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Systèmes d'information multimédias avancés

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Systèmes d'information multimédias avancés

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I. INTRODUCTION.......................................................................................................................

II. SGBD MULTIMÉDIAS.............................................................................................................9

II.1. MODÉLISATION DU COMPORTEMENT D’OBJETS MULTIMÉDIAS ..................................................... 15


Contexte du travail...................................................................................................................... 15
Propositions scientifiques............................................................................................................ 16
Bilan........................................................................................................................................... 17
II.2. PRÉSENTATIONS INTENTIONNELLES ........................................................................................... 18
Contexte du travail...................................................................................................................... 18
Propositions scientifiques............................................................................................................ 18
Bilan........................................................................................................................................... 22
II. 3. DONNÉES VIDÉO....................................................................................................................... 23
Contexte du travail...................................................................................................................... 23
Propositions scientifiques............................................................................................................ 25
Bilan........................................................................................................................................... 33

III. SGBD MULTIMÉDIAS ET WEB........................................................................................... 35

III.1. SYSTÈME D’INFORMATION POUR LES RISQUES NATURELS : LE PROJET SIRVA ............................ 36
Contexte du travail...................................................................................................................... 36
Propositions scientifiques............................................................................................................ 37
Bilan........................................................................................................................................... 40
III.2. MODÈLE DE PROCESSUS LOGICIEL POUR APPLICATIONS MULTIMÉDIAS........................................ 43
Contexte du travail...................................................................................................................... 43
Propositions scientifiques............................................................................................................ 44
Bilan........................................................................................................................................... 45
III.3. CONSTRUCTION AUTOMATIQUE DE PRÉSENTATIONS MULTIMÉDIAS ............................................ 46
Contexte du travail...................................................................................................................... 46
Propositions scientifiques............................................................................................................ 48
Bilan........................................................................................................................................... 50

IV. PROJET DE RECHERCHE .................................................................................................... 51

IV.1. CONTEXTE .............................................................................................................................. 51


IV.2. HYPOTHÈSES ........................................................................................................................... 52
IV.3. OBJECTIFS ............................................................................................................................... 53
IV.4. PROJETS EN COURS .................................................................................................................. 54

BIBLIOGRAPHIE............................................................................................................................. 57
2
Préambule

Mon travail de recherche a commencé en DEA et en thèse par des travaux sur les
Systèmes de Gestions de Bases de Données (SGBD). Nous nous sommes intéressés au
contrôle de la cohérence dans les bases de données à objets [Martin91a]. L’objectif du
contrôle de la cohérence est d’assurer que l’information contenue dans une base de
données est conforme à la réalité qu’elle représente. L’approche usuelle pour spécifier
la cohérence est la spécification de contraintes d’intégrité. Nous avons proposé une
approche par le comportement basée sur la signature des méthodes pour spécifier et
contrôler la cohérence [Martin91b]. Un environnement baptisé Géco a été développé au-
dessus du SGBD à objets O2 [O295, AC93]. Cette thématique de recherche a donné lieu
à plusieurs réflexions sur le modèle à objets [DM93] et sur la puissance d’expression
des pré conditions [MAD93]. Nous avons ensuite étendu la méthode afin de considérer
différents types d’exceptions [DM94, DMP95] et nous avons étudié l’application de ce
modèle aux transactions imbriquées [DM96].

J’ai ensuite participé à la création d’un axe de recherches sur les bases de données
multimédias dans le cadre du projet STORM1. Cette thématique de recherche m’a donné
l’occasion d’étudier un nouveau domaine et de mettre en œ uvre une démarche de
recherche basée sur un équilibre entre les enjeux scientifiques et les applications. D’un
point de vue scientifique, ma recherche était basée sur la mise en perspective des
apports des modèles et langages associés aux bases de données. Du point de vue des
applications, je me suis impliqué dans divers contrats avec le monde socio-économique.
Dans ce document, on trouvera des références à la collaboration avec Alcatel Alsthom
Recherche dans le domaine médical et à différents contrats dans le domaine des risques
naturels avec le CEMAGREF.

L’année 1999 marque la fin du projet STORM et le début d’une nouvelle aventure avec
l’équipe SIGMA2 dans le domaine des systèmes d’information multimédias. C’est aussi
l’occasion au travers de ce travail de dresser un premier bilan sur mon activité de
recherche. Ce document pour des raisons d’homogénéité et aussi pour des raisons de
maturité scientifique dans la démarche est centré sur la « période » multimédia située
entre 1994 et aujourd’hui. Le titre du document « Systèmes d’information multimédias :
des systèmes aux applications» est le reflet de la démarche de recherche durant cette
période.

1
[Link]
2
[Link]

3
4
I. Introduction

La dernière décennie a été marquée par l’importance de plus en plus grande prise par le
multimédia, terme qui recoupe d’un point de vue littéral l’utilisation de moyens de
diffusion tels que l’imagerie, la cartographie ou la vidéo. Les applications utilisant ou
susceptibles d’utiliser le multimédia sont très diverses tant par leur domaine d’activité
(médecine, enseignement, géographie, jeux) que par leurs besoins (synthèse d’images,
simulation ou visualisation d’un phénomène physique, illustration d’un document) et
leur complexité. Ce sont les nouvelles capacités technologiques des ordinateurs
notamment en terme de puissance des processeurs, de capacité de stockage,
d’acquisition et de restitution de ces médias qui ont suscité cet engouement et ouvert la
voie à de nouvelles applications. Le succès d’Internet et la mise à disposition de
contenus dans des formats standards liés à l’avènement de normes telles que MPEG-2
pour la vidéo ou MPEG-3 pour l’audio ne font qu’accélérer cet engouement et les
développements industriels autour du multimédia sont surabondants.

Néanmoins d’un point de vue technologique, tous les problèmes ne sont pas résolus et le
multimédia est actuellement à la base de nombreux travaux de recherche dans différents
domaines de l’informatique tels que les systèmes d’exploitation, le génie logiciel, les
réseaux, les bases de données et les systèmes d’information. Ces recherches visent à
trouver des solutions pour faire avancer la technologie suivant différents objectifs :

1. Transmission : Permettre l’acquisition et la restitution avec une qualité de service de


plus en plus grande ou tout du moins adaptée aux besoins objectifs des utilisateurs et
à l’environnement d’utilisation.
2. Stockage : Stocker des masses d’information de plus en plus élevées. Nous sommes
passés d’unités de mesure telles que le mega-octets ou le giga-octets à des unités
telles que le tera-octets et le peta-octets. Les prévisions semblent indiquer une
poursuite de cette inflation pour aller vers les zetta-octets et bientôt peut être les
yotta-octets !
3. Modélisation : Modéliser le contenu des données de façon de plus en plus précise
avec des outils de plus en plus automatisés. Les données multimédias de par leurs
caractéristiques en taille et en complexité ainsi que de par leurs propriétés
temporelles et spatiales posent de nombreux problèmes de modélisation et
d’indexation [LOS96]. On cherche notamment à améliorer l’identification de
contenus et à permettre davantage de déclarativité dans la création de documents ou
présentations multimédias.

5
4. Outils : Offrir des outils et des méthodes améliorant de façon significative la
réutilisation de tout ou partie de contenus et de scénarios multimédias.
5. Langage : Proposer des langages de requêtes permettant d’interroger des bases de
données multimédias. Cela inclut non seulement la recherche par contenus mais
aussi la navigation dans des données semi-structurées ou la création au vol de
documents multimédias.
6. Distribution : Assurer la distribution des données et des traitements sur des réseaux
tout en contrôlant certains paramètres tels que la confidentialité et la qualité de
service.
7. Hétérogénéité : Faire face à l’hétérogénéité des types et formats de données et
proposer des standards pour limiter cette hétérogénéité. Le principal challenge pour
ces standards est de proposer différents niveaux de représentation allant du format
de compression à la représentation de la sémantique des données.

La plupart de ces problématiques sont proches des considérations prises en compte dans
les bases de données ou plus généralement dans les systèmes d’information. Il est donc
évident que la maturité des technologies initialement proposées dans ces domaines est
susceptible de bénéficier au multimédia. C’est cette hypothèse qui a guidé nos
premières recherches sur les bases de données multimédias.

Ce document présente le résultat de mes recherches dans ce cadre des SGBD


multimédias et montre l’évolution de thématique vers les systèmes d’information
distribués multimédias. Le document est structuré de la manière suivante :

La première partie concerne le travail sur les SGBD multimédias. Le travail autour du
modèle STORM est présenté ainsi que les différentes expérimentations réalisées au-
dessus du SGBD à objets O2. Nous mettons notamment en évidence les travaux réalisés
dans le contexte des présentations multimédias et sur les données vidéo en collaboration
avec Françoise Mocellin et de Rafael Lozano dans le cadre de leurs thèses [Mocellin97,
Lozano00]. Un premier travail concerne la modélisation des interactions dans les
présentations multimédias et un second travail traite des problèmes d’intégration des
données vidéo dans un SGBD à objets.

La seconde partie présente le lien entre les SGBD multimédias et le Web. A l’occasion
d’un contrat sur les systèmes d’information pour les risques naturels réalisé en
collaboration avec le CEMAGREF, nous avons identifié différents problèmes de
recherche concernant le rôle d’un SGBD dans le cadre d’un système d’information
multimédia. Deux travaux de recherche ont été suscités par notre travail sur les systèmes

6
d’information pour les risques naturels : le premier travail concerne la diffusion de
documents multimédias pour le Web. Les standards existants tels que XML ou SMIL
s’intéressent à la publication sur le Web de documents dont le contenu est connu. Nous
présentons ici le résultat d’un travail qui concerne la publication de documents dont la
structure est connue mais le contenu évolutif. Cette hypothèse de travail, peu restrictive,
permet d’envisager la création dynamique de documents en respectant un certain
nombre de contraintes spatiales et temporelles. Le second travail vise à aider et
contrôler les utilisations d’un système d’information basé sur le Web. Nous avons allié
des techniques issues des domaines multimédia et modèle de processus afin de proposer
un environnement permettant le guidage des utilisateurs au sein du système.

La dernière partie de ce document présente le bilan de ce travail et regroupe un certain


nombre de réflexions sur les résultats et l’approche de recherche suivis et dresse les
perspectives envisagées pour la poursuite de ces activités de recherche.

7
8
II. SGBD multimédias

Mon travail sur les SGBD multimédias commence en 1992 suite à un contrat avec
Alcatel et se poursuit en 1993 avec l’encadrement du projet de DEA de Françoise
Mocellin. Il se termine en l’an 2000 avec la soutenance du travail de thèse de Rafael
Lozano. Avant d’aller plus loin dans la description scientifique du contenu de cette
activité, notons que celle-ci a donné lieu à plusieurs collaborations académiques et
industrielles dont un partenariat avec Alcatel Alsthom Recherche pour une étude sur les
serveurs d’objets multimédias. Ce projet se déroulait dans le cadre d’un projet européen
EUREKA dans lequel Alcatel Alsthom Recherche était impliquée. Ce projet appelé
MASTER (Minimal Access Surgery by Telecommunications and Robotics) visait à
créer un serveur de données multimédias pour aider à la formation de chirurgiens aux
techniques d’opérations par endoscopie. Durant ce contrat, nous avons participé à la
mise en place d’une architecture de services pour les présentations multimédias. Le
standard émergeant MHEG avait été pris comme base de travail. Nous avons participé à
la réflexion sur les solutions possibles de mise en œ uvre d’un modèle recouvrant
globalement les mêmes concepts que la norme MHEG. Nous avons également réalisé
une étude comparative des différents logiciels de systèmes de gestion de bases de
données à objets proposés sur le marché afin de choisir le SGBD destiné à jour le rôle
de serveur de données multimédias.

Ce bref résumé de cette activité contractuelle est destiné à montrer que dès le début de
nos travaux sur le multimédia, nous nous sommes intéressés au rôle du SGBD. En effet,
l’approche suivie pour ce travail diffère de celles suivies par la plupart des autres projets
sur le multimédia [NTB96, OSMV95] où le rôle du SGBD est réduit à un rôle de
serveur de fichiers pour le stockage de données volumineuses. Notre travail est inspiré
des réflexions suivantes :
1. Les SGBD sont des outils puissants pour le stockage, la modélisation et
l’interrogation des données. Ils présentent plusieurs avantages. Par nature, les SGBD
permettent de traiter de gros volumes de données. Tout SGBD supporte un modèle
(qu’il soit réseau, relationnel ou objet) qui donne une vision logique de
l’information. Un langage de requêtes, souvent normalisé, permet d’énoncer de
manière déclarative des interrogations à la base. De plus, les SGBD sont maintenant
très répandus dans le monde industriel et leur technologie bien maîtrisée. Ces
avantages peuvent bénéficier aux données et aux applications multimédias.
2. Les SGBD se doivent de pouvoir intégrer tout type de données y compris les
données multimédias type image, texte ou vidéo. Il n’y a aucune raison objective

9
pour qu’ils ne permettent pas la gestion de certains types de données avec un niveau
de services supérieur à la fonctionnalité de stockage des Blobs (Binary Large
Objects) que proposent la plupart des SGBD. Des travaux tels que [JMR99]
proposent des solutions pour la gestion d’images. De même, les langages de
requêtes doivent être étendus pour interroger des données multimédias et présenter
aux utilisateurs le résultat de requêtes qui peut être lui-même multimédia.

L’intégration du multimédia dans les SGBD a été étudiée depuis de nombreuses années
[AQ86] notamment par Woelk et Kim en 1987 dans [WK87]. A ma connaissance, la
recherche sur les bases de données multimédias incluant les problèmes de
synchronisation a véritablement débuté en 1993 avec un article de Ghafoor et Berra
[GB93] sur les SGBD multimédias. La synchronisation des données multimédias avait
déjà été abordée par Hoepner en 1992 [Hoepner92] avec un travail sur les objets et dans
[BZ92] avec un travail sur les documents hypermédias. Depuis d’autres travaux se sont
intéressés à la prise en compte de données multimédias dans les SGBD [AK94],
Ghafoor95, ORS96]. Les principaux aspects de ces travaux concernent :

? Gestion physique d’objets multimédias. Les objets multimédias sont par nature
volumineux et nécessitent des supports et des politiques de stockage appropriés à
leurs caractéristiques [KEM97]. On trouve essentiellement trois types d’approches
pour pallier ces problèmes.

