Chapitre 4
Langage SQL
4.1 Introduction
4.1.1 Présentation générale
Introduction
Le langage SQL (Structured Query Language) peut être considéré comme le langage d’accès normalisé
aux bases de données. Il est aujourd’hui supporté par la plupart des produits commerciaux que ce soit par
les systèmes de gestion de bases de données micro tel que Access ou par les produits plus professionnels
tels que Oracle. Il a fait l’objet de plusieurs normes ANSI/ISO dont la plus répandue aujourd’hui est la
norme SQL2 qui a été définie en 1992.
Le succès du langage SQL est dû essentiellement à sa simplicité et au fait qu’il s’appuie sur le schéma
conceptuel pour énoncer des requêtes en laissant le SGBD responsable de la stratégie d’exécution. Le
langage SQL propose un langage de requêtes ensembliste et assertionnel. Néanmoins, le langage SQL ne
possède pas la puissance d’un langage de programmation : entrées/sorties, instructions conditionnelles,
boucles et affectations. Pour certains traitements il est donc nécessaire de coupler le langage SQL avec
un langage de programmation plus complet.
De manière synthétique, on peut dire que SQL est un langage relationnel, il manipule donc des tables
(i.e. des relations, c’est-à-dire des ensembles) par l’intermédiaire de requêtes qui produisent également
des tables.
Historique rapide
– En 1970, E.F. CODD, directeur de recherche du centre IBM de San José, invente le modèle relationnel
qui repose sur une algèbre relationnelle. Ce modèle provoque une révolution dans l’approche des
bases des données.
– En 1977, création du langage SEQUEL (Structured English Query Language) et mise en place du
Système R, prototype de base de données reposant sur la théorie de CODD. SEQUEL continue de
s’enrichir pour devenir SQL (Structured Query Language).
– En 1981, la société ORACLE CORP lance la première version de son système de gestion de base de
données relationnelle (SGBDR), IBM sort SQL/DS et RTI lance INGRES.
– En 1982, IBM sort SQL/DS pour son environnement VM/CMS et l’ANSI (American National Stan-
dard Institute) lance un projet de normalisation d’un langage relationnel.
– En 1983, IBM lance DB2 pour l’environnement MVS.
– En 1986, la sociéte SYBASE lance son SGBDR conçu selon le modèle Client-Serveur.
– La première norme SQL (SQL-1) de l’ISO (International Standard Organisation) apparaît. Il existe
désormais plusieurs dizaines de produits proposant le langage SQL et tournant sur des machines
allant des micros aux gros systèmes.
– Depuis, les différents produits phares ont évolué, la norme SQL est passée à SQL-2, puis SQL-3.
SQL est désormais un langage incontournable pour tout SGBD moderne. Par contre, bien qu’une
65
66 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
norme existe, on assiste à une prolifération de dialectes propres à chaque produit : soit des sous-
ensembles de la norme (certaines fonctionnalités n’étant pas implantées), soit des sur-ensembles
(ajout de certaines fonctionnalités, propres à chaque produit).
Oracle et Informix dominent le marché actuel, SQL-Server (de Microsoft) tente de s’imposer dans le
monde des PC sous NT. À côté des ces produits, très chers, existent heureusement des systèmes libres et
gratuits : MySQL et PostgreSQL sont les plus connus.
Bien que ces SGBDR n’aient pas la puissance des produits commerciaux, certains s’en approchent de
plus en plus. Les différences notables concernent principalement les environnements de développement
qui sont de véritables ateliers logiciels sous Oracle et qui sont réduits à des interfaces de programmation
C, Python, Perl sous PostgreSQL. Il en va de même pour les interfaces utilisateurs : il en existe pour
PostgreSQL, mais ils n’ont certainement pas la puissance de leurs équivalents commerciaux.
Terminologie
Modèle relationnel
Français Anglais Standard SQL
Relation Relation Table
Domaine Domain Domaine
Attribut Attribute Colonne
n-uplet tuple Ligne
Clé primaire Primary key Primary key
4.1.2 Catégories d’instructions
Les instructions SQL sont regroupées en catégories en fonction de leur utilité et des entités manipulées.
Nous pouvons distinguer cinq catégories, qui permettent :
1. la définition des éléments d’une base de données (tables, colonnes, clefs, index, contraintes, . . .),
2. la manipulation des données (insertion, suppression, modification, extraction, . . .),
3. la gestion des droits d’accès aux données (acquisition et révocation des droits),
4. la gestion des transactions,
5. et enfin le SQL intégré.
Langage de définition de données
Le langage de définition de données (LDD, ou Data Definition Language, soit DDL en anglais) est
un langage orienté au niveau de la structure de la base de données. Le LDD permet de créer, modifier,
supprimer des objets. Il permet également de définir le domaine des données (nombre, chaîne de
caractères, date, booléen, . . .) et d’ajouter des contraintes de valeur sur les données. Il permet enfin
d’autoriser ou d’interdire l’accès aux données et d’activer ou de désactiver l’audit pour un utilisateur
donné.
Les instructions du LDD sont : CREATE, ALTER, DROP, AUDIT, NOAUDIT, ANALYZE, RENAME,
TRUNCATE.
Langage de manipulation de données
Le langage de manipulation de données (LMD, ou Data Manipulation Language, soit DML en anglais)
est l’ensemble des commandes concernant la manipulation des données dans une base de données. Le
LMD permet l’ajout, la suppression et la modification de lignes, la visualisation du contenu des tables
et leur verrouillage.
Les instructions du LMD sont : INSERT, UPDATE, DELETE, SELECT, EXPLAIN, PLAN, LOCK
TABLE.
Ces éléments doivent être validés par une transaction pour qu’ils soient pris en compte.
4.1. INTRODUCTION {S6} 67
Langage de protections d’accès
Le langage de protections d’accès (ou Data Control Language, soit DCL en anglais) s’occupe de gérer
les droits d’accès aux tables.
Les instructions du DCL sont : GRANT, REVOKE.
Langage de contrôle de transaction
Le langage de contrôle de transaction (ou Transaction Control Language, soit TCL en anglais) gère
les modifications faites par le LMD, c’est-à-dire les caractéristiques des transactions et la validation et
l’annulation des modifications.
Les instructions du TCL sont : COMMIT, SAVEPOINT, ROLLBACK, SET TRANSACTION
SQL intégré
Le SQL intégré (Embedded SQL) permet d’utiliser SQL dans un langage de troisième génération (C,
Java, Cobol, etc.) :
– déclaration d’objets ou d’instructions ;
– exécution d’instructions ;
– gestion des variables et des curseurs ;
– traitement des erreurs.
Les instructions du SQL intégré sont : DECLARE, TYPE, DESCRIBE, VAR, CONNECT, PREPARE,
EXECUTE, OPEN, FETCH, CLOSE, WHENEVER.
4.1.3 PostgreSQL
Les systèmes traditionnels de gestion de bases de données relationnelles (SGBDR) offrent un modèle
de données composé d’une collection de relations contenant des attributs relevant chacun d’un type
spécifique. Les systèmes commerciaux gèrent par exemple les nombres décimaux, les entiers, les chaînes
de caractères, les monnaies et les dates. Il est communément admis que ce modèle est inadéquat pour
les applications de traitement de données de l’avenir car, si le modèle relationnel a remplacé avec
succès les modèles précédents en partie grâce à sa « simplicité spartiate », cette dernière complique
cependant l’implémentation de certaines applications. PostgreSQL apporte une puissance additionnelle
substantielle en incorporant les quatre concepts de base suivants afin que les utilisateurs puissent
facilement étendre le système : classes, héritage, types, fonctions. D’autres fonctionnalités accroissent la
puissance et la souplesse : contraintes, déclencheurs, règles, intégrité des transactions.
Ces fonctionnalités placent PostgreSQL dans la catégorie des bases de données relationnel-objet. Ne
confondez pas cette catégorie avec celle des serveurs d’objets qui ne tolère pas aussi bien les langages
traditionnels d’accès aux SGBDR. Ainsi, bien que PostgreSQL possède certaines fonctionnalités orientées
objet, il appartient avant tout au monde des SGBDR. C’est essentiellement l’aspect SGBDR de PostgreSQL
que nous aborderons dans ce cours.
L’une des principales qualités de PostgreSQL est d’être un logiciel libre, c’est-à-dire gratuit et dont
les sources sont disponibles. Il est possible de l’installer sur les systèmes Unix/Linux et Win32.
PostgreSQL fonctionne selon une architecture client/serveur, il est ainsi constitué :
– d’une partie serveur, c’est-à-dire une application fonctionnant sur la machine hébergeant la base
de données (le serveur de bases de données) capable de traiter les requêtes des clients ; il s’agit
dans le cas de PostgreSQL d’un programme résident en mémoire appelé postmaster ;
– d’une partie client (psql) devant être installée sur toutes les machines nécessitant d’accéder au
serveur de base de données (un client peut éventuellement fonctionner sur le serveur lui-même).
Les clients (les machines sur lesquelles le client PostgreSQL est installé) peuvent interroger le serveur de
bases de données à l’aide de requêtes SQL.
68 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.2 Définir une base – Langage de définition de données (LDD)
4.2.1 Introduction aux contraintes d’intégrité
Soit le schéma relationnel minimaliste suivant :
– Acteur(Num-Act, Nom, Prénom)
– Jouer(Num-Act, Num-Film)
– Film(Num-Film, Titre, Année)
Contrainte d’intégrité de domaine
Toute comparaison d’attributs n’est acceptée que si ces attributs sont définis sur le même domaine.
Le SGBD doit donc constamment s’assurer de la validité des valeurs d’un attribut. C’est pourquoi la
commande de création de table doit préciser, en plus du nom, le type de chaque colonne.
Par exemple, pour la table Film, on précisera que le Titre est une chaîne de caractères et l’Année une
date. Lors de l’insertion de n-uplets dans cette table, le système s’assurera que les différents champs du
n-uplet satisfont les contraintes d’intégrité de domaine des attributs précisées lors de la création de la
base. Si les contraintes ne sont pas satisfaites, le n-uplet n’est, tout simplement, pas inséré dans la table.
Contrainte d’intégrité de relation (ou d’entité)
Lors de l’insertion de n-uplets dans une table (i.e. une relation), il arrive qu’un attribut soit inconnu
ou non défini. On introduit alors une valeur conventionnelle notée NULL et appelée valeur nulle.
Cependant, une clé primaire ne peut avoir une valeur nulle. De la même manière, une clé primaire
doit toujours être unique dans une table. Cette contrainte forte qui porte sur la clé primaire est appelée
contrainte d’intégrité de relation.
Tout SGBD relationnel doit vérifier l’unicité et le caractère défini (NOT NULL) des valeurs de la clé
primaire.
Contrainte d’intégrité de référence
Dans tout schéma relationnel, il existe deux types de relation :
– les relations qui représentent des entités de l’univers modélisé ; elles sont qualifiées de statiques,
ou d’indépendantes ; les relations Acteur et Film en sont des exemples ;
– les relations dont l’existence des n-uplets dépend des valeurs d’attributs situées dans d’autres
relations ; il s’agit de relations dynamiques ou dépendantes ; la relation Jouer en est un exemple.
Lors de l’insertion d’un n-uplet dans la relation Jouer, le SGBD doit vérifier que les valeurs Num-Act et
Num-Film correspondent bien, respectivement, à une valeur de Num-Act existant dans la relation Acteur
et une valeur Num-Film existant dans la relation Film.
Lors de la suppression d’un n-uplet dans la relation Acteur, le SGBD doit vérifier qu’aucun n-uplet
de la relation Jouer ne fait référence, par l’intermédiaire de l’attribut Num-Act, au n-uplet que l’on cherche
à supprimer. Le cas échéant, c’est-à-dire si une, ou plusieurs, valeur correspondante de Num-Act existe
dans Jouer, quatre possibilités sont envisageables :
– interdire la suppression ;
– supprimer également les n-uplets concernés dans Jouer ;
– avertir l’utilisateur d’une incohérence ;
– mettre les valeurs des attributs concernés à une valeur nulle dans la table Jouer, si l’opération est
possible (ce qui n’est pas le cas si ces valeurs interviennent dans une clé primaire) ;
4.2.2 Créer une table : CREATE TABLE
Introduction
Une table est un ensemble de lignes et de colonnes. La création consiste à définir (en fonction de
l’analyse) le nom de ces colonnes, leur format (type), la valeur par défaut à la création de la ligne (DEFAULT)
et les règles de gestion s’appliquant à la colonne (CONSTRAINT).
4.2. DÉFINIR UNE BASE – LANGAGE DE DÉFINITION DE DONNÉES (LDD) 69
Création simple
La commande de création de table la plus simple ne comportera que le nom et le type de chaque
colonne de la table. A la création, la table sera vide, mais un certain espace lui sera alloué. La syntaxe est
la suivante :
CREATE TABLE nom_table (nom_col1 TYPE1, nom_col2 TYPE2, ...)
Quand on crée une table, il faut définir les contraintes d’intégrité que devront respecter les données
que l’on mettra dans la table (cf. section 4.2.3).
Les types de données
Les types de données peuvent être :
INTEGER : Ce type permet de stocker des entiers signés codés sur 4 octets.
BIGINT : Ce type permet de stocker des entiers signés codés sur 8 octets.
REAL : Ce type permet de stocker des réels comportant 6 chiffres significatifs codés sur 4 octets.
DOUBLE PRECISION : Ce type permet de stocker des réels comportant 15 chiffres significatifs codés sur
8 octets.
NUMERIC[(précision, [longueur])] : Ce type de données permet de stocker des données numériques
à la fois entières et réelles avec une précision de 1000 chiffres significatifs. longueur précise le
nombre maximum de chiffres significatifs stockés et précision donne le nombre maximum de
chiffres après la virgule.
CHAR(longueur) : Ce type de données permet de stocker des chaînes de caractères de longueur fixe.
longueur doit être inférieur à 255, sa valeur par défaut est 1.
VARCHAR(longueur) : Ce type de données permet de stocker des chaînes de caractères de longueur
variable. longueur doit être inférieur à 2000, il n’y a pas de valeur par défaut.
DATE : Ce type de données permet de stocker des données constituées d’une date.
TIMESTAMP : Ce type de données permet de stocker des données constituées d’une date et d’une heure.
BOOLEAN : Ce type de données permet de stocker des valeurs Booléenne.
MONEY : Ce type de données permet de stocker des valeurs monétaires.
TEXT : Ce type de données permet des stocker des chaînes de caractères de longueur variable.
Création avec Insertion de données
On peut insérer des données dans une table lors de sa création par la commande suivante :
CREATE TABLE nom_table [(nom_col1, nom_col2, ...)] AS SELECT ...
On peut ainsi, en un seul ordre SQL créer une table et la remplir avec des données provenant du
résultat d’un SELECT (cf. section 4.5 et 4.7). Si les types des colonnes ne sont pas spécifiés, ils correspon-
dront à ceux du SELECT. Il en va de même pour les noms des colonnes. Le SELECT peut contenir des
fonctions de groupes mais pas d’ORDER BY (cf. section 4.7.2 et 4.5.6) car les lignes d’une table ne peuvent
pas être classées.
4.2.3 Contraintes d’intégrité
Syntaxe
A la création d’une table, les contraintes d’intégrité se déclarent de la façon suivante :
70 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
CREATE TABLE nom_table (
nom_col_1 type_1 [CONSTRAINT nom_1_1] contrainte_de_colonne_1_1
[CONSTRAINT nom_1_2] contrainte_de_colonne_1_2
... ...
