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Signification des RTA en Islam

Suite de la recherche sur la Religion Traditionnelle Africaine

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Signification des RTA en Islam

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LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES

En général, lorsque nous parlons du contexte de l’Afrique, nous faisons


référence à l’Afrique Sub-saharienne. L’Afrique du Nord appartient plus
au monde méditerranéen et est incluse dans le bain de l’Islam.

IV.1. DEFINITION
Les religions traditionnelles africaines (RTA) sont difficiles à définir.
Il n’y a pas de simple et unique définition de ces religions. Fort
malheureusement, plusieurs auteurs ont mal compris les RTA en
essayant de les définir sous des terminologies comme animisme,
fétichisme, magie, superstitions, religion primitive, culte ancestral,
paganisme, et j’en passe. La difficulté des RTA semble provenir du fait
que leur propagation se fait par le vécu plutôt que par la prédication.
Leurs adeptes sont plutôt préoccupés par leur pratique que par la théorie.
Il n’y a donc pas de documents, de credo ou de manuel de ces différentes
RTA. [Link]/afrel
Religions Traditionnelles Africaines 1
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Dans ces religions, dogmes et doctrines ont très peu de rôle à
jouer dans la vie des adeptes. La définition devient même plus
compliquée à cause de leur caractère holistique et intégral. Il
n’existe pas de séparation entre le religieux (sacré) et le profane
(séculier). Leur influence couvre tous les aspects de la vie, à partir
d’avant la naissance d’une personne. Les RTA sont concernées par
la vie et comment la protéger et l’augmenter. De là la remarque :
pour l’Africain, la religion est littéralement la vie et la vie est la
religion.
Quiconque cherche une simple et précise définition de RTA
finira probablement par être déçu. Mais il est possible de trouver et
d’observer leur influence si quelqu’un sait où les trouver. La religion
traditionnelle africaine peut être comprise comme une culture car
on ne peut réussir à dissocier la culture de la religion africaine. La
religion africaine d’un peuple bien défini nous parle de ce qu’est ce
peuple. Religions Traditionnelles Africaines 2
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Elle nous révèle leur pensée, leurs croyances, les valeurs de leur vie
fortement liées à leurs sentiments et une explication du sens de leur vie.
On voit cette religion s’exprimer dans le vécu quotidien par des symboles,
des gestes, des objets, des rites, des cérémonies, des mythes, leur langue,
leur musique, leurs danses et même leur manière de s’habiller. L’ensemble
de tout cela devient leur identité et ça leur donne un sens d’appartenance.
C’est ce qui les édifie et le modèle comme un peuple particulier. C’est une
structure enracinée dans leur existence. Cette religion est à la base de tout
: la fertilité humaine, animale et même la production maraîchère, le
voyage, la maladie, le mariage, la chasse, l’abatage d’arbres, la
construction d’une case, quand survient la mort, etc.
En outre, une autre importance de la connaissance des RTA est de
mieux pouvoir partager et communiquer les valeurs de l’évangile à partir
de ce que sont les gens. Quelqu’un peut soulever l’argument selon lequel
les RTA ne sont plus les mêmes aujourd’hui comme par le passé à cause
du syncrétisme religieux actuel.
Religions Traditionnelles Africaines 3
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Ceci peut être vrai, mais superficiellement, en ce sens que la
structure d’une société ne change pas si vite. Il est vrai que le
contenu de la structure peut changer, mais ce qui est fondamental,
la structure, reste longtemps. Si la structure est complètement
chargée, les peuples perdent leur identité, leurs valeurs et le sens de
la vie. A la fin ils ne savent plus ce qu’ils ont. L’étude des RTA se
révèle très nécessaire pour mieux évangéliser un peuple africain car
elle donne une méthode qui convient à leur logique de pensée.
Une autre importance de l’étude des RTA c’est celle de
l’histoire. Il est bon de connaître d’où nous sommes venus et cela
nous aide à comprendre où sommes aujourd’hui et où nous allons.
L’histoire nous aide à lire les signes de temps, à être plus attentifs et
vigilant aux changements de ce monde. Elle nous aide à mieux
répondre aux interpellations du monde présent et à vivre
convenablement notre vocation.
Religions Traditionnelles Africaines 4
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
La notion de religions traditionnelles africaines concerne
l'ensemble des religions pratiquées en Afrique subsaharienne qui
préexistent aux religions abrahamiques importées, christianisme et
islam. Le cadre religieux du continent africain est d'une grande richesse
qui correspond à la variété des cultures du continent. Les religions
africaines traditionnelles ont en commun la croyance en un Dieu
unique, le culte des ancêtres et des esprits, la croyance en la
réincarnation, un aspect initiatique et, souvent, le matriarcat et
l'impartialité de Dieu.
IV.2 Description du fait religieux
La grande majorité des écrits concernant les religions
traditionnelles africaines (RTA) sont le fait des Européens qui, lorsqu'ils
y sont confrontés, emploient les termes péjoratifs d'« animisme », de «
paganisme », de « fétichisme » ou de « vaudou » pour les décrire, les
considérant comme une forme très inférieure de religion, voire même
lui déniant cette appellation. Religions Traditionnelles Africaines 5
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
La majeure partie des études sont en effet comparatives, mettant
l'accent sur les différences avec le christianisme et traitant ces
différences comme des carences ou des infériorités. Il faut attendre les
années 1960 pour que le sujet soit étudié par les universitaires
africains et occidentaux et 1965 pour que le terme même de «
religion(s) traditionnelle(s) africaine(s) » apparaisse afin de désigner un
sujet d'études académiques.
Ainsi le terme « fétiche » — venant du portugais du XVe siècle —,
qui sert à désigner les objets de culte des religions traditionnelles,
connote la notion d'artificiel, de magique et de grossier. Cette
connotation négative persiste, au moins, jusqu'au début du XXe siècle ;
ainsi, David Livingstone, dans ses relations de voyage datées de 1859,
écrit, à propos d'un « fétiche », qu'il s’agit de l'« image grossière d'une
tête humaine […] barbouillée de certaines substances enchantées» et le
Grand Larousse du XIXe siècle, dans sa définition du mot « fétiche »,
utilise l'expression « culte grossier des objets matériels ».
Religions Traditionnelles Africaines 6
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les RTA, à l'instar d'autres religions considérées comme «
primitives », ont souvent été aussi qualifiées de totémistes. Pour son
aspect social, le totémisme est le moyen de la reconnaissance mutuelle
des membres d'un groupe, typiquement un clan. Pour son aspect
religieux, le totémisme est la forme « première de religion » créée par la
société humaine. Le totem étant l'objet des rites qui matérialisent les
croyances, le totémisme est considéré par certains comme un système
religieux à part entière. En 1962, le concept même de totémisme est
cependant fortement critiqué par Claude Lévi-Strauss, qui l'accuse d'être
une « invention » anthropologique.
L'idée que les RTA sont monothéistes se trouve déjà dans la
Doctrina Christiana, un livre datant de la fin du XVe siècle, grâce à des
missionnaires espagnols qui avaient exploré la côte de l'actuelle
République du Bénin. Au début du XXe siècle, l'ethnologue français
Marcel Griaule définit le fond et la forme du sentiment religieux africain
comme un « système de relations entre le monde visible des hommes et
le monde invisible régi par un Créateur, en général bienveillant,
Religions Traditionnelles Africaines 7
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
et des puissances qui, sous des noms divers et tout en étant des
manifestations de ce Dieu unique, sont spécialisées dans des fonctions de
toutes sortes », d’où des pratiques visant à invoquer la médiation des
puissances intermédiaires (ancêtres, génies, esprits).
Les religions traditionnelles africaines sont donc considérées comme
monothéistes, caractérisées par la croyance en un Dieu suprême créateur
de toutes choses, mais qu'on n'invoque pas, et dont les manifestations
sont nombreuses en formes.
La distinction entre sacré et profane n'existe pas dans une culture
africaine profondément imprégnée de la religion traditionnelle africaine
car les ancêtres et les morts, « forces spirituelles, participent
fondamentalement à la réussite ou à l’échec des entreprises humaines». On
trouve donc des rites centrés autour des représentations matérielles des
forces spirituelles susceptibles d'intervenir dans le monde humain et,
notamment, les masques et les statues (les idoles ou fétiches dans
l'acception désormais dépassée) qui fascinèrent (et fascinent encore) les
Religions Traditionnelles Africaines 8
occidentaux. Ils sont destinés à invoquer ces forces spirituelles.
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
IV.3 Cosmogonie et récits cosmogoniques
Le point commun des RTA, outre le monothéisme, est l'existence d'un
modèle cosmogonique en trois parties dans lequel le monde des Hommes est
au milieu entre le ciel, appartenant à Dieu et où résident les déités mineures,
et la Terre, y compris le monde souterrain, où résident les ancêtres et les
esprits. Les frontières entre les mondes sont poreuses et les activités dans
l'un rejaillissent sur l'autre. La cosmologie africaine dépeint l'univers comme
fluide et mouvant et utilise la distinction entre le « visible », relatif aux
activités des hommes, et l'« invisible » propres aux forces qui agissent dans
notre monde humain, c'est le « système de relations » décrit par Griaule.
Les récits cosmogoniques qui racontent la création du monde sont nombreux
en Afrique, souvent propres à un peuple ou une ethnie, racontant souvent de
plusieurs manières ce qui est censé être un même événement. Ils sont aussi
des mythes fondateurs mêlant l'histoire et la religion. En effet, s'ils
racontent la création du monde (cosmogénie), ils relatent aussi l'histoire
subséquente des Hommes et la manière dont s'est instauré l'ordre social dont
celui des clans et des castes,
Religions Traditionnelles Africaines 9
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
cet aspect reposant parfois sur un fondement historique « authentique », ce
qu'on peut vérifier par recoupement. La principale caractéristique des
mythes cosmogoniques est l'accent mis sur le temps cyclique, où les
événements se répètent, le cosmos étant censé accomplir un cycle puis
enchaîner de nouveau, après « régénération », un cycle semblable, ce qui
ressemble donc au cycle des saisons, à la différence du temps linéaire où
l'histoire avance, progresse. L'autre caractéristique est que la transmission
orale des mythes ne cherche pas à préserver un contenu, un « corpus » figé
relevant du texte sacré qu'on répéterait au mot près, mais adapte le récit
au temps présent, au lieu et aux conditions du moment.
En ce domaine du récit, on distingue classiquement le mythe, où
intervient le divin, de la légende et du conte, relevant de la littérature.
Mais, en Afrique subsaharienne, l'absence de différence entre sacré et
profane fait que l'histoire, les mythes, les légendes et les contes,
intimement liés, sont plus difficilement dissociables ;