1. Compression de données. Plusieurs propositions ont été faites pour définir des
formats de stockage compressés permettant d’une part de diminuer l’espace de
stockage requis et d’autre part de permettre l’acquisition ou la restitution de
données continues avec un débit adapté.
2. Création d’index multidimensionnels. Usuellement les index sont des structures
de données qui permettent d’optimiser le traitement de requêtes en réduisant les
accès disques. Cette approche a notamment été très utilisée dans les Systèmes
d’Information Géographiques (SIG) [PTSE95] où il est courant d’effectuer des
requêtes spatiales. Actuellement, les principales techniques d’indexation sont
basées sur les R-Tree [Guttman84] qui sont des extensions des index B-arbres
classiquement utilisés en bases de données. Ce type d’approche a également été
utilisée dans le contexte des présentations multimédias [Vazirgiannis99].
3. Utilisation de serveurs dédiés. Cette approche est notamment utilisée pour
restituer des données continues telles que l’audio ou la vidéo qui nécessitent un
flot continu de données avec une certaine qualité de service [LS93, JM98]. Des

10
techniques spécifiques de bufférisation sont utilisées. Un exemple d’une telle
approche est fourni par Oracle Media Server3.

? Indexation du contenu. L’indexation sur le contenu est une tâche qui peut être
réalisée soit manuellement, soit automatiquement. Cette tâche consiste à définir sous
une forme exploitable par un utilisateur le contenu d’une donnée multimédia.
Certaines caractéristiques telles que la couleur, la forme, la texture sont calculables
automatiquement. D’autres informations d’un niveau sémantique ou perceptif
supérieur ne peuvent être obtenues que via une interaction avec un utilisateur. Le
travail consiste donc à fournir des outils à cet utilisateur pour l’assister dans sa
tâche. De plus, certaines données telles que la vidéo véhiculent une information de
par leur organisation (scène, séquence, plan). Cette structuration, issue du cinéma
[Monaco81] peut être extraite, soit manuellement soit automatiquement comme
dans le cas des plans [BR96]. Dans tous les cas, elle doit pouvoir être modélisée afin
de pouvoir être réutilisée ultérieurement. Le cas de la vidéo est particulièrement
intéressant car la durée d’une vidéo nécessite l’utilisation d’outils performants
[ZKS93, AJ94].

? Modélisation de présentations ou documents multimédias. Une présentation


multimédia est une présentation de différents objets reliés sémantiquement. Les
différents objets sont présentés suivant un scénario temporel prédéfini ou calculé. La
position éventuelle des objets dans l’espace est également prédéfinie ou calculée.
Certaines interactions avec l’utilisateur peuvent également être permises. On appelle
généralement scénario la spécification a priori du déroulement de la présentation.
L’auteur du scénario n’est pas nécessairement un informaticien et le parallèle avec
la conception de bases de données semble judicieux. Une présentation constitue au
sens propre du terme un objet multimédia. De nombreux standards ont été proposés
(HYTIME [ISO92, NXN91], MHEG [ISO93], SMIL [SMIL98]) pour modéliser les
présentations ou documents multimédias. Ces standards s’intéressent généralement
aux points suivants :

1. Modélisation des propriétés temporelles : Beaucoup de travaux sur les relations


temporelles entre les objets appartenant à un même document ou présentation
multimédia sont inspirés des relations entre les intervalles mises en évidence par
Allen [Allen83]. Les premiers travaux sur les documents multimédias
temporisés datent de 1992 à la conférence ACM Multimedia d’Anaheim avec un

3
[Link]

11
article de M. Cecilia Buchanan et Polle Zellweger [BZ92] sur les spécifications
temporelles d’une présentation multimédia. Les auteurs proposaient une
approche à base de contraintes suivant l’algorithme du simplex afin de spécifier
les propriétés temporelles d’une présentation.
2. Vérification de la cohérence temporelle : La cohérence temporelle exprime que
les objets appartenant à une présentation multimédia doivent obéir à des
contraintes temporelles spécifiques. En effet, une présentation multimédia est
généralement élaborée de manière incrémentale. L’auteur construit sa
présentation à partir de composants de base qu’il relie progressivement en
spécifiant les relations d’ordre spatial, sémantique, logique et temporel. Il est
possible que l’adjonction de nouvelles relations introduisent des incohérences
qu’il faut détecter. Plusieurs approches ont été proposées pour détecter les
incohérences temporelles [LK95, CO96].
3. Modélisation des propriétés spatiales : Cette modélisation concerne les médias
tels que l’image, le texte ou la vidéo possédant une composante visuelle. Elle
cherche à représenter les relations spatiales existants entre les différents
éléments apparaissant dans le document. On s’intéresse aux relations
topologiques [Egenhofer91] et directionnelles [PT97] entre les objets. Certains
travaux ont également été initiés dans le cadre des SGBD multimédias [AZ99].
4. Modélisation du comportement : Il s’agit de permettre l’intervention de
l’utilisateur sur la présentation. Cette modélisation doit permettre de déterminer
quels types d’événements doivent être pris en compte, à quel moment et quelles
actions doivent être entreprises suite à ces événements. Plusieurs propositions
ont été faites pour extraire cet aspect de la présentation du scénario. En effet,
dans les produits logiciel de type « système auteur » tels que MacroMedia ou
ToolBook c’est l’approche par programmation qui est utilisée avec des langages
comme Lingo pour le logiciel MacroMedia ou dans des propositions de
recherche [MM94]. L’avantage d’une approche déclarative est la facilité de
réutilisation induite ainsi que la facilité d’écriture : on exprime le quoi ? sans
dire le comment ? Le standard MHEG proposait une spécification textuelle dans
des classes ; on trouve dans [Vazirgiannis99] une proposition à base d’objets
scénario. Nous montrons dans ce document le travail qui a été entrepris en nous
servant des expériences des SGBD actifs [MM99a].

? Interrogation d’objets multimédias. L’interrogation d’objets multimédias


regroupe à la fois la recherche d’un objet tel qu’une image particulière parmi un
ensemble d’objets de même type mais également l’extraction d’une partie d’un objet
telle que l’extraction d’un segment vidéo correspondant à un critère. Le terme

12
segment définit un intervalle quelconque d’images d’une vidéo. La possibilité de
définir une algèbre a été envisagée dans [ASS99]. Cette algèbre est destinée à
fournir un langage pivot d’interrogation de présentations multimédias. De manière
générale plusieurs propositions ont été faites pour étendre le langage SQL ou pour
s’inspirer de ce langage. Nous présentons ici les expériences menées sur OQL
notamment dans le cadre des données vidéo.

Dans le cadre de notre travail, nous avons mis l’accent sur deux points qui nous
semblaient fondamentaux pour les SGBD : le modèle de représentation de la
connaissance (composition, structure temporelle, contenu) et le langage d’interrogation.
Nous avons choisi l’approche objet qui présente quelques avantages par rapport au
relationnel :

? Richesse du modèle de données qui permet de s’affranchir de la première forme


normale et de décrire des objets complexes.
? Mécanisme d’héritage qui augmente les capacités de réutilisation en favorisant
l’extension d’un schéma. Les instances de classes peuvent devenir des composants
facilement réutilisables.
? Prise en compte du comportement au travers des méthodes. Cet aspect est
particulièrement intéressant pour rendre transparente l’hétérogénéité des
représentations via les mécanismes de surcharge et de liaison dynamique.
? Homogénéité avec les logiciels de construction d’interface qui utilisent une
approche objet.
? Extensibilité du langage de requêtes au travers de l’utilisation de méthodes. Cette
caractéristique permet l’adjonction de fonctions d’interrogation notamment sur les
structures temporelles ou spatiales des présentations. Notons que cette possibilité est
proposée dans le langage OQL et également dans des langages de type fonctionnel
tels que [BL91]. Notons également que seul cette caractéristique est propre aux
SGBD et que les caractéristiques précédentes pourraient être prises en compte au
travers d’une bibliothèque de classes dans un langage objet avec persistance.

Néanmoins, la représentation objet utilisée dans notre travail doit être considérée
comme un schéma pivot qui nécessite à la fois une vision « modèle » de plus haut
niveau et une vision plus algorithmique qui permet de définir des présentations
exécutables.

Nous avons travaillé sur le SGBD à objets O2 tant pour des raisons scientifiques (O2
participe à l’ODMG [Cattel97, CB97] et se veut conforme à cette norme notamment

13
pour le langage de requêtes OQL) qu’historiques puisque de nombreux développements
ont été effectués autour, au-dessus ou à l’intérieur de ce logiciel, ce qui nous permet de
profiter d’une expérience non négligeable.

Nous avons proposé plusieurs extensions au SGBD à objets O2 dans le but de permettre
la manipulation de données multimédias. Nous sommes partis de la proposition initiale
du modèle STORM [Adiba96] que nous avons étendu [ALMM97]. Un prototype au-
dessus du SGBD O2 a été développé [MMA96]. Une interface pour la construction de
présentations a été développée au-dessus de GraphTalk [FLM97]. Ces différents travaux
permettent aujourd’hui à un utilisateur potentiel d’un SGBD objet :

? D’adjoindre des propriétés temporelles aux objets de la base (en particulier les
objets de types audio, texte, image ou vidéo) pour les présenter. On peut par
exemple spécifier le temps à attendre avant le début d’une présentation d’un objet,
ainsi que le temps que devra durer cette présentation. On permet également de
construire une présentation complexe composée de plusieurs objets à présenter en
séquence ou en parallèle.

? De modéliser la structure hiérarchique d’une vidéo; de construire une vidéo virtuelle


en utilisant une algèbre; d’annoter des vidéos physiques ou virtuelles afin de
permettre l’extraction de séquences vidéo selon certains critères qui sont ensuite
utilisés pour l’extraction de segments vidéo à partir de requêtes.

? De « jouer » des présentations multimédias. Dans son travail de thèse Raphael


Lozano a proposé différentes extensions aux SGBD pour la mise en œ uvre de
présentations multimédias distribuées. Deux expérimentations ont permis de tester
une vision centralisée de l’architecture et une vision distribuée. Dans la version
centralisée, chaque objet est un objet autonome dont le comportement durant la
présentation est décidé par l’objet lui-même. La seconde approche consiste à créer
un environnement d’objets où un objet tient le rôle de chef d’orchestre. Les autres
objets doivent réagir en fonction des ordres du chef d’orchestre.

? De définir des présentations en utilisant l’outil graphique GraphTalk [FLMM98].


Nous avons établi les prémisses d’un environnement de haut niveau pour la
construction de présentations. Cet environnement est basé sur une méta-
modélisation du modèle STORM. Il permet de manipuler les différents concepts du
modèle (notamment les constructeurs temporels) et de construire une présentation en
vérifiant sa cohérence d’un point de vue modèle. Ce travail n’était pas destiné à

14
définir un système auteur mais plutôt à favoriser la réutilisation de tout ou partie de
présentation. La réutilisation est certes facilitée par les outils mais elle doit
également l’être par la mise en évidence de plusieurs niveaux d’abstraction.

Nous présentons maintenant de façon détaillée différents travaux réalisés dans ce


contexte. Le premier travail traite de la modélisation du comportement d’objets
multimédias, le deuxième de présentations intentionnelles où le langage de requêtes
joue un rôle central et enfin nous présentons deux travaux afférents aux données vidéo .

II.1. Modélisation du comportement d’objets multimédias

Contexte du travail

Le travail présenté ici a été réalisé dans le cadre de la thèse de Françoise Mocellin que
j’ai co-dirigée avec Michel Adiba. Ce travail concernait la modélisation des
présentations multimédias. Nous présentons ici la partie du travail qui concerne la
modélisation du comportement des objets dans une présentation multimédia. Nous nous
sommes inspirés des travaux sur les règles actives de type <Evénement, Condition,
Action> (ECA)4 en bases de données [Collet96] pour définir un mécanisme de règles
au-dessus du modèle de présentations existant.

L’utilisation de règles dans les systèmes auteurs est largement répandue pour modéliser
les actions à entreprendre suite à des événements de type « clic souris ». Notre
proposition dépassait le cadre des interactions de l’utilisateur sur la présentation et visait
trois objectifs :

1. Le premier objectif était d’unifier la représentation des interactions et des


événements temporels. En effet, afin d’enrichir la puissance d’expression des
modèles temporels, il est nécessaire de passer d’un modèle déclaratif basé sur les
relations entre les intervalles à un modèle basé sur des relations causales ou plus
généralement un modèle basé sur des opérateurs. Cette contrainte impose un modèle
plus opérationnel et l’approche à base de règles semble pertinente.
2. Le deuxième objectif était d’étudier en quoi les SGBD multimédias pouvaient
bénéficier des travaux sur les règles actives. En effet, les règles actives dans les

4
La sémantique usuelle est : Si un événement E se produit et si la condition C est respectée, alors
exécuter l’action A.

15
SGBD s’intéressent à différents types d’événements tels que des événements
système, temporels, sur mise à jour, insertion ou suppression de données. La façon
de traiter ces événements est elle-même très riche puisqu’il est possible de spécifier
le moment d’exécution des actions liées à l’événement. Il paraissait donc pertinent
d’étudier les apports de ces travaux dans le cadre de nos propositions.
3. Le troisième objectif était de donner la possibilité d’associer un comportement
particulier aux objets en cours de présentation. On appelle comportement d’un objet
l’ensemble des actions qu’il est susceptible d’entreprendre suite à des événements
lors de sa présentation.

