Stabilité de la Flamme en Micro-Turbine
Stabilité de la Flamme en Micro-Turbine
Mémoire de –MASTER2–
Département du Génie Mécanique
Thème
STABILITE DE LA FLAMME ET
REDUCTION DES EMISSIONS
POLLUANTES DANS UNE MICRO –
TURBINE A GAZ UTILISANT DES
CARBURANTS ALTERNATIFS
Soutenue le 22 /09/2024
Devant le Jury composé de
2023/2024
Résumé
Cette étude est une investigation des caractéristiques de la combustion et des émissions
polluantes d’une micro turbine à gaz fonctionnant avec différents carburants : l’hydrogène, le
biogaz produit à la STEP d’El Karma, le gaz naturel algérien et le syngaz. Les micro – turbines
à gaz sont connues pour leur adaptabilité, leur compacité ainsi que leur maintenance simple et
peu couteuse. Elles sont de plus en plus utilisées dans diverses applications pratiques comme
les drones et les d’autres systèmes embarqués. La simulation numérique est réalisée avec le
logiciel Fluent en adoptant l’approche RANS, couplée avec les flammelettes laminaires pour la
combustion. Le mécanisme chimique détaillé GriMech 3.0 est utilisé pour la combustion. Les
résultats montrent que l’hydrogène pur et les carburants enrichis en hydrogène produisent les
températures les plus élevées mais également des quantités de NO plus importantes.
Mots – clés
Micro turbine à gaz, Syngaz, Hydrogène, Biogaz algérien, GNL algérien, Emissions polluantes.
Abstract
This study investigates the combustion characteristics and pollutant emissions of micro-gas
turbines (MGTs) fueled by various fuels, including hydrogen, biogas produced in El Karma
STEP in Algeria, Algerian natural gas (LNG), and syngas. MGTs, known for their adaptability,
compactness, and low maintenance, are increasingly used in applications such as target drones
and other small unmanned vehicles. The numerical simulation is achieved with Fluent software
with RANS approach, coupled with laminar flamelets for combustion. GriMech 3.0 detailed
mechanism is used. The results show that pure hydrogen and hydrogen blended fuel have the
higher temperature but produce an important quantity of NO pollutant.
Key words
Micro – gas turbine, Syngas, Hydrogen, Algerian biogas, Algerian LNG, Pollutant emissions.
ملخص
تتمثل هذه الدراسة في الكشف عن خصوصيات االحتراق و االنبعاثات الملوثة لتوربينات الغاز الصغيرة التي تشتغل
بوقائد مختلفة هي الهيدروجين
.و الغاز الحيوي المنتج بمحطة تصفية المياه بالكرمة و الغاز الطبيعي الجزائري و غاز التوليف
توربينات الغاز الصغيرة معروفة بتكيفها و صغر حجمها و سهولة صيانتها .إنها أكثر فأكثر استعماال في التطبيقات
العملية كالطائرات بدون
طيار و أنظمة مدمجة أخرى .تمت المحاكاة الرقمية Fluentمنهجية و RANSالرقائقيةالشعالت مع بالتوازي
بواسطة برمجة
لالحتراق .تم اختيار اآللية الكيميائية المفصلة GriMech 3.0االحتراق لنمذجة.
تبين النتائج أن الهيدروجين و الوقود الغني بالهيدروجين تنشئ أعلى درجات الحرارة لكنها تبث أكبر كميات من
أكسيد االزوت الملوث
الكلمات المفتاحية
توربينات الغاز الصغير -غاز التوليف -الهيدروجين -الغاز الحيوي الجزائري -الغاز الطبيعي الجزائري -
االنبعاثات الملوثة
Remerciements
Tout d'abord, nous souhaitons exprimer notre gratitude envers nos encadreurs les Pr. Safer, et
Hirèche pour leur encadrement, leur disponibilité et leur précieuse aide. Leurs conseils éclairés
et commentaires constructifs ont grandement enrichi notre travail.
Nous tenons également à remercier les membres de mon jury de soutenance pour leur temps,
leur attention et leurs précieux commentaires lors de l'évaluation de mon mémoire. Leurs
observations ont contribué à améliorer la qualité de mon travail et à élargir ma perspective sur
le sujet.
Un grand merci à nos professeurs et enseignants qui nous ont transmis les connaissances et les
compétences nécessaires pour mener à bien ce projet. Leur passion pour l'apprentissage et leur
engagement envers leurs étudiants ont été une source d'inspiration pour nous.
Nous souhaitons exprimer notre reconnaissance envers nos amis et nos familles pour leur
soutien constant tout au long de cette aventure académique. Leurs encouragements, leurs mots
d'encouragement et leur compréhension lors des périodes intenses de travail ont été d'une valeur
inestimable.
