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Rationnalité et action en sociologie

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Questions socios 1-41

1. Quel est l’apport de la sociologie à la problématique de la rationalité ?


Synthétisez votre réponse.

En quoi la sociologie a-t-elle quelque chose à apporter à la philosophie sur le


plan de la raison ? La philosophie a traité cette question de manière beaucoup
trop abstraite, alors qu’il s’agit d’une question très concrète. Abstraire, c’est
extraire d’un contexte. Le contexte de la rationalité c’est l’action humaine.
La contribution principale de la sociologie est relier la problématique de la
rationalité à une théorie de l’action. Au lieu de se demander « qu’est-ce que la
raison ? », on s’interroge sur « qu’est-ce qu’une action rationnelle ? ». On va
donc lier l’examen de la rationalité par rapport aux actions. La sociologie va
permettre d’étendre le concept de rationalité en y intégrant les actions
communicationnelle, normative et dramaturgique.
La sociologie a interprété les différents agir pour y déceler de la rationalité…
Tout d’abord, une action sociale est une conduite devant son existence au fait
que les hommes vivent ensemble et tiennent compte de l’existence d’autrui
pour agir.
L’action rationnelle serait-elle une action logique ? La logique est l’action
typique se l’ingénieur, de l’économiste, … Il a un but et va atteindre ce but
grâce à sa connaissance précise de ce qu’il veut mettre en œuvre. Il lie donc les
moyens et les finalités.
Une action logique est également liée à l’agir théologique (« θεος » vient du
grec et signifie « fin »). C’est donc une action qui vise la fin. C’est le seul
modèle philosophique de rationalité. L’acteur utilise de manière précise les
moyens appropriés pour atteindre un but, il doit décider.
Le sociologue Pareto s’est intéressé à la différence entre les actions logiques et
non logiques.
Pour être logique, il faut que la relation moyen-fin existe dans la réalité
objective et qu’elle existe dans la réalité subjective. De plus, il faut que ces 2
liens soient les mêmes. Si une de ces trois conditions n’est pas remplie, on est
dans le non-logique.
Les actions logiques font partie du champ de l’économie, tandis que les actions
non-logiques, font partie du champ sociologique. La sociologie va étudier
logiquement les actions non logiques.
Il y a encore une faiblesse : le concept de rationalité ici est très restreint !
Certaines choses non-logiques peuvent être rationnelle… Par exemple, on a
l’avocat qui oriente ses actions par des procédures. Il a un but, celui de
défendre son client. Il va devoir se conformer à des normes, des procédures
allant souvent à l’encontre de l’intérêt de la défense du client mais qui ne sont
pas pour autant irrationnelles. Une conduite régulée par des normes modèles (=

de conduite se référant à des valeurs sociales qui donnent lieu à des sanctions)
est une action rationnelle. Pour illustrer : un capitaine de navire va se laisser
mourir à bord de son navire si celui-ci coule ; il le fera car cette action est
régulée par le code d’Honneur. Seul un groupe d’acteur peut être concerné par
cet agir normatif car on se réfère aux normes du collectif, du groupe, … On
obéit à la règle, à la coutume, …
Avec l’agir normatif, on est entré dans le collectif, la théorie des rôles. L’acteur
solitaire prime sur le collectif dans le modèle théologique.
L’agir dramaturgique, expressif, … est la mise en scène de la vie quotidienne. Il
y a au moins 2 personnes qui jouent et forment le public. L’acteur fait naître
une certaine image de lui en dévoilant une partie de son monde subjectif, c’est
donc de l’autoreprésentation. La finalité de ce type d’action est de produire une
impression par la stylisation des expériences personnelles. De nos jours, la
recherche n’a pas encore permis de mettre un modèle théorique sur pieds…
Il y a un 3ème type de rationalité lié à l’agir communicationnel. Il y a une
interaction entre au moins deux participants, sujets, … capables d’agir dans
une relation interpersonnelle grâce au langage. Ils recherchent des accords sur
des actions afin d’agir de manière similaire. On vise une interprétation
commune. Il n’y a plus de normes ni de fin mais bien une intercompréhension.
C’est donc une sorte de fin quand-même.
Dés à présent, on est deux, avant on était seul !
Il y a donc trois types de rationalité.
La philosophie nous enseigne que seul l’agir stratégique est rationnel alors que
les autres le sont également mais à un degré plus élevé de complexité dans la
conception de la rationalité.
Les 2 1ers modèles d’actions mènent à des rationalités substantielles : la raison
est dans les choses. La raison existerait dans le monde.
Dans le 3ème modèle rationnel, on se rapproche des 3 dimensions de
rationalité : dimensions cognitives, normatives et expressives qui se rapportent
respectivement aux mondes objectif, social et subjectif. La raison est dans le
procédural. La raison n’est pas dans les choses, dans le monde mais dans les
procédures utilisées par les acteurs pour produire de l’intercompréhension,
c.à.d. dans les procédures langagières.
Le langage est le médium le plus universel : il sert dans l’agir stratégique (un
médium parmi d’autres pour obtenir ce qu’on veut), normatif (médium qui
transmet les valeurs culturelles), dramaturgique (médium de l’auto
présentation) et communicationnel (fonction beaucoup plus large, il sert à
l’intercompréhension)…
De plus, la sociologie nous apprend que dans ces différents types de rationalité,
il y a plusieurs actes du langage :
- dans l’agir stratégique, parler sert à influencer, à manipuler, … Ce sont les
actes perlocutoires, les impératifs… « Il faut », « Cela s’impose », …
- dans l’agir normatif, parler sert à la cohésion sociale. Ce sont les actes
régulatifs : « on peut », « on ne peut pas », « on doit », « on ne doit pas », …
- dans l’agir dramaturgique, on se présente. On utilise des expressions pour
donner accès à notre monde intérieur. Ce sont les actes expressifs : « Je me
sens bien ».
- dans l’agir communicationnel, on décrit, on présente l’état des choses. Ce
sont des actes constatatifs. On décrit pour parvenir à un accord et une
définition commune.
Il y a donc des tensions entre les modèles et registres de rationalité.
2. Qu’est-ce qu’une action rationnelle ? Définissez, comparez et exemplifiez les
différents types d’action rationnelle vus au cours.

Tout d’abord, une action sociale est une conduite devant son existence au fait
que les hommes vivent ensemble et tiennent compte de l’existence d’autrui
pour agir.
L’action rationnelle serait-elle une action logique ? La logique est l’action
typique se l’ingénieur, de l’économiste, … Il a un but et va atteindre ce but
grâce à sa connaissance précise de ce qu’il veut mettre en œuvre. Il lie donc les
moyens et les finalités.
Une action logique est également liée à l’agir théologique (« θεος » vient du
grec et signifie « fin »). C’est donc une action qui vise la fin. C’est le seul
modèle philosophique de rationalité. L’acteur utilise de manière précise les
moyens appropriés pour atteindre un but, il doit décider.
Le sociologue Pareto s’est intéressé à la différence entre les actions logiques et
non logiques.
Pour être logique, il faut que la relation moyen-fin existe dans la réalité
objective et qu’elle existe dans la réalité subjective. De plus, il faut que ces 2
liens soient les mêmes. Si une de ces trois conditions n’est pas remplie, on est
dans le non-logique.
Il existe différents types d’actions logiques ou non :
- Non-oui : le lien n’existe pas dans le monde objectif mais bien dans le
subjectif. Ce sont les croyances collectives : ex, on fait des sacrifices pour qu’ils
pleuvent…
- Oui-non : le lien existe dans le monde objectif mais pas dans le subjectif. Ce
sont les actions intuitives, réflexes, instinctives, … Dans le monde subjectif, il
n’y a pas eu de conscience, cela s’est fait de manière non intentionnelles. Par
exemple, on plongerait pour rattraper un verre qui tombe…
- Oui-oui : le lien existe dans le monde objectif et dans le monde subjectif mais
le lien est différent. Il n’y a pas de correspondance… Par exemple, on peut
considérer les erreurs scientifiques ou les conduites des pacificateurs, des
grands hommes, qui prennent le pouvoir au nom des hommes et qui
instaurent des régimes totalitaires…
- Non-non : elles pourraient être appelées illogiques
- Si on se trouve dans une action oui-oui et que le lien est le même dans les
deux mondes, on a une action logique !
Les actions logiques font partie du champ de l’économie, tandis que les actions
non-logiques, font partie du champ sociologique. La sociologie va étudier
logiquement les actions non logiques.
Il y a encore une faiblesse : le concept de rationalité ici est très restreint !
Certaines choses non-logiques peuvent être rationnelle… Par exemple, on a
l’avocat qui oriente ses actions par des procédures. Il a un but, celui de
défendre son client. Il va devoir se conformer à des normes, des procédures
allant souvent à l’encontre de l’intérêt de la défense du client mais qui ne sont
pas pour autant irrationnelles. Une conduite régulée par des normes modèles
(=

