Exercices corrigés - Espaces vectoriels :
applications linéaires
Exemples d'applications linéaires
Exercice 1 - Applications linéaires ou non (sur Rn)? [Signaler une
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Enoncé
Dire si les applications suivantes sont des applications linéaires :
1. f:R2→R3, (x,y)↦(x+y,x−2y,0);
2. f:R2→R3, (x,y)↦(x+y,x−2y,1);
3. f:R2→R, (x,y)↦x2−y2.
Indication
Corrigé
1. f est une application linéaire. Prenons u=(x,y) et v=(x′,y′) dans R2, et λ∈R.
Alors
:f(u+v)=((x+x′)+(y+y′),(x+x′)−2(y+y′),0)=(x+y,x−2y,0)+(x′+y′,x′−2y′,0)=f(u)+f(v).De
même,f(λu)=(λx+λy,λx−2λy,0)=λ(x+y,x−2y,0)=λf(u).
2. f n'est pas une application linéaire car f((0,0))≠(0,0,0).
3. f n'est pas une application linéaire. En
effet,f((1,0))=1, f((−1,0))=1 et f((0,0))=0≠f((1,0))+f((−1,0)).
Exercice 2 - Noyau et image [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit f:R2→R3 l'application linéaire définie parf(x,y)=(x+y,x−y,x+y).Déterminer le noyau
de f, son image. f est-elle injective? surjective?
Indication
Corrigé
Commençons par déterminer le noyau de f. (x,y)∈kerf si et seulement si f(x,y)=(0,0,0) si
et seulement si { x+y=0x−y=0x+y=0⟺
en particulier que f est injective.
{ x+y=02x=0On en déduit que ker(f)={(0,0)}, et
Déterminons maintenant l'image de f. Un vecteur (u,v,w) est dans l'image de f si et
seulement
si∃(x,y)∈R2, (u,v,w)=f(x,y)⟺∃(x,y)∈R2, { u=x+yv=x−yw=x+y⟺∃(x,y)∈R2, { u=x+yu+v=2xw
−u=0⟺∃(x,y)∈R2, { u−v2=yu+v2=xw−u=0On en déduit
que Im(f)={(u,v,w)∈R3; u−w=0}. En particulier, (1,1,0) n'est pas dans Im(f), et donc f n'est
pas surjective.
Exercice 3 - Dérivation [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E=C∞(R) et ϕ∈L(E) définie par ϕ(f)=f′. Quel est le noyau de ϕ? Quelle est son
image? ϕ est-elle injective? surjective?
Indication
Corrigé
Une fonction f:R→R a sa dérivée nulle si et seulement si elle est constante. Le noyau
de ϕ est donc l'ensemble des fonctions constantes. En particulier, ϕ n'est pas
injective. D'autre part, si g est une fonction de classe C∞ sur R, alors elle admet une
primitive f qui est donc elle aussi de classe C∞, c'est-à-dire élément de E. On a
alors ϕ(f)=g, ce qui signifie que Im(ϕ)=E. ϕ est surjective. Cet exercice illustre le fait
que C∞(R) n'est pas de dimension finie, puisque ϕ est surjective mais n'est pas
injective.
Exercice 4 - Avec des polynômes [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Montrer que f:R[X]→R[X], P↦P−XP′ est une application linéaire. Déterminer son noyau
et son image.
Indication
Corrigé
Soient P,Q∈R[X] et λ∈R.
Alorsf(λP+Q)=(λP+Q)−X(λP+Q)′=λP+Q−X(λP′+Q′)=λ(P−XP′)+Q−XQ′=λf(P)+f(Q).Ainsi, f est bien
une application linéaire. De plus P est dans ker(f) si et seulement si P−XP′=0.
Ecrivons P(X)=∑nk=0akXk. Alors on a :P−XP′=n∑k=1(ak−kak)Xk+[Link] en déduit que la
suite (ak) vérifie a0=0 et ak(1−k)=0 pour k allant de 1 à n. Ainsi, ak=0 pour k≠1, la valeur
de a1 étant quelconque. On en déduit que ker(f)=vect(X).