Il faut également noter que ce travail s’inscrivait dans le cadre plus général du projet
STORM dont un axe de recherches, dirigé par Christine Collet, était consacré aux règles
actives.

Propositions scientifiques

Afin de prendre en compte le comportement des objets durant la présentation, nous


avons introduit le concept d’ombre comportementale [MM99a]. Ce concept appelé ainsi
par analogie avec l’ombre temporelle proposée dans [Adiba96] joue essentiellement
trois rôles :

1. Changer le déroulement prédéfini de la présentation en un déroulement qui suit


différentes alternatives correspondant à différents comportements de la présentation.

2. Segmenter la présentation en plusieurs segments logiques. Ces segments peuvent


éventuellement se chevaucher et il peut exister des discontinuités entre les segments.
La figure 1 montre un exemple de segmentation d’une vidéo en plusieurs segments.
Le premier segment remarquable nommé Invisible spécifie que durant l’intervalle
[1, 13] la vidéo ne sera pas visible. Le second segment remarquable nommé Ralenti
signifie qu’il est possible d’activer le ralenti durant l’intervalle [23, 43]. Enfin, le
dernier segment nommé Stop signifie que la vidéo peut être arrêtée à partir du temps
33.

3. Donner la possibilité d’associer un comportement particulier à chaque segment.


Chaque comportement est modélisé par un type d’événement (déclencheur du
comportement), un intervalle de temps qui spécifie la validité de la règle et une liste
d’actions à exécuter au cas où l’événement se produirait. La partie condition est
intégrée à la partie événement comme c’est le cas dans certains travaux sur les
règles actives.

16
L’ombre comportementale d’un objet appartenant à une présentation est définie par un
triplet composé :

1. Du type d’événement. Les types d’événements qui ont été définis correspondent à
différents besoins tels qu’interaction utilisateur, événement temporel, invocation
d’une méthode. Dans notre exemple, il est possible de spécifier que :

- Les actions correspondant à Invisible seront exécutées si une autre vidéo est
activée (invocation de méthode).

- Les actions correspondant à Ralenti seront exécutées sur clic souris

- Les actions correspondant à Stop seront activées à l’instant 33

2. De l’intervalle de validité qui est borné.

3. De la liste des actions à entreprendre sous la forme d’appels de méthodes.

Stop
Invisible Ralenti

1 13 23 33 43 50

Figure 1 : Segmentation d’une vidéo par comportements

Une implémentation à base d’objets appelés objets scénarios a été réalisée. Cette
modélisation objet permet une interrogation des comportements à l’aide d’un langage
d’interrogation de type OQL.

Bilan

Par rapport aux objectifs initiaux, ce travail suscite plusieurs réflexions :

? La modélisation des propriétés temporelles sous une forme homogénéisée avec les
autres types d’événements tels que les interactions permet une mise en œ uvre du
moteur d’exécution basée sur un système de règles actives.
? La notion de segments de comportements pour un même objet possède de
nombreuses applications et augmente la puissance d’expression.

17
? Au niveau réalisation, certains mécanismes complexes des règles actives peuvent
s’avérer utiles notamment pour la gestion des différents processus intervenant dans
la présentation des objets.

Néanmoins, l’apport de ce travail qui est présenté plus précisément dans [MM99a] se
situe sur la modélisation des comportements qui représente une innovation dans un
domaine où il est usuel de considérer qu’un document multimédia comporte un contenu,
une dimension temporelle et une dimension spatiale. Nous avons donc ajouté une
dimension comportementale qui permet notamment d’exprimer divers comportements
au cours de la présentation.

II.2. Présentations intentionnelles

Contexte du travail

Le but de ce travail était de montrer, en nous appuyant sur le modèle STORM, comment
les SGBD pouvaient devenir un outil puissant pour la création d’applications
multimédias. Nous avons montré comment en exploitant les possibilités offertes par un
SGBD à objets, il est possible de définir des présentations multimédias ayant une
puissance d’expression supérieure à celle des outils standards. Pour cela, nous avons
introduit le concept de présentation intentionnelle qui donne une vision ensembliste et
déclarative d’une présentation. L’originalité de cette approche consiste en l’utilisation
de requêtes dans la spécification du contenu d’une présentation et dans l’introduction de
contraintes temporelles sur les collections d’objets.

Propositions scientifiques

Une présentation intentionnelle définit la présentation de façon déclarative en fonction


de son type plutôt qu’en référençant directement les objets. Cette approche permet
notamment d’assurer la pérennité des présentations multimédias et de prendre en
compte la notion d’ensemble pour des données spatio-temporelles. Comme dans le cas
des vues relationnelles, nous spécifions une requête qui définit les critères de sélection
de l’information à présenter.

La présentation consiste à construire un objet complexe qui contient la définition de la


requête et qui impose des contraintes de synchronisation temporelles et spatiales sur la
présentation. Comme pour les vues, un des avantages essentiels de cette approche est de

18
pouvoir travailler sur une vision logique de l’information et donc de pouvoir présenter à
chaque exécution, une présentation prenant en compte le contenu réel de la base de
données

L’exemple suivant montre l’intérêt pratique de notre proposition. Supposons avoir


défini les classes et racine de persistance suivantes :

Class Employé class Projet


tuple ( nom : string, tuple ( intitulé : string,
photo : image, DateDep : date,
projet : Projet , DateFin : date,
cv : text) responsable : Employé)

name Les_Employés : list (Employé);

Supposons vouloir créer une présentation des photos et curriculum vitæ (CV) des
membres du projet STORM à raison de 10 secondes par employé. Sans tenir compte des
contraintes spatiales et temporelles, le langage OQL de l’ODMG [Cattel97], permet de
spécifier le contenu de cette présentation :

select tuple ( e->photo, e->cv)


from e in Les_Employés
where e->projet->intitulé = “STORM”
order by *

Le type du résultat est une liste de n-uplets composés d’une image et d’un texte. La
requête sera exécutée au moment de jouer la présentation. Il est donc impossible de
connaître a priori le nombre d’objets à présenter. Néanmoins, pour définir des
contraintes sur une présentation, nous pouvons nous appuyer sur la propriété de typage.
En effet le résultat d’une requête est typé et nous allons montrer comment ce résultat est
interprété et peut être contraint.

Si aucune contrainte n’est spécifiée, par défaut, la sémantique inhérente au type du


résultat (liste, ensemble ou enregistrement) doit être interprétée. L’interprétation utilisée
est une adaptation des travaux proposés initialement dans [Adiba96] pour représenter
une présentation multimédia. Pour une liste, les objets sont présentés en séquence en
respectant l’ordre de la liste. Pour un ensemble et un enregistrement, les objets sont
présentés en parallèle. Les durées de présentation ne sont pas contraintes et c’est une

19
interaction utilisateur (clic sur un icone représentant une gomme dans le cas du logiciel
O2 utilisé) qui permet d’avancer dans une séquence.

Lorsque le type du résultat est une combinaison de ces constructeurs, les règles
s’appliquent de façon itérative. Par exemple pour un type composé tel que list
(tuple (O1, ...,On)) la présentation consiste en un affichage séquentiel de
tous les enregistrements. Pour chaque enregistrement, les objets Oi seront présentés en
parallèle.

Dans notre exemple, l’interprétation par défaut (c’est-à-dire en l’absence de contraintes)


de notre requête est une présentation séquentielle de couples (photo, CV). Le contenu de
chaque couple sera présenté en parallèle (Type du résultat : list (tuple(image, text)))

On voit donc que l’interprétation par défaut des requêtes peut donner un résultat
satisfaisant. Il faut cependant noter que si le type de la racine de persistance
Les_Employés avait été set(Employé), nous aurions obtenu, pour chacune des
présentations un affichage en parallèle de tous les objets ce qui est nettement moins
ergonomique. Aussi, il est parfois souhaitable voire nécessaire de définir des contraintes
de synchronisation entre les différents objets.

Les contraintes de synchronisation que nous avons définies s’appuient sur les relations
entre deux intervalles définies dans [Allen83] auxquelles nous ajoutons une sémantique
ensembliste. De plus, nous affinons cette sémantique selon le type de l’objet auquel la
contrainte s’applique. Les principales contraintes que nous avons proposées sont :

seq-before(Oi) impose que les objets Oi soient présentés de façon séquentielle quel
que soit le type des objets Oi (list, set, tuple, … ).
seq-meet(Oi) impose que les objets Oi soient présentés de façon séquentielle quel
que soit le type des objets Oi (list, set, tuple, … ). De plus, aucun délai n’est admis entre
la présentation de deux objets.
par-start(Oi) impose que les objets Oi soient présentés en parallèle quel que soit le
type des objets Oi (list, set, tuple, … ). Les présentations de tous les objets débutent en
même temps.
par-finish(Oi) impose que les objets Oi soient présentés en parallèle quel que soit le
type des objets Oi (list, set, tuple, … ). Les présentations de tous les objets se terminent
en même temps.

20
par-equal(Oi) impose que les objets Oi soient présentés en parallèle quel que soit le
type des objets Oi (list, set, tuple, … ). Les présentations de tous les objets débutent et
se terminent en même temps.

Les contraintes during et overlap définies par Allen n’ont pas de sens si elles sont
appliquées à une liste ou un ensemble d’objets.

Les spécifications de la requête ainsi que de la contrainte de synchronisation et


éventuellement des contraintes de durée et de délai sont stockées dans un objet de la
base de données appartenant à la classe SO-Query et évaluées lors de la présentation.
Dans notre exemple, nous créons un objet de la classe SO-Query avec une contrainte
“seq-meet” entre les photos à afficher, avec un délai de zéro entre chaque affichage
et une durée totale maximale de 10 secondes pour la présentation. Il faut noter ici que la
contrainte de type seq-meet s’applique à la liste des objets résultats de cette requête.
Par définition de la sémantique du constructeur tuple, la photo et le CV seront présentés
en parallèle.

SO4 = ( content : ( select tuple ( e->photo, e->cv)


from e in Les_Employés
where e->projet->intitulé=‘STORM’),
delay : 0,
duration : 10,
constraint : ‘seq-meet’)

Dans certains cas, il est nécessaire de spécifier une contrainte à une granularité plus fine
que le premier niveau. Par exemple si le type du résultat est set(set(Image)), cela
implique une sémantique de présentation par défaut où l’on présente en parallèle toutes
les images. Les contraintes que nous avons introduites dans le paragraphe précédent
permettent de modifier cette sémantique pour obtenir une séquence d’ensembles
d’images présentées en parallèle. Pour que toutes les images soient présentées en
séquence, il faut pouvoir spécifier une contrainte sur le deuxième constructeur set. De
manière plus générale, il faut prendre en compte la structure complexe de nos objets
résultats afin de préciser le niveau d’application d’une contrainte. Dans [Martin97],
nous avons proposé une identification simple basée sur les notations utilisées dans les
parcours de graphes afin d’introduire cette possibilité.

21
Bilan

Cette proposition a permis d’identifier clairement un apport des SGBD pour le


traitement des données multimédias autre que la fonctionnalité de stockage
généralement mise en évidence. En nous servant des possibilités offertes par les SGBD
objets, principalement le langage de requêtes et les méthodes, nous avons montré les
avantages suivants :

? Augmentation de la puissance d’expression du modèle de présentation en


permettant la définition de présentations de façon intentionnelle plutôt qu’en
référençant directement le contenu.
? Pérennité des présentations : Le travail présenté ici permet d’assurer la cohérence
des informations présentées par rapport au contenu de la base de données. Les
difficultés de maintien d’information à jour augmentent proportionnellement avec la
quantité d’informations, et l’approche bases de données permet de nous affranchir
d’une partie des évolutions.
? Standardisation. En globalisant la construction de la présentation, on assure une
présentation standardisée. La présentation est définie sur un schéma plutôt que sur
des instances.
? Prise en compte des gros volumes de données. Ce travail prend en compte les
propriétés ensemblistes des bases de données. On peut définir une présentation et
l’appliquer à un objet, un sous-ensemble d’objets ou un ensemble d’objets s’ils
possèdent le même type.
? Optimisation. L’utilisation de requêtes permet de passer par une phase
d’optimisation. La requête pourra être compilée pour assurer le niveau de
performances requis par la présentation.
? Réutilisation. La création de présentations multimédias est un type d’application où
il est nécessaire d’améliorer la réutilisation. Le fait de désigner un niveau logique
plutôt que directement les objets contenus dans la présentation améliore les
capacités de réutilisation.

Ce travail est présenté en détails dans [Martin97] et également dans [Martin98]. Il a été
également à l’origine d’un autre travail sur la thématique « Bases de Données et Web »
présentée dans la seconde partie du document.

22
II. 3. Données vidéo

Contexte du travail

Le travail sur les données vidéo a été initié dans le cadre du DEA (1995-1996) et
poursuivi ensuite dans la thèse (1996-2000) de Raphael Lozano. Nous présentons tout
d’abord le cadre général du travail et nous détaillons ensuite deux éléments du travail.
Le premier point concerne les propositions sur les expressions de chemin généralisées et
le second point concerne la création de résumés de vidéo.

La dernière décennie a été marquée par un nombre de recherches croissant sur les
données vidéo [AH91, Rangan93, ORS96]. Les raisons principales à cet engouement
sont les progrès de la technologie informatique qui offre maintenant à la fois des
capacités de stockage élevées (que ce soit sur disques magnétiques ou optiques) et des
taux de transferts rapides [JM98, RGF98, BT93]. Les données de types vidéo sont de
grandes consommatrices de ressources systèmes telles que la ressource disque. A titre
d’exemple, une heure de vidéo compressée au format MPEG-1 nécessite 675 Giga-
octets pour une qualité VHS standard. Cette taille élevée et les aspects linéaires et
continus de la vidéo rendent souvent fastidieux le visionnage d’une ou plusieurs vidéos
pour accéder à une information donnée. La digitalisation de la vidéo et l’accès direct
autorisé par le support de stockage permettent de nous abstraire de ces propriétés
physiques et de référencer directement les segments voulus.