de conduite se référant à des valeurs sociales qui donnent lieu à des sanctions)
est une action rationnelle. Pour illustrer : un capitaine de navire va se laisser
mourir à bord de son navire si celui-ci coule ; il le fera car cette action est
régulée par le code d’Honneur. Seul un groupe d’acteur peut être concerné par
cet agir normatif car on se réfère aux normes du collectif, du groupe, … On
obéit à la règle, à la coutume, …
Avec l’agir normatif, on est entré dans le collectif, la théorie des rôles. L’acteur
solitaire prime sur le collectif dans le modèle théologique.
L’agir dramaturgique, expressif, … est la mise en scène de la vie quotidienne. Il
y a au moins 2 personnes qui jouent et forment le public. L’acteur fait naître
une certaine image de lui en dévoilant une partie de son monde subjectif, c’est
donc de l’autoreprésentation. La finalité de ce type d’action est de produire une
impression par la stylisation des expériences personnelles. De nos jours, la
recherche n’a pas encore permis de mettre un modèle théorique sur pieds…
Il y a un 3ème type de rationalité lié à l’agir communicationnel. Il y a une
interaction entre au moins deux participants, sujets, … capables d’agir dans
une relation interpersonnelle grâce au langage. Ils recherchent des accords sur
des actions afin d’agir de manière similaire. On vise une interprétation
commune. Il n’y a plus de normes ni de fin mais bien une intercompréhension.
C’est donc une sorte de fin quand-même.
Dés à présent, on est deux, avant on était seul !
Il y a donc quatre modèles d’actions et trois types de rationalité.
La philosophie nous enseigne que seul l’agir stratégique est rationnel alors que
les autres le sont également mais à un degré plus élevé de complexité dans la
conception de la rationalité.
Les 2 1ers modèles d’actions mènent à des rationalités substantielles : la raison
est dans les choses. La raison existerait dans le monde.
Dans le 3ème modèle rationnel, on se rapproche des 3 dimensions de
rationalité : dimensions cognitives, normatives et expressives qui se rapportent
respectivement aux mondes objectif, social et subjectif. La raison est dans le
procédural. La raison n’est pas dans les choses, dans le monde mais dans les
procédures utilisées par les acteurs pour produire de l’intercompréhension,
c.à.d. dans les procédures langagières.
De plus, les 2 1ers modèles sont « monologiques » : il concerne une personne
toute seule ou une personne dans un groupe. Le 3ème modèle est « dialogique
» : ils concernent 2 personnes qui dialoguent.
Le langage est le médium le plus universel : il sert de manière différentes dans
les différents types d’actions : dans l’agir stratégique (un médium parmi
d’autres pour obtenir ce qu’on veut), normatif (médium qui transmet les
valeurs culturelles), dramaturgique (médium de l’auto présentation) et
communicationnel (fonction beaucoup plus large, il sert à
l’intercompréhension)…
De plus, la sociologie nous apprend que dans ces différents types de rationalité,
il y a plusieurs actes du langage :
- dans l’agir stratégique, parler sert à influencer, à manipuler, … Ce sont les
actes perlocutoires, les impératifs… « Il faut », « Cela s’impose », …
- dans l’agir normatif, parler sert à la cohésion sociale. Ce sont les actes
régulatifs : « on peut », « on ne peut pas », « on doit », « on ne doit pas », …
- dans l’agir dramaturgique, on se présente. On utilise des expressions pour
donner accès à notre monde intérieur. Ce sont les actes expressifs : « Je me
sens bien ».
- dans l’agir communicationnel, on décrit, on présente l’état des choses. Ce
sont des actes constatatifs. On décrit pour parvenir à un accord et une
définition commune.
Il y a donc des tensions entre les modèles et registres de rationalité.

3. Qu’est-ce qu’un idiot rationnel ?

Un idiot rationnel est une personne qui ne fonctionne que vis-à-vis d’un seul
type d’actions. C’est la personne qui n’agit que de manière logique. Le sens de
son action est orienté vers un calcul d’intérêts, d’opportunités, …
Sa rationalité ne se trouve que dans l’agir en finalité. Il n’y a que les actions
logiques qui comptent.
Il a une vie égocentrée, c’est un calcul individuel, … Il ne tient pas compte du
groupe, des autres, …

Bien entendu, il n’existe pas que ce type de rationalité. Il y a d’autres types de


rationalité.
ON PEUT LES EXPLIQUER (cf. une des questions précédentes…)
On voit donc que le sens de notre action ne peut pas simplement se réduire à la
finalité. Il y a d’autres raisons que la finalité : le monde social, les interactions,
la communication grâce au langage, …

4. Selon Pareto, une action non-logique est elle nécessairement illogique ?


Argumentez votre réponse.

Le sociologue Pareto s’est intéressé à la différence entre les actions logiques et


non logiques.
Pour être logique, il faut que la relation moyen-fin existe dans la réalité
objective et qu’elle existe dans la réalité subjective. De plus, il faut que ces 2
liens soient les mêmes. Si une de ces trois conditions n’est pas remplie, on est
dans le non-logique.
Il existe différents types d’actions logiques ou non :
- Non-oui : le lien n’existe pas dans le monde objectif mais bien dans le
subjectif. Ce sont les croyances collectives : ex, on fait des sacrifices pour qu’ils
pleuvent…
- Oui-non : le lien existe dans le monde objectif mais pas dans le subjectif. Ce
sont les actions intuitives, réflexes, instinctives, … Dans le monde subjectif, il
n’y a pas eu de conscience, cela s’est fait de manière non intentionnelles. Par
exemple, on plongerait pour rattraper un verre qui tombe…
- Oui-oui : le lien existe dans le monde objectif et dans le monde subjectif mais
le lien est différent. Il n’y a pas de correspondance… Par exemple, on peut
considérer les erreurs scientifiques ou les conduites des pacificateurs, des
grands hommes, qui prennent le pouvoir au nom des hommes et qui
instaurent des régimes totalitaires…
- Non-non : elles pourraient être appelées illogiques
- Si on se trouve dans une action oui-oui et que le lien est le même dans les
deux mondes, on a une action logique !
Les actions logiques font partie du champ de l’économie, tandis que les actions
non-logiques, font partie du champ sociologique. La sociologie va étudier
logiquement les actions non logiques.
De plus, selon Pareto, les actions non logiques seraient beaucoup plus
fréquentes que les autres types d’actions.

+++ Arguments perso !!!

5. Qu’est-ce que la rationalité procédurale ? A quoi s’oppose-t-elle directement ?

La rationalité procédurale correspond à la rationalité communicationnelle. La


rationalité est dans les procédures langagières par lesquelles on parvient à se
comprendre.
La rationalité communicationnelle est procédurale (et non substantielle) : la
raison n’est pas dans les choses. La garantie de la rationalité ne se trouve pas
dans le monde, mais dans les procédures de rationalisation, dans les
procédures langagières qui mènent à l’intercompréhension.
La rationalité communicationnelle ne renvoie pas à un acteur monologique
mais à des acteurs en dialogue.

Ce type de rationalité s’oppose à la rationalité substantielle dans laquelle on


substantialise le monde, le réel, … C’est plutôt l’agir normatif et l’agir en
finalité. La rationalité y est fondée par quelque chose…

Ceci ne fait pas partie de la réponse à la question mais peut peut-être être utile pour
une autre question… Je ne sais pas è A lire ! :
Certaines choses non-logiques peuvent être rationnelle… Par exemple, on a
l’avocat qui oriente ses actions par des procédures. Il a un but, celui de
défendre son client. Il va devoir se conformer à des normes, des procédures
allant souvent à l’encontre de l’intérêt de la défense du client mais qui ne sont
pas pour autant irrationnelles. Une conduite régulée par des normes modèles(=

de conduite se référant à des valeurs sociales qui donnent lieu à des sanctions)
est une action rationnelle. Pour illustrer : un capitaine de navire va se laisser
mourir à bord de son navire si celui-ci coule ; il le fera car cette action est
régulée par le code d’Honneur. Seul un groupe d’acteur peut être concerné par
cet agir normatif car on se réfère aux normes du collectif, du groupe, … On
obéit à la règle, à la coutume, …
Avec l’agir normatif, on est entré dans le collectif, la théorie des rôles. L’acteur
solitaire prime sur le collectif dans le modèle théologique.
Le concept de l’agir régulé par des normes présuppose des relations entre un
acteur et deux mondes. Au monde objectif des états de choses s’ajoute le
monde social auquel appartiennent et l’acteur, en tant que sujet jouant un rôle,
et tous les autres acteurs capables d’entrer dans des interactions réglées par
des normes. Ce modèle d’action est relié à un modèle d’apprentissage pour
intérioriser des valeurs. Ce modèle présuppose que l’acteur peut distinguer
entre les éléments factuels et les éléments normatifs d’une situation, entre les
conditions et moyens d’une part, et les valeurs d’autre part.

6. Quelle est, selon Durkheim, la principale fonction de la division du travail (ou


de la différenciation sociale) ? Quelle est l’hypothèse de Durkheim ? Comment
procède-t-il à l’examen de cette fonction?

Il ne parle pas que de la division technique du travail mais aussi de la division


morale du travail. Il entend par la division morale du travail, la question de la
différenciation sociale, c.à.d. la spécialisation de chaque individu à une
fonction bien précise au sein du corps social. Cette problématique ne date pas
d’hier mais prend une forme plus importante grâce à l’apparition des sociétés
modernes. Selon Durkheim, la division du travail est une règle morale de la
conduite humaine et une règle de la nature au sens biologique (exemple : la
division cellulaire).
Le point de départ de la théorie de Durkheim, est la question « Comment un
tas d’individus peut-il former une société ? ». Sa réponse est grâce à la
solidarité, le lien social.
La thèse principale de Durkheim est « L’individu n’est pas historiquement
premier, cela signifie donc que l’individu n’est de la société et non la société de
l’individu ». Il y a donc une priorité historique du social sur l’individuel et une
priorité logique qui en découle : l’irréductibilité des éléments de l’ensemble qui
le composent.
Cette thèse s’oppose à celle de Spencer, la théorie du contrat social où un beau
jour les individus se seraient dit qu’ils formeraient une société à l’aide d’un
immense accord.
On a donc une inversion des priorités : il faut d’abord une structure socialo-
juridique pour créer ces contrats… En choisissant de faire primer le social,
Durkheim va devoir se demander d’où vient le social ? Le cadre socialo-
juridique préalable est issu d’une conscience collective ( = ensemble de
croyances et de sentiments communs à la moyenne des membres d’une
société), qui varie en fonction des sociétés et des solidarités associées…
Venons-en à la fonction de cette division… Il va détruire deux thèses :
- La théorie selon laquelle la division aurait lieu dans le but de produire
davantage de progrès économique ou pour produire la civilisation…
- La thèse selon laquelle la division du travail produit du chaos…
Selon Durkheim, la division du travail crée de la solidarité. Elle remplit le rôle
que remplissait la conscience collective. Elle va permettre de faire tenir les
agrégats sociaux, des ensembles divisés, éclatés. Il va démontrer sa thèse…
Il faut étudier l’extérieur : « Il faut traiter les faits sociaux comme des choses ».
Il ne faut pas les considérer comme des choses mais il faut avoir un détour
méthodologique et théorique…
Il va étudier la solidarité de manière objective, c.à.d. à travers des phénomènes
juridiques : le droit ! En montrant l’évolution du droit, il montre l’évolution de
la solidarité.
D’après les différentes sanctions attachées au droit, il distingue deux types de
règles juridiques :
- Répressives : c’est le droit pénal. Ce droit est révélé, il a donc une origine
religieuse. Ces règles conduisent à l’origine de la rationalité en valeur. C’est un
droit qui sanctionne les atteintes portées au corps social qui est sacré. Ce corps
social renvoie le coup de manière mécanique. La peine est une réaction
passionnelle, d’intensité graduée que la société exerce au travers d’un corps
spécialisé sur ses membres qui ont violé certaines règles de conduite.
- Restitutives, coopératives : c’est le droit qui remet les choses en état, le droit
civil, par exemple qui joue sur les dommages et intérêts, le droit coopératif, qui
organise la coopération entre les différents organes de pouvoir, le droit
administratif, le droit commercial, … Ce type de droit ne punit pas mais
organise.
Ces deux types de règles correspondent à deux types de solidarité et donc à
deux types de sociétés :
- La solidarité mécanique est la solidarité par similitude. Les individus se
rassemblent car ils ont les mêmes valeurs, idées, sentiments. La société est
cohérente car les individus ne sont pas encore différenciés. On est donc dans le
droit répressif.
- La solidarité organique est celle où le consensus résulte et s’exprime par la
différenciation sociale. On est dans une analogie avec la biologie : les organes
ont des taches spécifiques mais sont nécessaires à l’ensemble de l’organisme.
La solidarité entre les organes tient donc par la différenciation.
7. Quels sont les types de solidarité que distingue Durkheim ? A quoi
correspondent-ils ?

