Formation CCAG Marchés Obligatoire 2021
Formation CCAG Marchés Obligatoire 2021
L. Lopez
L
es marchés publics représentent un facteur d’offres...), dépouillement et choix de l’entreprise
économique très important. Leur nombre attributaire, passation et notification du marché,
(entre 150 et 200 000 par an) et leur vo- constatation et liquidation de la dépense. Ce code
lume financier (entre 200 et 300 milliards est particulièrement complet, et il s’impose à tous
de francs par an) en font un enjeu très convoité. les acheteurs publics (administration de l’État,
Il était donc naturel d’accompagner et d’encadrer collectivités territoriales, organismes publics ou para-
cette activité par des règles strictes offrant une publics...) au même titre que le Code pénal ou le
grande transparence et laissant la plus grande li- Code de la route pour les objets entrant dans leur
berté possible au jeu de la concurrence. C’est la champ d’action. Les dérogations sont exceptionnelles.
raison d’être de la réglementation française en
Sont associés au Code des marchés publics quatre Ca-
matière de marchés publics, le législateur s’appli-
hiers des Clauses Administratives Générales, autre-
quant à préserver cette double qualité que doit
ment dit CCAG : un CCAG travaux, un CCAG
avoir la dévolution des marchés. A l’évidence, cela
fournitures courantes et services, un CCAG pres-
nécessite un volume de travail relativement im-
tations intellectuelles et un CCAG marchés in-
portant de la part des donneurs d’ordres publics,
dustriels. Tout ce dispositif est complété par de
en terme de production des pièces écrites de con-
multiples de textes, lois, décrets et circulaires trai-
sultation, de choix, de passation des marchés et
tant, l’un de la sous-traitance, l’autre de l’évolu-
de liquidation de la dépense. Il existe aujourd’hui
tion des prix unitaires, un autre encore de la sécurité
au ministère de l’Équipement des outils pour cha-
et de la santé des travailleurs…
cune de ces tâches.
Pour finir, l’Europe nous alimente également en
La réglementation nombreux textes ou directives qu’il faut absolu-
des marchés publics ment appliquer. Leur nombre va croissant au fil
des années.
Textes de référence Cette réglementation est également sécurisante au
La réglementation française en matière de marchés
Ingénieries – EAT – N°9
mars 1997 – p 43 à 54
et une diminution non moins sensible de celle des joncture, DBTPC, qui est devenue depuis la Di-
collectivités territoriales (-20 à -30 %). rection des Affaires Économiques et Internatio-
nales, DAEI. La maîtrise d’œuvre du projet
Concernant plus particulièrement le mode de informatique a été confiée dès le début au Centre
passation des marchés, il est à noter la quasi- d’Études Techniques de l’Équipement Méditer-
disparition de l’adjudication (figure 2), basée ranée, le CETE, installé à Aix-en-Provence.
exclusivement sur la notion de moins disant éco-
nomique. Ce mode de dévolution représente 1,7 %
En milliards
en nombre de marchés. Toutefois, si pour l’État de francs État
(0,6 %) et les entreprises publiques (0,4 %) cette 180 Collectivités locales
procédure est pratiquement supprimée, elle 160
demeure encore présente pour les collectivités 140
locales dans 2,1 % des cas.
120
Globalement c’est l’appel d’offres, et plus parti- 100
culièrement la procédure ouverte (figure 3), qui 80
est le plus utilisé : un peu plus de 60 %. Les mar- 60
chés négociés ne représentent qu’un peu moins 40
de 40 %. Toutefois on constate des disparités très 20
grandes entre les pratiques des différents types 0
d’acheteurs publics. En effet, si les collectivités 1988 1989 1990 1991 1992
locales, dans leur ensemble, vont au-delà de cette Années
tendance, 67 % d’appel d’offres contre 31 % de Figure 1. – Evolution du montant total des marchés publics - CCM
marchés négociés, les entreprises publiques, et plus 1994.
encore l’État, vont à son encontre. De plus, pour
Négociés Appels d'offres
l’État, la majorité des marchés négociés l’est sans avec concurrence Adjudications ouverts
1% 14%
mise en concurrence préalable. 14%
Figure 2. –
Répartition par
La longue marche du ministère mode de passation
de l'Équipement vers l'information des marchés
des marchés publics Négociés
sans concurrence
Appels d'offres
restreints
publics - CCM
42% 29% 1994.