[CONSTRAINT nom_1_m] contrainte_de_colonne_2_m,
nom_col_2 type_2 [CONSTRAINT nom_2_1] contrainte_de_colonne_2_1
[CONSTRAINT nom_2_2] contrainte_de_colonne_2_2
... ...
[CONSTRAINT nom_2_m] contrainte_de_colonne_2_m,
...
nom_col_n type_n [CONSTRAINT nom_n_1] contrainte_de_colonne_n_1
[CONSTRAINT nom_n_2] contrainte_de_colonne_n_2
... ...
[CONSTRAINT nom_n_m] contrainte_de_colonne_n_m,
[CONSTRAINT nom_1] contrainte_de_table_1,
[CONSTRAINT nom_2] contrainte_de_table_2,
... ...
[CONSTRAINT nom_p] contrainte_de_table_p
)
Contraintes de colonne
Les différentes contraintes de colonne que l’on peut déclarer sont les suivantes :
NOT NULL ou NULL : Interdit (NOT NULL) ou autorise (NULL) l’insertion de valeur NULL pour cet attribut.
UNIQUE : Désigne l’attribut comme clé secondaire de la table. Deux n-uplets ne peuvent recevoir des
valeurs identiques pour cet attribut, mais l’insertion de valeur NULL est toutefois autorisée. Cette
contrainte peut apparaître plusieurs fois dans l’instruction.
PRIMARY KEY : Désigne l’attribut comme clé primaire de la table. La clé primaire étant unique, cette
contrainte ne peut apparaître qu’une seule fois dans l’instruction. La définition d’une clé primaire
composée se fait par l’intermédiaire d’une contrainte de table. En fait, la contrainte PRIMARY KEY
est totalement équivalente à la contraite UNIQUE NOT NULL.
REFERENCES table [(colonne)] [ON DELETE CASCADE] : Contrainte d’intégrité référentielle pour l’at-
tribut de la table en cours de définition. Les valeurs prises par cet attribut doivent exister dans
l’attribut colonne qui possède une contrainte PRIMARY KEY ou UNIQUE dans la table table. En
l’absence de précision d’attribut colonne, l’attribut retenu est celui correspondant à la clé primaire
de la table table spécifiée.
CHECK (condition) : Vérifie lors de l’insertion de n-uplets que l’attribut réalise la condition condition.
DEFAULT valeur : Permet de spécifier la valeur par défaut de l’attribut.
Contraintes de table
Les différentes contraintes de table que l’on peut déclarer sont les suivantes :
PRIMARY KEY (colonne, ...) : Désigne la concaténation des attributs cités comme clé primaire de la
table. Cette contrainte ne peut apparaître qu’une seule fois dans l’instruction.
UNIQUE (colonne, ...) : Désigne la concaténation des attributs cités comme clé secondaire de la
table. Dans ce cas, au moins une des colonnes participant à cette clé secondaire doit permettre de
distinguer le n-uplet. Cette contrainte peut apparaître plusieurs fois dans l’instruction.
FOREIGN KEY (colonne, ...) REFERENCES table [(colonne, ...)]
[ON DELETE CASCADE | SET NULL] : Contrainte d’intégrité référentielle pour un ensemble d’attributs
de la table en cours de définition. Les valeurs prises par ces attributs doivent exister dans l’ensemble
d’attributs spécifié et posséder une contrainte PRIMARY KEY ou UNIQUE dans la table table.
4.3. MODIFIER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES (LMD) 71
CHECK (condition) : Cette contrainte permet d’exprimer une condition qui doit exister entre plusieurs
attributs de la ligne.
Les contraintes de tables portent sur plusieurs attributs de la table sur laquelle elles sont définies.
Il n’est pas possible de définir une contrainte d’intégrité utilisant des attributs provenant de deux ou
plusieurs tables. Ce type de contrainte sera mis en œuvre par l’intermédiaire de déclencheurs de base
de données (trigger, cf. section ??).
Complément sur les contraintes
ON DELETE CASCADE : Demande la suppression des n-uplets dépendants, dans la table en cours de
définition, quand le n-uplet contenant la clé primaire référencée est supprimé dans la table maître.
ON DELETE SET NULL : Demande la mise à NULL des attributs constituant la clé étrangère qui font réfé-
rence au n-uplet supprimé dans la table maître.
La suppression d’un n-uplet dans la table maître pourra être impossible s’il existe des n-uplets dans
d’autres tables référençant cette valeur de clé primaire et ne spécifiant pas l’une de ces deux options.
4.2.4 Supprimer une table : DROP TABLE
Supprimer une table revient à éliminer sa structure et toutes les données qu’elle contient. Les index
associés sont également supprimés.
La syntaxe est la suivante :
DROP TABLE nom_table
4.2.5 Modifier une table : ALTER TABLE
Ajout ou modification de colonnes
ALTER TABLE nom_table {ADD/MODIFY} ([nom_colonne type [contrainte], ...])
Ajout d’une contrainte de table
ALTER TABLE nom_table ADD [CONSTRAINT nom_contrainte] contrainte
La syntaxe de déclaration de contrainte est identique à celle vue lors de la création de table.
Si des données sont déjà présentes dans la table au moment où la contrainte d’intégrité est ajoutée,
toutes les lignes doivent vérifier la contrainte. Dans le cas contraire, la contrainte n’est pas posée sur la
table.
Renommer une colonne
ALTER TABLE nom_table RENAME COLUMN ancien_nom TO nouveau_nom
Renommer une table
ALTER TABLE nom_table RENAME TO nouveau_nom
4.3 Modifier une base – Langage de manipulation de données (LMD)
4.3.1 Insertion de n-uplets : INSERT INTO
La commande INSERT permet d’insérer une ligne dans une table en spécifiant les valeurs à insérer.
La syntaxe est la suivante :
72 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
INSERT INTO nom_table(nom_col_1, nom_col_2, ...)
VALUES (val_1, val_2, ...)
La liste des noms de colonne est optionnelle. Si elle est omise, la liste des colonnes sera par défaut la
liste de l’ensemble des colonnes de la table dans l’ordre de la création de la table. Si une liste de colonnes
est spécifiée, les colonnes ne figurant pas dans la liste auront la valeur NULL.
Il est possible d’insérer dans une table des lignes provenant d’une autre table. La syntaxe est la
suivante :
INSERT INTO nom_table(nom_col1, nom_col2, ...)
SELECT ...
Le SELECT (cf. section 4.5 et 4.7) peut contenir n’importe quelle clause sauf un ORDER BY (cf. section
4.5.6).
4.3.2 Modification de n-uplets : UPDATE
La commande UPDATE permet de modifier les valeurs d’une ou plusieurs colonnes, dans une ou
plusieurs lignes existantes d’une table. La syntaxe est la suivante :
UPDATE nom_table
SET nom_col_1 = {expression_1 | ( SELECT ...) },
nom_col_2 = {expression_2 | ( SELECT ...) },
...
nom_col_n = {expression_n | ( SELECT ...) }
WHERE predicat
Les valeurs des colonnes nom_col_1, nom_col_2, ..., nom_col_n sont modifiées dans toutes les
lignes qui satisfont le prédicat predicat. En l’absence d’une clause WHERE, toutes les lignes sont mises à
jour. Les expressions expression_1, expression_2, ..., expression_n peuvent faire référence aux
anciennes valeurs de la ligne.
4.3.3 Suppression de n-uplets : DELETE
La commande DELETE permet de supprimer des lignes d’une table.
La syntaxe est la suivante :
DELETE FROM nom_table
WHERE predicat
Toutes les lignes pour lesquelles predicat est évalué à vrai sont supprimées. En l’absence de clause
WHERE, toutes les lignes de la table sont supprimées.
4.4. TRAVAUX PRATIQUES – SQL : PREMIÈRE BASE DE DONNÉES {S6} 73
4.4 Travaux Pratiques – PostgreSQL : Première base de données
4.4.1 Informations pratiques concernant PostgreSQL
Initialisation et démarrage de PostgreSQL
L’initialisation de PostgreSQL consiste à créer un cluster de bases de données de la manière suivante :
/répertoire_des_binaires/initdb -D /répertoire_choisi_pour_la_base
Il faut ensuite lancer le serveur PostgreSQL :
/répertoire_des_binaires/postmaster -D /répertoire_choisi_pour_la_base
Une meilleure solution consiste à lancer le serveur PostgreSQL en tâche de fond et à diriger son flux
de sortie vers un fichier (logfile) :
/répertoire_des_binaires/postmaster -D /répertoire_choisi_pour_la_base > logfile 2>&1 &
La création proprement dite d’une base de données dans le cluster se fait de la manière suivante :
createdb nom_de_la_nouvelle_base
Nous pouvons enfin utiliser l’interface en ligne de commande de PostgreSQL en démarrant un client :
psql nom_de_la_nouvelle_base
Remarque concernant SELinux
Attention, il y a des incompatibilités entre PostgreSQL et SELinux. Si vous rencontrez des problèmes,
essayez de désactiver temporairement SELinux (setenforce 0). Cette solution n’est pas la meilleure. Si
elle marche, essayez de corriger le problème plus finement et de manière définitive. Par exemple, sous
une installation standard de Fedora Core 3, pour corriger le problème, procédez de la manière suivante :
– Cliquer sur : Menu principal > Paramètres de système > Niveau de sécurité ;
– Cliquer sur l’onglet SELinux puis développer SELinux Service Protection et cocher la case
Disable SELinux protection for postgresql daemon et valider.
PostgreSQL à l’IUT
À l’IUT, un seul cluster de base de données est créé et disponible pour tous les utilisateurs de
PostgreSQL. Une seule base de données est affectée à chaque utilisateur ; son nom étant l’identifiant de
l’utilisateur (i.e. nom de login).
Pour créer la base de données, il faut :
– ouvrir internet Galeon,
– puis cliquer sur « Etat de votre base de données PostgreSQL »
– et enfin sur « Créer la base de données ».
Le démarrage du client se fait de la manière suivante :
psql -h nom_serveur -p num_port ma_base identifiant
En salle de TP, nom_serveur est aquanux ; les champs num_port, ma_base et identifiant sont optionnels
et inutiles, pour information :
– num_port : 5432 ;
– ma_base : votre identifiant ;
– identifiant : votre identifiant.
Écriture des commandes sous PostgreSQL
Toutes les lignes de commandes SQL doivent se terminer par un « ; » ! Ce n’est, par contre, pas le
cas des méta-commandes dont il est question ci-dessous.
74 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
Méta-commandes sous PostgreSQL
Méta-commandes Description
\? Afficher toutes les méta-commandes
\h Afficher toutes les commandes SQL
\h nom_commande Aide concernant une commande SQL particulière
\df Afficher toutes les fonctions postgresql
\cd nom_repertoire Changer de répertoire courant
\! nom_commande Exécuter une commande shell
\i nom_fichier Lire et exécuter un script SQL
\d Afficher la liste des tables créées
\d nom_table Information concernant une table créée
\copy nom_table from nom_fichier Remplissage d’une table à partir d’un fichier texte
4.4.2 Première base de données
1. Créez votre base de données en utilisant internet Galeon.
2. Démarrez un client (psql -h aquanux) pour vous connecter à PostgreSQL.
3. Tapez \ ? pour afficher la liste des méta-commandes.
4. Tapez \h CREATE TABLE pour connaître la syntaxe de la commande SQL de création de table.
5. Créez les tables du schéma relationnel vu en travaux dirigés section 3.5.
Schéma relationnel :
– film (num_film, num_realisateur, titre, genre, annee)
– cinema (num_cinema, nom, adresse)
– individu (num_individu, nom prénom)
– jouer (num_acteur, num_film, role)
– projection (num_cinema, num_film, jour)
N’oubliez surtout pas :
– de choisir correctement le domaine de définition (i.e. le type) de chacun des attributs ;
– de bien préciser la clé primaire de chaque relation ;
– les contraintes d’intégrité référentielles (i.e. les clefs étrangères).
6. Affichez la liste des tables créées (\d).
7. Remplissez « à la main », c’est-à-dire en utilisant la commande INSERT INTO, la table cinema en
utilisant le tableau 3.16.
8. Remplissez les tables jouer, film, projection et individu à l’aide des fichiers fournis ([Link],
[Link], [Link] et [Link]) en utilisant la méta-commande adéquate (\copy
nom_table from nom_fichier).
Devez-vous respecter un ordre de remplissage des tables ?
Pourquoi ?
9. Créez un fichier [Link] permettant de remplir la table cinema en respectant le format des
fichiers qui vous ont été fournis.
10. Créez un script SQL ([Link]) permettant de régénérer votre base de données. Ce fichier,
composé de trois parties, doit permettre de :
(a) effacer chacune des tables ;
(b) créer chacune des tables comme dans l’exercice 5 ;
(c) remplir chacune des tables.
11. Restaurez votre base de données en utilisant le fichier [Link].
12. Vous voulez effacer l’acteur John Travolta de la base.
Quelles opérations sont nécessaires pour mener à bien cet suppression ?
Réalisez cette suppression.
4.4. TRAVAUX PRATIQUES – SQL : PREMIÈRE BASE DE DONNÉES {S6} 75
Remarque – Pour afficher l’ensemble des n-uplets d’une table, vous pouvez utiliser la commande SQL :
SELECT * FROM nom_table.
76 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.5 Interroger une base – Langage de manipulation de données (LMD) :
SELECT (1re partie)
4.5.1 Introduction à la commande SELECT
Introduction
La commande SELECT constitue, à elle seule, le langage permettant d’interroger une base de données.
Elle permet de :
– sélectionner certaines colonnes d’une table (projection) ;
– sélectionner certaines lignes d’une table en fonction de leur contenu (sélection) ;
– combiner des informations venant de plusieurs tables (jointure, union, intersection, différence et
division) ;
– combiner entre elles ces différentes opérations.
Une requête (i.e. une interrogation) est une combinaison d’opérations portant sur des tables (relations)
et dont le résultat est lui-même une table dont l’existence est éphémère (le temps de la requête).
Syntaxe simplifiée de la commande SELECT
Une requête se présente généralement sous la forme :
SELECT [ ALL | DISTINCT ] { * | attribut [, ...] }
FROM nom_table [, ...]
[ WHERE condition ]
– la clause SELECT permet de spécifier les attributs que l’on désire voir apparaître dans le résultat de
la requête ; le caractère étoile (*) récupère tous les attributs de la table générée par la clause FROM de
la requête ;
– la clause FROM spécifie les tables sur lesquelles porte la requête ;
– la clause WHERE, qui est facultative, énonce une condition que doivent respecter les n-uplets sélec-
tionnés.
Par exemple, pour afficher l’ensemble des n-uplets de la table film, vous pouvez utiliser la requête :
SELECT * FROM film
De manière synthétique, on peut dire que la clause SELECT permet de réaliser la projection, la clause
FROM le produit cartésien et la clause WHERE la sélection (cf. section 4.5.2).
Délimiteurs : apostrophes simples et doubles
Pour spécifier littéralement une chaîne de caractères, il faut l’entourer d’apostrophes (i.e. guillemets
simples). Par exemple, pour sélectionner les films policiers, on utilise la requête :
SELECT * FROM film WHERE genre=’Policier’
Les date doivent également être entourée d’apostrophes (ex : ’01/01/2005’).
Comme l’apostrophe est utilisée pour délimiter les chaînes de caractères, pour la représenter dans
une chaîne, il faut la dédoubler (exemple : ’l”arbre’), ou la faire précéder d’un antislash (exemple :
’l\’arbre’).