Il existe deux types de solidarité : la mécanique et l’organique.


Ces deux types de solidarité correspondent à deux types de sociétés.
La solidarité mécanique correspond à des sociétés primitives, archaïques, … ,
caractérisés par des individus semblables, interchangeables, …
La solidarité organique correspond à des sociétés modernes caractérisées par
un haut niveau de différentiation sociale.
Dans les sociétés primitives, on retrouve un type segmentaire de conscience
collective. On assiste à des sommes de clans juxtaposés composés de personnes
semblables. La conscience collective est identique à la conscience individuelle.
Toute la vie des individus est commandée par les normes sociales, par la
conscience collective, …
Dans les sociétés modernes, on retrouve un type différencié de conscience
collective. La conscience collective est moins forte, plus particulariste. Le
contrôle social est plus faible. Le libre arbitre apparait, les gens peuvent choisir
dans certaines situations…
Il existe deux types de règles qui correspondent aux types de solidarité :
- Les règles répressives : la solidarité mécanique est la solidarité par similitude.
Les individus se rassemblent car ils ont les mêmes valeurs, idées, sentiments.
La société est cohérente car les individus ne sont pas encore différenciés. On
est donc dans le droit répressif.
- Les règles restitutives-coopératives : la solidarité organique est celle où le
consensus résulte et s’exprime par la différenciation sociale. On est dans une
analogie avec la biologie : les organes ont des taches spécifiques mais sont
nécessaires à l’ensemble de l’organisme. La solidarité entre les organes tient
donc par la différenciation.
Dans les sociétés primitives, il y a une prédominance du droit répressif. La
division permet d’atteindre les sociétés modernes où règne un rééquilibrage et
une prédominance du restitutif et du coopératif. Le pénal est cependant
toujours présent dans les sociétés modernes…

8. Quelles sont, pour Durkheim, les causes principales de la division du travail


(ou de la différenciation sociale) ?

Selon Durkheim, les causes principales de la division du travail sont sociales.


Selon lui, il faut expliquer le social par le social…
Il va d’abord écarter les mauvaises thèses…
Il nie la thèse d’Auguste Comte qui pensait que les hommes recherchent le
bonheur. Pour Durkheim, rien ne prouve que les hommes modernes soient
plus heureux. Il tente de prouver cela en montrant que les taux de suicides sont
plus élevés… Ce n’est pas comparable car on n’a pas de statistiques précises sur
le taux de suicide dans les sociétés primitives!
Il y aurait une combinaison de trois éléments qui serait la cause : le volume, la
densité matérielle et la densité morale. Le volume est le nombre d’individus
associés à un groupe. Ce volume n’est pas la cause de la différenciation :
exemple d’une société nombreuse, étendue sur une vaste superficie, formée
par la juxtaposition de segments et le rapprochement d’un grand nombre de
tribus -> le volume ne produit pas de différenciation. La densité matérielle
correspond au nombre d’individus par surface et la densité morale est le
nombre d’échange, l’intensité des communications entre les individus.
La division du travail apparait comme un processus de pacification des
rapports sociaux : la compétition devient une coopération. On a donc un
processus de civilisation.
On peut ajouter que le droit tente de fixer cette pacification vu qu’il fait tenir
les agrégats sociaux.

9. Qu’est-ce que l’anomie ? Comment Durkheim étudie-t-il ce phénomène ?

L’anomie est l’absence de normes. Elle constitue un premier type de formes


anormales de la division du travail. Dans ce cas, la division ne produit pas de
solidarité car les relations entre les organes ne sont pas réglementées.
Il existe deux autres formes anormales :
- Celle où la division est contrainte comme dans les régimes totalitaires
- Celle où l’activité fonctionnelle de chaque travailleur est insuffisante (les
guerres, les épidémies, …)
Le problème de l’anomie est un problème moderne. L’individualisme y est
renforcé.
Il faut se demander que devient le rapport entre l’individu et le groupe… La
solution : re-moraliser la société, par l’organisation de groupes professionnels,
intermédiaires entre les individus et l’Etat, qui favoriseront l’intégration des
individus à la collectivité (la corporation).
Durkheim va étudier le suicide car il est lié à l’aspect pathologique des sociétés
modernes.
Sa thèse : montrer à quel point les individus sont déterminés par la réalité
collective. Le phénomène du suicide est d’un intérêt exceptionnel puisque, en
apparence, rien n’est plus spécifiquement individuel que le fait, pour
l’individu, de s’enlever la vie. Les suicides sont des phénomènes individuels
dont les causes sont essentiellement sociales.
Il veut expliquer les taux de suicide et il va écarter certaines thèses :
- Psychologique : il y a une prédisposition psychologique mais la force
déterminant le suicide est quand même sociale !
- Imitation : l’imitation est le phénomène clef dans la société. Mais selon
Durkheim, on ne se suicide pas pour imiter son voisin.
Selon Durkheim, il existe trois types de suicides :
- Égoïste : c’est l’absence d’intégration dans un groupe
- L’altruiste, l’héroïque : il se base sur les suicides des militaires. L’individu n’a
plus d’espace d’expression. L’individu a disparu dans le groupe…
- Anomique : il résulte de l’absence de normes. Il correspond à la souffrance
individuelle née de la disproportion des désirs et des satisfactions. C’est
l’irritation, le dégout.

10. Comparez la manière dont Weber et Durkheim s’efforcent de construire une


sociologie de la religion. Comment envisagent-ils respectivement le phénomène
religieux ?

C’est dans son ouvrage « Les formes élémentaires de la vie religieuse » que
Durkheim explique sa vision de la religion. C’est son ouvrage le plus personnel
et le plus profond.
Il y explique une thèse générale des religions qu’il dégage de ses formes
élémentaires. Il s’intéresse à une conception évolutionniste de l’histoire. Il va
tenter d’expliquer qqch de complexe à l’aide de qqch de simple.
La forme élémentaire de la religion est le totémisme. Celui-ci est un
phénomène de clan par lequel le groupe exprime son identité à partir d’une
plante, d’un animal, …
Sa thèse est que les hommes n’ont jamais rien adoré d’autre que la société.
L’objet de la religion est la transfiguration de la société.
Il définit donc la religion en repoussant des thèses :
- Ce n’est pas la croyance en un Dieu transcendant : il y a des religions sans
Dieu.
- Il n’y a pas la notion de mystère ou de surnaturel : le surnaturel ne se pense
que par rapport au naturel et pour pouvoir penser le naturel, il faut déjà penser
de manière scientifique et positive.
Pour Durkheim, l’essence de la religion est la division du monde en
phénomènes sacrés et profanes. L’essence de la religion est le sacré.
L’interprétation du phénomène religieux est celle d’une force anonyme et
diffuse. Il prend l’exemple de la « mana » : une force surnaturelle (chez les
peuples mélanésiens). Selon Durkheim, cette force supérieure aux individus,
toute proche d’eux, est en réalité l’objet du culte. La société est quelque chose
de sacré. La société éveille en nous le sentiment du divin. Elle favorise le
surgissement des croyances, parce que rapprochés les uns des autres, vivant en
communion les uns avec les autres, les hommes ont dans l’effervescence de la
fête, la capacité de créer du divin.
Il reformule sa thèse : « Les hommes adorent leur société sans le savoir ; 2) Les
sociétés sont portées à créer des dieux ou des religions, quand elles sont dans
cet état d’exaltation qui résulte de l’intensité extrême de la vie collective elle-
même ».

Weber fait une analyse comparative des différentes religions. Il se pose deux
questions principales :
Deux questions principales :
- Retrouve-t-on ailleurs qu’en Occident l’équivalent d’une ascèse dans le
monde dont l’éthique protestante est l’exemple typique ? Retrouve-t-on
ailleurs une interprétation religieuse du monde qui s’exprime dans une
conduite économique comparable à l’éthique protestante en Occident ?
- Comment mettre en lumière les différents types fondamentaux de
conceptions religieuses et développer une sociologie générale des relations
entre conceptions religieuses et comportements économiques ? (cfr. Economie
et Société)

Il est très complexe de résumer les analyses wébériennes de la religion.


Il va séparer les religions valorisant une vie active (ascétisme) et celle
valorisant une vie contemplative (mysticisme). Selon lui, ces attitudes
religieuses peuvent encore se diviser :
• Mysticisme dans le monde : c’est la contemplation du monde. On est
dans la métaphysique grecque.
• Mysticisme hors du monde : c’est la fuite hors du monde. On est dans
l’indouisme.
• Ascétisme dans le monde : c’est l’adaptation au monde. On est dans le
confucianisme.
• Ascétisme hors du monde : c’est la maîtrise du monde. On est dans le
judaïsme ou dans le christianisme.
Il distingue également les religions cosmocentriques (cosmos impersonnel) et
théocentriques (dieu personnel) qui sont encore divisées en affirmation et
division du monde :
• cosmocentrique avec affirmation du monde : confucianisme et le
taôisme
• cosmocentrique avec négation du monde : hindouisme et bouddhisme
• théocentrique avec négation du monde : judaïsme et christianisme
A l’origine de l’histoire des religions, le monde est peuplé de choses sacrées. Le
point d’arriver à notre époque est le désenchantement du monde. Le sacré a
été chassé du monde par la science positive qui nous laisse dans un monde, un
cosmos utilisable mais totalement vide de sens. La science conduit à une crise
spirituelle car les hommes se souviennent de la religion et que la science les
laissent insatisfait. Il y a donc une contradiction entre le savoir religieux et le
savoir positif.