D'autre part, soit Q∈R[X]. Si Q=∑mk=0bkXk est élément de Im(f), il existe P=∑nk=0akXk tel
que Q=P−XP′ soit, d'après le calcul précédent, pour k=0,…,n,bk=ak(1−k).On en
déduit b1=0 et donc Q∈F=vect(Xk; k≠1). Réciproquement, soit Q=∑mk=0, k≠1bkXk un
élément de F, c'est-à-dire un polynôme sans terme en X. Alors, si on
pose ak=(1−k)−1bk, k≠1, et a1=0, le calcul précédent montre que P−XP′=Q et
donc Q∈Im(f). Ainsi, Im(f)=F.
On peut remarquer que dans cet exemple, l'image et le noyau de f sont
supplémentaires.
Exercice 5 - Application linéaire définie sur un espace de
polynôme [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E=C[X], p un entier naturel et f l'application de E dans E définie
par f(P)=(1−pX)P+X2P′. f est-elle injective? surjective?
Indication
Corrigé
Il est facile de vérifier que f est linéaire. Pour savoir si elle est injective, on calcule
son noyau. Soit P=∑ni=0aiXi un polynôme.
Alorsf(P)=n∑i=0aiXi−pn∑i=0aiXi+1+n∑i=1iaiXi+1soit, après un changement
d'indicef(P)=a0+n∑i=1(ai−(p+1−i)ai−1)Xi+(n−p)anXn+[Link] f(P)=0, on obtient
donc a0=0 et ai=(p+1−i)ai−1 pour 1≤i≤n ce qui entraine ai=0 pour tout i=0,…,n.
Ainsi, P=0, le noyau de f est réduit à {0} et f est injective.
D'autre part, si P est un polynôme de degré n, alors le calcul précédent montre que
▪ pour n=p, le degré de f(P) est inférieur ou égal à n, et donc différent de p+1;
▪ pour n≠p, alors f(P) est de degré n+1≠p+1.
Ainsi, Im(f) ne contient pas de polynômes de degré p+1. Donc f n'est pas surjective.
Projecteurs et symétries
Exercice 6 - Deux projections [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel et p,q deux projecteurs de E tels que p≠0, q≠0 et p≠q.
Démontrer que (p,q) est une famille libre de L(E).
Indication
Corrigé
Si (p,q) n'est pas libre, il existe λ∈K, λ≠0, tel que q=λp. Alorsλp=q=q2=λ2p2=λ[Link] a
donc λ2=λ, c'est-à-dire λ=1 puisque λ≠0, ce qui contredit p≠q.
Exercice 7 - Projections et sommes directes [Signaler une erreur] [Ajouter à ma
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Enoncé
Soient E1,…,En des sous-espaces vectoriels de E. On suppose que E1⊕⋯⊕En=E. On
note pi le projecteur sur Ei parallèlement à ⊕j≠iEj. Montrer que pi∘pj=0 si i≠j et
que p1+⋯+pn=IdE.
Indication
Corrigé
Il est clair que Im(pj)=Ej⊂ker(pi) ce qui prouve que pi∘pj=0. D'autre part, si x∈Ei, on
ap1(x)+⋯+pi(x)+⋯+pn(x)=0+⋯+x+⋯+0=[Link] a p1+⋯+pn=IdE sur chaque Ei, donc sur tout
l'espace par "recollement". En effet, tout x∈E s'écrit x=x1+⋯+xn avec xi∈Ei.
Exercice 8 - Sous-espace stable et projecteur [Signaler une erreur] [Ajouter à
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Enoncé
Soit E un K-espace vectoriel, et soit u∈L(E). On dit qu'un sous-espace
vectoriel F de E est stable par u si u(x)∈F pour tout x∈F. Soit p un projecteur de E.
Démontrer que u commute avec p si et seulement si Im(p) et ker(p) sont stables par u.