Lorsque le nom d’un élément d’une base de données (un nom de table ou de colonne par exemple)
est identique à un mot clef du SQL, il convient de l’entourer d’apostrophes doubles. Par exemple, si la
table achat possède un attribut date, on pourra écrire :
SELECT ’’date’’ FROM achat
Bien entendu, les mots réservés du SQL sont déconseillés pour nommer de tels objets. Les apostrophes
doubles sont également nécessaires lorsque le nom (d’une colonne ou d’une table) est composé de
caractères particuliers tels que les blancs ou autres, ce qui est évidemment déconseillé.
4.5. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (1re PARTIE) {S7}77
4.5.2 Traduction des opérateurs de projection, sélection, produit cartésien et équi-
jointure de l’algèbre relationnelle (1re partie)
Traduction de l’opérateur de projection
L’opérateur de projection Π(A1 , ...An ) (relation) se traduit tout simplement en SQL par la requête :
SELECT DISTINCT A_1, ..., A_n FROM relation
DISTINCT permet de ne retenir qu’une occurrence de n-uplet dans le cas où une requête produit
plusieurs n-uplets identiques (cf. section 4.5.4).
Traduction de l’opérateur de sélection
L’opérateur de sélection σ(prédicat) (relation) se traduit tout simplement en SQL par la requête :
SELECT * FROM relation WHERE prédicat
De manière simplifiée, un prédicat est une expression logique sur des comparaisons. Reportez-vous à
la section 4.5.7 pour une description plus complète.
Traduction de l’opérateur de produit cartésien
L’opérateur de produit cartésien relation1 × relation2 se traduit en SQL par la requête :
SELECT * FROM relation_1, relation_2
Nous reviendrons sur le produit cartésien dans les sections 4.5.5 et 4.7.1.
Traduction de l’opérateur d’équi-jointure
L’opérateur d’équi-jointure relation1 A1 ,A2 relation2 se traduit en SQL par la requête :
SELECT * FROM relation_1, relation_2 WHERE relation_1.A_1 = relation_2.A_2
Nous reviendrons sur les différents types de jointure dans la section 4.7.1.
4.5.3 Syntaxe générale de la commande SELECT
Voici la syntaxe générale d’une commande SELECT :
SELECT [ ALL | DISTINCT ] { * | expression [ AS nom_affiché ] } [, ...]
FROM nom_table [ [ AS ] alias ] [, ...]
[ WHERE prédicat ]
[ GROUP BY expression [, ...] ]
[ HAVING condition [, ...] ]
[ {UNION | INTERSECT | EXCEPT [ALL]} requête ]
[ ORDER BY expression [ ASC | DESC ] [, ...] ]
En fait l’ordre SQL SELECT est composé de 7 clauses dont 5 sont optionnelles :
SELECT : Cette clause permet de spécifier les attributs que l’on désire voir apparaître dans le résultat de
la requête (cf. section 4.5.4).
FROM : Cette clause spécifie les tables sur lesquelles porte la requête (cf. section 4.5.5 et 4.7.1).
WHERE : Cette clause permet de filtrer les n-uplets en imposant une condition à remplir pour qu’ils soient
présents dans le résultat de la requête (cf. section 4.5.7).
GROUP BY : Cette clause permet de définir des groupes (i.e. sous-ensemble ; cf. section 4.7.2).
HAVING : Cette clause permet de spécifier un filtre (condition de regroupement des n-uplets) portant sur
les résultats (cf. section 4.7.2).
UNION, INTERSECT et EXCEPT : Cette clause permet d’effectuer des opérations ensemblistes entre plu-
sieurs résultats de requête (i.e. entre plusieurs SELECT) (cf. section 4.7.3).
ORDER BY : Cette clause permet de trier les n-uplets du résultat (cf. section 4.5.6).
78 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.5.4 La clause SELECT
Introduction
Comme nous l’avons déjà dit, la clause SELECT permet de spécifier les attributs que l’on désire
voir apparaître dans le résultat de la requête. Pour préciser explicitement les attributs que l’on désire
conserver, il faut les lister en les séparant par une virgule. Cela revient en fait à opérer une projection de
la table intermédiaire générée par le reste de la requête. Nous verrons dans cette section que la clause
SELECT permet d’aller plus loin que la simple opération de projection. En effet, cette clause permet
également de renommer des colonnes, voire d’en créer de nouvelles à partir des colonnes existantes.
Pour illustrer par des exemples les sections qui suivent, nous utiliserons une table dont le schéma est
le suivant :
employee(id_employee, surname, name, salary)
Cette table contient respectivement l’identifiant, le nom, le prénom et le salaire mensuel des employés
d’une compagnie.
L’opérateur étoile (*)
Le caractère étoile (*) permet de récupérer automatiquement tous les attributs de la table générée par
la clause FROM de la requête.
Pour afficher la table employee on peut utiliser la requête :
SELECT * FROM employee
Les opérateurs DISTINCT et ALL
Lorsque le SGBD construit la réponse d’une requête, il rapatrie toutes les lignes qui satisfont la
requête, généralement dans l’ordre ou il les trouve, même si ces dernières sont en double (comportement
ALL par défaut). C’est pourquoi il est souvent nécessaire d’utiliser le mot clef DISTINCT qui permet
d’éliminer les doublons dans la réponse.
Par exemple, pour afficher la liste des prénoms, sans doublon, des employés de la compagnie, il faut
utiliser la requête :
SELECT DISTINCT name FROM employee
Les opérations mathématiques de base
Il est possible d’utiliser les opérateurs mathématiques de base (i.e. +, -, * et /) pour générer de
nouvelles colonnes à partir, en générale, d’une ou plusieurs colonnes existantes.
Pour afficher le nom, le prénom et le salaire annuel des employés, on peut utiliser la requête :
SELECT surname, name, salary*12 FROM employee
L’opérateur AS
Le mot clef AS permet de renommer une colonne, ou de nommer une colonne créée dans la requête.
Pour afficher le nom, le prénom et le salaire annuel des employés, on peut utiliser la requête :
SELECT surname AS nom, name AS prénom, salary*12 AS salaire FROM employee
L’opérateur de concaténation
L’opérateur || (double barre verticale) permet de concaténer des champs de type caractères.
Pour afficher le nom et le prénom sur une colonne, puis le salaire annuel des employés, on peut
utiliser la requête :
SELECT surname || ’ ’ || name AS nom, salary*12 AS salaire FROM employee
4.5. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (1re PARTIE) {S7}79
4.5.5 La clause FROM (1re partie)
Comportement
Comme nous l’avons déjà dit, la clause FROM spécifie les tables sur lesquelles porte la requête. Plus
exactement, cette clause construit la table intermédiaire (i.e. virtuelle), à partir d’une ou de plusieurs
tables, sur laquelle des modifications seront apportées par les clauses WHERE, GROUP BY et HAVING pour
générer la table finale résultat de la requête. Quand plusieurs tables, séparées par des virgules, sont
énumérées dans la clause FROM, la table intermédiaire est le résultat du produit cartésien de toutes les
tables énumérées.
L’opérateur AS
Le mot clef AS permet de renommer une table, ou de nommer une table créée dans la requête (c’est
à dire une sous-requête) afin de pouvoir ensuite y faire référence. Le renommage du nom d’une table se
fait de l’une des deux manières suivantes :
FROM nom_de_table AS nouveau_nom
FROM nom_de_table nouveau_nom
Une application typique du renommage de table est de simplifier les noms trop long :
SELECT * FROM nom_de_table_1 AS t1, nom_de_table_1 AS t2 WHERE t1.A_1 = t2.A_2
Attention, le nouveau nom remplace complètement l’ancien nom de la table dans la requête. Ainsi,
quand une table a été renommée, il n’est plus possible d’y faire référence en utilisant son ancien nom.
La requête suivante n’est donc pas valide :
SELECT * FROM nom_table AS t WHERE nom_table.a > 5
Sous-requête
Les tables mentionnées dans la clause FROM peuvent très bien correspondre à des tables résultant
d’une requête, spécifiée entre parenthèses, plutôt qu’à des tables existantes dans la base de données. Il
faut toujours nommer les tables correspondant à des sous-requêtes en utilisant l’opérateur AS.
Par exemple, les deux requêtes suivantes sont équivalentes :
SELECT * FROM table_1, table_2
SELECT * FROM (SELECT * FROM table_1) AS t1, table_2
Les jointures
Nous traiterons cet aspect de la clause FROM dans la section 4.7.1.
4.5.6 La clause ORDER BY
Comme nous l’avons déjà dit, la clause ORDER BY permet de trier les n-uplets du résultat et sa syntaxe
est la suivante :
ORDER BY expression [ ASC | DESC ] [, ...]
expression désigne soit une colonne, soit une opération mathématique de base (nous avons abordé
ce type d’opérations dans la section 4.5.4 sur « La clause SELECT ») sur les colonnes.
ASC spécifie l’ordre ascendant et DESC l’ordre descendant du tri. En l’absence de précision ASC ou
DESC, c’est l’ordre ascendant qui est utilisé par défaut.
Quand plusieurs expressions, ou colonnes sont mentionnées, le tri se fait d’abord selon les premières,
puis suivant les suivantes pour les n-uplet qui sont égaux selon les premières.
Le tri est un tri interne sur le résultat final de la requête, il ne faut donc placer dans cette clause que
les noms des colonnes mentionnés dans la clause SELECT.
80 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
La clause ORDER BY permet de trier le résultat final de la requête, elle est donc la dernière clause
de tout ordre SQL et ne doit figurer qu’une seule fois dans le SELECT, même s’il existe des requêtes
imbriquées ou un jeu de requêtes ensemblistes (cf. section 4.7.3).
En l’absence de clause ORDER BY, l’ordre des n-uplet est aléatoire et non garanti. Souvent, le fait de
placer le mot clef DISTINCT suffit à établir un tri puisque le SGBD doit se livrer à une comparaison des
lignes, mais ce mécanisme n’est pas garanti car ce tri s’effectue dans un ordre non contrôlable qui peut
varier d’un serveur à l’autre.
4.5.7 La clause WHERE
Comportement
Comme nous l’avons déjà dit, la clause WHERE permet de filtrer les n-uplets en imposant une condition
à remplir pour qu’ils soient présents dans le résultat de la requête ; sa syntaxe est la suivante :
WHERE prédicat
Concrètement, après que la table intermédiaire (i.e. virtuelle) de la clause FROM a été construite, chaque
ligne de la table est confrontée au prédicat prédicat afin de vérifier si la ligne satisfait (i.e. le prédicat
est vrai pour cette ligne) ou ne satisfait pas (i.e. le prédicat est faux ou NULL pour cette ligne) le prédicat.
Les lignes qui ne satisfont pas le prédicat sont supprimées de la table intermédiaire.
Le prédicat n’est rien d’autre qu’une expression logique. En principe, celle-ci fait intervenir une ou
plusieurs lignes de la table générée par la clause FROM, cela n’est pas impératif mais, dans le cas contraire,
l’utilité de la clause WHERE serait nulle.
Expression simple
Une expression simple peut être une variable désignée par un nom de colonne ou une constante.
Si la variable désigne un nom de colonne, la valeur de la variable sera la valeur située dans la table à
l’intersection de la colonne et de la ligne dont le SGBD cherche à vérifier si elle satisfait le prédicat de la
clause WHERE.
Les expressions simples peuvent être de trois types : numérique, chaîne de caractères ou date.
Une expression simple peut également être le résultat d’une sous-requête, spécifiée entre parenthèses,
qui retourne une table ne contenant qu’une seule ligne et qu’une seule colonne (i.e. une sous-requête
retournant une valeur unique).
Prédicat simple
Un prédicat simple peut être le résultat de la comparaison de deux expressions simples au moyen de
l’un des opérateurs suivants :
= égal
!= différent
< strictement inférieur
<= inférieur ou égal
> strictement supérieur
>= supérieur ou égal
Dans ce cas, les trois types d’expressions (numérique, chaîne de caractères et date) peuvent être comparés.
Pour les types date, la relation d’ordre est l’ordre chronologique. Pour les caractères, la relation d’ordre
est l’ordre lexicographique.
Un prédicat simple peut également correspondre à un test de description d’une chaîne de caractères
par une expression régulière :
~ décrit par l’expression régulière
~* comme LIKE mais sans tenir compte de la casse
!~ non décrit par l’expression régulière
!~* comme NOT LIKE mais sans tenir compte de la casse
4.5. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (1re PARTIE) {S7}81
Dans ce cas, la chaîne de caractères faisant l’objet du test est à gauche et correspond à une expression
simple du type chaîne de caractères, il s’agit généralement d’un nom de colonne. L’expression régulière,
qui s’écrit entre apostrophe simple, comme une chaîne de caractères, est située à droite de l’opérateur.
La section 4.5.8 donne une description détaillée du formalisme des expressions régulières.
Un prédicat simple peut enfin correspondre à l’un des tests suivants :
expr IS NULL test sur l’indétermination de expr
expr IN (expr_1 [, ...]) comparaison de expr à une liste de valeurs
expr NOT IN (expr_1 [, ...]) test d’absence d’une liste de valeurs
expr IN (requête) même chose, mais la liste de valeurs est le résultat d’une
expr NOT IN (requête) sous-requête qui doit impérativement retourner une table
ne contenant qu’une colonne
EXIST (requête) vraie si la sous-requête retourne au moins un n-uplet
vraie si au moins un n-uplet de la sous-requête vérifie la
expr operateur ANY (requête) comparaison « expr opérateur n-uplet » ; la sous-requête
doit impérativement retourner une table ne contenant
qu’une colonne ; IN est équivalent à = ANY
vraie si tous les n-uplets de la sous-requête vérifient la
expr operateur ALL (requête) comparaison « expr opérateur n-uplet » ; la sous-requête
doit impérativement retourner une table ne contenant
qu’une colonne
Dans ce tableau, expr désigne une expression simple et requête une sous-requête.
Prédicat composé
Les prédicats simples peuvent être combinés au sein d’expression logiques en utilisant les opérateurs
logiques AND (et logique), OR (ou logique) et NOT (négation logique).
4.5.8 Les expressions régulières
Introduction
Le terme expression régulière est issu de la théorie informatique et fait référence à un ensemble de
règles permettant de définir un ensemble de chaînes de caractères.
Une expression régulière constitue donc une manière compacte de définir un ensemble de chaînes
de caractères. Nous dirons qu’une chaîne de caractères est décrite par une expression régulière si cette
chaîne est un élément de l’ensemble de chaînes de caractères défini par l’expression régulière.
PostgreSQL dispose de trois opérateurs de description par une expression régulière :
1. LIKE ou ~~
2. ~
3. SIMILAR TO
La syntaxe et le pouvoir expressif des expressions régulières diffèrent pour ces trois opérateurs. Nous ne
décrirons ici que la syntaxe du formalisme le plus standard et le plus puissant, celui que l’on retrouve
sous Unix avec les commandes egrep, sed et awk. Ce formalisme est celui associé à l’opérateur ~.
Avec PostgreSQL, le test d’égalité avec une chaîne de caractères s’écrit :
expression=’chaine’
De manière équivalente, le test de description par une expression régulière s’écrit :
expression~’expression_régulière’
L’opérateur de description ~ est sensible à la casse, l’opérateur de description insensible à la casse est ~*.
L’opérateur de non description sensible à la casse est !~, son équivalent insensible à la casse se note !~*.