Enfin, nous voudrions exprimer notre gratitude envers toutes les sources de référence, les
institutions et les individus qui ont fourni les données et les informations nécessaires à la
réalisation de ce mémoire. Leurs contributions ont enrichi notre recherche et ont permis
d'approfondir notre compréhension du sujet.
Table des matières
Table des figures
Liste de tableaux
Nomenclature
Introduction générale
Figure 4.1 La chambre de combustion en boîte conçue à l'intérieur de l'arbre rotatif. ....................... 48
Figure 4.2: Représentation du maillage.................................................................................................. 51
Figure 4.3 : Contours de la température (K) pour le BIOGAZ KERMA SYNGAZ, H2 pur et 53
GNL.......................................................................................................
Figure 4.4 Contours de la fraction du mélange pour les différents carburants.......................................... 54
Figure 4.5 : Fraction du mélange axiale pour les différents carburants. ................................................... 55
Figure 4.6 Contours de la fraction massique du OH pour les différents carburants............................ 56
Figure 4.7 : La fraction massique maximale de CO en fonction du carburant.................................... 57
Figure 4.8 La fraction massique maximale de CO2 en fonction du carburant.................................... 57
Figure 4.9 : La fraction massique maximale de NO en fonction du carburant......................................... 58
Figure 4.10 : Taux de production de NO en fonction du différents carburants................................... 59
Liste des tableaux
Y Fraction massique
X Fraction molaire
ρ Masse volumique kg.m-3
Φ Rapport d’équivalence
ν Viscosité cinématique m .s
2 -1
U Vitesse m.s-1
Ε Taux de dissipation de l’énergie cinétique turbulente m2.s-3
Cp Capacité calorifique spécifique à pression constante [Link]-1.K-1
μ Viscosité dynamique kg.m-1 s-1
Τij Tenseur des forces visqueuses Kg.m-1 s-2
σs Coefficient de dispersion
λ Conductivité thermique W.m-1 .K-1
M Masse Kg
Ht Enthalpie totale J .kg-1
hj -2 -1
J Flux de diffusion de la quantité de chaleur J.m s
H Enthalpie [Link]-1
E(k) Energie cénitique turbulente d’un nombre d’onde k ms
2 -2
Χ Dissipation scalaire s
-1
1.1 Introduction
Les turbines sont des machines rotatives utilisées pour convertir l'énergie cinétique d'un fluide
en mouvement de rotation. Elles sont largement utilisées dans diverses applications, telles que la
production d'électricité, la propulsion d'aéronefs et de navires, la production d'eau potable et
d'autres applications industrielles. Leur principe de fonctionnement est basé sur la loi de
conservation de la quantité de mouvement et la loi de conservation de l'énergie. Les turbines
sont conçues avec des pales qui tournent à haute vitesse en réponse à la force du fluide qui les
traverse. Les turbines peuvent être alimentées par divers fluides, tels que l'eau, la vapeur, le gaz
et l'air comprimé, selon leur application spécifique.[1]
Il existe plusieurs types de turbines, chacune adaptée à des applications spécifiques. Voici une
description des différents types de turbines : [2]
Chacun de ces types de turbines à ses avantages et ses inconvénients, et leur choix dé-
pend de l'application spécifique pour laquelle ils sont utilisés Dans ce chapitre, nous
explorerons les principes de base de fonctionnement des turbines à gaz, leur histoire et leur
évolution au fil du temps, ainsi que les différents types de turbines et leurs applications.
CHAPITRE 1 TURBINE A GAZ
1.1 Définition
La turbine à gaz c'est une machine tournante thermodynamique à débit massique
appartenant à la famille des moteurs à combustion interne ou la combustion est continue et le
rôle principal de turbine à gaz c'est la production d'énergie mécanique (rotation) à partir de la
trans- formation d'énergie thermique (calorifique) dégagée par la combustion (air/fuel) en
énergie cinétique. Généralement les turbines à gaz sont utilisées soit pour produisez d'énergie
électrique ou bien pour donner une force de poussée dans les turboréacteurs.
1.2 Historique
La turbine Une turbine (du latin turbo, un tourbillon, apparenté au grec Túpßn, tyrbē.