Indication
Corrigé
Supposons d'abord que u∘p=p∘u, et prouvons que ker(p) et Im(p) sont stables par u. En
effet, si p(x)=0, alors p∘u(x)=u∘p(x)=0 et donc u(x)∈ker(p). De plus, si x∈Im(p),
alors x=p(y) et u(x)=u∘p(y)=p(u(y))∈Im(p). Remarquons que cette implication n'utilise pas
du tout le fait que p est un projecteur.
Réciproquement, supposons que ker(p) et Im(p) sont stables par u, et prouvons
que u et p commutent. Prenons x∈E. Il se décompose de manière unique en x=y+z,
avec y∈ker(p) et z∈Im(p). En particulier, p(y)=0 et p(z)=z. Mais alors, on a d'une
partu(p(x))=u(z)et d'autre part, puisque u(y)∈ker(p) et u(z)∈Im(p) par hypothèse
:p(u(x))=p(u(y))+p(u(z))=u(z).Ainsi, u(p(x))=p(u(x)) et les deux
endomorphismes p et u commutent.
Exercice 9 - Endomorphismes annulant un polynôme de degré
2 [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit f∈L(E) et soient α,β deux réels distincts.
1. Démontrer que E=Im(f−αIdE)+Im(f−βIdE).
On suppose de plus que α et β sont non nuls et que(f−αIdE)∘(f−βIdE)=0.
2. Démontrer que f est inversible, et calculer f−1.
3. Démontrer que E=ker(f−αIdE)⊕ker(f−βIdE).
4. Exprimer en fonction de f le projecteur p sur ker(f−αIdE) parallèlement
à ker(f−βIdE).
Indication
Corrigé
Exercice 10 - Somme de deux projecteurs [Signaler une erreur] [Ajouter à ma
feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un R-espace vectoriel. Soient p et q deux projecteurs de E.
1. Montrer que p+q est un projecteur si et seulement si p∘q=q∘p=0.
2. Montrer que, dans ce cas, on a Im(p+q)=Im(p)⊕Im(q) et ker(p+q)=kerp∩kerq.
Indication
Corrigé
1. La condition est suffisante. En effet, si p∘q=q∘p=0,
alors(p+q)2=p2+p∘q+q∘p+q2=p+qet donc p+q est un projecteur.
Réciproquement, si p+q est un projecteur, alors le calcul précédent
donnep∘q+q∘p=[Link] a alors
:p∘q=p2∘q=p∘(p∘q)=−p∘(q∘p)=−(p∘q)∘p=(q∘p)∘p=q∘[Link] obtient
donc p∘q=q∘p et p∘q=−q∘p, ce qui entraîne p∘q=0 et q∘p=0.
2. Prouvons d'abord que Im(p) et Im(q) sont en somme directe. En effet,
si x∈Im(p)∩Im(q), alors x=p(x) et x=q(x) (ce sont des projecteurs)
d'où x=p(x)=p(q(x))=0.
D'autre part, il est clair que Im(p+q)⊂Im(p)+Im(q). Réciproquement,
soit z=p(x)+q(y)∈Im(p)+Im(q).
Alorsp(z)=p2(x)+p∘q(y)=p(x) et q(z)=q∘p(x)+q2(y)=q(y).Ainsi, z=(p+q)(z)∈Im(p+q).
Enfin, on a toujours ker(p)∩ker(q)⊂ker(p+q). Réciproquement, si p(x)+q(x)=0,
alors puisque Im(p) et Im(q) sont en somme directe, on a p(x)=0 et q(x)=0,
d'où x∈ker(p)∩ker(q).
Exercices théoriques sur les applications linéaires
Exercice 11 - Avez-vous compris ce qu'étaient le noyau et
l'image? [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient E,F,G trois K-espaces vectoriels, et soient f∈L(E,F) et g∈L(F,G). Démontrer
queg∘f=0⟺Imf⊂kerg.
Indication
Corrigé
Supposons d'abord que g∘f=0, et prenons y∈Imf. Alors il existe x∈E tel que y=f(x). Mais
alors, g(y)=g∘f(x)=0, et donc y∈kerg.