82 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
Formalisme
Comme nous allons le voir, dans une expression régulière, certains symboles ont une signification
spéciale. Dans ce qui suit, expreg, expreg_1, expreg_2 désignent des expressions régulières, caractère
un caractère quelconque et liste_de_caractères une liste de caractères quelconque.
caractère : un caractère est une expression régulière qui désigne le caractère lui-même, excepté pour
les caractères ., ?, +, *, {, |, (, ), ^, $, \, [, ]. Ces derniers sont des méta-caractères et ont une
signification spéciale. Pour désigner ces méta-caractères, il faut les faire précéder d’un antislash
(\., \?, \+, \*, \{, \|, \(, \), \^, \$, \\, \[, \]).
[liste_de_caractères] : est une expression régulière qui décrit l’un des caractères de la liste de
caractères, par exemple [abcdf] décrit le caractère a, le b, le c, le d ou le f ; le caractère - permet
de décrire des ensembles de caractères consécutifs, par exemple [a-df] est équivalent à [abcdf] ;
la plupart des méta-caractères perdent leur signification spéciale dans une liste, pour insérer un ]
dans une liste, il faut le mettre en tête de liste, pour inclure un ^, il faut le mettre n’importe où sauf
en tête de liste, enfin un - se place à la fin de la liste.
[ˆliste_de_caractères] : est une expression régulière qui décrit les caractères qui ne sont pas dans
la liste de caractères.
[ :alnum :] : à l’intérieur d’une liste, décrit un caractère alpha-numérique ([[:alnum:]] est équi-
valent à [0-9A-Za-z]) ; sur le même principe, on a également [:alpha:], [:cntrl:], [:digit:],
[:graph:], [:lower:], [:print:], [:punct:], [:space:], [:upper:] et [:xdigit:].
. : est une expression régulière et un méta-caractère qui désigne n’importe quel caractère.
ˆ : est une expression régulière et un méta-caractère qui désigne le début d’une chaîne de caractères.
$ : est une expression régulière et un méta-caractère qui désigne la fin d’une chaîne de caractères.
expreg ? : est une expression régulière qui décrit zéro ou une fois expreg.
expreg* : est une expression régulière qui décrit expreg un nombre quelconque de fois, zéro compris.
expreg+ : est une expression régulière qui décrit expreg au moins une fois.
expreg{n} : est une expression régulière qui décrit expreg n fois.
expreg{n,} : est une expression régulière qui décrit expreg au moins n fois.
expreg{n,m} : décrit expreg au moins n fois et au plus m fois.
expreg_1expreg_2 : est une expression régulière qui décrit une chaîne constituée de la concaténation
de deux sous-chaînes respectivement décrites par expreg_1 et expreg_2.
expreg_1|expreg_2 : est une expression régulière qui décrit toute chaîne décrite par expreg_1 ou par
expreg_2.
(expreg) : est une expression régulière qui décrit ce que décrit expreg.
\n : où n est un chiffre, est une expression régulière qui décrit la sous-chaîne décrite par la ne sous-
expression parenthèsée de l’expression régulière.
Remarque : la concaténation de deux expressions régulières (expreg_1expreg_2) est une opération
prioritaire sur l’union (expreg_1|expreg_2).
Exemples
Un caractère, qui n’est pas un méta-caractère, se décrit lui-même. Ce qui signifie que si vous cherchez
une chaîne qui contient « voiture », vous devez utiliser l’expression régulière ’voiture’.
Si vous ne cherchez que les motifs situés en début de ligne, utilisez le symbole ^. Pour chercher toutes
les chaînes qui commencent par « voiture », utilisez ’^voiture’.
Le signe $ (dollar) indique que vous souhaitez trouver les motifs en fin de ligne. Ainsi : ’voiture$’
permet de trouver toutes les chaînes finissant par « voiture ».
Le symbole . (point) remplace n’importe quel caractère. Pour trouver toutes les occurrences du motif
composé des lettres vo, de trois lettres quelconques, et de la lettre e, utilisez : ’vo...e’. Cette commande
permet de trouver des chaînes comme : voyagent, voyage, voyager, voyageur, vous e.
4.5. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (1re PARTIE) {S7}83
Vous pouvez aussi définir un ensemble de lettres en les insérant entre crochets [ ]. Pour chercher
toutes les chaînes qui contiennent les lettres P ou p suivies de rince, utilisez :’[Pp]rince’.
Si vous voulez spécifier un intervalle de caractères, servez-vous d’un trait d’union pour délimiter le
début et la fin de l’intervalle. Vous pouvez aussi définir plusieurs intervalles simultanément. Par exemple
[A-Za-z] désigne toutes les lettres de l’alphabet, hormis les caractères accentués, quelque soit la casse.
Notez bien qu’un intervalle ne correspond qu’à un caractère dans le texte.
Le symbole * est utilisé pour définir zéro ou plusieurs occurrences du motif précédent. Par exemple,
l’expression régulière ’^Pa(pa)*$’ décrit les chaînes : Pa, Papa, Papapa, Papapapapapapa, . . .
Si vous souhaitez qu’un symbole soit interprété littéralement, il faut le préfixer par un \. Pour trouver
toutes les lignes qui contiennent le symbole $, utilisez : \$
84 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.6 Travaux Pratiques – PostgreSQL : Premières requêtes
Dans les exercices de cette section, l’objectif est de trouver les requêtes SQL permettant de répondre
aux problèmes posés. Nous utilisons ici la base de données sur les films (cf. séance de travaux pratiques
4.4).
4.6.1 Premières requêtes
1. Quel est le contenu de la table individu ?
2. Quels sont les prénoms des individus en conservant les doublons ?
3. Quels sont les prénoms des individus en conservant les doublons, mais en les classant par ordre
alphabétique ?
4. Quels sont les prénoms des individus sans doublons ?
Observez le résultat en effectuant un classement alphabétique et sans effectuer de classement.
5. Quels sont les individus dont le prénom est John ?
6. Quel est le nom des individus dont le prénom est John ?
7. Dressez la liste de toutes les associations possibles entre un individu et un film (il n’y a pas
nécessairement de lien entre l’individu et le film qu’on lui associe). Observez le nombre de lignes
retournées. Était-il prévisible ?
8. Quels sont les individus qui sont des acteurs ?
9. Dressez la liste de toutes les associations possibles entre un acteur et un film (il n’y a pas nécessai-
rement de lien entre l’acteur et le film qu’on lui associe). Observez le nombre de lignes retournées.
10. Dressez la liste de toutes les interprétations, en précisant le rôle, d’acteur, dont on précisera le nom
et le prénom, ayant joué dans des films dont on précisera le titre. Le résultat sera de la forme :
prenom | nom | role | titre
--------+----------+--------------+--------------
Nicole | Kidman | Grace | Dogville
Paul | Bettany | Tom Edison | Dogville
11. Même question que la précédente, mais en formattant le résultat de la manière suivante :
listing
------------------------------------------------------------------
Nicole Kidman a joué le rôle de Grace dans le film Dogville
Paul Bettany a joué le rôle de Tom Edison dans le film Dogville
4.6.2 Requêtes déjà résolues en utilisant l’algèbre relationnelle (cf. travaux dirigés
section 3.5.2)
12. Quels sont les titres des films dont le genre est Drame ?
13. Quels films (titres) ont été projetés en 2002 ?
14. Donnez le titre des films réalisés par Lars von Trier.
15. Quels films sont projetés au cinéma Le Fontenelle ?
16. Quels sont les noms et prénoms des réalisateurs ?
17. Quels sont les noms et prénoms des acteurs ?
18. Quels sont les noms et prénoms des acteurs qui sont également réalisateurs ?
Remarque : vous ne pouvez utiliser le mot clef INTERSECT puisque nous ne l’avons pas encore vu.
19. Quels acteurs a-t-on pu voir au cinéma Le Fontenelle depuis l’an 2000 ?
20. Quels sont les titres des films où Nicole Kidman a joué un rôle et qui ont été projetés au cinéma Le
Fontenelle ?
4.6. TRAVAUX PRATIQUES – SQL : PREMIÈRES REQUÊTES {S7} 85
4.6.3 Utilisation des expressions régulières
21. Quels sont les prénoms des individus qui contiennent la lettre s ?
22. Même question que la précédente mais sans distinguer les lettres en fonction de la casse.
23. Quels sont les prénoms des individus dont le prénom commence par la lettre s sans tenir compte
de la casse ?
24. Quels sont les prénoms des individus dont le prénom se termine par la lettre s sans tenir compte
de la casse ?
25. Quels sont les prénoms des individus dont le prénom contient la lettre e sans commencer ou finir
par cette lettre et sans tenir compte de la casse ?
26. Quels sont les prénoms des individus qui ne contiennent pas la lettre e ?
27. Quels sont les prénoms des individus qui contiennent les lettres a et l dans un ordre quelconque
et sans tenir compte de la casse ?
28. Quels sont les noms des individus qui contiennent la chaîne an ou la chaîne on ?
Répondez en utilisant :
(a) l’opérateur | des expressions régulières ;
(b) les listes de caractères des expressions régulières ;
(c) l’opérateur OR de la clause WHERE.
29. Quels sont les titres des films qui contiennent au moins trois e ?
86 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.7 Interroger une base – Langage de manipulation de données (LMD) :
SELECT (2e partie)
4.7.1 La clause FROM (2e partie) : les jointures
Recommandation
Dans la mesure du possible, et contrairement à ce que nous avons fait jusqu’à présent, il est préférable
d’utiliser un opérateur de jointure normalisé SQL2 (mot-clef JOIN) pour effectuer une jointure. En effet,
les jointures faites dans la clause WHERE (ancienne syntaxe datant de 1986) ne permettent pas de faire la
distinction, de prime abord, entre ce qui relève de la sélection et ce qui relève de la jointure puisque tout
est regroupé dans une seule clause (la clause WHERE). La lisibilité des requêtes est plus grande en utilisant
la syntaxe de l’opérateur JOIN qui permet d’isoler les conditions de sélections (clause WHERE) de celles de
jointures (clauses JOIN), et qui permet également de cloisonner les conditions de jointures entre chaque
couples de table. De plus, l’optimisation d’exécution de la requête est souvent plus pointue lorsque l’on
utilise l’opérateur JOIN. Enfin, lorsque l’on utilise l’ancienne syntaxe, la suppression de la clause WHERE
à des fins de tests pose évidemment des problèmes.
Le produit cartésien
Prenons une opération de jointure entre deux tables R1 et R2 selon une expression logique E. En
algèbre relationnelle, cette opération se note :
R1 E R2
Dans la section 3.4.8, nous avons vu que la jointure n’est rien d’autre qu’un produit cartésien suivi d’une
sélection :
R1 E R2 = σE (R1 × R2 )
On peut également dire que le produit cartésien n’est rien d’autre qu’une jointure dans laquelle l’expres-
sion logique E est toujours vraie :
R1 × R2 = R1 true R2
Nous avons vu section 4.5.5 que le produit cartésien entre deux tables table_1 et table_2 peut
s’écrire en SQL :
SELECT * FROM table_1, table_2
Il peut également s’écrire en utilisant le mot-clé JOIN dédié aux jointures de la manière suivante :
SELECT * FROM table_1 CROSS JOIN table_2
En fait, sous PostgreSQL, les quatre écritures suivantes sont équivalentes :
SELECT * FROM table_1, table_2
SELECT * FROM table_1 CROSS JOIN table_2
SELECT * FROM table_1 JOIN table_2 ON TRUE
SELECT * FROM table_1 INNER JOIN table_2 ON TRUE
Les deux dernières écritures prendront un sens dans les sections qui suivent.
4.7. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (2e PARTIE) {S8}87
Syntaxe générale des jointures
Sans compter l’opérateur CROSS JOIN, voici les trois syntaxes possibles de l’expression d’une jointure
dans la clause FROM en SQL :
table_1 { [INNER] { LEFT | RIGHT | FULL } [OUTER] } JOIN table_2 ON predicat [...]
table_1 { [INNER] { LEFT | RIGHT | FULL } [OUTER] } JOIN table_2 USING (colonnes) [...]
table_1 NATURAL { [INNER] { LEFT | RIGHT | FULL } [OUTER] } JOIN table_2 [...]
Ces trois syntaxes diffèrent par la condition de jointure spécifiée par les clause ON ou USING, ou
implicite dans le cas d’une jointure naturelle introduite par le mot-clé NATURAL.
ON : La clause ON correspond à la condition de jointure la plus générale. Le prédicat predicat est une
expression logique de la même nature que celle de la clause WHERE décrite dans la section 4.5.7.
USING : La clause USING est une notation abrégée correspondant à un cas particulier de la clause ON.
Les deux tables, sur lesquelles portent la jointure, doivent posséder toutes les colonnes qui sont
mentionnées, en les séparant par des virgules, dans la liste spécifiée entre parenthèses juste après
le mot-clé USING. La condition de jointure sera l’égalité des colonnes au sein de chacune des paires
de colonnes. De plus, les paires de colonnes seront fusionnées en une colonne unique dans la table
résultat de la jointure. Par rapport à une jointure classique, la table résultat comportera autant de
colonnes de moins que de colonnes spécifiées dans la liste de la clause USING.
NATURAL : Il s’agit d’une notation abrégée de la clause USING dans laquelle la liste de colonnes est
implicite et correspond à la liste des colonnes communes aux deux tables participant à la jointure.
Tout comme dans le cas de la clause USING, les colonnes communes n’apparaissent qu’une fois
dans la table résultat.
INNER et OUTER : Les mots-clé INNER et OUTER permettent de préciser s’il s’agit d’une jointure interne ou
externe. INNER et OUTER sont toujours optionnels. En effet, le comportement par défaut est celui de
la jointure interne (INNER) et les mots clefs LEFT, RIGHT et FULL impliquent forcément une jointure
externe (OUTER).
INNER JOIN : La table résultat est constituée de toutes les juxtapositions possibles d’une ligne de la table
table_1 avec une ligne de la table table_2 qui satisfont la condition de jointure.
LEFT OUTER JOIN : Dans un premier temps, une jointure interne (i.e. de type INNER JOIN) est effectuée.
Ensuite, chacune des lignes de la table table_1 qui ne satisfait pas la condition de jointure avec
aucune des lignes de la table table_2 (i.e. les lignes de table_1 qui n’apparaissent pas dans la
table résultat de la jointure interne) est ajoutée à la table résultats. Les attributs correspondant à la
table table_2, pour cette ligne, sont affectés de la valeur NULL. Ainsi, la table résultat contient au
moins autant de lignes que la table table_1.
RIGHT OUTER JOIN : Même scénario que pour l’opération de jointure de type LEFT OUTER JOIN, mais
en inversant les rôles des tables table_1 et table_2.
FULL OUTER JOIN : La jointure externe bilatérale est la combinaison des deux opérations précédentes
(LEFT OUTER JOIN et RIGHT OUTER JOIN) afin que la table résultat contienne au moins une occur-
rence de chacune des lignes des deux tables impliquées dans l’opération de jointure.
La jointure externe droite peut être obtenue par une jointure externe gauche dans laquelle on inverse
l’ordre des tables (et vice-versa). La jointure externe bilatérale peut être obtenue par la combinaison de
deux jointures externes unilatérales avec l’opérateur ensembliste UNION que nous verrons dans la section
4.7.3.
Des jointures de n’importe quel type peuvent être chaînées les unes derrières les autres. Les jointures
peuvent également être imbriquées étant donné que les tables table_1 et table_2 peuvent très bien
être elles-mêmes le résultat de jointures de n’importe quel type. Les opérations de jointures peuvent être
parenthésées afin de préciser l’ordre dans lequel elles sont effectuées. En l’absence de parenthèses, les
jointures s’effectuent de gauche à droite.
