Diagnostic des tumeurs palatines non épithéliales
Diagnostic des tumeurs palatines non épithéliales
NASTASI Julie
NASTASI Julie
Directeurs de départements
Formation Initiale Professeur Michel RUQUET
Recherche Professeur Anne RASKIN
Formation Continue Professeur Frederic BUKIET
Charges de mission
Relation Internationales Professeur Herve TASSERY
Internat et Diplômes d’études spécialisées Professeur Virginie MONNET-CORTI
Affaires Générales Docteur Patrick TAVITIAN
L’auteur s’engage à respecter les droits des tiers, et notamment les droits de propriété intellectuelle. Dans
l’hypothèse où la thèse comporterait des éléments protégés par un droit quelconque, l’auteur doit solliciter
les autorisations nécessaires à leur utilisation, leur reproduction et leur représentation auprès du ou des
titulaires des droits. L’auteur est responsable du contenu de sa thèse. Il garantit l’Université contre tout
recours. Elle ne pourra en aucun cas être tenue responsable de l’atteinte aux droits d’un tiers
A Madame le Professeur Anne RASKIN,
Je vous remercie pour l’honneur que vous me faites de présider cette thèse.
Merci également pour tous vos précieux enseignements, votre bienveillance
et votre disponibilité.
Veuillez recevoir mon profond respect ainsi que mes sincères remerciements.
La cavité orale présente une grande variété de tumeurs, parmi celles-ci, le diagnostic du cancer
doit être une priorité permanente pour les spécialistes. Le cancer oral reste de pronostic sombre,
avec une espérance de vie qui n’a pas progressé ces 30 dernières années. La principale raison
est son diagnostic tardif, à des stades avancés de la maladie.
Notre expérience montre que le palais est souvent le siège de processus tumoraux non
épithéliaux, bénins ou malins. Le diagnostic est difficile devant la ressemblance clinique de ces
tumeurs à l’épithélium normal. Le seul élément clinique dont nous disposons est la présence
d’une tuméfaction. Il nous a semblé que le choix :
- D’une biopsie en première intention versus une exérèse première n’était pas évident, en
particulier dans les petites tumeurs.
- De l’imagerie 3D portait à discussion : scanner ou imagerie par résonnance magnétique,
en gardant à l’esprit que les délais et les coûts de ces examens diffèrent.
1
II. MATERIEL ET METHODES :
Pour répondre à nos deux objectifs, nous avons établi une liste la plus exhaustive possible des
tumeurs non épithéliales à localisation palatine. Nous avons ainsi retrouvé une grande diversité
de tumeurs, dont nous avons ensuite recherché les caractéristiques dans la littérature.
Dans le cadre d’une thèse d’exercice, où une revue systématique tumeur par tumeur n’était pas
réalisable, nous avons décidé de sélectionner 4 articles maximum par type de tumeur. Les
articles étaient sélectionnés en priorisant les méta-analyses, les revues systématiques, et les
revues de la littérature, en évitant au maximum les séries de cas, notamment celles inférieures
à trois.
Les articles sélectionnés sur le moteur de recherche PUBMED devaient être disponibles en
intégralité à partir de l’abonnement de l’université Aix-Marseille et rédigés en langue française
ou anglaise.
Les données épidémiologiques, cliniques, radiologiques et les techniques histologiques ont été
extraites.
2
III. RESULTATS
L’imagerie est un outil diagnostic qui permet de déterminer la localisation exacte de la tumeur,
son extension aux tissus avoisinants et permet parfois d’en préciser la nature bénigne ou
maligne.
Les radiographies conventionnelles (1) sans préparation en 2 dimensions peuvent être utiles
dans le diagnostic des tumeurs ou pseudotumeurs du palais.
- L’orthopantomogramme est un examen de dépistage et de « débrouillage », mais il
est soumis à des déformations. Il a pour avantage d’être de faible coût et d’avoir une
vision globale des dents et des bases osseuses.
- Les clichés rétro alvéolaires avec le bilan long cône permettent une étude radiologique
complète de l’arcade dentaire avec une extrême précision, des mensurations fidèles avec
une faible irradiation pour une exploration des dents et du parodonte.
Ces 2 examens complémentaires permettent avec l’examen clinique et les tests diagnostics
d’évaluer si l’origine de la tumeur est dentaire.
2. LA TOMODENSITOMETRIE (TDM) :
a. Indications :
La TDM permet, grâce aux différentes coupes d’évaluer les limites de la tumeur, l’extension
aux tissus avoisinants, l’érosion osseuse, l’existence de nécrose, d’hémorragie, de calcification,
de dégénérescence kystique ou son comportement après l’injection d’un produit de contraste.
(2)
b. Inconvénients :
D’après l’étude de Fassih et al (2) sur les tumeurs des glandes salivaires accessoires, la
spécificité diagnostic de la TDM dans la distinction entre tumeur bénigne et maligne est de
77 %. Le pourcentage de faux négatifs est en moyenne de 28 % avec principalement des erreurs
avec le carcinome mucoépidermoide. Inversement, on retrouve environ 16 % de faux positifs,
en particulier avec l’adénome pléomorphe.
Cet examen est soumis à des artéfacts en présence d’éléments métalliques qui peuvent rendre
difficile voire impossible son interprétation. (1)
L’interprétation de petites tumeurs de moins de 5mm est peu fiable car la différence de densité
visible sur les clichés entre le tissu sain et altéré est faible.(3)
3
c. Facteurs en faveur de la malignité :
Pour Fassih M et al. (2), les indicateurs de malignité visibles sur la TDM sont :
- Des limites tumorales floues,
- Une extension loco-régionale.
D’autres critères comme la nécrose, la dégénérescence kystique, les calcifications et la prise de
contraste n’ont pas été statistiquement significatifs dans cette étude.
Pour d’autres auteurs comme Akkari et al. (4) la malignité s’évoque aussi face à des tumeurs
ayant :
- Un aspect hétérogène,
- Des limites irrégulières,
- Un rehaussement massif à l’injection de produits de contraste.
a. Indications :
L’IRM permet d’évaluer les limites de la tumeur, l’atteinte osseuse, l’invasion des tissus mous,
l’existence de nécrose, d’hémorragie, de calcification ou de dégénérescence kystique.
L’imagerie par résonnance magnétique fournit une excellente résolution des tissus mous,
supérieure à celle de la TDM. (2)
L’IRM a aussi pour avantage de caractériser les nœuds lymphatiques en fonction des critères
morphologiques comme la taille, la configuration, le hile, la nécrose, ou la rupture capsulaire.
(5)
L’infiltration périneurale via la branche palatine du nerf maxillaire est visualisable. Elle
correspond à la croissance de la tumeur le long du nerf. Cette infiltration n’est pas directement
associée à des symptômes neurologiques lorsqu’elle est présente. Son diagnostic est important
car il est associé à une diminution de l’espérance de vie, à une augmentation des récidives
locales, du risque de métastases et limite l’indication de la chirurgie (6)
Ainsi, l’IRM est la modalité d’imagerie la plus sensible et la plus spécifique pour distinguer les
tumeurs bénignes des tumeurs malignes. (7)
b. Inconvénients :
L’imagerie par résonnance magnétique peut perturber les dispositifs implantables comme les
pacemakers (1). Le champ magnétique peut déplacer, échauffer ou dérégler certains matériels
métalliques. D’autres éléments métalliques sont sources d’artefacts qui perturbent le champ
magnétique local et rendent difficile voire impossible l’interprétation. Il semble réservé à
l’analyse des tissus mous avec des lésions supérieures à 5mm.