CCL :
Le lien entre les deux est le processus de désenchantement du monde.
Ce qui fonde la religion est donc la distinction entre le profane et le sacré.
Chez Durkheim, le totémisme est une des essences de la religion
On peut interpréter l’action d’une personne à partir des systèmes des
représentations du monde que fournissent les religions. Certaines religions
sont plus favorables à certaines actions.

Séparation : l’un postule pour une conception évolutionniste des sociétés. Il


recherche un point de départ unique : le totémisme, on y trouve la forme
primale des religions.
Weber est plutôt partisan de la multiplicité.
Ils s’opposent également sur leur façon d’interpréter le fait religieux :
- Selon Durkheim, le fait religieux est un fait social. C’est la puissance du
groupe qui mène à la production du sacré. La puissance divine ne vient que par
la puissance cohersive du social. Il y a qqch qui va nous dépasser.
On a une conception vulgaire de la religion qui supprime tout mysticisme. Rien
ne subsiste du fait religieux, sauf le fait social.
- Weber envisage la religion comme des idées, des systèmes d’interprétations
du monde.

11. Quelles sont les principales critiques que l’on pourrait adresser à la sociologie
de Durkheim ?

On peut adresser à Durkheim quatre principales critiques :

1) La société est définie comme le milieu social et considéré comme ce qui


détermine les autres phénomènes. Mais qu’est-ce qui détermine le milieu ? Il a
tendance à prendre pour une réalité totale le milieu social, alors qu’il s’agit
d’une catégorie analytique et non d’une cause dernière. Le milieu social n’est
pas une réalité « en soi », substantielle, mais une représentation intellectuelle
(il n’existe de courant suicidogène que dans la tête ou dans le vocabulaire de
Durkheim). La substantialisation de la société est donc la première critique
majeure.

2) La société n’est pas une unité close, fermée sur elle-même, exactement
définie. Il faut substituer à la notion de société, unité complète et intégrale, la
nation de groupes sociaux qui coexistent à l’intérieur de toute société
complexe.

3) La morale, la religion, le langage, le suicide comportent une dimension


sociale. Tous les faits humains présentent un aspect social. Mais il n’en résulte
pas que ces phénomènes soient essentiellement sociaux, ni entièrement
déterminés par le social.
C’est la critique du déterminisme. L’économie, la religion, la famille, … ont
qqch de social mais ne sont pas déterminées par les social.

4) La société comme foyer de l’idéal, objet de respect et d’adoration :


conception vulgaire de la religion. Il rabat le fait religieux sur un fait social. Ce
n’est pas tout à fait faux mais un peu exagéré, trop hégémonique, …

On pourrait ajouter 2 autres critiques :

1) La société n’est pas un TOUT homogène mais qqch de plus réel. La société
est faite d’une pluralité de groupes sociaux.
L’objet de la sociologie est d’analyser des relations entre des groupes sociaux et
non seulement la société

2) Il y a la critique de l’évolutionnisme : la dynamique sociale ne part pas d’un


point unique et ne termine pas dans un point unique d’arrivée. Cette critique
est assez proche de celle du déterminisme…

12. Weber est-il l’inventeur de la rationalité en finalité ? Argumentez votre


réponse.

Weber n’est pas l’inventeur de la rationalité mais il est l’inventeur de la


distinction entre l’action rationnelle en valeur et en finalité. Il pose les bases
d’une réflexion sociologique sur la rationalisation en tant que processus
historique.
Il distincte quatre types d’actions déterminantes de l’activité sociale :
- L’action rationnelle par rapport à un but : c’est la même que l’action logique
de Pareto (ex : l’ingénieur)
- L’action rationnelle par rapport à une valeur (ex : le capitaine d’un navire)
- L’action traditionnelle : elle est dictée par les habitudes, les coutumes et les
croyances. Elles sont devenues une pratique. De notre point de vue, on la
rapprocherait de la rationnelle en valeur mais Weber tient à cette distinction
(ex : obéissance aux réflexes enracinés par une longue pratique : les routines)
- L’action affective-émotionnelle : on est près du dramaturgique : l’état
d’humeur, de conscience, … nous mène à agir (ex : la gifle donnée par la mère à
son enfant insupportable, le coup de poing donné au cours d’un match de
football lorsqu’un joueur perd le contrôle de ses nerfs)
Il insiste sur le fait qu’il n’y a pas de type pur : on ne peut pas classer une
action dans un type bien précis. Il y a différente composante à une action.
L’action scientifique est une combinaison d’action rationnelle par rapport à un
but (atteindre à des propositions de faits, à des rapports de causalité, à des
interprétations) et d’action rationnelle par rapport à une valeur (la vérité).
Weber insiste sur l’inachèvement de la science : la science est le devenir de la
science.
La sociologie étant une science compréhensive de l’action sociale, la
compréhension implique la saisie du sens que l’acteur donne à sa conduite. Il
s’intéresse non pas au point de vue de l’observateur (Pareto) mais bien à celui
de l’acteur : les sens subjectifs de l’action, les significations vécues.
OU :
Il en est l’inventeur car ce nom n’existait pas avant… Il forge ce concept de rationalité
en regard à l’action rationnelle en valeur. Cela fonde donc le concept. è on peut dire
qu’il en est l’inventeur !!!

13. Présentez la typologie de formes de domination légitime de Weber en regard de


sa typologie des déterminants de l’activité sociale. Définissez et exemplifiez
chacun des types présentés.

On distingue un rapport aux normes choisies et imposées. Il y a deux relations


par rapport aux normes. Ce concept de réglementation mène au concept de
pouvoir, de puissance, … Weber mettra ce concept en rapport avec le concept
de domination.
Il définit le pouvoir comme la possibilité de contraindre le comportement
d’autrui à sa propre volonté : c’est une influence relationnelle horizontale.
Il définit la domination comme une relation verticale : c’est un cas particulier
du pouvoir. Elle est la chance de trouver des personnes à obéir à un ordre
déterminé. Il y a donc une autorité.
Cette sociologie du pouvoir le mène à la sociologie de l’Etat : il tient le
monopole de la violence légitime, de la contrainte physique, … Seul l’Etat peut
faire violence de manière légitime. Weber va mettre en évidence ce mode
particulier de domination car elle est monopolistique.
Il existe deux types de rationalités (en finalité et en valeur), deux types de
conduite (la traditionnelle et l’affective) et trois types de domination (légale,
traditionnelle et charismatique).
La rationalité en finalité est mise en rapport avec la domination légale. La
domination rationnelle légale est fondée sur la croyance à la légalité des règles
de droit, des titres de ceux qui exercent la domination. (Ex : la constitution, la
république, …)
La rationalité en valeur n’a pas de correspondance déterminée : on aurait
tendance à mixer les actions en valeur et les actions traditionnelles.
La conduite traditionnelle est en rapport avec la domination traditionnelle. La
domination traditionnelle est fondée sur la croyance aux caractéristiques
sacrées des traditions. (ex : la monarchie)
La conduite affective est liée à la domination charismatique. La domination
charismatique est fondée sur la croyance en un certain trait hors du commun
de certaines personnes extraordinaires. (Ex : Hitler, Lénine, De Gaulle, …)
Bien entendu, il n’existe pas de type pur dans la réalité. L’Etat belge, par
exemple, est au carrefour d’une domination rationnelle et d’une domination
traditionnelle. Mais ce n’est du 50-50.
C’est différent de Durkheim, où l’on était dans des cases et non entre des
cases…

14. Comment Weber définit-il la sociologie ? En quoi cette définition se distingue-


t-elle de l’approche de Durkheim ?
C’est en nous expliquant la théorie de la science que Webber nous apprend sa
conception de la sociologie.
Pour lui la sociologie est compréhensive, elle implique le sens de l’action que
l’acteur donne. Ce n’est pas le point de vue extérieur mais le point de vue
interne. Ce sont les sens subjectifs, vécus par les acteurs.
Pour définir la sociologie, il fait une double négation qui permet de le
distinguer par à la fois de Durkheim et de Marx :
- Aucune science sociale ne pourra dit aux hommes comment il doivent vivre
ou comment organiser la société. Dans cette idée, il s’oppose à Durkheim.
- Aucune science sociale ne pourra apprendre à l’humanité qu’elle est son
avenir. Il s’oppose ici à Marx.
Pour Webber la science sociale est une vue partielle. On peut donc se
demander quelle est la validité des sciences sociales. Il y répond : « cette
prétention à la validité vient en prononçant des énoncés de fait qu’on soumet à
une validation entre pairs. Cela garantit l’universalité, la scientification, … les
énoncés sont soumis à la délibération entre pairs, à la délibération
démocratique.

Dans la première partie de son ouvrage « Economie et société » il explique


encore une fois sa conception de la sociologie. Elle est la science de l’action
sociale qu’elle veut comprendre en l’interprétant et donc elle veut expliquer le
déroulement. Comprendre c’est saisir les significations, interpréter c’est
organiser au moyen de concept le sens subjectif et expliquer c’est mettre à jour
les régularités des conduites. L’action sociale est un comportement humain,
intentionnel, qui se rapporte aux comportements d’autres personnes.

15. Qu’est-ce qu’une science compréhensive de l’action sociale ? Exclut-elle toute


forme d’explication par les causes ? Argumentez votre réponse.

Webber présente trois caractéristiques des sciences sociales :


- Historiques et non synchroniques : l’histoire permet la saisie de sens
particuliers. Il y a une portée générale des significations et cela permet de
donner une généralité.
- Basées sur la culture et non sur la nature : il faut identifier les valeurs
auxquelles les hommes ont adhérées et les œuvres qu’ils ont édifiées (=le droit,
les religions)
- Compréhensives et non explicatives : la compréhension est médiate dans les
sciences de la nature et immédiates dans les sciences de la culture. Il n’y a pas
de concept, d’instruments pour saisir le sens.

Les sciences sociales sont des interprétations compréhensives mais elles sont
aussi causales, explicatives, … La notion de causalité se traduit par certaines
questions : « comment une manière de croire détermine une certaine manière
d’agir ? », « dans quelle mesure, un certain type d’organisation sociale,
politique, … influe sur un type d’organisation économique.

Selon Webber, il existe deux types de causalités :


- Historique : ce type de causalité détermine les circonstances uniques qui ont
provoqués un événement.
- Sociologique : elle suppose l’établissement de manière régulière d’une
relation entre deux phénomènes. Pour Webber, la relation causale est partielle,
probable. Ce n’est pas une détermination causale mais un lien causal. Il ya des
chances, des probabilités, … Mais pas de détermination !