Signifiant " turbulence"). Remonte à l'Antiquité, lorsque l'eau était utilisée pour faire tourner
des roues à aubes. Ces roues à aubes ont été utilisées pour actionner des moulins à grains et des
scies. La première machine à turbine à vapeur a été inventée par Denis Papin en 1690 et a été
utilisée pour actionner des machines à coudre. Les premières turbines à vapeur à haut rendement
ont été mises au point par James Watt en 1775 et sont devenues un moteur de base pour
l'industrie. Au milieu du XIXe siècle, la turbine à vapeur a été améliorée et utilisée pour produire
de l'électricité. À la fin du XIXe siècle, les turbines à gaz ont été inventées et sont devenues
populaires dans de nombreuses industries les turbines à gaz ont été inventées par le Français
Auguste Rateau en 1884. Il a conçu une turbine à vapeur qui a été modifiée par Charles Parsons
pour être alimentée par du gaz. Dans les années 1900, les turbines à gaz sont devenues plus
courantes et ont été utilisées pour la production d'électricité en grandes quantités. Elles ont
également été utilisées pour la propulsion des navires et des avions à réaction. Dans les années
1930, les turbines à gaz ont été largement utilisées dans le secteur industriel. Dans les années
1950, leur efficacité a été grandement améliorée grâce à l'utilisation de nouvelles technologies.
Elles sont aujourd'hui largement utilisées pour la production d'électricité dans le secteur de
l'énergie et dans le secteur industriel.[3]
Ce cycle utilisé dans les turbines à gaz simples. Cependant, dans d'autres types de
turbines à gaz, des modifications sont apportées à ce cycle en fonction de l'utilisation
spécifique et des objectifs à atteindre. En conséquence, il existe plusieurs types de turbines à
gaz qui sont adaptées à différentes applications et besoins.
Les autres éléments sont des accessoires qui sont ajoutés pour les raisons mentionnées ci-des-
sus.
➢ Les turbines à gaz à usage intensif de type châssis : ces turbines sont utilisées dans les
grandes unités de production d'énergie allant de 3 à 480 MW.
➢ Les turbines à gaz dérivées des aéronefs : sont des turbines qui utiliser dans l'industrie
aérospatiale en tant que moteur principal des aéronefs, la puissance de ces turbines va-
rie d'environ de 2,5 à 50MW.
➢ Les turbines industrielles : sont des turbines à puissance varie de 2,5 à 15MW, sont les
plus utilisés dans les usines pétrochimiques.
CHAPITRE 1 TURBINE A GAZ
➢ Les mini-turbines : sont des turbines du taille moyenne et la puissance de ces turbines
varie entre 0,5MW et 2,5MW.
➢ Les micro turbines : sont des turbines très petites et le taux d'utilisation de ce type et
augmenté dramatiquement depuis la fin des années 1990, la puissance de ce type et
entre 0,02MW et 0,35MW. [4]
➢ Turbine bi-arbre : Contrairement à la turbine à gaz a un seul arbre, les deux sections de la
turbine ne sont pas reliées mécaniquement ce qui leur permettre de tourner à des vitesses
différentes ce type est utilisé dans les applications qui demandent une large variation de
vitesse tel qu’entrainement des compresseurs ou des hélices par exemple.
CHAPITRE 1 TURBINE A GAZ
➢ Cycle fermé : dans laquelle le même fluide est repris après chaque cycle.
Le mode d'installation dépend des éléments qui existe dans l'installation et jusqu'à
maintenant on à 4 modes d'installation :
➢ Turbine à gaz simple : c’est une turbine qui contient un compresseur, une chambre de
combustion, une turbine et un arbre qui liée le compresseur et la turbine.
➢ Turbine à gaz avec un système de régénération : dans ce type l’air comprimé est chauffé
avant d’entrer dans la chambre de combustion afin d’assurer une bonne combustion, cette
opération se faite à l’aide d’un échangeur de chaleur traversé par les gaz d’échappement
comme indiqué sur la figure 1.8.
➢ Turbine à gaz avec un système de réchauffage : dans cette installation le but et de profiter
des gaz d’échappement qui contient une quantité d’air grâce au large excès d’air que laisse
la combustion principale, donc il est possible de brûler dans une deuxième chambre de
combustion une nouvelle quantité de carburant et de remonter ainsi le niveau de tempéra-
ture du fluide actif avant de terminer sa détente, ce processus permet l’augmentation de la
puissance spécifique et du rendement du moteur. Elle vise à effectuer une détente qui se
rapproche de l’isotherme et qui produit donc plus de puissance qu’une détente adiaba-
tique.
Il existe des autres turbines ou l’on trouve plusieurs installations en même temps
comme par exemple : turbine à gaz avec refroidissement et réchauffage, turbine à gaz avec ré-
génération et réchauffage, turbine à gaz avec refroidissement, réchauffage et régénération.
etc., et on trouve le cycle combiné.