Une étude rétrospective sur 130 patients atteints de tumeurs du palais (8) et ayant réalisé une
IRM suggère que les caractéristiques principales évoquant une malignité sont les suivantes :
- La forme irrégulière,
- Des limites mal définies,
4
- L’absence de capsule,
- L’invasion périneurale,
- L’invasion des structures environnantes.
Dans cette étude, la sensibilité dans la détermination des tumeurs malignes était de 92,8 % avec
une spécificité de 85,6 %.
Pour Fassih et al, les signes de malignité des tumeurs des glandes salivaires sont (2):
- L’irrégularité des contours de la tumeur,
- L’hyposignal ou le signal intermédiaire en séquence T1 et T2,
- L’extension aux tissus environnants.
Enfin, deux études (9,10) se sont intéressées à la valeur diagnostic de l’IRM après injection de
produits de contraste sur des patients présentant des tumeurs du palais afin de faire la distinction
entre tumeurs bénignes et malignes. Il a été établi que les courbes d’intensité du signal temporel
avec le Tmax sont des paramètres très utiles, avec une valeur seuil de 165s pour le Tmax offrant
une meilleure combinaison de sensibilité (100 %) et de spécificité (70 %) avec une précision
de (88.5 %). Les résultats ont montré que les tumeurs avec un Tmax < 165s ont plus de risques
d’être cancéreuses. Aucun autre paramètre n’a présenté de différence significative entre
tumeurs bénignes et malignes.
a. Indications :
Son champ d’action se limite aux tissus mous superficiels. Elle nous renseigne sur la
localisation, la taille, l’orientation, les limites, la vascularisation, sur la différenciation entre une
lésion kystique ou solide et éventuellement la présence de calcification. Les ultrasons donnent
des informations sur l’état de surface de l’os et l’aspect général homogène ou hétérogène de la
tumeur, permettant d’orienter le diagnostic vers une lésion d’aspect bénin ou au contraire malin.
L’échographie permet de guider l’aiguille lorsque l’indication d’une cytoponction à l’aiguille
fine est posée. (6,11,12)
Les ultrasons sont utiles pour la recherche d’adénopathie, de nécrose ou d’hémorragie mais
également des zones de renforcement postérieur qui correspondent aux zones dont les faisceaux
n’ont pas été atténués en traversant une zone noire.(2)
De nombreuses études ont évalué la sensibilité et la spécificité de l’échographie intra-orale dans
la distinction entre tumeurs bénignes et tumeurs malignes par rapport aux résultats de
l’histologie, et à ceux de la TDM et de l’IRM. Les résultats étaient comparables avec une
efficacité diagnostique en moyenne de 86.4 %. (2) Pour d’autres auteurs (3,6,13), l’échographie
haute fréquence avait une meilleure résolution que la TDM et l’IRM, tout en n’étant pas sensible
aux artéfacts. Cela semble particulièrement vrai pour les petites tumeurs de moins de 5mm qui
peuvent passer inaperçues à la TDM et à l’IRM.
b. Inconvénients :
5
La sonde étant placée directement sur la lésion, elle peut entrainer des sensibilités et des réflexes
nauséeux. L’utilisation de l’échographie se limite aux tissus superficiels jusqu’à 3 cm de
diamètre. Elle nécessite d’être accompagnée d’autres examens complémentaires.(6)
Lorsque le tissu péri-tumoral est très inflammatoire, il est difficile de faire la distinction avec
la lésion. (3)
D’après Fassih et al (2), le pourcentage de faux négatifs lors d’une échographie d’une tumeur
des glandes salivaires est de 3 % et le pourcentage de faux positifs est de 62 %.
D’après l’étude de Fassih et al (2), les indicateurs de malignité sont des limites floues,
irrégulières et la présence d’adénopathie associée à la tumeur.
A l’inverse, le caractère hypoéchogène, des limites nettes et régulières sont en faveur d’une
lésion bénigne. Certains critères n’ont pas été significatifs comme la présence de zones
nécrotiques ou hémorragiques, l’aspect hétérogène mais aussi le renforcement postérieur.
Toutefois, d’autres auteurs rapportent des éléments partiellement contradictoires et évoquent
la malignité face à des lésions mal définies, hétérogènes, nécrotiques, avec une dégénérescence
kystique, un renforcement postérieur, une hypervascularisation au doppler (12,14).
6
B. L’ANATOMO-CYTO-PATHOLOGIE :
1. LA BIOPSIE ET LA BIOPSIE/EXERESE :
La biopsie à l’aiguille fine permet d’offrir un échantillon de tissu approprié pour une analyse
histologique et immunohistochimique tout en étant peu invasive. (18)
Cependant, la plupart des articles sur ce sujet concernent les lésions des glandes salivaires
principales ou ORL avec un guidage par échographie.
D’après une méta-analyse de 2014 sur les glandes salivaires (19), la sensibilité et la spécificité
moyenne de la CNB sont respectivement de 92 % et de 100 %.
La précision globale de la biopsie à l’aiguille fine est supérieure à celle de la cytoponction.
7
a. Indications et avantages :
La biopsie à l’aiguille fine est indiquée lorsque la biopsie et la cytoponction ne sont pas
concluantes. (20) Elle peut être considérée comme une alternative à la cytoponction car elle
améliore la précision de diagnostic et diminue le nombre d’échantillons non exploitables.
Les avantages (19–22) :
- Prélèvement plus important que la cytoponction avec uniquement 1.2 % à 4 %
d’échantillons non exploitables,
- Architecture histologique conservée,
- Coloration immunohistochimique possible,
- Résultats moins opérateur dépendants par rapport à la cytoponction,
- Les résultats des différentes études sont concordants,
- Peu invasif,
- Une classification plus précise de la tumeur est possible,
- Sensibilité et spécificité augmentées par rapport à la cytoponction.
b. Inconvénients (18–20) :
a. Indications :
8
Elle est indiquée également lorsque l’on souhaite un diagnostic rapide. Il faut compter en
moyenne 24 h pour avoir le diagnostic cytologique contre 5-7 j pour avoir des résultats
histologiques. (24)
La cytoponction est utile pour les lésions difficiles d’accès où la biopsie est compliquée à
réaliser. (26)
b. Inconvénients :
D’après une revue systématique de la littérature de 2011 (21), les avantages et les inconvénients
de la CNB et de la FNAC soulèvent des questions sur leurs indications relatives. Etant donné
la grande spécificité de la FNAC, la CNB n’est pas nécessaire pour confirmer un diagnostic
négatif établi par la FNAC. Cependant, la CNB en raison de sa sensibilité plus élevée est
indiquée pour confirmer un diagnostic positif de la FNAC.
La CNB est aussi une alternative intéressante à la FNAC lorsqu’un cytopathologiste n’est pas
disponible ou en cas de prélèvements cytologiques inexploitables.
Les auteurs concluent qu’une nouvelle FNAC est préférable à une CNB.
La littérature sur le sujet est relativement faible et certaines affirmations ici détaillées reposent
sur une faible évidence scientifique.
a. Tumeurs conjonctives :
i. Lipome :
9
D’après deux revues de la littérature (27,28) rapportant 10 lipomes du palais, il s’agit d’une
tumeur qui touche principalement les femmes (60 %) avec une moyenne d’âge de 54 ans.
