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Importance biotechnologique des probiotiques

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‫اﻟﺟﻣﮭورﯾﺔ اﻟﺟزاﺋرﯾﺔ اﻟدﯾﻣﻘراطﯾﺔ اﻟﺸﻌﺒﯿﺔ‬

République Algérienne Démocratique et Populaire


‫وزارة اﻟﺘﻌﻠﯿﻢ اﻟﻌﺎﻟﻲ واﻟﺒﺤﺚ اﻟﻌﻠﻤﻲ‬
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
‫ﺟـﺎﻣﻌﺔ ﻣﺤﻤﺪ اﻟﺒﺸﯿﺮ اﻹﺑﺮاھﯿﻤﻲ ﺑﺮج ﺑﻮﻋﺮﯾﺮﯾﺞ‬
Université Mohamed El Bachir El Ibrahimi- B.B.A.
‫ﻛﻠﯿﺔ ﻋﻠﻮم اﻟﻄﺒﯿﻌﺔ واﻟﺤﯿﺎة وﻋﻠﻮم اﻻرض واﻟﻜﻮن‬
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie et des Sciences de la Terre et de l’Univers
‫ﻗﺴﻢ اﻟﻌﻠﻮم اﻟﺒﯿﻮﻟﻮﺟﯿﺔ‬
Département des Sciences Biologiques

Mémoire
En vue de l’obtention du Diplôme de Master

Domaine : Sciences de la Nature et de la Vie


Filière : Biologie
Spécialité : Microbiologie Appliquée

Intitulé

Intérêt et importance biotechnologiques des probiotiques

Présenté par : BENDJEDI Djamila


BARKATI Nesrine

Soutenu le : /09/2021

Devant le jury :
me
Président : M BOUGUERRA Asma. MCB université de BBA
Encadrant : Mr SADRATI Nouari MCB université de BBA
Examinateur : Mr MERIBAI Abdelmalek MCB université de BBA

Année universitaire : 2020/2021


Remerciements
D’abord nous remerciant bien sur
ALLAH qui nous aide et nous donne la patience et
le courage pendant ces années d’étude.
Deuxièmement nous remerciant en général toutes les personnes qui
travaillent à la faculté des sciences de la nature et de vie et sciences de
la terre et de l’univers de l’université de Bordj Bou Arreridj
pour la richesse et la qualité de leur enseignement
Un grand merci à notre encadrant Dr. SADRATI Nouari pour tous les
efforts et l’aide qu’il nous a donnés

Merci à tous les membres de jury Dr. MERIBAI Abdelmalek et Dr.


BOUGUERRA Asma pour avoir consacré du temps et pour l’intérêt
qu’ils ont porté à notre travail.

Merci à tous
Dédicace
Je dédie ce mémoire à mes chers parents ; A mon père
et à ma mère qui sont fournit pour moi tous ce qui est
impossible pour ma réussite, sans vous ne serai jamais
arrivée jusque- là. A mon frère et ma sœur et à toute ma
famille.
A mon binôme Barkati Nesrine pour cette expérience
inoubliable avec vous.

Djamila
Dédicace
Je dédie ce mémoire à mes chers parents ; A mon père
(Allah yrahmo) et à ma mère qui sont fournit pour moi
tous ce qui est impossible pour ma réussite, sans vous
ne serai jamais arrivée jusque- là. A mes frères et mes
sœurs, A mes chers tantes et cousines.
A mon binôme Bendjedi Djamila pour cette expérience
inoubliable avec vous.

Nesrine
Sommaire

Sommaire
‫اﻟﻤﻠﺨﺺ‬...........................................................................................................................................I

Résumé.......................................................................................................................................II

Abstract ....................................................................................................................................III

Liste des figures ...................................................................................................................... IV

Liste des tableaux .................................................................................................................... V

Liste des abréviations ............................................................................................................ VI

Introduction ……………………………………………………………………………….…...1

I. Le microbiote intestinal …………………………………………………………………......3

I.1. Définition ………………………………………………………………………………....3

I.1.1. Les différents types de microbiote au sein de l’écosystème intestinal ………………….3

[Link] endogène résident (autochtone) ………………………..………………..3

[Link] exogène transit (allochtone) …………………….……………..………...4

[Link] de microbiote intestinal chez le nouveau-né ………………………………5

I.2.1. Facteurs exogènes intervenant sur la colonisation …………………………………….6

I.2.1.1. Influence du mode d’accouchement………...………...……….……………….…6

I.2.1.2. Influence de terme de naissance ………..……………………….………………..6

I.2.1.3. Influence de l’alimentation ……………………………………………………….7

I.2.1.4. Influence de l’antibiothérapie …………………………………………………….7

I.2.1.5. Influence de l’environnement et des conditions d’hygiènes ………………….…..8

I.3. Composition du microbiote intestinale de l’adulte ………………………………..……..8

I.4. Le microbiote intestinal chez la personne âgée …………………………………………11

II. Les probiotiques …………………………………………………………………………..12

II.1. Développement du concept des probiotiques…………………………………………..12

II.2. Définition des probiotiques …………………………………………………………….13


Sommaire

II.3. Réglementation : médicaments et aliment …………………………………………….14

[Link] probiotiques ………………..……………………………………………..15


II.3.2. Médicament probiotique ……..……………………………………….…………….16

II.4. Critères de sélection des souches des probiotiques………………..…………………….17

II.5. Les microorganismes probiotiques …………………………………………….………..18

II.5.1. Les bactéries lactiques ……..…...………………………………………………...….18

II.5.1.1. Les lactobacilles…………………………………………………………..……...18

II.5.1.2. Les coccies...……...…………………………………………….………………..19

II.5.1.3. Les bifidobactéries………….….………………………………………………...20

II.5.1.4. Les bactéries non lactiques ……………….…….………………………………..20

II.5.2. Les levures…………………………………………………………………………...20

III. Les mécanismes d’action et l’effet bénéfique de probiotiques………………………….. 22


III.1. Mécanismes d’action des probiotiques………………………………………………...22

III.1.1. Effets sur les fonctions intestinales…………………………………………...………22


[Link] intestinal…………..………………………………………………….22
III.1.1.2. Motricité intestinale et transit..…………………………………………………22
[Link] du microbiote intestinale……..……………………….……...…………23

III.1.2.1. Production de bactériocines………………………………………...…………..23


III.1.2.2. Diminution du pH intra-luminal intestinal………..…………………………….23
III.1.2.3. Inhibition compétitive de l’adhésion des pathogènes…………..…...………….24

III.1.2.4. Compétition au niveau de l’utilisation des nutriments…..………………..……24

III.1.3. Renforcement de la barrière fonctionnelle épithéliale……………………………...24

III.1.3.1. Stimulation des défensines…………...……………………………...…………..25

III.1.3.2. Préservation de l’intégrité de la barrière…………...………………...………….25

III.1.3.3. Production de mucus………………..…………………………………………..25


III.1.4. La modulation de système immunitaire…………………………………………….26
III.1.4.1. Stimulation de l’immunité innée……...………...………………………………26
Sommaire

III.1.4.2. Stimulation de l’immunité adaptative …..………………………………………27


III.2. Effet bénéfique des probiotiques sur la sante………………………………………….29
III.2.1. Probiotique et diarrhée………...………...…………………………………………29
III.2.2. Probiotique et MICI………..………………………………………………………30
IV. L’importance biotechnologiques des probiotiques………………………………………30
IV.1. Affinage de fromages……..………………………………………………………….30
IV.2. Activité acidifiant…...………………………………………………………………..31
IV.3. Activité protéolytique…………………………………………………………...……31
IV.4. Activité lipolytique et formation de substances aromatiques…………………...……31
IV.5. Formation des exopolysaccharides…………………………………………………....31
IV.6. Biopréservation des aliments……………………………………………………...…..32
Conclusion……………………………………………………………………………………33
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫ﻣﻨﺬ اﻟﻮﻻدة‪ ،‬ﯾﺘﻢ اﺳﺘﻌﻤﺎر اﻟﺠﮭﺎز اﻟﮭﻀﻤﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ اﻟﻌﺪﯾﺪ ﻣﻦ اﻟﻜﺎﺋﻨﺎت اﻟﺤﯿﺔ اﻟﺪﻗﯿﻘﺔ اﻟﺘﻲ ﺗﺴﻤﻰ اﻟﻤﯿﻜﺮوﺑﺎت‬
‫اﻟﻤﻌﻮﯾﺔ‪ .‬ﺗﺘﻜﻮن اﻟﺠﺮاﺛﯿﻢ اﻟﻤﻌﻮﯾﺔ ﻣﻦ اﻟﻌﺪﯾﺪ ﻣﻦ اﻟﺒﻜﺘﯿﺮﯾﺎ ‪،‬وھﻲ ﺗﺘﻄﻮر طﻮال اﻟﺤﯿﺎة‪ .‬ﯾﺘﺄﺛﺮ اﻻﺳﺘﻌﻤﺎر اﻟﺒﻜﺘﯿﺮي ﻷﻣﻌﺎء‬
‫اﻟﻤﻮﻟﻮد اﻟﺠﺪﯾﺪ ﺑﺨﺼﺎﺋﺺ اﻷم‪ ,‬وطﺮﯾﻘﺔ اﻟﻮﻻدة‪ ,‬وﺑﯿﺌﺔ ﻣﻜﺎن اﻟﻮﻻدة‪ ,‬وﺗﻨﺎول اﻷدوﯾﺔ )اﻟﻤﻀﺎدات اﻟﺤﯿﻮﯾﺔ‪ ,‬وﻣﻀﺎدات‬
‫اﻟﺤﻤﻮﺿﺔ‪ ,‬وﻣﺎ إﻟﻰ ذﻟﻚ( وﻧﻮع اﻟﻨﻈﺎم اﻟﻐﺬاﺋﻲ‪ .‬ﻓﻲ ﺣﺎﻟﺔ اﺧﺘﻼل ﺗﻮازن ھﺬه اﻟﺒﻜﺘﯿﺮﯾﺎ‪ ،‬ﻓﺈن إﺣﺪى طﺮق اﺳﺘﻌﺎدة اﻟﺘﻮازن ھﻲ‬
‫ﺗﻨﺎول اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ‪.‬‬