Religions Traditionnelles Africaines 10


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
les parties « ésotériques » propres aux mythes et les récits « édifiants »
propres aux contes ne se distinguent parfois pas, et le mythe n'a de sens
que relativement à une réalité sociale donnée, c'est le fondement de la «
tradition orale africaine » dans laquelle le conte véhicule une morale
sociale, qu'on enseigne le soir à la veillée, dont l'origine et la justification
proviennent d'un mythe fondateur sous-jacent ; si le conte véhicule une
morale, c'est que le fondement de la religion traditionnelle est d'assurer un
équilibre cosmique, naturel et social, il est donc indissociable de son
fondement religieux.

IV.4 Doctrine

Dans une cosmogonie dont le temps est cyclique, la mort n'est


qu'une interruption provisoire de l'existence : « le culte des ancêtres
immortels, la croyance en la réincarnation, la certitude que la mort n'est
jamais une destruction intégrale ou définitive, l'initiation qui est avant
tout renaissance collective et symbolique, n'ont pas d'autre sens » que de
célébrer la vie et de relativiser la mort. Religions Traditionnelles Africaines 11
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Cela est basé sur la conception de l’au-delà où le mort passe dans un
monde meilleur. Il faut souligner ici la doctrine catholico-protestante de
l’état conscient des morts qui peuvent prier pour les vivants.
De cette cosmogonie découle aussi une doctrine dans laquelle
l'Homme n'est pas victime d'un péché originel ni n'est pêcheur dans la vie
courante ; en corollaire, il n'est donc pas non plus angoissé par la mort ni
par le souci d'un salut individuel. La religion traditionnelle « ne présente
pas une conception de l’homme constitué d’une âme et d’un corps, selon
la tradition aristotélicienne, mais elle le représente comme composé de
multiples principes. » La préoccupation majeure de la religion
traditionnelle africaine est de préserver l'équilibre du cosmos. Dans une
logique de temps cyclique, d'interpénétration entre les mondes et dans sa
traduction purement matérielle, « l’ordre cosmique c’est, par exemple, la
succession normale des saisons, le maintien de l’équilibre entre les forces
adverses, l’absence de tremblements de terre, de sécheresses,
d’inondations, d’épidémies… ».
Religions Traditionnelles Africaines 12
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Préserver l'ordre cosmique et donc social consiste notamment à
éviter de heurter et à honorer les esprits des ancêtres. En effet, si les
mythes de la création mettent souvent en scène des déités « secondaires »
décrites souvent comme fils ou filles du Dieu créateur, et qui s'occupent
des affaires des Hommes, l'aspect clé des religions traditionnelles est le
culte des ancêtres, plus important que celui des déités secondaires.

