Des empires universels
au début du Moyen-Age (VIe – Xe s.)
Dimitri Nicolaïdis
Histoire s4
Ecole européenne de Bruxelles 1
Sommaire
• Diapos 3 à 9 : correction des présentations sur les cinq empires et royaumes qui dominent entre le
Ve et le IXe s., soit l’empire perse sassanide, grand rival de l’empire romain qui disparaît au VIIe s. au
début de l’expansion arabo-musulmane ; l’empire byzantin, héritier de l’Empire romain, qui connaît
son expansion maximale au VIe s. sous l’empereur Justinien, puis se contracte et garde longtemps le
contrôle des Balkans et de l’Asie mineure ; à l’ouest le royaume des Wisigoths dans la péninsule
ibérique, qui disparaît au début du VIIIe s. après la conquête arabo-berbère ; le royaume des Francs
qui, sous Charlemagne, couronné empereur en l’an 800, devient un grand empire et rivalise avec
l’empire byzantin ; enfin, l’empire arabo-musulman qui, après la mort du prophète Mohamed (632),
s’étend très rapidement à l’ouest jusqu’à l’Espagne, et à l’est jusqu’à l’Indus.
• Diapos 10 à 14 : quelques exemples de réalisations artistiques et architecturales de ces cinq empires
et royaumes.
• Diapos 15 à 27 : série de cartes pour visualiser les évolutions des Etats (empires et royaumes),
depuis l’Empire romain à son apogée (IIe siècle) jusqu’à la consolidation au IXe siècle de trois empires
correspondant à trois civilisations distinctes mais aux relations étroites : l’empire byzantin,
autrement dit l’Empire romain d’Orient, l’empire carolingien, qui cherche aussi à restaurer l’Empire
romain d’Orient, enfin l’empire arabo-musulman, qui devient rapidement le plus grand empire
autour de la Méditerranée et au Moyen Orient, en partie sur les anciens territoires de l’Empire
romain. Avec aussi un exemple de croquis réussi.
• Diapos 28 à 33 : correction de l’étude de documents sur la relation entre pouvoir et religion.
Questions sur les civilisations du Haut Moyen Age
Religion
Qu’est-ce que le zoroastrisme ? (empire perse)
Le concile de Nicée et la nature du Christ (empire romain d’Orient)
Qu’est-ce que l’arianisme ? (royaume wisigoth)
Qu’est-ce que la Mecque au VIIe s. ? (empire arabo-musulman)
Poli)que (pouvoir)
Qui était Khosro II ? (empire perse)
Pourquoi le territoire du royaume des Francs était-il souvent divisé ? (royaume franc)
Qui était Dagobert 1er ? (royaume franc)
Comment passe-t-on des Mérovingiens aux Carolingiens ? (royaume franc)
Qui est le roi Léovigild ? (royaume wisigoth)
Qui était JusOnien ? (empire byzanOn)
Qu’appelle-t-on « les premiers califes » ? (empire arabo-musulman)
Qu’est-ce que la dynasOe des Omeyyades ? (empire arabo-musulman)
Guerre
Comment l’armée sassanide combaRait-elle ? (empire perse)
Comment l’armée byzanOne a-t-elle sauvé ConstanOnople de la conquête arabe en 674-678 ? (empire byzanOn)
Quels sont les atouts des armées arabes au VIIe s. ? (empire arabo-musulman)
Art (pouvoir et religion)
L’art sassanide, influences et héritages (empire perse)
La Chapelle palaOne d’Aix-la-Chapelle (royaume franc)
L’art de l’orfèvrerie wisigothique (royaume wisigoth)
Sainte-Sophie à ConstanOnople (empire byzanOn)
L’art de la mosaïque à la Basilique Saint-Vital de Ravenne (empire byzanOn)
Religion
Qu’est-ce que le zoroastrisme ? (empire perse)
Religion perse (aussi appelée mazdéisme), née au nord de l’Iran au cours du 1er millénaire av. J.-C., et dont le prophète et fondateur est Zarathoustra ou
Zoroastre, pour qui le feu doit être vénéré car symbole de pureté, et donc incorruptible. Le zoroastrisme a été la religion officielle de l’empire perse
notamment sous les Achéménides (vaincu par Alexandre le Grand à la fin du IVe s. av. J.-C.) et sous les Sassanides (vaincus par les Arabes au VIIe s.). Cette
religion est centrée sur un dieu principal, Ahura Mazdâ, dieu du Bien opposé au dieu du Mal, Ahriman, On parle aussi d’une religion dualiste qui peut donc
être assimilée à un monothéisme. Les fidèles devaient avoir « de bonnes pensées, de bonnes paroles et faire de bonnes actions ». C’est donc à chaque
homme de choisir entre le Bien et le Mal, et sa conduite déterminera le salut de son âme, qui, en fonction, ira au paradis ou en enfer après la mort.