La vidéo est une donnée qui pose de nombreux problèmes de stockage, de


représentation, d’interrogation et de présentation. Parmi les travaux existants, beaucoup
ont utilisé des Systèmes de Gestion de Bases de Données (SGBD) mais il n’y a pas eu
de véritable intégration des données vidéo dans un SGBD. Une telle intégration signifie
le traitement homogène des données vidéo et des autres types de données à tous les
niveaux du système et impose d’étudier les extensions nécessaires aux SGBD tout en
gardant une approche qui conserve les propriétés structurelles et fonctionnelles de ces
systèmes. C’est cette approche qui a été mise en avant dans nos travaux sur la vidéo.
Notre problématique se place dans le contexte des SGBD à objets qui offrent tous les
concepts et technologies nécessaires pour permettre une telle intégration et ouvrent de
nombreuses perspectives pour les applications manipulant la vidéo.

L’évolution des standards de la famille MPEG (MPEG-1, MPEG-2, MPEG-4 et MPEG-


7) va clairement vers davantage de sémantique et de qualité. Le standard MPEG-1

23
(ISO/IEC 11172) très utilisé dans la production de CD propose des techniques de
compression et de décompression de données avec pertes basées sur la suppression des
redondances. Ce standard est basé sur un taux de transfert de 1,86 Mbit/sec pour une
taille d’images de 720 x 576 pixels. Le standard MPEG-2 (ISO/IEC 13818) montre une
évolution sur la qualité en visant les applications de télévision digitale ou la production
de films en format DVD. Il propose quatre niveaux de représentation qui vont d’un taux
de transfert de 4 Mbit/sec pour le niveau le plus bas à 60 Mbit/sec pour le plus élevé. La
taille des images quant à elle varie de 352 x 288 pixels à 1920 x 1152 pixels. En dehors
de ces caractéristiques, MPEG-2 propose des améliorations telles que la définition de
trois niveaux de chrominance contre un seul pour MPEG-1. Le standard MPEG-4
(ISO/IEC 14496) représente une évolution considérable par rapport à ces deux
prédécesseurs en ne s’intéressant plus à la compression des données mais à la création
ascendante d’une vidéo en partant des objets qui la composent. La vidéo est considérée
comme un ensemble d’objets qui sont composés dans l’espace et dans le temps en
utilisant un langage de réalité virtuelle tel que le langage VRML pour décrire les
animations. L’avantage essentiel de cette approche est le fait que la quantité de données
pour reproduire une vidéo soit moins élevée que celle du flot vidéo dans son intégralité.
Cette caractéristique est très appréciée pour les applications de type Web. Il offre
également un ensemble de paramètres liés à la qualité de service. Enfin, le standard en
cours de définition MPEG-7 est basé sur le standard MPEG-4 et s’intéresse à la
description du contenu des différentes scènes. Cette description concerne à la fois les
éléments visuels (couleur, texture, position) et les informations d’un niveau
d’abstraction supérieur telles que le nom d’une personne présente sur la vidéo et son
activité. Ce bref historique montre que la vidéo n’est plus considérée comme un type de
données figé sans structure ni sémantique mais au contraire comme un type de données
complexe à intégrer avec les autres types de données plus conventionnels.

Il est également possible de suivre une approche descendante (du flot vidéo aux objets
qui composent la vidéo) pour définir la structure et le contenu d’une vidéo stockée
comme un flot continu d’images. La structure représente l’organisation et les relations
entre les différents segments de la vidéo. Le contenu représente l’information
sémantique véhiculée par la vidéo. De manière générale, afin de pouvoir rechercher des
segments de vidéos selon les besoins des utilisateurs, il est nécessaire de modéliser leur
structure et leur contenu. Cette modélisation doit permettre d’extraire le contenu
sémantique de la vidéo lors de la phase d’interrogation. L’aspect temporel des vidéos et
notamment la notion de segment vidéo qui représente un intervalle d’images rendent
complexe cette modélisation.

24
Les possibilités offertes par les SGBD telles que la différenciation schéma physique,
schéma conceptuel et le langage de requêtes sont intéressantes pour les données vidéo.
De plus, du point de vue des bases de données, il est nécessaire de permettre la prise en
compte de tout type de données et pas exclusivement la fonction de stockage au travers
des « Binary Large Objects » (Blob). Pour atteindre l’objectif d’intégration effective de
données vidéo, les SGBD actuels doivent être étendus à tous les niveaux : gestion
physique [Rangan93], modèle conceptuel, langage d’interrogation. Plusieurs projets ont
choisi une approche de type SGBD pour le multimédia [CC96, CMCL95, DHB96] et en
particulier pour la vidéo [OT93, EJHKA97].

Notre approche marque donc une volonté de ne pas considérer la base de données
comme un seul support de stockage mais au contraire d’étendre les SGBD afin de
donner la possibilité aux utilisateurs d’écrire leurs propres applications multimédias
[Martin98, MM99a, MM99b] et en particulier des applications manipulant la vidéo
[LAMM98].

Propositions scientifiques

La présentation de nos propositions scientifiques se subdivise en trois parties. La


première partie concerne le modèle vidéo. La deuxième partie montre une adaptation de
travaux sur les documents semi-structurés afin d’étendre le langage de requêtes OQL.
Enfin, la dernière partie présente une fonctionnalité particulière qui consiste à construire
des résumés de données vidéo.

? MODELE VIDEO

Nous avons choisi une approche de type système de gestion de bases de données à
objets afin de bénéficier pleinement des avantages liés à la possibilité d’étendre un
schéma par affinement des classes existantes. La plupart des concepts proposés ici sont
modélisés sous forme de classes. Ces classes forment la bibliothèque de classes Vstorm
et peuvent être raffinées par les utilisateurs afin de répondre à leurs besoins spécifiques.
Néanmoins, l’intégration de la donnée vidéo dans un SGBD à objets ne peut se limiter à
la proposition d’un ensemble de classes et nous décrivons les extensions que nous avons
réalisées.

Nous avons proposé le concept de vidéo virtuelle afin de souligner la différence entre la
vidéo physique telle qu’elle est stockée et la vidéo qui sera vue et manipulée par

25
l’utilisateur. Les systèmes de gestion de bases de données permettent de distinguer trois
niveaux dans l’architecture du système [ANSI75] et, par effet de bord, trois niveaux de
représentation des données : physique, conceptuel et externe. Nous nous sommes
inspirés de cette différenciation et nous avons proposé d’appliquer à la vidéo la
distinction suivante :

Le niveau physique qui représente la donnée brute (suite d’images ou vidéo


compressée) qui doit être gérée par une politique de stockage spécifique [OBRS94,
AOG92, GC92, LS93]. Nous avons proposé une bibliothèque de classes pour décrire
différents formats vidéo tels que le format MPEG-2 [MPEG2]. Cette bibliothèque peut
être étendue à d’autres formats sans influence sur les opérations et les modélisations de
niveaux d’abstraction supérieurs. Nous avons donc une indépendance entre le niveau
physique et les niveaux composition et conceptuel.

Le niveau composition qui spécifie le contenu de la vidéo qui sera proposée à


l’utilisateur. A ce niveau, nous étendons la notion de vidéo afin de permettre la
composition de segments issus de différentes vidéos et qui forment une vidéo que nous
appelons vidéo virtuelle (voir Figure 2). Le terme « virtuelle » signifie qu’il n’y a pas de
création physique de nouvelles vidéos par duplication des segments existants mais
simplement une spécification algébrique. Il faut noter à ce niveau que les différents
segments en provenance de différentes sources physiques peuvent être représentés avec
des formats de compression différents. Chaque segment sera décompressé avec sa
propre méthode de décompression et le flot d’informations décompressé sera transmis
pour être joué. La présentation d’une vidéo est donc considérée comme une présentation
multimédia où les différents segments qui la composent sont reliés par une relation
temporelle de type « meet » [Allen83].

Le niveau conceptuel qui modélise la structure et le contenu d’une vidéo. De même


que dans le contexte des bases de données conventionnelles, cette modélisation s’appuie
en général sur un schéma conceptuel de haut niveau tel que le modèle Entité-
Association ou ceux proposés dans la méthode OMT ou le langage UML. Une
représentation OMT des concepts introduits au niveau de notre modèle a été proposée et
décrite dans [FLM97].

26
VV3=VV1 ? VV2 VV4=VV1 ? VV2

VV1 VV2

V1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1 2 3 4 5 6 7 8 9 V2

Figure 2 : Exemple de vidéo virtuelle

Une proposition de définition d’architecture pour une vidéo a été également faite dans
[Ghafoor95] où l’on distingue trois niveaux : le niveau physique dépendant du format
de représentation des images prises indépendamment les unes des autres, le niveau
« vidéo » qui représente une suite d’éléments agrégés pour former un flot continu
d’information et le niveau sémantique qui décrit la structure et le contenu. Par rapport à
cette proposition, nous permettons une structuration des éléments de départ qui ne sont
pas nécessairement des images mais qui peuvent être des éléments structurels de
granularité quelconque. Cette prise en compte de la structure hiérarchique nous ouvre
des perspectives notamment pour les annotations et la création de résumés de vidéos.

? EXTENSION DU LANGAGE DE REQUETES

Un des avantages des SGBD est de proposer un langage de requêtes permettant de


retrouver facilement et en un temps opportun un ensemble de données pertinentes. Dans
le cas des données vidéo, il est nécessaire de prendre en considération les relations
temporelles entre les annotations, ainsi que la structure de ces annotations si l’on
considère que les requêtes utilisent ces annotations.

Plusieurs langages de requêtes spécifiques pour les données vidéo ont été proposés. Le
langage VIQS [HM94, HMS95] est une extension de SQL où les requêtes de la forme
(FIND FROM WHERE) permettent de spécifier quels sont les intervalles de la vidéo à
prendre en compte et quelles sont les portions de segments à extraire. Ce travail est très
complet sur les aspects navigation mais il part d’une structure de données prédéterminée
et ne prend pas en compte les relations temporelles entre les segments. Le langage

27
VideoSTAR [ACCES96] propose certaines extensions pour prendre en considération les
relations temporelles qui sont équivalentes à celles proposées ici. Néanmoins, à notre
connaissance cette proposition n’est pas intégrée au système et seul une interface
graphique d’interrogation a été réalisée. Nous pensons qu’une approche de type
« langage de requêtes » est préférable à une approche graphique pour conserver une
approche « bases de données » qui soit cohérente avec les autres types de données.

Nous avons proposé certaines extensions au langage OQL sous la forme de fonctions
afin de pouvoir tester les relations temporelles entre les segments. Ces fonctions sont
directement inspirées des travaux sur les relations temporelles entre les intervalles
définies dans [Allen83] que nous appliquons aux segments vidéo. Par exemple, la
fonction Before teste la précédence d’un segment par rapport à un autre et la fonction
Overlaps teste le recouvrement de deux segments.

Afin de nous affranchir de la complexité de la structure des annotations, qui dans notre
modèle, sont modélisées sous forme de classes, nous avons proposé certaines extensions
au langage OQL qui sont inspirées des travaux sur les expressions de chemin
généralisées [CACS94]. Les expressions de chemin généralisées (GPE5) ont été
proposées dans le contexte des documents afin de permettre une interrogation conjointe
du contenu et de la structure et surtout la formulation de requêtes sans connaissance
exacte de la structure de données.

Dans notre contexte de données vidéo, cette propriété est particulièrement intéressante.
En effet, nous offrons la possibilité de définir des annotations mais ce travail
d’indexation n’est pas nécessairement connu par la personne qui écrit la requête. Il est
donc intéressant de pouvoir énoncer une requête sans connaissance exacte de la
structure de représentation du contenu.

Les éléments introduits par les GPE et utilisés dans notre contexte sont les types ATT et
PATH. Une valeur du type ATT représente un attribut et une valeur du type PATH
représente un chemin d’accès à travers la structure des objets et valeurs complexes. Les
types ATT et PATH possèdent leurs propres variables et opérations de base. Les
variables d’attributs sont préfixées par # et celles de chemin d’accès par @. Ces
variables sont utilisées comme des expressions de chemin généralisées. Nous utilisons
également le raccourci syntaxique (..) qui exprime l’utilisation de n’importe quel
chemin pour accéder à un attribut d’une classe à partir d’un autre attribut. La variable

5
Generalized Path Expression

28
attribut #Attr qui peut être instanciée par n’importe quel attribut. Nous donnons
maintenant trois exemples de requêtes représentatives des possibilités offertes par ces
extensions temporelles et structurelles.

Exemple 1 : Quelles sont les scènes de vidéos où Marion apparaît ?

Select S
From Videos{V}..scene(S), Annotations{A}, S..segment(I)
Where "Marion" in [Link] and During([Link], I)

Nous partons de la classe Vidéo pour atteindre toutes les scènes S de la vidéo. Nous
analysons tous les segments I qui sont annotés dans la scène courante S et pour chaque
segment nous regardons si « Marion » fait partie des mots clés. Les GPE permettent de
spécifier précisément le type d’élément de structure à extraire. Dans cet exemple, nous
sommes intéressés uniquement par les scènes. Néanmoins, si Marion apparaît dans un
élément de structure d’un niveau inférieur (par exemple un plan), la scène
correspondante est sélectionnée.

Exemple 2 : Quelles sont les séquences de vidéo où Marion apparaît et où elle est en
vacances

Select S
From Videos{V}..sequence(S), [Link](I), Annotations{A}..subject(SB)
Where "Marion" in [Link] and SB= "vacances" and During([Link], I)

Ce deuxième exemple, montre comment référencer des attributs de classes définis par
l’utilisateur tel que l’attribut subject. Le point de départ reste la classe Annotations et
l’expression de chemin généralisée permet de dire que nous souhaitons accéder à un
attribut subject sans donner explicitement le parcours nécessaire pour y accéder. La
seule contrainte imposée par notre schéma d’annotations est que cet attribut subject soit
défini dans une sous-classe de la classe Annotation.