VI.5 Ancêtres, esprits


Le culte des ancêtres, élément-clé de la pensée religieuse africaine
traditionnelle, n'est pas simplement un culte des morts, consistant à
honorer les défunts, il « suppose que les morts exercent une véritable
emprise sur les vivants ». Le monde des ancêtres est peuplé par les esprits
des morts, mais on ne rejoint le monde des ancêtres que dans certaines
conditions particulières, notamment de qualités morales et d'âge; tous les
morts ne deviennent pas des ancêtres, « la mort ne suffit […] pas à
transformer automatiquement un défunt en ancêtre.
Religions Traditionnelles Africaines 13
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Cette transformation est le résultat d’un processus d’« ancestralisation »
auquel participent au premier chef les rites funéraires. »
Il existe partout l'idée qu'une mort « infamante », par exemple
mourir de la lèpre, ne permet pas d'accéder au statut d'ancêtre ; de
même lorsqu'on meurt jeune ou que la vie du défunt n'a pas été morale
au sens social du terme. En réalité peu d'entre eux sont invoqués par
leurs descendants. Les rites qui permettent au défunt de devenir un
esprit ancêtre sont parfois complexes et s'étendent souvent sur une
longue durée, un an au moins dans le culte des crânes des Bamiléké du
Cameroun par exemple. Le deuil et « l'ancestralisation » sont avant tout
des rites sociaux, auxquels participe la communauté. Le processus
d'ancestralisation permet d'ancrer l'Homme dans son clan ou son
lignage, parfois en remontant jusqu'au Dieu primordial; il était ainsi de
coutume, chez les Fang du Gabon, d'exposer son ascendance
patrilinéaire jusqu'à Dieu.
Religions Traditionnelles Africaines 14
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
On entre en contact volontaire avec les ancêtres par les prières,
les offrandes et les sacrifices, ce qui se pratique notamment au
moment des rites de passage, lorsqu'on donne son nom à un enfant, au
moment de la puberté, du mariage et de la mort. Réciproquement, le
concept d'interaction, qui veut que les habitants de l'un des mondes
peuvent s'adresser aux habitant de l'autre, fait que, si l'on peut donc
invoquer les ancêtres, ces derniers peuvent aussi se manifester dans le
monde des vivants, en général sous forme d'événements naturels ou en
s'incarnant dans les vivants. Lorsque cette interaction est négative,
maladie, trouble social… c'est un signe de mécontentement des esprits
ancestraux.
En corollaire, il en découle que le monde des ancêtres est évolutif
et ne constitue pas une référence figée à tout jamais. L'idée de
l'univers fluide et mouvant tient entre autres au fait que le monde des
esprits évolue en interaction avec celui des vivants, notamment par ce
processus d'ancestralisation. Religions Traditionnelles Africaines 15
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Le monde des ancêtres est d'ailleurs souvent décrit comme
ressemblant, en miroir, à celui des vivants, quoique parfois un peu plus
beau ou prospère. Ainsi, au Kenya, la structure sociale des Kikuyus est-
elle le reflet du monde des ancêtres, qu’ils appellent Ngomas, et parmi
lesquels figurent les Ngomas cia aciari, ou ancêtres immédiats.
Ce culte des ancêtres explique aussi le respect accordé aux « vieux
» dans la culture africaine traditionnelle (et encore aujourd'hui) : « ceux
qui sont très vieux se trouvent assimilés aux ancêtres qu'ils vont
bientôt retrouver. Expérience qui donne le savoir, discernement, équité,
abnégation, sang-froid font du vieillard l'arbitre par excellence. »

IV.6 Le culte et les rites


Le culte doit principalement régénérer la force vitale pour
obtenir santé, enfants, bonnes récoltes, etc. La prière, les
sacrifices, et les danses sacrées sont les principales formes de
culte. Religions Traditionnelles Africaines 16
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
le monde des hommes et celui des Ancêtres ; purificatoires, ils nettoient
l'individu des souillures des fautes et des interdits ; enfin, rites de
passage, ils servent à initier, à préserver et à placer tout individu dans
une fonction nouvelle. Dans la représentation rituelle, culte et esprit
ludique, temps mystique et extase, monde naturel et surnaturel se
rencontrent et atteignent la perfection.
Au sein des tribus, le roi fait également office de grand prêtre. Le
maitre spirituel, grand initié, se tient au côté du souverain. Il est chargé
d'un rôle prépondérant, à la fois annonciateur de la pluie et guérisseur qui
utilise souvent les reliques ancestrales.
En ce qui concerne les lieux de culte, on a souvent du mal à les distinguer
des lieux de vie, car en Afrique, le sacré et le profane ne sont pas
délimités. Dans bien des cas cependant, des formes de culte sont
célébrées dans des bois sacrés. Il existe également des sites, ou des
temples, dans lesquels sont vénérés les ancêtres. De plus, les habitations
des prêtres servent souvent de lieux de culte.
Religions Traditionnelles Africaines 17
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les sacrifices ont quatre fonctions précises : divinatoires, ils veulent
interpréter un acte passé ; identitaires, ils aident à établir des liaisons
entre le monde des hommes et celui des Ancêtres ; purificatoires, ils
nettoient l'individu des souillures des fautes et des interdits ; enfin, rites
de passage, ils servent à initier, à préserver et à placer tout individu dans
une fonction nouvelle. Dans la représentation rituelle, culte et esprit
ludique, temps mystique et extase, monde naturel et surnaturel se
rencontrent et atteignent la perfection.
Au sein des tribus, le roi fait également office de grand prêtre. Le
maitre spirituel, grand initié, se tient au côté du souverain. Il est chargé
d'un rôle prépondérant, à la fois annonciateur de la pluie et guérisseur qui
utilise souvent les reliques ancestrales. En ce qui concerne les lieux de
culte, on a souvent du mal à les distinguer des lieux de vie, car en Afrique,
le sacré et le profane ne sont pas délimités. Dans bien des cas cependant,
des formes de culte sont célébrées dans des bois sacrés. Il existe également
des sites, ou des temples, dans lesquels sont vénérés les ancêtres.
Religions Traditionnelles Africaines 18
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
De plus, les habitations des prêtres servent souvent de lieux de culte.
Enfin, des pierres, consacrées aux ancêtres et vénérées comme « pierre de
la pluie », établissent un contact avec les ancêtres, et donc avec les forces «
atmosphériques ».
La danse rituelle est surtout une danse « masquée » (on appelle à
juste titre l'Afrique « le continent des masques »). En effet, les masques et
la danse, par la fusion des couleurs et des costumes, de la musique et du
rythme, représentent l'élément rituel et vital par excellence : le masque,
s'il sert à cacher le visage, sert aussi à représenter un autre être, différent
de celui qui le porte. C’est être peut représenter tour à tour une force
naturelle d'origine divine, un guérisseur ou un esprit, un ancêtre qui
revient pour bénir ou pour punir, un esprit de la mort ou de la forêt.

