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Pratiques funéraires et acculturation en Europe

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Tombe d'un prince gépide, Omahar (Apahida, Roumanie), ème moitié du Ve siècle – On retrouve

des fibules et un anneau sigillaire, mais dans le cas d'Omahar le nom est en grec et il y a une croix.

Interprétations des pratiques et des rites funéraires ?


– Qualitätsgruppen (Rainer Christlein 1973) – Groupes de qualité :
– Classement des tombes par la quantité et la qualité du mobilier funéraire = hiérarchisation
socio-économique
– Culture matérielle des riches
– Nécropoles comme reflet direct de la société – Roi enterré comme un roi, paysan comme un
paysan. Femmes ont leur type de mobilier, tout comme enfants etc.
– Acculturation/romanisation/« barbare » - Les caractéristiques c'est l'acculturation.
Romanisation mais il reste barbare.
– Temps des funérailles à prendre en compte.

La tombe des rois et reines chrétiens


La tombe d'Arégonde (520-600) – Belle-fille de Clovis, femme de Clotaire Ier. On la connait grâce
à l'Histoire des Francs de Guillaume de Tours. Elle est inhumée dans la basilique Saint Denis.
Première fouille en 1959. Depuis, quasiment tous les ans on a un article sur cette tombe.
Nombreuses études interdisciplinaires jusqu'à l'heure actuelle (Patrick Périn)

Saint Denis – Fondation début Vie siècle. Dédié à saint denis, premier évêque de Paris.

Au départ on a une première basilique.


Nef unique (20x8m).
On construit une avant nef dans la première moitié du Vie siècle.
À l'intérieur de cette avant-nef on découvre des sarcophages en calcaire et en plâtre dont celui
d'Arégonde (1,90m de longueur alors qu'elle ne fait que 1,55m).
Tous les sarcophages font 1,90m → Construction en série. Pas de décors dessus.

Arégonde est une femme d'1,55m, blonde, environ 45 ans. On sait qu'il y a une tentative
d'embaumement.
Dans sa tombe on la retrouve parée de vêtements prestigieux, pas forcément funéraires. On y trouve
aussi une plaque boucle ? Énorme, des boucles à oreilles, une bague sigillaire, des fibules, des
boucles de chaussures, dépôt de verre. On sait aujourd'hui qu'elle avait un voile tissé autour de la
tête.
On peut aller jusqu'à une identité nominale puisqu'on a une bague sigillaire.

Le type de plaque boucle est une boucle de cérémonie, pas une plaque boucle que l'on porte sur soit.
Quelque chose de très lourd. Attribut politique de femme qu'on porte quand on siège sur son trône.
Donc cette plaque boucle de cérémonie, on en pare la personne au moment de ses funérailles.
Elle est entièrement habillée. Manteau fermé, par 2 fibules. Donc très faible chance que la plaque
boucle se voit. Là on s'aperçoit que la visibilité ne sert à rien.
On est quand même dans des funérailles de luxe.

On s'aperçoit vite que le dépôt est difficile à interprété mais le lieu permet d'aller plus loin dans
l'interprétation. Elle est enterrée dans la basilique saint denis → Elle est chrétienne.

Interprétation?Analyse ?
– Funérailles de luxe
– MAIS sarcophage simple
– Pas de reflet social (hormis le lieu privilégié : recherche de la sacralité)
– Évolution entre les « chefs barbares » et les « souverains chrétiens » (ostentatoire, luxueux)
– Christianisation des pratiques

La tombe de Roger de Brosse (mort 1287)


Abbaye de Prébenoît. Monastère cistercien.
Fouilles programmées 1993-2000
Étude interdisciplinaire menée par Jacques Roger

Roger de Brosse est un aristocrate local.


– Croisade avec saint Louis (1248-1254)
– 1255 : Mariage avec Marguerite, fille d'un seigneur régional et de Déols
– 21 juillet 1286 : testament : messes + être enterré « au devant du grand autel de l'église de
Prébenoist »
– 1287 : mort
– 1416-1422 : Pierre II de Brosse fait ériger un caveau familial en l'église d'Huriel (40km)

XVII-XVIIIE : description du tombeau de Roger de Brosse : gisant de bois recouvert de feuilles de


cuivre dorées, 1m, homme allongé, mains jointes et tenant une croix.

