x 2 K, 9u, v 2 A tel que x = uv .
Si hui ✓ hvi, alors 9y 2 A tel que u = vy. On a alors x = y 2 A.
Sinon, hvi ✓ hui, alors 9y 2 A tel que v = uy. On a alors x 1 = y 2 A.
A est un anneau de valuation.
exemple
Soient A un anneau de valuation et p un idéal premier de A.
\ D’après le théorème I.2, la propriété (ii) est vérifiée dans Ap , donc Ap est un
anneau de valuation.
Rappel II.1 : Il existe une bijection entre les idéaux de A qui contiennent p et
les idéaux de A/p :
Proposition II.A.5
F Exercice 29, chapitre 5, [AM].
Soit A un anneau de valuation d’un corps K. Alors tout sous-anneau de K qui
contient A est de la forme Ap , où p est un idéal premier de A.
Preuve
Tout sous-anneau de K de la forme Ap est un sous-anneau de K qui contient A,
c’est un anneau de valuation.
Soit B un sous-anneau de K qui contient A, A ✓ B ✓ K, donc B est un anneau
de valuation, d’après la proposition II.A.2.
On pose p = mB \ A. p est premier car c’est l’image réciproque de mB qui est un
idéal maximal. On a alors p ✓ Ap \ mB .
1
Soit s 2 A \ p, alors s 2
/ mB et s est inversible dans B, i.e., s
2 B.
25
a
On en déduit, 8a 2 A, s
2 B, donc Ap ⇢ B.
D’où A ✓ Ap ✓ B et pAp ✓ Ap \ mB .
Or, d’après le théorème I.1, pAp est l’idéal maximal de Ap .
Comme 1 2
/ mB , 1 2
/ Ap \ mB , donc Ap \ mB est un idéal propre de Ap .
De plus Ap \ mB , contient l’idéal maximal, donc pAp = Ap \ mB .
On en déduit que Ap dom B. Comme Ap est un anneau de valuation, d’après
le corollaire II.A.2, il est maximal pour dom dans l’ensemble des sous-anneaux
locaux de K, donc B = Ap .
Proposition II.A.6
F Exercice 30, chapitre 5, [AM].
Soit A un anneau de valuation d’un corps K. Soit U l’ensemble des inversibles de
A qui est un sous-groupe du groupe multiplicatif K ⇤ de K. Soit = K ⇤ /U .
Si ⇠, ⌘ 2 sont représentés par x, y 2 K, on dit que ⇠ ⌘ si xy 1 2 A. Comme A
est un anneau de valuation, cette relation est une relation d’ordre totale sur et
est compatible avec la structure de groupe ( 8! 2 , ⇠ ⌘ ) ⇠ ! ⌘ !).
Soit v : K ⇤ 7! l’homomorphisme canonique.
Alors 8x, y 2 K ⇤ , v(x + y) min (v(x), v(y)).
Preuve
Montrons que est un ordre total sur compatible avec la structure de groupe.
• Montrons que ne dépend pas du représentant choisi. Soient ⇠, ⌘ 2 , x, x0 2 ⇠,
et y, y 0 2 ⌘, on suppose xy 1 2 A.
Comme x, x0 2 ⇠, et y, y 0 2 ⌘, on a, x0 x 1 2 U et yy 0 1 2 U . On en déduit que
x0 y 0 1 = x0 (x 1 x)(y 1 y)y 0 1 = (x0 x 1 ) xy 1 (yy 0 1 ). Donc x0 y 0 1 2 A, et l’ordre
| {z } | {z } | {z }
2A 2A 2A
ne dépend pas du représentant choisi.
26
• Montrons que est compatible avec la structure de groupe. Soient ⇠ = x̄, ⌘ = ȳ
et ! = z̄. Si ⌘ ⇠, alors yx 1 2 A.
On a alors xz(yz) 1 = x(zz 1 )y 1 = yx 1 2 A, donc ⌘! ⇠!.