IV.7 Exemples de traditions religieuses en Afrique subsaharienne


En dépit des différences entre les religions africaines, il est possible
de distinguer quelques éléments communs à différentes traditions
religieuses, considérées comme animistes monothéistes. Religions Traditionnelles Africaines 19
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
En premier lieu, ces religions reposent sur la croyance en un seul
Dieu défini comme l’Être suprême. Après avoir créé le monde, ce dieu-
créateur se retire et intervient rarement dans les affaires humaines. Il est
le garant de l’ordre établi des choses.
À la mort d'un être humain, le corps reste sur terre, tandis que l'âme
rejoint le monde invisible. Selon le degré de bonnes ou mauvaises actions
qu'il a accompli sur terre, il pourra soit se réincarner pour se parfaire
toujours plus, jusqu'à rejoindre les ancêtres vivant au sein de Dieu, quand
son âme sera jugée suffisamment pure pour cela, soit subir une seconde
mort, où l'âme, trop souillée par les péchés, est envoyé dans le magma des
mauvaises âmes détruites. L’Être suprême est rarement l’objet d’une
vénération ou d’un culte. Par exemple, Ngaï, le dieu kikuyu (Kenya), est
censé s’être retiré sur le sommet du Mont Kenya, où il ne prend aucune
part active aux vicissitudes de ses créatures. Cependant, les Kikuyus
tournent toujours le visage en direction de la montagne lorsqu’ils prient,
en témoignage de respect.
Religions Traditionnelles Africaines 20
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les peuples africains sont tous monothéistes dans leurs religions
traditionnelles et chaque religion a son nom pour désigner Dieu, Amma
pour les Dogons, Engaï pour les Maasaï, Roog pour les Sérères, Maa Ngala
pour les Mandingues, Gueno pour les Peuls, Nzambi a Mpungu pour les
Kongo, Olodumare pour les Yoruba, Nyame pour les Akans, etc.
L’Être suprême est la figure la plus importante de toute une série
d’êtres spirituels qui agissent en tant que médiateurs entre l’Être suprême
et les humains. Les divers esprits sont très importants, car Dieu est perçu
comme trop lointain. C’est vers ces esprits que les croyants se tournent
pour formuler leurs demandes. Il existe deux sortes d’esprits : ceux qui ne
sont pas d’origine humaine et ceux qui, après avoir été des humains, sont
devenus des « esprits ancestraux ». Les esprits ne sont qu'hypostase, ils
représentent les multiples facettes de la création de Dieu, à la fois unique
et pluriel par ses actions, sa création, etc.
Les esprits d’origine non humaine sont souvent en rapport avec des
lieux naturels. Par exemple, les esprits des bois ou les esprits de la mer.
Religions Traditionnelles Africaines 21
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Au Kenya, l’un des esprits les plus actifs et les plus proches, pour les Luo,
est Mumbo, l’esprit du Lac Victoria sur les rives duquel habitent les Luos.
Chez les Dogons, au Mali, l’esprit de l’eau, Nommo, est considéré comme
le père de l’humanité, celui qui a enseigné aux hommes l’art de la parole.

IV.8 Les esprits de la nature


Les esprits de la nature n’ont pas une personnalité bien définie. Ils
sont les gardiens du territoire sur lequel vit une population donnée et
avec laquelle ils établissent des relations sociales complexes. D’autres
esprits sont identifiés avec des phénomènes naturels, comme l’esprit du
tonnerre, l’esprit du vent, l’esprit de la tempête, de la pluie, et ainsi de
suite. Toutes ces entités spirituelles sont des êtres créés par Dieu et plus
puissantes que les êtres humains (djin dans l'islam). Elles peuvent être
bonnes ou mauvaises ou même avoir une nature ambivalente. Dans
certains cas elles sont amicales et bien disposées envers les humains ;
mais dans d’autres cas elles peuvent se montrer hostiles.
Religions Traditionnelles Africaines 22
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Certaines interviennent rarement, d’autres sont omniprésentes dans
la vie quotidienne. Certaines voyagent beaucoup, d’autres sont
sédentaires. Chacune de ces entités occupe une place bien définie sur une
échelle hiérarchique et leurs relations entre elles et avec les humains sont
codifiées selon cette position hiérarchique. Certains esprits entrent en
contact avec les hommes à l’occasion d’états de transe ou de possession.
Quelquefois, des familles entières d’esprits s’emparent périodiquement
d’une personne et lui dictent son action pour le bien du clan ou de la
communauté tout entière. On trouve de telles situations avec les esprits
Bori chez les Haoussas du Niger ou les esprits Bisimba chez les Zélas du
Zaïre.
IV.9 Situation contemporaine
Les adeptes de ces religions seraient entre 100 et 200 millions, ce
qui représenterait, même dans l'hypothèse basse, 70 % des adeptes des
religions dites « traditionnelles » dans le monde et 12 % de la population
africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % musulmans.
Religions Traditionnelles Africaines 23
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces
pratiques religieuses qui amènent certains auteurs à envisager un
particularisme africain.
Les pratiques religieuses dites « traditionnelles africaines » se
maintiennent principalement sous forme de syncrétismes avec les
religions importées. De nos jours, une grande partie des Africains
sont musulmans ou chrétiens, mais leurs pratiques sont largement
influencées par les pratiques et croyances traditionnelles, à tel
point que l'Afrique subsaharienne a inventé l'aphorisme « 50 %
chrétien, 50 % musulman, 100 % animiste ».
Il existe des communautés vaudous, qui ne pratiquent pas de
syncrétisme, en Haïti et au Brésil. Le courant kémite aux États-
Unis, terme qui selon les afrocentristes signifie la terre des Noirs,
revendique d'être issu de la religion égyptienne antique.
Religions Traditionnelles Africaines 24
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
IV.10. UNE OU PLUSIEURS RELIGIONS AFRICAINES ?
Il existe deux options. La première soutient qu’il existe plusieurs
religions africaines. La raison avancée est que ces religions sont tribales ou
claniques et sont donc aussi nombreuses que les tribus ou les clans. Une
deuxième option est qu’il existe une religion africaine dont les croyances
essentielles (au sujet de l’être suprême, l’homme, l’univers, la vie, la mort et
la vie après la mort, etc) sont comparables dans leurs thèmes principaux,
même s’il y a beaucoup de différences entre les places particulières. Pour
cette deuxième opinion, les similarités sont plus importantes que les
différences.
IV.10.1. Une RTA en comparaison avec une religion étrangère
Les croyances et les pratiques des RTA sont basées sur la foi de
l’ancien peuple indigène (ancêtres). C’est pourquoi elles sont qualifiées de
traditionnelles (du verbe latin tradere = donner les doctrines, les coutumes,
etc. ; de génération à génération) en comparaison à d’autres religions, e.g.
Christianisme ou Islam, qui sont considérées comme étrangères aussi
longtemps que leurs doctrines et pratiques sont en provenance de l’extérieur
de l’Afrique. Religions Traditionnelles Africaines 25
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
IV.10.2. Statistiques et distribution géographique des adeptes des RTA
Ils ont présentement autour de 20% de la population totale de
l’Afrique estimée, elle, à 70 millions. Ce pourcentage est entrain de
décroître depuis l’entrée de l’Islam et surtout du christianisme au début du
20e siècle. Ci-dessous, quelques statistiques de certains pays africains.
1. De 50% à plus : Bénin, Botswana, Burkina Faso, République
centrafricaine, Guinée Bissau, Côte d’ivoire, Kenya, Libéria, Ile Maurice,
Mozambique, Swaziland, Togo, Zambie, Zimbabwe.
2. De 30 à 40% : Burundi, Cameroun, Tchad, Congo Brazzaville,
République Démocratique du Congo, Gabon, Ghana, Madagascar, Malawi,
mali, Namibie, Rwanda, Sierra Leone, République Sud-africaine,
Tanzanie et Uganda.
3. De 10 à 20% Angola, Gambie, Guinée, Lesotho, Niger, Nigeria, Sao Tomé
et Soudan.
4. Moins de 10% : cap vert, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Guinée
équatoriale, Sénégal, Seychelles et somalie.
Religions Traditionnelles Africaines 26
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Cependant, l’influence des RTA va au-delà de ces statistiques. Les
croyances et les valeurs morales des RTA continue à influencer,
consciemment ou inconsciemment, plusieurs chrétiens et musulmans.
Bien plus, beaucoup de nouveaux mouvements religieux actuels ont pris
des valeurs morales et les croyances des RTA. Léopold Sédar Senghor,
réfléchissant sur cette situation religieuse ambiguë de ces contemporains
africains, a dit qu’il préférait en parler comme des religions-symbioses,
par conséquent un enrichissement religieux, plus qu’un syncrétisme
religieux, un concept qu’il trouva insignifiant dans un contexte religieux
purement africain.
IV.10.3. Principales croyances des RTA

