CHAPITRE VIII : LA METHODE DU DIRECT-COSTING OU DU
COÛT VARIABLE
Cette méthode n’est pas une méthode de calcul de coût véritable mais plutôt
une technique permettant d’éclairer les effets des décisions de gestion à court
terme. La méthode de direct costing n’a pour but de déterminer le résultat mais
plutôt, elle permet une meilleure appréhension des coûts. En effet la méthode de
coût variable ne retient que les charges variables, qu’elles soient directes ou
indirectes, dans le coût de produit.
L’usage de cette méthode en rapport avec la structure des entreprises à conduit les
auteurs français à faire la distinction entre le direct costing simple et le direct
costing évolué.
I. Le direct-costing simple (DCS)
Il n’a aucun lien avec la simplicité de la méthode mais cela provient des structures
très simples de certaines entreprises. Dans ces entreprises les moyens de
productions et de vente sont communs à l’ensemble des produits, ce qui engendre
des charges de structures communes.
Libellé Total Produit A Produit B Produit C
CA net (HT) * * * *
- CV * * * *
M/CV * * * *
- CFC communes *
= Résultat *
Application 1:
L’entreprise RAMI fabrique et commercialise des produits (X, Y et Z). Ces
trois produits dégagent des CA respectifs 800 000 ; 960 000 ; 840 000. Les
charges variables respectives sont : 500 000 ; 240 000 ; 300 000. On note que
les charges fixes se lèvent à 600 000.
TAF : Déterminer le résultat par la méthode du DCS.
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Application 2
L’entreprise SOURALE fabrique et commercialise trois produits U2, UB40 et
EU30.
Eléments Produit U2 Produit UB40 Produit UE30
Prix de vente 400 500 600
Quantité produite et vendue 1 500 1 600 1 000
Coût proportionnel variable 280 400 450
Charges fixes communes 350 000
Travail à faire
Déterminer le résultat.
II. Le direct-costing évolué ou coût spécifique
Dès que l’entreprise se développe, la méthode de DCS n’est plus appropriée
dans la mesure où l’entreprise connaît une spécialisation au niveau de sa structure.
Il apparaît ainsi une structure divisionnaire par produit ou par marché. A ce titre,
chaque division aura sa propre charge de structure appelée coût spécifique.
Cependant par rapport à tout cela, il restera toujours des charges communes. Cette
méthode se traduit par le tableau suivant :
Montant
Éléments Produit A Produit B Produit C
global
CA ∑ CA * * *
- CV ∑ CV * * *
M / CV ou marge brute ∑ M / CV * * *
- C.F. spécifiques ∑ CFS * * *
Marge de contribution ∑ marge de * * *
ou contribution
Marge semi-brute
- CF Communes CFC
Résultat R
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Application : (suite de l’application 1 précédente).
Le développement de l’entreprise RAMI conduit aux dirigeants de pouvoir
supporter également des charges fixes spécifiques définies respectivement par :
70 000 ; 140 000 ; 300 000
TAF : Déterminer les différentes marges et le résultat d’exploitation.
Éléments Montant global Produit A Produit B Produit C
CA 2 600 000 800 000 960 000 840 000
CV 1 040 000 500 000 240 000 300 000
M / C V ou marge brute 1 560 000 300 000 720 000 540 000
C.F spécifiques - 510 000 70 000 140 000 300 000
Marge de contribution 1 050 000 230 000 580 000 240 000
- CF Communes - 600 000
Résultat d’exploitation 550 000
III. La méthode du coût variable et le stock
Le stock final en direct-costing ne comprend que les charges variables. Les
charges fixes ne sont uniquement imputées qu’au compte de résultat (pas à ceux
des coûts). Cette méthode considère que les charges fixes de la période doivent
être supportées par les ventes.
Application 1 :
Production de la période : 120 unités dont 30 unités stockées.
Chiffre d’affaires net= 80 000
Charges Variables de production = 36 000
Charges de structure de production = 14 000
Charges Variables de distribution = 9 000
Charges de structure de distribution = 12 000
Travail à faire
Déterminer le résultat par la méthode des coûts complets et par la méthode de
direct-costing.
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Application 2
Production de la période : 120 unités ;
Stock initial : 30 unités (valeur en coût complet 15 000 ; en coût variable 9 000) ;
Chiffre d’affaires net= 95 000 ;
Charges Variables de production = 36 000 ;
Charges de structure de production = 14 000 ;
Charges Variables de distribution = 19 000 ;
Charges de structure de distribution = 12 000 ;
Ventes : 134 unités (dont 14 unités sur le stock initial.
Travail à faire
Déterminer le résultat par la méthode des coûts complets et par la méthode de
direct-costing.
Application 3
L'entreprise RAMI, spécialisée dans la fabrication et la vente de
cadres métalliques de type D10, D11, D12 et D15, met à votre
disposition les renseignements suivantes :
Eléments D10 D10 D12 D15
Nombre de cadres 2000 1000 2500 1200
Prix de vente unitaire 500 1 000 600 1250
Coût variable unitaire 380 750 400 1050
Frais fixes atelier 150000 150000 225000 210000
Frais fixes communs 300 000
Travail à faire
1. Calculer les marges sur coûts variables et sur coûts spécifiques pour
chaque type de produits.
En déduire le résultat de l'entreprise.
2. Prévoyant des difficultés sur les ventes de Dl2, le Directeur vous
demande de calculer :
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a) Le Chiffre d'Affaires minimum à réaliser sur ce produit pour
que globalement l'entreprise obtienne un résultat nul ;
b) Le résultat dans le cas où on arrêtait la fabrication et la vente
de cadres D12 (l'atelier étant revendu) ;
c) Si la fabrication des cadres Dl2 était arrêtée, à quel prix
faudrait-il louer l'atelier devenu inutile pour que globalement
l'entreprise réalise un résultat nul.
N.B. : pour les questions b) et c), on admettra que le nombre de produits
fabriqués et vendus ne change pas pour les autres produits.
IV. Avantages et inconvénients
1 Avantages.
La méthode de direct-costing permet de :
- Détecter les produits qui dégagent les plus fortes marges. Elle permet de
mesurer la participation de chaque produit à la rentabilité de l’entreprise ;
- Responsabiliser les différents opérationnels (dirigeants) pour les quantités
de produits fabriqués et vendus.
- Déterminer les indicateurs de risques (marges, SR …)
- Faire les choix économiques relatifs à la rentabilité de l’entreprise sur une
courte période.
- Réaliser une gestion prévisionnelle.
Inconvénients
Les inconvénients résident dans :
- La difficulté de séparer les charges fixes (CF) et les charges variables
(CV) ;
- Les stocks qui sont sous évalués.
- Le fait que les décisions sont prises sur la base de M/CV et non pas sur les
charges fixes spécifiques.