Le concile de Nicée et la nature du Christ (empire romain d’Orient)
En 325 : 220 évêques réunis par l’empereur Constantin à Nicée, près de Ctple. Seulement 5 évêques latin, venus d’Occident. Objectif : combattre l’hérésie
arienne, définir une orthodoxie (la croyance « droite », donc juste), et ainsi éviter un schisme (= une division religieuse) qui mettrait à mal l’unité de
l’empire. Pour les orthodoxes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit (la Trinité) sont consubstantiels, c-à-d fait de la même substance, ce qui permet de dire qu’il
n’y a qu’un seul Dieu (le christianisme est un monothéisme).
Qu’est-ce que l’arianisme ? (royaume wisigoth)
En revanche, pour Arius (un théologien d’Alexandrie mort en 336), si le Fils est engendré/créé par le Père, il est donc postérieur, second par rapport au Père
avec qui il ne peut donc pas être assimilé. Le seul Dieu est donc le Père. Parmi les peuples « barbares » qui pénètrent dans l’empire romain, plusieurs se
convertissent à la version arienne du christianisme, dont les Wisigoths. Ce n’est qu’en 589 que le roi des Wisigoths Récarède se rallie à la foi de Nicée lors
du IIIe concile de Tolède. Clovis, le roi franc qui avait battu les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, s’était converti au christianisme nicéen et avait pu
s’appuyer sur les évêques de Gaule, ce qui avait facilité son expansion.
Qu’est-ce que la Mecque au VIIe s. ? (empire arabo-musulman)
La Mecque préislamique (avant l’apparition de l’islam) abritait un sanctuaire, la Kaaba (« cube » en arabe), un enclos de pierre, dans lequel les fidèles
venaient déposer des idoles. Ces derniers y pratiquaient une forme de polythéisme, adorant plusieurs divinités ainsi que des éléments naturels considérés comme
sacrés (pierres, météorites, arbres, sources…). Une fois par an, à l’automne, les Bédouins païens s’y réunissaient pour le hadj, le pèlerinage. Celui-ci était
marqué par deux rites principaux, dont la circumambulation autour de la Kabaa. Bien que le judaïsme se soit diffusé au nord de La Mecque, et le christianisme
au sud, la Kaaba semble bien avoir été, avant même l’islam, le principal centre de la vie religieuse des Arabes à l’ère pré-islamique.
Mais La Mecque est aussi une riche cité marchande. Le prophète Mohammed, né à La Mecque vers 570, est d’ailleurs d’abord un marchand caravanier. Et
d’après le Coran, c’est Ibrahim (Abraham) qui, avec l’aide de son fils Ismaël, vint rebâtir à La Mecque le premier temple jamais construit en l’honneur de Dieu,
celui qu’avait édifié Adam avant que le Déluge ne l’emportât. C’est aussi de La Mecque que Mohammed est chassé en 622 (c’est l’Hégire, le début du calendrier
musulman), ville qu’il reconquière en 630 et qu’il consacre comme ville sainte, et le pèlerinage à La Mecque devient un des cinq piliers de l’islam.
Politique (pouvoir)
Qui était l’empereur Justinien ? (empire byzantin)
Justinien 1er, empereur byzantin de 527 à 565. Il été à l'origine du Code justinien, un groupe de lois très importantes qui a réglé la vie de l’Empire byzantin
pendant des siècles et a fortement influencé l'Europe à l’époque médiévale.
Il a également augmenté les territoires de son Empire pendant son règne, car il a tenté de reconstituer l’Empire romain tel qu'il était au IIe siècle. Pour cela, il a
d’abord fait la paix avec la Perse, en 532, pour être libre de partir à la conquête de l’Occident. Il conquiert le royaume des Vandales en Afrique du Nord, les îles
de Sicile, Sardaigne et Corse, profite des querelles entre les chefs wisigoths en Espagne pour se faire donner la Bétique (Andalousie actuelle), et finit, après une
très longue guerre, par chasser d’Italie les Ostrogoths.