‫اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ھﻲ ﻛﺎﺋﻨﺎت دﻗﯿﻘﺔ ﺣﯿﺔ )ﺑﻜﺘﯿﺮﯾﺎ‪،‬ﺧﻤﯿﺮة‪ ،‬إﻟﺦ( واﻟﺘﻲ‪،‬ﻋﻨﺪ ﺗﻨﺎوﻟﮭﺎ ﺑﻜﻤﯿﺎت ﻛﺎﻓﯿﺔ ‪ ,‬ﺗﻌﻮد ﺑﺎﻟﻔﺎﺋﺪة ﻋﻠﻰ‬
‫ﺻﺤﺔ اﻹﻧﺴﺎن‪ .‬ﯾﺘﺴﻊ ﻣﺠﺎل اﺳﺘﺨﺪام اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﺑﺸﻜﻞ ﻣﺘﺰاﯾﺪ ﺗﺜﺒﯿﻂ اﻟﺘﺼﺎق اﻟﺒﻜﺘﯿﺮﯾﺎ اﻟﻤﻤﺮﺿﺔ‪ ,‬واﺳﺘﻌﺎدة اﻟﺤﺎﺟﺰ اﻟﻤﻌﻮي‬
‫‪ ،‬واﻟﺘﺤﻜﻢ ﻓﻲ اﻟﺨﻼﯾﺎ اﻟﻤﻨﺎﻋﯿﺔ‪ .‬ﺑﺎﻹﺿﺎﻓﺔ إﻟﻰ اﻟﻔﻌﺎﻟﯿﺔ اﻟﻌﻼﺟﯿﺔ ﻻﺳﺘﺨﺪام اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﻓﻲ اﻷﻣﺮاض اﻟﻤﻌﻮﯾﺔ اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ‬
‫اﻟﻤﺮﺗﺒﻄﺔ ﺑﺨﻠﻞ اﻟﺠﺮاﺛﯿﻢ )اﻹﺳﮭﺎل ‪ ,‬اﻷﻣﺮاض اﻻﻟﺘﮭﺎﺑﯿﺔ اﻟﻤﺰﻣﻨﺔ ‪,‬اﻟﺦ‪.(...‬‬

‫ﻣﻦ ﻧﺎﺣﯿﺔ أﺧﺮى ‪ ,‬ﺗﺘﻤﺘﻊ اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﺑﺎﻟﻘﺪرة ﻋﻠﻰ اﻟﺤﻔﺎظ ﻋﻠﻰ اﻻﺳﺘﻘﺮار اﻟﻜﺎﻓﻲ واﻟﺤﯿﻮﯾﺔ أﺛﻨﺎء ﺳﻠﺴﻠﺔ اﻹﻧﺘﺎج‬
‫اﻟﺼﻨﺎﻋﻲ وأﺛﻨﺎء اﻟﺘﺨﺰﯾﻦ‪.‬‬

‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﯿﺔ‪ :‬اﻟﺠﺮاﺛﯿﻢ اﻟﻤﻌﻮﯾﺔ ‪ ,‬اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ‪ ,‬اﻷﺛﺮ اﻟﻨﺎﻓﻊ ‪ ,‬آﻟﯿﺔ اﻟﻌﻤﻞ ‪ ,‬أھﻤﯿﺔ اﻟﺘﻜﻨﻮﻟﻮﺟﯿﺎ اﻟﺤﯿﻮﯾﺔ‪.‬‬

‫‪I‬‬
Résumé
Dès la naissance, le tube digestif est colonisé par une multitude de microorganismes
que l'on nomme microbiote intestinal. La flore intestinale est constituée de nombreuses
bactéries, elle évolue tout au long de la vie. La colonisation bactérienne de l’intestin du
nouveau-né est influencée par les caractéristiques maternelles, le mode d’accouchement,
l’environnement du lieu de naissance, l’administration de médicaments (antibiotiques,
antiacides…) et le type d’alimentation. Dans le cas de dysbiose, une des façons de rétablir
l'équilibre est la prise de probiotiques.
Les probiotiques sont des microorganismes vivants (bactéries, levure…etc) qui,
lorsqu'ils sont administrés en Quantité adéquate, produisent des effets bénéfiques pour la
santé de l’hôte. Le champ d’utilisation des probiotiques est de plus en plus vaste ; l’inhibition
de l’adhésion des pathogènes, restauration de la barrière intestinale, et contrôle des cellules
immunitaires. Ainsi que, l’efficacité thérapeutique de l’utilisation de probiotiques au cours
des principales pathologies intestinales associées à une dysbiose du microbiote (diarrhées,
maladies inflammatoires chroniques… etc).
D’autre part les probiotique ont des capacités à garder une stabilité et viabilité
suffisante au cours de la chaine de production industrielle et lors de la conservation.

Mots clés : Microbiote intestinal, Probiotique, effet bénéfique, mécanisme d’action,


importance biotechnologie.

II
Abstract
From birth, the digestive tract is colonized by a multitude of microorganisms called
the intestinal microbiota. The intestinal flora is made up of many bacteria. It evolves
throughout life. Bacterial colonization of the newborn's intestine is influenced by maternal
characteristics, mode of delivery, environment of the place of birth, administration of drugs
(antibiotics, antacids, etc.) and type of diet. In the case of dysbiosis, one of the ways to restore
balance is by taking probiotics.

Probiotics are living microorganisms (bacteria, yeast, etc.) which, when administered
in adequate amounts, produce a benefit for the health of the host. The field of use of
probiotics is increasingly broad; inhibition of pathogen adhesion, restoration of the intestinal
barrier, and control of immune cells. As well as the therapeutic efficacy of the use of
probiotics in the main intestinal pathologies associated with dysbiosis of the microbiota
(diarrhea, chronic inflammatory diseases, etc.).

On the other hand, probiotics have the ability to maintain sufficient stability and
viability during the industrial production chain and during storage.

Keywords: Intestinal microbiota, Probiotic, beneficial effect, mechanism of action,


importance of biotechnology.

III
Liste des figures

Figure 01 : Représentation schématique de la flore intestinale cultivable…………………….5

Figure 02 : Le microbiote associé au tractus gastro-intestinal humain…………………….10

Figure 03 : Classification des aliments santé et place des probiotiques……………………..15

Figure 04 : (A) : Lactobacillus casei, (B) : Streptococcus thermophilus, (C) : Enterococcus


faecalis, (D): Lactococcus lactis..............................................................................................19

Figure 05: (A): Bifidobacterium spp., (B): Escherichia coliNissle 1917…………...………20

Figure 06:(A):Saccharomyces cerevisiae observée au microscope électronique, (B) :


Saccharomyces boulardii observée au microscope électronique à balayage…………………21

Figure 07 : La voix de translocation nucléaire de facteurs de transcription de cytokine pro-


inflammatoire…………………………………………………………………………………27

Figure 08 : Schéma synthétique de la balance Th1/ Th2………………………………….29

IV
Liste des tableaux

Tableau 01 : Phyla et quelques genres microbiens dominants dans le tube digestif de


l’homme………………………………………………………………………………………11
Tableau 02 : Exemples de souches de probiotiques dans des produits alimentaires et
Pharmaceutiques……………………………..……….………………………………………16

Tableau 03 : Les suppléments alimentaires dispensés à l’officine......…………………...….17

Tableau 04 : Critères de sélection des probiotique............................................................…..18

V
Liste des abréviations
ADN : Acide Désoxy Ribonucléique.
Cellules Treg : Lymphocytes T régulateurs
CPA : Cellules Présentatrices d’Antigènes.
EPS: Exopolysaccharides.
FAO: Food and Agriculture Organization
GRAS: Generally Recognized As Safe.
hBD-2 : gène de la bêta-défensine-2 humaine.
IFN: Interféron.
IFN-gamma: Interféron gamma.
IgA : Immunoglobuline A.
IgE : Immunoglobuline E.
IgG : Immunoglobuline G.
IL : Interleukine.
IRAK: Interleukine-1 Receptor- Associated Kinase.
LF : Lait Fermenté.
MC : Maladie de Crohn.
MICI : Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin.
MUC: Mucines.
MyD88: Myeloid differenciation primary reponse 88
NF‐κB : Nucléal Factor Kappa B.
NK : Natural Killer.
OMS : Organisation Mondiale de la Santé.
PAMPs: Pathogen Associated Molecular Patterns.
RCH: Rectocolite Hémorragique.
TGF6 Béta: Transforming Growth Factor Beta.
TLR-9: Récepteurs Membranaire.
TLRs: Toll-like Receptor
TNF-alpha: Tumor Necrosis Factor
Tollip: Toll- Interacting Protein.
TRAF6: Receptor Associated Factor 6.
UFC : Unité Formant Colonies.

VI
Introduction
Introduction

Introduction

Dès la naissance, le corps humain est colonisé de l’extérieur mais aussi de l’intérieur par
un ensemble des microorganismes : bactéries, parasites et virus.
Dans le langage habituel, le terme « bactérie » a plutôt une notion négative. Nos intestins
couvrent une flore appelée microbiote intestinal composé d’environ 1014 bactéries et autres
microorganismes. Cette flore est considérée comme un organe acquis après la naissance, la
plus importante de notre organisme et la plus étudiée aujourd’hui.
La flore intestinale peut être déséquilibrée, d’où développé l’idée de moduler de façon
positive un microbiote déséquilibré par l’administration de microorganismes vivants
sélectionnés : le concept de probiotiques était né!
Le terme « probiotique » signifie « pour la vie » et désigne des microorganismes vivants
qui, ingérés en quantité adéquate, produisent un bénéfice pour la santé de l’hôte au-delà des
effets nutritionnels traditionnels.
Les probiotiques font aujourd’hui l’objet de nombreuses études et les publications à leur
sujet se multiplient. Les preuves s’accumulent pour montrer que l’administration des
probiotiques peut avoir un rôle thérapeutique préventif ou curatif dans certaines affections
intestinales, en favorisant le maintien de l’équilibre du microbiote.

Pour cette raison, notre mémoire est dirigé pour étudier le rôle et l’importance
biotechnologique des probiotiques.

Plusieurs questions se posent alors :

Une bonne propriété bactérienne serait-il pour l’homme la clé d’une bonne santé ?

Quelles sont les recherches sur les effets bénéfiques des probiotiques ?

Quelles sont les mécanismes impliquées par les probiotiques pour garder l’équilibre de
l’hôte ?

- Dans la première partie, nous allons rappeler la définition du microbiote intestinal avec
l’établissement de cette flore chez le nouveau-né et sa composition chez l’adulte.

- Dans la deuxième partie nous définirons les probiotiques en passant par leur découverte et le
développement de concept probiotique, aussi nous verrons dans quels aliments et quels
médicaments trouver des probiotiques et finalement nous mentionnerons les principaux
groupes des probiotiques et comment sélectionner ces souches.

1
Introduction

- Dans la troisième partie nous verrons les effets bénéfiques et les mécanismes d’action des
probiotiques sur les fonctions intestinales, sur la modulation du microbiote intestinal et
comment renforcer la barrière fonctionnelle épithéliale et enfin nous ferons un rappel sur les
mécanismes immunitaires impliquées par les probiotiques contre les pathologies.

2
Revue bibliographique
Revue bibliographique

I. Le microbiote intestinal

I.1. Définition

Le microbiote intestinal, appelé anciennement la flore intestinale, se définit comme


l’ensemble des microorganismes présents dans l’écosystème digestif et assurant des relations
symbiotiques avec l’hôte.