Exemple 3 : Créer une vidéo constituée de tous les segments concernant la ville de
Grenoble

Union ( Select I
From Videos{V}.segments(I), Annotations{A}..#Attr(x)
Where x = "Grenoble" and equal([Link], I))

29
Dans cette requête, nous cherchons tous les segments atteignables à partir d’une vidéo
V. Nous sélectionnons tous les segments qui possèdent ‘Grenoble’ comme valeur de
l’un des attributs descriptifs. Cet attribut doit pouvoir être atteint à partir d’un objet
Annotation et obligatoirement de type string. La variable #Attr est une variable attribut
qui est instanciée durant l’évaluation de la requête avec le nom et le type de chacun des
attributs atteignables. L’opérateur Union possède la même sémantique que dans les
travaux sur la vidéo algébrique [WDG95].

Nous n’avons présenté ici que trois requêtes montrant l’originalité de notre approche.
Ces propositions sont des extensions du langage OQL et il est évidemment possible de
poser des requêtes « classiques » en OQL. De plus, l’approche proposée ici permet de
construire dynamiquement des vidéos. En fonction de la taille de la base de données, ces
vidéos peuvent être d’une durée prohibitive. C’est pourquoi, nous avons proposé un
moyen de réduire la taille de vidéos en créant des résumés de vidéos.

? RESUMES DE VIDEOS

Par nature, une vidéo possède une certaine durée proportionnelle à sa taille. La
recherche d’un segment particulier à l’intérieur d’une vidéo ou d’un ensemble de vidéos
nécessite donc pour l’utilisateur un temps de recherche qui peut être prohibitif. Il est
patent que les mécanismes d’avance rapide proposés par les magnétoscopes ou autres
outils de visualisation ne suffisent pas. La digitalisation de la vidéo a ouvert certaines
possibilités dont l’objectif est d’extraire les segments représentatifs ou images clés
d’une vidéo. La plupart des travaux existants [LPE97, DKD98, MM97] visent à réduire
la taille d’une vidéo en utilisant soit la suppression aléatoire d’images, soit la sélection
d’images possédant des propriétés caractéristiques telles que la couleur et la texture, ou
de segments vidéo particuliers tels qu’un segment lors duquel un zoom a été effectué.

Notre approche diffère des approches précédentes dans le sens où nous considérons un
résumé de vidéo comme une vidéo virtuelle construite à partir des éléments suivants :

? La source : comme pour toute autre vidéo virtuelle, il est possible de créer un
résumé de plusieurs vidéos en utilisant les différentes annotations. L’utilisateur peut
donc spécifier son domaine d’intérêt.
? La durée : l’utilisateur détermine la durée souhaitée du résumé et c’est cette durée
qui détermine la taille du résumé.

30
? La structure : la connaissance de la structure et la durée de chaque élément est un
point important pour créer un résumé. Le résumé doit être le reflet de la vidéo et les
résumés des éléments de structures doivent respecter les durées proportionnelles
initiales.
? La granularité de structure : un résumé est a priori construit en extrayant les
segments représentatifs mais il est possible d’extraire les scènes ou les séquences
représentatives.
? La pertinence : nous nous appuyons sur les coefficients de pertinence spécifiés par
l’expert pour déterminer les éléments à extraire en priorité.

A partir de ces éléments, nous avons proposé un algorithme qui détermine les segments
à extraire. Le principe général de cet algorithme est le suivant.

Etape 1 : Exécuter la requête afin de déterminer la vidéo virtuelle à partir de laquelle le


résumé doit être réalisé. Cette étape retourne l’ensemble des segments candidats avec
pour chaque segment une pondération qui exprime la relation entre le segment et le but
recherché. En terme de recherche d’information cette pondération est l’expression de la
distance entre la requête et le but [VanRijsbergen79].

Etape 2 : Calcul du facteur de résumé qui est la combinaison linéaire de trois facteurs :
la pondération calculée lors de l’étape précédente, la durée proportionnelle de chaque
segment et la pertinence du segment. La durée proportionnelle de chaque segment est
calculée par rapport à sa position dans la structure hiérarchique. Par exemple, nous
attribuons à une scène SC1 définie sur une séquence SQ1, une valeur en fonction de la
durée proportionnelle de SC1 par rapport aux autres scènes de la séquence SQ1 et de la
durée de SQ1.

Etape 3 : Calcul de la durée de chaque segment à extraire et ordonnancement des


segments les uns par rapport aux autres.

A partir de cet algorithme, nous avons proposé une interface de navigation sur une
vidéo (Figure 3). Cette interface permet de visualiser une vidéo dans sa globalité et de
choisir dynamiquement de réduire ou d’augmenter la durée de la vidéo. Le panneau
central visualise la vidéo en cours de présentation. Nous avons situé en dessous de ce
panneau les contrôles sur la durée de la vidéo qui permettent d’allonger ou de diminuer
ce temps par un facteur de 2. Respectivement à gauche et à droite se trouvent les
indications sur les durées réelles (par rapport à la vidéo initiale) et effectives (par
rapport au résumé) de la partie située avant et après l’image. L’addition de RTS et de

31
RTE donne la durée réelle de la vidéo (ici 5’30). L’addition de ATS et de ATE donne la
durée du résumé (ici 1’23). La différence entre le calcul théorique (application d’un
facteur de 4) et le calcul réel est due à l’algorithme de création des résumés qui tient
compte de différents facteurs tels que la compression ou le temps minimum de durée
d’un segment pour la perception humaine 6. En dessous, du tableau de bord de type
magnétoscope se trouvent les premières images des séquences et scènes suivantes ou
précédentes. Ces images sont actives et leur activation via un clic souris permet de
visualiser directement la scène ou séquence suivante ou précédente.

Figure 3. Interface pour la création dynamique de résumés vidéo

Les mots clés sous chaque image fournissent une information textuelle attachée à
chaque élément (scène ou séquence).

Cette création de résumés vidéo et l’approche proposée sont inspirés des travaux
effectués dans le domaine de la recherche d’information [KPC95, SSMB97]. En effet,
les travaux effectués sur les données textuelles peuvent être appliqués au niveau de la
modélisation et de l’extraction de connaissances. Néanmoins, contrairement à du texte

6
Ce temps a été évalué à 3.5 secondes pour que l’image soit entièrement traité par le cerveau.

32
où il est possible de créer un nouveau document synthétique, il est difficile d’envisager
actuellement la création de nouvelles images ou segments et le travail sur la vidéo se
concentre sur l’extraction d’images existantes. Cependant, les avancées en terme
d’images de synthèse et de réalité augmentée autorisent à penser que de telles approches
devraient pouvoir être entreprises prochainement.

Bilan

Nous avons présenté différents résultats de nos recherches sur l’intégration des données
vidéo dans un SGBD à objets. Les différentes propositions sont faites selon une
approche qui respecte à la fois la « philosophie » des SGBD et la « philosophie » objet.

L’intérêt majeur d’une approche objet pour ce type de problématique est la possibilité
de construire une bibliothèque directement utilisable et de donner des possibilités
d’extension. Du point de vue de la modélisation, l’approche objet permet de considérer
différentes vues sur une vidéo physique. Un objet représente la vidéo physique qui est
un objet volumineux et qui pourra être traité de manière spécifique. Différents objets
que nous avons appelés « vidéos virtuelles » représentent des vues de cette vidéo
physique ou la combinaison de différentes vidéos.

Nous considérons l’objet comme un moyen de diffuser différentes vues d’une même
entité qui est, en l’occurrence, la vidéo. Plus précisément, nous offrons aux futurs
utilisateurs différentes classes attachées aux différents concepts. Il est ainsi possible de
naviguer à travers la représentation physique, structurelle, sémantique ou de
composition d’une vidéo. Les méthodes définies dans ces classes modélisent les
comportements associés. Ainsi, la ré-utilisation et l’extensibilité sont permises dans un
cadre qui respecte les définitions du modèle.

Du point de vue système, la vidéo nous a posé plusieurs problèmes pour l’adressage
exact et l’extraction de segments vidéo. Plusieurs problèmes n’ont pas été traités tels
que la gestion des mémoires tampons et la qualité de service. Néanmoins, les extensions
réalisées permettent d’offrir un cadre de développement d’applications manipulant la
vidéo satisfaisant et des démonstrations ont été réalisées à plusieurs occasions
[Lozano97, LAMM98].

Le travail présenté ici est intégré avec les travaux sur les présentations multimédias
présentés précédemment. La donnée vidéo et toutes les possibilités proposées ici sont
développées dans le même environnement. Du point de vue de la vidéo, cela permet

33
notamment de jouer différentes vidéos en parallèle ou de distribuer les vidéos sur un
réseau. Une vidéo virtuelle peut être ainsi construite à partir de vidéos issues de
différents serveurs.

De manière plus générale, les travaux actuels sur les données vidéo tendent à généraliser
les recherches réalisées dans d’autres domaines tels que le traitement d’images, les
documents multimédias, la recherche d’information ou les bases de données
temporelles. Cependant, seul une synergie entre ces domaines permettra d’atteindre
l’intégration de la vidéo. Nous avons, pour notre part, initié une collaboration avec des
collègues travaillant sur les bases de données temporelles qui est présentée dans
[DLFMS00b]. Une discussion plus détaillée sur la notion de granularité est proposée
dans [DLFMS00a].

Parmi les pistes de travail possibles, une piste me semble particulièrement intéressante :
comment étendre les résultats obtenus sur la vidéo à d’autres types de données ayant des
besoins d’indexation et de structuration ? Les présentations multimédias sont par
exemple des données qui possèdent ce type de besoin et qui bénéficieraient d’une
indexation et d’une structuration aussi évoluées que celles proposées pour les données
vidéo.

Les principaux aspects présentés ici sont détaillés dans [LM00] pour le modèle vidéo,
dans [LM98] pour l’utilisation des expressions de chemin et enfin dans [ML00a,
ML00b] pour le travail sur les résumés.

34
III. SGBD multimédias et Web

La seconde partie de ce document est dédiée au lien entre SGBD et Web. Ce travail a
été suscité par la révolution provoquée par le Web sur la publication électronique de
données. En effet, le Web tend à dépasser aujourd’hui largement le cadre de la
publication électronique de documents pour devenir un environnement permettant
d’accéder, de partager et de gérer différents types de données sur un réseau. Bien que
cette vision soit quelque peu idéaliste, l’évolution de HTML vers XML va dans ce sens.

Les recherches que nous avons réalisées dans le domaine des bases de données et du
Web ont été effectuées dans le cadre de cette évolution des documents vers les données.
Nous avons au départ utilisé la technologie Web pour sa simplicité et sa convivialité
pour ensuite nous intéresser à la gestion des données au travers du Web. C’est cette
démarche que retrace cette partie du document, en commençant par la présentation
d’une activité contractuelle sur les systèmes d’information pour les risques naturels.
Nous présentons ensuite deux travaux de recherches suscités par ce contrat. Le travail
sur la définition d’un modèle de processus pour le Web réalisé dans le cadre du projet
de DEA de Marlène Villanova, co-encadré ave Noureddine Belkhatir de l’équipe
ADELE du LSR-IMAG, et le travail réalisé en coopération avec Philippe Mulhem du
laboratoire CLIPS-IMAG sur la création dynamique de présentations pour le Web.

Le contrat sur les systèmes d’information pour les risques naturels marque également
une évolution de notre thématique de recherche vers les systèmes d’information
multimédias. Nous limitons volontairement ici la vision du système d’information à sa
composante informatique car les caractéristiques socio-économiques et
organisationnelles d’un système d’information dépassent largement le cadre de ce
travail.

La composante informatique d’un système d'information peut être définie comme un


ensemble de logiciels permettant de grouper, stocker, gérer, analyser et interroger des
grandes masses de données multimédias relatives à un même domaine d’application et
distribuées sur un réseau tel que le Web. Par abus de langage, nous confondons souvent
le système d’information et le système informatique opérationnel.

Cette vision du système d’information implique la prise en compte de diverses


catégories d’utilisateurs et l’intégration de différents logiciels tels que les systèmes de
gestion de bases de données ou les systèmes d’information géographiques. Cet

35
élargissement de notre thématique de recherche aux systèmes d’information ouvre de
nombreuses perspectives et nous avons abordé ce domaine en suivant une démarche
scientifique similaire à celle suivie sur les SGBD multimédias. Cette démarche de
recherche consiste à s’appuyer sur deux caractéristiques des SGBD :

1. La possibilité de modéliser la connaissance à différents niveaux d’abstraction en


utilisant un langage tel que le langage UML pour spécifier différentes propriétés de
l’information et un modèle tel que le modèle objet pour la réalisation.
2. La possibilité d’utiliser un langage assertionnel ou déclaratif afin d’exprimer des
besoins d’information indépendamment de la satisfaction de ces besoins.

En nous appuyant sur ces propriétés, nous faisons donc certaines propositions en tentant
de montrer comment l’application de cette démarche permet de mettre en œ uvre des
systèmes d’information multimédias.

III.1. Système d’information pour les risques naturels : le projet SIRVA

Contexte du travail

L’informatique est devenue omniprésente dans l’étude et la prise en compte des risques
naturels. De nombreuses expériences ont démontré les bénéfices liés à l’utilisation de
l’informatique pour répondre à différents besoins tels que la modélisation, l’inférence,
le calcul numérique et la prévision des phénomènes [KGP96].

Dans le cadre d’un accord contractuel avec la division ETNA du CEMAGREF de


Grenoble et l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat (ENTPE) de Lyon, nous
avons tout d’abord recensé et analysé les différents travaux appliquant soit des résultats
de recherche en informatique, soit une technologie informatique de pointe au domaine
des risques naturels [MAMFC97]. Cette étude a donné lieu à plusieurs conclusions :

1. L’informatique était très utilisée par des organismes ou équipes de recherche pour
modéliser des phénomènes de type éboulement, inondation ou avalanche. En
revanche, elle n’intervenait que très ponctuellement dans les services opérationnels
de l’Etat pour la gestion du risque.
2. Cette situation amenait un décalage remarquable entre le possible et le réel, c’est-à-
dire entre les avantages susceptibles d’être amenés par l’informatique et la gestion
au quotidien des risques naturels.