Sur le plan religieux, Il veut dicter sa loi à l’Église, en échange de la protection militaire qu'il lui donne face aux hérésies. Il lutte en particulier contre les
chrétiens monophysites (pour qui le Christ n’est que de nature divine, et non humaine). Pour lui, le christianisme est une religion d'État, c'est-à-dire que tous les
habitants de l’Empire doivent être chrétiens, et qu'il a le droit de dire ce qui lui semble bon pour l'Église. Justinien construit des églises, parmi lesquelles Sainte-
Sophie de Constantinople et Saint-Vital de Ravenne. Plus que jamais, la Méditerranée est Mare Nostrum, le commerce se développe, de la Gaule à la Syrie, et
même jusqu’en Chine via la route de la soie, et l’empire s’enrichit, permettant ainsi de financer de grands travaux et d’encourager la vie culturelle.
Qui était le roi Léovigild ? (royaume wisigoth)
Léovigild, roi wisigoth d’Hispanie et de Septimanie (au nord des Pyrénées) de 568 à 586. Souhaitant unifier toute la péninsule Ibérique, il combat au sud contre
les romains d’Orient et s’empare de Cordoue et de Malaga, au nord contre les Vascons et les Francs, puis à l’ouest contre les Suèves qu’il soumet et les oblige à
revenir à l’arianisme (qu’ils avaient quitté pour le christianisme nicéen). Il persécute les chrétiens nicéens pour unifier le royaume autour de l’arianisme, et va
jusqu’à faire exécuter un de ses fils qui avait pris la tête d’une révolte de chrétiens nicéens. Il se considère comme « empereur en son royaume », il fait frapper sa
propre monnaie et revêt le manteau de pourpre des empereurs romains. Son fils, Récarède 1er, organise en 589 la conversion des Wisigoths au christianisme
nicéen, et abandonne ainsi définitivement l’arianisme.
Qui était l’empereur Khosro II ? (empire perse)
Khosro II est un empereur sassanide d’Iran ayant régné de 590 à 628. Il est mis sur le trône par les grands qui se sont rebellés contre son père au printemps 590.
Un général se fait proclamer roi, et, pour récupérer son trône, il demande son aide à l’empereur Maurice 1er bien que la guerre avec l’Empire byzantin ne soit pas
encore terminée. Après avoir retrouvé le pouvoir, il rend aux Byzantins les territoires que les Perses avaient conquis. Pourtant, en 602, dès l’avènement d’un
nouvel empereur byzantin, il commence une guerre contre Byzance, et conquière la Syrie et l’Egypte en 613-616, tandis que les Byzantins sont occupés au nord
à repousser les Slaves. Finalement, Héraclius, nouvel empereur byzantin, est vainqueur en 627, et Khosro II est assassiné l’année suivante. Dix après avoir atteint
son apogée, l’Empire perse commence une période de déclin et sombre dans l’anarchie.
Pourquoi le territoire des Francs était-il souvent divisé ? (royaume franc)
la règle de succession au trône chez les Francs, durant toute la période mérovingienne et au début de la période carolingienne, était fondée sur le partage du
royaume entre les fils, et non pas sur le droit d'aînesse (du plus âgé). Ainsi, Le royaume des Francs, fondé par Clovis, est par la suite souvent divisé en sous-
royaumes, appelés « parts de royaume », suivant la coutume franque de partage équitable du royaume entre les fils du souverain. Les périodes d'unité
monarchique sont donc plutôt exceptionnelles. Le dernier partage du royaume a lieu sous les Carolingiens, lorsque le traité de Verdun (843) divise l’Empire
carolingien entre les trois petit-fils de Charlemagne.
Politique (pouvoir) suite…
Qui était le roi Dagobert 1er ? (royaume franc)
Dagobert Ier (vers 600-639) est un roi franc de la dynastie des Mérovingiens. Roi d'Austrasie de 622 à 631, puis roi de Bourgogne-Neustrie (628-631),
il annexe l’Aquitaine en 631 et est alors le seul roi des Francs de 631 à 639. Il est le dernier Mérovingien à gouverner la totalité du domaine des Francs.
