édifice à vocation funéraire. On y enterre des individus.
Pas vraiment de célébration eucharistique
ou autres sacrements.
Le site est utilisé VII-VIIIe. Beaucoup sarco trapézoïdaux.
À l'intérieur de la memoria il y a une rationalisation de l'espace.
On essaie de laisser libre l'entrée de l'édifice.
Un individu par sarco, avec mobilier déposé.
S14 – Sépulture détruite lors de la création de l'église à l'époque moderne. Mais destruction n'a pas
entraîné un pillage.
Femme d'environ 14 ans.
Plaque boucle en argent.
Grande bague, qui couvre plus d'une phalange de doigt. Pas en position dans le sarcophage.
Plaque boucle – époque mérovingienne
Bague – Aucune autre bague de ce type n'existe en France.
Aucune comparaison possible avec découverte française.
Seules comparaisons possibles sont au Danemark, en Suède,
et datent du IV-VIe siècle.
Objet qui correspond à des dons que l'on fait en signe de
reconnaissance d'un pouvoir.
La jeune fille fait partie d'une famille d'ancêtres qu'on a voulu
magnifier.
Objet plutôt viking.
Passage des nécropoles « en rangées » (ou « de plein champ ») au cimetières
Isabelle Cartron « Avant le cimetière au village : la diversité des espaces funéraires » p. 22-39.
Pour les périodes avant X-XIIe on est sur une diversité des espaces funéraires. Il n'y a pas
d'éléments stéréotypés.
On s'aperçoit que les nécropoles en rangées/de plein champ sur surtout dans les régions
septentrionales. Au début lieux d'inhumation dépourvus de lieu de culte.
Sans lien direct avec l'habitat.
Concept remis en question aujourd'hui, essentiellement car les méthodes de l'archéo ont évolué. On
a compris qu'une église n'était pas forcément en pierre, pouvait être en matériau périssable.
La Mouline à Saint-Firmin-des-Prés (Loir-et-Cher)
Vides sur le site sont peut-être des aménagements particuliers.
Espace central semble formuler un groupe. Volonté de regrouper des individus.
Utilisation de haies diverses pour compartimenter l'espace dans les nécropoles en rangées. Bien
souvent il y a une ou deux tombes qui polarisent l'espace au point que les autres vont se mettre
autour. Généralement l'ancêtre le plus ancien.
Quand on parle de nécropole, on parle d'un espace consacré. Espace consacré = cimetière.
Une nécropole du 18e ou un cimetière du 6e n'existent pas.
Quand on ne sait pas, « espace funéraire ».
3.3. Des nécropoles au cimetière chrétien
« le cimetière n'est pas une institution intrinsèque au christianisme mais le fruit d'une évolution des
structures sociales et de l'interaction des structures ecclésiastiques avec ces dernières » É.Rebillard
(1999), « Églises et sépulture dans l'Antiquité tardive » Annales, histoire, Sciences Sociales
Treffort C, « Consécration de cimetière et contrôle épiscopal des lieux d'inhumations au Xe »
dans Kaplan, Le sacré et son inscrption dans l'espace à Byzance et en occident.
→ Nouvelle conception de la mortuaires
→ Cimetière consacré = nouvelle conception spatiale et communautaire
Rituel liturgique de consécration est très important.
On le retrouve dans le livre de l'évêque, qu'on appelle le pontifical.
Création entre la fin du IX siècle et Xe
Première mention dans les lois d'Aethelstan (925-939) d'un espace béni, consacré.
Volonté normative de :
– Retirer l'espace cimetérial du monde profane
– Fixer les limites du sacré (spatialisation du sacré)
– Créer un espace communautaire, exclusif et prohibitif – à partir Xe interdit d'inhumer dans
cimetière consacré les païens, juifs, musulmans, enfants non consacrés, criminels. Réservé
aux bons chrétiens.
Pontifical [Link] G Ms 143, f°145v-146r°
Ce rituel évolue beaucoup entre Xe et XIIIe
Xe : Pontifical Romano-germanique
XIIe : Pontifical romain
XIIIe : Pontifical de la Curie romaine
fin XIIIe : Guillaume Durand, Pontifical II
fin XIIIe : Guillaume Durand, Rationale Divinorum
Rituel avec 2 formules.