Sa conception de la causalité est une critique du déterminisme de Durkheim.


On peut donc conclure, en disant qu’une science compréhensive de l’action
sociale n’exclut pas toutes formes d’explication par les causes. En effet, la
sociologie est une science compréhensive de l’action sociale et Webber
envisage l’existence de liens causaux.

16. En quoi les sciences sociales se distinguent-elles des sciences de la nature, selon
Weber ? Et selon vous ?

Les sciences sociales présentent trois caractères originaux et distinctifs des


sciences de la nature :
- Historiques et non synchroniques : l’histoire permet la saisie de sens
particuliers. Il y a une portée générale des significations et cela permet de
donner une généralité.
- Basées sur la culture et non sur la nature : il faut identifier les valeurs
auxquelles les hommes ont adhérées et les œuvres qu’ils ont édifiées (=le droit,
les religions)
- Compréhensives et non explicatives : la compréhension est médiate dans les
sciences de la nature et immédiates dans les sciences de la culture. Il n’y a pas
de concept, d’instruments pour saisir le sens.

Les sciences sociales sont des interprétations compréhensives mais elles sont
aussi causales, explicatives, …

+++++++ Avis personnel

17. Qu’est-ce qu’un type idéal ? Un « mec hyper sympa » ? Argumentez votre
réponse en référence à la sociologie de Max Weber ?
Le concept de type idéal est un outil et malheureusement ce n’est pas un type
hyper méga génial !

Un type idéal est un ensemble de rapports intelligibles, de rapports de sens. Il


se rapporte soit à une suite d’événements soit à un ensemble historique. C’est
quelque chose de typique, de stylisé.
Ce serait une reconstitution de la réalité. Ce n’est pas une sommation, ni une
moyenne. Il ne vise pas la totalité mais le typique, l’essentiel. Ce n’est pas une
finalité mais un moyen qui permet de saisir le sens des actions.
Selon Weber, trois types de concepts peuvent être considérés comme des types
idéaux :
- les types idéaux d’individus historiques (capitalisme, ville d’Occident)
- les types idéaux qui désignent des éléments abstraits, des extraits de la réalité
(la bureaucratie ou la féodalité)
- les reconstructions rationalisantes de conduite d’un caractère particulier

18. Qu’est-ce que le désenchantement du monde ?

Le désenchantement du monde est une des deux conceptions de


rationalisation chez Webber. Il envisage deux conceptions : la complexe qui
mêle les deux types de rationalités et la réduite qui ne touche qu’à la rationalité
qu’en finalité.

Sa conception complexe mène au processus de désenchantement du monde,


des images religieuses du monde, …
Il ya une dissolution de la pensée magique, c'est-à-dire, un rejet de tous les
moyens magiques de salut : sacrilèges, superstitions, …
Parallèlement à cette dissolution, se produit une transformation systématique
des images du monde (dogmatisation).
Chaque religion universelle tente d’éliminer les voies magiques et tente de
représenter le monde sous forme de système. Chaque religion est donc une
réponse inédite au problème fondamental de l’être, du devoir être et du
ressenti.

Sa conception réduite est la domination d’une rationalisation en finalité. Cette


rationalisation est autonome, elle s’extrait d’une dépendance par rapport à la
rationalité en valeur. C’est donc le prima de la rationalité instrumentale qui
devient autonome dans tous les secteurs de la vie sociale (l’art, l’économie, la
politique, …)

Ces deux conceptions vont s’enclencher pour provoquer un processus de


modernisation et qui s’envisage comme la poursuite du désenchantement.

Ce mouvement de modernisation se caractérise par une différentiation des


sphères culturelles de valeurs et par l’autonomisation des sous-systèmes
d’activité rationnelle en finalité.

Mais Webber a une vision pessimiste de la modernisation due à :


- la perte de sens : la raison se décompose en une pluralité de sphères de
valeurs. Il s’est basé sur le nihilisme de Nietzsche. On a un monde d’objets
utiles mais vide de sens.
- La perte de liberté : l’autonomisation de sous-systèmes est une entrave à la
liberté, c’est le déclin de l’individu. Webber cite comme exemple la
bureaucratie.

19. Comment Weber définit-il le capitalisme ?

Il définit le capitalisme dans son livre « Ethique protestante et esprit du


capitalisme »
L’esprit du capitalisme est construit comme un individu historique. Il est un
élément abstrait, composé de choses extraites de la réalité. Le capitalisme n’est
pas la soif de l’or mais il est la domination, la maîtrise rationnelle de ce désir
irrationnel.
Il considère le capitalisme comme une recherche pacifique d’un projet toujours
renouvelé. Cette recherche s’opère dans une entreprise rationnelle et continue.
Le capitalisme est donc la jonction d’un désir de profit et d’une discipline
rationnelle. L’intérêt n’est pas le profit mais l’accumulation : on veut toujours
en faire plus et réinjecter ce plus.

Pour définir l’esprit du capitalisme, il utilise un discours de Benjamin


Franklin : « le temps c’est de l’argent », « l’argent engendre l’argent », « le bon
payeur est le maître de la bourse d’autrui », « être honnête augmente le crédit
», « ne gaspille pas ton argent ».

En entendant ce discours, Webber nous dit que le capitalisme est plus que le
sens des affaires, c’est un éthos, une habitude, une véritable morale.

Webber considère que le capitalisme exprime une morale, une éthique


d’entreprise.

Il définit le capitalisme par l’existence d’entreprises dont le but est de faire le


maximum de profit et dont le moyen est l’organisation rationnelle du travail et
de la production.

20. Le capitalisme a-t-il un esprit ? Est-ce le « sens des affaires » ? Argumentez


votre réponse.

Il définit le capitalisme dans son livre « Ethique protestante et esprit du


capitalisme »
L’esprit du capitalisme est construit comme un individu historique. Il est un
élément abstrait, composé de choses extraites de la réalité. Le capitalisme n’est
pas la soif de l’or mais il est la domination, la maîtrise rationnelle de ce désir
irrationnel.
Il considère le capitalisme comme une recherche pacifique d’un projet toujours
renouvelé. Cette recherche s’opère dans une entreprise rationnelle et continue.
Le capitalisme est donc la jonction d’un désir de profit et d’une discipline
rationnelle. L’intérêt n’est pas le profit mais l’accumulation : on veut toujours
en faire plus et réinjecter ce plus.

Pour définir l’esprit du capitalisme, il utilise un discours de Benjamin


Franklin : « le temps c’est de l’argent », « l’argent engendre l’argent », « le bon
payeur est le maître de la bourse d’autrui », « être honnête augmente le crédit
», « ne gaspille pas ton argent ».

En entendant ce discours, Webber nous dit que le capitalisme est plus que le
sens des affaires, c’est un éthos, une habitude.
Webber considère que le capitalisme exprime une morale, une éthique
d’entreprise.

Il définit le capitalisme par l’existence d’entreprises dont le but est de faire le


maximum de profit et dont le moyen est l’organisation rationnelle du travail et
de la production.

C’est la jonction de cet esprit et de l’éthique de la besogne qui permettent de


poser le cadre du capitalisme.

21. L’éthique protestante est-elle la cause principale du capitalisme ? Argumentez


votre réponse.

Ce n’est pas une cause car ça a favorisé le développement de qqch de positif.


C’est donc peut-être une condition favorable…

Grâce aux statistiques que Webber nous montre, on constate qu’il y a une
concentration de la fortune et de la valeur chez les protestants. On peut donc
considérer que c’est la religion qui influence les conduites économiques.
Webber analyse également la conformité entre les idées du monde qui
correspondent à l’éthique du protestantisme et le système de conduite
économique qui correspond au capitalisme.
Il constate qu’en dehors de l’Occident, il y a de nombreuses conditions
bloquantes au développement du capitalisme. Il est donc quasi certain que le
protestantisme est une cause de capitalisme mais n’en est pas l’unique. Il y a
d’autre effets accélérateurs ou ralentisseurs.
Il y a cinq éléments qui permettent de caractériser l’éthique protestante
Calviniste :
- Un et un seul Dieu créateur, inaccessible à l’esprit humain. On ne peut pas le
penser.
- Dieu a prédestiné tout le monde au Salut ou à la damnation.
- Il a crée le monde pour sa propre gloire.
- L’homme doit travailler pour la gloire de Dieu sur terre, qu’il soit damné ou
non.
- Le Salut ne peut être qu’un don totalement gratuit de Dieu. Il ne peut être
marchandé.
Cette conception d’éthique favorise le développement scientifique et exclut
tout mysticisme. Elle favorise la rationalité car il n’y a plus de magie (plus de
communication avec Dieu, plus de marchandage, …)

La religion ne détermine pas entièrement le capitalisme, elle n’en est pas la clé.

Deux facteurs ont d’avantage contribué au développement du capitalisme : la


séparation du ménage et de l’entreprise ainsi que la comptabilité rationnelle,
l’organisation bureaucratique.

22. Montrez en quoi l’« éthique de la besogne » (beruf) est une condition
favorable de développement du capitalisme.
Notons, tout d’abord que le mot beruf (=profession) est apparu lors de la
traduction allemande de la bible à l’époque de Luther. Ce mot signifie en
réalité vocation.
Le travail est une vocation, c’est un appel de dieu. Il permet d’augmenter la
gloire de dieu sur terre une action rationnelle en finalité). On va donc
(=

travailler pour augmenter la gloire de dieu sur terre.


On ne peut pas dire que Luther soit l’auteur de « L’esprit du capitalisme » mais
il a mis l’accent sur la signification du travail professionnel.

Cette éthique est propice au développement de la science positive et au


développent du capitalisme.

De plus, l’homme ne sachant pas s’il est damné ou non, cherche dans le monde
les signes de son élection. Pour survivre à ce doute religieux, pour apaiser son
angoisse, il travaille bien et beaucoup. Le travail (beruf) dissipe le doute
religieux et donne la certitude de la grâce.

Il y a aussi la notion de confiance, de trust. Pour que le capitalisme fonctionne


bien, il faut faire confiance à des gens auxquels ont prêtes de l’argent. Ce n’est
pas évident mais le protestantisme développe d’avantage cette confiance.

23. Selon Weber, la bureaucratie est-elle une condition favorable ou défavorable


du développement du capitalisme ? Argumentez votre réponse.