Le tube digestif de l’Homme héberge des bactéries, des virus et des organismes
eucaryotes. Parmi toute cette communauté microbienne, les bactéries forment le groupe le
plus largement représenté. On peut donc considérer que le microbiote intestinal correspond à
l’ensemble des bactéries qui colonisent notre tractus digestif. (Quevrain et Seksik, 2013).

Cet écosystème microbien contiendrait, en moyenne, 1014 bactéries (soit dix fois plus
que le total des cellules de notre corps) avec plus de 500 à 1 000 espèces différentes,
correspondant environ à 2 kg de notre poids et à 40% de la masse fécale. Le côlon représente
plus de 70% des bactéries du corps humain car il est riche en molécules utilisées comme
nutriments (prébiotiques) par les bactéries. (Sekirov et al., 2010).

La diversité qualitative et quantitative du microbiote intestinal crée un équilibre qui


peut être considérer comme unique pour chaque individu, presque au même titre qu’une
empreinte digitale. (Sommer et Backhed, 2013).

I.1.1. Les différents types de microbiote au sein de l’écosystème intestinal

Le microbiote fécal, reflet imparfait du microbiote colique, est le plus étudié. Il


comprend deux principaux types de microbiote : le microbiote endogène résidant et le
microbiote de transit. La composition de la flore varie tout au long du tube digestif avec un
gradient croissant dans le sens oral-anal.

I.1.1.1. Microbiote endogène résident (autochtone)

Le microbiote « normal », dit endogène résident ou autochtone, comprend l’ensemble


des espèces microbiennes présentes dans l’écosystème digestif de façon permanente. Ces
espèces ont colonisé un site spécifique et sont capables de se multiplier dans cet
environnement car elles sont parfaitement adaptées aux conditions du milieu. (Collignon et
al., 2004).

3
Revue bibliographique

Le microbiote gastro-intestinal résident fournit une barrière microbienne contre les


agents pathogènes microbiens. Lactobacillus sp et Bifidobacterium sp d’origine intestinal
humaine produisent des substances antimicrobiennes actives in vitro et in vivo contre les
microorganismes entéropathogénes impliqués dans la diarrhée alors les deux ont la capacité
d’interférer ou bloquer les pathogènes. (Mary et al., 2010).Il se divise en deux sous-
groupes :(Seignal, 2004).

 La flore dominante

Qui est la plus nombreuse se localise essentiellement au niveau du colon où le taux de


colonisation de chacun des groupes bactériens qui la compose atteint 109 à 1011 UFC/g ou ml
de contenu intraluminal avec très peu de variations inter individuelles, elle est composée
essentiellement de germes anaérobies stricte, les groupes principaux représentants la flore
dominante sont celles des bifidobactéries et des lactobacilles (Grall et al., 2017).

 La flore sous dominante

Se localise au niveau du colon à des taux inférieurs à ceux des germes de la flore
dominante soit 106à 108UFC/g ou ml de contenu intraluminal, elle est composée de germes
aéro-anaérobies facultatifs (Entérobactéries, Streptocoques).Le microbiote sous-dominant est
beaucoup moins stable au plan qualitatif et sujet à un relais constant d’espèces. De plus, de
légères fluctuations de l’alimentation ou de la physiologie de l’hôte peuvent conduire les
niveaux de population de ce microbiote à devenir dominant. (Hagiage, 1994).

I.1.1.2. Microbiote exogène transit (allochtone)

Le microbiote de transitoire, appelé également allochtone ou de passage, correspond


aux espèces bactériennes qui, sauf lors de circonstances pathologiques, traversent le tube
digestif sans pouvoir le coloniser.

Il est représenté par des entérobactéries du genre Citrobacter, Klebsiella, Proteus ou


Enterobacter, mais aussi par des Pseudomonas, des staphylocoques et des levures
essentiellement du genre Candida. Les bactéries de ce microbiote polymorphe sont présentes
à des taux inférieurs à 106 UFC par gramme de fèces et proviennent surtout de l’alimentation.
(Collignon et al, 2004).Certains de ces microorganismes sont potentiellement pathogènes
mais généralement ils sont réprimés par le microbiote dominant et n’expriment donc pas leur
toxicité. (Fonty et al, 2007).

4
Revue bibliographique

Figure 01 : Représentation schématique de la flore intestinale cultivable. (Ducluzeau et


Raibaud, 1979).
I.2. Etablissement de microbiote intestinal chez le nouveau-né

À la naissance, le tube digestif du nouveau-né est stérile, puis rapidement les microbes
de la mère et de l’environnement immédiat commencent à le coloniser. Le microbiote initial
prédominant, maintenu durant toute la lactation, est composé de bifidobactéries. Par la suite,
le sevrage et l’introduction d’une alimentation solide modifient profondément la flore du
nouveau-né, chez qui s’installe alors progressivement un microbiote de type adulte, c’est-à-
dire dominé par la présence de Firmicutes et de Bacteroidetes. (Evrard et al., 2018).

La cinétique d’implantation de la flore suit un schéma relativement organisé. Les


premières bactéries à s’implanter, dans les 24 à 48 heures après la naissance, sont des
bactéries aérobies-anaérobies facultatives : entérobactéries (principalement Escherichia coli),
staphylocoques et entérocoques. La consommation de l’oxygène par ces bactéries aérobies-
anaérobies facultatives, dont le taux atteint rapidement 1010 à 1011 unités formant colonie
(UFC) par gramme de contenu colique, entraîne une diminution du potentiel redox de la
lumière du tube digestif. Cette modification permet l’implantation, au deuxième ou troisième
jour de vie, de bactéries anaérobies strictes appartenant aux genres Bifidobacterium,

5
Revue bibliographique

Bacteroides, Clostridium, ainsi que celle des lactobacilles. Inversement, l’oxygène diminuant,
le niveau d’implantation des genres aérobies régresse. (Cilieborg et al., 2012).

I.2.1. Facteurs exogènes intervenant sur la colonisation

De nombreux facteurs vont influencer l’établissement de ce microbiote : mode


d’accouchement, environnement, mode d’alimentation, âge gestationnel et antibiothérapie.
Des données récentes font état de modification dans l’établissement de cette flore, avec un
retard d’implantation des bactéries entériques d’origine maternelle, dues entre autres aux
conditions d’hygiène strictes entourant les accouchements. Les conséquences cliniques de ces
modifications sont mal connues mais pourraient être responsables d’une absence de flore de
barrière ou d’une mauvaise stimulation du système immunitaire intestinal. (Campeotto et al.,
2007).

I.2.1.1. Influence du mode d’accouchement

Les premières bactéries que les enfants nés par césarienne rencontrent sont
majoritairement celles de leur environnement : air et personnel soignant. Cela se traduit par
une modification de la cinétique d’implantation. Les premières bactéries implantées sont
toujours les espèces anaérobies facultatives (Entérobactéries, Entérocoques, Staphylocoque.).
En revanche, la flore anaérobie stricte s’implante beaucoup plus tardivement, ce retard portant
principalement sur les genres Bifidobacterium et Bacteroides (bactérie d’origine entérique).
Cependant, les bactéries anaérobies capables de sporuler et donc présentes dans
l’environnement comme les clostridiums peuvent s’implanter rapidement. Ce retard
d’implantation peut persister plusieurs moins. (Rambaud et al., 2004 ; Campeotto et al.,
2007 ; Rutayisire et al., 2016).

I.2.1.2. Influence du terme de naissance

Relativement peu d’études portent sur l’implantation de la flore digestive du


prématuré, individu pourtant particulièrement à risque quant aux infections d’origine gastro-
intestinale. Les faits notables de l’implantation de la microflore digestive chez ces nouveau-
nés sont, d’une part, un retard de colonisation important par rapport aux enfants nés à terme
et, d’autre part, une colonisation par un nombre plus réduit d’espèce bactérienne. Si la flore
aérobie colonise assez rapidement le prématuré, l’implantation de la flore anaérobie,
Bifidobacterium, Bacteroides, est très retardée, et ce d’autant plus que l’âge gestationnelle est
bas. Les bifidobactéries apparaissent à un âge moyen de 10 jours et ne deviennent dominantes

6
Revue bibliographique

que vers 2 à3 semaine de vie. Cette séquence d’implantation peut s’expliquer par le fait que
ces enfants sont plus fréquemment nés par césarienne. Se retrouvent séparés de leur mère,
sont placés dans un environnement de soins intensifs très aseptisé et éventuellement soumis à
une antibiothérapie à large spectre. Ainsi, la colonisation par la fore entérique d’origine
maternelle est moins fréquente que par la flore de leur environnement. (Rambaud et al.,
2004 ; Arboleya et al., 2012).

I.2.1.3. Influence de l’alimentation

Le mode du l’alimentation du nouveau-né est le facteur le plus étudié. La microflore


du nouveau-né allaité est moins diversifiée que celle du nouveau-né nourri au lait artificiel,
l’allaitement favorisant l’implantation en flore dominante du genre Bifidobacterium.
Parallèlement, l’implantation des entérobactéries, et surtout celle des Clostridium et des
Bacteroides est retardée et \ou se fait à un niveau moins élevé. Dès qu’une alimentation mixte
est introduite, la flore prend rapidement un profil de flore de nouveau-né nourri au lait
artificiel. Cette différence de colonisation s’expliquerait par l’absence de pouvoir tampon du
lait maternel, entrainant un pH colique faible (5à6) favorable à l’implantation des
Bifidobactéries et Lactobacilles et défavorable aux autres genres des bactéries. (Rambaud et
al., 2004 ; Campeotto et al., 2007). Au moment du sevrage, les différences de flores
s’atténuent entre les deux groupes qui hébergent une flore proche de la flore adulte vers l’âge
de 2ans.

I.2.1.4. Influence de l’antibiothérapie

Les effets de l’antibiothérapie vont être, soit une sélection de germes résistants à
l’antibiotique, soit une modification de la flore de barrière. Les accouchements avec
l’utilisation de large de l’antisepsie de la sphère vaginale, ainsi que l’usage plus large de
l’antibioprophylaxie. Par exemple, une étude a montré que cette antibioprophylaxie modifiait
l’implantation de la flore de nouveau-né en diminuant la colonisation par les genres sensibles
à l’antibiotique : Bifidobacterium et Clostridium. Cette modification de flore pourrait altérer
l’effet barrière favorisant la colonisation par des germes résistants et, ainsi, être responsable
de l’augmentation observée des infections néonatales à germes résistants à l’antibiotique en
per partum. Par ailleurs, les conséquences à long terme de ces modifications ne sont pas
connues ; elles pourraient être un facteur clé dans l’augmentation des allergies dans nos pays,
par une mauvaise orientation du système immunitaire intestinal. (Rambaud et al., 2004).