L'évêque se déplace en personne. On dispose des cierges et croix pour délimiter l'espace.
Déambulation in circuitu. Doit déambuler dans tout l'espace consacré.
À chaque croix doit prononcer des oraisons, prières et effectuer des bénédictions avec de l'eau
bénite, de l'eau épiscopale.
Se fait en public, le public participe en faisant des prières.
Aboutit à une spatialisation des limites.
Espace Intra cimiterium (espace consacré), Extra cimiterium (espace profane)
Le cimetière est un espace exclusif, prohibitif, communautaire.
Protection du lieu + aspect juridique (asile, immunité, droit)
Institutionnalisation du cimetière par l'Eglise
Contrôle épiscopal
Xe : la sépulture chrétienne : rites, pratiques + un espace institutionnalisé.
Évêques vont parfois créer des espaces cimetériaux consacrés dans lesquels il est interdit d'inhumer.
Le but est juste d'avoir un espace protégé, où on peut avoir asile.
Portejoie/Tournedos/Val-de-Reuil (Eure)
– Années 1960 : implantation d'une sablière et dégâts sur le site archéologiques
– 1966-1971 : Guy Verron met au jour les deux sépultures collectives néolithiques
– 1986-1994 : Fouilles préventives de F. Carré (extension de la sablière) (SRA Haute-
Normandie).
– Août 2009-Juillet 2010 : Diagnostic Inrap
Énorme site étudié surtout par F. Carré
3 espaces :
– 3 ensembles funéraires
– 1 zone d'habitation
– 1 zone périphérique
Les nécropoles périphériques
Fosse XIV
– 40m de l'habitat
– Dizaine de tombes positionnées sur une sépulture néolithique
– Mobilier VII-VIIIe siècle
Beausoleil
– 13 tombes (vingtaine estimées)
– Sépulture collective néolithiques
– Mobilier seconde moitié du VIIe/début VIIIe.
L'église Sainte-Cécile:
- Acte de donation
3 phases:
VII-IX (trous de poteau)
Xe (abside sur fondations maçonnées)
XIIIe-XIVe (nef maçonnée)
Typologie des tombes :
– Sarcophage de plâtre décoré (école parisienne)
– Inhumations en pleine terre
– Cercueil (fin période)
Pratiques :
– Dépôt sur le dos/bras croisés
– peu de dépôt de mobilier
– Enfants le long de l'église (fin période)
Quand il pleut le long des églises, l'eau tombe sur l'église → Fait eau bénite. Donc inhumation
proche des murs est inhumation privilégiée, utilisée surtout pour les enfants
Le cimetière :
Un espace habité.
Zone de production et de stockage (greniers)
L'habitat :
Clayonnage + Torchis
Charbon de bois
Pierres rubéfiées
Céramique VIIIe-Xe
Fours
Étude carpologique :
Orge, blé, avoine
Zone de traitement des céréales ?
Étude archéozoologique :
Boeuf à 50% (habitation)
Capriné à 22% (église)
Porc à 10% (église)
Boeuf = animal utilisé par les paysans. On n'en a pas besoin autour de l'église.
Membres du clergé n'utilisent pas de bœuf mais doivent se nourrir.
Rigny – Ussé (Indre-et-Loire)
1986 : Prospections, sondages
1968-1999 : Fouilles programmées (chantier école) dirigées par É.Zadoradio et ?
– 1000 m² de superficie
– Plus de 1700 sépultures
– Grande densité
– Utilisation entre VIIe et XIXe
– Recrutement : hommes, femmes, enfants, jeunes, personnes âgées
– Église paroissiale actuelle en élévation
6 phases d'évolution (dont 3 pour le MA)
– VIII-Xe église à nec unique ; paroissialisation, grand espace funéraires
– X-XIe : église à abside tréflée, recentrage de l'espace funéraires
– XII-XVe : église en croix latine, resserrement de l'espace cimétérial et construction
d'édifices au nord de l'église
– à partir Xve : nombreuses évolutions (presbytère)
VIII-Xe
– Implantation de sépulture sur un ancien bâtiment (surement de l'antiquité)
– Structures domestiques, déchets, foyers = habitat
– Inhumation en coffrage de pierres et de bois
– Aménagements céphaliques
X-XIe
– Réduction de l'espace d'inhumation autour de l'église
– Densification des sépultures
– Nouvelle dépendance à l'église ?