La bureaucratie se définit comme l’organisation permanente de la coopération


entre de nombreux individus. Chaque individu exerce une fonction
particulière, spécialisée.
Le bureaucrate exerce un métier séparé de la vie familiale et détaché de sa
personnalité propre. C’est une caractéristique majeure de la société moderne et
du capitalisme car la bureaucratie est rationnelle.

Il y a des traits typiques :

- Organisation continue de fonctions officielles gouvernées par des règles


Les gens passent, les fonctions continuent : incompatible avec le charisme
Les règles permettent une économie d’effort : chaque nouveau cas ne doit pas
faire l’objet d’une nouvelle décision
- Attribution d’une sphère spécifique de compétence à tous les niveaux
(Spécification des buts, des moyens et du bon usage des moyens à chaque
niveau)
- Suivre le principe hiérarchique
Contrôle échelon par échelon (économie des moyens et réduction des conflits)
- Compétence technique spécialisée
Ajuster les personnes aux fonctions
- Isoler la propriété des moyens de production de la propriété privée
Garantir l’impersonnalité de la fonction
- Eviter l’appropriation des ressources par les personnes
Ex : ne pas utiliser le mail ou le téléphone à des fins privées
- Formuler tout (décisions, règles, ...) par écrit et conserver sous forme
d’archives
L’écrit assure mieux l’impersonnalité que l’oral
Aujourd’hui, l’informatique rend cette tâche moins lourde.

Ces traits sont favorables au développement du capitalisme des grandes


entreprises. C’est le 2ème esprit du capitalisme.

Notre conception de la bureaucratie a fort évoluée… : c’est une structure très


lourde, complexe, hiérarchique, … Elle n’est donc plus favorable, aujourd’hui.

24. Selon Mead, comment surgit le langage ?

Il va partir des travaux de Wundt, père de la psychologie expérimentale. Selon


lui, le geste sert de stimulus et il est un élément essentiel de l’organisation
sociale. Les gestes manifestent des attitudes mais quand le geste signifie une
idée et qu’il fait naître une idée chez d’autres personnes, alors, il devient un
symbole significatif, porteur d’une signification. C’est ainsi que le langage
apparait. Pour parler à une enfant, on utilise des gestes et puis, on utiliser de
plus en plus un mot. Le geste devient symbole quand l’idée naît chez les deux.
Les gestes n’ont pas encore de signification réelle. On est juste en dessous, le
stade supérieur c’est quand on utiliser un mot, un symbole.
« Des chiens s’approchent l’un de l’autre, dans une attitude hostile,
poursuivent une telle conversation de gestes. Ils tournent l’un autour de l’autre
en grognant et en essayant de se mordre, en attendant le moment opportun
pour attaquer. Le langage pourrait émerger dans un tel processus : l’attitude
d’un premier individu provoque une réponse chez un second individu qui, à
son tour, suscite de nouvelles attitudes et réponses chez le premier individu, et
ainsi de suite indéfiniment » (p106).
Il a étudié le langage en tant que coordinateur d’actions. Le langage permet la
coordination. Il ne transmet pas un message…
Il y a un arrière plan physiologique au langage : le cerveau et le cortex sont
opérateurs de coordination et forment le système nerveux central. Mais aussi,
la main (pour isoler des objets) : le rôle de la main qui s’interpose entre l’acte
et son achèvement correspond au rôle de l’œil qui sélectionne ou non des
stimulis.
Pour Mead, le langage est le principe d’organisation sociale qui permet
l’émergence des sociétés complexes. Le langage est un médium
d’intercompréhension et un médium pour coordonner les actions et socialiser
les individus.

25. Qu’est-ce qui permet de distinguer, selon Mead, l’animal humain de la


fourmi ?

Il va partir des travaux de Wundt, père de la psychologie expérimentale. Selon


lui, le geste sert de stimulus et il est un élément essentiel de l’organisation
sociale. Les gestes manifestent des attitudes mais quand le geste signifie une
idée et qu’il fait naître une idée chez d’autres personnes, alors, il devient un
symbole significatif, porteur d’une signification. C’est ainsi que le langage
apparait.
C’est ce qui crée la limite entre l’animal humain et la fourmi.
L’intelligence réflexive de l’homme est distincte de celle de l’animal car elle
permet de choisir, de sélectionner, … la réponse (ex : le soldat qui obéit
automatiquement aux ordres est plus proche de l’animal). De plus, l’homme
peut séparer la réponse du stimulus. Dans cette séparation, il sélectionne les
meilleures réponses. Seul, l’homme est capable de mentionner des préférences.
De plus, chez les insectes, il y a un principe de plasticité. Certaines formes
s’adaptent à certaines fonctions : la reproduction, la construction, la
communication, … Chez les hommes, c’est différent : les hommes sont dotés
d’une même structure physiologique (le sexe, la taille ou la race n’entraînent
aucune différence essentielle de l’intelligence). L’interaction fonctionnelle est
développée par le langage.
Dans les deux cas, l’environnement social est la condition de l’émergence de
l’individu.
Chez l’homme, la différenciation fonctionnelle se fait sur le plan du langage et
non sur le plan physiologique.

26. Qu’est-ce qui sépare, selon Mead, un combat de boxe d’un combat de chiens ?

Il va partir des travaux de Wundt, père de la psychologie expérimentale. Selon


lui, le geste sert de stimulus et qu’il est un élément essentiel de l’organisation
sociale. Les gestes manifestent des attitudes mais quand le geste signifie une
idée et qu’il fait naître une idée chez d’autres personnes, alors, il devient un
symbole significatif, porteur d’une signification. C’est ainsi que le langage
apparait.
C’est ce qui crée la limite entre l’animal humain et l’animal.
Selon lui, le geste sert de stimulus et qu’il est un élément essentiel de
l’organisation sociale. Les gestes manifestent des attitudes mais quand le geste
signifie une idée et qu’il fait naître une idée chez d’autres personnes, alors, il
devient un symbole significatif, porteur d’une signification. C’est ainsi que le
langage apparait. Pour parler à une enfant, on utilise des gestes et puis, on
utiliser de plus en plus un mot. Le geste devient symbole quand l’idée naît chez
les deux. Les gestes n’ont pas encore de signification réelle. On est juste en
dessous, le stade supérieur c’est quand on utiliser un mot, un symbole.
Pour les chiens, rien ne laisse supposer qu’ils y mettent une signification. Le
geste va acquérir une signification et va symboliser quelque chose dans un
combat de boxe. Le symbole provoque la même réponse pour tous les
protagonistes de cette interaction.
Le soldat qui obéit à tous les ordres automatiquement est en-dessous de son
intelligence réflexive ! Seul, l’homme est capable de mentionner des
préférences.

27. Qu’est-ce qu’un self ? Comment apparaît-il selon Mead ?

Le Self signifie le passage de l’individu biologique à l’individu social. Cela


repose sur la capacité de l’homme à être un objet pour lui-même : se réfléchir,
se contrôler, réguler son comportement par des normes qui appartiennent à la
collectivité.
L’arrière plan de la genèse du soi vient de la conversation de gestes qui
deviennent symboles et enfin une norme.
Ce passage part du play ou game. Le play est le jeu libre et le game est le jeu
réglementé. On passe donc par le développement de l’individu. Il y a deux
phases dans l’accomplissement du soi :
- Il faut prendre les attitudes des autres en particulier : c’est le play
- Il faut prendre les attitudes des autres généralisés : c’est le game
Il y a une idée d’abstraction et de généralisation.
Exemple : le jeu des indiens, dans ce jeu, l’interaction est régulée par des
symboles ; tandis que dans le jeu réglementé, l’enfant ne doit pas uniquement
adopter le rôle des autres mais il doit adopter le rôle de tous les autres en
général. Pour le baseball, il faut adopter le rôle de son équipe, de l’équipe
adverse et de toute la communauté de baseball. Adopter le point de vue
d’autrui en général, c’est adapter son action à une norme. On est dans une
figure idéelle qui est constituée de l’ensemble des valeurs et des
comportements que la communauté attend de ses membres. C’est une réponse
instituée. L’ensemble des réponses forment des institutions. C’est l’autrui
généralisé. On parle donc d’un autrui généralisé qui n’est plus la simple
adoption de l’autre mais de tous les autres.
Le soi est donc l’individu social qui s’est construit une identité. Une
conversation de gestes constitue le soi. Quand l’individu intériorise ces gestes,
on obtient la conscience de soi.
Bien sur, l’individu est composé d’une pluralité de soi : le père, le mari, …
L’individu se construit de plusieurs selfs.
Le self résulte d’un processus dialectique entre le « me » et le « I ».
Le langage est un processus indispensable à la naissance et à la croissance du
soi. Le soi n’est pas donné à la naissance : il émerge dans le processus de
l’expérience sociale et de l’activité sociale.
28. Qu’est-ce que l’Autrui généralisé ? En quoi se distingue-t-il de l’autre ou des
autres ?

Pour expliquer ce qu’est l’autrui généralisé, il faut tout d’abord savoir ce qu’est
le self.
Le Self signifie le passage de l’individu biologique à l’individu social. Cela
repose sur la capacité de l’homme à être un objet pour lui-même : se réfléchir,
se contrôler, réguler son comportement par des normes qui appartiennent à la
collectivité.
L’arrière plan de la genèse du soi vient de la conversation de gestes qui
deviennent symboles et enfin une norme.
Ce passage part du play ou game. Le play est le jeu libre et le game est le jeu
réglementé. On passe donc par le développement de l’individu. Il y a deux
phases dans l’accomplissement du soi :
- Il faut prendre les attitudes des autres en particulier : c’est le play
- Il faut prendre les attitudes des autres généralisés : c’est le game
Il y a une idée d’abstraction et de généralisation.
Exemple : le jeu des indiens, dans ce jeu, l’interaction est régulée par des
symboles ; tandis que dans le jeu réglementé, l’enfant ne doit pas uniquement
adopter le rôle des autres mais il doit adopter le rôle de tous les autres en
général. Pour le baseball, il faut adopter le rôle de son équipe, de l’équipe
adverse et de toute la communauté de baseball. Adopter le point de vue
d’autrui en général, c’est adapter son action à une norme. On est dans une
figure idéelle qui est constituée de l’ensemble des valeurs et des
comportements que la communauté attend de ses membres. Le concept
d’Autrui-généralisé est l’attitude de la communauté en totalité (au base-ball, il
s’agit de l’équipe). La réponse est universelle, les stimuli sont particuliers. Tous
nos symboles sont universels. L’autrui généralisé est une réponse instituée,
quand on est à un stade élevé de développement. L’ensemble des réponses
forment des institutions. C’est l’autrui généralisé. On parle donc d’un autrui
généralisé qui n’est plus la simple adoption de l’autre mais de tous les autres.
C’est l’idée d’une communauté en totalité !