7
Revue bibliographique

I.2.1.5. Influence de l’environnement et des conditions d’hygiènes

D’autres facteurs interviennent au moment de la naissance comme le fait que les


enfants soient nés dans un pays développé ou dans un pays en voie de développement, en
milieu rural ou urbain au sein d’un même pays, en milieu hospitalier ou à domicile.

Dans les pays industrialisés, les procédures d’hygiène de plus en plus strictes
entourant l’accouchement avec l’utilisation large de l’asepsie de la sphère vaginale
maternelle, conduisent à un retard dans l’acquisition du microbiote, essentiellement pour le
genre Bifidobacterium. En revanche, dans les pays en voie de développement, les nouveau-
nés acquièrent un microbiote diversifié plus précocement avec une colonisation par le genre
Bifidobacterium plus fréquente et à un niveau plus important. (Adlerberth et al., 2006).

I.3. Composition du microbiote intestinale de l’adulte

La flore intestinale varie longitudinalement tout au long de l’intestin, mais aussi


transversalement entre lumière et muqueuse intestinale. En fonction des niveaux de l’intestin,
une flore différente est trouvée, correspondant à des habitats différents ou niches écologiques
spécifique. La méthode classique de culture a montré que la flore bactérienne se densifier de
l’intestin grêle à motricité importante au colon à motricité réduite. L’estomac héberge très peu
de bactéries (101 à 103 UFC par millilitre de liquide gastrique), principalement en raison de
l’acidité du milieu tell que Helicobacter pylori. (Hentges, 1983).

 L’intestin grêle

Apres le passage de l’estomac à pH acide, le pH redevient neutre, l’oxygène se raréfie et


la flore bactérienne qui survécu au passage gastrique va augmenter progressivement du
duodénum à l’iléon. La flore du duodénum-jéjunum n’excède pas 104 à 106UFC /g de contenu
intestinal et est composée d’espèce aérobie-anaérobie facultatives (Streptococcus,
Lactobacillus, Enterobacteriaceae) appartenant à la flore de passage. La flore iléale est plus
importante, atteignant 105 à 107 UFC / g de contenu intestinal avec une flore anaérobie stricte
prédominante appartenant au genre Bacteroides associée à une flore anaérobie facultative.
Cette flore bactérienne ne dépassant pas 107UFC/g. n’assurait pas de fonctions majeures en
dehors de situations pathologique. (Rambaud et al., 2004).

8
Revue bibliographique

 Colon

Le colon est le segment le plus riche en bactéries. Les taux atteignent 109 à 1011 UFC/g de
contenu. Dans le colon, le transit, très fortement ralenti été associé à un très bas potentiel
d’oxydoréduction, est à l’origine de l’augmentation importante de la population bactérienne
anaérobie. Le colon, ou la compétition pour l’espace et les nutriments contribue à maintenir
l’intégralité de la microflore, est la seule zone colonisée de façon permanente par une flore
résidente.

La flore microbienne essentiellement anaérobie, assure de multiples fonctions bénéfiques


pour l’hôte :

 Fonction métaboliques telles que la fermentation des résidus alimentaires non


digestibles, des constituants endogènes de l’hôte avec production d’acides gras à
chaines courtes source d’énergie, de vitamines ;
 Fonction trophique sur la muqueuse intestinale, développement de l’angiogenèse
intestinale, développement du système immunitaire local ;
 Fonction de barrière contre l’implantation de bactéries pathogènes. (Rambaud et al.,
2004).

Le microbiote fécal est souvent considéré comme représentatif du microbiote colique, mais il
ne représente cependant que le microbiote luminal des parties distales du côlon.

9
Revue bibliographique

Figure 02 : Le microbiote associé au tractus gastro-intestinal humain (Couderyas et al.,


2010).

10
Revue bibliographique

Tableau 01 : Phyla et quelques genres microbiens dominants dans le tube digestif de


l’homme. (Marteau, 2013).

Phyla Genres

Firmicutes Ruminococcus
Clostridium
Peptostreptococcus
Lactobacillus, etc.

Bacteroidetes Bacteroides

Proteobacteria Escherichia
Desulfovibrio

Actinobacteria Helicobacter, etc.


Bifidobacterium, etc.

I.4. Le microbiote intestinal chez la personne âgée

Divers facteurs comme le mode de vie, les choix alimentaires et la malnutrition, les
changements physiologiques associés à l’âge et l’état de santé général entrainent une
diminution de la biodiversité et de la stabilité du microbiote intestinal. Des études ont montré
une diminution du rapport Firmicutes/Bacteroidetes à partir de l’âge de 65ans, ainsi qu’une
diminution des bifides au cours du temps. (Moreau, 2005 ; Marteau et Doré, 2017).

11
Revue bibliographique

II. Les probiotiques

II.1. Développement de concept probiotique

Le concept probiotique a évolué dans le temps en fonction de la réflexion des


chercheurs, des connaissances scientifiques et des avancées technologiques.

Au XX siècle, Elie Metschnikoff, chercheur à l’institut Pasteur Prix Nobel en 1960 a


observé qu’un nombre surprenant de personnes en Bulgarie vivaient plus de 100 ans. Cette
longévité ne pouvait pas s’expliquer par les avancées de médecine moderne, car la Bulgarie,
l’un des pays les plus pauvres d’Europe à l’époque, ne bénéficiait pas de telles avancées. Le
Dr. Metchnikoff a constaté que les Bulgares consommaient de grandes quantités de yaourt, et
il a associé l’augmentation de la longévité observée à la consommation des microorganismes
vivants provenant des produits laitiers fermentés. Même si Metchnikoff voyait les microbes
comme étant plutôt nuisible pour la santé humaine, il considérait bénéfique la substitution des
bactéries du tractus gastro-intestinal par celle du yaourt dont le bacille bulgare. Il a alors
expliqué l’effet bénéfique meilleur de ce dernier par l’absence de production d’alcool (néfaste
à la longévité), en comparaison aux bactéries présentes dans d’autres laits fermentés tels que
le kéfir ou le koumys. De plus il a supposé que l’acide lactique produit, ainsi que d’autres
facteurs non identifiés, agiraient de façon synergique pour inhiber la croissance de bactéries
de la putréfaction dans le colon (Metschnikoff, 1908 ; Guarner et al., 2008).

En 1899, Henry Tissier de l’Institut Pasteur mit en évidence la présence de bactéries«


bifides », en forme de Y, dans les selles de nourrissons sains nourris exclusivement au lait
maternel. Il découvrit ainsi Bacillus bifidus communis correspondant à l’actuel genre
Bifidobacterium. Par ailleurs, ces mêmes bactéries bifides ne furent retrouvées qu’en petite
quantité dans les selles d’enfants atteints de diarrhée (Tissier, 1900).

Il souleva alors l’idée que ces microorganismes pourraient être administrés à des
nourrissons soufrant de pathologies diarrhéiques, afin de remplacer les bactéries
protéolytiques responsables des symptômes. Le but était de rétablir un équilibre bactérien
favorable au bon fonctionnement du système digestif (Tissier, 1900).

Metchnikoff et Tissier sont donc les premiers à émettre l’idée d’administrer des
microorganismes exogènes, afin de pallier un éventuel dysfonctionnement de notre
écosystème intestinal: Le concept « probiotiques » est né. Mais il faudra attendre 1954 pour
réellement voir apparaître le terme de « probiotique » dans la revue Hippokrates dans un

12
Revue bibliographique

article intitulé ««AntiŔund probiotika» de Ferdinand Vergin. Dans cet article, il traite des
effets délétères des antibiotiques et des effets positifs de certaines substances
antimicrobiennes sur la flore intestinale. Il cherche à souligner l’importance des effets
bénéfiques qu’apportent ces microorganismes sur la flore intestinale (Vergin, 1954).

Bien que plusieurs scientifiques aient étudié ce concept depuis près d’un siècle, le
terme« Probiotique » ne vit le jour qu’en 1965. Les chercheurs Lilly et Stilwell l’utilisèrent
pour décrire des produits d’origine microbienne stimulant la croissance d’autres organismes
(Lilly et Stilwell, 1965).

Cette imprécision fut relevée par Fuller en 1989, qui redéfinit alors les probiotiques
comme suit :«des compléments nutritionnels vivants qui apportent un bénéfice à l’animal hôte
en améliorant son équilibre microbien intestinal » (Fuller, 1989).

En 1992, Havenaar et Huis in’t Velt affinaient un tout petit peu plus le terme en « une
culture viable composée d’une ou d’un mélange de bactéries qui, lorsqu’elle est appliquée à
l’animal ou à l’homme, exerce un effet bénéfique sur l’hôte en améliorant les propriétés de la
flore indigène. » (Piquepaille, 2013).

En 1998, Guarner et Schaafsmaa précisaient que les probiotiques sont « des


microorganismes vivants, qui lorsqu’ils sont consommés en quantités adéquates, ont un effet
bénéfique sur la santé de l’hôte » (Guarner et al., 2008).

Selon les experts rassemblés en 2001 par la FAO (Food and Agriculture Organization
of the United Nations et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les probiotiques sont
actuellement définis comme des « microorganismes vivants qui, lorsqu’ils sont consommés en
quantités adéquates, ont un effet bénéfique sur la santé de l’hôte » (FAO/OMS, 2001).

II.2. Définition des probiotiques

La définition du terme probiotique a évolué dans le temps en fonction de la réflexion


des chercheurs, des connaissances scientifiques et des avancées technologiques.

En 1965, Lilly et Stilwell, dans la revue Science, définissaient les probiotiques comme
des substances produites par des microorganismes capables de stimuler la croissance d’autres
microorganismes. (Klaenhammer, 2000).

En 2002, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la Food and Agriculture


Organisation des Nations Unies(FAO) officialisaient la définition de terme probiotique afin

13
Revue bibliographique

d’éviter toute dérive. Les probiotiques sont donc définis comme « des organismes vivants qui,
ingérés en quantité suffisante, ont un effet bénéfique sur la santé de l'hôte ». (FAO/OMS,
2001).

Les probiotiques incluent différentes espèces bactériennes dont les plus courantes sont
des bactéries à Gram positif qui appartiennent aux genres Lactobacillus et Bifidobacterium.
Mais d’autres genres bactériens peuvent être utilisés comme des souches appartenant aux
streptocoques, entérocoques ou encore des bactéries à Gram négatif comme Escherichia coli,
de même que des levures comme Saccharomyces boulardii. (Butel, 2014)

Le code international de nomenclature des micro-organismes s’applique aux


probiotiques, ainsi les souches doivent être identifiées par leur genre, leur espèce et par des
caractères alphanumériques. (Burgain et al., 2011).De plus, il est recommandé que les
souches probiotiques soient déposées dans une collection de cultures reconnue à l’échelon
international (par exemple, en France : la Collection Nationale de Cultures de Micro-
organismes). (Lemetais, 2012).