Dès sa création, le ministère de l’Équipement a
dû appliquer la réglementation des marchés pu-
Figure 3. – Répartition par mode de passation des marchés publics
blics. Depuis une trentaine d’années, ses services de l'Etat, des collectivités territoriales et des entreprises publiques -
recherchent des solutions d’automatisation. CCM 1994.
Dès 1970, il a été décidé d’informatiser le traite- Nombre de marchés
ment des marchés publics. L’objectif était non seu- 70000
lement de répondre aux besoins des acheteurs État
60000 Collectivités locales
publics par un soulagement des tâches et un con-
Entreprises Publiques
fort sur l’utilisation de la réglementation, mais aussi 50000
d’offrir à ces mêmes utilisateurs la sécurité, c’est-
40000
à-dire la validité des pièces contractuelles produi-
tes, vis-à-vis des nombreux changements de cette 30000
réglementation.
20000
Les premiers outils ont été conçus et réalisés entre
10000
1970 et 1974, sous la maîtrise d’ouvrage de la di-
rection centrale du ministère ayant en charge la 0
tutelle du Bâtiment et des Travaux Publics en Adjudi- Appels Appels Négociés Négociés
France : il s’agissait tout d’abord de la Direction cations d'offres d'offres sans avec
ouverts restreins concurrence concurrence
du Bâtiment, des Travaux Publics et de la Con-
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Ainsi sont nés FRAME, l’outil de FRappe Auto- L'historique de la ligne LMP
matique des Marchés de l’Équipement, et GAME,
l’outil de Gestion Automatisée des Marchés de Groupe de travail « DAEI -
l’Équipement. DGCCRF »
A la suite de la condamnation par le conseil de la
Très vite, de 1975 à 1980, sont apparues de nou-
concurrence en 1989 de nombreuses entreprises
velles applications : RAMSES et Micro-GAME,
routières, les pouvoirs publics ont décidé d’enga-
petits frères de FRAME et GAME, traitant des
ger une réflexion sur les procédures de dévolu-
marchés simples, c’est-à-dire des marchés sans tran-
tion (attribution) des marchés dans le secteur des
che ni lot, passés avec une entreprise unique.
Travaux Publics. Un groupe de travail a été créé
Puis l’avènement de la micro-informatique dans en février 1990 par les ministres de l’Équipement
les années 80 a conduit le maître d’ouvrage et le et de l’Économie, des Finances et du Budget ; il a
maître d’œuvre du projet à repenser leurs appli- été placé sous la co-présidence du Directeur des
cations, pour arriver aujourd’hui à la création d’une Affaires Économiques et Internationales (DAEI)
ligne de produits homogènes et cohérents cou- au ministère en charge de l’Équipement, et du Di-
vrant l’ensemble du cycle de vie d’un marché pu- recteur Général de la Consommation, de la Con-
blic, la ligne LMP ou Logiciels Marchés Publics. currence et de la Répression des Fraudes
(DGCCRF). Ce groupe de travail a associé des
Depuis deux ans maintenant, il a été décidé de
représentants de la plupart des administrations,
« basculer » dans le monde Windows. Les années
de la Commission Centrale des Marchés (CCM)
qui viennent verront naître une nouvelle généra-
et des professionnels des Travaux Publics et du
tion de produits dont l’objectif principal restera
Bâtiment.
toujours la simplification et la qualité du traite-
ment des marchés publics (encadré). Constatant que c’était moins la réglementation qui
était en cause que les comportements et les prati-
Encadré ques des acheteurs publics, les réflexions du groupe
ont porté sur les actions à entreprendre pour inci-
ter les maîtres d’ouvrage à la mise en œuvre d’une
Le développement d’applications informatiques est complexe. Il existe
souvent un décalage entre la commande, pas toujours très bien
concurrence effective, et non pas seulement for-
formalisée par le maître d’ouvrage et le résultat final, parfois quelque melle, lors de la dévolution des marchés publics.