Imageries : A l’IRM, le lipome se présente comme une masse ovoïde ? hétérogène avec des
limites nettes d’intensité intermédiaire en T1.
A la TDM, la tumeur est de faible intensité. Une résorption osseuse peut être visible. (29)
ii. Fibrome :
Généralités : Le fibrome est une tumeur bénigne caractérisée par une prolifération
fibroblastique causée par un traumatisme ou une irritation locale. (5)
Caractéristiques cliniques : Le fibrome est une tumeur indolore, caractérisée par une croissance
lente. Il se définit cliniquement par une masse asymptomatique arrondie, de surface lisse, sessile
ou pédiculée dont la taille est habituellement inférieure à 1cm. (5)
10
Figure 3 : Photographie d'un fibrome palatin
(collection Dr. Campana)
Imageries :
11
Figure 5 : TDM d'un fibrome palatin (collection
Dr. Campana)
Généralités : Les histiocytomes fibreux bénins sont des lésions retrouvées au niveau cutané,
plus rarement au niveau de la muqueuse buccale. Ils sont quasi néoplasiques présentant à la fois
une différenciation fibroblastique et histiocytaire. 4 histiocytomes fibreux bénins sont rapportés
dans la littérature au niveau du palais. Cette tumeur touche principalement les femmes de
27 ans en moyenne. (33)
b. Tumeurs vasculaires :
i. Hémangiome :
12
Caractéristiques cliniques : L’hémangiome se présente souvent sous la forme d’une masse
sessile ou pédiculée de différentes tailles. Cette masse est molle, de couleur bleu-rougeâtre, elle
blanchit à la pression. Elle est lisse ou lobulée et indolore. (5)
13
Figure 7 : photographie d'un botryomycome sur
malformation vasculaire de l’hémiface (collection
Dr. Campana)
Imageries : Les caractéristiques à l’IRM du botryomycome n’ont pas été rapportées concernant
le palais. Quelques cas sur d’autres localisations comme la cavité nasale ou le doigt sont apparus
à l’IRM en hyposignal en T1 et hypersignal en T2 en raison de la nature vasculaire de la tumeur.
(5)
iii. Hémangiopéricytome :
Généralités : Les hémangiopéricytomes sont des tumeurs vasculaires rares qui bien que
bénignes peuvent présenter potentiellement un bas grade de malignité. 16 cas
d’hémangiopéricytomes oraux ont été décrits dans la littérature dont 8 étaient malins. Au niveau
buccal, on les retrouve principalement au palais (31 %), à la mandibule (25 %) et à la lèvre
(12,5 %). Sur les 5 cas d’hémangiopéricytomes palatins, 60 % touchaient les femmes et 40 %
les hommes. L’âge moyen au moment du diagnostic était de 55,2 ans. (36)
14
Caractéristiques cliniques : On retrouve souvent une masse de consistance dure à élastique, qui
est plus ou moins adhérente. Cette tumeur est généralement asymptomatique mais peut
entrainer une gêne fonctionnelle. La taille moyenne au niveau du palais est de 26,5mm. (36)
15
c. Tumeurs des glandes salivaires accessoires (GSA) :
Deux études rétrospectives (37,38) sur les tumeurs des glandes salivaires accessoires du palais
rapportent que dans 53 % des cas ces tumeurs sont bénignes et que dans 47 % elles sont
malignes.
Bien que rare, des transformations malignes ont été observées. Elles surviennent dans moins de
7 % des AP des GSA. Le risque de transformation documenté augmente avec la fréquence des
récurrences et le délai du diagnostic, et varie de 1.9 % à 23.3 % (41).
16
Figure 11 : photographie d'un adénome pléomorphe
(collection Dr. Campana)
Imageries : Le type d’imagerie le plus souvent rapporté dans la littérature pour l’AP est la TDM
mais les auteurs ne justifient pas leur choix. Elle montre un processus tumoral de densité
tissulaire homogène avec des limites nettes et régulières.
D’après une étude faite sur 20 patients, il ressort que (42) :
- 60 % des patients ne présentent aucune atteinte osseuse du palais même mineure,
- 20 % d’atteinte osseuse mineure,
- 20 % d’érosion complète du palais,
- 5 % d’atteinte du sinus maxillaire,
- 5 % touche les fosses infra-temporales,
- 5 % des cas dont le plancher de l’orbite est touché.
Dans de rares cas, l’IRM a été utilisée en complément de la TDM car elle permet de définir
l’envahissement au niveau des tissus mous et le degré d’encapsulation. Une étude (43)
rétrospective sur 50 patients portant sur le choix de l’imagerie pour le diagnostic de l’AP
préconise d’utiliser l’IRM afin de visualiser la capsule fibreuse qui est difficilement détectable
sur la TDM.
17
Figure 12 : Adénome pléomorphe (7)
Patient de 60 ans avec un adénome pléomorphe sur le côté droit du palais.
(a) La coupe coronale de la TDM montre une lésion en hypodense (flèche) avec une érosion osseuse (tête de la
flèche).
(b) coupe axiale d’une IRM en séquence pondérée T2 montrant une lésion en hypersignal (flèche) avec des limites
nettes correspondant à la capsule fibreuse (têtes de flèche), avec un centre de lésion inhomogène.
L’examen échographique (11) montrera la plupart du temps, une capsule complète avec une
lésion bien définie.
l
Techniques de diagnostic : L’analyse histologique de la pièce opératoire doit être systématique
et rigoureuse car la composante maligne peut être minime.
Les techniques de diagnostic sont différentes en fonction des articles :
- Kuo et al en 2011 (44) préconisent de réaliser dans un premier temps une biopsie ainsi
qu’un prélèvement cytologique à l’aide d’une aiguille fine pour établir le diagnostic puis
une exérèse large dans un second temps.
- Patigaroo et al en 2014 (42) et Chaturvedi et al en 2018 (41) réalisent en 1ère intention
une FNAC puis une exérèse dans un second temps.
- Pour Wu et al en 2016 (23) seule la taille de la tumeur détermine la démarche
thérapeutique. Si la tumeur mesure moins de 1 cm de diamètre, une exérèse sera réalisée
en 1ère intention. Si la tumeur mesure plus de 1 cm de diamètre, une biopsie est d’abord
réalisée puis l’exérèse de la tumeur en fonction des résultats.
18
Caractéristiques cliniques : Le Cystadénome papillaire se présente comme un nodule intra-oral
bien circonscrit, avec une muqueuse de recouvrement saine. Il est asymptomatique dans 86,4%
des cas, avec une taille moyenne de 1,3 cm.(45)
Imageries : Il s’agit d’une tumeur extrêmement rare qui ne peut être facilement distinguée avec
une imagerie seule. (6)
Techniques de diagnostic : Une biopsie est nécessaire pour faire le diagnostic. (6)
Généralités-épidémiologie : Il s’agit d’une tumeur bégnine rare des glandes salivaires. Elle peut
toucher la lèvre (entre 66,3 % et 71 %), la muqueuse jugale et plus rarement le palais dur
(14 %). (46)
Cette tumeur concernerait 2,2 % des tumeurs des glandes salivaires du palais. (38).
L’AC touche préférentiellement les femmes (entre 54 % et 64 %) de 65,5 ans en moyenne.