36
3. Seul un effort pour réunir des compétences, actuellement disséminées entre les
équipes de recherche dans le domaine du risque, les chercheurs en informatique et
les services opérationnels permettrait à terme de produire des résultats satisfaisants
et notamment d’envisager la construction de véritables systèmes d’information pour
les risques naturels. Ces systèmes sont particulièrement intéressants dans le contexte
de la gestion et la prévention des risques naturels car ils représentent une mémoire
collective de ce qui s’est passé et permettent de fédérer différentes sources de
connaissances. Ils améliorent la connaissance des phénomènes et des mécanismes,
permettent d’enregistrer les événements en temps réel, d’extraire rapidement
certaines données répondant à des besoins spécifiques et d’établir des prévisions à
court, moyen et long termes.

La technologie existante aujourd’hui offre déjà de nombreuses possibilités pour


concevoir des systèmes pour l’analyse et la prévention des risques naturels. Ces derniers
doivent faire coopérer des systèmes spécifiques hétérogènes, faciliter leur utilisation par
des acteurs variés : spécialistes du traitement des risques, personnels des collectivités
territoriales, experts informatiques, ... De plus, les systèmes doivent prendre en
considération l’existence de sources hétérogènes accessibles via les réseaux et le Web
en particulier. C’est dans le but de promouvoir de tels systèmes que l’appel d’offres du
contrat de plan état de région a été proposé.

Le projet SIRVA (Système d’Information pour les Risques naturels sur la haute Vallée
de l’Arve) était notre réponse à cet appel d’offres et avait pour objectif de permettre de
valider l’approche systèmes d'information dans le cadre des risques naturels. Une des
contraintes imposées par l’appel d’offres était de proposer un projet de taille réaliste ou
reproductible sur une échelle plus grande et réunir les différents acteurs intervenant dans
la conception et l’utilisation du Système d'Information. Les partenaires impliqués
étaient le CEMAGREF en tant que laboratoire de recherche dans le domaine des risques
naturels, le laboratoire LSR en tant que laboratoire de recherche en informatique et
notamment en bases de données et systèmes d’information et le RTM Haute-savoie qui
est un service opérationnel possédant une fonction liée à la gestion des risques sur le
territoire.

Propositions scientifiques

Le système SIRVA est assez représentatif des tendances actuelles en matière de SIG.
Par rapport au cahier des charges, il devait prendre en compte les éléments suivants :

37
1. Les utilisateurs sont répartis géographiquement.
2. Ils doivent partager un ensemble d’informations et opérer sur les informations de
manière synchrone ou asynchrone.
3. La communication entre les usagers du système est essentielle et des outils de
communication tels que la visioconférence doivent être disponibles.
4. Les matériels et outils logiciels sont hétérogènes (logiciels de simulation, SGBD,
SIG) et doivent fonctionner dans des environnements spécifiques tout en
communiquant avec l’extérieur.
5. Les données manipulées sont des données scientifiques, réglementaires ou
cartographiques et donc par nature multimédias.
6. La cohérence des informations est essentielle car la confiance en un tel système est
vitale vu le caractère sensible du domaine d’application.

Nous avons commencé par faire le recensement des sources d’informations puis une
spécification des besoins, des données, des acteurs et de leurs rôles en utilisant le
langage UML qui fait de plus en plus figure de standard dans le monde des systèmes
d’information. Toutes les informations capitalisées dans le système d’information actuel
ont été analysées et définies selon différentes approches (structure, organisation,
fonctionnalité, … ).

D’un point de vue recherche, nous avons étudié différentes méthodes de modélisation
telles que Merise, SADT, OMT [Rumbaugh95] et UML qu’il était possible d’utiliser
dans ce contexte particulier. Nous avons choisi d’utiliser le langage UML non
seulement pour structurer les données mais aussi pour concevoir un site Web. Au
moment où a été réalisé ce travail, il existait encore peu de réflexions sur la conception
d’un site Web. Dans un projet à taille réaliste comme celui-ci, la précision dans la
définition des entités ainsi que la spécification des domaines d’information accessibles
sont des éléments essentiels quant à l’utilisation du système. Il convenait donc d’utiliser
une méthode ou un langage permettant cette précision et cette finesse de modélisation.
Cette démarche, basée sur UML, a été validée lors d’une réunion de présentation du
projet à des utilisateurs allant de l’expert informatique au maire d’une commune.

Parallèlement à ce travail, nous avons testé différentes technologies allant de


l’utilisation d’applets Java à l’utilisation de logiciels propriétaires tel que Oracle Web
Server. C’est cet outil qui a été choisi pour la réalisation. Le choix d’une architecture
relationnelle et plus spécifiquement du SGBD Oracle était imposé par nos partenaires,

38
mais il est probable qu’une architecture à objets permettrait de faciliter les éventuelles
extensions du système.

Cet aspect du contrat était plus lié à un travail de modélisation et développement


d’applications qu’à une véritable activité de recherche. Néanmoins, cela nous a permis
de mettre en évidence certains manques de la technologie actuelle qui sont présentés ci-
après.

Nous avons ensuite effectué un travail important pour la mise en place effective de la
base de données. Ceci regroupe à la fois l’intégration de données multimédias (images,
textes) et de données scientifiques.

Cette phase du travail a permis notamment de mettre en évidence la difficulté de


récupérer des données anciennes. Il est nécessaire que le système soit très flexible afin
de permettre la collecte d’informations incomplètes et ouvert afin de référencer des
données se trouvant sur différents supports. Cette thématique relative aux données
historiques qui a été abordée dans le cadre du projet SIRVA fait actuellement l’objet
d’un contrat européen ESPRIT nommé SPHERE. Ce projet est présenté dans la dernière
partie de ce document car nous sommes fortement impliqués dans celui-ci pour les trois
années à venir.

Les aspects cartographiques, essentiels dans le contexte des risques naturels, ont été
étudiés. Nous avons proposé des outils permettant la visualisation pour les cartes via le
Web, la définition de zones géographiques, la spécification et la mise en œ uvre de liens
sémantiques entre ces zones géographiques et l’information contenue dans la base de
données et enfin la réalisation de liens entre différentes cartes. Ces travaux ont
globalement atteint leur objectif mais de nombreux problèmes liés à la cartographie
largement abordés dans les SIG restent ouverts : problèmes liés aux aspects multi-
échelles, problèmes liés à la représentation du 3D, problèmes de performances et de
sécurité pour la mise en réseau, … De plus, les solutions proposées par les SIG sont des
solutions propriétaires qui posent un problème d’accessibilité (licence) et figent les
utilisations, ce qui n’est pas souhaitable dans un environnement tel que SIRVA où l’on
doit par exemple pouvoir coupler le système avec des logiciels de simulation issus de la
recherche. De plus, le format hétérogène des cartes ne facilite pas cette tâche. Certaines
cartes sont vectorisées alors que d’autres cartes ne sont même pas disponibles en format
bitmap. Dans le premier cas, il faut donc essayer d’extraire l’information des fichiers en
format propriétaire (type format ArcInfo) et dans l’autre cas il est nécessaire d’acquérir
des formats digitaux soit par simple digitalisation via un scanner, soit par une phase

39
complexe de vectorisation. Notons qu’il existe certains consortiums tels que SLOGIC7
et UCGIS8 qui s’intéressent à l’échange et au partage de données digitales et qui vont
dans le sens d’une plus grande ouverture des systèmes d’information géographiques.

Bilan

Le projet SIRVA a permis de jeter les bases des futurs systèmes d’information pour les
risques naturels en utilisant une approche méthodologique rigoureuse et en se basant sur
les nouvelles technologies associées à l’Internet.

Les conclusions qui peuvent être apportées à ce projet peuvent différer en fonction de la
perspective dans laquelle nous nous plaçons.

D’un point de vue contractuel, on peut dire que le projet a atteint ses objectifs. Le
système SIRVA permet de rendre compte clairement de ce que peut être un système
d’information sur les risques naturels dans un environnent distribué. Différentes
informations cartographiques, textuelles, scientifiques et réglementaires ont été
regroupées au sein d’un même système. Différents accès sont possibles en fonction du
profil de l’utilisateur. Les mises à jour et les consultations peuvent se faire à distance.
La modélisation des données peut être effectuée dans d’autres contextes avec une
capitalisation certaine du travail réalisé dans SIRVA.

Au niveau de notre participation au projet, nous dressons un bilan extrêmement positif


de cette collaboration. Ce travail a notamment permis de mettre en évidence les forces
et faiblesses de la technologie actuelle :

? La technologie Web ouvre effectivement de nombreuses perspectives mais il est


nécessaire de proposer des méthodes pour spécifier et contrôler la cohérence des
processus d’utilisation de tels systèmes.
? Le lien entre les Systèmes de Gestion de Bases de Données et le Web est nécessaire
dans de telles applications où les données doivent obligatoirement être modélisées et
organisées, et stockées dans un contexte « bases de données ».
? Les SGBD doivent être étendus notamment pour prendre en considération de façon
plus appropriée les données multimédias. Le projet SIRVA donne deux exemples
allant dans ce sens. Le premier exemple concerne les règlements saisis sous la forme

7
[Link]
8
[Link]

40
de documents HTML et qui n’ont pu être véritablement intégrés à la base de
données. Les documents HTML sont référencés par la base de données mais le
contenu n’est pas modélisé à cause de la difficulté qu’il y aurait eu à modéliser à un
niveau fin et à générer les règlements. Une telle intégration permettrait notamment
une interrogation plus fine des extraits de règlements. Un autre exemple concerne la
cartographie où il a fallu intégrer des données brutes. Les cartes vectorisées peuvent
évidemment être gérées par des SIG mais dans de nombreux cas (cartes PPR par
exemple) cette numérisation n’existait pas. Il est donc nécessaire de proposer des
modélisations et outils plus simples pour répondre à ce type de besoin.
? Les formats propriétaires tels que ceux proposés pour la cartographie par des
logiciels type Arc Info9 ou MapInfo10 ont l’avantage d’être fournis avec une palette
d’outils professionnels. Néanmoins, dans de tels projets il est souvent nécessaire
d’aller plus loin que ce qui est proposé et cela nécessite des développements coûteux
en temps et pas nécessairement pérennes dans le temps. Il est donc probable que la
cartographie bénéficierait de formats de données plus ouverts permettant de faciliter
les futures adaptations et extensions. Cependant, des produits comme GEOMEDIA
4.011 permettent une certaine interopérabilité entre les principaux SIG du marché et
les consortiums tels que SLOGIC et UCGIS travaillent dans ce sens.
? La méthode de modélisation proposée par le langage UML convient parfaitement à
ce type de développement où le système doit être envisagé selon des perspectives
diverses. La présentation de Chamonix en juin 1988 devant des utilisateurs de
différents horizons a permis de démontrer la cohérence et la visibilité de la
modélisation.

Au niveau de l’utilisateur final, en l’occurrence le RTM, les conclusions peuvent


apparaître plus mitigées. En effet, même si le système laisse entrevoir des perspectives
intéressantes, il n’en demeure pas moins à l’état de prototype et l’utilisation effective
d’un tel système au quotidien de façon opérationnelle nécessite encore de nombreux
efforts. Un des principaux obstacles à cette utilisation est la difficulté d’intégrer les
données issues du passé et nécessaires aux décisions d’aujourd’hui à l’intérieur du
système.

La dernière remarque sur l’utilisation effective de SIRVA suscite différents


commentaires. Le premier est assez simple, le but initial du projet n’était pas la mise en

9
[Link]
10
[Link]
11
[Link]

41
place effective et opérationnelle d’un système d’information pour les risques naturels
dans la haute vallée de l’Arve. Il est évident qu’un tel travail dépasse le cadre du projet
en termes de temps et de moyens. Comme nous l’avons souligné, la récupération des
données issues du passé nécessite beaucoup plus qu’un simple recensement, elle
nécessite une véritable analyse a posteriori qui peut déboucher sur des incohérences, des
exceptions ou des incomplétudes difficiles à prendre en compte dans les systèmes
d’information.

Un tel système pour être opérationnel doit pouvoir être pris en charge par une structure
spécialisée à la fois en informatique et dans les risques naturels. En effet, la gestion d’un
tel système nécessite une personne à plein temps afin d’assurer le travail technique mais
également l’évolution du système. Ce dernier point est important pour fidéliser et
assurer la confiance des usagers du système. Nous sommes en train via la Régie de
Gestion des Données du département de la Haute Savoie (RGD’74) d’assurer le
transfert des résultats obtenus dans SIRVA pour une exploitation directe par différents
services (mairies, pompiers, EDF, … ). Ceci est sans nul doute un succès pour le projet
et une réussite pour toutes les personnes ayant collaboré à celui-ci.

Le système d’information SIRVA est à l’heure actuelle une plate-forme


d’expérimentation idéale et nous souhaitons continuer à utiliser SIRVA pour d’autres
expérimentations, notamment pour démontrer les apports des nouvelles technologies.
Nous souhaitons en particulier poursuivre sur les aspects cartographie et multimédia
particulièrement importants dans le domaine des risques naturels et qui sont en pleine
évolution.

L’expérience du projet SIRVA a permis d’identifier certains points de recherche tels


que le traitement des données hétérogènes, la distribution des données et des capacités
de traitement, le besoin d’offrir des mécanismes de réutilisation ainsi que le maintien de
la cohérence et de la sécurité des systèmes d’information. Ces sujets de recherches n’ont
pas tous été abordés et constituent des éléments essentiels dans l’élaboration de mon
projet de recherche actuel.