Comme souligné tantôt, chaque population a développé sa religion


spécifique qui fait partie intégrale de son héritage culturel. On peut donc
dire qu’il y a autant de religions africaines traditionnelles qu’il y a des
peuples africains. Le prosélytisme religieux est donc presque inexistant
car les membres de famille appartiennent à leurReligions
[Link] Africaines 27
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Cela reste difficile de suivre l’expansion géographique et qui
permette de voir cette évolution. On peut souligner que le terme «
traditionnel » est utilisé pour différencier ces religions d’origine africaines
des grandes religions importées, comme l’Islam ou le christianisme, qui,
au fil des années ont attiré une grande partie de la population.
On ne peut parler de religion traditionnelle africaine sans parler
d’organisation sociale et donc de(s) :
1. Relations entre les jeunes et les anciens
2. Relations avec la nature,
3. Relations entre les sexes,
4. Perception de la maladie,
5. L’acceptation de la mort, etc.
En l’absence des textes religieux comparables à la Bible et au Coran,
la tradition religieuse dépend généralement des membres les plus âgés de
la communauté et se transmettent oralement, le plus souvent sous forme
de courtes phrases et des proverbes. Parmi les croyances principales, il
faudra retenir : Religions Traditionnelles Africaines 28
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
1. L’être suprême
1. Le Dieu-créateur à peu près identique dans toutes les religions
africaines.
2. Après avoir créé le monde il s’en est désintéressé et intervient
rarement dans les affaires des hommes.
3. Garant de l’ordre établi des choses sans y prendre intérêt. Ex. L’être
suprême est rarement l’objet d’une vénération ou d’un culte. Ngai, le
Dieu du peuple Kikuyu, un peuple qui vit au Kenya, est sensé s’être
retiré sur le sommet du Mont Kenya, où il ne prend aucune part active
aux vicissitudes de ses créatures. Cependant, les Kikuyus tournent
toujours le visage en direction de la montagne lorsqu’ils prient, en
témoignage de respect
4. Le Dieu-créateur est la fois bon et méchant : le peuple le craint car ses
rares actions peuvent être violentes, mais le peuple est aussi plein de
gratitude pour sa générosité
5. L’être suprême est la figure la plus importante de toute une série
d’êtres spirituels qui agissent en tant que médiateurs entre l’être
suprême et les humains. Religions Traditionnelles Africaines 29
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
2. Les esprits de la nature (non humains : bons et mauvais)

1. Ils n’ont pas de personnalité bien définie (divinités secondaires)


2. Sont les gardiens d’un territoire sur lequel vit une population donnée
3. Sont des intermédiaires entre les hommes et l’Etre Suprême très
éloigné de l’homme
4. Sont des fois identifiés avec les phénomènes naturels : tonnerre, vent,
tempête, pluie, tremblement de terre, abondance, fertilité, guerre,
chasse, voyage (rat strié), etc.
5. Certains interviennent rarement, d’autres sont permanents dans la vie
journalière (amulettes, gris-gris)
6. Les uns voyagent beaucoup, d’autres sont sédentaires
7. Certains esprits entrent en contact avec les hommes à l’occasion
d’états de possession ou de transe (peur, angoisse criante, anxiété,
détresse).
8. De fois c’est un groupe d’esprits qui dictent leur volonté à un clan à
travers une personne qu’ils possèdent périodiquement
Religions Traditionnelles Africaines 30
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
3. Les esprits des ancêtres

a. Les ancêtres appartiennent à la deuxième catégorie d’esprits :


esprits humains
b. Le mort devient esprit à travers divers rites qui l’accompagnent
dans l’au-delà pour ainsi assumer une nouvelle vie.
c. Dans toutes les sociétés africaines, les liens entre les vivants et
les morts sont très forts. Il faut toujours respecter les morts et
les apaiser par diverses offrandes
d. Ils font la médiation entre les vivants et le monde spirituel