peu dévié de son objectif par les informaticiens. Le groupe a proposé, en novembre 1990, une di-
Pour toutes ces raisons, le ministère de l’Équipement s’est doté depuis zaine de mesures concrètes pour améliorer l’effi-
de nombreuses années d’outils et de méthodes. cacité des règles de passation des marchés publics
C’est ainsi qu’est née au département de l’Informatique du CETE
et la transparence de leur dévolution. Parmi les
Méditerranée la méthode MERISE de modélisation et de conception. principales mesures envisagées, figure le projet de
Par la suite, le ministère a mis au point la méthode EQUIP/1 de conduite mettre à la disposition des acheteurs publics des
de projet vue du côté du maître d’œuvre, puis la méthode CHEOPS, outils informatiques qui leurs apportent une as-
son homologue, vue du côté du maître d’ouvrage. sistance, par une approche plus opérationnelle
qu’une simple banque de données réglementaire,
De nouvelles méthodes sont introduites dans les projets avec l’avènement
tout en n’étant pas des systèmes d’experts.
de l’ « orienté objet ». Il en va ainsi de la méthode de modélisation et
de conception OMT, de l’outil de développement Power Builder et
d’une bibliothèque d’objets développée au CETE Méditerranée. Sous-groupe dit « dévolution
des marchés »
En parallèle de ces outils et méthodes « professionnels », se sont Un groupe de pilotage interministériel a été mis
développées des actions visant à augmenter le niveau de la qualité
en place. Chargé de mettre au point ce projet, il
des productions du ministère. Ainsi a été mis sur pied un « Réseau
est conduit par la DAEI et associe la CCM, la
Qualité », associant l’ensemble des services constituant son réseau
DGCCRF et d’autres administrations, le CETE
technique. Puis, par décision ministérielle, une « Délégation à la Qualité
» a été créée. De nombreuses initiatives locales ont également été
Méditerranée étant chargé de la maîtrise d’œuvre
prises par différents services. L’une d’entre elles concerne le Département générale de l’opération.
de l’Informatique du CETE Méditerranée, qui élabore un système qualité Le groupe a effectué le recensement des outils
visant à atteindre le niveau de la certification ISO9001. existants et avait pour mission d'élaborer un pa-
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Les Traitements automatisés des marchés publics
nel d’outils d’assistance concernant toutes les phases 1°) A chaque étape du cycle de vie doit corres-
d’un marché de travaux, depuis la préparation au pondre un et un seul produit, et un produit ne
sens le plus large du terme (programmation de doit couvrir qu’une et une seule étape.
l’opération sur le plan administratif et financier, 2°) Chaque produit doit pouvoir fonctionner de
rédaction des documents de consultation, aide au façon totalement autonome et indépendante des
dépouillement des offres, etc.) jusqu’au solde de autres produits. Ainsi un acheteur qui souhaite-
l’opération, en passant par toutes les étapes de la rait utiliser le deuxième et le cinquième produit
gestion. Il est convenu que tous les « modules » par exemple, devra pouvoir le faire, sans avoir à
qui seront proposés aux acheteurs seront fonc- acquérir les produits situés entre eux, et encore
tionnellement cohérents entre eux et pourront être moins l’ensemble de la ligne.
acquis soit globalement, soit individuellement.
3°) Tous les produits devront pouvoir communi-
La DAEI bénéficiant d’une position d’observa- quer entre eux, à travers un espace de communi-
teur privilégié du secteur des Travaux Publics a cation prédéfini, cet espace de communication
déjà pu diffuser largement ses produits au sein des fonctionnant de la manière suivante : tout pro-
services de l’État ainsi qu’auprès d’autres acheteurs duit qui génère de l’information la met à disposi-
publics et privés. Elle s’engage, en collaboration tion des autres produits sans se soucier de savoir
avec les autres membres du groupe de pilotage, à si elle va être utilisée ou non, ni par quel produit ;
assurer la diffusion de masse d’une bibliothèque a contrario, un produit qui a besoin d’une infor-
de logiciels d’aide à la décision, en garantissant mation va rechercher dans l’espace de communi-
une adéquation optimale aux besoins des utilisa- cation si cette information est disponible, sans se
teurs : ce dernier point, condition essentielle de la soucier de savoir quel produit l’y a déposée.
(sur)vie des logiciels, suppose qu’une mise à jour
soit effectuée de façon quasi-permanente. Produits existants
Aujourd’hui, quatre produits sont disponibles. Pour
chacun d’entre eux, l’utilisateur peut activer à tout
La ligne de produits « logiciels
moment une aide en ligne réglementaire adaptée
marchés publics »
au contexte où il se trouve dans l’application.