A sa mort, son royaume est partagé entre ses deux fils : Clovis II règne en Neustrie et la Bourgogne et Sigebert III en Austrasie. Ces derniers étant très
jeunes ce sont les maires du palais qui exercent la réalité du pouvoir royal. Les deux parties du royaume franc vont rester séparées jusqu'à l'avènement
de Pépin le Bref en 751.
Qu’appelle-t-on « les premiers califes » ? (empire arabo-musulman)
Mahomet n'avait pas prévu sa succession, et c'est pour assumer sa charge de chef d'État, pour prendre la direction des affaires publiques, que les
premiers musulmans de Médine choisirent le beau-père du Prophète, Abu Bakr. Il aurait pris le titre de khalifa, « successeur » de l'Envoyé de Dieu. Les
quatre premiers califes, qui régnèrent à Médine, furent désignés par acclamations ou à la suite de transactions. On les appelle aussi les « biens guidés ».
Après Abou Bakr (632-634), viennent Omar (634-644), Othman (644-656) et Ali ( 656-661). Dès cette époque, les Arabes, exaltés par leur foi nouvelle,
conquirent de nombreux territoires : en quelques années, ils annexèrent la Syrie, l'Égypte et une bonne partie de la Perse, tandis que les confins de la
Tripolitaine étaient dépassés.
Qu’est-ce que la dynastie des Omeyyades ? (empire arabo-musulman)
La famille des Omeyyades a régné sur le monde islamique de 661 à 750. Après l’assassinat d’Ali, le général Moawiya se fait proclamer calife à son tour
et fonde la dynastie omeyyade qui devient alors héréditaire. La ville de Damas, en Syrie, devient la capitale de premier empire islamique. Les conquêtes
arabes se multiplient : à l’ouest, la totalité de l’Afrique du nord et, à l’est, l’Iran oriental et une partie du Pakistan. Les Omeyyades ont renforcé la
présence arabe sur ces territoires, tout en laissant souvent une large autonomie aux populations. En 750, la famille abbasside met fin au règne des
Omeyyades qui furent tous massacrés, à l’exception d’un des petits-fils du calife Hishâm, Abd al-Rahman. Celui-ci s’enfuit en Espagne, s’empara de
Cordoue en 756 et y fonda un émirat indépendant qui, plus tard, devint aussi un califat. Les Abbassides, la nouvelle dynastie, règne à Bagdad, en Irak,
de 750 à 1258.
Comment passe-t-on des Mérovingiens aux Carolingiens ? (royaume franc)
Les Carolingiens, dont le nom vient de Charlemagne (en latin Carolus Magnus), sont une dynastie franque ayant régné de 751 à 987. Pépin le Bref (roi
des Francs de 751 à 768), le premier roi carolingien, était au départ maire du palais, c’est-à-dire qu’il gouvernait le royaume et menait les guerres au
nom du roi, tout comme avant lui son père Charles Martel. Les maires du palais avaient ainsi plus de pouvoirs que le roi. En 751, Pépin le Bref dépose
le dernier roi mérovingien, Childéric III, et se fait reconnaitre comme souverain du royaume franc par le pape Zacharie et fonde ainsi la dynastie
carolingienne. Son fils, Charlemagne, lui succède et se fait couronner empereur à Rome en 800 par le pape Léon III.
Guerre
Comment l’armée sassanide combattait-elle ? (empire perse)
L’armée sassanide était divisée en quatre corps principaux : les éléphants, la cavalerie, l’archerie, et l’infanterie. Les éléphants, notamment, étaient
une pièce maîtresse du dispositif militaire des Perses. Mais la colonne vertébrale de l’armée sassanide était la cavalerie lourde cuirassée composée de
soldats d’élite recouverts d’épaisses plaques de fer couvrant le corps entier qui les faisaient ressembler à des statues de fer se déplaçant. Les
Sassanides avaient aussi mis en place et amélioré des machines de siège pour prendre des villes fortifiées. Mais l’armée sassanide est définitivement
vaincue par les Arabes en 642 à la bataille de Nihavand.