88 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
Définition de deux tables pour les exemples qui suivent
Afin d’illustrer les opérations de jointure, considérons les tables realisateur et film définies de la
manière suivante :
create table realisateur (
id_real integer primary key,
nom varchar(16),
prenom varchar(16)
);
create table film (
num_film integer primary key,
id_real integer,
titre varchar(32)
);
On notera que dans la table film, l’attribut id_real correspond à une clef étrangère et aurait dû être
défini de la manière suivante : id_real integer references realisateur. Nous ne l’avons pas fait
dans le but d’introduire des films dont le réalisateur n’existe pas dans la table realisateur afin d’illustrer
les différentes facettes des opérations de jointure.
La table realisateur contient les lignes suivantes :
id_real | nom | prenom
---------+-----------+---------
1 | von Trier | Lars
4 | Tarantino | Quentin
3 | Eastwood | Clint
2 | Parker | Alan
La table film contient les lignes suivantes :
id_film | id_real | titre
---------+---------+----------------------------
1 | 1 | Dogville
2 | 1 | Breaking the waves
3 | 5 | Faux-Semblants
4 | 5 | Crash
5 | 3 | Chasseur blanc, coeur noir
Exemples de jointures internes
La jointure naturelle entre les tables film et réalisateur peut s’écrire indifféremment de l’une des
manières suivante :
SELECT * FROM film NATURAL JOIN realisateur
SELECT * FROM film NATURAL INNER JOIN realisateur;
SELECT * FROM film JOIN realisateur USING (id_real);
SELECT * FROM film INNER JOIN realisateur USING (id_real);
pour produire le résultat suivant :
id_real | id_film | titre | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+-----------+--------
1 | 1 | Dogville | von Trier | Lars
1 | 2 | Breaking the waves | von Trier | Lars
3 | 5 | Chasseur blanc, coeur noir | Eastwood | Clint
Nous aurions également pu effectuer une équi-jointure en écrivant :
4.7. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (2e PARTIE) {S8}89
SELECT * FROM film, realisateur WHERE film.id_real = realisateur.id_real;
SELECT * FROM film JOIN realisateur ON film.id_real = realisateur.id_real;
SELECT * FROM film INNER JOIN realisateur ON film.id_real = realisateur.id_real;
Mais la colonne id_real aurait été dupliquée :
id_film | id_real | titre | id_real | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+---------+-----------+--------
1 | 1 | Dogville | 1 | von Trier | Lars
2 | 1 | Breaking the waves | 1 | von Trier | Lars
5 | 3 | Chasseur blanc, coeur noir | 3 | Eastwood | Clint
Exemples de jointures externes gauches
La jointure externe gauche entre les tables film et réalisateur permet de conserver, dans la table
résultat, une trace des films dont le réalisateur n’apparaît pas dans la table realisateur. Une telle
jointure peut s’écrire indifféremment comme suit :
SELECT * FROM film NATURAL LEFT JOIN realisateur;
SELECT * FROM film NATURAL LEFT OUTER JOIN realisateur;
SELECT * FROM film LEFT JOIN realisateur USING (id_real);
SELECT * FROM film LEFT OUTER JOIN realisateur USING (id_real);
Elle produit le résultat suivant :
id_real | id_film | titre | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+-----------+--------
1 | 1 | Dogville | von Trier | Lars
1 | 2 | Breaking the waves | von Trier | Lars
5 | 3 | Faux-Semblants | |
5 | 4 | Crash | |
3 | 5 | Chasseur blanc, coeur noir | Eastwood | Clint
Naturellement, en écrivant :
SELECT * FROM film LEFT JOIN realisateur ON film.id_real = realisateur.id_real;
SELECT * FROM film LEFT OUTER JOIN realisateur ON film.id_real = realisateur.id_real;
la colonne id_real serait dupliquée :
id_film | id_real | titre | id_real | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+---------+-----------+--------
1 | 1 | Dogville | 1 | von Trier | Lars
2 | 1 | Breaking the waves | 1 | von Trier | Lars
3 | 5 | Faux-Semblants | | |
4 | 5 | Crash | | |
5 | 3 | Chasseur blanc, coeur noir | 3 | Eastwood | Clint
Exemples de jointures externes droites
La jointure externe droite entre les tables film et réalisateur permet de conserver, dans la table
résultat, une trace des réalisateurs dont aucun film n’apparaît dans la table film. Une telle jointure peut
s’écrire indifféremment comme suit :
SELECT * FROM film NATURAL RIGHT JOIN realisateur;
SELECT * FROM film NATURAL RIGHT OUTER JOIN realisateur;
SELECT * FROM film RIGHT JOIN realisateur USING (id_real);
SELECT * FROM film RIGHT OUTER JOIN realisateur USING (id_real);
90 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
Elle produit le résultat suivant :
id_real | id_film | titre | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+-----------+---------
1 | 1 | Dogville | von Trier | Lars
1 | 2 | Breaking the waves | von Trier | Lars
2 | | | Parker | Alan
3 | 5 | Chasseur blanc, coeur noir | Eastwood | Clint
4 | | | Tarantino | Quentin
Exemples de jointures externes bilatérales
La jointure externe bilatérale entre les tables film et réalisateur permet de conserver, dans la table
résultat, une trace de tous les réalisateurs et de tous les films. Une telle jointure peut indifféremment
s’écrire :
SELECT * FROM film NATURAL FULL JOIN realisateur;
SELECT * FROM film NATURAL FULL OUTER JOIN realisateur;
SELECT * FROM film FULL JOIN realisateur USING (id_real);
SELECT * FROM film FULL OUTER JOIN realisateur USING (id_real);
Elle produit le résultat suivant :
id_real | id_film | titre | nom | prenom
---------+---------+----------------------------+-----------+---------
1 | 1 | Dogville | von Trier | Lars
1 | 2 | Breaking the waves | von Trier | Lars
2 | | | Parker | Alan
3 | 5 | Chasseur blanc, coeur noir | Eastwood | Clint
4 | | | Tarantino | Quentin
5 | 3 | Faux-Semblants | |
5 | 4 | Crash | |
4.7.2 Les clauses GROUP BY et HAVING et les fonctions d’agrégation
Syntaxe
La syntaxe d’une requête faisant éventuellement intervenir des fonctions d’agrégation, une clause
GROUP BY et une clause HAVING est la suivante :
SELECT expression_1, [...,] expression_N [, fonction_agrégation [, ...] ]
FROM nom_table [ [ AS ] alias ] [, ...]
[ WHERE prédicat ]
[ GROUP BY expression_1, [...,] expression_N ]
[ HAVING condition_regroupement ]
La clause GROUP BY
La commande GROUP BY permet de définir des regroupements (i.e. des agrégats) qui sont projetés
dans la table résultat (un regroupement correspond à une ligne) et d’effectuer des calculs statistiques,
définis par les expressions fonction_agrégation [, ...], pour chacun des regroupements. La liste
d’expressions expression_1, [...,] expression_N correspond généralement à une liste de colonnes
colonne_1, [...,] colonne_N. La liste de colonnes spécifiée derrière la commande SELECT doit être
identique à la liste de colonnes de regroupement spécifiée derrière la commande GROUP BY. A la place
des noms de colonne il est possible de spécifier des opérations mathématiques de base sur les colonnes
(comme définies dans la section 4.5.4). Dans ce cas, les regroupements doivent porter sur les mêmes
expressions.
4.7. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (2e PARTIE) {S8}91
Si les regroupements sont effectués selon une expression unique, les groupes sont définis par les
ensembles de lignes pour lesquelles cette expression prend la même valeur. Si plusieurs expressions sont
spécifiées (expression_1, expression_2, . . .) les groupes sont définis de la façon suivante : parmi toutes
les lignes pour lesquelles expression_1 prend la même valeur, on regroupe celles ayant expression_2
identique, etc.
Un SELECT avec une clause GROUP BY produit une table résultat comportant une ligne pour chaque
groupe.
Les fonctions d’agrégation
AVG( [ DISTINCT | ALL ] expression ) : Calcule la moyenne des valeurs de l’expression expression.
COUNT( * | [DISTINCT | ALL] expression ) : Dénombre le nombre de lignes du résultat de la
requête. Si expression est présent, on ne compte que les lignes pour lesquelles cette expression
n’est pas NULL.
MAX( [ DISTINCT | ALL ] expression ) : Retourne la plus petite des valeurs de l’expression expression.
MIN([ DISTINCT | ALL ] expression ) : Retourne la plus grande des valeurs de l’expression expression.
STDDEV([ DISTINCT | ALL ] expression) : Calcule l’écart-type des valeurs de l’expression expression.
SUM([ DISTINCT | ALL ] expression) : Calcule la somme des valeurs de l’expression expression.
VARIANCE([ DISTINCT | ALL ] expression) : Calcule la variance des valeurs de l’expression expression.
DISTINCT indique à la fonction de groupe de ne prendre en compte que des valeurs distinctes. ALL
indique à la fonction de groupe de prendre en compte toutes les valeurs, c’est la valeur par défaut.
Aucune des fonctions de groupe ne tient compte des valeurs NULL à l’exception de COUNT(*). Ainsi,
SUM(col) est la somme des valeurs non NULL de la colonne col. De même AVG est la somme des valeurs
non NULL divisée par le nombre de valeurs non NULL.
Il est tout à fait possible d’utiliser des fonctions d’agrégation sans clause GROUP BY. Dans ce cas, la
clause SELECT ne doit comporter que des fonctions d’agrégation et aucun nom de colonne. Le résultat
d’une telle requête ne contient qu’une ligne.
Exemples
Reprenons la base de données de la séance de travaux pratiques 4.4 dont le schéma relationnel était :
– film (num_film, num_realisateur, titre, genre, annee)
– cinema (num_cinema, nom, adresse)
– individu (num_individu, nom prenom)
– jouer (num_acteur, num_film, role)
– projection (num_cinema, num_film, jour)
Pour connaître le nombre de fois que chacun des films a été projeté on utilise la requête :
SELECT num_film, titre, COUNT(*)
FROM film NATURAL JOIN projection
GROUP BY num_film, titre;
Si l’on veut également connaître la date de la première et de la dernière projection, on utilise :
SELECT num_film, titre, COUNT(*), MIN(jour), MAX(jour)
FROM film NATURAL JOIN projection
GROUP BY num_film, titre;
Pour connaître le nombre total de films projetés au cinéma Le Fontenelle, ainsi que la date de la
première et de la dernière projection dans ce cinéma, la requête ne contient pas de clause GROUP BY mais
elle contient des fonctions d’agrégation :
SELECT COUNT(*), MIN(jour), MAX(jour)
FROM film NATURAL JOIN projection NATURAL JOIN cinema
WHERE [Link] = ’Le Fontenelle’;
92 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
La clause HAVING
De la même façon qu’il est possible de sélectionner certaines lignes au moyen de la clause WHERE, il
est possible, dans un SELECT comportant une fonction de groupe, de sélectionner certains groupes par
la clause HAVING. Celle-ci se place après la clause GROUP BY.
Le prédicat dans la clause HAVING suit les mêmes règles de syntaxe qu’un prédicat figurant dans une
clause WHERE. Cependant, il ne peut porter que sur des caractéristiques du groupe : fonction d’agrégation
ou expression figurant dans la clause GROUP BY.
Une requête de groupe (i.e. comportant une clause GROUP BY) peut contenir à la fois une clause
WHERE et une clause HAVING. La clause WHERE sera d’abord appliquée pour sélectionner les lignes, puis
les groupes seront constitués à partir des lignes sélectionnées, les fonctions de groupe seront ensuite
évaluées et la clause HAVING sera enfin appliquée pour sélectionner les groupes.
Exemples
Pour connaître le nombre de fois que chacun des films a été projeté en ne s’intéressant qu’aux films
projetés plus de 2 fois, on utilise la requête :
SELECT num_film, titre, COUNT(*)
FROM film NATURAL JOIN projection
GROUP BY num_film, titre HAVING COUNT(*)>2;
Si en plus, on ne s’intéresse qu’aux films projetés au cinéma Le Fontenelle, il faut ajouter une clause
WHERE :
SELECT num_film, titre, COUNT(*)
FROM film NATURAL JOIN projection NATURAL JOIN cinema
WHERE [Link] = ’Le Fontenelle’
GROUP BY num_film, titre HAVING COUNT(*)>2;
4.7.3 Opérateurs ensemblistes : UNION, INTERSECT et EXCEPT
Les résultats de deux requêtes peuvent être combinés en utilisant les opérateurs ensemblistes d’union
(UNION), d’intersection (INTERSECT) et de différence (EXCEPT). La syntaxe d’une telle requête est la suivante :
requête_1 { UNION | INTERSECT | EXCEPT } [ALL] requête_2 [...]
Pour que l’opération ensembliste soit possible, il faut que requête_1 et requête_2 aient le même
schéma, c’est à dire le même nombre de colonnes respectivement du même type. Les noms de colonnes
(titres) sont ceux de la première requête (requête_1).
Il est tout à fait possible de chaîner plusieurs opérations ensemblistes. Dans ce cas, l’expression est
évaluée de gauche à droite, mais on peut modifier l’ordre d’évaluation en utilisant des parenthèses.
Dans une requête on ne peut trouver qu’une seule instruction ORDER BY. Si elle est présente, elle doit
être placée dans la dernière requête (cf. section 4.5.6). La clause ORDER BY ne peut faire référence qu’aux
numéros des colonnes (la première portant le numéro 1), et non pas à leurs noms, car les noms peuvent
être différents dans chacune des requêtes sur lesquelles porte le ou les opérateurs ensemblistes.
Les opérateurs UNION et INTERSECT sont commutatifs.
Contrairement à la commande SELECT, le comportement par défaut des opérateurs ensemblistes
élimine les doublons. Pour les conserver, il faut utiliser le mot-clef ALL.
Attention, il s’agit bien d’opérateurs portant sur des tables générées par des requêtes. On ne peut pas
faire directement l’union de deux tables de la base de données.
4.7.4 Traduction des opérateurs d’union, d’intersection, de différence et de division
de l’algèbre relationnelle (2e partie)
Traduction de l’opérateur d’union
L’opérateur d’union relation1 ∪ relation2 se traduit tout simplement en SQL par la requête :
4.7. INTERROGER UNE BASE – LANGAGE DE MANIPULATION DE DONNÉES : SELECT (2e PARTIE) {S8}93
SELECT * FROM relation_1 UNION SELECT * FROM relation_2
Traduction de l’opérateur d’intersection
L’opérateur d’intersection R1 ∩ R2 se traduit tout simplement en SQL par la requête :
SELECT * FROM relation_1 INTERSECT SELECT * FROM relation_2
Traduction de l’opérateur de différence
L’opérateur de différence R1 − R2 se traduit tout simplement en SQL par la requête :
SELECT * FROM relation_1 EXCEPT SELECT * FROM relation_2
Traduction de l’opérateur de division
Il n’existe pas de commande SQL permettant de réaliser directement une division. Prenons la requête :
Quels sont les acteurs qui ont joué dans tous les films de Lars von Trier ?
Cela peut se reformuler par :
Quels sont les acteurs qui vérifient : quel que soit un film de Lars von Trier, l’acteur a joué dans ce film.
Malheureusement, le quantificateur universel (∀) n’existe pas en SQL. Par contre, le quantificateur
existentiel (∃) existe : EXISTS. Or, la logique des prédicats nous donne l’équivalence suivante :
∀xP(x) = ¬∃x¬P(x)
On peut donc reformuler le problème de la manière suivante :
Quels sont les acteurs qui vérifient : il est faux qu’il existe un film de Lars von Trier
dans lequel l’acteur n’a pas joué.