Fouilles ont permis de s'intéresser à l'intérieur de l'église abbatiale. Pavement de carreaux glaçurés
(finXII-début XIIIe).
5 sépultures qui recoupent le pavement – Datent d'après le début du XIIIe. Autour de la sépulture
numéro 2, Éléments de cuivre et des émaux rouges et verts.

Sépulture 2 : devant autel, entre deux pavements figuratifs, couverture de dalles de pierre,
sarcophage calcaire en remploi (VII-Xe)
Aucune connexion anatomique, tous les os sont représentés sauf le tarse et le carpe, trace de tissu de
lin...
Tissu de lin = était peut-être dans un linceul.

Identité biologique : Homme, robuste, bonne condition sanitaire. Datation C14 = 1245-1297 (pic de
probabilité 1292).

Mais sépulture 6 – Petits os des pieds et des mains à leur emplacement anatomique
Correspondent aux os manquant dans la SEP2.
On laisse décomposer Roger de Brosse dans SEP6 puis une fois décomposé on le déplace dans
SEP2.
Il faut 10-15 ans pour faire un gisant (commander, choisir etc). En attendant la réalisation, on le
laisse dans une sépulture temporaire. On le déplace dans un sac de lin ?

Gisant de Blanche et Jean de France, émaux de Limoges – Commande assez loin

Inhumation primaire → Déplacement → Inhumation secondaire


Dépôt primaire était une sépulture temporaire

Gisant non retrouvé.

2.2.2. Les ecclésiastiques


Sainte Chrodoara – abbesse.
Saint-Georges et Sainte-Ode d'Amay (Meuse)
Les abbés sont considérés comme pères d'une communauté. Sont vénérés en tant que fondateur de
la communauté.
Dans le cas de Chrodoara, c'est aussi une sainte.
Sarcophage sculpté. Toutes les faces du couvercles sont couvertes sauf l'extrémité au pied, car le
sarcophage était sans doute positionné face à un mur ou autel.
On a inscription qui permet de savoir que c'est Chrodoara, qu'elle est sainte et qu'elle est abbesse.
Voile, habit de moniale.
Représenté comme personne vivante sur son sarcophage, avec un bâton.

Une vie hagiographique est un récit très narratif, littéraire, qui rapporte la vie d'une saint ou d'une
sainte. Débute souvent avant sa naissance (on parle de ses parents), jusqu'à sa mort. On rapporte
aussi son après-mort avec les miracles.
À l'extrême fin de sa vie, Chrodoara était peut-être âgée et avait besoin d'un bâton pour marcher.

Le bâton est un tau. Bâton de gouvernement d'un abbé ou abbesse. On peut parler de crosse
abbatiale mais on préfère parler de tau.
Résurgence du bâton pastoral, du bon berger.

Couvercle orné car surement seule face visible. On le laisse visible car elle est sainte donc pour le
pèlerinage → Sarcophage reliquaire

Saint-Germain d'Auxerre (Yonne)


– Abbaye
– Archéologie du bâti depuis les années 1980 (C. Sapin)
– 2010 : fouille de la sépulture d'un abbé

Inhumation – Caveau maçonné.


Crosse abbatial – On parle plus de crosse ici car c'est quelque chose qui fait pratiquement la hauteur
de l'individu
Déposé avec un brancard en bois

3. Les espaces funéraires


3.1. En milieu urbain et suburbain
Christianisation : Transformation du paysage à partir du Ive (surtout en milieu urbain)

Ville antique = pomerium (périmètre sacré)

Loi des XII tables (Ve avant JC) toujours en vogue au Xie

Peur des morts – On ne connaît pas la société des morts donc on les regroupe à l'extérieur de la
ville, dans la necropolis.

IV-Ve : rôle de + en + important de l'évêque. L'évêque a un pouvoir pastoral très important.

Rome et ses catacombes (III-IVe)


Respect de la loi des XII tables. Les espaces funéraires sont tous à l'extérieur de la ville.
Il y a des catacombes chrétiennes bien sur mais aussi juives.

Ces catacombes se situent tous au bord de voies de communication. Car il faut amener les morts
jusqu'aux catacombes
Catacombe Saints-Pierre-et-Marcellin
Mausolée d'Hélène qui fonctionne a un moment comme une basilique.
Sous la basilique saint-marcellin il y a un réseau de catacombes. Il s'agit de couloirs aménagés à des
fins funéraires. Pour les défunts romains et chrétiens.