(46,47)
Les récidives après traitement sont faibles. (46)
Généralités-épidémiologie : Le sialadénome papillifère est une tumeur bénigne rare des glandes
salivaires que l’on retrouve principalement au niveau du palais (80 %) mais aussi au niveau de
la muqueuse jugale, la lèvre supérieure, de la zone rétro molaire et plus rarement au niveau de
la parotide. (48)
Cette tumeur touche majoritairement les hommes (64 %) pour certains auteurs (48) alors que
pour d’autres (38) elle atteint presque exclusivement les femmes (89 %). La moyenne d’âge
retrouvée est de 55 ans. (38,48)
19
v. Myoépithéliome :
Imageries : Au niveau de l’imagerie, la tumeur est bien délimitée. Une résorption osseuse peut
être observée. A l’IRM, le myoépithéliome présente un hyposignal sur les images pondérées en
T1 et un hyper signal sur les images en T2. La différenciation radiologique du myoépithéliome
avec les autres tumeurs des glandes salivaires comme l’adénome pléomorphe peut être difficile.
(5)
vi. Oncocytome :
L’oncocytome, également appelé adénome oncocytaire ou oxyphile est une tumeur bénigne de
type salivaire caractérisée par la prolifération d’oncocytes. Les oncocytomes représentent
environ 0,4 % à 1 % de tous les néoplasmes des glandes salivaires. On les retrouve
principalement au niveau de la glande parotide. Il touche plus fréquemment les femmes
(55.5 %) de 52 ans en moyenne. (49)
20
d. Tumeurs musculaires :
i. Angioléiomyome :
Généralités : L’angioléiomyome est une tumeur bénigne musculaire lisse rarement observée
dans la cavité buccale. Le principal site concerné par cette lésion est la lèvre, suivi du palais, de
la muqueuse jugale et de la langue. Cette tumeur est caractérisée par la prolifération de cellules
musculaires lisses et de nombreux vaisseaux sanguins. 18 cas d’angioléiomyomes palatins ont
été rapportés dans la littérature dont 71 % concernaient des hommes et 29 % des femmes de 54
ans en moyenne. (50)
21
Figure 16 : TDM d'un angioléiomyome palatin (50)
22
e. Tumeurs nerveuses :
ii. Neurofibrome :
Caractéristiques cliniques : Cette tumeur est circonscrite mais non encapsulée. (53) Aucune
autre caractéristique clinique n’a été rapportée dans la littérature avec un niveau de preuve
supérieur à 3 cas cliniques.
iii. Schwannome :
23
Figure 18 schwannome palatin (55)
(a) schwannome sur le palais dur ;
(b) érosion osseuse visible à la TDM ;
(c) pièce opératoire biopsiée ;
(d) section de l’exérèse.
Techniques de diagnostic : Dans la plupart des cas rapportés dans la littérature, une exérèse est
réalisée en 1ère intention avec une analyse histologique et immunohistochimique. Toutefois, une
cytoponction à l’aiguille fine ou une biopsie sont aussi décrites. (55)
Techniques de diagnostic : Sur les 55 neuromes circonscrits solitaires rapportés, tous ont été
excisés pour une analyse histologique et immunohistochimie. (56)
24
2. LES TUMEURS MALIGNES :
a. Tumeurs conjonctives :
i. Sarcome de Kaposi
Le sarcome de kaposi est une tumeur maligne rare qui touche principalement les patients
immunodéprimés notamment les patients VIH. L’âge moyen au moment du diagnostic est de
34,5 ans. Cette tumeur concerne aussi bien les femmes que les hommes. (57)
Le sarcome de kaposi touche principalement les membres inférieurs (63 %), mais aussi le palais
dur (35 %) et le visage (24 %). Les patients présentent dans 49 % des cas des lésions sur
plusieurs localisations anatomiques. Au moment du diagnostic, une altération de l’état général
avec une perte de poids sont souvent rapportées par les patients. (57)
60 % des tumeurs malignes des glandes salivaires accessoires se retrouvent au niveau du palais.
L’étiologie reste encore inconnue et ne semble pas être liée à la consommation de tabac.(58)
Caractéristiques cliniques : Une étude rétrospective sur 75 CME du palais rapporte comme
caractéristiques cliniques (59):
- 74,7 % des tumeurs ont une localisation sur le palais dur,
- 69,3 % des tumeurs sont associées à une masse indolore,
- 85 % des tumeurs n’ont pas d’ulcération associée,
- Moyenne d’âge <50 ans,
- 66 % des CME concernent des femmes.
Une revue de la littérature caractérise le CME comme étant une tuméfaction (5):
- Fixe,
- Indolore,
- A croissance lente,
- Avec une légère couleur bleu rougeâtre.
25
Figure 19 : récidive de carcinome mucoépidermoide
(collection Dr Lan et Prince Fanny)
Imagerie :
26
Les images de la TDM et de l’IRM sont différentes en fonction du grade de la tumeur.
Les tumeurs de bas grade ont des limites nettes et sont caractérisées par des composants
kystiques contenant de la mucine. Ces composants apparaissent en hypersignal comme des
taches sur les images pondérées en T1 et T2.
Les tumeurs de haut grade, ont tendance à être plutôt solides avec des marges mal définies et
envahissent la cavité nasale et la fosse ptérygopalatine. Elles détruisent ainsi le palais dur et les
fosses ptérygoidiennes. Sur l’IRM, les tumeurs de haut grade se présentent souvent sous forme
de lésions en hyposignal sur les images pondérées en T2, indiquant leur grande cellularité. (5)
Une étude rétrospective sur 130 patients atteints d’une tumeur de palais rapporte que l’on doit
rechercher principalement une infiltration périneurale en cas de suspicion de carcinome
mucoépidermoide à l’IRM. (8)
L’examen échographique (11) montre, la plupart du temps, une capsule incomplète avec une
lésion mal définie associée à une destruction osseuse.
27
ii. Carcinome adénoïde kystique (CAK) :
Caractéristiques cliniques : D’après une méta-analyse (62) sur 13 articles regroupant 263 CAK,
les principales caractéristiques cliniques sont ; une
- Croissance lente,
- Masse de consistance dure,
- Tumeur bien circonscrite,
- Large base d’implantation,
- Tumeur adhérente aux structures adjacentes,
- Muqueuse de recouvrement intacte la plupart du temps.
Mais cette tumeur est très invasive et imprévisible sur le plan clinique.
D’autres auteurs ajoutent (63,64) :
- La taille de la tumeur varie généralement entre 1 à 9 cm,
- Des douleurs (50 %),
- Un engourdissement (17,8 %),
- Les patients sont en général plus âgés que pour les autres tumeurs du palais > 50 ans.
Imageries : Une étude rétrospective (63) sur 102 tumeurs palatines bénignes et malignes
rapporte que sur les images de la TDM, les patients atteints d’un CAK étaient plus susceptibles
d’avoir ; une
- Destruction du palais (96,4 % contre 44,6 % p<0.001),
- Hypertrophie du foramen grand palatin avec un diamètre supérieur à 0.3 mm du côté de
la tumeur (96,4 % contre 8,1% p<0.001)),
- Atteinte de la fosse ptérygopalatine (57,1 % contre 1,3 % avec p<0.001)),
28
- Atteinte du foramen rotundum (35,7 % contre 1,3 % p<0.001)),
- Atteinte de la cavité nasale (71,4 % contre 10,8 % p<0.001),
- Atteinte de l’os maxillaire (64,2 % contre 12,2 % p<0.001).