La définition officielle des probiotiques pourrait encore évoluer car les champs de
recherche pour mieux connaître et comprendre l’action de ces derniers sont encore nombreux.
Par abusde langage, un aliment contenant un probiotique est appelé communément « aliment
probiotique » et parfois même « probiotique ». Leur utilisation était au départ fondé sur des
observations empiriques et qui est actuellement plus rationnelle en lien avec les études
menées sur le sujet. (EM Consult, 2007).

II.3. Règlementation : médicament et aliment

Les conditions de mise sur le marché des probiotiques sont définies en fonction de leur
application médicamenteuse ou alimentaire. En majorité, les probiotiques sont des aliments
fonctionnels ou sont utilisés sous forme de compléments alimentaires. Ces « aliments santé
»se situent à la frontière entre le médicament et l’aliment traditionnel et sont régis par la
législation alimentaire (figure03). (Ministre de la santé de Canada, 2017).

14
Revue bibliographique

Figure 03 : Classification des aliments santé et place des probiotiques (Boudouhi et al.,
2005).
II.3.1. Aliments probiotiques

Les probiotiques utilisés comme compléments alimentaires, de même que les aliments
fonctionnels, sont considérés comme des denrées alimentaires et sont régis par la législation y
attenant. Ils se différencient des aliments diététiques qui sont destinés à une alimentation
particulière et doivent faire l'objet d'une formulation ou d'un procédé de fabrication spécifique
pour se différencier de l'aliment courant, et des médicaments, en particulier pour ce qui est
des allégations (Ninane et al., 2009 ; FAO/OMS, 2001).

 Complément alimentaire

Au niveau européen, les compléments, ou suppléments, alimentaires sont clairement


définis comme « des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire
normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un
effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés ». Ils sont commercialisés sous forme
de doses (gélules, pastilles, comprimés, sachets de poudre, ampoules…) (Derbre, 2010).

 Aliment fonctionnel

Les aliments fonctionnels ne sont pas définis par une législation. Ils sont considérés
comme des aliments courants destinés à être consommés dans le cadre d’une alimentation
équilibrée et variée. Leur particularité réside dans le fait qu’ils contiennent des composés
biologiquement actifs qui exercent un effet bénéfique sur une ou plusieurs fonctions cibles de

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Revue bibliographique

l’organisme, au-delà des effets nutritionnels de base, de manière à améliorer la santé et le


bien-être et/ou à réduire le risque de maladie (Boudouhi et al., 2005).

Tableau 02 : Exemples de souches de probiotiques dans des produits alimentaires et


Pharmaceutiques (Guarner et al., 2008).

Souche désignations Nom commercial Fabricant


alternative
Bifidobacterium animalis DN Activia Danone/Dannon
173 010
Escherichia coli, Nissle Mutaflor
1917
Lactobacillus casei DN-114 Actirnel Danone/Dannon
001
Saccharomyces cerevisiae DiarSafe-Ultralevure, etc Wren Laboratorie,
(boulardii) Biocodex, etc

II.3.2. Médicaments probiotiques

L'article L5111-1 du code de la santé publique entend par médicament « toute substance
ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard
des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être
utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un
diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en
exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique » (Code de la santé
publique, 2015).

En France, il y a peu de médicaments probiotiques. Certains les nomment "agents bio


thérapeutiques" pour les différencier des autres formes. Il y a ultra-levure©, bacilor©,
carbolevure©, trophigil© et florgynal© (Vidal, 2015). A noter que lactéol© ne fait pas partie
de cette classe car il contient des souches de Lactobacillus LB inactivées.

Ils ont été mis sur le marché après une évaluation rigoureuse de leur sécurité, de leur
efficacité et de leur qualité, sur la base des résultats d’essais pharmaceutiques, précliniques et
cliniques (Rambaud et al., 2004).

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Tableau 03 :Les suppléments alimentaires dispensés à l’officine (Vidal, 2015).

Produit Présentation Composition Indications Mode


d’emploi
20gélules ACL :
31 10019 Traitement
50gélules ACL : symptomatique
50 mg de
3259885 d’appoint de la Ne mélanger
Ultra-levure® Saccharomyces
200gélules ACL : diarrhée en pas le
Boulardii/gélule
5524541 complément de médicament
Laboratoire réhydratation avec un
Biocodex liquide ou

Sous forme des aliments

liquide : flacons de très chauds,


2 milliards de Traitement des
5 millilitres ou glacés ou
spores de Bacillus modifications de
sous forme de alcoolisés
Enterogermina® clausii la flore
gélule : deux Les gélules
polyantibiotique bactérienne doivent être
conditionnements avalées avec
résistant intestinale.
contenant 12 ou 24 un verre
d’eau
gélules.

II.4. Critères de sélection des souches probiotiques

Afin qu’un microorganisme puisse être reconnu en tant que potentiel probiotique, il lui
faut répondre à certains critères.

Tout d’abord, il doit être non pathogène et être reconnu comme sécuritaire. Il doit
avoir la capacité de survivre et de croitre dans les conditions physiologiques du tube digestif,
ainsi qu’avoir une bonne tolérance au pH acide rencontré au niveau de l’estomac et sels
biliaires rencontrés au niveau du duodénum (Dunne et al., 2001).

L’adhérence aux cellules épithéliales de l’intestin est souvent citée comme un critère
de sélection (Guarner et al., 1998).

Le tableau 04 rapporte les critères les plus utilisé pour la sélection des probiotiques.

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Revue bibliographique

Tableau04 : Critères de sélection des probiotiques (Nousiainen et al., 2004).

Critères But cherché


Résistance à l’acidité gastrique Survie pendant le passage par l’estomac et
duodénum
Résistance aux sels biliaires Survie pendant le passage par l’intestin grêle
Production d’acide (à partir de glucose et Production (de barrière acide) efficace dans
lactose l’intestin
Adhésion au mucus et /ou aux cellules Colonisation efficace, réduction des sites
épithéliales humaines d’adhésion des pathogènes à la surface
Production de substance antimicrobienne Inhibition du développement des germes
pathogènes
Résistance à la chaleur Survie pendant le processus de
transformation
Bonnes propriétés technologiques Stabilité, croissance sur une large échelle,
survie dans le produit, résistance aux
bactériophages

II.5. Les microorganismes probiotiques


II.5.1. Les bactéries lactiques

Les bactéries lactiques incluent les genres Lactobacillus, Bifidobacterium, Streptococcus,


Enterococcus, Lactococcus, Leuconostoc et Pediococcus. Ce sont des bactéries à Gram
positif, généralement immobiles, asporulées, anaérobies ou microaérophiles. Le pourcentage
en bases guanine et cytosine (% GC) de leur ADN montre une hétérogénéité des espèces
constituant ces genres. Selon leur morphologie, les bactéries lactiques peuvent être divisées en
trois catégories : les lactobacilles, les coques et les bifidobactéries. (Claesson et al., 2007 ;
Corrieu et Luquet, 2008).

II.5.1.1. Les lactobacilles

Les lactobacilles font partie du phylum des Firmicutes, de la classe des Bacilli, de
l’ordre des Lactobacillales et de la famille des Lactobacillaceae. Ces bactéries ont une forme
de bâtonnets qui sont souvent groupés en chaînettes (Leveau et Bouix, 1993).

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Revue bibliographique

On distingue deux types de métabolisme : homofermentaire strict en produisant


seulement du lactate et hétérofermentaire en synthétisant d’autres produits finaux comme
l’acétate, l’éthanol, le succinate. On les retrouve notamment au niveau de la flore vaginale
mais aussi au niveau digestif. (Tailliez, 2004).

II.5.1.2. Les coccies

Seuls les Streptococcus, les Enterococcus et éventuellement les Lactococcus sont


utilisés comme probiotiques. Ces trois genres appartiennent au phylum des Firmicutes, à la
classe des Bacilli, à l’ordre des Lactobacillales et à la famille des Streptococcaceae.

L’espèce Streptococcus thermophilus {figure 04 (B)}, largement présente dans le lait


et les produits laitiers comme agent d’acidification, possède le statut GRAS (Generally
Recognized As Safe) et est utilisée dans certains produits probiotiques.

Les espèces Enterococcus faecalis{figure 04 (C)}et Enterococcus faecium,


anciennement désignées « streptocoques fécaux », sont toutes les deux utilisées comme
probiotiques. Les espèces du genre Lactococcus ne possèdent aucun caractère pathogène.
Elles sont largement présentes dans le lait et les produits laitiers, mais les produits végétaux
constituent leur réservoir principal. Seule l’espèce Lactococcus lactis {figure 04 (D)}est
utilisée pour ses effets probiotiques (Guiraud, 2003 ;Corrieu et Luquet, 2008).

A B

C D
Figure 04 : (A) : Lactobacillus casei, (B): Streptococcus thermophilus, (C): Enterococcus
faecalis, (D) : Lactococcus lactis (Corrieu et Luquet, 2008).

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Revue bibliographique

II.5.1.3. Les bifidobactéries

Les premières bifidobactéries isolées et décrites aux débuts du 20ème siècle ont été
observées par Henri Tissier en 1906. Il avait remarqué que les enfants nourris au lait maternel
avaient une flore microbienne intestinale beaucoup plus riche en bactéries de forme Y et
irrégulières, contrairement aux enfants nourris au biberon (Leahy et al., 2005).

Le genre Bifidobacterium {figure 05 (A)} appartient au Phylum des Actinobacteria. Il


est ensuite retrouvé dans la Classe des Actinobacteria et la Sous-classe des Actinobacteridæ,
l’Ordre des Bifidobacteriales et la famille des Bifidobacteriaceæ. (The universal protein
Resource, 2015).

[Link] bactéries non lactiques

D’autres bactéries font également preuve d’intérêt en tant que probiotiques. Il s’agit
notamment de la souche Escherichia coli Nissle 1917 {figure 05 (B)} et de bactéries
sporulées dont Bacillus subtilis et Bifidobacterium cereus.

A B
Figure 05: (A) : Bifidobacterium spp., (B) : Escherichia coli Nissle 1917 (Krammer et al.,
2006).
[Link] levures

Les levures font partis de la famille des champignons unicellulaires, utilisés dans
l’industrie alimentaire pour la production de boissons alcoolisées mais aussi pour la
fabrication boulangère. (Steensels et al., 2014).Les levures utilisées comme probiotiques sont
des souches de Saccharomyces cerevisiae {figure 06 (A)}, et en particulier une souche bien
déterminée dénommée Saccharomyces boulardii {figure 06 (B)}. (Rofle, 2000 ; Dalmasso et
al., 2006).

