Introduction
Archéologie du cimetière chrétien, actes de colloque
La mort, les morts, rites et pratiques. IVe au XVIIIe siècle. La mort pénale est surtout étudiée par les
modernistes, et ça correspond aussi aux morts du XIIIe siècle.
Phénomène de flottaison entre les pratiques funéraires romaines et chrétiennes les premiers siècles.
L'incinération devient interdite pour les chrétiens, mais ça ne fonctionne pas de suite. La raison de
l'inhumation et non plus de l'incinération c'est pour avoir le corps entier pour le jour du jugement
dernier.
Comment et où les hommes enterraient-ils leurs défunts ?
Le cimetière consacré est crée à la fin du Xe siècle. Il y a des lieux définis, institutionnalisés pour
l'inhumation des chrétiens. Parfois il n'y a pas d'église, parfois il y a des églises sans cimetière,
parfois on est pas dans la ville. Le cimetière peut se situer auprès d'un hôpital, d'un palais de justice.
Il y a plusieurs endroits pour inhumer les corps.
Que faisaient-ils du cadavre de leurs malades ?
Les malades sont pris en charge par leur famille.
Parfois dans les cimetières pour pestiférés ou lépreux il y a des gens qui n'ont ni la peste ni la lépre.
Où étaient inhumés les soldats morts au combat ?
On peut avoir des inhumations sur le champ de bataille.
Que devenait le corps des condamnés à mort ?
Normalement n'ont pas le droit d'être enterrés avec les autres chrétiens, d'avoir les mêmes rites et
pratiques.
Quand on brûle un corps, c'est qu'il ne veut pas qu'il ressuscite. Par exemple les hérétiques, les
sorcières.
Tout ce qui concerne la mort n'est pas forcément lié à la sépulture. On peut accrocher une main à
une porte de ville.
Les cadavres des pendus peuvent rester pendu pendant des mois.
Pour les condamnés à mort il y a des lieux spécifiques.
Depuis quand étudie-t-on la mort ? Quels sont les procédés ?
I. L'historiographie de l'archéologie médiévale en France
Le dépôt matériel de l'objet dans la tombe n'est pas forcément la chose la plus intéressante à étudier.
L'étude des ossements est une étude très récente, depuis les années 80-90. c'est une étude qui
devient une étude de terrain alors qu'avant on ne le faisait qu'au labo.
On partait du principe que chaque objet était genré. On supposait le sexe grâce au dépôt matériel.
Jean-Marie Pesez : l'archéologie vise à améliorer la « connaissance du passé humaine à partir des
vestiges matériels », elle prend donc en compte les « témoins non écrits du passé ».
Il n'y a pas que des fouilles archéo. Il y a aussi des prospections archéo, différents types (aériennes
etc).
Les isotopes sont des particules que l'on ingère, que l'on respire, que les animaux que l'on mange
ont ingérés. Sont différents selon le lieu. Permet de savoir d'où vient la personne.
Il faut replacer la sépulture dans un contexte, celui de la tombe. On peut avoir des tombes
architecturées. On va souvent avoir du bâti à proximité, notamment des églises. Dans les milieux
ruraux peut être les lieux d'exécution etc.
1. Les années 1930-1980 : de la naissance de l’archéologie médiévale aux débats
Très récente, n'a pas forcément intéressé.
Europe du Nord : dès les années 1910. académie d'histoire de la culture matérielle URSS.
L'archéologie s'intéresse de plus en plus à la culture matérielle.
Ces études visaient à une réponse nationaliste. Chaque objet correspond à une nation, un genre, un
âge ; donc les interprétations étaient faussées.
Ce qui intéressait était l'objet, pas les ossements.
Les premières publications s'intéressent aux châteaux, aux donjons.
1950 Edouard Salin (archéologie funéraire mérovingienne) est l'un des premiers à s'intéresser
1953 Raymond Ritter
1960-70 Jacques Le Goff/ École des Annales
On commence à avoir des réflexions sur les sépultures.
On utilise l'anthropologie, la médecine, la physique
2. Des années 1980 aux années 2000 : professionnalisation et technicité
Très fort développement de l'archéologie grâce à la professionnalisation. À partir des années 70 on
n'a plus des érudits locaux qui fouillent mais des professionnels de l'archéologie. On voit apparaître
des premiers termes techniques pour définir les fouilles.
Fouilles de sauvetage/d'urgence/préventive et les fouilles programmées
Préventive = le site est menacé. Souvent milieu urbain. Ex autoroute, train. Le site est destiné à être
détruit. Les archéo ont un temps imparti pour fouiller en urgence. Souvent les archéo doivent faire
des choix sur le terrain. Fouille de sépulture prends du temps. Les rapports en archéo préventive
sont conditionnés par le temps. Souvent des données qui manquent. Ne fouillent pas toutes les
sépultures.