Cette étude conclut que l’élargissement du foramen grand palatin visible à la TDM constituerait
le meilleur prédicteur de diagnostic du carcinome adénoïde kystique, la variable
d’agrandissement du foramen grand palatin à elle seule a une sensibilité de 81,82 % et une
spécificité de 98,55 %. La probabilité de prédiction du CAK est supérieur à 87,1 % chez les
patients présentant un élargissement du foramen grand palatin avec un âge supérieur à 50 ans.
A l’IRM, en séquence pondérée T2, les tumeurs de haut grade présentent une hypo intensité
due à une cellularité élevée, tandis que celles de faible grade présentent une hyper intensité due
au contraire à une faible cellularité. (5)
Femme de 76 ans avec un CAK sur le côté gauche du palais dur et mou. (a) coupe axiale d’un scanner avec une
lésion hétérogène (flèche) avec des composants kystiques (tête de flèche). (b) coupe axiale d’une IRM en séquence
pondérée T2 montrant des lésions kystiques (flèche) séparées de zones en hyposignales (tête de flèche). (c) coupe
axiale d’une IRM renforcée en gadolinium en séquence pondérée T1 (les tissus adipeux éliminés) avec invasion
périneurale à travers le foramen grand palatin (flèche) et petit palatin (tête de flèche).
29
D’après deux études rétrospectives sur les tumeurs des glandes salivaires accessoires entre
2,5 % et 6,1 % des tumeurs du palais sont des PAC. (37,38)
Une méta-analyse (66) faite sur 57 articles rapporte des différences significatives dans le
pourcentage des PAC en fonction des périodes, pays et continent. Le nombre de PAC
diagnostiqué à récemment augmenté, très probablement en raison d’une meilleure précision
diagnostic. D’après cet article, en Europe les PAC représentent 11,6 % des tumeurs des glandes
salivaires accessoires.
30
Figure 26 : IRM d’un adénocarcinome polymorphe (7)
Femme de 50 ans avec un PAC au niveau de
la totalité du palais. Coupe axiale en T2 montrant
une lésion hétérogène (flèche) associée à un nœud
métastatique. (Tête de flèche).
Imageries : Les caractéristiques à l’imagerie TDM et IRM pour le LEC sont les suivantes (70)
• Pour la forme globale :
- lobulée 50 %.
- Irrégulière 25 %,
- ronde ou ovale 25 %,
• Les limites périphériques :
- irrégulières 37,5 %.
- Régulières 25 %.
La structure interne est homogène chez 100 % des patients. Les auteurs ne retrouvent aucune
calcification à l’imagerie. Près de la moitié des patients présentent un envahissement des
structures adjacentes. Une résorption osseuse a été retrouvée sur 25 % des patients. La taille
moyenne de la tumeur est de 26 mm.
31
Figure 27 : Coupe axiale sur TDM avec LEC
du palais (50)
Femme de 70 ans avec LEC solitaire sur
le palais droit. On observe une masse lobulaire
à rehaussement homogène associée à une
résorption de l’os alvéolaire supérieur au palais droit.
Caractéristiques cliniques : Cette tumeur se présente par une masse palatine, indolore, de
croissance lente. (5)
Imageries : Au niveau de l’imagerie, les résultats sont non spécifiques. La plupart des
carcinomes à cellules acineuses sont d’apparence bénigne. Des composants kystiques intra
tumoraux sont parfois observés sur les images de TDM à contraste renforcé. (5)
32
c. Tumeur musculaire :
i. Sarcome myofibroblastique :
Généralités : Il s’agit d’une tumeur maligne rare. Seulement quelques cas de sarcomes
myofibroblastiques de bas grade ont été rapportés dans la région orale et maxillo-faciale,
principalement au niveau de la langue. Uniquement 3 lésions concernent le palais. Cette tumeur
touche principalement les hommes de 49,6 ans en moyenne. (71)
Technique de diagnostic : Tous les patients atteints d’un sarcome myofibroblastique ont été
diagnostiqué par une exérèse en première intention. (71)
d. Hémopathie maligne :
Généralités : Le lymphome non hodgkinien est une tumeur maligne du tissu lymphoïde. Il est
subdivisé en lymphome de type B ou T. Il s’agit de la troisième tumeur maligne la plus répandue
dans la région de la tête et du cou après le carcinome épidermoïde et les tumeurs des glandes
salivaires. Cette tumeur affecte principalement les ganglions lymphatiques mais des formes
extra-nodales sont retrouvées au niveau oral notamment, à la mandibule (22,2 %), au maxillaire
(19,4 %) ou encore au palais (19,4 %). (72,73)
Caractéristiques cliniques : D’après les 23 LNH palatins rapportés dans la littérature (72–74),
on observe que cette tumeur se situe principalement au niveau du palais dur (76,5 %). Les
hommes (67 %) de 61,5 ans en moyenne sont les plus touchés par le LNH et notamment par le
type B (84,8 %).
Les LNH palatins se présentent sous la forme d’une masse souple, de croissance lente,
généralement asymptomatique et sans ulcération. (5,6)
33
Figure 30 : Photographie d'un lymphome palatin
(collection Dr. Ordioni)
Imageries : A l’IRM, le lymphome se caractérise par une lésion homogène, bien définie, avec
un léger hypersignal en T2. (5,6)
A la TDM, le lymphome du palais montre en général une résorption osseuse. (74)
Figure 31 : Coupe sagittale d'une TDM montrant Figure 32 : Coupe sagittale d'une IRM en T1W avec
un lymphome du palais mous. (71) contraste renforcé d'un lymphome du palais mous. (8)
34
IV. DISCUSSION :
Ce travail de thèse sur les principales caractéristiques cliniques et radiologiques des tumeurs
palatines non épithéliales avait un double objectif :
- Déterminer les moyens de diagnostic à mettre en œuvre.
- Isoler des caractéristiques spécifiques, cliniques et radiologiques des différentes
tumeurs.
A la première question posée, ce travail ne permet pas d’apporter de réponses claires. Sur la
question des moyens d’imagerie, il est difficile d’apporter des recommandations sur le type
d’examen à prescrire en 1ère intention entre l’IRM et la TDM. Sauf pour l’adénome
pléomorphe où il semblerait que l’IRM soit recommandée afin de pouvoir déterminer
l’envahissement des tissus mous et le degré d’encapsulation et pour le carcinome adénoïde
kystique où la TDM permet d’évaluer l’élargissement du foramen grand palatin et de faire son
diagnostic. Chaque technique présente ses avantages et ses inconvénients et les deux semblent
finalement complémentaires. Toutefois, il n’existe pas, là aussi, d’évidence à recommander la
prescription systématique des deux examens. Le choix de l’un ou l’autre reste donc à
l’appréciation du clinicien en fonction du cas. Concernant l’échographie, bien que décrite dans
la littérature pour faire le diagnostic des petites tumeurs palatines, en pratique cet examen est
peu utilisé. Il ressort après analyse de la littérature sur ces 3 types d’imageries, l’organigramme
suivant, qui nous permet de choisir entre l’échographie, l’IRM et la TDM en fonction de la
taille de la tumeur :
Suspicion d'une
tumeur
Echographie +/-
Echographie TDM / IRM
TDM / IRM
TDM / IRM
35
De la même manière, pour la question de la réalisation première d’une biopsie ou d’une exérèse.