CHAPITRE 1 TURBINE A GAZ
Figure 1.13: La variation de pression et température dans une turbine à gaz. [7]
Comme nous l’avons vu précédemment il y’a deux types de cycle le cycle fermé et le
cycle ouvert, et puisque le cas théorique est toujours différent du cas réel donc pour chaque
type de cycle on trouve deux cas : le cas réel et le cas idéal (théorie).
Dans le cycle idéal on distingue trois principales étapes de cycles, qui peuvent être
décrits sommairement à l’aide du diagramme entropique (T, S) :
Chaque cas d’application d’une turbine à gaz comprend un nombre important para-
mètres de définitions spécifiques : type de de combustible, durée de fonctionnement par an,
températures extérieures extrêmes, montage, nuisances, etc. Il en résulte qu’une installation de
turbine à gaz doit être personnalisée afin de répondre aux conditions d’exploitation
envisagées. Étudions tout d’abord les utilisations principales avant de passer en revue, au
paragraphe suivant, les critères servant de base de réflexion pour choisir le dimensionnement
d’une installation. [7]
L’utilisation de la turbine à gaz dans l’aviation (avions, hélicoptères) est bien connue.
Dans le domaine des transports civils et militaires, les turbines à gaz sont également utilisées
pour la propulsion, car elles permettent d’obtenir de grandes puissances avec des poids et
dimensions faibles par rapport à ceux des moteurs diesels.
Dans tous les types d’application étudiés, il est tout à fait possible de remplacer
l’alternateur entraîné par une pompe, par un compresseur ou une soufflante.
Inconvénients
➢ Au-dessous d'environ 3000KW, prix d'installation supérieur de celui d'un groupe diesel.
➢ Temps de lancement beaucoup plus long que celui d’un groupe diesel ; à titre indicatif
: 30 à 120 s pour une turbine, 8 à 20 s pour un groupe diesel.
➢ Rendement inférieur à celui d’un moteur diesel (cycle simple). À titre indicatif 28 à 33
%pour une turbine de 3000 KW, 32 à 38 % pour un groupe diesel.
1.10 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons présenté la turbine à gaz et ses principaux composants, ce
qui nous a permis de conclure que la turbine à gaz est un type de moteur qui convertit l’énergie
cinétique des gaz en énergie mécanique. Nous avons également souligné qu’elle peut être
classifiée de différentes manières, par exemple en fonction de ses modes de fonctionnement et
de son fonctionnement thermodynamique.
Nous avons également abordé le principe d’utilisation des turbines à gaz, ainsi que la
possibilité de récupérer l’énergie des gaz d’échappement. De plus, nous avons discuté des
avantages et des inconvénients des turbines à gaz. En résumé nous avons exploré les concepts
fondamentaux des turbines à gaz, leur utilisation et leurs caractéristiques, tout en mettant en
évidence les avantages et les inconvénients de cette technologie.
2.1 Introduction.
Les micro-turbines à gaz (MTG) sont des machines à combustion interne qui produisent
de l'énergie électrique et de chaleur. Elles sont appelées "micro" car leur taille et puissance est
nominale, elle est généralement inférieure à 500 kW, ce qui les distingue des turbines à gaz
industrielles plus grandes. [8] Elles ont une flexibilité d'utilisation et une grande efficacité
énergétique qui les rend attractives pour les applications de cogénération et les systèmes
énergétiques distribués.
Coût d'installation ($ /
KW) 200-800 350-900 900-3300
Les micro-turbines à gaz sont des dispositifs polyvalents et efficaces utilisés pour
générer de l'électricité et de la chaleur dans une variété d'applications. Leur petite taille, leur
fiabilité et leur capacité à utiliser une variété de combustibles en font une solution attrayante
pour une grande variété d'industries. Cette machine peut être utilisées dans des applications
résidentielles, commerciales, industrielles et hors réseau pour fournir une alimentation
électrique fiable et une cogénération efficace de chaleur et d'électricité. Les plages de puissance
Pour chaque application varient en fonction des besoins spécifiques. Le tableau 2.2 résume les
applications typiques des micro-turbines à gaz et leurs plages de puissance respective.
Tableau 2.2 Les applications typiques des micro-turbines et les plages de puissance
utilisées pour chacune. [8]
Station-service 50-70 KW
Hôpital 100-6000 KW
➢ Vibrations et des pertes mécaniques : Les micro-turbines à gaz peuvent être équipées de
capteurs de vibrations pour surveiller les niveaux de vibrations et détecter d'éventuels
problèmes mécaniques. Ces mesures permettent d'évaluer la performance et l'état de
fonctionnement du système.