Religions Traditionnelles Africaines 31


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
IV.10.4. FUTUR DES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES

Malgré la baisse du nombre d’adeptes des RTA mentionnés ci-haut, il


semble qu’il y a des raisons pour conclure que les RTA vont continuer
d’être des églises vivantes dans plusieurs années à venir. Voici les raisons
soulignées :
1. Les RTA continue d’être une source d’inspiration, de direction et de
sécurité pour la vie des Africains, y compris les adeptes des autres
églises bien établies
2. Pendant ces dernières années, il y a un réveil dans la pratique des
RTA dans différentes parties de l’Afrique
3. Aujourd’hui, alors que l’esprit d’intolérance religieuse et
l’exclusivisme sont entrain d’être remplacé lentement par l’esprit de
tolérance inter-religion, dialogue et respect mutuel, les RTA sont
aussi entrain de trouver lentement leur place dans l’orchestre des
religions mondiales.
Religions Traditionnelles Africaines 32
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Leurs vraies valeurs spirituelles et morales à retenir :
1. Profond sens du sacré,
2. L’existence de Dieu le créateur et du monde spirituel,
3. L’importance de la vie familiale, l’amour et le respect de la vie,
4. Le sens de solidarité et de la vie communautaire, etc., sont reconnus
comme faisant part du patrimoine religieux et moral de l’humanité
par l’Africain
5. Cette atmosphère de tolérance et de respect a donné la confiance et
l’estime de soi aux adeptes des RTA. Beaucoup ne sont plus
décontenancés par le fait d’appartenir aux RTA comme c’était dans
le passé. Ils sont content d’être les héritiers des RTA et considèrent
cela comme un droit et un devoir de le perpétuer aux générations
futures.

Religions Traditionnelles Africaines 33


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES 1
LES ADVENTISTES ET LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
La religion traditionnelle africaine (ci-après dénommée RTA) est la
religion indigène du peuple africain. RTA reflète la pensée et la perception
de la réalité en relation avec la compréhension africaine du surnaturel. Il
exprime les croyances et les pratiques qui régulent la mentalité et les visions
de la cosmologie africaine dont la vision du monde situe la place d’un
individu dans l’univers plus large. De plus, RTA représente la totalité de la
façon dont les gens vivent au sein de l'interaction des personnes, des
événements, des objets et des phénomènes naturels.
« Les Africains sont notoirement religieux. » RTA imprègne tous les
aspects d’un homme et d’une femme africains traditionnels pour dans la
mesure où il n’est pas possible de séparer la vie de la religion, ou la religion
de la vie. Mbiti commente que parce que
ATR imprègne tous les aspects de la vie, il existe peu de distinction entre le
sacré et le profane. En fait, c'est peut-être la raison pour laquelle les langues
africaines n’ont pas de mot pour « religion ».
1. Nehemiah M. Nyaundi, Ph.D. in religion (Lund University, Sweden), is a professor of religion at the University of Eastern Africa, Baraton. Nyaundi is an ordained
minister of the Seventh-day Adventist Church. He has authored three published books and several articles. He is married to Alice and they have three adult children
Religions Traditionnelles Africaines 34
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les études religieuses classent RTA parmi les religions primitives,
fondamentales et pré-scientifiques. Ce sont des religions dont le
personnage brouille la religion et la culture, les rendant impossibles à
distinguer. ATR n’a pas de credo formel. Plutôt, la RTA est issu d’un milieu
analphabète qui transmet ses croyances oralement de père en fils et de
mère en fille. En conséquence, la RTA n’a aucun livre écrit.
Le caractère de la RTA

La RTA est une ancienne religion mondiale dont l'origine reste largement
incertaine. Il n'a pas de fondateur connu ni de date quant à quand il est né.
On pense que l’ATR a évolué tout au long de l’existence du peuple africain.
La religion peut provenir de la crainte et de la vénération qu'ils
ressentaient en réponse aux événements et aux circonstances dans la
nature. Les résultats de la RTA ont peut-être été l'une des nombreuses
choses qui ont étonné les Romains qui, au cours de leur temps ont
commenté Ex Africa semperaliquidnovi (du latin « hors d'Afrique, toujours
quelque chose de nouveau »).
Religions Traditionnelles Africaines 35
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Une opinion conclut que c'est le sentiment intérieur des événements
naturels qui a créé chez l'Africain la croyance en l'existence d'un élément
surnaturel qui contrôle les phénomènes que les humains ne peuvent pas
contrôler. L’opinion chrétienne attribue cette conscience à la révélation
naturelle (Rom. 1:19-21).
L'ATR est une religion communautaire, ce qui signifie qu'elle n'exige
pas la participation individuelle au culte tant qu'un membre le plus âgé
satisfait aux exigences religieuses. Si un père offre le sacrifice ou l'offrande
nécessaire, alors c'est considéré comme si toute sa famille avait commis cet
acte. Cela part du principe que ce qui concerne l'individu concerne aussi la
communauté dans son ensemble, et ce qui engage la communauté inclut
l'individu en tant que tel.
Mbiti exprime la relation ainsi : « Je suis, parce que nous sommes ; et
puisque nous sommes, donc je suis. » Cette expression démontre un fort
sentiment de communauté dans lequel, par exemple, un père accomplit les
tâches rituelles requises pour le compte de ses enfants, ou un chef pour ses
sujets. Cet aspect contraste avec la religion chrétienne qui exige un
engagement individuel envers Dieu Religions Traditionnelles Africaines 36
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
L’adventisme rencontre la religion traditionnelle africaine
La première station missionnaire adventiste parmi les Africains
autochtones a ouvert ses portes en 1894 à Solusi, au Zimbabwe. Par la suite
beaucoup de centres de mission surgirent dans diverses parties du continent.
Les missionnaires chrétiens sont venus dans le cadre de la politique coloniale
des 3Cs : Christianisme, Commerce et Colonisation.
Les missionnaires Adventistes du septième jour sont arrivés et se sont
installés de la même manière que les autres missionnaires chrétiens, en
particulier pendant ce qu'on appelle « l'ère des missions », une période
comprise entre 1800 et 1900 environ.
Les missionnaires connaissaient très peu de choses sur l’Afrique et les
Africains, et de même, les Africains en savaient encore moins sur les
étrangers, y compris la raison de leur venue. Les Africains considéraient les
missionnaires adventistes de la même manière comme tous les autres
missionnaires et, en général, tous des Blancs. Dès leur entrée, les
missionnaires chrétiens, utilisant des informations inexactes provenant de
voyageurs européens—considéraient l'ATR comme un système de croyance
qu'ils devaient conquérir. Religions Traditionnelles Africaines 37
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les chercheurs pensent que cette opinion trouve son origine dans des
opinions popularisées, entre autres, par des anthropologues, des ethnologues
et des sociologues européens. En 1867, le célèbre explorateur britannique Sir
Samuel Baker a lu un article adressé à la Société ethnologique de Londres sur
la religion des Dinka et des Nuer. Selon Baker, ces peuples n’avaient aucune
croyance en un être suprême ni aucune forme de culte ou d’idolâtrie. Il les a
décrits comme ayant des esprits aussi sombres et dépourvus même d’un
rayon de superstition. Mais Baker faisait simplement écho à l’opinion
populaire de l’époque, ce qui pousse Mbiti à dénoncer la manière dont la
religion africaine a fait l’objet de « mauvaises interprétations, fausses
déclarations et malentendus » tout au long de l’histoire.
Les missionnaires adventistes - en fait tous les missionnaires - ont abordé
l'ATR à partir d'une attitude européenne commune qui considérait les
religions autochtones considérées comme sauvages, païennes, sataniques et
animistes, entre autres termes négatifs. Les missionnaires
Avaient une mauvaise compréhension de l'ATR considérant cette religion
comme une non-religion.
Religions Traditionnelles Africaines 38
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Venant d'Europe, terre de majestueuse, les cathédrales et où les cloches des
églises sonnaient le dimanche matin, où le collier du prêtre était bien en vue,
et là où la version King James de la Bible gisait sur la chaire, les
missionnaires conclurent rapidement que l’ATR n’était pas une religion digne
de mention, car elle manquait de tels symboles et objets.
Cependant, comme nous le savons aujourd'hui, la vision missionnaire du
XIXe siècle sur l’ATR était grandement trompeuse. L’enseignement
adventiste du septième jour est apparu aux Africains comme une religion
étrangère dont ils ne comprenaient pas vraiment les prémisses. Les deux
religions s’opposent fortement, et c’est toujours le cas. De plus, il n’est pas
exagéré de suggérer que l’ATR est en fait toujours vivante et forte malgré
plus de 200 ans d’assaut missionnaire contre elle. Nous n’avons aucune
preuve indiquant que la relation a changé de manière significative depuis
lors.