D’un point de vue diffusion scientifique, il est clair que le caractère opérationnel du
projet ne se prêtait pas à une large diffusion dans le monde de la recherche en
informatique. Néanmoins, le projet a été choisi pour être présenté dans la revue annuelle
« Perspectives Scientifiques » du CEMAGREF de l’année 2000. De plus, nous

42
organisons un colloque12 sur Systèmes d’Information et Risques Naturels à Grenoble les
28 et 29 septembre 2000. Ce colloque devrait permettre de réunir les personnes
impliquées dans des recherches et des projets autour de cette thématique.

III.2. Modèle de processus logiciel pour applications multimédias

Contexte du travail

Ce travail a été effectué en 1999 dans le cadre du travail de DEA de Marlène Villanova
en collaboration avec Noureddine Belkhatir de l’équipe ADELE du LSR-IMAG dont le
domaine de recherche est les ateliers de génie logiciel. Nous avons proposé ce sujet de
recherche afin de répondre à des besoins très concrets des concepteurs de systèmes
d’information qui avait été mis en évidence dans le cadre du projet SIRVA.

1. Comment spécifier des activités complexes dont la durée peut varier entre quelques
minutes et plusieurs jours ?
2. Comment spécifier des propriétés telles que « activité optionnelle » ou « activité
pouvant être substituée à une autre activité ».
3. Comment, en utilisant le Web comme support d’exécution et moyen de
communication, s’assurer qu’une démarche définie au préalable soit effectivement
suivie ?

D’un point de vue plus général, une démarche peut se définir comme un ensemble
d’activités reliées par des relations de composition, des relations temporelles ou des
relations de substitution. De plus, l’administrateur du système d’information doit
pouvoir s’appuyer sur les technologies multimédias et pouvoir mettre en œ uvre un
environnement flexible. Il est évident qu’une telle problématique dépasse largement le
cadre d’un DEA et nous avons ici essentiellement cherché à étudier comment la
technologie des bases de données multimédias et celle du génie logiciel pouvaient
contribuer à faire évoluer les systèmes d’information dans ce sens.

La plupart des travaux de recherche dans le domaine des systèmes d’information


multimédias [CK95, MS95, BK99, BFS99] sont principalement centrés sur la gestion et
le partage de documents. La problématique posée dans le travail présenté ici consistait à
définir un modèle et un cadre général pour le guidage et le contrôle des utilisateurs d’un

12
[Link]

43
système d’information utilisant le Web et était donc plus en rapport avec les travaux
réalisés dans le contexte du génie logiciel [DKW99].

Par rapport à ces travaux, nous nous sommes fixés trois contraintes :

1. Le Web devait servir de support pour le contrôle du processus. Cette contrainte vise
à prendre en considération l’évolution naturelle des systèmes d’information pour qui
la diversité et la pluralité des utilisateurs, souvent géographiquement distants, rend
cette technologie incontournable à l’heure actuelle.
2. Le système devait être suffisamment flexible et interactif pour être utilisable dans
des applications sensibles telles que celles sur les risques naturels. Il est clair que,
comme nous le disions en préambule, ce travail a été suscité par nos travaux sur les
systèmes d’information pour les risques naturels et que l’un des objectifs était de
pouvoir proposer des solutions sur ce problème à nos partenaires.
3. Le temps devait être pris en compte et notamment les contraintes temporelles de
synchronisation entre les activités. Cette contrainte impose une spécification fine
des relations temporelles entre les activités. Les processus liés aux systèmes
d’information sont souvent longs et nécessitent une spécification claire des
propriétés temporelles (durée, condition de déclenchement ou date d’arrêt d’une
activité).

Propositions scientifiques

Nous avons choisi une approche processus qui nous paraissait plus adaptée qu’une
approche workflow qui est à l’origine plus centrée document. Nous avons proposé un
modèle de processus ainsi qu’un environnement afin de permettre le contrôle des
processus d’utilisation de même que l’utilisation d’outils multimédias tels qu’un outil de
visioconférence assurant une communication synchrone entre différents utilisateurs du
système. Le modèle de processus défini reprend plusieurs concepts du domaine des
processus logiciel tels que processus, activités, données, acteurs, rôles et ressources. Par
rapport à l’existant, le modèle proposé met l’accent sur les caractéristiques temporelles.
Ainsi, un processus est défini comme une entité organisatrice qui détermine un
ensemble d’activités et spécifie les relations temporelles entre ces activités.
L’organisation des activités à l’intérieur du processus est définie en utilisant des
opérateurs temporels directement inspirés des travaux sur le multimédia et notamment
les travaux présentés dans le chapitre précédent que nous avions effectués sur cette
thématique.

44
D’un point de vue fonctionnel, nous avons envisagé l’utilisation du système de la même
manière suivante : un utilisateur se connecte avec un objectif qui peut être un objectif de
consultation ou de mise à jour et le système doit lui permettre à la fois d’exprimer son
objectif, de le guider dans sa démarche et d’assurer la validité de celle-ci par rapport au
monde extérieur (autres utilisateurs, contraintes d’intégrité sur les données, notification,
… ). Il s’agit donc de déterminer les scénarios du système d’information. De même que
pour le multimédia, une démarche déclarative dans l’expression des besoins et des
contraintes autorise une plus grande flexibilité.

Nous avons donc proposé différents opérateurs entre les activités tels que Meet(A, B, d)
pour exprimer un enchaînement séquentiel avec un délai d déterminé ou Start(A, B, d)
pour définir deux activités parallèles A et B avec un délai d. D’autres opérateurs tels que
Subst(A, B,d) pour exprimer le déclenchement d’une activité de substitution en cas de
non-réalisation d’une autre activité ou Replay(A, x) permettant de spécifier une activité
récurrente telle que l’envoi automatique d’un mail tous les x jours pour une notification
quelconque ont également été définis.

De même que pour nos bibliothèques digitales réalisées pour le multimédia, nous avons
défini une bibliothèque de composants permettant l’utilisation et surtout la réutilisation
des éléments développés dans ce contexte.

Nous avons également proposé un outil intégré sur le Web permettant la traçabilité des
processus.

Bilan

Ce travail a tout d’abord permis de faire le parallèle entre plusieurs domaines tels que
les systèmes d’information, processus logiciels ou multimédias. D’un point de vue
scientifique, il nous a permis de mettre en évidence certaines faiblesses des méthodes ou
langage de modélisation type UML.

Ce travail nous a été inspiré par nos activités dans le domaine des risques naturels. Nous
étudions aujourd’hui la possibilité d’adapter ce travail dans le contexte de
l’enseignement à distance qui est le domaine d’application choisi dans le projet
STIMULI qui se déroule dans le cadre d’une coopération que nous avons mise en place
avec le Brésil et qui est soutenue par le CAPES/COFECUB.

45
Par rapport à nos activités contractuelles, ce travail a permis de mettre en évidence
certaines caractéristiques essentielles pour les systèmes d’information sur les risques
naturels du futur. En effet, ce type d’application nécessite conjointement une rigidité
dans la démarche et une flexibilité dans l’utilisation. L’intégration au niveau du système
d’information d’outils de communication tels que la visio-conférence ou l’envoi
automatique de courriers électroniques constitue également des éléments novateurs pour
la mise en œ uvre de ce type de systèmes.

Les perspectives de ce travail se situent au niveau d’une réflexion plus globale sur les
systèmes d’information. Le modèle et l’outil proposés dans le cadre de ce travail ne
constituent qu’un embryon de solution au problème crucial de l’utilisation des systèmes
d’information. Nous sommes en train de mettre en place, via les réponses à deux appels
d’offres de la région et du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de
l’Environnement, une réflexion plus approfondie avec un laboratoire de sociologie
(Centre de Sociologie des Représentations et des Pratiques Culturelles de l’Université
Pierre Mendès-France, Grenoble 2) sur cette problématique de l’utilisation des systèmes
d’information et des impacts à prendre en compte au niveau du développement.

III.3. Construction automatique de présentations multimédias

Contexte du travail

Ce travail est issu d’une réflexion sur la possibilité d’utiliser les présentations
intentionnelles [Martin97] dans le contexte plus général de la création dynamique de
pages Web. Il est le résultat d’une collaboration avec Philippe Mulhem du laboratoire
CLIPS de l’IMAG.

De nombreux produits commerciaux tels que Oracle Web Server13, Informix Universal
Server14 ou VersantWeb/VIA15 assurent une passerelle entre les bases de données et le
Web et l’apparition de la technologie Web a eu une incidence certaine sur la technologie
bases de données [EKR97, SC98]. Plusieurs travaux traitent de cette thématique et
s’intéressent à différents aspects de recherche :

13
[Link]
14
[Link]
15
[Link]

46
? Recherche de données sur le Web. Les solutions proposées par les portails tels que
Yahoo ou Alta Vista sont basées sur des modèles très simples et principalement sur
le nombre d’occurrences d’un terme dans une page HTML. Les travaux issus du
domaine de la recherche d’information permettent des recherches plus fines basées
sur la sémantique de la recherche plutôt que sur la syntaxe des éléments recherchés.
L’expression de requêtes via des langages de requêtes inspirés des bases de données
semi-structurées autorisent également des interrogations plus complexes [GW99].
Le domaine de l’extraction de données (orpaillage ou « data mining » offre
également des moyens pour extraire et analyser les données accessibles via le Web
[Brin98, SF98].
? Optimisation de caches et caches sémantiques. Cet axe de recherche tend à
optimiser les accès aux sites Web afin d’améliorer les performances [CRS99]. Il est
patent que les travaux sur les mémoires caches issus du domaine des bases de
données sont susceptibles de proposer des solutions pertinentes à ce type de
problèmes.
? Transactions sur le Web. Plusieurs travaux de recherche s’intéressent à cette
problématique [YK98, WCJS97, Billard98]. Nos travaux sur les modèles de
processus pour le Web ne visent pas à fournir un modèle de transaction doté des
propriétés ACID16. Néanmoins, ils montrent clairement un besoin de modularité
dans les traitements ainsi qu’un besoin d’expression de la cohérence.
? Présentation de données sur le Web. Il existe de nombreux produits tels que
MicroSoft Frontpage17 pour la création de sites web. Dans la plupart de ces produits,
la présentation de résultats de requêtes bases de données se fait via un langage de
programmation tel que PL/SQL pour Oracle Web Application Server. Cette solution
est peu satisfaisante car elle possède les mêmes inconvénients que le couplage
Langage de Programmation/Bases de données c’est-à-dire : manque de déclarativité,
obligation d’utiliser des curseurs pour parcourir des collections d’enregistrements ou
cohabitation de deux environnements logiciel. Pour éviter ce couplage qui pourrait
être qualifié de couplage faible, plusieurs travaux de recherche ont proposé d’inclure
des spécifications de présentation à l’intérieur de la requête. Par exemple, le travail
sur les TFE (Target Form Expression) présenté dans [SNT97, TN98] s’intéresse à la
présentation du résultat de requêtes SQL sous la forme de documents HTML. Les
auteurs proposent de modifier l’écriture d’une requête SQL en substituant la clause
SELECT par une clause appelée GENERATE HTML. Le séparateur usuel ‘,’ entre
les attributs est conservé mais d’autres séparateurs appelés connecteurs sont

16
Atomicité, Cohérence, Isolation et Durabilité
17
[Link]

47
proposés pour exprimer des propriétés de présentation. Ce travail est relativement
proche de nos propositions dans sa philosophie. Néanmoins, il n’inclut pas la
dimension temporelle qui est le point fort sur lequel reposent nos propositions.

D’un point de vue problématique de recherche, nous visons à offrir un environnement


conceptuel et logiciel permettant de générer des présentations multimédias sur le Web à
partir de spécifications données par un utilisateur dans un contexte de bases de données
à objets. Nous souhaitons apporter une solution à la difficulté de maintenir un site Web
multimédia. L’originalité du travail proposé repose sur la prise en compte à la fois de
l’utilisation d’un langage de requêtes et des caractéristiques spatiales et temporelles des
données comme cela est traité par le standard SMIL en cours de définition [W3C98].

Propositions scientifiques

L’environnement proposé repose sur trois composants facilement modifiables : un


générateur de présentations qui génère les présentations en utilisant les données
stockées dans la base de données ainsi que les informations sur leur type, un langage de
définition qui exprime sans ambiguïté la description des présentations et une interface
utilisateur qui facilite la spécification des schémas de présentations.

Le modèle de présentation est basé sur la notion de template qui représente une unité
logique de présentation. Chaque template possède un identificateur unique et peut être
lui-même composé de plusieurs templates. Cette définition récursive permet de définir
des présentations complexes à partir de présentations de base et induit une démarche de
conception ascendante. Plus précisément, chaque définition de template comporte les
parties suivantes :

? Signature : définition du type des éléments présentés qui peut être, soit un type de
base (entier, texte, image, vidéo), soit un type composé (ensemble ou liste), soit une
référence à une classe existante.
? Contenu : le contenu de la présentation est exprimé en combinant une requête OQL
d’accès à la base de données et l’application de templates.
? Synchronisation spatiale : cette contrainte de synchronisation définit l’organisation
spatiale de la présentation du résultat. Des opérateurs permettent d’exprimer les
relations spatiales entre les objets à présenter, leurs tailles relatives et des effets de
présentation tels qu’un empilement d’objets. Il est ainsi possible de définir une pile
d’images occupant le même espace et où seul le sommet de pile est visible à un
instant donné.

48
? Synchronisation temporelle : cette contrainte de synchronisation est identique à la
formulation des présentations intentionnelles et permet donc d’énoncer les relations
temporelles entre les différents éléments de présentation.
? Synchronisation spatio-temporelle : nous avons introduit deux contraintes
permettant de relier des spécifications temporelles avec des spécifications spatiales.
La première contrainte appelée stk_par* permet de définir des piles d’objets et
d’indiquer que les sommets de pile doivent changer simultanément. L’autre
contrainte, nommée stk_ind* assure une certaine indépendance entre les piles.
? Durée : spécification de la durée de présentation d’un template. Cette durée est
particulièrement utile pour limiter le temps de présentation de grandes quantités
d’objets.