29. « Je n’est pas moi ». Commentez cette proposition en vous appuyant sur la
sociologie de G.H. Mead.

Le soi résulte d’un processus contradictoire entre le « Me » et le « I ». Le self


est à la fois sujet et objet : I et Me.
On va se demander qui est le sujet et de qui on parle… Le Me est l’objet et le I
est le sujet. L’idée est que quand le Je crie, le Moi entend. Quand Je frappe, le
Moi ressent les coups. Le Je est le sujet d’action, le stimulus ; et le Moi est la
réponse. Le Moi est la partie sociale du sujet. Le Je est la partie inventive,
créatrice, novatrice, … Le Moi est la partie conforme et le Je est toujours en
recherche d’inventions.
Le Me est la phase objective et le I la phase subjective.
Le Moi est la partie intériorisée des normes. Il est la réponse de ce que veut le
Je. Le contrôle social est assuré par le Moi. Le Moi nous contrôle. Le Je veut
faire qqch et le Moi contrôle. Le Moi nous régule afin de nous civiliser. Cela
donne l’identité du self civilisé.
Je terminerai en disant que de temps à autre, le Je fusionne avec le Moi. Cette
fusion n’apparait que dans le cas où le soi s’identifie totalement à une
communauté, càd quand l’individu se fond dans le groupe.

30. Selon Mead, l’esprit est-il situé dans le cerveau ? Argumentez votre réponse.

L’esprit se situe dans l’acte social et non dans le cerveau. L’esprit émerge de la
ralation entre les gens dans un contexte d’interaction. Seul l’homme est
capable d’indiquer des préférences et des valeurs.
L’esprit n’est pas un produit mental, localisé dans le cerveau. L’esprit se
constitue dans la relation d’un organisme à la situation, médiatisée par des
configurations de symboles.
Seul l’homme est capable d’indiquer aux autres et à lui-même des caractères
dans l’environnement qui produisent des réponses complexes et organisées,
d’indiquer des valeurs, de choisir et isoler les stimuli. C’est là que l’esprit
émerge du langage.
Selon Mead, l’esprit n’est pas situé dans le cerveau. Le contenu de l’esprit n’est
que le produit des interactions sociales qui nous conduisent à fonctionner de
manière sociale. L’esprit rend possible la création des sociétés plus complexes,
lorsqu’il est formé ! L’idée est donc que la société n’existerait pas s’il n’y avait
pas d’esprit et de soi. A certains stades inférieurs du développement humain,
des sociétés existaient déjà. Cela montre bien que tous les organismes vivants
se développent dans un environnement social.

31. En quoi Mead rejoint-il Durkheim dans sa critique du « contrat social » ? En


quoi s’en distingue-t-il ?
Tous deux critiquent le contrat social de Spencer car il n’est pas possible
d’expliquer la société moderne par le contrat. En effet, ce serait inverser la
priorité historique et logique.

Le point de départ de la théorie de Durkheim, est la question « Comment un


tas d’individus peut-il former une société ? ». Sa réponse est grâce à la
solidarité, le lien social.
La thèse principale de Durkheim est « L’individu n’est pas historiquement
premier, cela signifie donc que l’individu n’est de la société et non la société de
l’individu ». Il y a donc une priorité historique du social sur l’individuel et une
priorité logique qui en découle : l’irréductibilité des éléments de l’ensemble qui
le composent.
Cette thèse s’oppose à celle de Spencer, la théorie du contrat social où un beau
jour les individus se seraient dit qu’ils formeraient une société à l’aide d’un
immense accord.
On a donc une inversion des priorités : il faut d’abord une structure socialo-
juridique pour créer ces contrats… En choisissant de faire primer le social,
Durkheim va devoir se demander d’où vient le social ? Le cadre socialo-
juridique préalable est issu d’une conscience collective ( = ensemble de
croyances et de sentiments communs à la moyenne des membres d’une
société), qui varie en fonction des sociétés et des solidarités associées…

A l’opposé de Durkheim, Mead considère que la société prime sur l’individu :


sans société il n’y aurait pas de soi et sans soi, il n’y aurait pas d’esprit.

Selon Mead, le comportement est déterminé par la communication. Selon


Durkheim, le comportement est déterminé par la société.

Mead est opposé au contrat social car il présuppose que les individus existent
d’abord comme des être intelligents, comme des soi et qu’ils se rassemblent
ensuite pour former la société. De plus, la société apparaît grâce au langage et à
la communication.

Mead va un peu plus loin que le super déterminisme de Durkheim. Mead se


demande d’où vient le social. Selon lui, il vient du langage et de ses procédures.
Cela donne naissance aux normes sociales. La conscience collective n’est donc
pas née sur terre.
32. Est-ce l’individu ou la société qui est historiquement premier ? Comparez les
positions respectives de Durkheim, Mead et Elias sur cette même question.

Pour Durkheim, un tas d’individus peut constituer une société grâce à la


solidarité, ai lien social. Il distingue deux types de solidarités :
- La solidarité mécanique est la solidarité par similitude. Les individus se
rassemblent car ils ont les mêmes valeurs, idées, sentiments. La société est
cohérente car les individus ne sont pas encore différenciés. On est donc dans le
droit répressif.
- La solidarité organique est celle où le consensus résulte et s’exprime par la
différenciation sociale. On est dans une analogie avec la biologie : les organes
ont des taches spécifiques mais sont nécessaires à l’ensemble de l’organisme.
La solidarité entre les organes tient donc par la différenciation.

La thèse principale de Durkheim est « L’individu n’est pas historiquement


premier, cela signifie donc que l’individu n’est de la société et non la société de
l’individu ». Il y a donc une priorité historique du social sur l’individuel et une
priorité logique qui en découle : l’irréductibilité des éléments de l’ensemble qui
le composent.

Durkheim choisit donc de faire primer le social sur l’individu ! Mais d’où vient
le vient le social ? Le social vient de la conscience collective, c'est-à-dire, un
ensemble de croyances et sentiments communs à la moyenne des membres
d’une société.

Selon Mead, la société prime sur l’individu. Pour lui, sans société, il n’y aurait
pas de soi et sans soi, il n’y aurait pas d’esprit et donc pas d’individus.

Selon Mead, le social viendrait du langage, la communication. Le langage


émerge d’une conversation de gestes qui donne une signification aux mots.

La guerre entre les défenseurs de la sociologie au départ de la société et les


défenseurs de la sociologie au départ des individus exaspère Elias. Il montre sa
position au travers de plusieurs images :
• Les danseurs : chaque pas de l’un dépend des pas de l’autre.
• Le phénomène du double nom : chaque individu a nom individuel et un
nom collectif.
• Il y a une interdépendance des pronoms : le je n’existerait pas sans le
nous.

Selon Elias, la société et l’individu sont à la base de l’être humain. Il faut être
individuel et social. On ne peut pas les séparer. Ce n’est pas l’œuf et la poule. Il
y a un gouffre existentiel qui fait que nous nous sentons comme quelqu’un
d’individuel. Il y a un dedans et un dehors. C’est un produit de l’intériorisation
des normes. Le dedans serait l’individu et le dehors la société. Or, le dedans et
le dehors n’existe pas, ils ne sont qu’une impression.

33. Qu’est-ce qu’une sociologie du devenir ?

Norbert Elias, appartient à une deuxième génération de sociologue. Il œuvre à


la professionnalisation de la discipline. Il envisage une sociologie du devenir !
Une sociologie du devenir s’oppose à l’historicisme, au déterminisme
historique.
Elle se développe contre l’évolutionnisme qui est l’évolution nécessaire entre
un point d’origine unique vers un point de fin unique.
Elle s’oppose également à l’histoire des grands hommes. C’est donc une
critique des historiens et de Webber qui s’attache à certaines grandes
individualités.
Elle s’oppose à une conception linéaire du temps. Le temps n’est pas une ligne
droite. C’est donc une sociologie des processus. C’est une sociologie de
configuration évolutive.
34. Qu’est-ce que la psychogenèse ? Comment Elias procède-t-il à son examen ?

La psychogenèse correspond à la transformation du comportement humain,


c’est la genèse de la psyché. Ce processus joint au processus de sociogenèse
engendre le processus de civilisation. Ces deux genèses sont interdépendantes.
Il va partir de la notion de civilisation qui regroupe des notions différentes : le
progrès, les bonnes manières, la structure de vie, …
Elias, enregistre des transformations des mœurs et fait une analyse de traités
sur le savoir-vivre.
Il s’appuie sur une analyse de 3 époques ramenant à trois termes :
- La courtoisie, liée au moyen-âge
- La civilité, liée à la renaissance. C’est à cette époque qu’apparaissent les
premiers traités de savoir-vivre.
- La civilisation, liée au 18 ème siècle et aux lumières.

Il observe 2 phénomènes correspondant à la civilisation des mœurs :


- Le déplacement du seuil de la pudeur
- Le passage de la contrainte extérieure à la contrainte internalisée. On passe
de la contrainte sociale à l’autocontrainte.
Ce qui offense la sensibilité est reculé dans les coulisses de la vie sociale. Cela
va progressivement passé sous silence. Le déplacement du seuil de la pudeur
va de pair avec l’évolution de l’habitat : un ensemble d’objets va créer une
distance entre l’homme et l’animal. Ex. on mange avec une fourchette. Elias
pense qu’on explique souvent ces objets par des explications rationnelles ou
hygiéniques. Ex. ce n’est pas plus pratique de manger avec des couverts.
Parallèlement à cette modification, il y a une modification de l’agressivité : elle
s’affine, se civilise. C’est le mouvement de civilisation des guerriers. Les
guerriers deviennent des hommes de cours. On se dirige vers une pacification
des relations sociales. La symbolisation de la violence se perd.
De plus, il y a également l’apparition du sport : il est un symptôme et un
instrument de la diffusion de la civilisation. On arrive à un respect des règles
du jeu et au plaisir de jouer plutôt qu’au plaisir de gagner. On est loyal et non
plus victorieux.

35. Qu’est-ce que la sociogenèse ? Comment Elias procède-t-il à son examen ?

Elle est définie par la formation progressive de monopoles fiscaux et policiers.