Saccharomyces boulardii fut découverte en Indochine par Henri Boulard, qui lui donna
son nom en 1920. Sa classification a ensuite longtemps été débattue. Elle fut décrite comme
une espèce à part entière, jusqu’à ce que les premières méthodes moléculaires la déclarent

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Revue bibliographique

indistincte de Saccharomyces cerevisiae. L’étude de leurs génomes permit finalement de


différencier à nouveau ces deux espèces, dont le métabolisme et la physiologie sont d’ailleurs
différents. (Czerucka et al., 2007).

A B
Figure 06:(A):Saccharomyces cerevisiae observée au microscope électronique, (B) :
Saccharomyces boulardii observée au microscope électronique à balayage. (Kimse, 2009 ;
Rambaud et al., 2004).

21
Revue bibliographique

III. Les mécanismes d’action et l’effet bénéfique de probiotiques

III.1. Mécanisme d’action de probiotique

III.1.1. Effet sur les fonctions intestinales


En matière d’affirmation des effets probiotiques sur les fonctions intestinales, il faut
bien distinguer les effets décrits à partir d’études physiologiques (c’est-à-dire sur intestin
«normal») et ceux déduits d’études physiopathologiques (Bocle et Thomann, 2005).

III.1.1.1. Digestion intestinale

Les probiotiques, en produisant et/ou en augmentant l’activité de nombreuses enzymes


digestives, permettent d’améliorer significativement la digestion et l’absorption intestinales,
notamment chez des sujets ayant un déficit enzymatique.

Ainsi, la lactase des bactéries du yaourt (Lactobacillus delbrueckii subsp. Bulgaris et


Streptococcus thermophilus) améliore la digestion du lactose dans l’intestin grêle par
comparaison à un lait standard, même chez les sujets hypolactasiques. Cette meilleure
absorption et tolérance du lactose dans les yaourts est due au fait que la paroi des cellules de
L. delbrueckii subsp. Bulgaris et S. thermophilus offre une protection mécanique à la lactase
bactérienne envers l’acidité gastrique. La paroi est ensuite dégradée par les sels biliaires dans
l’intestin grêle, permettant ainsi d’augmenter l’hydrolyse enzymatique du lactose (Burgain et
al., 2012).
III.1.1.2. Motricité intestinale et transit
Certaines souches probiotiques accélèrent le transit colique, total et/ou segmentaire. A
ce sujet, les effets de l’ingestion de Bifidobacterium animalis DN- 173 010 ont été les mieux
étudiés.
Ainsi, une étude menée chez des volontaires sains âgés de 21 à 42 ans, a montré que
l’ingestion quotidienne de trois pots de yaourt contenant Bifidobacterium animalis DN-
173010 (108 UFC par gramme) pendant onze jours raccourcissait d’environ 20 % le temps de
transit colique par rapport à une même période d’ingestion de yaourt sans supplémentation du
probiotique.
Les mécanismes impliqués ne sont pas connus. Les probiotiques pourraient agir
directement ou indirectement par l’intermédiaire des effets de leurs produits fermentaires sur
l’activité motrice colique (Flourie et Nancey, 2007 ; Adam, 2010).

22
Revue bibliographique

III.1.2. Modulation de microbiote intestinale


Les bactéries probiotiques n’ont pas la capacité de coloniser de façon permanente le
tractus gastro-intestinal. Par contre, la consommation sur une base régulière permet de
modifier la microflore intestinale et d’atteindre un équilibre entre les mauvaises bactéries et
les microorganismes bénéfiques.
L’administration des probiotiques provoque une augmentation des lactobacilles et des
bifidobactéries, et une diminution des germes pathogènes en créant un environnement peu
favorable à leur développement. Différentes propriétés antagonistes des probiotiques sont
impliquées pour inhiber les microorganismes pathogènes :
‐Production de substances antimicrobiennes, en particulier des bactériocines
‐Acidification du contenu colique via la sécrétion d’acides organiques
‐Compétition pour les sites d’adhérence
‐Compétition pour les nutriments (Sherman et al., 2009; Parada et al., 2007).

III.1.2.1. Production de bactériocines

De nombreuses bactéries à Gram positif, dont les bactéries lactiques, produisent des
protéines antimicrobiennes appelées bactériocines. Elles sont sécrétées dans le but d’inhiber la
croissance d’autres microorganismes, notamment des pathogènes (Oelschaeger, 2010).
Les bactériocines peuvent être regroupées en deux catégories : les composés peptidiques et les
composés non peptidiques (peroxyde d’hydrogène ou acides gras à courte chaîne carbonée
tels que l’acide lactique). Elles sont actives sur la majorité des bactéries à Gram positif mais
ont peu d’effet sur les bactéries à Gram négatif souvent retrouvées en infectiologie digestive.
De plus, elles ne détruisent pas les virus tels que le Rotavirus (Oelschaeger, 2010).
Les lactobacilles sont souvent associés à la production de bactériocines. Il a par
exemple été démontré in vivo que Lactobacillus salivarius produit une bactériocine dirigée
contre Listeria monocytogenes. La production de bactériocines par les souches de
bifidobactéries est moins documentée (Dortu et al., 2009).

III.1.2.2. Diminution du pH intra-luminal intestinal


Les probiotiques, notamment les souches de lactobacilles, produisent des acides
organiques tels que l’acétate, le lactate ou le propionate qui abaissent le pH local intraluminal
colique. Grâce à cette propriété, les probiotiques peuvent exercer un effet antimicrobien
contre les microorganismes pathogènes. En effet, l’acidification du milieu permet d’inhiber
l’activité enzymatique des bactéries acidosensibles Gram-négatives et donc leur croissance.

23
Revue bibliographique

Par ce mécanisme, il a été démontré que les souches Lactobacillus lactis, [Link] Shirota et L.
acidophilusYIT0070 réduisaient la croissance d’Escherichia coli O157:H7. (Vanderpool et
al., 2008).

III.1.2.3. Inhibition compétitive de l’adhésion des pathogènes


Les probiotiques peuvent diminuer l’adhésion des pathogènes et de leurs toxines aux
cellules épithéliales intestinales en se fixant sur les mêmes sites récepteurs. Ainsi, plusieurs
souches de lactobacilles et de bifidobactéries sont en mesure de rivaliser avec des bactéries
pathogènes comme Bacteroides vulgatus, Clostridium difficile, Staphylococcus aureus,
Listeria monocytogenes ou encore Yersinia enterocolitica. Cette inhibition compétitive est
proportionnelle à la concentration de probiotiques ajoutés.
Par ailleurs, des chercheurs ont étudié l’adhésion des souches Lactobacillus casei
Shirota et L. rhamnosus GG en présence de souches d’Escherichia coli et de Salmonella sur
des glycoprotéines de muqueuse intestinale humaine et sur des cellules Caco-2. Ils ont
constaté que les lactobacilles étaient capables d’exclure et de déplacer les pathogènes étudiés
de façon significative sur le mucus. Le degré de compétition était dépendant de chaque
souche, probablement en raison de l’affinité respective des adhésines présentes à la surface
des bactéries aux glycoprotéines du mucus (Rastall et al., 2005 ; Vanderpool et al., 2008 ).

III.1.2.4. Compétition au niveau de l’utilisation des nutriments


L’inhibition de la croissance des pathogènes peut également s’effectuer par un
processus de restriction des nutriments. Les probiotiques entrent en compétition avec les
pathogènes en utilisant les mêmes substrats présents dans la lumière intestinale. La
diminution des substrats disponibles rend l’environnement peu favorable à la croissance des
pathogènes (Delcenserie et al., 2008 ; Wealleans et al., 2010 ).

III.1.3. Renforcement de la barrière fonctionnelle épithéliale


La présence de l’épithélium a un rôle de barrière essentiel afin de séparer les
microorganismes présent dans la lumière intestinale de la muqueuse intestinale. Les
probiotiques jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’intégrité de la barrière
intestinale en inhibant l’hyperperméabilité intestinale et en induisant la production de mucus
et des peptides antimicrobiens. (Resta-Lenert et al., 2006).

24
Revue bibliographique

III.1.3.1. Stimulation des défensines

En plus de la sécrétion de bactériocines qui agissent directement sur les bactéries


pathogènes, certains probiotiques favorisent l’activité des défensines en agissant soit sur leur
synthèse, soit sur leur activation.
Les défensines sont des peptides antimicrobiens sécrétées par l’épithélium intestinal,
elles sont essentielles à la protection de l’épithélium intestinal contre divers agents, dont les
toxines bactériennes, les produits chimiques et les médicaments.(Quévrain et al., 2011).
Des preuves récentes suggèrent que les bactéries probiotiques peuvent stabiliser la
fonction de la barrière intestinale via l'induction de peptides antimicrobiens tels que les
défensines.
Cette étude visait à élucider le mécanisme d'induction du gène de la bêta-défensine-2
humaine (hBD-2) par différentes souches de lactobacilles probiotiques.(Schlee et al., 2008).
Il a été récemment démontré que E. coli Nissle1917, ainsi que comme L.
acidophilus, L. fermentum ainsi que le mélange de 8 souche de probiotique (VSL#3) et
d'autres souches probiotiques activent très spécifiquement cellules du côlon pour synthétiser
les défensines in vitro. (Möndel et al., 2009).
III.1.3.2. Préservation de l’intégrité de la barrière

Plusieurs souches probiotiques agissent favorablement sur l’intégrité de la barrière


intestinale, d’une part, en augmentant la résistance électrique trans épithéliale par le maintien
structural des protéines du cytosquelette et des jonctions serrées intercellulaires, et d’autre
part, en inhibant l’augmentation de la perméabilité de l’épithélium provoquée par le stress, les
Infections ou la présence de cytokines pro-inflammatoires, comme le TNF-alpha ou l’IFN-
gamma.
Par exemple, in vitro, dans les lignées cellulaires HT-29 et Caco-2, les souches Streptococcus
thermophilus ATCC19258 et Lactobacillus acidophilus ATCC4356 augmentent la résistance
électrique trans épithéliale et bloquent la sécrétion de chlore induite par Escherichia coli
entéropathogène. (Bocle et Thomann, 2005 ; Oelschlaeger, 2010).
III.1.3.3. Production du mucus
Certains probiotiques peuvent agir sur la sécrétion de mucus indispensable à la
fonction de barrière. Pour ce faire, ils stimuleraient l’expression des ARN messagers des
mucines (MUC).Il a été montré que Lactobacillus plantarum 299v augmente l’expression des
gènes de MUC2 et MUC 3 (mucines prédominantes de l’iléon et du côlon) dans des lignées
de cellules HT-29. Cet effet explique en partie l’inhibition de l’adhérence épithéliale de

25
Revue bibliographique

bactéries pathogènes, notamment Escherichia coli entéroinvasifs. (Bocle et Thomann,