Réciproquement, supposons que Imf⊂kerg. Alors, pour tout x∈E, f(x)∈Imf⊂kerg, et
donc g(f(x))=0, prouvant que g∘f=0.
Exercice 12 - Endomorphismes qui commutent, noyaux et
images [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soit E un espace vectoriel et u,v∈L(E). On suppose que u∘v=v∘u. Démontrer
que ker(u) et Im(u) sont stables par v, c'est-à-dire quev(ker(u))⊂ker(u) et v(Im(u))⊂Im(u).
Indication
Corrigé
Prenons x∈ker(u). Alors u(x)=0, donc v(u(x))=0, donc u(v(x))=0. Ainsi, v(x)∈ker(u).
Prenons ensuite y∈Im(u). Alors il existe x∈E tel que y=u(x). Mais
alorsv(y)=v(u(x))=u(v(x))∈Im(u).C'est bien que v(Im(u))⊂Im(u).
Exercice 13 - Endomorphisme nilpotent et famille libre [Signaler une
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Enoncé
Soit f∈L(E) tel qu'il existe n≥1 vérifiant fn=0 et fn−1≠0. Démontrer qu'il existe x∈E tel
que la famille (x,f(x),…,fn−1(x)) soit libre.
Indication
Corrigé
Puisque fn−1≠0, il existe x∈E tel que fn−1(x)≠0. On va prouver que la
famille (x,f(x),…,fn−1(x)) est libre. Pour cela, si on aλ0x+λ1f(x)+⋯+λn−1fn−1(x)=0,on
applique fn−1 à cette égalité. Puisque fk(x)=0 si k≥n, on
obtientλ0fn−1(x)=0⟹λ0=0puisque fn−1(x)≠0. On continue en composant par fn−2, puis
par fn−3,etc... pour trouver successivement que λ1,λ2 jusque λn−1 sont nuls.
Exercice 14 - Sommes directes de noyaux [Signaler une erreur] [Ajouter à ma
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Enoncé
Soit f∈L(E). Démontrer que ker(f), ker(f−Id) et ker(f+Id) sont en somme directe.
Indication
Corrigé
Soient x∈ker(f), y∈ker(f−Id) et z∈ker(f+Id) tels que x+y+z=0. Il s'agit de prouver
que x=y=z=0. Appliquons f à la relation x+y+z=0. On trouvef(x+y+z)=y−z=[Link] applique à
nouveau f et on trouve y+z=0. On a donc le système d'équations
{
: x+y+z=0y−z=0y+z=[Link] en déduit facilement (par exemple en commençant par
faire la somme des deux dernières équations) que x=y=z=0.
Ainsi, ker(f), ker(f−Id) et ker(f+Id) sont en somme directe.
Exercice 15 - Isomorphisme [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient E,F deux espaces vectoriels et f∈L(E,F). Soit G un supplémentaire
de ker(f) dans E. Montrer que G et Im(f) sont isomorphes.
Indication
Corrigé
On définit g:G→Im(f) par g(x)=f(x). Alors :
▪ g est linéaire : c'est une conséquence directe du fait que f est linéaire.
▪ g est injective : si x∈ker(g), alors x∈G et x∈ker(f). Comme G et ker(f) sont
supplémentaires, on a x=0.
▪ g est surjective : prenons y∈Im(f). Alors y=f(x) avec x∈E.
Décomposons x en x=u+v avec u∈G et v∈ker(f).
Alors y=f(x)=f(u)+f(v)=f(u)=g(u) avec u∈G, ce qui prouve bien que g est
surjective.
Ainsi, g définit un isomorphisme de G sur Im(f).
Exercice 16 - Une caractérisation des homothéties [Signaler une
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Enoncé
Soit E un espace vectoriel et f∈L(E) tel que, pour tout x∈E, la famille (x,f(x)) est liée.