C’est la construction de l’Etat. Ce processus joint au processus de psychogenèse
engendre le processus de civilisation. Ces deux genèses sont interdépendantes.
Elias analyse la sociogenèse du royaume de France. On passe de la seigneurie
féodale à la société de cours. La situation de départ est une situation de libre
concurrence entre petits royaumes. Ensuite, on arrive à la victoire du
monopole royal avec la monarchie absolutiste de Louis 14.
Cette analyse tente de montrer que le mécanisme est la loi du monopole. La
concurrence aboutit au monopole.
La société de cours a une configuration particulière : le roi tire son pouvoir de
sa fonction centrale et non de sa personnalité charismatique. Sa fonction
sociale est l’équilibrage des tensions entre les deux classes antagonistes que
sont la noblesse et la bourgeoisie. Le territoire privé devenu publique, le roi
n’en est pas propriétaire.

Il y a trois paradoxes dans cette théorie :


- La distance dans la proximité : c’est à Versailles qu’on observe de nombreux
écarts.
- La réduction de l’identité à l’apparence : l’identité s’écrase sous l’importante
de l’extériorité. Le noble n’a pas de métier, ni d’argent mais tient son statut de
ses bonnes manières.
- La supériorité dans la soumission : celui qui se soumet le plus aux règles est
le plus haut. Celui qui est le plus haut est celui qui est le plus enchaîné à la
fonction du roi.
36. Qu’est-ce que la civilisation, selon Norbert Elias ?

La psychogenèse et la sociogenèse sont des transformations qui lorsqu’elles


sont conjointes provoquent la civilisation. La civilisation est le produit de cette
interdépendance.
Ce processus est aveugle : il est né prémédité et non déterminé. Il est pourtant
en train de poursuivre une direction précise, il n’est pas aléatoire. Il n’y a pas
de point 0, de commencement dans l’évolution. Ce processus n’est pas linéaire
mais connait des périodes de flux et de reflux !

Il y a 5 critiques de la civilisation :
- L’holocauste ainsi que Auswitch sont des processus de décivilisation. Elias va
répondre à cette critique de sa théorie de la civilisation en rappelant que le
processus est fait de flux et de reflux. On pourrait comparer cela à la peste qui
ne remet pas en cause le processus de croissance démographique en Occident.
- Dans sa théorie de la psychogenèse, Norbert Elias avait constaté un
déplacement du seuil de la pudeur. Pourtant, au moment de la publication de
ses ouvrages, la libération sexuelle est apparue. Il se serait peut-être trompé
sur l’évolution des mœurs. Il se défend en expliquant qu’à ce stade du
processus, un tel haut niveau d’autocontrôle des pulsions rend possible ce
genre de relâchement des mœurs dans un certain espace temps spécifique et
hautement régulé.
- Dans certains pays, comme en Afrique, il y a une forme de civilisation qui n’a
pas connu le pendant sociogénétique. Ce sont des anthropologues récents qui
apportent cette critique.
- Certains Etats se déconstruisent dans le mouvement d’Européanisation, de
mondialisation. Il répond que ce qui se passe au niveau international est
similaire à ce qui se passait dans le royaume français.
- Le rapport à l’empirie.

37. Comment une collection d’individus peut-elle former une société ? Comparez
les positions respectives de Durkheim, Weber, Elias sur cette même question.

Pour Durkheim, un tas d’individus peut constituer une société grâce à la


solidarité, ai lien social. Il distingue deux types de solidarités :
- La solidarité mécanique est la solidarité par similitude. Les individus se
rassemblent car ils ont les mêmes valeurs, idées, sentiments. La société est
cohérente car les individus ne sont pas encore différenciés. On est donc dans le
droit répressif.
- La solidarité organique est celle où le consensus résulte et s’exprime par la
différenciation sociale. On est dans une analogie avec la biologie : les organes
ont des taches spécifiques mais sont nécessaires à l’ensemble de l’organisme.
La solidarité entre les organes tient donc par la différenciation.

La thèse principale de Durkheim est « L’individu n’est pas historiquement


premier, cela signifie donc que l’individu n’est de la société et non la société de
l’individu ». Il y a donc une priorité historique du social sur l’individuel et une
priorité logique qui en découle : l’irréductibilité des éléments de l’ensemble qui
le composent.

Durkheim choisit donc de faire primer le social sur l’individu ! Mais d’où vient
le vient le social ? Le social vient de la conscience collective, c'est-à-dire, un
ensemble de croyances et sentiments communs à la moyenne des membres
d’une société.

Selon Mead, la société prime sur l’individu. Pour lui, sans société, il n’y aurait
pas de soi et sans soi, il n’y aurait pas d’esprit et donc pas d’individus.

Selon Mead, le social viendrait du langage, la communication. Le langage


émerge d’une conversation de gestes qui donne une signification aux mots.

La guerre entre les défenseurs de la sociologie au départ de la société et les


défenseurs de la sociologie au départ des individus exaspère Elias. Il montre sa
position au travers de plusieurs images :
• Les danseurs : chaque pas de l’un dépend des pas de l’autre.
• Le phénomène du double nom : chaque individu a nom individuel et un
nom collectif.
• Il y a une interdépendance des pronoms : le je n’existerait pas sans le
nous.
Selon Elias, la société et l’individu sont à la base de la réalité humaine. Il faut
être individuel et social. On ne peut pas les séparer. Ce n’est pas l’œuf et la
poule. Il y a un gouffre existentiel qui fait que nous nous sentons comme
quelqu’un d’individuel. Il y a un dedans et un dehors. C’est un produit de
l’intériorisation des normes. Le dedans serait l’individu et le dehors la société.
Or, le dedans et le dehors n’existe pas, ils ne sont qu’une impression.

38. « L’homme de cour a conscience qu’il se fait violence pour des raisons sociales »
(Elias). Explicitez et commentez cette proposition extraite de la sociologie de
Norbert Elias.

L’homme de cours transforme son comportement par refoulement des


pulsions et par rationalisation. La rationalisation est une manifestation parmi
d’autres de la civilisation, un autre produit de l’interdépendance. Pour Elias,
l’individu doit toujours être perçu dans son rapport avec les autres, dans sa
configuration sociale. Parce que la cohabitation sociale change, le
comportement individuel, l’état de conscience et l’économie pulsionnelle se
modifient inévitablement ; les circonstances ne sont pas l’extériorité de
l’homme mais les interdépendances mêmes qui façonnent l’individualité et le
social. Ceci amène l’auteur à considérer la psychologie, la sociologie et
l’histoire comme des disciplines interdépendantes également et peu
dissociables. Elias insiste à nouveau sur le fait que l’humanité ne connaît
aucun stade sans la « ratio » humaine ; ni l’autocontrainte, ni le Surmoi ne
connaissent de point zéro.

On a souvent tendance a expliqué l’usage de la fourchette, du pyjama, … par


des idées hygiéniques. En effet, ce n’est vraiment pas plus pratique de manger
avec une fourchette plutôt qu’avec les mains !
On donne des explications rationnelles à la civilisation des mœurs alors que la
motivation est sociale. C’est la différenciation sociale.
De plus, l’intériorisation de cette contrainte crée un sentiment de culpabilité.
Ces choses sont devenues une deuxième nature.
C’était la différence entre les nobles et les bourgeois : il y avait
interdépendance entre ces deux classes : les uns détenaient les bonnes
manières et les autres détenaient les ressources.
39. L’Holocauste remet-il en question la théorie du processus de civilisation de
Norbert Elias ? Argumentez votre réponse.

L’holocauste ainsi que Auswitch sont des processus de décivilisation, des


génocides énormes. Elias va répondre à cette critique de sa théorie de la
civilisation en rappelant que le processus est fait de flux et de reflux, de creux,
de vagues, ... On pourrait comparer cela à la peste qui ne remet pas en cause le
processus de croissance démographique en Occident.

On pourrait également voir toute l’organisation sous-jacente dans ces


génocides : il y a une organisation bureaucratique de la mort (ex : les os
transformés en savon, comment faire pour que les victimes ne prennent pas
trop de place ?, comment faire pour en pas gaspiller d’énergie pour tuer ?, …)

+ expliquer ce qu’est la civilisation

40. Les discothèques, les plages nudistes, les clubs échangistes... remettent-ils en
question la théorie du processus de civilisation de Norbert Elias ? Argumentez
votre réponse.

Dans sa théorie de la psychogenèse, Norbert Elias avait constaté un


déplacement du seuil de la pudeur. Pourtant, au moment de la publication de
ses ouvrages, la libération sexuelle est apparue. Il se serait peut-être trompé
sur l’évolution des mœurs. Il se défend en expliquant qu’à ce stade du
processus, un tel haut niveau d’autocontrôle des pulsions rend possible ce
genre de relâchement des mœurs dans un certain espace temps spécifique et
hautement régulé

On va vers l’émergence d’une société permissive. Le refoulement aurait-il


disparu ?
Le seuil de ce qui est considéré comme pénible se déplace avec un refoulement
de plus en plus fort…

+ expliquer psychogénèse…

41. Qu’est-ce que le temps, selon Elias ?

Le concept de temps relève d’un haut niveau de synthèse, de connaissance de


certaines données biologiques (les cycles), de données individuelles (les
trajectoires biographiques) et de données sociales (les horloges).
Le temps est une synthèse de haut niveau de ces trois types de données.
Il y a une forme de trinité, de triple rapport au monde :
• Le rapport aux mondes objectif ou naturel qui créé le contrôle des
phénomènes naturels.
• Le rapport au monde social qui créé le contrôle social.
• Le rapport au monde subjectif qui créé un autocontrôle individuel.
Le temps n’existe pas : ce n’est ni objectif, ni subjectif. Il s’oppose à Kant et à
Newton.
Le temps est un concept exprimant la triple relation au monde. Ex. les horloges
ne sont pas le temps, elles représentent des minutes, des heures, des durées
qui ne sont que des concepts. Elles sont des symboles substantialisés.
Pour Elias, ce qui est important c’est le moment favorable. Dans les sociétés
primitives, le chef a le pouvoir de dire quand est le moment favorable. Dans les
sociétés plus complexes, les grands empereurs et les papes ont créé le
calendrier. Le savoir est donc en lien étroit avec le pouvoir.
Les progrès de la science ont permis la mesure du temps, qui n’est pas réelle.
On mesure donc des durées, des rythmes mais pas le temps.
« Le temps ne passe pas » Quand on dit cela, on exprime que la mort approche
et que c’est nous qui passons car on est sur de mourir.

Le temps est un concept, un nom, … et non une substantialisation.


Elias est l’héritier de la conception nominaliste.

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