Programmées = Fouilles qui ont souvent lieu qui ont lieu plusieurs mois, plusieurs fois. Pas
d'urgence à fouiller un site, on peut prendre le temps.
1973 AFAN = Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales
Cadre préventif
2001 INRAP = Institut Nation de Recherches Archéologiques Préventives
Avec cette professionnalisation il y a eu plus de fouilles. Mais publications de ces années sont
souvent incomplètes car archéo n'ont pas eu le temps de synthétiser.
3. L'archéologie médiévale aujourd'hui
Archéologie :
Pour les historiens : Science auxiliaire de l'histoire. Réponse aux textes. On utilise l'archéo pour
répondre à des questions d'historiens issus de textes.
Pour les historiens de l'art: Archéologie monumentale. Monde de funéraire est peu intéressant pour
les historiens de l'art
Années 70 → Renouvellement des problématiques (en particulier en castellologie).
Développement des Master professionnalisant.
II. L'archéologie de la mort : synthèse historiographique
1. Une « archéologie funéraire » au Moyen Âge et à l’époque moderne ?
Guibert de Nogent, autobiographie – On a découvert des sarcophages pendant des travaux autour
d'une église. Sarcophage = Bloc de pierre pouvant accueillir un ou plusieurs personnes. Il dit que la
position des sarcophages n'est pas une position chrétienne. Il arrive à faire la différence entre des
inhumations chrétiennes et inhumations non chrétiennes. S'interroge sur la présence de vases dans
des sarcophages. Ne sont pas des vases chrétiens ou des vases du Xie siècle.
Les chrétiens au début du MA se font enterrer avec beaucoup d'objets, puis on a moins en moins
d'objets.
Guibert de Nogent se dit que se sont des tombeaux ou bien païens, ou bien de chrétiens enterrés
encore à la manière des païens.
Les premiers chrétiens sont soit des populations gallo-romaine inhumée comme des chrétiens mais
à la façon des païens, soit des peuples barbares qui arrivent, sont christianisés, se font inhumer
comme des chrétiens mais gardent leurs pratiques germaniques. Chefs païens pouvaient être
enterrés avec croix en or pour l'aspect esthétique.
Beaucoup de facteurs sont à prendre en considération.
Pour l'époque moderne, on s'intéresse aussi à l'archéo funéraire pour toutes les périodes.
1653 : Tombe de Childéric Ier à Tournai
1685 : Sépulture collective préhistorique de
Houlbec-Cocherel – Pas un mode d'inhumation
préhistorique.
2. L’archéologie funéraire des XIXe-milieu du XXe siècle
On s'intéresse à la quête des origines de l'Homme. C'est la préhistoire qui intéresse.
1868 Abri de Cro-Magnon
1872 Squelettes paléolithiques de Mention
Pour les périodes historiques, on s'intéresse toujours à la quête du bel objet (armes, bijoux, etc). La
céramique n'intéresse pas.
Ce qui intéresse c'est aussi l'évolution de l'Homme en type de questions raciales. Est-ce que le crâne
un européen est aussi gros que le crâne d'un asiatique. Dans ces études souvent on prends trois
catégories pour essayer de prouver l'évolution de l'anatomie.
Beaucoup d'archéologues ont parfois des considérations raciales, misogynes.
On est souvent dans un discours nationaliste et politique. La plupart de ces études n'ont aucune
objectivité, ce sont des études qui sont commandées par les états.
L'académie de la culture matérielle ? Par Lénine en Pologne. Demande comparaison entre objets
issus de la culture polonaise, russe, etc, et les objets africaines, asiatiques.
(Geary, Quand les nations refont l'histoire)
L'archéologie funéraire à partir du XXe doit beaucoup au développement de la sociologie. Deux
auteurs importants : Van Gennep et Durkhein.
Les historiens médiévistes s'intéressant au funéraire se sont beaucoup inspirés de ces deux auteurs.
3. De l’archéologie funéraire à l’archéologie de la mort (1950-1990)
Tournant des années 50-60 dû surtout aux préhistoriens, notamment André Leroi-Gourhan. Il étudie
les ossements non plus avec les dépots d'objets mais avec des méthodes scientifiques et objectives :
Dessins de sépultures, photographies archéologiques, réflexions scientifiques sur la décomposition
des corps.
Linceul ne se retrouve pas en archéologie mais archéo peuvent dire qu'il y en avait un car il y a des
caractéristiques typiques.