Dans notre premier article [MM99b], nous avons montré comment appliquer notre
modèle à la présentation d’un laboratoire sur le Web. Nous ne nous sommes pas
intéressés à l’aspect interface de définition des templates. L’objectif était simplement
d’introduire une spécification des templates nécessaires à la présentation.

Dans un second article [MM00], nous avons fait le lien entre les templates définis dans
un style objet et les standards SMIL et XML proposés par le consortium W3.
L’architecture que nous avons mise en place est illustrée dans la figure suivante :

Gest. Templates
Requête http
Serveur cgi program Génerateur XML
Client Web Web ([Link]): ou SMIL
Générateur HTM
HTML + XML

Req. BD objets

SGBD à objets

Figure 4 : Architecture de l’environnement

Cette architecture a été testée à la fois en utilisant un générateur SMIL et un générateur


XML simplifiés. Nous avons utilisé des navigateurs tels que Soja, Grins et G2 pour
SMIL. L’avantage de SMIL est de proposer une gestion de l’espace au travers de la
notion de région. Une région est un rectangle qui est décrit par un identificateur, une
largeur, une hauteur et les coordonnées du point supérieur gauche par rapport au coin
gauche de la zone d’affichage. Cette approche nous a permis de traduire directement en
passant d’un positionnement relatif à un positionnement absolu nos contraintes spatiales
en SMIL. Le seul problème que nous avons identifié est dû au fait qu’il est impossible

49
de définir la taille des éléments à l’intérieur d’une région, ce qui amène à des coupures
pour les textes ou images trop grands. Nous avons donc pris en compte la taille au
moment de la génération pour éviter ce type de problèmes. Le standard SMIL autorise
également la définition d’un scénario temporel qui est basé sur des tags qui indiquent
s’il s’agit d’une présentation séquentielle, parallèle ou d’une composition. Cela convient
parfaitement à notre modèle lorsque le nombre d’éléments à présenter est a priori connu.
Pour les contraintes spatio-temporelles faisant intervenir les piles, il est également
possible de trouver une traduction en SMIL.

Bilan

Le bilan scientifique de ce travail est tout d’abord une réflexion approfondie sur la
nature des relations entre bases de données et Web. Il permet également une ouverture
sur les standards XML et SMIL avec notamment une comparaison de ces deux
approches pour notre réalisation. Notre apport peut être vu à différents niveaux :

? Les propositions que nous avons faites peuvent être considérées comme des
extensions possibles aux standards XML et SMIL pour prendre en compte les
collections. Certaines propositions commencent à apparaître sur l’aspect langage de
requêtes XML18.
? D’un point de vue des recherches sur les modèles spatio-temporels, notre approche
basée sur les templates montre comment garder une spécification sous forme de
contraintes pour les propriétés spatiales et les propriétés temporelles tout en
référençant des contenus sous forme de requêtes.
? D’un point de vue bases de données, ce travail peut être considéré comme une
proposition d’interprétation et de présentation de résultats de requêtes complexes.
? Au niveau « système d’information » et plus spécifiquement gestion de sites Web ce
travail permet d’assurer une certaine déclarativité et une mise à jour automatique des
présentations.

Ce travail est présenté plus en détails dans deux articles [MM99b, MM00]. Il devrait se
poursuivre dans différentes directions. La première concerne une utilisation plus
intensive du standard XML que ce soit pour le stockage des composants du document
ou par l’utilisation de langage de requêtes tel que LOREL [AQM97] adapté aux
documents XML. La seconde extension envisagée concerne la structuration et
l’indexation de tels documents en nous inspirant notamment de nos travaux sur la vidéo.

18
[Link]

50
IV. Projet de recherche

La dernière partie de ce document présente mon projet de recherche dans le domaine


des systèmes d’information multimédias distribués. Ce projet de recherche s’inscrit à la
fois, dans la re-structuration de l’équipe STORM et la création de l’équipe SIGMA,
ainsi que dans l’évolution thématique relatée dans ce document. Nous commençons par
décrire le contexte général de cette recherche, nous spécifions ensuite nos hypothèses de
travail et nous terminons par la présentation des axes de recherche que nous souhaitons
privilégier.

IV.1. Contexte

L’évolution des SGBD et des technologies multimédias et Web permet aujourd’hui de


développer de véritables systèmes d’information multimédias distribués. Cette évolution
est en particulier marquée par l’introduction du langage XML qui efface quelque peu les
frontières entre données et documents en favorisant la communication d’informations.
La plupart des SGBD relationnels comme le SGBD Oracle et des SGBD objets comme
le SGBD POET19 proposent déjà des passerelles vers XML en assurant la persistance de
documents XML et en permettant l’exportation de données en format XML.

Néanmoins, le succès du langage XML est loin d’être la solution à tous les problèmes
des systèmes d’information multimédias distribués. Pour pallier certains manques, nous
assistons à l’arrivée de nombreux outils autour de XML. Divers travaux de recherche
sont initiés afin d’étudier l’adaptation de la technologie Bases de Données à XML. Ces
travaux concernent notamment les langages de requêtes au-dessus de XML [CCS00,
STZ99], la spécification de vues [Abiteboul99, PV00], les contraintes d’intégrité [FS00]
et l’optimisation du stockage de documents XML [SYU99, LS00, KM00].

Il est évident que XML ne constitue pas un environnement idéal pour modéliser des
documents multimédias dans un contexte plus général allant de l’indexation du contenu
à la modélisation de la structure. Néanmoins, le document XML paraît être un support
de représentation de l’information de bas niveau intéressant s’il est couplé avec un ou
des modèles de niveau d’abstraction supérieur. Il est relativement aisé de représenter en
XML des expressions temporelles telles que celles proposées dans la norme SMIL.

19
[Link]

51
Au niveau système d’information, le langage XML permet de véhiculer des documents
ou des données au travers du Web, tout en donnant la possibilité d’ajouter des
informations sur le contenu. Néanmoins, de nombreux problèmes de recherche restent
posés allant de la modélisation du système d’information à son utilisation.

IV.2. Hypothèses

Notre projet de recherche se situe donc au carrefour des systèmes d’information et des
bases de données multimédias. Plus précisément, nous fixons principalement deux
hypothèses de travail :

? Utilisation systématique du multimédia au niveau des données et également comme


moyen de communication.
? Utilisation de technologies issues du Web pour assurer les échanges de données
(XML) et la communication entre les usagers du système d’information.

Ces hypothèses recouvrent différents besoins technologiques liés à une problématique


plus large de conception et d’utilisation de tels systèmes d’information :

1. Disposer de modèles de représentation des connaissances qui doivent être flexibles


et à granularité variable. Une variété de modèles est nécessaire pour représenter
convenablement toute la richesse des connaissances des divers domaines
d’application (systèmes documentaires, SIG, … ). Cette variété ne peut être prise en
compte par un standard tel que XML. Les systèmes d’information se doivent
d’assurer l’interopérabilité entre différents modèles de représentation. La flexibilité
du modèle est imposée par les données souvent incomplètes, ainsi que par la nature
semi-structurée de ces données qui sont souvent difficiles à intégrer dans un schéma
rigide. Sur ce point les travaux autour de XML et les récents travaux sur les données
semi-structurées constituent de réelles avancées. Les modèles doivent offrir des
facilités pour exprimer des connaissances à différents niveaux.
2. Disposer de démarches qui permettent de concevoir des systèmes d’information
multimédias distribués. Ces démarches doivent guider le choix d’environnements
logiciel adéquats : stockage de l’information, spécification de différents niveaux
d’information, prise en compte de différents cas d’utilisation. Ces caractéristiques
imposent une réutilisation de la connaissance et du savoir-faire. Les travaux sur
UML prennent en compte certains de ces aspects en terme de modèle mais non en
terme de démarche. La technologie des patrons [RG99] est particulièrement adaptée
pour formaliser et capitaliser le savoir-faire et l’expérience.

52
3. Prendre en considération les profils des utilisateurs. Les mécanismes de définition
de groupes et de droits d’utilisations proposés dans SQL s’avèrent insuffisants dans
de nombreuses applications visées par les systèmes d’information multimédias. En
effet, les notions d’utilisateur et de droits sont à élargir afin d’y associer des
considérations très diverses telles que le niveau de responsabilité, le niveau
d’expertise, le contexte d’utilisation ou l’environnement matériel et logiciel. Sur ce
point précis les travaux sur la technologie des agents [MATA99] s’avèrent
prometteurs.
4. Proposer des mécanismes systèmes. Les trois principaux aspects systèmes à
intégrer sont issus de trois technologies de base : transactions, réseaux et versions.
Les mécanismes de transactions doivent considérer les besoins des nouvelles
applications telles que le commerce électronique ou les applications de travail
collaboratif. Les caractéristiques du réseau doivent être modélisées au niveau du
système d’information afin d’établir une politique cohérente de distribution de
l’information. Les mécanismes de versions tels que ceux utilisés dans les SGBD ou
en génie logiciel doivent permettre de conserver une mémoire des données et des
traitements afin de comprendre et parfois de justifier des décisions antérieures. Cette
caractéristique nous est apparue essentielle dans les applications que nous avons
traitées.

IV.3. Objectifs

Notre projet scientifique s’inscrit dans ce contexte. Nous souhaitons proposer des
méthodes et des outils afin d’aider à la conception interactive ou/et dynamique d’un
document multimédia en fonction des données contenues dans le système et du profil de
l’utilisateur. Cela nécessite un travail sur les technologies d’indexation permettant
d’offrir différentes vues à différents niveaux de granularité sur les données mais
également un travail sur les méthodes permettant de créer et de modéliser des
documents composés d’informations semi-structurées et multimédias. Il s’agit de
proposer des méthodes et des outils qui guident l’utilisateur dans sa démarche de
conception en utilisant les schémas d’indexation et en nous adaptant au contexte
souhaité par l’utilisateur. Nous souhaitons ici réfléchir et proposer des solutions
méthodologiques et technologiques permettant de faciliter la démarche des utilisateurs.

Notre objectif est aussi de proposer une méthode et des outils permettant une mise en
œ uvre rapide d’un système d’information regroupant un certain nombre de ces besoins.
Cette mise en œ uvre sera basée sur la réutilisation et plus précisément sur la capacité de

53
concevoir et créer un système d’information à partir de modèles, de logiciels et
d’expériences issues du développement d’un autre système d’information. Cela
nécessite de pouvoir regarder le système d’information à différents niveaux
d’abstraction, d’étendre ou de spécialiser des schémas existants et enfin de considérer
les démarches comme une capitalisation de l’expérience faisant apparaître clairement
les points critiques mais également les points où la flexibilité est autorisée. Ces aspects
concernent les concepteurs d’environnements de développement de systèmes
d’information.

IV.4. Projets en cours

Nous sommes déjà impliqués dans plusieurs projets qui intègrent les thématiques de
recherche introduites précédemment. Ces projets concernent principalement deux
domaines d’application : l’environnement au travers du projet européen SPHERE et
l’éducation au travers du projet STIMULI.

? Le projet SPHERE est un projet de la Communauté Européenne20 qui s’intéresse


aux systèmes d’information sur les inondations avec l’objectif de prendre en compte
les informations historiques. Il s’agit notamment de développer une méthode et des
outils pour l’analyse, l’acquisition et la manipulation de données historiques. Ce
projet s’appuie sur une technologie de type système d’information afin de pouvoir :

1. Structurer l’information selon différents critères (période, localisation, archives,


dégâts… ). Cette démarche nécessite un effort de modélisation des documents
existants (textes, images) ainsi que leur intégration dans le système.
2. Faire communiquer le système avec des outils de simulation. Ces outils servent à
visualiser des phénomènes avec un objectif de sensibilisation pour le grand
public ou un objectif de recherche pour des experts. Les phénomènes étudiés se
situent dans des périodes qui vont du paléolithique (il y a 1 million d’années !) à
nos jours.
3. Assurer la communication entre différentes bases de données reliées via le Web
afin de référencer et de manipuler les informations qui affèrent à divers bassins
versants situés notamment en France (Isère, Drac et Ardèche) et en Espagne
(Ter, Llobregat, Segre).

20
Contrat N° EVG1-CT-1999-00010

54
Comme pour le projet SIRVA, il s’agit de concevoir un véritable système
d’information basé sur la technologie Web. Par rapport à nos objectifs de recherche,
ce projet nous donne un exemple d’application où l’utilisation conjointe de bases de
données, du Web, de données semi-structurées et multimédias est essentielle pour la
validation du système. Nous souhaitons utiliser une technologie XML/Bases de
données pour le stockage et l’échange des informations.

? le projet STIMULI qui est de type « Université Virtuelle » est réalisé dans le cadre
d’un accord CAPES/COFECUB avec le Brésil. Il concerne trois universités
brésiliennes (Université Fédérale de Rio Grande do Sul, Université de Sao Paulo et
l’Université de Fortalezza), le laboratoire LSR-IMAG (équipes SIGMA et
DRAKKAR21) et l’Institut National des Télécommunications d’Evry. L’objectif
scientifique du projet est de réunir des compétences complémentaires afin de mettre
en place une plate-forme d’expérimentation de diffusion de cours multimédias à
travers le Web. Pour cela, nous avons réuni des compétences dans le domaine de la
modélisation, du travail collaboratif, des réseaux, des systèmes d’information
multimédias et des bases de données distribuées. La plupart des développements
sont prévus autour de la norme XML.

Ces deux projets sont représentatifs des applications visées par les systèmes
d’information distribués multimédias. Le projet de travail sur l’université virtuelle est
motivé d’une part par le nombre important de problèmes de recherches présents dans ce
domaine d’application mais également par une volonté d’approfondir la réflexion sur le
lien entre mes activités de recherche et mes activités d’enseignement notamment en ce
qui concerne l’utilisation des Nouvelles Technologies d’Information et de
Communication.

21
[Link]

55
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