1
Comme x et y jouent des rôles symétriques, on suppose v(x) v(y), donc xy 2A
et min(v(x), v(y)) = v(y).
On a alors
1
(x + y) y = xy 1 + |{z}
1 2 A, donc v(x + y) v(y)
| {z }
2A 2A
Définition II.2 Le groupe ainsi défini est appelé le groupe des valeurs de A.
En général, la loi est notée +.
Corollaire II.A.5
F Exercice 31, chapitre 5, [AM].
Soient un groupe abélien totalement ordonné et K un corps. Une valuation de
K à valeurs dans est une application v : K ⇤ 7! telle que, 8x, y 2 K ⇤ :
1. v(xy) = v(x) + v(y).
2. v(x + y) min(v(x), v(y)).
Alors V = {x 2 K ⇤ | v(x) 0} est un anneau de valuation de K.
Preuve
Soit x 2 K. Si x 2 V , alors il n’y a rien à montrer. Sinon, v(x) < 0,
v(xx 1 ) = v(x) + v(x 1 ) = v(1), donc v(x 1 ) = 1 v(x).
De plus, v(x) = v(1 · x) = v(x) + v(1), donc v(1) = 0. On a donc v(x 1 ) > 0, donc
x 1 2 V . Donc V est un anneau de valuation, d’idéal maximal
m = {x 2 K ⇤ | v(x) > 0}.
27
Remarque : Ainsi, le corollaire II.A.3 s’interprète de la manière suivante :
Soient V un anneau de valuation définie par une valuation v : K ! [ 1 où
K = Frac(V ), K 0 une extension de K, alors il existe w, une valuation de K 0 ,
w : K 0 ! 0 [ 1 telle que w|K = v.
On verra plus tard l’exemple de M. Spivakovsky (III.B).
Définition II.4 Soient A un anneau intègre et un groupe totalement ordonné.
On appelle valuation de A à valeurs dans , une application v : Frac(A) 7! [{1}
telle que v vérifie les conditions 1 et 2 dans le corollaire II.A.5 et v(0) = +1.
Par convention, 8a 2 , a + (+1) = (+1) + (+1) = +1.
Définition II.5 Le corps KV = V / max(V ) est le corps résiduel de la valuation v
où V = v 1 ( + ).
exemple
Proposition II.A.7
⇣Pv une ⌘valuation d’un anneau A, pour tout (a1 , . . . , ad ) 2 A,
Soit
d
v i=1 ai inf {v(ai ) | 1 i d}. De plus, s’il existe k 2 {1, . . . , d} tel que
8i 6= k, v(xi ) > v(xk ), alors il y a égalité dans l’inégalité précédente.
Preuve
Comme v est une valuation, v(x + y) inf(v(x), v(y)).
P On suppose par récurrence
que pour toute famille de cardinal m n, on a v ( mi=1 ai ) inf 1im (v(ai )).
Au rang n + 1 :
n+1
! n
! n
!!
X X X
v ai = v an+1 + ai inf v(an+1 ), v ai
i=1 i=1 i=1
✓ ◆
inf v(an+1 ), inf (v(ai ))
1in
inf {v(ai ) | 1 i n + 1} .
28
On se ramène au cas n = 2 : v(x) < v(y), v(x + y) v(x).
De plus
v(x) = v((x + y) + ( y)) inf(v(x + y), v( y))
et
v(y) = v( y)
car v(( 1)( 1)) = v( 1) + v( 1) = v(1) = 0
donc v( 1) = 0 et v( y) = v( 1) + v(y) = v(y).
Corollaire II.A.6
F Exercice 32, chapitre 5, [AM].
Soit un groupe abélien totalement ordonné. Soit A un anneau de valuation d’un
corps K dont est le groupe des valeurs.
Si p est un idéal premier de A, alors v(A \ p) est l’ensemble des éléments positifs
dans un sous-groupe isolé de . L’application de Spec(A) dans l’ensemble des
sous-groupes isolés de est une bijection.
Preuve
On montre que hv(A \ p)i = v(A \ p) [ v(A \ p).
