A- Conversion des dettes ordinaires en actions :
Lorsque l’entreprise ne peut plus honorer ses dettes
fournisseurs, elle peut opter pour la conversion de
dettes en actions. Cette opération offre une alternative
pour alléger la charge financière sans mobiliser de
liquidités immédiates. En convertissant ces dettes, les
créanciers deviennent actionnaires, prenant part à la
gouvernance et aux bénéfices potentiels de la société,
tandis que l’entreprise se libère de l’obligation de
remboursement, renforçant ainsi sa trésorerie et sa
stabilité financière.
Pour inciter les créanciers à accepter, l’entreprise peut
proposer des actions à un prix attractif, souvent
inférieur à leur valeur réelle. Cette compensation
permet de réduire l’endettement global, ouvrant ainsi la
voie à des conditions de financement plus favorables à
l’avenir.
exemple :
- On remarque que le prix d'émission est inférieur à
la valeur réelle pour encourager le nouveau
actionnaire d’accepter à convertir.
- le nouveau actionnaire (le créancier) doit verser 30
000 DH pour compenser la présence de réserves
qui, après l’augmentation de capital, seront
réparties entre l’ensemble des actionnaires
(anciens et nouveaux) sans distinction.
B- Conversion du compte courant d'associés :
Lorsqu'une société est incapable de
rembourser ses associés créanciers dans les
délais, elle peut proposer de convertir leurs
créances en actions, une opération appelée
conversion de compte courant en capital. les
associés deviennent actionnaires.
Pour l'entreprise, cette conversion allège les
charges financières, améliore le bilan en
réduisant l'endettement et préserve la
trésorerie. Les associés augmentent leur rôle
dans la gouvernance et la croissance de la
société. Le succès de cette opération repose
sur la valorisation attractive des nouvelles
actions, incitant les associés à accepter
l'échange de leurs créances contre une
participation directe dans le capital.
Chapitre 2 : Diminution du capital
La réduction du capital social vise à ajuster la valeur du capital
d'une société en fonction de ses besoins et de sa situation
financière, selon la décision de l'assemblée compétente.
Dans les sociétés anonymes, cette réduction est décidée par
l'assemblée générale extraordinaire. Elle peut se faire en abaissant
la valeur nominale des actions ou en réduisant leur nombre, de
manière équitable pour tous les actionnaires et sans descendre
sous le minimum légal.
. Si le capital descend sous le minimum légal, la société doit
procéder à une augmentation de capital dans l’année ou se
transformer juridiquement.
Deux motifs principaux justifient une réduction de capital :
1. Absorption des pertes accumulées : En cas de pertes
importantes, la société peut réduire son capital pour
rééquilibrer son bilan, imputant directement les pertes sur le
capital. Cette démarche permet d’assainir les finances et de
mieux préparer la société à attirer de nouveaux investisseurs.
2. Excès de capitaux propres : Un capital supérieur aux
besoins de l'entreprise peut réduire le rendement pour les
actionnaires. En remboursant une partie du capital,
l'entreprise optimise l'utilisation des fonds et augmente
potentiellement la rentabilité des actions restantes.
Ces ajustements alignent le capital de la société sur ses besoins
réels, renforçant ainsi sa performance et son attractivité.
Section 1 : Réduction du capital non motivée par des
pertes
Ce type de réduction de capital consiste à imputer
les pertes aux actionnaires, chacun supportant une
part proportionnelle à ses actions. Les pertes
d'exploitation, généralement enregistrées dans le
compte 1169 « Report à nouveau » (solde
débiteur), sont couvertes par la réduction de
capital. En règle générale, le montant de la
réduction correspond à celui des pertes ; si la
réduction dépasse les pertes, l'excédent est affecté
en prime d'émission ou en réserve.
Cette forme de réduction n’affecte pas la valeur
totale des capitaux propres de la société, de sorte
que les créanciers ne peuvent pas s’y opposer,
leurs droits n’étant pas menacés. La réduction peut
s’effectuer en abaissant la valeur nominale des
actions ou en réduisant le nombre d'actions
existantes.