Ce qui correspond à la requête SQL :
SELECT DISTINCT nom, prenom FROM individu AS acteur_tous_lars
WHERE NOT EXISTS (
SELECT * FROM ( film JOIN individu ON num_realisateur = num_individu
AND nom = ’von Trier’ AND prenom = ’Lars’ ) AS film_lars
WHERE NOT EXISTS (
SELECT * FROM individu JOIN jouer ON num_individu = num_acteur
AND num_individu = acteur_tous_lars.num_individu
AND num_film = film_lars.num_film
)
);
En prenant le problème d’un autre point de vue, on peut le reformuler de la manière suivante :
Quels sont les acteurs qui vérifient : le nombre de films réalisés par Lars von Trier dans lequel l’acteur à joué est
égal au nombre de films réalisés par Lars von Trier.
Ce qui peut se traduire en SQL indifféremment par l’une des deux requêtes suivantes :
SELECT [Link], [Link]
FROM individu AS acteur JOIN jouer ON acteur.num_individu = jouer.num_acteur
JOIN film ON jouer.num_film = film.num_film
JOIN individu AS realisateur ON film.num_realisateur = realisateur.num_individu
WHERE [Link] = ’von Trier’ AND [Link] = ’Lars’
GROUP BY [Link], [Link]
94 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
HAVING COUNT (DISTINCT film.num_film) = (
SELECT DISTINCT COUNT(*)
FROM film JOIN individu ON num_realisateur = num_individu
WHERE nom = ’von Trier’ AND prenom = ’Lars’
);
SELECT DISTINCT acteur_tous_lars.nom, acteur_tous_lars.prenom
FROM individu AS acteur_tous_lars
WHERE (
SELECT DISTINCT COUNT(*)
FROM jouer JOIN film ON jouer.num_film = film.num_film
JOIN individu ON num_realisateur = num_individu
WHERE nom = ’von Trier’ AND prenom = ’Lars’
AND jouer.num_acteur = acteur_tous_lars.num_individu
) = (
SELECT DISTINCT COUNT(*)
FROM film JOIN individu ON num_realisateur = num_individu
WHERE nom = ’von Trier’ AND prenom = ’Lars’
);
4.8. TRAVAUX PRATIQUES – SQL : REQUÊTES AVANCÉES {S8} 95
4.8 Travaux Pratiques – PostgreSQL : Requêtes avancées
Dans les exercices de cette section, l’objectif est de trouver les requêtes SQL permettant de répondre
aux problèmes posés. Nous utilisons la base de données sur le cinéma (cf. séance de travaux pratiques
4.4). Contrairement à la séance de travaux pratiques 4.6, nous utilisons maintenant la commande JOIN
pour toutes les jointures des requêtes.
4.8.1 Prix de GROUP
1. Dressez la liste de toutes les interprétations, en précisant le rôle, d’acteur, dont on précisera le nom
et le prénom, ayant joué dans des films dont on précisera le titre.
2. On désire connaître le nom et le prénom des acteurs et le nombre de films dans lesquels ils ont
joué.
3. On désire connaître le nom et le prénom des acteurs, le nombre de films dans lequel ils ont joué
ainsi que l’année du film de leur premier et de leur dernier rôle.
4. On désire connaître le nom et le prénom des acteurs et le nombre de films dans lesquels ils ont joué
pour les acteurs ayant joué dans strictement plus d’un film.
5. On désire connaître le nom et le prénom des acteurs et le nombre de drames dans lesquels ils ont
joué.
4.8.2 Requêtes déjà résolues en utilisant l’algèbre relationnelle (cf. travaux dirigés
section 3.5.2)
6. Quels sont les noms et prénoms des acteurs qui sont également réalisateurs ?
Remarque : vous devez utiliser le mot clef INTERSECT puisque nous l’avons maintenant vu.
7. Quels sont les réalisateurs qui ont réalisé des films d’épouvante et des films dramatiques ?
8. Quels sont les acteurs qui n’ont pas joué dans des films dramatiques ?
9. Quels sont les cinémas qui ont projeté tous les films ?
10. Quels sont les acteurs que l’on a pu voir dans toutes les cinémas ?
4.8.3 GROUP toujours !
11. Quel est le nombre de films réalisés par chacun des réalisateurs ?
12. Combien de films à réalisé le réalisateur qui en a le plus réalisés ?
13. Quel sont les réalisateurs (il peut y en avoir un ou plusieurs execo) ayant réalisé le plus de films ?
Comment serait-il possible de simplifier cette requête ?
14. Quel est le nombre de films réalisés par les réalisateurs, dont on désire connaître le nom et le
prénom, ayant réalisé au moins un film du même genre que l’un des films réalisés par David
Cronenberg ?
15. On suppose que les têtes d’affiche d’un film sont les acteurs recensés pour ce film dans la base de
données. Quel est le nombre de têtes d’affiche et le réalisateur de chacun des films ?
16. En supposant qu’un film coûte 1000000 plus 200000 par tête d’affiche, donnez le prix moyen
des films réalisés par chacun des réalisateurs.
96 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.9 Nouveaux objets – Langage de définition de données (LDD)
4.9.1 Séquences (CREATE SEQUENCE) et type SERIAL
Création d’une séquence
Une séquence est en fait une table spéciale contenant une seule ligne. Cet objet est utilisé pour créer
une suite de nombres entiers dont l’évolution, généralement croissante, est régie par un certain nombre
de paramètres.
Voici la syntaxe de création d’une séquence :
CREATE SEQUENCE nom [ INCREMENT [ BY ] incrément ]
[ MINVALUE valeurmin ]
[ MAXVALUE valeurmax ]
[ START [ WITH ] début ]
[ [ NO ] CYCLE ]
La commande CREATE SEQUENCE crée un nouveau générateur de nombre. Ceci implique la création
et l’initialisation d’une nouvelle table portant le nom nom.
INCREMENT BY : La clause optionnelle INCREMENT BY incrément spécifie la valeur ajoutée à la valeur
de la séquence courante pour créer une nouvelle valeur. Une valeur positive créera une séquence
ascendante, une négative en créera une descendante. La valeur par défaut est 1.
MINVALUE : La clause optionnelle MINVALUE valeurmin précise la valeur minimale qu’une séquence peut
générer. Si cette clause n’est pas fournie, alors les valeurs par défaut seront utilisées. Les valeurs
par défaut sont 1 et −263 − 1 pour les séquences respectivement ascendantes et descendantes.
MAXVALUE : La clause optionnelle MAXVALUE valeurmax précise la valeur maximale pour la séquence. Si
cette clause n’est pas fournie, alors les valeurs par défaut seront utilisées. Les valeurs par défaut
sont 263 − 1 et −1 pour les séquences respectivement ascendantes et descendantes.
START WITH : La clause optionnelle START WITH début précise la valeur d’initialisation de la séquence.
La valeur de début par défaut est valeurmin pour les séquences ascendantes et valeurmax pour
les séquences descendantes.
[ NO ] CYCLE : L’option CYCLE autorise la séquence à recommencer au début lorsque valeurmax ou
valeurmin a été atteinte par une séquence respectivement ascendante ou descendante. Si la limite
est atteinte, le prochain nombre généré sera respectivement valeurmin ou valeurmax. Si NO CYCLE
est spécifié, tout appel à nextval après que la séquence a atteint la valeur minimale renverra une
erreur. NO CYCLE est le comportement par défaut.
Utilisation d’une séquence
Bien que vous ne pouvez pas mettre à jour directement une séquence, vous pouvez toujours utiliser
une requête comme :
SELECT * FROM nom_sequence;
Après la création d’une séquence, il faut utiliser les fonctions nextval(), currval() et setval()
pour la manipuler.
nextval(’nom_sequence’) : incrémente la valeur courante de la séquence nom_sequence (excepté la
première fois) et retourne cette valeur.
currval(’nom_sequence’) : retourne la valeur courante de la séquence nom_sequence ; cette fonction
ne peut être appelée que si nextval() l’a été au moins une fois.
setval(’nom_sequence’, nombre) : Initialise la valeur courante de la séquence nom_sequence à nombre.
4.9. NOUVEAUX OBJETS – LANGAGE DE DÉFINITION DE DONNÉES (LDD) {S9} 97
Vous pouvez appeler ces différentes fonctions de la manière suivante :
SELECT nextval(’nom_sequence’);
SELECT currval(’nom_sequence’);
SELECT setval(’nom_sequence’, nombre);
Utilisez DROP SEQUENCE pour supprimer une séquence.
Type SERIAL
Le type de donnée SERIAL n’est pas un vrai type, mais plutôt un raccourci de notation pour décrire
une colonne d’identifiants uniques. Ainsi, la commande
CREATE TABLE nom_de_table (
nom_de_colonne SERIAL
);
est équivalente à la commande :
CREATE SEQUENCE nom_de_sequence;
CREATE TABLE nom_de_table (
nom_de_colonne integer DEFAULT nextval(’nom_de_sequence’) NOT NULL
);
Ainsi, nous avons créé une colonne d’entiers et fait en sorte que ses valeurs par défaut soient assignées
par un générateur de séquence. Une contrainte NOT NULL est ajoutée pour s’assurer qu’une valeur nulle
ne puisse pas être explicitement insérée. Dans la plupart des cas, on ajoute également une contrainte
UNIQUE ou PRIMARY KEY pour interdire que des doublons soient créés par accident.
Pour insérer la valeur suivante de la séquence dans la colonne de type SERIAL, il faut faire en sorte
d’utiliser la valeur par défaut de la colonne. Cela peut se faire de deux façons : soit en excluant cette
colonne de la liste des colonnes de la commande INSERT, ou en utilisant le mot clé DEFAULT.
4.9.2 Règles (CREATE RULE)
Description
Le système de règles autorise la définition d’actions alternatives à réaliser sur les insertions, mises à
jour ou suppressions dans les tables de la base de données. Concrètement, une règle permet d’exécuter
des commandes supplémentaires lorsqu’une commande donnée est exécutée sur une table donnée.
Autrement dit, une règle peut remplacer une commande donnée par une autre ou faire qu’une commande
ne soit pas exécutée. Les règles sont aussi utilisées pour implémenter les vues de tables (cf. section 4.9.3).
Syntaxe de définition
Voici la syntaxe de création d’une règle :
CREATE [ OR REPLACE ] RULE nom AS
ON événement
TO table [ WHERE condition ]
DO [ INSTEAD ] { NOTHING | commande | ( commande ; commande ... ) }
CREATE RULE : définit une nouvelle règle s’appliquant à une table ou à une vue.
CREATE OR REPLACE RULE : définit une nouvelle règle, ou, le cas échéant, remplace une règle existante
du même nom pour la même table.
nom : désigne le nom d’une règle à créer. Elle doit être distincte du nom de toute autre règle sur la même
table. Lorsque plusieurs règles portent sur la même table et le même type d’événement, elles sont
appliquées dans l’ordre alphabétique de leur nom.
98 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
événement : SELECT, INSERT, UPDATE ou DELETE. Les règles qui sont définies sur INSERT, UPDATE ou
DELETE sont appelées des règles de mise à jour. Les règles définies sur SELECT permettent la
création de vues (cf. section 4.9.3).
table : Le nom (pouvant être qualifié par le nom du schéma) de la table ou de la vue où s’applique la
règle.
condition : Toute expression SQL conditionnelle (i.e. de type boolean). L’expression de condition ne
peut pas référer à une table autre que NEW et OLD et ne peut pas contenir de fonction d’agrégat.
commande : Zone de spécification des commandes réalisant l’action de la règle. Les commandes valides
sont SELECT, INSERT, UPDATE, DELETE ou NOTIFY. Le mot-clé NOTHING permet de spécifier que l’on
ne veut rien faire.
INSTEAD : Si ce mot-clé est utilisé, la ou les commandes sont exécutées à la place de la requête déclen-
chante. En l’absence de INSTEAD, la ou les commandes sont exécutées après la requête déclenchante
dans le cas ON INSERT (pour permettre aux commandes de voir les lignes insérées) et avant dans
le cas ON UPDATE ou ON DELETE (pour permettre aux commandes de voir les lignes à mettre à jour
ou à supprimer).
À l’intérieur d’une condition et d’une commande, deux tables spéciales, NEW et OLD, peuvent être
utilisées pour se référer à la table sur laquelle porte la règle. NEW est valide dans les règles ON INSERT
et ON UPDATE pour désigner la nouvelle ligne en cours d’insertion ou de mise à jour. OLD est valide
dans les règles ON UPDATE et ON DELETE pour désigner la ligne existante en cours de modification ou de
suppression.
Syntaxe de suppression
DROP RULE nom ON relation [ CASCADE | RESTRICT ]
DROP RULE : Supprime une règle de réécriture.
nom : Le nom de la règle à supprimer.
relation : Le nom (qualifié ou non du nom du schéma) de la table ou vue où s’applique la règle.
CASCADE : Supprime automatiquement les objets dépendant de la règle.
RESTRICT : Refuse de supprimer la règle si un objet en dépend. Ceci est la valeur par défaut.
4.9.3 Vues (CREATE VIEW)
Description
Les vues sont des tables virtuelles qui « contiennent » le résultat d’une requête SELECT. L’un des
intérêts de l’utilisation des vues vient du fait que la vue ne stocke pas les données, mais fait référence à
une ou plusieurs tables d’origine à travers une requête SELECT, requête qui est exécutée chaque fois que la
vue est référencée. De ce fait, toute modification de données dans les tables d’origine est immédiatement
visible dans la vue dès que celle-ci est à nouveau référencée dans une requête.
Les utilisations possibles d’une vue sont multiples :
– Cacher aux utilisateurs certaines colonnes ou certaines lignes en mettant à leur disposition des vues
de projection ou de sélection. Ceci permet de fournir un niveau de confidentialité et de sécurité
supplémentaire.
– Simplifier l’utilisation de tables comportant de nombreuses colonnes, de nombreuses lignes ou des
noms complexes, en créant des vues avec des structures plus simples et des noms plus intelligibles.
– Nommer des requêtes fréquemment utilisées pour simplifier et accélérer l’écriture de requête y
faisant référence.
4.9. NOUVEAUX OBJETS – LANGAGE DE DÉFINITION DE DONNÉES (LDD) {S9} 99
Syntaxe de définition
Voici la syntaxe de création d’une vue :
CREATE [ OR REPLACE ] VIEW nom [ ( nom_colonne [, ...] ) ] AS requête
CREATE VIEW : définit une nouvelle vue.
CREATE OR REPLACE VIEW : définit une nouvelle vue, ou la remplace si une vue du même nom existe
déjà. Vous pouvez seulement remplacer une vue avec une nouvelle requête qui génère un ensemble
de colonnes identiques.
nom : Le nom de la vue à créer (qualifié ou non du nom du schéma). Si un nom de schéma (cf. section
4.9.4) est donné (par exemple CREATE VIEW [Link] ...), alors la vue est créée dans le
schéma donné. Dans les autres cas, elle est créée dans le schéma courant. Le nom de la vue doit
être différent du nom des autres vues, tables, séquences ou index du même schéma.
nom_colonne : Une liste optionnelle de noms à utiliser pour les colonnes de la vue. Si elle n’est pas
donnée, le nom des colonnes sera déduit de la requête.
requête : Une requête (c’est-à-dire une instruction SELECT) qui définit les colonnes et les lignes de la
vue.