S’il est communément accepté que la biopsie doit être réalisée en 1ère intention sur une lésion
d’apparence maligne, nous insistons sur le fait que les tumeurs palatines non épithéliales
présentent un aspect clinique faussement rassurant qui peut encourager le clinicien à partir sur
une exérèse première. A l’inverse, l’interprétation d’une biopsie des tumeurs palatines est
souvent difficile et aboutit dans un certain nombre de cas à une absence de diagnostic
histologique et la nécessité d’avoir pour cela la pièce d’exérèse. Nous n’avons donc pas réussi
à faire ressortir d’évidence sur ce choix. Nous avons retrouvé des pratiques très hétérogènes sur
l’utilisation de la biopsie, de la FNAC ou de la CNB. Le choix de faire une biopsie première
versus une exérèse est très variable selon les publications. Tout au plus, nous nous permettons
de rappeler un adage enseigné dans certaines facultés : « une tumeur du palais est un cancer
jusqu’à preuve du contraire ». Cela peut être interprété par la réalisation d’une biopsie première
et d’une exérèse seconde !
Pour la deuxième question, notre travail permet de réaliser un résumé des principales
caractéristiques des tumeurs palatines visibles à l’imagerie. Il ressort ainsi, que les tumeurs sont
généralement lobulées. La forme fusiforme semble assez caractéristique d’un schwannome et
celle circulaire, du lipome. Concernant les limites tumorales, les limites floues semblent
indiquer une tumeur maligne. Cependant, les limites nettes ne sont pas toujours en faveur de la
bénignité, car elles sont observées avec le carcinome mucoépidermoide de bas grade, le
carcinome à cellules acineuses et le lymphome non hodgkinien. Le contenu tumoral visible à
l’IRM ne peut indiquer à lui seul, s’il s’agit d’une tumeur bénigne ou maligne. Il en est de
même, pour la résorption osseuse. L’envahissement tissulaire quant à lui est en faveur d’une
tumeur maligne. Il s’observe avec le carcinome adénoïde kystique mais également avec le
carcinome mucoépidermoide de haut grade, l’adénocarcinome polymorphe et le carcinome
lymphoépithélial. Les principales tumeurs palatines non épithéliales encapsulées retrouvées
dans la littérature sont des tumeurs bénignes, il s’agit de l’adénome pléomorphe et du
schwannome. Enfin, concernant l’IRM, l’hyposignal en T2 semble être un critère de malignité
puisqu’il est observé avec le carcinome adénoïde kystique et le carcinome mucoépidermoide
de haut grade. Contrairement à l’hypersignal en T2 qui est retrouvé principalement avec les
tumeurs bénignes mais nous le retrouvons également avec le carcinome à cellules acineuses et
le lymphome non hodgkinien.
Forme
Ronde Fusiforme Lobulée
Lipome Schwannome Hémangiome
Hémangiopéricytome
Botryomycome
Carcinome
mucoépidermoide
Carcinome adénoïde
kystique
Carcinome
lymphoépithélial
36
Limites
Nettes Mal définies
Lipome Carcinome mucoépidermoide (haut
Fibrome grade)
Hémangiome Carcinome adénoïde kystique
Adénome pléomorphe Carcinome lymphoépithélial
Myoépithéliome
Angioléiomyome
Schwannome
Carcinome mucoépidermoide (bas grade)
Carcinome à cellules acineuses
Lymphome non hodgkinien
IRM
Hypersignal en T2 Hyposignal en T2
Fibrome Carcinome mucoépidermoide (haut
Hémangiome grade)
Botryomycome Carcinome adénoïde kystique (haut
Hémangiopéricytome grade)
Adénome pléomorphe
Myoépithéliome
Angioléiomyome
Carcinome à cellules acineuses
Lymphome non hodgkinien
Au niveau des caractéristiques cliniques, les tumeurs palatines non épithéliales sont
généralement retrouvées chez la femme de 50 ans en moyenne. Les principales caractéristiques
sont la présence d’une tuméfaction de croissance lente, recouverte d’une muqueuse saine, sans
ulcération. La tumeur est asymptomatique, indurée et présente un aspect bénin. De plus,
l’analyse des différentes tumeurs nous permet aussi de constater que les tumeurs retrouvées
chez les patients de plus de 55 ans seraient majoritairement malignes, tout comme celles
supérieures à 2 cm. La couleur bleu-rouge au niveau de la muqueuse de recouvrement
orienterait le praticien vers une tumeur vasculaire ou musculaire mais également vers un
carcinome mucoépidermoide ou un sarcome myofibroblastique. La couleur jaune est
caractéristique du lipome. La douleur oriente principalement vers un carcinome adénoïde
37
kystique (50%) mais également vers l’adénome canaliculaire (48%). La consistance souple
d’une lésion nous oriente vers une tumeur vasculaire ou un lymphome. Les tumeurs mobiles
peuvent faire penser à des tumeurs bénignes car ce caractère a été retrouvé chez le lipome et
l’histiocytome fibreux bénin. Enfin, toutes les tumeurs rapportées avaient un mode de
croissance lent sauf le botryomycome.
En cherchant à isoler certaines caractéristiques à partir des différentes tumeurs de cette thèse,
on peut réaliser les tableaux suivants :
Age
<50 ans 50 ans <A<55 ans >55 ans
Histiocytome fibreux bénin Lipome Hémangiopéricytome
Neurofibrome Hémangiopéricytome Cystadénome papillaire
Schwannome Angioléiomyome Adénome canaliculaire
Neurome circonscrit solitaire Oncocytome Carcinome adénoïde
Adénome pléomorphe Sialadénome papillifère kystique
Sarcome de kaposi Carcinome Adénocarcinome
Sarcome myofibroblastique mucoépidermoide polymorphe
Carcinome lymphoépithélial
Lymphome non hodgkinien
Sexe
Femmes Hommes
Lipome Angioléiomyome
Histiocytome fibreux bénin Neurome circonscrit solitaire
Hémangiome Cystadénome papillaire
Hémangiopéricytome Sarcome myofibroblastique
Neurofibrome Lymphome non hodgkinien
Adénome pléomorphe
Oncocytome
Adénome canaliculaire
Carcinome mucoépidermoide
Adénocarcinome polymorphe
Carcinome lymphoépithélial
Taille
< 1 cm 1 cm < T < 2 cm > 2 cm
Fibrome Angioléiomyome Lipome
Neurome circonscrit solitaire Cystadénome papillaire Histiocytome fibreux bénin
Sialadénome papillifère Adénome canaliculaire Hémangiopéricytome
Adénocarcinome
polymorphe
Carcinome lymphoépithélial
Sarcome myofibroblastique
38
Couleur
Rose Bleu – rouge Jaune
Histiocytome fibreux bénin Hémangiome Lipome
Schwannome Angioléiomyome
Adénome pléomorphe Carcinome
Cystadénome papillaire mucoépidermoide
Carcinome adénoïde Sarcome myofibroblastique
kystique
Adénocarcinome
polymorphe
Asymptomatique Douleur
Lipome Adénome canaliculaire
Fibrome Carcinome adénoïde kystique
Histiocytome fibreux bénin
Hémangiopéricytome
Angioléiomyome
Schwannome
Neurome circonscrit solitaire
Adénome pléomorphe
Myoépithéliome
Cystadénome papillaire
Carcinome mucoépidermoide
Adénocarcinome polymorphe
Carcinome à cellules acineuses
Sarcome myofibroblastique
Lymphome non hodgkinien
Croissance