Si x 2 v(A \ p), x= v(a) 2 v(A \ p) donc v(A \ p) ⇢ hv(A \ p)i.
Soient x, y 2 v(A \ p) [ v(A \ p), x = v(a), y = v(b), a ou a 1 , b ou b 1 2 A \ p.
x + y = v(a) + v(b) = v(ab). Trois cas possibles :
1ecas : a, b 2 A \ p ab 2 A et ab 2 / p car p est premier.
2ecas : a 1 , b 1 2 A \ p et a 1 b 1 2 A \ p car p est premier.
3ecas : a 1 , b 2 A \ p ou b 1 , a 2 A \ p. Les deux possibilités étant symétriques,
prenons a 1 , b 2 A \ p et a 1 b 2 A \ p car p est premier.
29
x + y = v(a) + v(b) = v(ab).
Comme A est un anneau de valuation : ab ou a 1 b 1 2 A.
Si ab 2 A et ab 2 p alors aba 1 = b 2 p car a 1 2 A et p est un idéal de A, ce qui
est impossible par hypothèse.
Si a 1 b 1 2 A et a 1 b 1 2 p alors a 1 = a 1 b 1 b 2 p car b 2 A et p est un idéal
de A.
0
On a donc montré que := v(A \ p) [ v(A \ p) est un sous-groupe tel que :
0
v(A \ p) ⇢ ⇢ hv(A \ p)i,
30
exemple
Soient A un anneau de valuation du corps K et p un idéal premier de A.
\ Le groupe des valeurs de A/p est = v(A \ p).
Les éléments de p dans A constituent la classe de 0 dans A/p, donc v(A/p) = .
\ Le groupe des valeurs de Ap est / .
⇣a c ⌘
v · = v(ac) v(bd)
b d
= v(a) + v(c) v(b) v(d)
= v(a) v(b) + v(b) v(d)
⇣a⌘ ⇣c⌘
=v +v ,
b d
⇣a c ⌘ ✓ ◆
ad + bc
v + =v
b d bd
= v(ad + bc) v(bd)
= v(ad + bc) v(b) v(d),
⇣a c⌘
v + min (v(ad), v(bc)) v(b) v(d)
b d
= min (v(a) v(b), v(c) v(d))
⇣a c⌘
⇣ ⇣ a ⌘ ⇣ c ⌘⌘
v + min v ,v .
b d b d
31
Soit v 00 un autre prolongement de v à K. Soit x 2 K.
Si x 2 A, alors v 0 (x) = v 00 (x) = v(x).
Sinon, x 1 2 A, v 00 (xx 1 ) = v 00 (1) = v(1) = 0 car 1 2 A. Et v 00 est une valuation,
donc v 00 (xx 1 ) = v 00 (x) + v 00 (x 1 ) = 0,
i.e., v 00 (x) = v 00 (x 1 ) = v 0 (x 1 ) = v 0 (1) v 0 (x 1 ) = v 0 (x). D’où v 0 = v 00 .
Corollaire II.A.7
F Exercice 33, chapitre 5, [AM].
Soient k un corps quelconque, un groupe ordonné et A = k[ ].
A =Vect(x↵ , ↵ 2 ). A est un anneau intègre. Soit u = 1 x↵1 + · · · + n x ↵n avec
81 i n, i 6= 0 et ↵1 < ↵2 < · · · < ↵n .
Si u n’est pas inversible dans A, on définit v(u) = ↵1 .
Preuve
Soient u, w 2 A,
u = 1 x ↵1 + · · · + n x ↵n ,
w = µ1 x 1 + · · · + µn x d ,
uw = 1 µ1 x ↵ 1 x 1 + ··· + n µd x ↵ n x d
,
uw = 1 µ1 x ↵ 1 + 1 + ··· + n µd x ↵ n + d
,
N’importe quel groupe ordonné est donc le groupe des valeurs d’une valuation.
exemple
n P ⇣P ⌘ o
i j
\ A = K((X))[[Y ]] = j2N a
i2Z,i i0 (j) (j,i) X Y a (j,i) 2 K .