Quels sont les atouts des armées arabes au VIIe s. ? (empire arabo-musulman)
La conquête arabe fut d'abord l'œuvre de cavaliers quittant l'Arabie pour les riches terres du Croissant fertile. Sous la direction de généraux
remarquables, les Arabes s'emparèrent en quelques années, de 634 à 639, de la Syrie et de la Mésopotamie. Dans l'islam naissant du VIIe siècle, la
guerre de conquête est constitutive du message que Dieu envoie aux hommes par l'intermédiaire de son prophète Mahomet : l'unité de la
communauté doit se réaliser par le combat contre l'Infidèle et par la soumission à Dieu. Pour un musulman, le succès lui assure la richesse en ce
monde, le paradis dans l'autre. Les armées musulmanes ont aussi pour elles la mobilité et la connaissance du désert, ce qui leur permet de rapidement
se déplacer, ou de fuir en cas de nécessité. L’usure des armées ennemies, byzantine et perse, est aussi un facteur déterminant.
Comment l’armée byzantine a-t-elle sauvé Constantinople de la conquête arabe en 674-678 ? (empire byzantin)
Dans ce contexte d’expansion de l’Empire musulman, les Arabes ont à plusieurs reprises tenté d'abattre l'Empire byzantin dans sa capitale même.
De 672 à 678, des assauts contre Constantinople furent lancés, en vain, chaque été. Puis, en 717-718, la cité subit une double attaque, par mer et par
terre, des troupes arabes qui ont franchi le Taurus, traversé l'Anatolie et débarqué sur le détroit du Bosphore. Mais les Byzantins possédaient le secret
d'une arme terrible, le feu grégeois, utilisé pour la première fois en 678. Ce mélange de soufre, de salpêtre et d'huile de naphte, qui avait la propriété
de brûler sur l'eau, leur permit de repousser les assauts des Arabes sur mer. Aucune armée musulmane ne reviendra sous les murs de Constantinople
avant 1453.
Miniature arménienne médiévale représentant les éléphants Mohamed encourage les siens à la bataille Un navire byzantin utilise du feu grégeois contre ses ennemis.
de guerre sassanides à la bataille d'Avarayr (451) de Badr (624), manuscrit du XIVᵉ siècle. Enluminure du XIIe s.
Art (pouvoir et religion)
L’art sassanide, influences et héritages (empire perse)
Correspond à la création artistique en Perse sous la dynastie sassanide, entre le IIIe et le VIIe s. Elle se distingue par une production artistique très
développée, permise par la richesse de l'empire sassanide et sa position entre l’Empire romain à l'ouest et la Chine à l'est, au carrefour des échanges
matériels et culturels entre de nombreuses civilisations. Avec les échanges qui avaient lieu entre le monde occidental, le monde asiatique et l'Iran, les
Sassanides ont évidemment eu une importante influence sur les civilisations qui leur étaient contemporaines. L'architecture sassanide reprend un
certain nombre d'éléments de l'architecture achéménide (constructions à colonnes de bois recouvertes de stuc), parthe, et certains motifs décoratifs sont
d'inspiration gréco-romaine (feuilles d'acanthe par exemple). Parmi les éléments caractéristiques de l’art sassanide, on peut citer les décors de stuc et
les sculptures rupestres (dans la roche), ou encore les coupoles, ensuite reprises dans l’architecture byzantine. Les motifs ornementaux (dessins
figurants des végétaux notamment) vont particulièrement influencer l’art islamique.
Sainte-Sophie à Constantinople (empire byzantin)
Après qu’une révolte en 532 ait détruit l'ancienne basilique de Constantinople, l'empereur Justinien se mit en tête de créer la plus grande basilique de
l’Empire romain. Il chargea deux architectes, Anthémius de Tralles et Isidore de Milet, de créer une structure digne de la capitale de l’Empire romain
d'Orient. Les architectes, qui étaient principalement des mathématiciens, utilisèrent de nouveaux concepts architecturaux pour construire exactement
ce que l’empereur byzantin voulait. Afin de créer le plus grand espace intérieur possible, ils conçurent un énorme dôme et le soutinrent en utilisant une
méthode de construction révolutionnaire appelée pendentifs. La structure et le premier dôme, partiellement effondrés en 557, furent achevés pour la
première fois en 537. Le deuxième dôme, conçu avec des nervures structurelles et un arc plus grand que le dôme précédent, fut conçu par le neveu de
l'un des architectes originaux, Isidore le Jeune. L'intérieur de Sainte-Sophie a également été innovant dans sa décoration. L'intérieur est recouvert
d'énormes dalles de marbre qui ont pu être choisies et conçues pour imiter l'eau en mouvement. Le dôme central flotte sur un anneau de fenêtres et est
soutenu par deux demi-dômes et deux ouvertures arquées. Cela crée une énorme nef ininterrompue. Après la chute de Constantinople en 1453, le
génie des architectes de Sainte-Sophie continua de dominer les conquérants ottomans qui utilisèrent le même design pour leurs mosquées, en
particulier Sinan, l’architecte ottoman le plus célèbre sous Suleyman le Magnifique.