➢ Analyse des gaz d'échappement : l'analyse des gaz d'échappement est une méthode
courante d'évaluation des performances des micro turbines à gaz. Il mesure la
concentration de différents gaz, tels que l'oxygène, le dioxyde de carbone (CO2) et les
oxydes d'azote (NOx), afin d'estimer l'efficacité de la combustion et les émissions
polluantes Mesure.
Les micro-turbines à gaz jouent un rôle essentiel dans le paysage énergétique moderne.
Le choix du combustible utilisé dans ces micro-turbines est un élément crucial qui influence à
la fois les performances opérationnelles et les impacts environnementaux.
Cette sous partie se penchera sur l'exploration des différents types de combustibles
couramment utilisés dans les micro-turbines à gaz.
on retrouve le gaz naturel, le diesel, le kérosène, le biogaz et même l'hydrogène. Chacun de ces
combustibles présente des caractéristiques spécifiques, des avantages et des limites qui peuvent
influencer le rendement énergétique, les émissions de gaz à effet de serre et la durabilité globale
des micro-turbines à gaz.
En explorant les différents types de combustibles utilisés dans les micro-turbines à gaz,
nous pourrons comprendre les facteurs clés qui guident leur sélection. Cette connaissance nous
permettra d'apprécier les compromis nécessaires entre performance, disponibilité, coûts,
impacts environnementaux et exigences spécifiques de chaque application.
Tableau 2.4 présents quelque différence entre les types de combustible. [9]
Hydrogène 0 0 0
2.5 Conclusion
Ce chapitre a offert une vue d'ensemble détaillée sur les micro-turbines à gaz, en
se concentrant sur leur fonctionnement, leurs principes de base, leurs performances, leur
efficacité, leurs applications typiques, l'évaluation de leurs performances et l'impact
environnemental des combustibles utilisés.
Chapitre 3
Carburants
3.1 Introduction
Les turbines à gaz occupent une place cruciale dans la production d'énergie et les applications
industrielles, offrant une flexibilité et une efficacité remarquables. Le choix du carburant utilisé
dans ces turbines est déterminant pour leur performance, leur coût d'exploitation et leur impact
environnemental. Les carburants pour turbines à gaz doivent répondre à des critères stricts de
pureté, de pouvoir calorifique et de compatibilité avec les matériaux des turbines.[11]
Historiquement, les turbines à gaz ont principalement utilisé des hydrocarbures liquides et
gazeux tels que le kérosène, le gaz naturel et le diesel. Cependant, l'augmentation de la demande
énergétique mondiale, les préoccupations environnementales et les avancées technologiques ont
conduit à l'exploration et à l'adoption de carburants alternatifs.[12] Parmi ces carburants,
l'hydrogène se distingue par son potentiel à produire de l'énergie propre, ne générant que de
l'eau comme sous-produit lorsqu'il est brûlé. D'autres carburants alternatifs incluent des options
renouvelables et des combustibles synthétiques, offrant des perspectives prometteuses pour
réduire les émissions de gaz à effet de serre et dépendre moins des ressources fossiles.
• Pouvoir calorifique
Le pouvoir calorifique d'un carburant, mesuré en joules par kilogramme (J/kg) ou en BTU par
livre, est une indication de la quantité d'énergie libérée lors de sa combustion. Un pouvoir
calorifique élevé est souhaitable car il permet de maximiser l'énergie produite par unité de
carburant consommé. Les carburants pour turbines à gaz doivent posséder un pouvoir
calorifique suffisant pour assurer une combustion efficace et une production d'énergie optimale.
[13]
La pureté du carburant est cruciale pour prévenir l'encrassement et la corrosion des composants
de la turbine. Les impuretés telles que le soufre, les métaux lourds et les composés organiques
peuvent entraîner des dépôts et endommager les surfaces internes de la turbine. De plus, la
composition chimique du carburant doit être compatible avec les matériaux de la turbine pour
éviter des réactions indésirables qui pourraient réduire la durée de vie des équipements.[14]
• Stabilité et stockage
La stabilité chimique des carburants est importante pour leur stockage à long terme. Les
carburants doivent résister à l'oxydation et à la dégradation pour éviter la formation de gommes
et de vernis qui peuvent obstruer les injecteurs et les filtres. Des additifs peuvent être ajoutés
aux carburants pour améliorer leur stabilité et prolonger leur durée de vie en stockage.[15]
• Densité et viscosité
La densité et la viscosité du carburant affectent sa manipulation, son stockage et sa combustion.
Une densité adéquate assure une atomisation correcte du carburant dans les injecteurs, tandis
qu'une viscosité appropriée permet un écoulement facile et régulier à travers les systèmes de
distribution de carburant. Des ajustements peuvent être nécessaires pour optimiser la
combustion et minimiser les pertes d'énergie.