On rappel que K((X)) est constitué des séries de Laurent en X à coefficients
dans K et que K[[Y ]] est constitué des séries formelles en Y à coefficients dans
K.
32
On définit la valuation v : v(P 2 A) = inf (j, i) a(j,i) 6= 0 pour l’ordre
lexicographique.
L’anneau de valuation de A par rapport à v est {P 2 A | v(P ) 0}.
v(P ) 0 si inf(j, i) 0, i.e., inf(j, i) = (a, b) avec a > 0 ou a = 0 et b 0.
Si a > 0, alors P 2 Y K((X))[[Y ]].
Si a = 0 et b 0, alors P 2 K[[X]].
On a donc {P 2 A | v(P ) 0} = K[[X]] + Y K((X))[[Y ]].
Définition II.7 v est une valuation discrète si son groupe des valeurs est Z[{1}.
Remarque : Attention, il existe d’autres définitions. Par exemple, pour
O. Zariski, les valuations discrètes sont les valuations de groupe des valeurs
= Znlex .
Définition II.8 Soit V un anneau intègre de corps des fractions K. V est un
anneau de valuation discrète, ou DVR (Discrete Valuation Ring), s’il existe une
valuation discrète v de K telle que V soit l’anneau de valuation de v.
Rappel II.2 : Soit I un idéal de A, I n = ha1 a2 · · · an |ai 2 Ii.
Rappel II.3 : Soit A un anneau, A est noethérien si tous les idéaux de A sont de
type finis, i.e., engendré par un nombre fini d’éléments de A.
Définition II.9 La dimension de Krull d’un anneau A est la borne supérieure
de la longueur des chaı̂nes d’idéaux premiers de A.
Proposition II.B.1
Soit A un anneau intègre local noethérien, de dimension de Krull 1, d’idéal maxi-
mal m et de corps résiduel k = A/m. Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) A est un DVR ;
(ii) A est intégralement clos dans Frac(A) ;
(iii) m est principal ;
(iv) dimk m/m2 = 1 ;
33
(v) Tout idéal non nul de A est une puissance de m ;
(vi) Il existe t 2 A tel que tout idéal non nul de A est de la forme htm i avec m 2 N.
Définition II.10 t est appelé ⌧ uniformisante de A et est défini à un
inversible près.
Preuve
34
et
bµ = am
ce qui définit une structure de k-espace vectoriel sur m/m2 .
Comme m est principal, 8m 2 m, m = ax, m = ax = ãx.
Donc m/m2 est engendré pas x.
Par le lemme I.D.3, si m/m2 = (0), alors m = (0), ce qui contredit dim A = 1.
Donc m/m2 6= (0).
On en déduit que m/m2 est de dimension 1.
(iv) ) (v) et (vi) Par le lemme I.D.3, si dimk m/m2 = 1, alors m est
principal.
Soit I un idéal de A, I 6= (0), I 6= A. Il existe n 2 N tel que mn ⇢ I et mn 1
* I.
0 n0
Remarque : I ⇢ m et 8n n, m ✓ I.
Soit n0 le plus grand entier tel que I ⇢ mn0 , par la remarque précédente n0
existe.
Donc I ⇢ mn0 et I * mn0 +1 . Soit y 2 I \ mn0 +1 , y = axn0 et a 2 / m, sinon
n0 +1
y2m . Comme A est local, m est l’ensemble des éléments non inversibles de
A, donc a est inversible.
Comme a est inversible, xn0 2 I donc hxn0 i = mn0 ⇢ I.
On obtient alors I = mn0 = hxn0 i.
(v) ) (vi) m/m2 6= (0), sinon, par le lemme I.D.3, si m/m2 = (0), alors m = (0),
ce qui contredit dim A =1.
Soit x 2 m/m2 , hxi ⇢ m et hxi * mr , 8r 2. Donc hxi = m et hxr i = mr , r 1.