Période de resserrement autour de l'église correspond à la naissance du cimetirèe
XII-XVe
– Construction d'un mur de clôture (= délimitation du cimetière)
– Maisons d'habitation au nord du site, tessons de céramique (= cohabitation des morts et des
vivants)
– Pratiques funéraires : coffrage en pierres de taille et dépôt de céramique funéraire
A partir du MA central : clôture des cimetières (murs, haies, palissades, etc.) = données textuelles,
iconographiques et archéologiques1
Aix-en-Provence, Bib Paul Arbaud ms 13
Le Mans, BM, Ms 254
A partir du MA central le cimetière se repère de + en + avec une architecture qui lui est propre (mur,
grille d'entrée, lanterne des morts, etc).
Grille d'entrée = grille sur le sol à l'entrée du cimetière. Pour éviter que les animaux, surtout les
cochons, viennent déterrer les cadavres.
Lanternes des morts = tours aménagées dans les cimetières ou à proximité immédiate des cimetières
pour avoir de la lumière. On le retrouve beaucoup en Charente
A partir du Xve
– Construction du presbytère sur le plan d'un manoir aristocratique (tourelle d'escalier) (= plus
de maisons)
– Séparation morts et vivants (= plus de structures domestiques dans le cimetière)
– Pratiques funéraires : cercueil avec clous en fer
Chronologie en 2 temps
– De l'Antiquité tardive au XIIe : mise en place de la norme et des pratiques
– Après XIIe : conscience de « la mort de soi » : Purgatoire, legs pieux, messes anniversaires
=> Individualisation du salut
Différence entre Grands et le reste du peuple (mémoire, lignage, funérailles)
Typologie des tombes
Évolution de la conception spatiale de la mort : de la nécropole au cimetières
Cours 5 : l'inhumation atypique et la privation de sépulture
PAS BESOIN DE REVISER ÇA
Les moyens d'exclure les « mauvais chrétiens »
– Excommunication
– Anathème
– [Link].s
– Malédiction monastique
=> L'Église est garante du salut de l'âme et de la cohésion sociale/ordre social
Il y a des excommunication ipso facto ? Incendiaires par exemple n'ont pas besoin de passer par un
rituel. L'acte l'excommunie.
Anathème = excommunication majeure. Excommunication on peut avoir un retour dans la
communauté, mais l'anathème exclue de façon définitive (quoi que).
Est-ce qu'ils ont une inhumation particulière ?
L'Eglise veut créer une paix sociale et cela est un point important. Elle excommunie certes pour
punir mais aussi pour éviter que les bons chrétiens soient au contact des criminels.
– Les usuriers et fraudeurs
– Les meurtriers, les incendiaires, les infanticides
– Les agresseurs de religieux et les violateurs de biens ecclésiastiques (dîme, etc)
– Les suicidés et les jouteurs – souvent associé car jouteurs se mettent en péril. Seul dieu peut
rappeler les siens à lui
– Les concubines de prêtres, les incestes, les adultères, les violeurs, les sodomites
– Les pécheurs notoires et les hérétiques
– Les sorciers, les mages, les empoisonneurs
Privation de sépulture chrétienne pour les « mauvais morts »
– à partir de l'Antiquité tardive : privation d'une célébration liturgique et mémorielle
– à partir du milieu du Xe : privation d'individus au sein du cimetière consacré
La mort fixe-t-elle le statut d'un « mauvais chrétien » ?
La mort participe-t-elle de la construction du sujet exclu ?
Mort en dehors du cercle « normal » ?
Inhumation atypique
Difficile pour l'archéo de parler de norme
– Confusion entre nombre et normes
– Sépulture chrétienne = individuelle, non isolée, orientée comme les autres et contenant un
individu déposé sur le dos
3 sujets d'étude : l'espace d'inhumation communautaire, la sépulture chrétienne, le corps.