Ainsi est née la ligne de produits LMP, Logiciels
PRAM : progiciel de rédaction automatisée des
Marchés Publics.
marchés :
Cycle de vie d’un marché public – aide à la rédaction des pièces administratives du
Cette ligne de produits suit pas à pas le cycle de dossier de consultation des Entreprises, à savoir :
vie d’un marché public. Celui-ci peut être découpé Règlement de la consultation, cadre de l’acte d’en-
en six étapes principales. gagement et cahier des clauses administratives
particulières ;
1°) L’évaluation financière initiale. Elle permet
d’avoir très tôt et en grande masse une approxi- – conçoit et imprime les documents en applica-
mation du coût total de l’opération prévue. tion de la réglementation en vigueur ;
2°) La conception et la rédaction des pièces cons- – édite le cadre du bordereau des prix, le cadre du
tituant le dossier de consultation des entreprises. détail estimatif et calcule l’estimation prévision-
3°) La consultation des entreprises. nelle des travaux.
4°) Le dépouillement des offres et le choix du can-
didat retenu. La saisie interactive s’effectue par document (RC,
5°) La passation et la notification du marché à CAE, CCAP) ou par type d’information (autori-
l’entreprise retenue. tés compétentes, délais, prix…).
6°) L’exécution du marché. Un diagnostic de fin de saisie contrôle la complé-
Trois grands principes de la ligne tude et la cohérence de l’ensemble des réponses
LMP données avant l’édition des documents.
Ce cycle étant défini, chacun des produits qui PRAM existe aujourd’hui en version « travaux »,
composent la ligne LMP devra observer trois grands « fournitures courantes et services » et « prestations
principes. intellectuelles / sécurité et protection de la Santé ».
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Fonctionnant sous système d’exploitation Dos, une – établit et édite, dans le cas de dépassement du
version Windows sera disponible dans le courant délai de mandatement, les états de calcul et de
de l’année 1998. liquidation des intérêts moratoires ;
AIDE : aide au dépouillement des appels d’offres : – établit et édite, dans le cas de marchés complexes
(tranches, lots, co-traitants, sous-traitants…), les
– enregistre les offres des soumissionnaires et cal-
états de répartitions nécessaires à la liquidation
cule l’offre type, soit à la moyenne des offres avec
ou sans extrêmes, soit au tiers de la répartition des comptes ;
des offres ; – prend en compte, au fur et à mesure de leur
– compare et classe les offres des soumissionnaires apparition, toutes les modifications (avenant, acte
par rapport à l’offre type et aussi par rapport à spécial de sous-traitance, bordereau de prix sup-
l’estimation de l’administration ; plémentaire…) et autres événements (notification
de tranche, réception…) pouvant survenir sur le
– édite l’estimation de l’administration, le récapi- marché ;
tulatif des prix unitaires, le tableau d’analyse de
chaque offre, celui-ci pouvant donner lieu à une – établit et édite à la demande un État des Paiements
édition sous forme de graphique. faits à chaque entreprise intervenant sur le marché.
La version actuelle du logiciel ne compare les of- Un diagnostic de fin de saisie contrôle la complé-
fres que sur le seul critère « prix ». En 1997, une tude et la cohérence de l’ensemble des réponses
nouvelle version intégrera le critère « valeur tech- données avant l’édition des documents.
nique ». L’utilisateur pourra alors indiquer ses cri- Depuis 1991, les échanges entre l’entreprise et l’or-
tères de sélection (correspondant à ceux qu’il aura donnateur d’une part, l’ordonnateur et le payeur
inscrit dans le règlement de la consultation), leur d’autre part, peuvent s’effectuer au moyen de
poids respectif dans le choix du candidat, compa- messages électroniques permettant de s’affranchir
rer les offres sur ces critères et permettre ainsi l’at- du « papier ». Ce point est plus amplement déve-
tribution du marché au mieux-disant. loppé dans le paragraphe suivant.
L’application fonctionne actuellement sous système GAME existe aujourd’hui en version « travaux ».
d’exploitation Dos. Des versions « fournitures courantes et services »
GAME : gestion automatisée des marchés publics : et « prestations intellectuelles/sécurité et protec-
tion de la santé » sont en cours de réalisation.