• Impact environnemental
Les carburants doivent également être évalués en fonction de leur impact environnemental. Les
émissions de gaz à effet de serre, de particules, d'oxydes d'azote (NOx) et de soufre (SOx)
doivent être minimisées pour réduire l'empreinte écologique des turbines à gaz. Les carburants
alternatifs, tels que l'hydrogène et les biocarburants, sont particulièrement.[16]
prometteurs pour leur potentiel à réduire les émissions polluantes et à promouvoir une
production d'énergie durable.
• Gaz naturel
Le gaz naturel est le carburant le plus couramment utilisé dans les turbines à gaz. Il se
compose principalement de méthane (CH4) et présente plusieurs avantages :
Pouvoir calorifique élevé : Fournit une combustion efficace avec des émissions relativement
faibles.
Propreté : Émet moins de particules, de soufre et de NOx par rapport aux carburants liquides.
Le kérosène, y compris les variantes comme le Jet-A, est couramment utilisé dans les turbines
à gaz d'aviation et certaines applications industrielles :
Haute densité énergétique : Idéal pour les applications nécessitant une puissance élevée.
• Diesel
Le diesel peut également être utilisé, bien qu'il soit moins courant :
Compatibilité : Peut être utilisé dans des turbines conçues pour une flexibilité de carburant.
• Hydrogène
L'hydrogène est un carburant prometteur pour les turbines à gaz en raison de son potentiel à
produire de l'énergie propre :
• Biogaz
• Biocarburants liquides
Les biocarburants liquides, tels que le biodiesel et l'éthanol, sont produits à partir de matières
végétales :
• Carburants synthétiques
Réduction des émissions : Potentiel de réduction des émissions de CO₂ avec des technologies
de capture et de stockage du carbone.
Les carburants mixtes, combinant des carburants fossiles et renouvelables, offrent une
transition vers des solutions plus durables :
Réduction des émissions : Diminue l'empreinte carbone par rapport aux carburants fossiles
purs.
Avantages : Haut pouvoir calorifique, faible coût, faible émission de particules et NOx.
Inconvénients : Émissions de CO₂, dépendance aux ressources fossiles.
• Kérosène et Jet-A
Avantages : Haute densité énergétique, bonne stabilité au stockage, largement utilisé dans
l'aviation.
Inconvénients : Émissions de CO₂ et de particules, coût variable selon les prix du pétrole.
• Diesel
Inconvénients : Émissions élevées de particules et de NOx, moins utilisé dans les turbines
modernes.
• Hydrogène
Avantages : Combustion propre (ne produit que de l'eau), haut pouvoir calorifique.
• Biogaz
• Biocarburants liquides
• Carburant synthétiques
Tableau 3.1 Comparaison entre les principaux carburants utilisés pour les TAG
Critère Gaz Kérosène Diesel Hydrogène Biogaz Biocarburants Carburants
Naturel
Pouvoir Élevé Élevé Élevé Très élevé Variable Variable Élevé
Calorifique
Émissions Modérées Élevées Élevées Aucune Faibles à Faibles à Faibles à
Ce tableau présente une comparaison claire et concise des principaux carburants utilisés et
potentiels pour les turbines à gaz en fonction de plusieurs critères cruciaux pour leur sélection
et utilisation.
Depuis 2010, l'utilisation des carburants renouvelables dans les turbines à gaz a fortement
progressé à travers le monde, reflétant les efforts accrus pour réduire les émissions de carbone
et diversifier les sources d'énergie. En Allemagne, la part des carburants renouvelables
comme le biogaz et l'hydrogène est passée de moins de 2% en 2010 à environ 10-15%
aujourd'hui, grâce à des politiques ambitieuses de transition énergétique. Le Danemark, autre
leader en matière de durabilité énergétique, a vu l'utilisation du biogaz dans ses turbines à
gaz augmenter de 5-8% en 2010 à environ 20-25% actuellement. Aux Pays-Bas, cette part
est passée d'environ 1-3% en 2010 à 8-12% aujourd'hui, soutenue par des projets innovants
et des subventions pour l'hydrogène vert.[21]
3.6 Conclusion
Les carburants pour turbines à gaz sont à un tournant crucial, avec une transition progressive des
carburants fossiles vers des alternatives plus durables et moins polluantes. L'hydrogène, les
biocarburants et les carburants synthétiques offrent des perspectives prometteuses pour réduire
l'empreinte carbone et les émissions polluantes. Toutefois, des défis technologiques, économiques et
infrastructurels doivent être surmontés pour intégrer ces carburants à grande échelle. Les efforts de
recherche et de développement, ainsi que les politiques de soutien gouvernemental, joueront un rôle
clé dans la transition vers des carburants plus propres et durables pour les turbines à gaz.