Lente Rapide
Lipome Botryomycome
Fibrome
Histiocytome fibreux bénin
Angioléiomyome
Schwannome
Adénome pléomorphe
Neurome circonscrit solitaire
Myoépithéliome
Sialadénome papillifère
Carcinome mucoépidermoide
Carcinome adénoïde kystique
Adénocarcinome polymorphe
Carcinome à cellules acineuses
Lymphome non hodgkinien
39
Adhérence aux plans profonds
Mobile Adhérent
Lipome Hémangiopéricytome
Histiocytome fibreux bénin Adénome pléomorphe
Carcinome mucoépidermoide
Carcinome adénoïde kystique
Sarcome myofibroblastique
Consistance
Indurée Non indurée
Histiocytome fibreux bénin Hémangiome
Hémangiopéricytome Lymphome non hodgkinien
Angioléiomyome
Schwannome
Adénome pléomorphe
Carcinome adénoïde kystique
Sarcome myofibroblastique
Adénocarcinome polymorphe
Muqueuse de recouvrement
Sans ulcération Ulcération
Histiocytome fibreux bénin Botryomycome
Neurome circonscrit solitaire
Adénome pléomorphe
Cystadénome papillaire
Carcinome mucoépidermoide
Carcinome adénoïde kystique
Lymphome non hodgkinien
Tuméfaction
Unique Lobulée
Fibrome Hémangiome
Lipome Botryomycome
Angioléiomyome Adénome canaliculaire
Schwannome Carcinome lymphoépithélial
Neurome circonscrit solitaire
Adénome pléomorphe
Myoépithéliome
Cystadénome papillaire
Adénocarcinome polymorphe
Carcinome à cellules acineuses
Ainsi, il semble difficile pour le clinicien malgré ce travail de tirer des éléments clairs pour
orienter son diagnostic de tumeur palatine non épithéliale. La première difficulté que nous
avons rencontrée dans ce travail est la grande diversité des tumeurs non épithéliales de
localisation palatine. Il est évident que notre choix de nous restreindre à 4 articles par tumeur
est une limite à ce travail. Toutefois, une analyse de la littérature, tumeur par tumeur, de type
revue systématique, était difficilement réalisable dans le cadre d’un travail de thèse d’exercice.
40
De plus, la littérature disponible sur certaines tumeurs est peu nombreuse et constituée d’articles
de faible niveau de preuves scientifiques. Nous avons aussi été confrontés à de nombreux
articles non disponibles dans leur intégralité avec l’abonnement de notre université. La seconde
difficulté vient de la grande similitude clinique et radiologique de ces tumeurs. Même si l’on
cherche à isoler des caractéristiques comme la taille, le mode de croissance, l’apparence, la
consistance, les données épidémiologiques, l’apparence tumorale et péri-tumorale en imagerie,
il est difficile d’isoler de manière globale des éléments spécifiques. Dans ce contexte, il est
donc nécessaire de réaliser un bilan complet associant éléments cliniques, histologiques et
imagerie pour arriver au diagnostic.
V. SYNTHESE :
Voir annexe.
41
VI. CONCLUSION :
Notre travail a permis de mettre en évidence la complexité du diagnostic des tumeurs palatines
non épithéliales. Il ne peut être que le fruit d’une démarche rigoureuse, mettant en œuvre
l’ensemble des moyens disponibles pour réaliser un diagnostic.
Cette thèse met également en évidence le rôle indispensable des examens histologiques et
notamment la biopsie qui reste le gold standard dans le diagnostic de tumeurs. Mais aussi, la
nécessité pour tous les praticiens d’être formés à la réalisation de prélèvements tissulaires
simples en étroite collaboration avec un laboratoire anatomopathologique, cela afin d’accélérer
la prise en charge du patient.
Le clinicien doit garder à l’esprit que les tumeurs non épithéliales palatines sont trompeuses car
recouvertes le plus souvent d’un épithélium normal. Il doit savoir que le palais est le siège
fréquent de tumeurs malignes. La vigilance doit être de mise afin de ne pas retarder le diagnostic
et de compromettre le pronostic et la qualité de vie par une majoration des séquelles.
Il serait intéressant devant la faiblesse de la littérature à ce sujet, que les praticiens confrontés
à ces pathologies puissent remplir une fiche clinique accessible à tous, regroupant les
principales caractéristiques cliniques, les techniques de prélèvements
anatomocytopathologiques et l’imagerie utilisées. Ce travail permettrait de pouvoir faire
ressortir les éléments spécifiques et éventuellement des recommandations pour aider le
praticien dans son orientation de diagnostic.
42
VII. ANNEXE :
Tumeur Clinique Imagerie Diagnostic
Touche principalement les femmes de 54 ans. IRM : masse ovoïde, hétérogène avec Exérèse
Tumeur superficielle, exophytique, bien circonscrite, des limites nettes d’intensité
non adhérente, indolore, croissance lente. intermédiaire en T1.
Lipome
Muqueuse de recouvrement de couleur normale à TDM : la tumeur est de faible intensité.
jaunâtre. Une résorption osseuse peut être visible
Taille moyenne : 2,05 cm.
Tumeur indolore, croissance lente, masse ronde, de
Fibrome surface lisse, sessile ou pédiculée.
Taille < 1 cm.
Touche principalement les femmes de 27 ans. Exérèse
Nodule indolore, dur, mobile, pédiculé, d’évolution
lente.
Histiocytome fibreux
Muqueuse de recouvrement de couleur rose et sans
ulcération.
Taille moyenne 2,6 cm.
Touche principalement les femmes. IRM : sur les séquences pondérées en
Masse sessile ou pédiculée de différentes tailles, molle, T2 : lobules multiples en hypersignal
Hémangiome lisse ou lobulée et indolore. accompagnés ou non de zones en
De couleur bleu-rougeâtre, la muqueuse blanchit à la hyposignales ponctuées ou réticulaires
pression. correspondant au tissu fibreux.
Petite taille, polypoïde, ulcéré. Période de croissance
Botryomycome rapide, suivie d’une stabilisation et parfois d’une
régression.
Touche principalement les femmes de 55,2 ans. Impossible de faire le diagnostic de cette
Masse de consistance dure à élastique, +/- adhérente. tumeur par l’imagerie.
Hémangiopéricytome
Généralement asymptomatique.
Taille moyenne 2,6 cm.
Touche principalement les hommes de 54 ans. IRM : en T1 la lésion est légèrement plus Exérèse.
Masse bien délimitée, ferme, indolore, de croissance intense que les tissus environnants, +/- CNB.
Angioléiomyome lente. hypersignal en T2.
Couleur normale à rougeâtre.
Taille moyenne est de 1,6 cm.
Touche principalement les femmes de 31 ans. Tumeur circonscrite mais non Biopsie avec
Neurofibrome
encapsulée. immunohistochimie.
1
Tumeur Clinique Imagerie Diagnostic
Age moyen 38,5 ans. TDM : Généralement, exérèse +/-
Tuméfaction solitaire, croissance lente, ferme, indolore, - Tumeur bien délimitée, encapsulée cytoponction à l’aiguille
et bien délimitée. (71 %), qui accompagne l’entrée et la fine. La biopsie seule a aussi
Schwannome Muqueuse de recouvrement saine. sortie du nerf. été décrite.
