CETO-ACIDOSE DIABETIQUE
CONTEXTE DE SURVENUE:
1- Episode inaugural d’un diabète de type 1 ou d’un type 2 ( diabète cétonurique de
l’africain, patient à la quarantaine , surpoids ou obésité +ATCD )
2- Décompensation d’un diabète type 1 ou type 2 connu par un traitement
inadéquat ( arrêt, réduction des doses, produit expiré, etc… ), par un facteur
infectieux ( Paludisme, Infections pulmonaires, Cutanées, urinaires,
etc… ) à rechercher systématiquement , événement Cardiovasculaire ou une
Corticothérapie.
SIGNES CLINIQUES ET BIOLOGIQUES :
CLINIQUE
- Polyurie, polydipsie, déshydratation
- Asthénie, amaigrissement
- Troubles digestifs : anorexie, nausées, vomissements, douleurs abdominales
pseudo-chirurgicales ( Cétose )
- Troubles visuels : flou visuel
- Troubles respiratoires : polypnée ( dyspnée de KUSSMAUL ), odeur
acétonique de l’haleine
- Troubles de la conscience : obnubilation, coma en l’absence de traitement
NB : Penser toujours à une cétose chez un diabétique connu qui présente des troubles
digestifs.
BIOLOGIE
- Hyperglycémie > 3 g/l
- Glycosurie ++++
- Cétonurie ++++ à la bandelette urinaire ( Keto-diastix ou multistix )
- PH- diminue ( acidose )
- Creatininemie normale ou élevée ( Insuffisance rénale fonctionnelle )
- Troubles électrolytiques
TRAITEMENT
1- Réhydratation : Sérum physiologique à 0,9%, environ 4-6 litres en 24h :
1litre en 1 heure, 1 litre en 2 heures, 1 litre en 3 heures et 0,5 litre/4 h
2- Insulinothérapie : Insuline rapide ( Actrapid, Umuline rapid )
-A la seringue électrique : 0,1U/kg/h, avec contrôle glycémique horaire
jusqu'à disparition de la cétonurie, puis relais en SC toutes les 4 heures.
- En bolus horaire intraveineux ( à la tubulure ) : 10U par heure jusqu’à la
disparition de la cétonurie, puis relais en SC toutes les 4 heures. Le délai entre
la dernière injection IV et la 1ere injection SC de doit pas dépasser 1h, sinon
hiatus insulinémique.
NB : L’objectif n’étant pas de normaliser strictement la glycémie les premières
24 h mais « négativer » la cétonurie, quand la glycémie ≤ 2,00g/l, il est
recommandé de prendre le relais avec un Sérum Glucosé isotonique ou 10% et
continuer l’insulinothérapie.
3- Potassium : Pas d’emblée, normalement sous contrôle de l’ECG ( onde T
aplatie ) ou de la kaliémie, sinon ajout 2g de KCl au 3e litre de perfusion, car
l’insuline induit une hypokaliémie.
4- Sérum Bicarbonaté isotonique ( 0,14 % ) : Pas justifié, sauf si PH dose < 7,0
( acidose )
5- Traitement de la cause déclenchante : Antibiothérapie à large spectre, anti
palustre, etc…
SURVEILLANCE :
Clinique : TA, Fréquence Cardiaque ( FC ), Fréquence Respiratoire ( FR ), Conscience,
Diurèse.
Biologique : Glycémie avant chaque injection, Glycosurie, cétonurie et Ionogramme
sanguin ( toutes les 2-4 heures si possible )
CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE :
- Suspendre l’insulinothérapie en raison d’hypoglycémie, alors qu’il faut prendre le
relais avec du sérum glucosé SG5 ou SGH 10% et continuer le traitement.
- Commencer la réhydratation avec le sérum glucosé isotonique, alors que la
glycémie est élevée.
- Attendre l’hypokaliémie pour ajouter le potassium, alors qu’il faut le faire déjà au
3e litre de soluté.
- Apporter un excès de bicarbonate, alors qu’il est indiqué si PH< 7 CONFIRMÉ
- Eliminer une infection car pas d’hyperthermie, alors que l’acidocétose est
responsable d’hypothermie même en cas d’infection.
- Baisser brutalement la glycémie et réhydrater avec des solutés hypo-osmotiques :
Risque d’œdème cérébral ( surtout chez les enfants )
Littérature :
1- Guide Pratique du Diabète, 4e Edition. A. Grimaldi, 2009,Masson.
2- Le Livre de L’Interne : Endocrinologie et Maladies Métaboliques, 3e Edition.
J. Lubeztki et al., 2005, Flammarion
3- Recommandations du Cours Francophone de Diabétologie, JC Mbanya,
E. Sobngwi, E. Bouenizabila et al. Brazzaville Nov. 2008
4- Harrison: Principes de Médecine Interne, 16e Edition. D. Kasper et al, 2006
Flammarion.