I. Vers une spatialisation de l'exclusion ?
Inhumations dites « isolées » (exemple du sud ouest)
Brénat-Fléac = 2 inhumations
Champniers = petit groupe d'inhumation (8-10)
Préguillac : 7 inhumations
Périgieux = 1 inhumation
Saint-Georges-lès-Ballargeaux = Petit groupe
etc
On a un mode d'inhumation qui pendant très longtemps n'était pas connu par les historiens. C'est
grâce aux archéos qu'on a pu découvrir ça, les petits groupes d'inhumation qu'on a pendant
longtemps des inhumations isolées. Elles ne sont en fait pas isolées. Fonctionnent avec espace
d'habitat, de production, et foncier.
En se faisant enterrer sur ses propres terres, on montre l'importance qu'on attache à sa propre terre.
Nécropole de La Font-Pinette (Charente)
– Scuiller C. & Gleize Y.
– Fouilles préventives – 1994 et 2007
Espace funéraire :
– 85 inhumations (coffrages, cercueils, sarcophage, tombes sous bâtières en tuiles)
– Recrutement large
– IV-VIIe siècles
– Inhumation excentrée
– Proximité villa et exploitation agricole
L'espace funéraire fonctionne à priori avec cette exploitation agricole
Enclos fossoyé
Espaces non utilisés
1 inhumation excentrée
Notion de distance
On a enterré quelqu'un à l'extérieur de cet espace alors qu'il y a des espaces libres. L'individu est
déposé sur le dos, son squelette ne propose aucune trace de maltraitance, il y a du mobilier déposé
avec lui (couteau en métal).
Identité biologique = homme
Le seul point qui la différencie des autres c'est son emplacement à l'extérieur de l'espace.
Quelqu'un de puni ? Quelqu'un qui n'a pas de famille ? Quelqu'un d'étranger à la communauté ?
Impossible de le savoir
Bourges (Cher)
Fouilles préventives
1996-67 (A. Luberne) et 2004 (P. Blanchard)
Ensemble des inhumations sont à l'intérieur de l'espace clos à un mur. On trouve accolé au mur un
individu enterré à l'extérieur de l'espace.
Espace extra cimeterium peut servir d'espace d'inhumation. Espace profane peut fonctionner comme
espace d'inhumation.
Villarnau (Pyrénées-orientales)
Fouilles programmées (O. Passarius)
Cimetière clos par une délimitation, ici un mur.
Église qui bénéficie d'un aménagement fortifié. L'ensemble des inhumations se situe au sud de
l'édifice.
Il y a un espace excentré d'une dizaine de mètres où l'on trouve un groupe d'inhumation, une
dizaine, dont la seule femme enceinte du site.
Une femme enceinte est une femme impure. La femme elle est normalement baptisée. Si l'enfant
n'est pas sorti du ventre, il ne reçoit pas le péché originel. Certains ecclésiastiques disent donc qu'on
peut enterrer la femme dans le cimetière consacré, mais pour d'autres non. Demandent qu'il y ait
une césarienne. Pour d'autres dans les 2 cas la mère et l'enfant doivent être enterrés à l'extérieur.
Il y a mention à partir du XIIIe près du site de fourches patibulaires. Structure pénale. Structure de
pendaison, un gibet.
Les lieux d'exécution fonctionnent comme des lieux d'inhumation. Les condamnés à mort peuvent y
être enterrés.
Grégoire de Tours, Libert in gloria martyrum, cap.88
Parle d'un mort. Sa famille demande malgré son statut de mauvais chrétien d'être enterré dans
l'église. On attends un bruit une nuit. On s'aperçoit que le sarcophage est passé par la fenêtre de
l'église et il se retrouve dans l'atrium.
Le sol de la basilique a éjecté le sarcophage.
→ Miracle
Malgré ce point là, ses proches demandent à ce qu'il soit réinhumé dans le temple. La nuit suivante,
on réentends un bruit, même chose.
Grégoire de Tours conclue « et encore aujourd'hui on voit ce sarcophage dans l'atrium ».
première mention d'une inhumation miraculeuse.
Montre que quand on est un mauvais chrétien, on n'a pas le droit d'être dans un espace consacré.
Son sarcophage est visible par tous. Il sert d'exemple. Mais il reste dans un espace sacré
communautaire. On l'exclue de l'espace intérieur de la basilique.
– Opposition « dedans »-« dehors » / inclusion-exclusion
– Lieux sacrés et leurs pourtours fixent l'identité sociale et le statut du mortuaires
– Inhumation d'un « mauvais mort » est visible et marque le paysage