Les premiers à s'intéresser au monde de la mort sont des historiens.
Philippe Ariès = « la mort de soi », « la mort apprivoisée » - s'est beaucoup intéressé à l'époque
médiévale. « la mort de soi » c'est prendre conscience qu'un jour on va mourir. Pour un chrétien ça
veut dire qu'on est dans un temps eschatologique. La mort au MA ne fait pas peur, c'est quelque
chose qui fait parti du quotidien. Tout est fait pour un chrétien pour apprivoiser sa mort. Ces
considérations on les doit à cet historien.
Vladimir Jankélévitch – Travaille beaucoup sur la notion de pureté et de souillure. On s'aperçoit que
dans la bible il ne faut pas toucher un cadavre, ça souille. Mais dans la réalité est différent.
Louis-Vincent Thomas – Travaille sur le pouvoir dans la mort. S'interroge sur la mort du pauvre, de
l'aristocrate, de l'ecclésiastique. On s'aperçoit que les rites peuvent évoluer. La mort d'un roi n'est
pas mise en scène de la même façon que la mort d'un paysan.
Ont une analyse sociologique, anthropologique.
Premières publications archéologiques
– Edouard Salin 1952 (Mérovingiens)
– Michel Colardelle (1983) (Alpes, Ve - XIIIe)
– Marc Durand (1988) (Oise, VIe-XVIe)
– Patrick Périn (1980)
Paul-Albert Février, Michel Fixot, Elizabeth Zadora-Rio...
à partir des années 90 il y a une explosiion, une grande évolution autour de la problématique sur la
mort, surtout chez les historiens. On essaie d'avoir des synthèses.
L'ouvrage essentiel est l'archéologie du cimetière chrétien.
III. L'archéologie de la mort aujourd'hui
1. L’archéo-anthropologie ou archéothanatologie (1980-2000)
L'archéo-anthropologie est une anthropologie dans le sens biologique. L'inventeur (Henri Duday,
CNRS) est au départ médecin. S'intéresse de plus en plus à l'archéo et devient anthropologue pour
les archéos. S'aperçoit qu'il manque énormément de données.
Il développe ce concept d'anthropologie de terrain. Vient directement sur le site faire ses opérations,
pas au labo.
Archéo-anthropologie : Discipline qui permet d'étudier les ossements des individus tout en ayant
une approche culturelle de la tombe.
Duday s'aperçoit que l'étude des ossements dans la tombe c'est très restreint. La mort ne se réduit
pas à l'étude des ossements dans les tombes. Beaucoup de pratiques peuvent être étudiées avec
l'anthropologie, comme l'éviscération.
Archéothanatologie : Etude des différents aspects biologiques et sociologiques de la mort dans les
populations anciennes
Anthropologie : Sépulture sur le terrain
Archéologie funéraire : Les attitude face à la mort.
L'archéothanatologie étudie la sépulture sur le terrain + les attitudes face à la mort + biologie les
manipulations de cadavres hors de la sphère funéraire
Funéraire = Quand on a des rites et pratiques avec une dimension affective.
Mortuaire = On est hors de la sphère funéraire. Dans la sphère médicale, sur un corps mort.
Archéothanatologie est une disciple française.
2. Le développement de l’archéologie de la mort depuis les années 1990-2000
Depuis années 90 on a un fort développement de l'archéo de la mort sur le MA et les autres
périodes.
Pour l'époque médiévale on va avoir une nouvelle thématique qui été mise en place par Dominique
Castex. A réussi à prouver qu'on était dans un aspect complètement différent de ce que témoignaient
les textes. Il y a une vraie gestion organisée de la mort. Elle a étudié les crises épidémiques. Elle a
dirigé les thèses de Sacha Kacki, et Hélène Réveillas (la mort dans les contextes hospitaliers).
Mort pénale : Jo Buckberry, Mathieu Vivas.
Site du gaaf. Groupe d'anthropologie et d'archéologie funéraire.
Fort développement depuis les années 90 aussi de ce qu'on appelle les sciences forensiques.
Sciences très médicalisées, au départ surtout utilisées dans le cadre de morts violentes.
Ferme des cadavres aux usa.
3. Étudier la mort et les morts aujourd’hui : mises en garde
à partir d'un os et d'objets il faut remonter le temps pour émettre des hypothèses sur les populations
vivants. Ce mort a vécu. Qu'est-ce que le squelette peut dire sur sa vie. Pour passer de l'os à la
population vivante, il faut prendre en compte de nombreux éléments.
L'archéo doit prendre en compte la fouille, l'étude, l'interprétation, l'érosion de la tombe, est-ce que
le tombe a été ouverte.