- +/- associée à une érosion osseuse
(50 %).
Touche principalement les femmes de 47 ans. TDM : processus tumoral du palais de Techniques de diagnostics
Tuméfaction palatine, asymptomatique, de croissance densité tissulaire homogène avec des rapportées :
lente. Le nodule est induré et adhérant aux plans limites nettes et régulières. - Biopsie + FNAC puis
profonds. La tumeur est bien délimitée, muqueuse de IRM : permet de définir l’envahissement exérèse
Adénome pléomorphe recouvrement normale sans ulcération. au niveau des tissus mous et notamment - FNAC puis exérèse
le degré d’encapsulation. - Biopsie ou exérèse en
L’utilisation de l’IRM est recommandée. fonction de la taille de la
tumeur.
2
Tumeur Clinique Imagerie Diagnostic
Touche principalement les femmes de 65,5 ans. Biopsie
Nodule multi lobulaire ou bosselé sans ulcération.
Adénome canaliculaire Indolore (52%)
Taille moyenne : 1.6 ans.
3
Tumeur Clinique Imagerie Diagnostic
Sarcome de kaposi Age moyen 34, 5 ans.
Touche principalement les patients
immunodéprimés.
Altération de l’état général.
Carcinome mucoépidermoide Touche principalement les femmes de 50 ans. IRM : Les tumeurs de bas grade ont des Biopsie +/- FNAC/CNB
Tumeur maligne la plus fréquente des glandes bords lisses et sont caractérisées par des
salivaires accessoires. composants kystiques contenant de la mucine
Généralement indolore (69 %), sans ulcération (hypersignal avec des taches sur les images
associée (85 %), fixe, de croissance lente. pondérées en T1 et T2).
Couleur légèrement bleu rougeâtre. Les tumeurs de haut grade sont solides, les
marges sont mal définies avec un
envahissement des tissus adjacents. La
tumeur présente un hyposignal en T2.
Carcinome adénoïde kystique Touche principalement les femmes de 55,2 TDM : Biopsie +/- FNAC
ans. - Destruction du palais.
2ème tumeur maligne la plus fréquente au - Hypertrophie du foramen grand palatin.
palais. - Atteinte de la fosse ptérygopalatine.
Croissance lente, masse de consistance dure, - Atteinte du foramen rotundum.
bien circonscrite, large base d’implantation, - Atteinte de la cavité nasale.
Adhérente. - Atteinte de l’os maxillaire.
Muqueuse de recouvrement intacte la plupart IRM : en T2 les tumeurs de bas grade
du temps. présentent un hypersignal contrairement à
Taille moyenne 1-9 cm. celles de haut grade.
+/- Douleur (50 %)
4
Tumeur Clinique Imagerie Diagnostic
Adénocarcinome polymorphe Touche principalement les femmes de 55 ans. L’imagerie est non spécifique. Biopsie +/- FNAC
Tuméfaction palatine ferme et indolore. De - +/- résorption osseuse.
croissance lente. - +/- infiltration des tissus adjacents.
La muqueuse de recouvrement est rose.
La taille moyenne est de 2.1 cm.
Carcinome lymphoépithélial Touche principalement les femmes de 62 ans. Différentes formes globales :
Prédilection chez les populations inuites et Lobulées (50 %), irrégulières (25 %), rondes
sud-est asiatique. (25 %).
Taille moyenne 2,6 cm. Les limites sont généralement irrégulières
(37,5 %) mais peuvent être régulières (25 %),
ou mixtes.
La structure interne est homogène.
+/- envahissement des structures adjacentes
(50 %).
Résorption osseuse (25 %).
Carcinome à cellules acineuses Masse palatine indolore de croissance lente. L’imagerie est non spécifique.
Apparence bénigne.
Des composants kystiques intra-tumoraux
sont parfois observés sur les images TDM à
contraste renforcé.
Sarcome myofibroblastique Touche principalement les hommes de 49,6 Exérèse.
ans.
Nodule élastique, dur, fixe, asymptomatique.
La muqueuse de recouvrement est légèrement
rougeâtre et irrégulière.
Taille moyenne 2 cm.
Lymphome non hodgkinien Touche principalement les hommes de 61,5 IRM : lésion homogène, bien définie, avec
ans. un léger hypersignal en T2.
Masse souple, de croissance lente, TDM : résorption osseuse.
généralement asymptomatique et sans
ulcération.
5
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SERMENT MEDICAL
En présence des Maîtres de cette Faculté, de mes chers condisciples, devant l’effigie
d’HIPPOCRATE.
Je promets et je jure, d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la
Médecine Dentaire.
Je donnerai mes soins à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail, je
ne participerai à aucun partage clandestin d’honoraires.
Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma langue taira
les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser
le crime.
Je ne permettrai pas que des considérations de religion, de nation, de race, de parti ou de classe
sociale viennent s’interposer entre mon devoir et mon patient.
Même sous la menace, je n’admettrai pas de faire usage de mes connaissances médicales contre
les lois de l’humanité.
J'informerai mes patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences.
Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des connaissances
pour forcer les consciences.
Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l’instruction que
j’ai reçue de leur père.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
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NASTASI Julie – Éléments de diagnostic face à une tumeur non épithéliale de la muqueuse
palatine
Résumé :
Le diagnostic d’une tumeur buccale, et en particulier d’un cancer oral, doit être une priorité
pour tous les professionnels de santé. Si 90 à 95% des cancers sont des tumeurs épithéliales,
le contingent restant est constitué des tumeurs non épithéliales. Leur diagnostic est
généralement plus difficile car seule la tuméfaction oriente l’examinateur qui est face à un
épithélium normal. L’objectif principal de ce travail était d’analyser les méthodes
diagnostiques d’imageries et anatomocytopathologiques utilisées pour aboutir au diagnostic.
L’objectif secondaire était d’établir une liste, la plus exhaustive possible, des différentes
tumeurs palatines pour présenter les principales caractéristiques cliniques et radiologiques,
afin de mettre en avant des éléments spécifiques. Devant la ressemblance de ces différentes
tumeurs palatines, il est difficile de mettre en évidence des éléments clairs orientant le
diagnostic et permettant au clinicien de faire la distinction entre une tumeur bénigne et
maligne avant l’examen histologique.
Mot clés :
Palais / Diagnostic / Tumeur bénigne / Tumeur maligne
NASTASI Julie – Diagnostic elements in front of a non-epithelial tumor of the palatal mucosa
Abstract:
The diagnosis of an oral tumor, and in particular oral cancer, must be a priority for all health
professionals. If 90 to 95% of cancers are oral squamous cell carcinoma, the remaining
contingent consists of non-epithelial tumors. Their diagnosis is usually more difficult because
only the swelling directs the examiner who is observing a normal epithelium. The main
objective of this work was to analyze the diagnostic imaging and anatomocytopathological
methods used to reach the diagnosis. A second objective was to make a list as exhaustive as
possible of the various palatal tumors to present the main clinical and radiological
characteristics in order to highlight the specific elements. In view of the resemblance of these
different palatal tumors, it is difficult to identify clear elements guiding the diagnosis and
allowing the clinician to distinguish between a benign and malignant tumor before the
histological examination.
Keywords:
Palate / Diagnosis / Benign tumor / Malignant tumor
Adresse de l’auteur :
23, rue de Versailles
13420 GEMENOS