– intervient à la fin de chaque période définie
dans la CCAP du marché, en général le mois, ou Fonctionnant sous système d’exploitation Dos, une
à la fin même du marché, après les opérations de version Windows sera disponible dans le courant
réception ; de l’année 1998.
– enregistre et contrôle le projet de décompte SUIC : suivi de chantier :
mensuel ou final envoyé par l’entreprise ; par déro-
gation au CCAG inscrite au CCAP, l’utilisation – enregistre les constats faits sur le chantier au fur
de GAME permet à l’entreprise de fournir un projet et à mesure de leur établissement ;
de décompte simplifié ne comportant que les es- – permet de suivre quotidiennement les constata-
timations quantitatives, en utilisant le formulaire tions ;
fourni par GAME ;
– indique l’avancement et les éventuels dépasse-
– établit et édite toutes les pièces de liquidation ments ;
de la dépense à joindre au mandatement comme
pièces justificatives : certificat administratif, dé- – permet de réaliser un suivi prévisionnel quanti-
compte mensuel ou final et ses annexes, situations tatif par prix ;
et fiches administratives et financières, état – permet de connaître à tout instant la situation
d’acompte mensuel ou de solde et ses annexes, état d’une opération dans son ensemble ;
de l’actualisation ou de la révision, fiche du calcul
du coefficient de variation de prix, état de la TVA, – permet d’obtenir des bilans financiers prévision-
certificat pour paiement d’acompte ou de solde ; nels de fin de chantier ;
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Les Traitements automatisés des marchés publics
– établit et édite l’état navette d’un marché, le re- Privés 15% MELTT25%
Grandes
levé des chantiers, l’état des prestations effectuées Infrastructures 3%
journalièrement et depuis l’origine, le détail esti-
matif des chantiers et des sous-ouvrages, l’état de Figure 4. –
suivi de l’opération. Répartition des
Autres clients des logiciels
L’application fonctionne actuellement sous système Collectivités
locales
Ministères de la ligne LMP -
d’exploitation Dos. 39%
18%
décembre 1996.
Implantations actuelles
Actuellement environ 500 clients utilisent tout ou
– les établissements ou sociétés publics et
partie des produits de la ligne LMP (figure 4).
parapublics au nombre de 15 : ports autonomes,
Cela représente 9 200 sites installés, c’est-à-dire
établissements publics, sociétés d’autoroutes, aé-
9 200 postes informatiques, répartis comme suit :
roports ; ils représentent 60 sites ;
– 4 500 PRAM,
– les organismes de construction au nombre de
– 1 200 AIDE, 15 : sociétés d’économie mixte, offices ou socié-
– 2 700 GAME, tés d’HLM, OPAC ; ils représentent 30 sites.
– 800 SUIC. La très grande majorité (99 %) de ces services sont
abonnés aux mises à jour des applicatifs au moyen
Les utilisateurs sont dans l’ordre :
de contrats de service. Ces contrats leur assurent
– les services de l’équipement au nombre de 125 : la mise à disposition au fur et à mesure de leur
directions départementales ou directions de l’équi- réalisation des différentes versions des logiciels,
pement, écoles, services maritimes ou de naviga- élément indispensable pour la bonne utilisation
tion, services des bases aériennes, services réglementaire des produits.
techniques centraux, centres d’études techniques
de l’équipement, inspection générale ; ils repré-
sentent 7 900 sites ;
L’EDI
L’EDI, dans le domaine du bâtiment et des tra-
– les collectivités territoriales au nombre de 180 :
vaux publics est extrêmement dynamique.
conseils régionaux, conseils généraux, communes,
communautés ou districts urbains, syndicats in- L’EDI dans le cadre des marchés publics, au sein
tercommunaux, chambres de commerce et d’in- du ministère de l’Équipement, relève de la DAEI,
dustrie ; elles représentent 800 sites ; et plus particulièrement de la sous-direction chargée
de l’environnement économique du BTP.
