COLLOQUE INTERNATIONAL ORGANISE PAR L’ECOLE
REGIONALE SUPERIEURE DE LA MAGISTRATURE
(ERSUMA)
Thème :
" LA RESPONSABILITE DU DIRIGEANT SOCIAL EN DROIT
OHADA "
Douala (Cameroun) Salle de conférences du GICAM, les 12 et 13 mars 2015
Financement Union Européenne 10e FED - Afrique Centrale
Prévisionnel
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La vie des groupements d’affaires en général et des sociétés en particulier est
faite de périodes fastes et de moments difficiles ponctués de crise. Ces
différentes situations sont, pour l’essentiel, tributaires des qualités humaines et
professionnelles des organes dirigeants ainsi que des actes de gestion qu’ils
accomplissent quotidiennement.
L’influence du rôle de ces organes sur le cours «heureux » ou « malheureux »
des évènements qui jalonnent la vie de la société n’a pas échappé au législateur
communautaire qui a consacré aux personnes investies des fonctions
d’administration, de direction et de gestion beaucoup de dispositions, aussi bien
dans l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives que dans l’Acte
uniforme révisé relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement
d’intérêt économique .
Ces dispositions sont destinées à assurer à la fois la sécurité des tiers qui traitent
avec la société et la protection de la société elle-même ainsi que celle des
associés.
La sécurité des tiers est assurée par l’octroi au dirigeant social d’importants
pouvoirs qui lui permettent d’engager la société par des actes qui confèrent au
cocontractant des droits quasi inattaquables. C’est ce qui explique la disposition
de l’article 123 de l’Acte uniforme qui prévoit que dans les rapports avec les
tiers, les dirigeants ont tout pouvoir pour engager la société sans avoir à justifier
d’un mandat spécial. Il est vrai que les associés peuvent, par des stipulations
insérées dans les statuts, limiter ces pouvoirs ; mais de telles limitations sont
inopposables aux tiers de bonne foi, ce qui fait que la société ne peut pas s’en
prévaloir pour refuser d’exécuter les obligations résultant des actes accomplis
en violation de telles stipulations.
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Les pouvoirs des dirigeants sont d’autant plus étendus que s’il s’agit d’une
société à risque limité (SARL, SA, SAS), elle est engagée même par les actes
accomplis en dépassement de l’objet social, sauf à apporter la preuve de la
connaissance par le tiers du dépassement.
En raison de ses pouvoirs incontrôlés, le dirigeant social peut être tenté
d’accomplir des actes non pas dans l’intérêt social, mais dans le but de préserver
ses propres intérêts ou ceux de ses proches.
C’est ce qui explique l’adoption de certaines mesures afin de diminuer les
risques, pour la société, d’un exercice par le dirigeant de ses pouvoirs à des fins
personnelles ou pour favoriser une personne morale ou une entreprise dans
laquelle il est intéressé.
La protection de la société est assurée par le rôle accru qu’assument les associés
dans la gestion des affaires sociales avec la possibilité d’insérer dans les statuts
des stipulations ayant pour objet ou pour effet de restreindre les pouvoirs des
dirigeants ou d’adopter des conventions permettant d’asseoir les principes de la
gouvernance d’entreprise (désignation de comité d’audit, de comité de sélection,
de comité de rémunération ou de comité d’éthique).
Elle est également assurée par la possibilité d’engager la responsabilité civile et/
ou pénale du dirigeant qui utilise ses pouvoirs pour accomplir des actes qui
compromettent l’intérêt social.
La responsabilité civile du dirigeant social est d’abord prévue par l’Acte
uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt
qui lui consacre deux séries de dispositions :
-les premières, qui se trouvent dans les règles générales, organisent le régime de
droit commun et prévoient les cas de responsabilité ainsi que les modalités de
leur mise en œuvre ;
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-les secondes, qui se trouvent dans les règles propres à chaque type de société,
mettent en place des régimes spéciaux dont le champ d’application est limité aux
seuls dirigeants des sociétés à risque limité.
La responsabilité des dirigeants est également prévue par l’Acte uniforme
portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif qui
s’applique aux entreprises en difficulté.
La responsabilité civile du dirigeant constitue l’une des sanctions que le droit
des affaires qui est produit dans le cadre de l’OHADA a prévues comme réponse
à la violation de ses prescriptions.
Mais il existe des situations dans lesquelles ces sanctions propres au droit des
affaires ne suffisent pas. Dans de telles situations, il est fait appel au droit pénal
qui apporte l’appui de ses sanctions. C’est ce qui explique la responsabilité
pénale du dirigeant qui est très souvent engagée.