L’art de la mosaïque à la Basilique Saint-Vital de Ravenne (empire byzantin)
La basilique Saint-Vital de Ravenne est la principale église de Ravenne, commencée sous les Goths en 525 et consacrée en 547 sous le règne de
Justinien Ier, après la reconquête de la ville par les Byzantins en 540. Justinien, empereur romain d'Orient, réussit à reconquérir une partie de l'Italie et
établit un protectorat et un évêché à Ravenne. L'abside est ornée d'illustres mosaïques byzantines, montrant l'empereur Justinien et son épouse
Théodora apportant des offrandes à la basilique. C’est une technique très coûteuse, mais aussi très prestigieuse pour le commanditaire. On y voit
Justinien couronné d’un diadème, avec une auréole, comme un saint : il représente le pouvoir royal de droit divin. A ses côtés, des personnages qui
représentent le pouvoir religieux et le pouvoir militaire. Tous regardent gravement devant eux, sous la protection du Christ à la voûte.
Art (pouvoir et religion) suite…
L’art de l’orfèvrerie wisigothique (royaume wisigoth)
L’art wisigothique s'est développé entre le Ve siècle et le VIIIe siècle, principalement en Espagne et au Portugal. Leur architecture est sombre, bâtie
de pierres taillées assemblées à sec (sans mortier). Ils construisaient des églises aux plans en forme de croix ou basilical. Ils bâtissaient également des
palais et des fortifications. Côté sculpture, on ne connait que celle qui décore les églises encore visibles de nos jours : chapiteaux, frises… Les artisans
wisigoths développèrent un art de l'orfèvrerie : nous connaissons des couronnes, des fibules, des boucles de ceinture. Ils travaillaient les métaux
précieux comme l'or. Ils les ajouraient et les décoraient de perles, de pierres précieuses et semi-précieuses, et de filigranes. Les motifs représentés
étaient géométriques, comme en témoigne le trésor de Guarrazar conservé au musée national du Moyen Âge-Thermes de Cluny, à Paris.
La Chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle (royaume franc)
Commencée vers 792, consacrée en 804 et achevée en 805, la chapelle palatine fait partie du palais d'Aix-la-Chapelle. Contrairement aux habitudes
des souverains mérovingiens, Charlemagne choisit selon le modèle antique d'établir une capitale fixe (centralisation administrative, présence de sa
cour et de son trésor). La construction de cet ensemble à Aix-la-Chapelle symbolise l'unification de l'Occident et son renouveau spirituel et politique
sous l'égide de Charlemagne. Inspirée à l’origine par les églises du Saint Empire romain d’Orient, comme Sainte-Sophie à Constantinople, Eudes de
Metz, l’architecte, choisit de réaliser un édifice à plan centré, octogonal avec un noyau central couvert d'une coupole. Dans son ensemble, la chapelle
est marquée par l'Antiquité dont le souvenir imprègne l'édifice dans ses moindres détails, que ce soit le plan ou le décor, donnant ainsi une illustration
parfaite de la renaissance carolingienne. Un vaste mouvement touchant les domaines religieux, artistique et littéraire a en effet commencé à l'époque
de Charlemagne, reflétant la volonté de faire renaître une civilisation brillante comme celle des Romains, de créer une « seconde Rome au nord des
Alpes ». En 814, Charlemagne y fut enseveli.
La Chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle
Tête de cheval en argent doré,
La civilisation persane provenant de Kerman,
IVe siècle, Musée du Louvre
Site de Naqsh-e Rostam, près de Chiraz en Iran
et investiture d’Ardachîr 1er, le fondateur de la dynastie des Plat en argent. Représentation du roi à la chasse.
Sassanides, par Ahura Mazda, le dieu unique du zoroastrisme Ve siècle, Metropolitan Museum of Art
La civilisation byzantine
Les réalisations de
l’empereur Justinien
Basilique Saint-Vital à Ravenne, Italie
Eglise Sainte-Sophie
à Constantinople
La civilisation wisigothique
L’église de San Pedro
de La Nave, fin du VIIe s.
