Introduction
Le budget de l’Etat obéit à un ensemble de règles juridiques. Certaines sont communes à d’autres secteurs de
l’action étatique. D’autres sont propres au finances publiques. Parmi celles-ci, l’on dénombre quatre grands
principes budgétaires [Link] nombre des premiers, l’on trouve l’annualité, l’unité, l’universalité et la
spécialité. Ils répondent à la préoccupation ancienne, dans un régime parlementaire, du nécessaire contrôle
des finances de l’Etat par le Parlement. Pour autant, ces principes ont fait l’objet, au fil du temps,
d’aménagements, voire de dérogations, motivés, notamment, par la diversification de l’action de l’Etat et plus
généralement des finances publiques et par l’exigence, toujours plus grande, d’une bonne gestion financière.
Ainsi faudrait qu’on ait quelques bribes des termes du sujet avant de continuer. Une gestion transparente
signifie une gestion qui est ouverte, honnête et qui communique de manière claire avec les parties prenantes.
Cela implique de partager des informations importantes, de prendre des décisions de manière équitable et
de rendre des comptes de manière transparente. La transparence dans la gestion favorise la confiance et la
responsabilité.Quant à la gestion performante c’est une gestion qui parvient à atteindre des objectifs de
manière efficace et efficiente. Cela implique d'optimiser les ressources disponibles, de prendre des décisions
éclairées et de mettre en place des stratégies efficaces pour obtenir des résultats positifs. Une gestion
performante permet d'obtenir des performances optimales dans tous les aspects de l'organisation.
Dans le cadre de ce sujet l’accent sera mis uniquement sur les principes budgétaires.
De ce qui précède il est clair que ce sujet est d’une importance capitale dans la mesure où son étude nous
permettra de savoir quelle est l’importance des principes budgétaires dans les finances publiques.
La question qui fait office de problématique dans ce sujet est la suivante : les principes budgétaires
permettent ils une gestion transparente et performante des finances publiques ?
Répondre à cette question revient à montrer le rôle de chaque principe budgétaire dans les finances
publiques.
Eu égard de tout ce qui précède que notre travail s’articulera d’une part des deux principes budgétaires qui
permettent une gestion transparente des finances publiques (|) et d’autre part des deux principes budgétaires
qui permettent une gestion permanente des finances publiques (||).
|) Deux principes budgétaires permettant une gestion transparente des finances
publiques
Les deux principes budgétaires qui permettent une gestion transparente des finances publiques
sont :l’unicité budgétaire (A) et la règle d’universalité (B)
A) L’unicité budgétaire
L'unité budgétaire vise à la mise en œuvre d'une forme de clarté et d'une transparence des comtes publics. Cela
signifie que l'on va porter à la connaissance de la représentation un document unique. Tous les mouvements
financiers concernant une collectivité vont être décrits dans le même document appelé le budget. Le budget
devait décrire tous les mouvements financiers. Il s'agissait là de mettre en œuvre un consentement éclairé. Du
principe originel d'unité, on a un peu évolué. Les activités administratives, les mouvements, les prises en charge
de l'activité publique se sont multipliés.
Aujourd'hui, la multiplication de l'activité administrative à travers la multiplication des politiques publiques
s'exprime à travers le budget de l'Etat, des collectivités territoriales, des établissements publics... Les AAI
possèdent un budget propre représentant une partie de l'autorité de l'Etat. L'on peut citer également les
budgets annexes représentant bien une autonomie financière d'une partie d'un service, d'une collectivité
publique. L'unité, à l'origine, est un document financier unique qui présente à la connaissance de la
représentation l'ensemble des mouvements financiers. On assiste à une multiplication des documents financiers
qui concourent à assombrir cette notion, ou à l'obscurcir. L'unité doit être comprise dans son acception la plus
large : faut décrire l'ensemble des mouvements financiers décrits dans le budget, par forcément dans un seul
document. Ce budget doit être soumis à une instance représentative.
B) La règle d’universalité
l'universalité budgétaire décrit classiquement deux réalités financières à ne pas confondre.
- La non contraction des recettes et des dépenses (ou règle du produit brut) : elle poursuit encore un objectif de
clarté des comptes. Il s'agit de présenter l'ensemble des recettes et des dépenses qui concernent chaque
opération réalisée par le budget de l'Etat. Ce n'est pas une évidence. Il s'agit de revenir sur une pratique, le
produit net. Ce produit net opérait une compensation entre les recettes et les dépenses d'une même opération.
