VITAMINE K
vitamine K en inhibant l'activité de deux enzymes : La
VITAMINE K vitamine K époxyréductase et la vitamine K réductase.
En cas de carence en vitamine K, le foie synthétise des
facteurs de la coagulation non fonctionnels dénommés
PIVKA (Protein Induced by vitamine K Absence ou
Antagonist). Ces protéines ne peuvent fixer le calcium
DEFINITION et agissent en inhibant la coagulation, ce qui entraîne
un syndrome hémorragique.
La dénomination vitamine K rassemble un groupe de
dérivés naturels, liposolubles, dont la structure
comporte un noyau 2-méthyl-1,4 naphtoquinone relié à INDICATIONS DU DOSAGE
une chaîne aliphatique, et doués de propriétés anti-
- Recherche d’une carence en vitamine K. Cette carence
hémorragiques. Chez l’homme, la vitamine K1
peut être évoquée devant l’apparition d’ecchymoses,
(phylloquinone, phytoménadione) est exclusivement
d’hémorragies, en cas d’éthylisme (insuffisance
d’origine végétale et la vitamine K2, uniquement
hépatique), ou en cas de malabsorption sévère. NB : La
d’origine animale. Elles possèdent toutes deux la même
carence en vitamine K peut aisément être dépistée par
activité vitaminique. Les apports recommandés sont de
l’abaissement du taux de prothrombine.
10 µg/kg/jour chez le nouveau-né et de 1 µg/kg/j chez
l’adulte sont habituellement largement couverts par - Suivi des concentrations de vitamine K après prise.
l’alimentation. On la trouve en grande quantité dans les
épinards et les choux, ainsi que dans les tomates ou le
foie de porc et de bœuf ; de plus, elle est synthétisée en RECOMMANDATIONS PREANALYTIQUES
petite quantité par les bactéries intestinales.
PRELEVEMENT - CONSERVATION - TRANSPORT
Synonymes : phylloquinone, phytoménadione, facteur
Se reporter au référentiel des examens de biologie
anti-hémorragique.
médicale Biomnis en ligne pour les conditions de
prélèvement et conservation-transport.
BIOPATHOLOGIE
QUESTIONS A POSER AU PATIENT
Comme toutes les vitamines liposolubles, la vitamine K1 Prenez-vous un traitement médicamenteux ?
est absorbée dans l’intestin en présence de sels biliaires,
La cholestyramine (Questran®) inhibe l’absorption
puis passe dans la circulation sanguine où elle atteint sa
intestinale de la vitamine K.
concentration maximale 2 heures après l’absorption.
Seuls les dérivés hydrosolubles passent dans la Les antivitamines K (Préviscan®, Coumadine®, Sintrom®,
circulation. Les réserves sont faibles (quelques jours), Mini-Sintrom®) entraînent une hypoprothrombinémie
essentiellement hépatiques, mais aussi osseuses, par diminution des facteurs de la coagulation vitamine
musculaires et cutanées. Elle est ensuite éliminée dans K dépendants. La vitamine K1 (phytoménadione,
la bile et dans les urines, en grande partie sous forme de Vitamine K1® Roche, Vitalipide®) peut être administrée
dérivés oxydés ou glycuroconjugués. pour corriger les accidents de surdosage en AVK.
La vitamine K intervient comme cofacteur d’une
carboxylase microsomale qui transforme des molécules
d’acide glutamique en acides gammacarboxyglutamiques
METHODES DE DOSAGE
capables de fixer le calcium et doués de propriétés Extraction liquide–liquide suivie d'une
biologiques. Cette carboxylation permet donc la chromatographie liquide haute performance
maturation de certains facteurs de la coagulation (les préparative, puis le dosage est effectué par une
facteurs II, VII, IX, X) et des protéines C et S, ainsi que de deuxième HPLC avec détection fluorimétrique après
l’ostéocalcine et de la protéine Z (qui pourrait permettre de réduction de la vitamine K1.
limiter l’action de la thrombine au niveau lésionnel).