Couronne du roi
Recceswinth
(653-672)
Monnaie d’or représentant
Chapiteaux avec symboles chrétiens
le roi wisigoth Euric (466-484)
La civilisation franque
Évangéliaire de Charlemagne
Les évangélistes saint Marc et saint Luc
École du Palais de Charlemagne, 781-783
Chapelle palatine
d’Aix-la-Chapelle
Évangiles de Saint-Denis
Orfèvrerie mérovingienne Début de l'Évangile de Luc
attribuée à saint Éloi École du Palais de Charlemagne (Aix-la-
Fragment de la croix de
Chapelle), fin du VIIIe siècle
Saint-Denis, début du VIIe s.
La civilisation arabo-musulmane Grande Mosquée
de Kairouan, Tunisie, 7e s.
Mosquée de
Damas, Syrie, 8e s.
Mihrab
de la mosquée
de Cordoue,
10e s.
L’Empire romain à son apogée (IIe siècle)
Les invasions (Ve s.) et la fin de l’Empire romain ?
Les invasions et la fin de l’Empire romain ?
Le royaume des Wisigoths
Royaume
des Wisigoths
vers 500
Le royaume des Wisigoths
Royaume des Wisigoths
entre 567 et 711
Le royaume des Francs Royaume des Francs
entre 481 et 814
L’Empire carolingien (814)
L’Empire romain d’Orient, dit Empire byzantin
L’Empire perse sassanide (IIIe-VIIe s.)
A la mort du prophète Mohamed, en 632
Fin du premier califat, vers 750
L’expansion de l’islam jusqu’en 750
Un exemple de croquis réussi
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-Xe s.)
Charlemagne convertit les Saxons au christianisme Les musulmans garantissent la sécurité aux peuples soumis
Article 8 - Désormais tout Saxon non baptisé qui « Les musulmans dirent aux habitants de Homs : "Nous sommes trop occupés pour
cherchera à se dissimuler parmi ses compatriotes et vous secourir et vous protéger." Mais les habitants répondirent: "Nous préférons de
refusera de se faire administrer les baptêmes, voulant beaucoup votre domination et votre justice à l'état d'oppression et de tyrannie dans
rester païen, sera mis à mort. lesquelles nous vivions sous l'autorité byzantine. Si l'armée d'Héraclius [empereur
Article 10 - Quiconque complotera avec les païens byzantin] vient, nous la repousserons de la ville."
contre les chrétiens sera mis à mort; et quiconque se Les habitants des autres villes de Syrie, juifs et chrétiens, qui avaient capitulé entre
sera livré aux mêmes manœuvres contre le roi ou le les mains des musulmans, agirent de la même manière. Et quand les Byzantins
peuple chrétien sera mis à mort. furent défaits à la bataille de Yarmouk [636] par les musulmans victorieux, les
Extraits de lois décidés en 785 par Charlemagne à habitants ouvrirent les portes de leurs villes, sortirent avec les chanteurs et les
l’intention des Saxons dont il conquière le territoire musiciens qui commencèrent à jouer, et payèrent la capitation [un impôt].
D'après AL-BALADHURI, Histoire des conquêtes musulmanes, IXe siècle
L’évangélisation des slaves
Quand les Slaves furent baptisés ainsi que leur prince, Rostislav, Sviatopolk et Kotsel
s'adressèrent à l'empereur [byzantin] Michel en disant : « Notre pays est baptisé et nous
n'avons pas de maître pour nous prêcher, nous instruire et nous expliquer les livres
saints. Nous ne comprenons ni la langue grecque, ni la langue latine : les uns nous
instruisent d'une façon et les autres de l'autre ; aussi ne comprenons-nous pas le sens
des livres sacrés et leur énergie. Envoyez-nous donc des maîtres qui soient capables de
nous expliquer la lettre des livres sacrés et leur esprit. » Les philosophes rassemblés
par l’empereur dirent: « Il y a à Thessalonique un homme appelé Léon: il a des fils qui
savent bien la langue slave, deux fils versés dans les sciences, et philosophes.»