CHAPITRE 4
SIMULATION NUMERIQUE
Chapitre 4 Simulation numérique
4.1 Introduction
Le présent chapitre contient la méthodologie et les résultats de l’étude numérique réalisée à l'aide du
logiciel de calcul Fluent 6.3.[22] dans la chambre de combustion d’une micro - turbine à gaz.
L’analyse de la structure des flammes de diffusion turbulente résultant de la combustion des différents
carburants est présentée. L'étude des émissions de polluants est également prise en compte dans cette
étude.
La chambre de combustion est une structure en acier inoxydable. Elle est divisée en zones
primaire, secondaire et de dilution, avec un conduit de transition formé par un capuchon en
forme de nez de balle. Les trous d'admission d'air ont été conçus pour optimiser la répartition
de l'air, en favorisant une température de flamme élevée dans la zone primaire, une réaction
plus faible dans la zone secondaire et une extinction dans la zone de dilution. Les flux d'air
principaux entrent dans la chambre de combustion par l'espace entre le boîtier et la doublure de
la chambre, tandis qu'une petite quantité d'air pénètre directement par un dispositif de ‘swirl’.
➢ Dimensions :
• Diamètre : 75 mm
• Longueur : 180 mm
➢ Trous :
• Zone primaire : Située au plus près des trous d'admission d'air, composée de
huit trous de 7 mm de diamètre.
➢ Distribution de l'air :
➢ Admission d'air :
• La majeure partie du flux d'air principal pénètre par l'espace entre le boîtier
et la doublure de la chambre de combustion.
➢ Injection de carburant :
• Le refroidissement par film est remplacé par deux rangées de petits trous de
refroidissement.
4.3 Maillage
Il est essentiel de sélectionner une structure de maillage appropriée pour résoudre le
problème. Dans ce cas, le maillage a été généré à l'aide du logiciel GAMBIT,[24] qui permet
de créer la géométrie et de générer le maillage. Étant donné que le problème est
axisymétrique, les calculs sont effectués uniquement sur la moitié du domaine d'écoulement.
Un maillage non uniforme, fin et composé de 3919 nœuds, a été utilisé pour garantir une
précision suffisante.
Les résultats de la simulation numérique des flammes de différents carburants sont présentés
ci – dessous.
La figure 4.3 montre les contours de la température pour les flammes d’hydrogène, de biogaz,
d syngaz et de GNL. On constate que les flammes d’hydrogène et de syngaz sont les plus
courtes. La présence d’hydrogène limite la flamme dans l’espace. De plus, les températures les
plus élevées sont constatées pour le H2 et le syngaz. L’hydrogène a un pouvoir calorifique plus
élevé que les autres carburants testés (environ 150MJ/kg) contre 48MJ/kg pour le GNL. Ces
effets ont été constatés par Safer et al. (2016) et Shih. Cette propriété est importante dans les
brûleurs des turbines à gaz car elle permet à la flamme de ne pas atteindre la sortie de la chambre
de combustion et de sortir dans la turbine. La température la plus basse est celle du biogaz. En
fait, la présence d’un taux important de CO2 dans ce dernier diminue son pouvoir calorifique,
ce qui constitue actuellement une barrière dans la généralisation de son utilisation.
Biogas Syngaz
Hydrogène GNL
Pour approfondir l’analyse, les contours de la fraction du mélange est représentée dans la
Figure 4.4. Pour le syngaz, le biogaz et le GNL, la fraction du mélange est maximale dans
l’injection avec une zone plu étendue que celle de H2 qui se diffuse rapidement et brûle. Il est
important de constater que dans tous les cas, le carburant est consommé à la sortie de la chambre
de combustion, c’est – à – dire qu’il n’est pas rejeté avec les gaz brûlés. Ceci prouve l’efficacité
de la combustion et entraine l’économie du carburant.
Biogas Syngaz
Hydrogène GNL
La Figure. 4.5 montre la fraction du mélange axiale. La consommation rapide de H2 est visible.
Le syngaz qui ne se mélange pas bien au début avec l’air est toutefois consommé lui aussi
rapidement à la sortie à cause de la présence de H2 dans sa composition. Le biogaz et le GNL
sont, eux plus difficiles à consommer.