Le foie synthétise d'abord des précurseurs inactifs, puis
la vitamine K transforme une dizaine de molécules VALEURS DE REFERENCE
d'acide glutamique de l'extrémité NH2 terminale de
chacun des facteurs en acide gamma- Elles peuvent varier selon les techniques de dosage et
carboxyglutamique, cette étape étant nécessaire à la les laboratoires. A titre indicatif : Vitamine K1 : 150 à
fixation de ces facteurs sur les phopholipides 900 ng/l.
anioniques des membranes cellulaires. Pour jouer le
rôle de cofacteur de la carboxylase hépatique, la
vitamine K doit être réduite. Les antivitamines K
(anticoagulants oraux) empêchent la réduction de la
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VITAMINE K
INR mesuré Mesures correctrices
VARIATIONS PHYSIOPATHOLOGIQUES INR mesuré INR cible 2,5 INR cible ≥ 3
(fenêtre entre 2 et 3) (fenêtre 2,5 - 3,5 ou 3 - 4,5)
VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES INR < 4 - pas de saut de prise /
- pas d’apport de vitamine K
Les nouveau-nés ont une hypoprothrombinémie
4 ≤ INR < 6 - saut d’une prise - pas de saut de prise
persistant pendant les premiers jours de vie, jusqu’à ce - pas d’apport de vitamine K - pas d’apport de vitamine K
que le développement de la flore intestinale et les 6 ≤ INR < 10 - arrêt du traitement - saut d’une prise
apports alimentaires en vitamine K soient suffisants. Les - 1 à 2 mg de vitamine K par - un avis spécialisé est
taux plasmatiques des facteurs de coagulation vitamine voie orale (1/2 à 1 ampoule recommandé (ex. cardiologue
buvable forme pédiatrique) en cas de prothèse valvulaire
K-dépendants représentent 20 à 40 % des taux adultes (grade A) mécanique) pour discuter un
(ils sont plus bas encore chez les prématurés), traitement éventuel par 1 à 2
mg de vitamine K par voie
diminuent dans les deux trois premiers jours de vie orale (1/2 à 1 ampoule
avant d’augmenter progressivement jusqu’aux valeurs buvable forme pédiatrique)
normales de l’adulte. De plus, le lait maternel chez les INR ≥ 10 - arrêt du traitement - un avis spécialisé sans délai
- 5 mg de vitamine K par voie ou une hospitalisation est
bébés nourris au sein est pauvre en vitamine K. La orale (1/2 ampoule buvable recommandé
carence en vitamine K est de règle : il convient de forme adulte) (grade A)
supplémenter ces nourrissons, pendant les deux
premiers mois de l’allaitement au sein.
La carence en vitamine K serait également fréquente POUR EN SAVOIR PLUS
chez les personnes âgées, notamment chez celles Moussa F., Pressac M. Vitamine K. In: Cahier de formation
atteintes d’ostéoporose. en biologie médicale. Bioforma 2007;n°38:64-73
VARIATIONS PATHOLOGIQUES [Link]
Les besoins sont habituellement couverts par
l’alimentation. Chez l’adulte, il n’existe pas de carences
d’apport (hormis en cas d’alimentation parentérale
prolongée non supplémentée ou de diminution de la
synthèse endogène due à un traitement antibiotique au
long cours). En revanche, des accidents hémorragiques
par avitaminose K peuvent survenir en cas de :
- carence d’absorption : malabsorption sévère (maladie
de Crohn, stéatorrhée, mucoviscidose, résection
intestinale étendue), ictère par rétention ;
- carence d’utilisation : insuffisance hépatique sévère
(hépatite, cirrhose d’origine infectieuse, toxique ou
secondaire à une obstruction prolongée des voies
biliaires), alcoolisme chronique, traitements par
antivitamines K (anticoagulants oraux) ;
- maladie hémorragique du nouveau-né : il existe dans
ce cas une immaturité hépatique associée à une carence
d’apport.
UTILISATION EN THERAPEUTIQUE
Le traitement par vitamine K est utilisé chez les
nouveau-nés (cf. supra) et chez les sujets surdosés en
AVK.
En France, les mesures correctrices suivantes sont
recommandées en cas de surdosage en AVK, en
fonction de l’INR mesuré et de l’INR cible (HAS, avril
2008).
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