L'empereur s'adressa à Léon, lui disant: « Envoie-moi vite tes fils Méthode et
Constantin (Cyrille, de son nom monastique).» Il les décida à partir et il les envoya
dans le pays des Slaves [en 862] : et dès leur arrivée ils établirent les lettres de
l'alphabet slave, et ils traduisirent les actes des apôtres et l'évangile. Cyrille et Méthode évangélisent les peuples
d’Europe de l’Est
Histoire de Cyrille et Méthode
Fresque de Saint-Marc de Dracevo, XVe siècle,
D’après la Chronique de Nestor, Livre XX, XIe siècle
Macédoine
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-XIe s.)
1) Présentez les documents en complétant le tableau ci-dessous :
2 articles d’un
Charlemagne, La conquête de la Saxe
1 texte de loi rédigé 785
roi des Francs et la conversion des Saxons
à l’intention des
par Charlemagne, à la fin du VIIIe s.
Saxons
L’extrait d’un livre
d’histoire : Histoire L’historien arabe La conquête de la Syrie par les Arabes
2 Al-Baladhuri IXe s. après la défaite de l’Empire byzantin à
des conquêtes
musulmanes Homs puis à Yarmouk en 636
L’extrait d’une La mission d’évangélisation des slaves
Nestor, un moine (Europe de l’Est) par les moines grecs
3 chronique orthodoxe
XIe s.
Cyrille et Méthode, au IXe s.
Une fresque dans
l’église Saint-Marc XVe s. Idem
4
de Dracovo en
Macédoine
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-XIe s.)
2) A quel empire appartiennent ceux qui cherchent à convertir d’autres peuples ?
Où se trouvent les peuples convertis, et quelle était la religion initiale de chacun
d’entre eux ?
• En 636, les Arabo-musulmans, après leur victoire contre l’Empire
byzantin, conquièrent la Syrie où vivent des populations chrétiennes.
• A la fin VIIIe s., le roi des Francs, Charlemagne, se lance à la conquête de
la Saxe où vivent des populations païennes.
• Au IXe s., deux moines grecs, Cyrille et Méthode, sont envoyés en mission
par l’empereur byzantin dans les Balkans et en Europe centrale, auprès
des peuples slaves, païens eux aussi, pour les évangéliser.
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-XIe s.)
3) Quels sont les moyens utilisés pour convertir ces populations ?
Conquête et conversion entretiennent des relations ambiguës.
• Charlemagne convertit par la force les Saxons tout juste soumis.
• Les Arabo-musulmans respectent les croyances des peuples conquis,
surtout s’il s’agit des religions du Livre, judaïsme et christianisme. Ils
protègent chrétiens et musulmans qui doivent malgré tout payer un
impôt spécial. Les conversions à l’islam se font donc +/- volontairement
et progressivement, et les communautés religieuses cohabitent donc
dans le Dar al-Islam, de la Mésopotamie à l’Espagne.
• Tout au long de son existence, l’Empire byzantin est menacé par les
peuples slaves apparus à sa frontière nord, mais ces relations ne sont pas
uniquement conflictuelles. Il y a interpénétration entre le monde slave et
le monde byzantin, et l’évangélisation des slaves, y compris dans des
territoires éloignés de l’empire, ne se fait pas sur le mode de la conquête.
La création de l’alphabet cyrillique pour pouvoir traduire les évangiles en
slavon illustre bien cette volonté d’adaptation aux peuples à christianiser.
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-XIe s.)
4) Quel est le but recherché par les souverains de ces empires ?
La conversion est un moyen d’étendre leur influence et leur puissance pour
les souverains de ces empires.
• La conversion spirituelle est un moyen de contrôle des populaXons à
travers le réseau des clercs qui encadrent les nouvelles praXques
religieuses des populaXons ;
• Le message religieux est aussi une forme d’idéologie qui légiXme le pouvoir
sacré du souverain. Ainsi, en l’an 800, Charlemagne se fait couronner
empereur par le pape à Rome, et dans le monde musulman le calife n’est
pas seulement le dirigent du nouvel empire, il est aussi l’hériXer du
prophète Mohamed et le Commandant des Croyants. Enfin, l’influence de
ConstanXnople s’étend bien au-delà de ses fronXères.
Pouvoir et religion autour de la Méditerranée (VIIe-XIe s.)
Les compétences utilisées dans cet exercice :
• Situer dans le temps, ordonner les faits chronologiquement
• Situer dans l’espace, connaître certains repères géographiques
• Comprendre la nature et la fonction d’un document
• Extraire des informations de différents documents
• Savoir construire une réponse argumentée