(vi) ) (i) Les idéaux de A sont donc totalement ordonnés pour l’inclusion. Par la
proposition II.A.4, A est un anneau de valuation de son corps de fractions.
De plus, 8a 2 A, hai = (tr ) avec un r unique.
En e↵et, si a = utr = vts avec r s, alors tr (u vts r ) = 0. Donc u = vts r et
ts r est inversible. On en déduit donc que tout idéal de A est A, ce qui contredit
A de dimension 1.
D’où : 8a 2 K = Frac(A), a = utr , r 2 Z, u inversible dans A. On pose v(a) = r ;
v est une valuation de groupe des valeurs Z, d’anneau de valuation A.
Donc A est un DVR.
35
III. Applications et utilisations de la théorie
Définition III.1 Soit K un corps. Une norme sur K est une application x 7! |x|,
de K dans R+ telle que :
1. 8x 2 K, |x| = 0 , x = 0 ;
2. 8x, y 2 K, |xy| = |x||y| ;
3. 8x, y 2 K, |x + y| |x| + |y|.
Définition III.2 Deux normes sur un corps K sont dites équivalentes si elles
définissent la même topologie.
Proposition III.A.1
Deux normes | · |1 et | · |2 sont équivalentes si, et seulement si, il existe s 2 R⇤+ tel
que l’on ait |x|1 = |x|s2 quel que soit x 2 K ⇤ .
Preuve
Si | · | est une norme sur un corps K, alors |x| < 1 si, et seulement si, la suite de
terme général xn tend vers 0 quand n tend vers +1.
On en déduit le fait que si | · |1 et | · |2 sont équivalentes, alors
Si ce dernier ensemble est réduit à {0}, on a |x|1 = |x|2 = 1 quel que soit x 2 K ⇤ .
Sinon, soit x 2 K ⇤ vérifiant |x|1 < 1. Si y 2 K ⇤ , a 2 Z et b 2 N, alors
|y b x a |1 < 1 , |y b x a |2 < 1.
36
Théorème III.1
Théorème d’Ostrowski. Toute norme non triviale sur Q est équivalente à la
valeur absolue usuelle | · |1 ou à une certaine valeur absolue p-adique |.|p .
Preuve
Soit | · | une norme non triviale sur Q.
S’il existe k 2 N tel que |k| > 1, alors |k| = | 1| + ·{z
· · + 1} | k|1| = k
kf ois
m k n , |ai | ai k 1.
n
X n
X
i
|m| |ai ||k | = (k 1) |k i |
i=0 i=0
0
n
z }| {
X k (n+1)↵ 1 k ↵ (k 1) k 1
(k 1) (k ↵ )i = (k 1) =
i=0
k↵ 1 k↵ 1 k↵
|{z} 1
=|k|>1
| {z }
0
↵
k (k 1)
(k n )↵ ↵
| k {z 1 }
C
↵
|m| Cm .
37
Si |m| 1 alors, de même, il existe tel que : |m| = m , |k| k .
ln |k| ln |m|
Donc ln k
ln m
d’où l’égalité.
ln |k| ln |kn m| n ln |k|+ln |m|
De plus, 8m 2 N, 9n 2 N tel que |k n m| > 1 et ln k
= ln kn m
= n ln k+ln m
d’où
ln |k|
ln k
= lnln|m|
m
.
|a|
Soit x 2 Q, x = ± ab a, b 2 N donc |x| = | ab | = |b|
et |x|1 = ab .
ln |x| = ln |a|
|b|
= ln |a| ln |b| = (ln a ln b) lnln|k|
k
= ln |k|
ln k
ln |x|1 .
ln |x| ln |k|
ln |x|1
= ln k
= ↵ donc |x| = |x|↵1 et | · | est équivalente à | · |1 .
Sinon, 8k 2 N, |k| 1. A fortiori, 8p 2 N, p premier, |p| 1. Comme |.| est non
triviale, par la décomposition en facteurs premiers, 9p premier, tel que |p| < 1.