La norme SQL propose un ensemble important de restrictions pour la modification ou l’insertion
ou la modification des données dans les vues. Les systèmes de gestion de base de données ont aussi
chacun leur implantation de ce concept et chacun leurs contraintes et restrictions. En particulier, peu
d’opérations sont autorisées dès qu’une vue porte sur plusieurs tables ; aucune n’est possible si la vue
comporte des opérateurs d’agrégation.
Avec PostgreSQL les vues ne sont que consultables par des instructions SELECT (i.e. lecture seule).
Aucune autre opération n’est possible (insertion, mise à jour ou suppression de lignes). Par contre, la
notion de règles permet, avec PostgreSQL, d’implémenter ces fonctionnalités. Cette notion s’avère plus
souple et puissante que les restrictions communément appliquées aux SGBD classiques.
Implémentation interne
Avec PostgreSQL, les vues sont implémentées en utilisant le système de règles. En fait, il n’y aucune
différence entre
CREATE VIEW mavue AS SELECT * FROM matable;
et ces deux commandes
CREATE TABLE mavue (liste de colonnes identique à celle de matable);
CREATE RULE "_RETURN" AS ON SELECT TO mavue DO INSTEAD
SELECT * FROM matable;
parce que c’est exactement ce que fait la commande CREATE VIEW en interne. Ainsi, pour l’analyseur, il
n’y a aucune différence entre une table et une vue : il s’agit de relations.
Syntaxe de suppression
DROP VIEW nom [, ...] [ CASCADE | RESTRICT ]
DROP VIEW : Supprime une vue existante.
nom : Le nom de la vue à supprimer (qualifié ou non du nom du schéma).
CASCADE : Supprime automatiquement les objets qui dépendent de la vue (comme par exemple d’autres
vues).
RESTRICT : Refuse de supprimer la vue si un objet en dépend. Ceci est la valeur par défaut.
100 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.9.4 Schémas (CREATE SCHEMA)
Description
Les schémas sont des espaces dans lesquels sont référencés des éléments (tables, vues, index...). La
notion de schéma est très liée à la notion d’utilisateur ou de groupe d’utilisateurs.
Syntaxe de définition
CREATE SCHEMA nom_schéma
CREATE SCHEMA crée un nouveau schéma dans la base de données en cours. Le nom du schéma doit
être distinct du nom des différents schémas existants dans la base de données en cours.
Le paramètre nom_schéma est le nom du schéma à créer.
Accès aux tables
Lorsqu’une table nom_table est dans un schéma nom_schema, pour la désigner, il faut faire précéder
son nom par le nom du schéma qui la contient de la manière suivante : nom_schema.nom_table. C’est ce
que l’on appel un nom qualifié.
Le Chemin de Recherche de Schéma
Les noms qualifiés sont pénibles à écrire et il est, de toute façon, préférable de ne pas coder un nom de
schéma dans une application. Donc, les tables sont souvent appelées par des noms non qualifiés (i.e. nom
de la table lui même). Le système détermine quelle table est appelée en suivant un chemin de recherche
qui est une liste de schémas à regarder. La première table correspondante est considérée comme la table
voulue. S’il n’y a pas de correspondance, une erreur est levée, même si des noms de table correspondants
existent dans d’autres schémas dans la base.
Le premier schéma dans le chemin de recherche est appelé le schéma courant. En plus d’être le premier
schéma parcouru, il est aussi le schéma dans lequel de nouvelles tables seront créées si la commande
CREATE TABLE ne précise pas de nom de schéma.
Pour voir le chemin de recherche courant, utilisez la commande suivante :
SHOW search_path;
Pour ajouter un nouveau schéma mon_schema dans le chemin tout en conservant dans ce chemin le
schéma par défaut (public), nous utilisons la commande :
SET search_path TO mon_schema,public;
Syntaxe de suppression
La commande DROP SCHEMA permet de supprimer des schémas de la base de données. La syntaxe de
la commande est la suivante :
DROP SCHEMA nom [, ...] [ CASCADE | RESTRICT ]
Un schéma peut seulement être supprimé par son propriétaire ou par un super utilisateur.
nom : Le nom du schéma
CASCADE : Supprime automatiquement les objets (tables, fonctions, etc.) contenus dans le schéma.
RESTRICT : Refuse de supprimer le schéma s’il contient un objet. Ceci est la valeur par défaut.
4.10. TRAVAUX PRATIQUES – SQL : NOUVEAUX OBJETS {S9} 101
4.10 Travaux Pratiques – PostgreSQL : Manipulation des nouveaux
objets
4.10.1 Séquences
1. Créez une séquence test_sequence cyclique commençant à 10 de pas d’incrément 2 et de valeur
maximum 20.
2. Testez cette séquence (avec la fonction nextval) et observez son comportement. Le cycle recommence-
t-il à 10 ? Pourquoi ?
3. Testez également les fonctions currval et setval.
Effacez la séquence de la table.
4. Modifiez votre fichier [Link] afin que la colonne num_individu de la table individu soit
du type serial. Rechargez votre base.
5. Tentez d’insérer un nouvel individu sans préciser son num_individu.
Quel est le problème ? Comment pouvez-vous y remédier ?
4.10.2 Schéma et vues
6. Créez un schéma vue.
7. Dans ce schéma, créez deux vues, l’une correspondant à la liste des acteurs, l’autre à la liste des
réalisateurs. Les schémas respectifs de ces relations seront :
– acteur(num_acteur, nom, prenom) ;
– realisateur(num_realisateur, nom, prenom).
4.10.3 Règles
8. Créez une règle insertion_acteur qui insère un individu dans la table individu à la place de
l’insérer dans la table [Link] quand on tente de l’insérer dans la table [Link].
9. Quel est le problème de cette règle ?
10. Créez une nouvelle ligne dans la table film. Il s’agit d’un film fictif :
num_film num_realisateur titre genre annee
0 0 NULL NULL NULL
Quel problème rencontrez-vous ? Trouvez une solution.
11. Ainsi, quand un nouvel acteur est inséré, il est possible de mettre à jour la table jouer en faisant
référence à ce film fictif. Corrigez votre règle insertion_acteur pour mettre en œuvre cette
nouvelle logique. Vérifiez qu’un nouvel acteur « inséré » dans la vue [Link] apparaisse bien
dans cette vue une fois l’opération effectuée.
4.10.4 Toujours des requêtes
Dans les exercices qui suivent, pour répondre, utilisez les vues [Link] et [Link]
quand cela permet de simplifier l’écriture des requêtes.
12. Quels sont les individus qui ne sont ni des acteurs, ni des réalisateurs.
13. Quels sont les noms et prénoms des acteurs qui sont également réalisateurs ?
Remarque : cette requête a déjà été résolue en utilisant l’algèbre relationnelle (cf. travaux dirigés
section 3.5.2) et le langage SQL (cf. travaux pratiques 4.6 et 4.8) :
14. Quels sont les noms et prénoms des individus dont le prénom est à la fois celui d’un acteur et
celui d’un réalisateur sans qu’il s’agisse de la même personne ? Remarque : cette requête a déjà été
résolue en utilisant l’algèbre relationnelle (cf. travaux dirigés section 3.5.2).
102 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.11 SQL intégré
4.11.1 Introduction
Ce chapitre décrit le pacquage SQL embarqué pour PostgreSQL ECPG. Il est compatible avec les
langages C et C++ et a été développé par Linus Tolke et Michael Meskes.
Un programme SQL embarqué est en fait un programme ordinaire, dans notre cas un programme
en langage C, dans lequel nous insérons des commandes SQL incluses dans des sections spécialement
marquées. Ainsi les instructions Embedded SQL commencent par les mots EXEC SQL et se terminent par
un point-virgule (« ; »). Pour générer l’exécutable, le code source est d’abord traduit par le préprocesseur
SQL qui convertit les sections SQL en code source C ou C++, après quoi il peut être compilé de manière
classique.
Le SQL embarqué présente des avantages par rapport à d’autres méthodes pour prendre en compte
des commandes SQL dans du code C. Par exemple, le passage des informations de et vers les variables
du programme C est entièrement pris en charge. Ensuite, le code SQL du programme est vérifié syntaxi-
quement au moment de la précompilation. Enfin, le SQL embarqué en C est spécifié dans le standard
SQL et supporté par de nombreux systèmes de bases de données SQL. L’implémentation PostgreSQL est
conçue pour correspondre à ce standard autant que possible, afin de rendre le code facilement portable
vers des SGBD autre que PostgreSQL.
Comme alternative au SQL intégré, on peut citer l’utilisation d’une API (Application Programming In-
terface) permettant au programme de communiquer directement avec le SGBD via des fonctions fournies
par l’API. Dans ce cas de figure, il n’y a pas de précompilation à effectuer. Se référer à la documentation
PostgreSQL (The PostgreSQL Global Development Group, 2005) pour plus d’information à ce sujet :
Chapitre 27. libpq – Bibliothèque C.
4.11.2 Connexion au serveur de bases de données
Introduction
Quelque soit le langage utilisé (C, Java, PHP, etc.), pour pouvoir effectuer un traitement sur une base
de données, il faut respecter les étapes suivantes :
1. établir une connexion avec la base de données ;
2. récupérer les informations relatives à la connexion ;
3. effectuer les traitements désirés (requêtes ou autres commandes SQL) ;
4. fermer la connexion avec la base de données.
Nous allons voir dans cette section comment ouvrir et fermer une connexion, et nous verrons dans
les sections suivantes comment effectuer des traitements.
Ouverture de connexion
La connexion à une base de données se fait en utilisant l’instruction suivante :
EXEC SQL CONNECT TO cible [AS nom_connexion] [USER utilisateur];
La cible cible peut être spécifiée de l’une des façons suivantes :
– nom_base[@nom_hôte ][:port] ;
– tcp:postgresql://nom_hôte [:port ] [/nom_base][? options] ;
– unix:postgresql://nom_hôte[: port][/nom_base ][? options] ;
– une chaîne SQL littérale contenant une des formes ci-dessus ;
– une référence à une variable contenant une des formes ci-dessus ;
– DEFAULT.
En pratique, utiliser une chaîne littérale (entre guillemets simples) ou une variable de référence génère
moins d’erreurs. La cible de connexion DEFAULT initie une connexion sur la base de données par défaut
4.11. SQL INTÉGRÉ {S10} 103
avec l’utilisateur par défaut. Aucun nom d’utilisateur ou nom de connexion ne pourrait être spécifié
isolément dans ce cas.
Il existe également différentes façons de préciser l’utilisateur utilisateur :
– nom_utilisateur
– nom_utilisateur/ mot_de_passe
– nom_utilisateur IDENTIFIED BY mot_de_passe
– nom_utilisateur USING mot_de_passe
nom_utilisateur et mot_de_passe peuvent être un identificateur SQL, une chaîne SQL littérale ou une
référence à une variable de type caractère.
nom_connexion est utilisé pour gérer plusieurs connexions dans un même programme. Il peut être
omis si un programme n’utilise qu’une seule connexion. La dernière connexion ouverte devient la
connexion courante, utilisée par défaut lorsqu’une instruction SQL est à exécuter.
Fermeture de connexion
Pour fermer une connexion, utilisez l’instruction suivante :
EXEC SQL DISCONNECT [connexion];
Le paramètre connexion peut prendre l’une des valeurs suivantes :
– nom_connexion
– DEFAULT
– CURRENT
– ALL
Si aucun nom de connexion n’est spécifié, c’est la connexion courante qui est fermée. Il est préférable de
toujours fermer explicitement chaque connexion ouverte.
4.11.3 Exécuter des commandes SQL
Toute commande SQL, incluse dans des sections spécialement marquées, peut être exécutée à l’inté-
rieur d’une application SQL embarqué. Ces sections se présentent toujours de la manière suivante :
EXEC SQL instructions_SQL ;
Dans le mode par défaut, les instructions ne sont validées que lorsque EXEC SQL COMMIT est exécuté.
L’interface SQL embarqué supporte aussi la validation automatique des transactions via l’instruction
EXEC SQL SET AUTOCOMMIT TO ON. Dans ce cas, chaque commande est automatiquement validée. Ce
mode peut être explicitement désactivé en utilisant EXEC SQL SET AUTOCOMMIT TO OFF.
Voici un exemple permettant de créer une table :
EXEC SQL create table individu ( num_individu integer primary key,
nom varchar(64), prenom varchar(64) );
EXEC SQL COMMIT;
4.11.4 Les variables hôtes
Introduction aux variables hôtes
La transmission de données entre le programme C et le serveur de base de données est particuliè-
rement simple en SQL embarqué. En effet, il est possible d’utiliser une variable C, dans une instruction
SQL, simplement en la préfixant par le caractère deux-points (« : »). Par exemple, pour insérer une ligne
dans la table individu on peut écrire :
EXEC SQL INSERT INTO individu VALUES (:var_num, ’Poustopol’, :var_prenom);
Cette instruction fait référence à deux variables C nommées var_num et var_prenom et utilise aussi une
chaîne littérale SQL (’Poustopol’) pour illustrer que vous n’êtes pas restreint à utiliser un type de
données plutôt qu’un autre.
Dans l’environnement SQL, nous appelons les références à des variables C des variables hôtes.
104 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
Déclaration des variables hôtes
Les variables hôtes sont des variables de langage C identifiées auprès du préprocesseur SQL. Ainsi,
pour être définies, les variables hôtes doivent être placées dans une section de déclaration, comme suit :
EXEC SQL BEGIN DECLARE SECTION;
declarations_des_variables_C
EXEC SQL END DECLARE SECTION;
Vous pouvez avoir autant de sections de déclaration dans un programme que vous le souhaitez.
Les variables hôtes peuvent remplacer les constantes dans n’importe quelle instruction SQL. Lorsque
le serveur de base de données exécute la commande, il utilise la valeur de la variable hôte. Notez toutefois
qu’une variable hôte ne peut pas remplacer un nom de table ou de colonne. Comme nous l’avons déjà
dit, dans une instruction SQL, le nom de la variable est précédé du signe deux-points (« : ») pour le
distinguer d’autres identificateurs admis dans l’instruction.
Les initialisations sur les variables sont admises dans une section de déclaration. Les sections de
déclarations sont traitées comme des variables C normales dans le fichier de sortie du précompilateur. Il
ne faut donc pas les redéfinir en dehors des sections de déclaration. Les variables qui n’ont pas pour but
d’être utilisées dans des commandes SQL peuvent être normalement déclarées en dehors des sections
de déclaration.
Les variables en langage C ont leur portée normale au sein du bloc dans lequel elles sont définies.
Toutefois, le préprocesseur SQL n’analyse pas le code en langage C. Par conséquent, il ne respecte pas
les blocs C. Aussi, pour le préprocesseur SQL, les variables hôtes sont globales : il n’est pas possible que
deux de ces variables portent le même nom.
Types des variables hôtes
Seul un nombre limité de types de données du langage C est supporté pour les variables hôtes. En
outre, certains types de variable hôte n’ont pas de type correspondant en langage C. Dans ce cas, des
macros prédéfinies peuvent être utilisées pour déclarer les variables hôtes. Par exemple, le type prédéfini
VARCHAR est la structure adéquate pour interfacer des données SQL de type varchar. Une déclaration
comme
VARCHAR var[180];
est en fait convertie par le préprocesseur en une structure :
struct varchar_var { int len; char arr[180]; } var;
Utilisation d’une variable hôte : clause INTO
Dans le cas d’une requête de ligne unique, c’est à dire qui n’extrait pas plus d’une ligne de la base de
données, les valeurs renvoyées peuvent être stockées directement dans des variables hôtes. Cependant,
contrairement au langage C ou C++, le SQL est un langage ensembliste : une requête peut très bien
retourner plus d’une ligne. Dans ce cas, il faut faire appel à la notion de curseur que nous abordons dans
la section 4.11.7.