Religions Traditionnelles Africaines 39


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
L’enseignement adventiste à la lumière des croyances religieuses
traditionnelles africaines
Les missionnaires adventistes pionniers acceptèrent une vision biaisée
de l’ATR et cherchèrent à socialiser leurs convertis pour en faire une
mentalité profondément hostile à l’ATR. Malheureusement, ne comprenant
pas pleinement les enseignements de la nouvelle religion, les convertis
adventistes se sont vite rendu compte que les croyances traditionnelles
étaient plus pertinentes dans leur expérience quotidienne que ce que l’on
croyait. Ils ont compris la nouvelle religion. Le plus souvent, les convertis
revenaient aux méthodes traditionnelles de faire face à des préoccupations
existentielles.
Ils ont eu du mal à relier ces nouvelles croyances à leur vie dans un
village africain où la religion traditionnelle était imprégnée toute leur vie. En
raison de la communauté d'ATR, les cérémonies et rituels célébrés dans le
village incluaient le converti en vertu du droit de naissance. Les villageois
qui ne s'étaient pas convertis n'ont pas exclu leurs proches qui avaient
abandonné les rituels. Bien souvent, les convertis revenaient facilement pour
participer aux rituels, car des tabous qu'entraînent de telles pratiques.
Religions Traditionnelles Africaines 40
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Les missionnaires ont fini par reconnaître que la société traditionnelle
avait était plus attrayante pour leurs convertis, car même après la
conversion et le baptême, ils sont tôt ou tard revenus aux croyances
traditionnelles.
Conscients du problème, les missionnaires cherchèrent à le
résoudre. Une solution consistait à établir une mission-village où seuls les
convertis étaient autorisés à s'installer. Les colonies « réservées aux
convertis » leur permettaient de vivre sans interférence avec le mode de
vie traditionnel du village. Lorsque les convertis entraient dans le village
missionnaire, ils recevaient un nouveau nom chrétien qui visait à
inculquer une nouvelle identité personnelle. L'innovation a aidé, car dans
le règlement, le croyant le plus fort renforçait le plus faible, ainsi que le
fait que les convertis étaient à proximité du missionnaire. Le village
missionnaire a créé une tribu au sein d’une tribu alors que les nouveaux
enseignements façonnaient une nouvelle culture. Une fois dans la colonie,
le converti a progressé à travers les rigueurs des 3R alors célèbres : lire,
écrire et arithmétique. Religions Traditionnelles Africaines 41
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Une telle approche mettant l’accent sur l’alphabétisation représentait un
changement radical de paradigme de transformation et de changement pour
le converti. Le missionnaire Spencer G. Maxwell raconte son expérience dans
son livre I Loved Africa.
L'interaction entre les missionnaires et les nationaux a pris un certain
temps avant que l'on commence à comprendre l’autre. La tension qui s’est
atténuée avec le temps a caractérisé la première étape. Les missionnaires
trouvèrent à leur stupéfaction que les Africains vénèrent réellement le même
etre surnaturel qu’eux. La différence était qu’alors que les missionnaires
croyaient en un Dieu unique, les Africains croyaient en un seul Etre
surnaturel qui est le créateur, mais aussi celui qui a besoin d'assistants
appelés divinités, comme un dieu de la pluie, un dieu de la récolte, un dieu
de la fertilité, etc. Une illustration appropriée de la conception africaine peut
être trouvée dans l'interaction entre Akunna et un chrétien missionnaire
dans le roman de Chinua Achebe. Dans la conversation, Akunna dit à Brown ;
« Tu dis qu'il y en a un Dieu suprême qui a créé le ciel et la terre.