S’il existe p et q de normes strictement plus petites que 1 alors, par le théorème
de Bézout :
9un , vn 2 Z, 1 = un pn + vn q n
d’où :
1 = |un pn + vn q n | |un ||pn | + |vn ||q n | |p|n + |q|n .
Or, quand n est suffisamment grand, 1 > |p|n +|q|n , ce qui amène une contradiction.
Donc |.| est équivalente à la norme p-adique |.|p .
Définition III.4 Soit k un corps. On dit que F ⇢ k n est un fermé (de Zariski)
si 9I ⇢ k[X1 , . . . , Xn ], F = {(a1 , . . . , an ) 2 k n | 8P 2 I P (a1 , . . . , an ) = 0}.
I(F ) = {P 2 k[X1 , . . . , Xn ] | P est nul sur F }.
Remarque : I ⇢ I(F ).
Définition III.5 On dit que F est irréductible si I(F ) est premier.
Définition III.6 Soit F irréductible.
On appelle anneau de F , l’anneau k[F ] := k[X1 , . . . , Xn ]/I(F ).
On appelle corps de F , k(X1 , . . . , Xn )/I(F ) le corps des fractions de k[F ].
Définition III.7 La dimension de F est dim(F ) := dim k[F ].
38
Théorème III.2
Théorème de Dedekind, Noether, Riemann.
Soit F une courbe ⌧ normale projective (pas de définition donnée ici). Il y a une
bijection entre les points de F et les anneaux de valuations de k[F ] contenant k,
ces anneaux sont des DVR.
Théorème III.3
Théorème de Zariski.
Soit F un fermé projectif irréductible. Il y a une application surjective continue
pour la topologie de Zariski qui envoie l’ensemble des anneaux de valuations de
k[F ] (i.e., la variété de Riemann – Zariski) sur les points de F .
Ces théorèmes donnent un aperçu de ce qui pourrait être étudié ensuite. Leurs
démonstrations font appel aux théorèmes vus pendant ce stage mais aucune preuve
ne sera fournie ici.
39
Comme ordu,v est une valuation, on a :
⌫ (f + g) = ⌫ (tn ' + tm )
= ⌫ tm tn m ' +
min (⌫ (f ) , ⌫ (g)) .
v est donc une valuation et son groupe des valeurs est Z2lex .
P1 1 n
u=t n=1 n ! v .
P1 1 n P1 1 n 1 1
De plus, t ne divise pas n=1 n ! v , sinon n=1 n ! v = t⇢ et 1!
v = v = (u + v)⇢0 ,
ce qui est impossible. Donc, ⌫(u) = (0, 1). De même :
X1
1 n
⌫(u + v) = ⌫(t v ) = (0, 2)
n=2
n !
X1
1 1 n
⌫(u + v + v 2 ) = ⌫(t v ) = (0, 3)
2 n=3
n!
..
.
Xn X1
1 j 1 j
⌫(u + v ) = ⌫(t v ) = (0, n + 1).
j=1
j ! j=n+1
j !
40
Une valuation sur C[u, v]hu,vi s’étend à C{u, v} ou C[u, v] par le corollaire II.A.3.
Mais, attention, le groupe des valeurs peut changer, et même changer de dimen-
sion !
41
Bibliographie
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Bull. Amer. Math. Soc. 38 (2001), 131–169
[AM] M.F. Atiyah, I.G. Macdonald, Introduction to Commutative Algebra,
Addison-Wesley Publishing Co., Reading, Menlo Park, London, Don Mills,
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[C] P. Colmez, Les nombres p-adiques, notes de cours de M2.
[Spi] M. Spivakovsky, Valuations in function fields of surfaces, American Journal
of Mathematics, Vol. 112, No.1 (Feb., 1990).
[Vaq] M. Vaquié, Valuations, Resolution of singularities (Obergurgl, 1997), 539 –
590, [Link]., 181, Birkhauser, Basel, 2000
[Z] O. Zariski, P. Samuel, Commutative Algebra, Vol. II, Springer-Verlag, New
York, 1960.
42