Aujourd'hui, on veut tout voir.
Ex. sous la Restauration, le produit des jeux de hasard, la loterie ne figurait que pour son produit net, c'est-à-
dire qu'on ne faisait figurer dans les recettes de l'Etat que le montant du bénéfice des loteries, qui constituait
une recette. Or, les parlementaires et aussi les administrateurs ont considéré que pour des raisons de clarté des
comptes, il fallait présenter au sein du budget, l'ensemble des montants des produits de la loterie en recette et
faire figurer en dépenses l'ensemble des coûts de la loterie (dont les gains versés aux gagnants). La règle du
produit net permettait ne présenter que les 10 millions entrants, alors que le produit brut présente 60 millions
de recettes, et 50 millions de dépenses. Ex. une statue en bronze avait été réalisée à partir des canons retirés
des bateaux. l a transmis à une fonderie les canons, et le ministère n'a payé que le coût de 27 la fonte des
canons. Les parlementaires ont exigé que l'on facture à la fonderie la coût du bronze et qu'elle refacture
l'ensemble de la prestation, incluant le coût du bronze.
||) Deux principes budgétaires permettant une gestion performante des
finances publiques
Les deux principes qui permettent une gestion performante des finances publiques sont :La
règle de l’annualité (A) et la règle de spécialité (B)
A) La règle de l’annualité
La règle de l'annualité budgétaire constitue incontestablement un des fondements du droit public financier.
Cette règle que l'on trouve dans tous les grands textes budgétaires. On le trouve aussi bien au niveau des
finances de l'Etat, quelques soient les époques, qu'au niveau des finances locales, et dans les finances dites
sociales. On en trouve des traces dans les finances européennes.
Cette annualité budgétaire doit être comprise comme l'obligation du consentement annuel de l'impôt,
exprimée tous les ans à travers l'article 1 de la loi de finance annuelle. Tous les ans, la loi de finance doit valider
le consentement de l'impôt. L'annualité budgétaire signifie que ce consentement annuel doit être préalable.
Notre loi de finance doit être adoptée avant le 31 décembre minuit de l'année n-1 pour 26 être valable l'année
n. Le projet de loi de finance pour 2007 doit être promulgué avant le 31 décembre 2006 en vertu du principe de
l'annualité de l'impôt. Annualité budgétaire Manifestation juridique dans la loi de finance Caractère préalable du
consentement de du consentement de l'impôt. On parle d'une contrainte juridique, alors que le terme fait
référence à l'annualité budgétaire. Cela impose de discuter et de voter annuellement ce qui s'appelait
originellement la loi de l'impôt puis loi de budget et loi de finance.
Certains auteurs ont tenté de définir l'annualité budgétaire comme une règle qui emporterait des conséquences
proprement budgétaires et non plus simplement fiscales. L'autorisation de dépenser n'est pas valable qu'un an !
La règle d'annualité doit être réduite à son acception originelle :
la démocratie financière.
B) La règle de spécialité
Depuis l'instauration du budget général des dépenses selon une structure par programme, on distingue deux
types de spécialité : la spécialité légale qui signifie que la Chambre des représentants vote le budget par
programmes la spécialité administrative qui veut que les programmes soient ventilés en allocations de [Link]
Chambre des représentants arrête les crédits de chaque programme budgétaire. Chaque dépense correspond à
un poste budgétaire spécifique.
Les membres du gouvernement ne peuvent pas engager ou liquider, en faveur de leurs services, des dépenses
au-delà des crédits ouverts par la loi ou au-delà des autorisations accordées par le Conseil des ministres. Ils ne
peuvent pas augmenter, par des ressources particulières, les crédits destinés à leurs différents [Link]
transfert d’un crédit d’un programme à un autre (atteinte au principe de spécialité).le recours à des sources
particulières de recettes (atteinte au principe d’universalité) .l’imputation d’une dépense sur le crédit d’un
programme destiné à une dépense d’une autre nature (ce qui serait une imputation erronée, et, partant, une
atteinte à la spécialité).
Le principe de spécialité comporte donc deux aspects :un aspect qualitatif : l'obligation de respecter
l'attribution budgétaire des crédits prévus pour chaque dépense (pas de transferts).un aspect quantitatif :
l'interdiction de dépasser les montants approuvés pour chacun d'eux.