Religions Traditionnelles Africaines 42


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
Nous croyons aussi en lui et l'appelons Chukwu. Il a fait tout le monde et
d’autres dieux. » Dans l’histoire, le missionnaire s’oppose à l’existence d’«
autres dieux », mais il accepte immédiatement que Chukwu [un nom igbo du
surnaturel] est le seul Dieu qui a créé le ciel et la terre. Cependant, de
nombreux concepts religieux traditionnels ont amené les convertis à entrer
en collision avec l’enseignement adventiste : la croyance aux esprits des
ancêtres, l'efficacité de la magie, le rôle des personnalités religieuses,
l'attachement aux rites de passage, les rituels des cultes traditionnels, etc.
Par exemple, le recours à la médecine traditionnelle était répandu à l’époque.
Dans cette application, le traitement comprenait des rituels tels que la
consommation de nourriture sacrifiée aux esprits ou aux morts. Pour
bénéficier de l'efficacité du médicament, les malades devaient subir un
diagnostic réalisé par un devin qui utilisait des pouvoirs divinatoires des
esprits des morts. De plus, l'observation des rites de passage (naissance,
initiation, mariage et mort) impliquait des pratiques associées à la dédicace
d'un nouveau-né, des rituels d'initiation contenant des tranches d'âge, des
tabous, la polygamie dans le mariage et rituels de purification à la mort.
Religions Traditionnelles Africaines 43
LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
L’enseignement adventiste a introduit une approche radicale changement,
d’où la collision.
Au moment de l’arrivée de l’Adventisme en Afrique, les Africains
avaient une vie bien remplie à leur manière. Rituels et cérémonies
accompagnait tous les aspects de la vie quotidienne. Un mode de vie
traditionnel était à la fois culturel et religieux en même temps. Lorsque
l'Adventisme [lire Christianisme] est arrivé, le nouvel enseignement s'est
imposé sur la structure traditionnelle qui était fonctionnel et complet.
Reconnaissons qu'un Africain vivant au tournant du siècle quand
l’Adventisme est arrivé n’avait pas besoin de l’Adventisme ou de sa
nouvelle culture pour vivre pleinement. Pour un traditionnel africain,
l’expérience de la vie d’hier et d’aujourd’hui est autonome. Chaque étape
de l'expérience de vie a des croyances et des pratiques qui s'imposent à
l'individu.

Religions Traditionnelles Africaines 44


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
C’est peut-être parce que la RTA imprègne la totalité de la vie de l’individu
que même après la conversion des Africains adventistes trouvent toujours «
plus pratique » de se tourner vers les RTA pour gérer leur vie. Étrangement,
c'est une situation qui a persisté jusqu'à ce jour. Le nombre de croyants dont
l'adhésion prend fin parce qu'ils s'impliquent dans les croyances
traditionnelles témoigne l'ampleur du problème. La coexistence de
l'Adventisme et la RTA est devenue la raison pour laquelle d’éminents
universitaires africains ont entrepris une étude pour examiner comment la
culture affecte l’expérience Adventiste sur le continent Africain.
La grande question qui reste posée est: “Comment concilier
l’adventisme avec les RTA dans l’approche missiologie d’évangélisation sans
décourager le nouveau converti de l’Eglise Adventiste du 7e Jour? »

Religions Traditionnelles Africaines 45


LES RELIGIONS TRADITIONNELLES AFRICAINES
m

Religions Traditionnelles Africaines 46

Common questions

Alimenté par l’IA

Les RTA dépendent d'une organisation sociale communautaire où les rites sont souvent accomplis par un membre âgé au nom de la communauté, tandis que le christianisme exige un engagement individuel envers Dieu . De plus, alors que le christianisme se base sur des textes religieux écrits, les RTA s'appuient sur la transmission orale des traditions .

Les missionnaires adventistes ont éprouvé des difficultés à éradiquer les pratiques et croyances traditionnelles profondément ancrées. Malgré la conversion, les Africains faisaient souvent retour à leurs croyances en raison de leur pertinence quotidienne . Pour surmonter ces défis, les missionnaires ont créé des "villages missionnaires" pour isoler les convertis des influences traditionnelles, et ont offert une éducation axée sur l'alphabétisation pour les transformer culturellement .

Initialement, les perceptions européennes des RTA étaient empreintes de préjugés, décrivant ces croyances comme primitives et dépourvues de religion véritable . Avec plus de connaissances sur les RTA, les perceptions ont évolué, reconnaissant aujourd'hui la complexité et l'importance culturelle de ces traditions religieuses . Cependant, les clichés persistent, reflétant un manque continu de compréhension des véritables fondements spirituels des RTA .

Les missionnaires européens, en grande partie influencés par l’opinion dominante de leur époque, percevaient les religions africaines traditionnelles (RTA) comme primitives ou non civilisées. Cette conception était basée sur les mauvaises interprétations de religions africaines, jugées sans croyance en un être suprême et dépourvues de véritables pratiques spirituelles . Considérant les RTA comme des systèmes animistes et sauvages, les missionnaires cherchaient à les remplacer par le christianisme . En pratique, cela a entraîné des efforts pour socialiser les convertis dans une mentalité hostile à ces religions traditionnelles, en limitant les influences culturelles africaines .

Dans les religions traditionnelles africaines, les relations entre les vivants et les morts sont très fortes. Les ancêtres deviennent des esprits après la mort, assumant ainsi une nouvelle existence. Ils jouent un rôle de médiation entre les vivants et le monde spirituel, nécessitant apaisement et respect à travers divers rites et offrandes .

Les RTA ont influencé la perception des Africains envers les phénomènes naturels en encourageant la croyance en des esprits liés à ces phénomènes, comme le tonnerre ou la pluie. Ces esprits sont considérés comme des gardiens de territoires et agissent comme médiateurs entre le monde naturel et l’Être suprême, illustrant une réponse spirituelle aux éléments incontrôlables de la nature .

Les religions traditionnelles africaines sont qualifiées d'animistes monothéistes car elles combinent la croyance en un Être suprême, qui crée et ordonne le monde, avec l'existence d'une variété d'esprits servant de médiateurs entre Dieu et les hommes. Dans ces systèmes religieux, bien que Dieu soit lointain et rarement vénéré directement, les esprits naturels et ancestraux jouent un rôle clé dans la spiritualité quotidienne .

Les RTA persistent malgré la dominance de l'Islam et du christianisme en grande partie grâce à leur intégration culturelle et l'identité qu'elles offrent aux communautés. Elles fournissent des réponses spirituelles et pratiques aux questions existentielles, et ce patrimoine culturel enraciné continue de jouer un rôle dans l'identité africaine moderne .

Les religions traditionnelles africaines continuent d'influencer consciemment ou inconsciemment les croyances religieuses contemporaines en Afrique, même parmi les chrétiens et musulmans, en raison de leurs valeurs morales et de leur héritage culturel intégral . Cette influence se manifeste par la symbiose religieuse observée, où des pratiques et croyances RTA sont intégrées dans de nouveaux mouvements religieux et continuent de servir comme sources d'inspiration et de sécurité .

Bien que le nombre d'adeptes des RTA ait décliné, elles continuent de contribuer à la vie spirituelle en Afrique par l'intégration de valeurs morales comme le sens du sacré, l'importance de la communauté et de la famille, et l'existence d'un monde spirituel. Ces éléments des RTA sont reconnus comme partie du patrimoine moral et religieux mondial .

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