Dans le cas d’une requête de ligne unique, une nouvelle clause INTO est intercalée entre la clause
SELECT et la clause FROM. La clause INTO contient une liste de variables hôtes destinée à recevoir la valeur
de chacune des colonnes mentionnées dans la clause SELECT. Le nombre de variables hôtes doit être
identique au nombre de colonnes de la clause SELECT. Les variables hôtes peuvent être accompagnées
de variables indicateur afin de prendre en compte les résultats NULL (cf. section 4.11.5).
Lors de l’exécution de l’instruction SELECT, le serveur de base de données récupère les résultats et les
place dans les variables hôtes. Si le résultat de la requête contient plusieurs lignes, le serveur renvoie une
erreur. Si la requête n’aboutit pas à la sélection d’une ligne, un avertissement est renvoyé. Les erreurs et
les avertissements sont renvoyés dans la structure SQLCA, comme décrit dans la section 4.11.6.
Par exemple, en reprenons la base de données de la séance de travaux pratiques 4.4 et une requête
que nous avons déjà rencontrée section 4.7.2 : « nombre de fois que chacun des films a été projeté ». Nous
4.11. SQL INTÉGRÉ {S10} 105
pouvons récupérer les résultats de cette requête de ligne unique dans des variables hôtes de la manière
suivante :
EXEC SQL BEGIN DECLARE SECTION;
VARCHAR titre[128];
int id_film;
int nb_proj;
EXEC SQL END DECLARE SECTION;
EXEC SQL SELECT num_film, titre, COUNT(*)
INTO :id_film, :titre, :nb_proj
FROM film NATURAL JOIN projection
GROUP BY num_film, titre;
4.11.5 Variables indicateur
Présentation
Les variables indicateur sont des variables en langage C qui fournissent des informations complé-
mentaires pour les opérations de lecture ou d’insertion de données. Il existe plusieurs types d’utilisation
pour ces variables.
Valeurs NULL : Pour permettre aux applications de gérer les valeurs NULL.
Troncature de chaînes : Pour permettre aux applications de gérer les cas où les valeurs lues doivent
être tronquées pour tenir dans les variables hôtes.
Erreurs de conversion : Pour stocker les informations relatives aux erreurs.
Une variable indicateur est une variable hôte de type int suivant immédiatement une variable hôte
normale dans une instruction SQL.
Utilisation de variables indicateur
Dans les données SQL, la valeur NULL représente un attribut inconnu ou une information non appli-
cable. Il ne faut pas confondre la valeur NULL de SQL avec la constante du langage C qui porte le même
nom (NULL). Cette dernière représente un pointeur non initialisé, incorrect ou ne pointant pas vers un
contenu valide de zone mémoire.
La valeur NULL n’équivaut à aucune autre valeur du type défini pour les colonnes. Ainsi, si une
valeur NULL est lue dans la base de données et qu’aucune variable indicateur n’est fournie, une erreur est
générée (SQLE_NO_INDICATOR). Pour transmettre des valeurs NULL à la base de données ou en recevoir
des résultats NULL, des variables hôtes d’un type particulier sont requises : les variables indicateur.
Par exemple, dans l’exemple précédent, une erreur est générée si, pour une raison quelconque, le titre
du film n’existe pas et que sa valeur est NULL. Pour s’affranchir de ce problème, on utilise une variable
indicateur de la manière suivante :
EXEC SQL BEGIN DECLARE SECTION;
VARCHAR titre[128];
int id_film;
int nb_proj;
int val_ind;
EXEC SQL END DECLARE SECTION;
EXEC SQL SELECT num_film, titre, COUNT(*)
INTO :id_film, :titre :val_ind, :nb_proj
FROM film NATURAL JOIN projection
GROUP BY num_film, titre;
Dans cet exemple, la variable indicateur val_ind vaudra zéro si la valeur retournée n’est pas NULL et
elle sera négative si la valeur est NULL. Si la valeur de l’indicateur est positive, cela signifie que la valeur
retournée n’est pas NULL mais que la chaîne a été tronquée pour tenir dans la variable hôte.
106 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
4.11.6 Gestion des erreurs
Configurer des rappels : instruction WHENEVER
L’instruction WHENEVER est une méthode simple pour intercepter les erreurs, les avertissements et
les conditions exceptionnelles rencontrés par la base de données lors du traitement d’instructions SQL.
Elle consiste à configurer une action spécifique à exécuter à chaque fois qu’une condition particulière
survient. Cette opération s’effectue de la manière suivante :
EXEC SQL WHENEVER condition action;
Le paramètre condition peut prendre une des valeurs suivantes :
SQLERROR : L’action spécifiée est appelée lorsqu’une erreur survient pendant l’exécution d’une instruc-
tion SQL.
SQLWARNING : L’action spécifiée est appelée lorsqu’un avertissement survient pendant l’exécution d’une
instruction SQL.
NOT FOUND : L’action spécifiée est appelée lorsqu’une instruction ne récupère ou n’affecte aucune ligne.
Le paramètre action peut avoir une des valeurs suivantes :
CONTINUE : Signifie effectivement que la condition est ignorée. C’est l’action par défaut.
SQLPRINT : Affiche un message sur la sortie standard. Ceci est utile pour des programmes simples ou
lors d’un prototypage. Les détails du message ne peuvent pas être configurés.
STOP : Appel de exit(1), ce qui terminera le programme.
BREAK : Exécute l’instruction C break. Cette action est utile dans des boucles ou dans des instructions
switch.
GOTO label et GO TO label : Saute au label spécifié (en utilisant une instruction C goto).
CALL nom (args) et DO nom (args) : Appelle les fonctions C spécifiées avec les arguments spécifiés.
Le standard SQL ne définit que les actions CONTINUE et GOTO ou GO TO.
L’instruction WHENEVER peut être insérée en un endroit quelconque d’un programme SQL embarqué.
Cette instruction indique au préprocesseur de générer du code après chaque instruction SQL. L’effet
de cette instruction reste actif pour toutes les instructions en SQL embarqué situées entre la ligne
de l’instruction WHENEVER et l’instruction WHENEVER suivante contenant la même condition condition
d’erreur, ou jusqu’à la fin du fichier source.
Les conditions d’erreur sont fonction du positionnement dans le fichier source de langage C et non
du moment où l’instruction est exécutée.
Cette instruction est fournie pour vous faciliter le développement de programmes simples. Il est
plus rigoureux de contrôler les conditions d’erreur en vérifiant directement le champ sqlcode de la
zone SQLCA (cf. section suivante). Dans ce cas, l’instruction WHENEVER est inutile. En fait, l’instruction
WHENEVER se contente de demander au préprocesseur de générer un test if ( SQLCODE ) après chaque
instruction SQL.
Zone de communication SQL (SQLCA)
La zone de communication SQL (SQLCA) est une zone de mémoire qui permet, pour chaque demande
adressée à la base de données, de communiquer des statistiques et de signaler des erreurs. En consultant
la zone SQLCA, vous pouvez tester un code d’erreur spécifique. Un code d’erreur s’affiche dans les
champs sqlcode et sqlstate lorsqu’une requête adressée à la base de données provoque une erreur.
Une variable SQLCA globale (sqlca) est définie dans la bibliothèque d’interface, elle a la structure
suivante :
struct {
char sqlcaid[8];
long sqlabc;
long sqlcode;
4.11. SQL INTÉGRÉ {S10} 107
struct {
int sqlerrml;
char sqlerrmc[70];
} sqlerrm;
char sqlerrp[8];
long sqlerrd[6];
char sqlwarn[8];
char sqlstate[5];
} sqlca;
SQLCA couvre à la fois les avertissements et les erreurs. Si plusieurs avertissements ou erreurs
surviennent lors de l’exécution d’une instruction, alors sqlca ne contient que les informations relatives
à la dernière. Si aucune erreur ne survient dans la dernière instruction SQL, [Link] vaut 0 et
[Link] vaut "00000". Si un avertissement ou une erreur a eu lieu, alors [Link] sera
négatif et [Link] sera différent de "00000".
Les champs [Link] et [Link] sont deux schémas différents fournissant des codes
d’erreur. Les deux sont spécifiés dans le standard SQL mais sqlcode est indiqué comme obsolète dans
l’édition de 1992 du standard et a été supprimé dans celle de 1999. Du coup, les nouvelles applications
sont fortement encouragées à utiliser sqlstate.
4.11.7 Curseurs pour résultats à lignes multiples
Présentation
Lorsque vous exécutez une requête dans une application, le jeu de résultats est constitué d’un certain
nombre de lignes. En général, vous ne connaissez pas le nombre de lignes que l’application recevra avant
d’exécuter la requête. Les curseurs constituent un moyen de gérer les jeux de résultats d’une requête à
lignes multiples.
Les curseurs vous permettent de naviguer dans les résultats d’une requête et d’effectuer des insertions,
des mises à jour et des suppressions de données sous-jacentes en tout point d’un jeu de résultats.
Pour gérer un curseur vous devez respecter les étapes suivantes :
1. Déclarer un curseur pour une instruction SELECT donnée à l’aide de l’instruction DECLARE :
EXEC SQL DECLARE nom_curseur CURSOR FOR requête_select ;
2. Ouvrir le curseur à l’aide de l’instruction OPEN :
EXEC SQL OPEN nom_curseur ;
3. Récupérer une par une les lignes du curseur à l’aide de l’instruction FETCH :
FETCH [ [ NEXT | PRIOR | FIRST | LAST | { ABSOLUTE | RELATIVE } nombre ]
{ FROM | IN } ] nom_curseur
INTO liste_variables
NEXT : Récupère la ligne suivante. Ceci est la valeur par défaut.
PRIOR : Récupère la ligne précédente.
FIRST : Récupère la première ligne de la requête (identique à ABSOLUTE 1).
LAST : Récupère la dernière ligne de la requête (identique à ABSOLUTE -1).
ABSOLUTE nombre : Récupère la nombree ligne de la requête ou la abs(nombre)e ligne à partir de la
fin si nombre est négatif. La position avant la première ligne ou après la dernière si nombre
est en-dehors de l’échelle ; en particulier, ABSOLUTE 0 se positionne avant la première ligne.
RELATIVE nombre : Récupère la nombree ligne ou la abs(nombre)e ligne avant si nombre est négatif.
RELATIVE 0 récupère de nouveau la ligne actuelle si elle existe.
nom_curseur : Le nom d’un curseur ouvert.
108 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
liste_variables : La liste des variables hôtes destinées à recevoir la valeur de chacun des at-
tributs de la ligne courante. Le nombre de variables hôtes doit être identique au nombre de
colonnes de la table résultat.
4. Continuez l’extraction des lignes tant qu’il y en a.
5. Fermer le curseur à l’aide de l’instruction CLOSE :
CLOSE nom_curseur
Lors de son ouverture, un curseur est placé avant la première ligne. Par défaut, les curseurs sont
automatiquement refermés à la fin d’une transaction.
Voici un exemple utilisant la commande FETCH :
EXEC SQL BEGIN DECLARE SECTION;
int v1;
VARCHAR v2;
EXEC SQL END DECLARE SECTION;
...
EXEC SQL DECLARE foo CURSOR FOR SELECT a, b FROM test;
EXEC SQL OPEN foo;
while (...) {
EXEC SQL FETCH NEXT FROM foo INTO :v1, :v2;
...
}
4.11.8 Précompilation et compilation
Inclusion de fichiers
Pour inclure un fichier externe SQL embarqué dans votre programme, utilisez la commande :
EXEC SQL INCLUDE nom_fichier;
Cette commande indique au préprocesseur du SQL embarqué de chercher un fichier nommé nom_fichier.h,
de traiter et de l’inclure dans le fichier C généré. Du coup, les instructions SQL embarqué du fichier inclus
sont gérées correctement.
En utilisant la directive classique
#include <nom_fichier.h>
le fichier nom_fichier.h ne serait pas sujet au pré-traitement des commandes SQL. Naturellement, vous
pouvez continuer à utiliser la directive #include pour inclure d’autres fichiers d’en-tête.
Précompilation et compilation
La première étape consiste à traduire les sections SQL embarqué en code source C, c’est-à-dire en
appels de fonctions de la librairie libecpg. Cette étape est assurée par le préprocesseur appelé ecpg qui
est inclus dans une installation standard de PostgreSQL. Les programmes SQL embarqué sont nommés
typiquement avec une extension .pgc. Si vous avez un fichier programme nommé [Link], vous
pouvez le passer au préprocesseur par la simple commande :
ecpg [Link]
Cette étape permet de créer le fichier prog.c. Si vos fichiers en entrée ne suivent pas le modèle de
nommage suggéré, vous pouvez spécifier le fichier de sortie explicitement en utilisant l’option -o.
Le fichier traité par le préprocesseur peut alors être compilé de façon classique, par exemple :
cc -c prog.c
4.11. SQL INTÉGRÉ {S10} 109
Cette étape permet de créer le fichier prog.o. Les fichiers sources en C générés incluent les fichiers d’en-
tête provenant de l’installation de PostgreSQL. Si vous avez installé PostgreSQL à un emplacement qui
n’est pas parcouru par défaut, vous devez ajouter une option comme -I/usr/local/pgsql/include sur
la ligne de commande de la compilation.
Vous devez enfin lier le programme avec la bibliothèque libecpg qui contient les fonctions néces-
saires. Ces fonctions récupèrent l’information provenant des arguments, exécutent la commande SQL
en utilisant l’interface libpq et placent le résultat dans les arguments spécifiés pour la sortie. Pour lier
un programme SQL embarqué, vous devez donc inclure la bibliothèque libecpg :
cc -o monprog prog.o -lecpg
De nouveau, vous pourriez avoir besoin d’ajouter une option comme -L/usr/local/pgsql/lib sur la
ligne de commande.
4.11.9 Exemple complet
Voici un exemple complet qui effectue les opérations suivantes :
– connexion à la base ;
– vérification de la réussite de la connexion ;
– affichage du contenu de la table individu en utilisant un curseur ;
– fermeture de la connexion.
#include <stdio.h>
// ____ pour gérer les erreurs
EXEC SQL INCLUDE sqlca;
// ____ Définition des variables hôtes
EXEC SQL BEGIN DECLARE SECTION;
char var_nom[256];
char var_prenom[256];
int var_num;
EXEC SQL END DECLARE SECTION;
int main(void){
// ____ Ouverture de la connexion à la base de données
EXEC SQL CONNECT TO nom_base@aquanux;
if([Link]) {
printf("erreur %s\n",[Link]);
exit(0);
}
printf(" connexion réussie \n");
// ____ Utilisation d’un curseur pour afficher le contenu de la table individu
EXEC SQL DECLARE curseur_individu CURSOR FOR
SELECT num_individu, nom, prenom FROM individu;
EXEC SQL OPEN curseur_individu;
// Boucle d’affichage
while(SQLCODE==0) {
EXEC SQL FETCH FROM curseur_individu INTO :var_num, :var_nom, :var_prenom;
printf("L’i-ndividu %d est %s %s\n", var_num, var_prenom, var_nom);
}
EXEC SQL CLOSE curseur_individu;
// ____ Fermeture de connexion
printf(" Déconnexion \n");
EXEC SQL DISCONNECT;
return 0;
}
110 CHAPITRE 4. LANGAGE SQL
En supposant que ce programme est enregistré dans un fichier nommé [Link], l’exécutable est
obtenu de la manière suivante :
ecpg [Link]
cc -c prog.c
cc -o prog prog.o -lecpg