2005).
III.1.4. La modulation de système immunitaire
Les effets des laits fermentés (LF) sur les réponses immunitaires sont maintenant
largement décrits grâce aux études cliniques faites en double aveugle contre placebo. Ils sont
dus en grande partie aux bactéries vivantes présentes en grande quantité et appelées «
probiotiques ». Ils concernent en premier lieu l’intestin, premier organe immunitaire de
l’organisme.
Les réponses immunes sont multiples. On distingue les réponses innées qui sont
rapides, non spécifiques, se traduisant par les fonctions de phagocytose et la destruction des
éléments étrangers et cellules anormales exprimant des protéines virales ou tumorales. Elles
sont assurées par les monocytes circulants, les cellules « Natural Killer » (NK), et les
macrophages et cellules dendritiques présents dans tous les tissus. Ces cellules jouent aussi un
rôle important de « sentinelle », alertant, via des contacts cellulaires type « clé-serrure » et la
sécrétion de cytokines (molécules permettant le dialogue entre les cellules immunitaires),
d’autres populations de cellules immunitaires. Celles-ci, les cellules T et B, donnent ensuite
des réponses spécifiques de l’antigène, appelées réponses adaptées, qui sont cellulaires et/ou
humorales (fabrication d’anticorps appartenant à différents isotypes, IgG, IgE, IgA), et douées
de mémoire immunitaire. (Moreau, 2006)

III.1.4.1. Stimulation de l’immunité innée

L’immunité innée est généralement mesurée par le relargage de cytokines, la phagocytose


ou l’activation NK (Natural Killer) sous l’effet stimulant des bactéries (Saavedra et al.,
1994).
De nombreuses études in vitro indiquent que des probiotiques tels que les bifidobactéries,
Streptococcus thermophilus, Lactobacillus bulgaris, L. casei, L. acidophilus et L. helveticus
peuvent entraîner une stimulation de la sécrétion de cytokines par les cellules immunitaires,
avec des effets dépendants des souches.(Heyman et al., 2006).
L’ADN probiotique peut également interagir avec le système immunitaire de l’hôte
via le récepteur TLR-9 et supprimer ainsi la réponse inflammatoire induit par de l’ADN
pathogène (Jijon. H et al., 2004).

26
Revue bibliographique

Figure 07 : La voix de translocation nucléaire de facteurs de transcription de cytokine pro-


inflammatoire, TLRs : Toll-like receptor : récepteurs membranaires, Tollip, MyD88, IRAK,
TRAF6: série de protéines cytoplasmiques responsables de la transmission de message du récepteur
membranaire au noyau de la cellule, NF-κB : facteur de transcription responsable d’activation de gène
codant pour des cytokines pro-inflammatoires, TNFα, IL-1,IL-6,IL-8 : cytokines pro-inflammatoires.
(Heyman et al., 2006).

La stimulation d’une réponse immunitaire innée s’effectue par la reconnaissance de


molécules constantes associées aux pathogènes (PAMPs en anglais, qui sont aussi communes
aux bactéries commensales ou probiotiques) par des récepteurs spécifiques TLRs (Toll-like
receptor : récepteurs membranaire) exprimés à la surface des macrophages, des polynucléaires
neutrophiles voire des cellules épithéliales. Les domaines intracellulaires des TLRs recrutent
une série de protéines adaptatrices conduisant à l’activation de facteurs de transcription pro-
inflammatoires (NF‐κB).Les effets inhibiteurs des probiotiques peuvent être dus à la bactérie
vivante ou encore à son ADN qui est reconnu par les récepteurs des cellules de l’épithélium
(Neish et al., 2000).

III.1.4.2. Stimulation de l’immunité adaptative

Les cellules de la réponse innée (cellules dendritiques, macrophages, et NK) activées


expriment à leur surface des molécules de Co-stimulation qui se lient à des récepteurs
présents sur les lymphocytes T naïfs simultanément à la reconnaissance de l’antigène pour

27
Revue bibliographique

activer ces derniers ; c’est ce qu’on appelle l’immunité adaptative cellulaire.(Abbas et


Lichtman, 2009).
Lorsque des antigènes provenant de bactéries pathogènes sont détectés, une inflammation
locale est induite par les cellules épithéliales et les cellules présentatrices d’antigènes (CPA).
La production de cytokines et de chimiokines attire des CPA et d’autres types de cellules
immunitaires au site d’infection. Ces cellules captent les antigènes, se différencient, puis
migrent vers les plaques de Peyer et les ganglions mésentériques. En fonction du type de
pathogènes rencontré et de l’état d’activation des CPA, ces dernières produiront diverses
cytokines. Cet environnement influencera les cellules T CD4+ (Lymphocyte T auxiliaire
activé non différencier) naïves à se différencier en Th1 ou Th2 (Lymphocytes T auxiliaires
activés) pour ainsi induire une réponse immunitaire efficace contre le microorganisme
envahisseur. (Iwasaki et Kelsall, 1999 ; Iwasaki et Kelsall, 2001 ; McHeyzer et al., 2005).
Les lymphocytes T auxiliaires CD4+ peuvent se différencier en sous-populations de
cellules effectrices produisant différentes groupes de cytokines assumant des fonctions
distinctes.
 Cette différenciation est régulée par des stimuli qu’ils reçoivent :
-Les cytokines IL-12 produites par les macrophages activés et l’IFN-γ produit par les cellules
NK orientent les LT CD4+ vers un profil Th1,
-Les cytokines IL-4 provenant d’une autre source cellulaire orientent vers un profil Th2.
Ainsi, les bactéries intracellulaires orientent plutôt vers un profil Th1 alors que les bactéries
extracellulaires orientent vers une réponse Th2. (figure08) (Abbas et Lichtman, 2009).

En présence des antigènes provenant de probiotiques, les lymphocytes T CD4+ se


différencient en cellules Treg qui produisent de l’IL-10 et/ou du TGF6 Béta. Ces deux
cytokines sont dites suppressives ou anti-inflammatoires, car elles génèrent la tolérance face
aux bactéries commensales et aux antigènes alimentaires. De plus, ces cytokines provoquent
chez les lymphocytes B matures, des réarrangements génétiques dans les loci de
l’immunoglobuline qui mènent à la production d’IgA. Ce type d’anticorps, produit en grande
quantité dans l’intestin, a pour fonction de lier l’antigène avant que celui-ci n’adhère à la
muqueuse intestinale. (Ke et al., 1997 ; Dullaers et al., 2009).
Dans l’ensemble, certains probiotiques de l’immunité sécrétoire IgA au niveau de la
muqueuse intestinale vis-à-vis de pathogènes viraux ou bactériens. Cependant, le nombre
d’études reste restreint, surtout chez l’adulte. De plus, la corrélation existant entre les taux
plus élevés d’IgA sécrétoires et la prévention des infections reste controversée. (Bocle et
Thomann, 2005).

28
Revue bibliographique

Figure 08 : Schéma synthétique de la balance Th1/ Th2 (Colarelli et al., 2010).

III.2. Effet bénéfique des probiotiques sur la sante


Les probiotiques ont pour but d’aider la flore microbienne naturelle de l’intestin.
Quelques préparations de probiotiques ont été utilisées pour prévenir la diarrhée des eaux
antibiotiques, ou comme part d’un traitement contre une dysbiose (déséquilibre au niveau de
la flore bactérienne) liée aux antibiotiques. Des études ont documenté les effets des
probiotiques sur un grand nombre de troubles gastro-intestinaux, y compris les maladies
inflammatoires de l’intestin (MICI) et sur une stimulation du système immunitaire. (Guarner et
al., 2011).

III.2.1. Probiotique et diarrhées

Les infections intestinales (aiguës ou chroniques) sont une des principales cibles des
probiotiques. Parmi elles, les diarrhées d’origine infectieuses sont une des premières
utilisations des probiotiques par leur effet barrière contre les pathogènes. Par exemple
Clostridium difficile est un pathogène d’incidence croissante impliqué dans les infections liées
à C. difficile d’origine communautaire ou nosocomiale. (Butel, 2014). Dans cette indication,
le bénéfice des probiotiques est discutable. Une étude randomisée contrôlée récente a montré
que la prescription de Lactobacillus en association aux antibiotiques est efficace dans la

29
Revue bibliographique

prévention des diarrhées à Clostridium difficile. Dans cet essai, aucun des patients sous
probiotiques n’a présenté de diarrhées à Clostridium difficile. (Graf et Sarasin, 2007).
III.2.2. Probiotique et MICI

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) sont reliées à divers


facteurs, incluant le fond génétique, le système immunitaire, l’alimentation et d’autres
facteurs environnementaux. Le microbiote intestinal est impliqué dans les MICI. La
consommation de bactéries probiotiques sélectionnées peut induire ou prolonger des
rémissions dans le cas de MICI telles que la RCH (rectocolite hémorragique). L’effet des
bactéries consommées massivement dans les aliments fermentés est encore peu pris en
compte. L’actinobactérie Propionibacterium freudenreichii est couramment consommée dans
les fromages à pâte pressée cuite, ainsi que dans des compléments alimentaires probiotiques.
La consommation de ce fromage a protégé les souris de la colite aiguë.(Gwenael, 2019).
Les probiotiques ont montré une certaine efficacité dans la prévention des récidives de
poussées de maladie de Crohn (MC). Après un an de traitement par probiotiques comparés à
la mésalazine, une étude en simple aveugle retrouve une diminution des poussées
endoscopiquement significatives de 50% dans le groupe traité. Cette propriété est commune à
plusieurs probiotiques : Saccharomyces boulardii, Lactobacillus et Bifidobacterium. (Graf et
Sarasin, 2007).

IV. L’importance biotechnologique des probiotiques


Les différents produits commercialisés en tant que probiotiques humains ou animaux
sont constitués soit d’un seul microorganisme (produits dits mono-souches) ou d’une
association de plusieurs espèces (produits dits pluri-souches). De nos jours, les produits
probiotiques sont commercialisés sous trois formes (Patterson, 2008) :
 Un concentré de culture ajouté à des aliments et boissons à base de produits laitiers,
de fruits et de céréales.
 Un ingrédient ajouté à un aliment à base de lait ou de soja et auquel on permet
d’atteindre une concentration élevée par fermentation.
 Des cellules séchées, concentrées, en poudre, en capsule ou en comprimés.
IV.1. Affinage de fromages

L’affinage est étroitement relié à la production des protéases et d’autres enzymes. Ces
enzymes doivent êtres produits en quantité suffisante afin de libérer les différentes textures et

30
Revue bibliographique

le maximum d’arômes attribués aux différents types de fromages. L’activité des peptidases est
plus importante que celle des protéinases (Vissier et al., 1983).

IV.2. Activité acidifiante

La capacité à produire de l’acide lactique rapidement est suffisamment est essential


pour des souches à usage fromagère (Stadhouders, 1974, 1986 ; Sandine, 1985).