– les autres ministères au nombre de 90 : Agricul-
ture, Culture, Défense, Éducation Nationale, In- Une de ses missions consiste notamment à mettre
térieur, Justice, Environnement, Recherche, Santé, à la disposition des différents organismes qui ap-
Finances ; ils représentent 260 sites. Concernant pliquent le Code des marchés publics, des logi-
plus particulièrement le ministère de l’Agriculture, ciels traitant des marchés.
de la Pêche et de l’Alimentation, huit services sont
L'amélioration des conditions de traitement des
actuellement identifiés comme clients directs :
marchés et l’augmentation de la productivité sont
sept directions départementales de l’Agriculture
les objectifs essentiels de ces applications, par la
et des Forêts (DDAF) et l’INRA de Clermont-
réduction des délais de paiement et du volume
Ferrand ; à ces services il faut encore ajouter les
des pièces produites. A titre d’exemple, quand trois
DDAF, considérées comme un service d’une DDE,
semaines environ étaient nécessaires pour régler
pour lesquelles nous n’avons pas d’informations
une situation, contrôler les prix, contrôler l’avan-
statistiques ;
cement des travaux d’un marché public, une jour-
– les bureaux d’études privés, qui font de l’assis- née est désormais suffisante pour en maîtriser les
tance à la maîtrise d’ouvrage ou de la maîtrise différentes étapes. Il en est de même pour la ré-
d’œuvre, au nombre de 75, dont un à Madagas- daction du dossier de consultation des entrepri-
car ; ils représentent 150 sites ; ses nécessaire à l’appel d’offre.
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Appels d’offres avec variante EDI et un abonnement à un serveur. Pour les utilisa-
Pour la rédaction des marchés, le ministère de teurs de GAME dépendant de l’administration de
l’Équipement a fait adapter le logiciel PRAM en l’Équipement, une connexion gratuite au serveur
y intégrant la variante EDI. CIS du ministère leur est proposée.
Les entreprises intéressées par la réalisation du Une fois le produit installé, seuls les coûts de
marché répondent à ces appels d’offres dans le cadre communication restent à la charge des utilisa-
de cette variante. Bien sûr, une réponse défavora- teurs et il n’y a pas, comme pour d’autres solu-
ble à la variante ne peut être une raison d’exclu- tions existantes dans le domaine du BTP, de
sion mais, pour deux offres identiques, la préférence
facturation par le serveur au prorata du mon-
sera donnée à celle utilisant l’EDI.
tant du marché. En outre il est possible, en cours
Le contrat d’interchange, annexé au marché, dé- de marché, de revenir à un traitement tradition-
finit les échanges et autorise le retour à un traite- nel (traitement papier habituel), puisque les ap-
ment traditionnel. Il est donc possible, tant au plications et les données se trouvent chez
donneur d’ordres qu’à l’entreprise, de revenir à l’utilisateur et non sur le serveur. De même, les
une gestion non dématérialisée. C’est une souplesse calculs sont réalisés localement et non sur le
non négligeable pour les entreprises qui ne se sen- serveur distant. L’intérêt économique de cette
tent pas emprisonnées par le système. De plus, si solution réside dans l’absence de connexion
une entreprise est défaillante, une autre peut aisé- permanente au serveur.
ment reprendre la suite vis-à-vis de l’EDI bien sûr.
Quelles incidences
GAME et l’EDI pour l’organisation ?
Le logiciel GAME a fait l’objet d’une adaptation L’aspect organisationnel est bien sûr le plus impor-
à l’EDI. Mais avant sa version « EDIsée », un
tant. Sur la quinzaine de directions départementa-
grand nombre (voir paragraphe précédent) de
les déjà équipées, les schémas d’organisation interne
donneurs d’ordres publics étaient déjà équipés
et les interlocuteurs sont bien souvent différents.
du produit. L’un de ses intérêts est de pouvoir
être utilisé avec ou sans EDI. De la version tra- L’implantation de GAME « EDIsé » ne bouleverse
ditionnelle à la version EDI, la migration est ainsi pas la pratique courante des services (cellule mar-
plus facile à réaliser. chés, comptabilité, subdivisions, arrondissements),
Une quinzaine de directions départementales de chacun des intervenants se voyant attribuer celui
l’Équipement, ainsi que d’autres maîtres d’ouvrage des sous-ensembles de GAME « EDIsé » (Outil
publics (ministère de la Défense, aéroports de Paris, de constatation des travaux, outil de liquidation
offices HLM, hôpitaux), utilisent actuellement de la dépense) qui correspond à leur fonction
GAME « EDIsé ». habituelle.