Sous basilique = aménagements des tombeaux de st pierre et st marcellins

Énormément de graffitis

Beaucoup veulent être enterrés près des saints pour l'aura de sainteté.

Énormément de couloirs avec des niches latérales qui vont du sol au plafond, fermées par des
briques, du mortier. Souvent clôturé par marque de marbre ou pierre avec le nom.

Ces catacombes fonctionnent avec des cubicula, des chambres funéraires. On est sur un
regroupement familial.

Il y a des parties pour les chrétiens.

Tours entre les IV-XIIe siècles


Ce sont les pratiques funéraires qui ont transformé le paysage urbain.

Relique = partie d'un saint ou objet qui lui a appartenu. On ne peut pas apporter un doigt par
exemple à l'intérieur de la ville.
Reliques sont déposées à l'extérieur de la ville. On voit apparaître rapidement des sanctuaires en
milieu suburbain.

Saint Martin premier évêque de Tours. A donné une partie de son manteau à un pauvre.
Dès 470 première basilique en pierre construite.

On est là face à des sanctuaires de pèlerinages.

« morts très spéciaux » (P. Brown) fait référence aux saints.

Plus que des centres de pèlerinages, on a à un moment des communautés qui s'implantent. Pour
fonder monastères on récupère des reliques.
Se développent des inhumation ad sanctos.

À la fin de l'antiquité tardive IV-VIe, Grégoire de Tours parle même d'un vicus christianorum.
Vicus = regroupement d'hommes, pratiquement un village.

Zones de peuplement autour des monastères, surtout de l'atrium de la basilique.


On habite dans un espace qui appartient aux morts.

→ Confusion entre le monde des vivants et le monde des morts


→ La fixation des morts modifie l'espace urbain et suburbain

xxx neuf = création d'un nouveau quartier autour des lieux funéraires

Sainte-Geneviève de Parisienne
Fondation par Clovis. À sa mort, travaux effectués par Clotilde.
Vita de Sainte-Geneviève nous renseigne sur elle
Grégoire de Tours : sacrarium aurait hébergé tombes de Clovis et Clotilde.

1807 : fouilles du Père Bourla et de J.B Rondelet en vue d'une destruction


. On laissait l'édifice à l'air libre pendant les fouilles, donc pillages.

32 sarcophages de pierre calcaire et de plâtre → On est à Paris donc logique


On retrouve des sarcophages en rangées, dans la nerf. Lieu prestigieux à l'intérieur de l'église.
Cercueils de plomb de l'époque moderne.
Inhumation sont à proximité de la tombe de Sainte-Geneviève en crypte.
Certains sarcophages avaient un léger décor mais la plupart étaient sans décoration et sans écriture.
Anonymat plutôt de ces sarcophages.
Aucune indication sur la possible tombe de Clovis ou de sa femme.

3.2. En milieu rural


Christianisation des campagnes ?
– Deux courants historiographiques : continuité ou destruction des temples païens ?
– Grégoire de Tours (mort 594) « ne détruisez pas les temples païens mais les idoles, aspergez
les bâtiments d'eau bénite et placez-y des autels »
On ne détruit pas les temples païens. On est dans une purification de l'édifice.

On s'aperçoit, essentiellement dans le milieu de la normandie, de la bretagne, qu'on a une


réoccupation funéraire des villae antiques.

Villa de Boos (Seine-Maritime)


Fouilles 1906-1907
Édifice antique utilisé jusqu'au IIIe siècle.
Vingtaine de pièces/galerie-façade

Tombes du VIIe siècle


Petit groupe de personnes (familia)
Chrétiens ?
Oratoire privé ?

Espace central – les murs sont encore en élévation et on retrouve les inhumations à l'intérieur.

Permet de faire des enclos funéraires et des regroupements.

Impossible de dire si ces populations sont chrétiennes ou païennes.

Réoccupation funéraire des temples


Jau-Dignac-et-Loirac
VII-VIIIe siècle
Memoria = chapelle à fonction funéraire plus que liturgique
Sarcophages trapézoïdaux
Mobilier funéraire riche – bijoux, verres, pinces à épiler, briquets, etc.
dans chaque sarcophage à l'intérieur, un seul individu a été déposé.
Sarcophages à l'extérieur n'ont livré aucun mobilier, et il y a entre 2 et 5 individus dans chaque
sarcophage.
Au niveau de l'identité biologique, on retrouve des hommes, femmes, des jeunes et moins jeunes.

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