IV.3. Activité protéolytique

La fermentation, au cours de laquelle plusieurs transformations physiques,


biochimiques et microbiologiques se déroulent, est une étape cruciale dans le processus de
fabrication des aliments fermentés. En général, les bactéries lactiques ont une faible propriété
protéolytique sur par exemple, les protéines myofibrillaires. Toutefois certaines souches de
Lb. casei, Lb. plantarum, Lb. Curvatus et Lb. sakei participent à l’hydrolyse des protéines
sarcoplasmiques et par conséquent, contribuent à la décomposition des peptides en acides
aminés (Larrouture et al., 2000 ;Scannell et al., 2004 ; Dalmis et al., 2008 ).

IV.4. Activité lipolytique et formation de substances aromatiques

La lipolyse a été largement étudiée dans le domaine alimentaire. Elle joue un rôle
important dans la formation des substances aromatiques des produits transformés tels les
jambons secs et les saucissons secs. L’addition des lipases exogènes augmente
significativement et rapidement la concentration en acide gras libre des produits fermentés,
réduisant de ce fait la durée de leur maturation mais sans en améliorer systématiquement leur
saveur (Zalacain et al., 1996).

IV.5. Formation des exopolysaccharides

La plupart des microorganismes synthétisent les polysaccharides. Certains se trouvent


à l’intérieur de la cellule. D’autres sont des composants de la paroi. Un troisième groupe de
polysaccharides est excrété à l’extérieur de la cellule d’où vient le terme exopolysaccharides
(EPS) ou polysaccharide exo cellulaire. Deux types d’EPS, soit excrété dans le milieu
environnant, soit lié à la surface de la cellule sous forme de capsule, peuvent être produits par
certaines bactéries lactiques (Macedo et al., 2002; Walling et al., 2005 ; Topisirovic et al.,
2006 ).

31
Revue bibliographique

IV.6. Biopréservation des aliments

De par leur métabolisme, les lactobacilles agissent comme éléments protecteurs de la


qualité hygiénique et sanitaire de l’aliment qu’ils colonisent et ainsi augmenter la durée de vie
de celui-ci. Cette protection s’effectue soit grâce à la production d’acides organiques qui en
réduisant le pH du milieu inhibent la plupart des bactéries pathogène dont la majorité est
neutrophile, soit par compétition pour les nutriments ou soit grâce à la production de
substances dites bactériocines (Mami, 2007).

32
Conclusion
Conclusion

Conclusion
Le tube digestif héberge des microorganismes (Bactéries, levures…) dans tous les
compartiments qui le composent. L’ensemble de ces différents microorganismes constitue le
microbiote intestinal et l’homme ne pourrait vivre sans lui. Cet écosystème se caractérise par
sa complexité et sa diversité et sa place importante dans la santé.

Les probiotiques sont des microorganismes lorsque sont consommés en quantité


adéquate, exercent un bénéfice pour la santé humaine, et entrainent l’équilibre dans la flore
intestinale.

Les probiotiques sont utilisés soit comme médicaments soit comme compléments
alimentaires pour le maintien des modulations sur les fonctions intestinales selon des modes
d’action différents (Sécrétion des bactériocines…).

De récents travaux scientifiques sur les propriétés et la fonctionnalité des micro-


organismes dans les aliments donnent à penser que les probiotiques jouent un rôle important
dans les fonctions immunologiques, digestives et qu’ils sont susceptibles d’aider à lutter
contre les maladies chroniques et infectieuses chez les enfants et d’autres groupes à risque
élevé.

Au vu des avancées actuelles, nous pouvons imaginer que les probiotiques seront de
plus en plus utilisés dans les années à venir, tant pour d’autre pathologies digestives qu'extra-
digestives et dans l’industrie (produits alimentaires) comme un additifs, un améliorant
alimentaire…etc.

33
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‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫ ﺗﺗﻛون‬.‫ ﯾﺗم اﺳﺗﻌﻣﺎر اﻟﺟﮭﺎز اﻟﮭﺿﻣﻲ ﻣن ﻗﺑل اﻟﻌدﯾد ﻣن اﻟﻛﺎﺋﻧﺎت اﻟﺣﯾﺔ اﻟدﻗﯾﻘﺔ اﻟﺗﻲ ﺗﺳﻣﻰ اﻟﻣﯾﻛروﺑﺎت اﻟﻣﻌوﯾﺔ‬،‫ﻣﻧذ اﻟوﻻدة‬
,‫ ﯾﺗﺄﺛر اﻻﺳﺗﻌﻣﺎر اﻟﺑﻛﺗﯾري ﻷﻣﻌﺎء اﻟﻣوﻟود اﻟﺟدﯾد ﺑﺧﺻﺎﺋص اﻷم‬.‫وھﻲ ﺗﺗطور طوال اﻟﺣﯾﺎة‬، ‫اﻟﺟراﺛﯾم اﻟﻣﻌوﯾﺔ ﻣن اﻟﻌدﯾد ﻣن اﻟﺑﻛﺗﯾرﯾﺎ‬
.‫ وﻣﺎ إﻟﻰ ذﻟك( وﻧوع اﻟﻧظﺎم اﻟﻐذاﺋﻲ‬, ‫ وﻣﺿﺎدات اﻟﺣﻣوﺿﺔ‬,‫ وﺗﻧﺎول اﻷدوﯾﺔ )اﻟﻣﺿﺎدات اﻟﺣﯾوﯾﺔ‬,‫ وﺑﯾﺋﺔ ﻣﻛﺎن اﻟوﻻدة‬,‫وطرﯾﻘﺔ اﻟوﻻدة‬
.‫ ﻓﺈن إﺣدى طرق اﺳﺗﻌﺎدة اﻟﺗوازن ھﻲ ﺗﻧﺎول اﻟﺑروﺑﯾوﺗﯾك‬،‫ﻓﻲ ﺣﺎﻟﺔ اﺧﺗﻼل ﺗوازن ھذه اﻟﺑﻛﺗﯾرﯾﺎ‬

‫ ﺗﻌﻮد ﺑﺎﻟﻔﺎﺋﺪة ﻋﻠﻰ‬, ‫ﻋﻨﺪ ﺗﻨﺎوﻟﮭﺎ ﺑﻜﻤﯿﺎت ﻛﺎﻓﯿﺔ‬،‫ إﻟﺦ( واﻟﺘﻲ‬،‫ﺧﻤﯿﺮة‬،‫اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ھﻲ ﻛﺎﺋﻨﺎت دﻗﯿﻘﺔ ﺣﯿﺔ )ﺑﻜﺘﯿﺮﯾﺎ‬
‫ واﺳﺘﻌﺎدة اﻟﺤﺎﺟﺰ اﻟﻤﻌﻮي‬,‫ ﯾﺘﺴﻊ ﻣﺠﺎل اﺳﺘﺨﺪام اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﺑﺸﻜﻞ ﻣﺘﺰاﯾﺪ ﺗﺜﺒﯿﻂ اﻟﺘﺼﺎق اﻟﺒﻜﺘﯿﺮﯾﺎ اﻟﻤﻤﺮﺿﺔ‬.‫ﺻﺤﺔ اﻹﻧﺴﺎن‬
‫ ﺑﺎﻹﺿﺎﻓﺔ إﻟﻰ اﻟﻔﻌﺎﻟﯿﺔ اﻟﻌﻼﺟﯿﺔ ﻻﺳﺘﺨﺪام اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﻓﻲ اﻷﻣﺮاض اﻟﻤﻌﻮﯾﺔ اﻟﺮﺋﯿﺴﯿﺔ‬.‫ واﻟﺘﺤﻜﻢ ﻓﻲ اﻟﺨﻼﯾﺎ اﻟﻤﻨﺎﻋﯿﺔ‬،
.(...‫اﻟﺦ‬, ‫ اﻷﻣﺮاض اﻻﻟﺘﮭﺎﺑﯿﺔ اﻟﻤﺰﻣﻨﺔ‬, ‫اﻟﻤﺮﺗﺒﻄﺔ ﺑﺨﻠﻞ اﻟﺠﺮاﺛﯿﻢ )اﻹﺳﮭﺎل‬

‫ ﺗﺘﻤﺘﻊ اﻟﺒﺮوﺑﯿﻮﺗﯿﻚ ﺑﺎﻟﻘﺪرة ﻋﻠﻰ اﻟﺤﻔﺎظ ﻋﻠﻰ اﻻﺳﺘﻘﺮار اﻟﻜﺎﻓﻲ واﻟﺤﯿﻮﯾﺔ أﺛﻨﺎء ﺳﻠﺴﻠﺔ اﻹﻧﺘﺎج‬, ‫ﻣﻦ ﻧﺎﺣﯿﺔ أﺧﺮى‬
.‫اﻟﺼﻨﺎﻋﻲ وأﺛﻨﺎء اﻟﺘﺨﺰﯾﻦ‬

.‫ أھﻣﯾﺔ اﻟﺗﻛﻧوﻟوﺟﯾﺎ اﻟﺣﯾوﯾﺔ‬, ‫ آﻟﯾﺔ اﻟﻌﻣل‬, ‫ اﻷﺛر اﻟﻧﺎﻓﻊ‬, ‫ اﻟﺑروﺑﯾوﺗﯾك‬, ‫ اﻟﺟراﺛﯾم اﻟﻣﻌوﯾﺔ‬:‫اﻟﻛﻠﻣﺎت اﻟﻣﻔﺗﺎﺣﯾﺔ‬

Résumé
Dès la naissance, le tube digestif est colonisé par une multitude de microorganismes
que l'on nomme microbiote intestinal. La flore intestinale est constituée de nombreuses
bactéries, elle évolue tout au long de la vie. La colonisation bactérienne de l’intestin du
nouveau-né est influencée par les caractéristiques maternelles, le mode d’accouchement,
l’environnement du lieu de naissance, l’administration de médicaments (antibiotiques,
antiacides…) et le type d’alimentation. Dans le cas de dysbiose, une des façons de rétablir
l'équilibre est la prise de probiotiques.
Les probiotiques sont des microorganismes vivants (bactéries, levure…etc) qui,
lorsqu'ils sont administrés en Quantité adéquate, produisent des effets bénéfiques pour la
santé de l’hôte. Le champ d’utilisation des probiotiques est de plus en plus vaste ; l’inhibition
de l’adhésion des pathogènes, restauration de la barrière intestinale, et contrôle des cellules
immunitaires. Ainsi que, l’efficacité thérapeutique de l’utilisation de probiotiques au cours
des principales pathologies intestinales associées à une dysbiose du microbiote (diarrhées,
maladies inflammatoires chroniques… etc).
D’autre part les probiotique ont des capacités à garder une stabilité et viabilité
suffisante au cours de la chaine de production industrielle et lors de la conservation.

Mots clés : Microbiote intestinal, Probiotique, effet bénéfique, mécanisme d’action,


importance biotechnologie.

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