0.2
Frcation du mélange
0.15
BIOGAZ
0.1 SYNGAZ
H2
0.05
GNL
0
Position
0,005981
0,0139557
0,0219303
0,029905
0,0378797
0,0458543
0,053829
0,0618037
0,0697783
0,077753
0,0857277
0,0937023
0,101677
0,109652
0,117626
La fraction massique de OH est présentée dans la Figure 4.6. OH est une espèce mineure qui
montre l’emplacement de la flamme dans l’espace. La quantité maximale de OH correspond
aux carburants qui contiennent de l’hydrogène qui sont H2 et le syngaz. Le biogaz et le GNL ne
produisent pas une quantité importante de OH. Dans tous les cas, la présence de OH montre le
contour de la flamme qui correspond à la zone où la température est maximale. .
Biogas Syngaz
Hydrogène GNL
La figure 4.7 montre la fraction massique maximale de CO pour les différents carburants. Le
syngaz affiche la valeur la plus importante qui 10 fois plus importante que le biogaz et le GNL.
Ce fait s’explique par le fait que le syngaz contient 50% de CO. Par contre, l’hydrogène ne
produit pas de CO car il ne contient pas d’atomes de carbone.
0.82
0.08
0 0.07
BIOGAZ KERMA
SYNGAZ
HYDROGEN
GNL
La figure 4.8 montre la fraction massique maximale de CO2 en fonction des différents
carburants. Les résultats montrent que le taux est très élevé pour le biogaz qui produit le double
de CO2 par rapport au syngaz et plus de 04 fois celui du GNL. Ceci s’explique par le fait que
le biogaz contient 30% de CO2 dans sa composition. On constate que H2 pur ne produit
évidemment aucune quantité de CO2.
0.49
0.21
0.11
0
BIOGAZ KERMA
SYNGAZ
HYDROGEN
GNL
Le NO représente lui aussi un polluant qu’il faut diminuer. La figure 4.9 représente la fraction
massique de NO en fonction du différents carburants. Les résultats montrent que pour le syngaz
et H2, les valeurs du NO sont plus élevées que le biogaz et le GNL. En effet, les quantités de
NO produites par le syngaz et H2 sont 05 fois plus importantes que les deux autres carburants.
Cette différence est causée par la présence du H2. Donc l’augmentation de H2 a un effet négatif
d’augmenter les émissions polluantes de NO. Cet effet a aussi été constaté par Hadef 2018 et
Safer 2016.
0.00108
0.00099
0.00021
0.00035
BIOGAZ KERMA
SYNGAZ
HYDROGEN
GNL
Pour approfondir cette étude, la figure 4.10 montre le taux de production de NO par différentes
voies : NO thermique, précoce et par [Link] NO thermique est la voie favorite de production
de NO pour l’hydrogène et le syngaz. Le NO précoce est prépondérant pour les flammes de
GNL et de biogaz. La formation de NO à partir de N2O est cependant négligeable dans tous les
cas.
Le NO thermique est influencé par la température élevée, c’est pour cela que dans les flammes
de H2 et de syngaz, il est la voie de formation la plus importante.
0.006
0.005
Taux de production de NO (kg mol / m3S
0.004
0.003
NO total
NO thermique
0.002 NO précoce
NO produit par N2O
0.001
0
BIOGAZ
KERMA SYNGAZ
HYDROGEN
GNL
Carburants
Les points les plus importants trouvés dans cette étude sont les suivants :
- Les flammes contenant de l’hydrogène sont les plus courtes, ce qui est un bon pointdans
la chambre de combustion des turbines à gaz
- les carburants contenant H2 produisent les températures les plus élevées
- le syngaz est le carburant qui produit le plus de CO
- les flammes de syngaz et de biogaz produisent le plus de CO2
- le H2 ne produit ni CO, ni CO2
- les carburants contenant de l’hydrogène produisent un taux élevé de NO
- le NO thermique est la voie favorable pour les carburants contenant du H2 et le NO
précoce est la voie favorable pour le biogaz et le GNL.
Dans les turbines à gaz industrielles ainsi que dans les micro – turbines à gaz, il est recommandé
d’utiliser de l’hydrogène pur ou des mélanges de carburants contenant du H2pour avoir un
dégagement de chaleur plus important et de faibles émissions de carbone.
Cependant, ces carburants ont tendance à augmenter la production de NO. Il est donc plus
intéressant d’utiliser des mélanges de carburants contenant du H2 afin de limiter la production
excessive de NO.
L’Algérie dispose de plusieurs atouts la plaçant en pole position pour devenir un acteur
régional et international important dans le domaine de développement de l’hydrogène,
notamment l’hydrogène vert c’est ce qui nous pousse à développer nos recherches afin
d’aider notre pays a s’engager sur la bonne voie et à se hisser au sommet du ce domaine .
2023, de [Link]
[4] Energy Education. Turbine à gaz. Récupéré le 10 février 2023, de
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