Le premier chantier à l’avoir mis en œuvre est celui L’objectif final est cependant de proposer des sché-
de la déviation de la RN 10 à Angoulême en 1991. mas d’organisation et de fonctionnement types,
Il s’agissait là d’une première européenne dans le auxquels les utilisateurs devront souscrire. Mais il
monde de la construction. La direction départe- faut d’abord leur faire admettre que l’EDI n’est ni
mentale de l’Équipement de la Charente, qui traite coûteux, ni compliqué.
actuellement une dizaine de marchés avec cet outil,
conserve d’ailleurs son rôle de service pilote puis- Le projet de décompte de l’entreprise, accom-
que sur le thème de l’intégration des échanges avec pagné éventuellement des attestations de paie-
la Comptabilité publique, elle a procédé à des tests ment aux sous-traitants, et le décompte et l’état
avec le Trésorier-payeur général du département. d’acompte produits par le donneur d’ordres sont
aujourd’hui échangés de manière dématérialisée.
Conditions techniques simples Seul le décompte général et définitif ne l’est pas
Les conditions techniques préalables à la mise en encore. Tous ces flux d’informations entre le
œuvre des EDI sont simples à réunir : un micro donneur d’ordres, les entreprises et leurs sous-
ordinateur de type PC 486, une carte de commu- traitants ont été analysés et incorporés dans les
nication X25 ou X32, ou un modem asynchrone, messages EDIFACT.
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Les Traitements automatisés des marchés publics
Quand tous les sites départementaux des finances deront progressivement une proposition de man-
seront équipés (vraisemblablement dans le cou- datement « EDIsée ».
rant de l’année 1997), cela modifiera considéra-
De nouvelles opérations pilotes pour la phase de
blement le panorama de l’EDI, car les services
paiement seront bientôt lancées dans le domaine
publics n’auront plus d'alternative : les maîtres
du bâtiment.
d’ouvrage du secteur public lanceront naturelle-
ment leurs appels d’offres avec la variante EDI
puisque les Trésoriers-payeurs généraux deman-
Mandatement
Le ministère chargé de l’Équipement dispose déjà
d’outils logiciels « traditionnels » (comme CAS-
SIOPEE), qui permettent de traiter la partie « man-
Le témoignage de deux utilisateurs des services extérieurs datement des marchés publics ». Mais dans la
du ministère de l’Agriculture, de la Pêche relation EDI entre donneur d’ordres et entreprise,
et de l’Alimentation (M.A.P.A.) le TPG est pour le moment absent. Dès lors qu’il
sera présent dans l’échange, la relation sera com-
plète et c’est à ce moment que sera réalisé le gain
Jean-Yves ROUXEL, Service Espace Rural, Forêt : la Direction
de temps.
Départementale de l’Agriculture et de la Forêt d’Ille-et-Vilaine (D.D.A.F.
35) a fait l’acquisition du logiciel «PRAM-Travaux» en juin 1995. Quelque Il est conseillé actuellement d’utiliser le système
70 % de la centaine de marchés publics traitées annuellement par les de la lettre de change relevé. C’est un palliatif qui
différents services de la D.D.A.F. le sont maintenant sous PRAM et ce n’a jamais vraiment amélioré les délais de paie-
pourcentage augmente. Les principaux avantages mis en avant par les ment. La LCR tombera d’elle même si tous les
utilisateurs s’énumèrent comme suit : acteurs dès demain utilisent l’EDI.
• aide à la décision pour le choix de la formule de marché la plus
appropriée au contexte de l’opération ; Le ministère chargé de l’Équipement participe
• production de documents contractuels conformes à la réglementation activement à l’élaboration de la réglementation qui
en vigueur (sans avoir à suivre de façon permanente la parution des tend à réduire les délais de paiement. Les délais
textes officiels) ; de mandatement ont été ramenés début 1995 de
• fonction «aide» du logiciel particulièrement performante et permettant 45 à 35 jours passeront probablement dans un
d’avoir un panorama rapide (et à jour) des textes généraux applicables avenir proche de 35 à 25 jours. Si le paiement
aux marchés publics ; effectif dépend de la disponibilité des fonds, les
• module «détail estimatif» très apprécié pour les possibilités de simulation services administratifs seront obligés de traiter les
qu’il offre ; propositions de mandatement dans un délai plus
• gain de temps : moins d’une heure pour élaborer complètement un court de 20 jours, puis de 10 jours au total. Cela
marché simple (pièces écrites prêtes à l’envoi pour la mise en concurrence). les obligera à adopter des structures différentes car
avec les procédures classiques ils n’y arriveront sans
Geneviève PRADES, du Service Equipements Publics Ruraux de la
doute pas. Des outils comme GAME « EDIsé »
D.D.A.F. de l’Indre (36), a pu acquérir une première licence de «PRAM-
trouveront là leur pleine efficacité. Les utilisateurs
Travaux» au début de l’année 1996. Depuis, deux autres postes
informatiques de son service ont été équipés. Toutefois, une dizaine de
deviendront à ce moment là demandeurs de solu-
marchés seulement ont été, à ce jour, conçus avec PRAM. Il est parfois
tions qui leur permettront la meilleure rentabilité.