Le dirigeant peut tout d’abord voir sa responsabilité pénale engagée pour les
fautes qu’il commet, en cette qualité, dans l’exercice de ses fonctions. Tel est le
cas, lorsque le dirigeant fait des biens de la société un usage qu’il sait contraire à
l’intérêt de celle-ci.
Le dirigeant peut également être poursuivi en tant que représentant légal de la
société lorsque la responsabilité pénale des personnes morales peut, comme en
matière de blanchiment, être engagée ; en la matière, la responsabilité de la
personne morale se cumule le plus souvent avec celle du dirigeant coauteur ou
complice.
Le dirigeant peut enfin répondre pénalement, en tant que chef d’entreprise ayant
un pouvoir de commandement et d’instruction, des comportements
infractionnels de ses préposés, alors même qu’il n’aurait pas pris part à
l’activité délictueuse; c’est très souvent ce qui se passe lorsqu’il y a violation
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des prescriptions du droit pénal du travail ou du droit pénal de l’environnement.
Dans de tels cas, le dirigeant/chef d’entreprise ne peut s’exonérer que s’il
apporte la preuve qu’il n’a pas personnellement pris part à la réalisation de
l’infraction et qu’il a délégué ses pouvoirs à une personne pourvue de la
compétence, de l’autorité et des moyens nécessaires.
Ces différents cas de responsabilité s’appliquent aussi bien aux dirigeants de
droit qu’aux dirigeants de fait.
Compte tenu du risque auquel est constamment exposé le dirigeant social, la
question de la dépénalisation de la vie des affaires va de plus en plus se poser.
Par ailleurs, le Colloque va au delà des aspects civil et pénal pour envisager la
question de la responsabilité sociale (sociétale) de l'entreprise (RSE). En effet, la
notion de (RSE) mérite d'être étudiée car elle s'efforce de rendre compte de
l'exercice par les entreprises d'une responsabilité vis-à-vis de la société et
notamment des différents groupes avec lesquels elles interagissent et qui se
situent au delà de leurs strictes obligations légales. C'est une problématique qui
est au cœur des débats et à laquelle nos entreprises doivent être sensibilisées.
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Prévisionnel
Jeudi 12 mars 2015
MATINEE
09h00‐10h00 : Cérémonie d’ouverture
‐ Mot de bienvenue de Monsieur le Directeur
Général de l’ERSUMA
‐ Discours de Monsieur le Secrétaire Permanent
de l’OHADA
‐ Discours de son Excellence Monsieur le Ministre
d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
ou son Représentant.
10h00-10h30 : Suspension – Cocktail d’ouverture
10h30‐11h00 : Leçon inaugurale :
Pr. Ndiaw DIOUF, Agrégé des Facultés de Droit,
Professeur Titulaire des Universités, Ancien Doyen
de la Faculté de Droit de l’Université Cheick Anta
Diop de Dakar.
THEME : LA RESPONSABILITE CIVILE
Modérateur des travaux : Pr. Dorothé Cossi SOSSA,
Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire
des Universités, Doyen Honoraire, Secrétaire
Permanent de l’OHADA ;
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11h00‐11h30 : Module 1 : La responsabilité à l’égard des tiers et des associés :
la question de la faute commise dans l’exercice
des fonctions
Intervenant : Pr. Jacqueline LOHOUES OBLE, Agrégée
des Facultés de Droit, Professeur Titulaire des
Universités, Doyen Honoraire, Présidente des Facultés
Universitaires Privées d’Abidjan.
11h30‐12h00 : Module 2 : La responsabilité à l’égard de la société :
la protection de la société dans l’exercice de l’action
Intervenant : Dr. ANABA MBO Alexandre,
Magistrat Hors Hiérarchie, Président du Tribunal
Administratif Régional du Centre‐Yaoundé.
12h00-13h00 : Débats
13h00-15h00 : Pause – Déjeuner
APRES MIDI
Modérateur des travaux : Pr. Paul Gérard POUGOUE,
Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire des
Universités, Doyen Honoraire, Université de Yaoundé
II, Secrétaire Général du Ministère des Enseignements
Secondaires (Cameroun).
15h00‐15h30 : Module 3 : Les régimes spéciaux de responsabilité :
Quelle pertinence pour les régimes spéciaux ?
Intervenants :
‐ Pr. Victor Emmanuel BOKALLI, Agrégé des
Facultés de Droit, Ancien Doyen de la Faculté
des Sciences Juridiques et Politiques de
l’Université de Yaoundé II ;
‐ Pr. Grégoire JIOGUE, Agrégé des Facultés de
Droit, Université de Yaoundé II.