reproché au produit son interface-utilisateur quelque peu démodée
(environnement D.O.S.) et le manque d’esthétisme des textes qu’il imprime. Conclusion
Mme PRADES, intimement convaincue de l’intérêt du logiciel, estime quant
à elle « qu’il est préférable de faire [grâce à PRAM] des marchés justes Un enjeu économique fort, une réglementation
[offrant, donc, moins de prise au risque de contentieux ou d’invalidation] complexe, des donneurs d’ordres nombreux et
plutôt que beaux ». variés, telles sont les caractéristiques du domaine
En conclusion, la sortie prochaine de la version sous environnement des marchés publics. Des outils appropriés à cha-
Windows des logiciels de la gamme est attendue avec impatience... et que tâche, cohérents et communicants, permet-
ce afin de pouvoir élaborer des marchés à la fois justes et beaux... tent aux gestionnaires de ces marchés un traitement
automatisé leur offrant toutes les garanties de trans-
La rédaction d’Ingénieries E.A.T. remercie ces deux agents, et leur parence et de libre jeu de la concurrence. De nou-
service de rattachement, pour avoir formulé, en toute simplicité, les velles technologies dans le développement des
témoignages ci-dessus. applications informatiques (Windows, l’objet, etc.)
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Les Traitements automatisés des marchés publics
confèrent à ces outils une convivialité et une puis- gressive des délais de paiement et l’implication très
sance concourant à une plus grande productivité forte du ministère des Finances inciteront les don-
des agents en charge de ces tâches. L’avènement neurs d’ordre et les entreprises à adopter cette
d’une nouvelle technique de communication, nouvelle technologie. □
l’EDI, doit, dans les années à venir, accroître en-
core cette productivité et diminuer fortement les
lourdeurs induites par la production volumineuse Lucien Lopez est chef du Service RESAG (réalisa-
de documents papier ; on entrera alors réellement tions et études d'aide à la gestion), il est aussi chef de
dans l’ère du « sans papier ». La réduction pro- projet Qualité au département de l'Informatique.
Résumé Abstract
Les marchés publics représentent un enjeu écono- Public contracts account for a significant volume
mique important (200 à 300 milliards de francs of economic activity (amounting to 200 to 300
par an). En France, ces marchés sont encadrés billion Francs per year). In France, these contracts
par une réglementation complexe régie en parti- are governed by a complex set of regulations, in
culier par le code des marchés publics. Le nom- particular by the Code on Government Procu-
bre des marchés (150 à 200 000 par an) ainsi rement. The number of contracts (150,000 to
que la diversité des documents et des procédures 200,000 per year) and the diversity of related
qui s’y rattachent, justifient le développement de documents and procedures merit the development
logiciels spécifiques. Après une analyse du con- of special software. After analysing the special
texte particulier des marchés publics, l’auteur de context of public contracts, the author of this
ce dossier décrit les fonctionnalités des différents dossier describes the features provided by the
logiciels développés pour le compte des services different software applications developed on
du ministère de l’Equipement ; ces logiciels étant behalf of departments of the Ministère de
par ailleurs utilisés par différents services privés l’Equipement; these software applications are also
ou publics, des collectivités territoriales, des servi- used by various public and private bodies, local
ces de l’Etat et notamment des DDAF. Un chapitre authorities, government departments and in
particulier est consacré aux nouvelles perspecti- particular by the DDAFs. A whole chapter is given
ves ouvertes par le développement des systèmes over to covering the new opportunities presented
d’échanges de données informatisées (EDI). by the development of electronic data interchange
systems (EDI).
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I n g é n i e r i e s – E AT
L. Lopez
n°9 – mars 1997
Bibliographie
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