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15h30‐16h00 : Module 4 : La responsabilité du dirigeant d’une entreprise
en difficulté
Intervenant : Pr. Henri Bebey MODI KOKO, Agrégé
des Facultés de Droit, Professeur Titulaire des
Universités, Doyen de la Faculté des Sciences
Juridiques et Politiques de l’Université de Dschang.
16h00‐16h15 : Pause‐café
16h15‐17h00 : Débats
FIN DE LA JOURNEE
Vendredi 13 mars 2014
MATINEE
THEME 1 : LA RESPONSABILITE PENALE
Modérateur des travaux : Pr. Ndiaw DIOUF,
Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire des
Universités, Ancien Doyen de la Faculté de Droit de
l’Université Cheick Anta Diop de Dakar.
09h00-09h30 : Module 1 : Le risque pénal dans l’entreprise : les actes
fautifs du dirigeant entre pénalisation et dépénalisation
Intervenant : Professeur Adolphe MINKOA SHE,
Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire
des Universités, Vice-Recteur à l’Université de
Yaoundé II.
09h30-10h30 : Module 2 : Le dirigeant pénalement responsable
09h30-09h50 : Le fondement juridique de la responsabilité pénale du dirigeant
social : incidences entre Droit pénal interne et Droit pénal des
affaires OHADA.
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Intervenant : M. Corneille MOUKALA MOUKOKO,
Magistrat Hors Hiérarchie, Enseignant de Droit dans les
Universités et à l’Ecole Nationale d’Administration et de
Magistrature (ENAM) du Congo.
09h50-10h10 : Le régime de sanction de la responsabilité pénale du dirigeant
social.
Intervenant : Pr. Léon Chantal AMBASSA, Maître
de Conférences à l’Université de Yaoundé II.
10h10-10h30 : Le point de vue d’un praticien
Intervenant : M. Emile ESSOMBE,
Magistrat Hors Hiérarchie, Procureur Général près la
Cour d’Appel de Buéa.
10h30‐11h15 : Débats
11h15‐12h00 : Pause ‐ café
12h00‐12h20 : Module 3 : La responsabilité du dirigeant/organe de la société
Intervenant : Pr. Jean Claude JAMES, Agrégé
des Facultés de Droit, Doyen de la Faculté de Droit
de l’Université OMAR BONGO de Libreville.
12h20‐12h40 : Module 4 : La responsabilité du dirigeant/Chef d’entreprise
Intervenant : Professeur Jean GATSI, Agrégé des
Facultés de Droit, Professeur Titulaire des
Universités, Avocat, Université de Douala.
12h40‐13h15 : Débats
13h15‐14h30 : Pause – Déjeuner
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APRES MIDI
THEME 2 : LA RESPONSABILITE SOCIALE
Modérateur des travaux :
Marcel SEREKOISSE-SAMBA, Magistrat Hors
Hiérarchie, Président de la Cour Commune de Justice
et d’Arbitrage (CCJA-OHADA).
14h30-14h50 : Module 1 : Présentation générale de la responsabilité sociale
de l’entreprise (RSE)
Intervenant : Pr. André AKAM AKAM,
Agrégé des Facultés de Droit, Professeur Titulaire
des Universités, Doyen de la Faculté des Sciences
Juridiques et Politiques de l’Université de Douala.
14h50-15h10 : Module 2 : Le droit OHADA et la responsabilité sociale de
l’entreprise
Intervenant : Pr. Jean Marie TCHAKOUA,
Agrégé des Facultés de Droit, Université
de Yaoundé II.
15h10-15h30 : Module 3 : Droits de l’homme et responsabilité du dirigeant
d’entreprise
Intervenant : Dr Jean Bosco ESSOH,
Procureur Général près la Cour d’Appel de l’Est,
Bertoua.
15h30-16h00 : Débats
16h00-16h30 : Présentation du Rapport Général des travaux.
Rapporteurs :
Pr. Isidore MINDJIEM, Agrégé des Facultés de
Droit, Chef de Département à l’Université de
Dschang (Cameroun) ;
Pr. Augustin KONGATOUA-KOSSONZO,
Maître de Conférences à l’Université de
Bangui (Centrafrique) ;
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Dr André Achille NGWANZA, Chargé
d’enseignement Université Paris II Panthéon
Assas, Consultant international ;
M. René Philippe NSOA, Magistrat Hors
Hiérarchie, Chef Section Magistrature à l’ENAM
du Cameroun.
16h30-17h00 : Remise des Attestations et Cérémonie de clôture.
17h00 : Cocktail de clôture
FIN DU COLLOQUE
Fait à Porto-Novo, le 05 février 2015
LE DIRECTEUR GENERAL
Félix ONANA ETOUNDI
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