1. Démontrer que pour tout x∈E, x≠0, il existe un scalaire λx tel que f(x)=λxx.
2. Soit x,y∈E∖{0}.
1. Comparer λx et λy lorsque (x,y) est liée.
2. Comparer λx et λy lorsque (x,y) est libre.
3. En déduire que f est une homothétie.
Indication
Corrigé
1. Puisque la famille (x,f(x)) est liée, il existe (a,b)≠(0,0) tel que ax+bf(x)=0.
Puisque x≠0, on ne peut pas avoir b=0 et donc f(x)=−abx. On a le résultat
avec λx=−ab. Bien sûr, ce λx est défini uniquement, car si on
a f(x)=λ1x et f(x)=λ2x, alors (λ1−λ2)x=0 et donc λ1=λ2 puisque x≠0.
2.
1. Écrivons y=μx. Alorsμλyx=λyy=f(y)=f(μx)=μf(x)=μλxxet on peut simplifier
par μx≠0 pour prouver que λx=λy.
2. Calculons f(x+y) de deux façons différentes. D'une
part,f(x+y)=λx+y(x+y)=λx+yx+λx+yy,d'autre
part,f(x+y)=f(x)+f(y)=λxx+λ[Link] la famille (x,y) est libre, toute
décomposition d'un vecteur à l'aide de combinaison linéaire de ces
vecteurs est unique. On obtient donc λx=λy=λx+y
3. D'après les questions précédentes, tous les λx, pour x≠0, sont égaux, et
donc il existe un scalaire λ tel que, pour tout x∈E∖{0}, f(x)=λx. Ceci reste
bien sûr vrai si x=0 : f est bien une homothétie.
Exercice 17 - Factorisation d'une application linéaire
surjective [Signaler une erreur] [Ajouter à ma feuille d'exos]
Enoncé
Soient E et F deux K-espaces vectoriels et f appartenant à L(E,F).
1. On suppose qu'il existe g appartenant à L(F,E) telle que f∘g=IdF. Montrer
que f est surjective.
2. On suppose que f est surjective. On admet l'existence d'un sous-espace
vectoriel G de E tel que G⊕ker(f)=E.
1. Soit ˆf:G→F, x↦f(x). Montrer que ˆf est un isomorphisme d'espaces
vectoriels.
2. Soit g:F→E, y↦ˆf−1(y). Calculer f∘g.
3. Conclure.
Indication
Corrigé
1. Soit y dans F. Alors, y=f∘g(y)=f(g(y)), et donc f est surjective. Remarquons
que ceci ne dépend pas du tout du fait que les applications f et g sont
linéaires. D'ailleurs, il est facile de prouver qu'une application f:E→F est
surjective si et seulement s'il existe g:F→E telle que f∘g=IdF. Ce qu'il s'agit
de prouver maintenant, c'est que si f est linéaire, alors on peut choisir
aussi g linéaire.
2.
1. On montre que ˆf est injective et surjective.
▪ ˆf est injective : si x∈G est tel que ˆf(x)=0, alors f(x)=0 et
donc x∈ker(f). Comme x∈G∩ker(f)={0}, on a x=0 et donc ˆf est
injective (il est clair que ˆf est linéaire).
▪ ˆf est surjective : soit y élément de F. On sait qu'il
existe x de E telle que f(x)=y.
Décomposons x en x=x1+x2 avec x1∈ker(f) et x2∈G.
Alors f(x)=f(x1)+f(x2)=0+ˆf(x2) et donc ˆf(x2)=f(x)=y ce qui prouve
que ˆf est surjective.
2. Soit y dans F, il existe x∈G tel que y=ˆf(x).
Alors f∘g(y)=f∘ˆf−1(ˆf(x))=ˆf(x). Or x∈G donc ˆf(x)=f(x)=y. Donc f∘g=IdF.
3. Si on admet (ou si on sait) que tout sous-espace vectoriel de E admet un
supplémentaire, alors on a prouvé que f∈L(E,F) est surjective si et
seulement s'il existe g∈L(F,E) tel que f∘g=IdF.
Exercice 18 - Factorisation et inclusion de noyaux [Signaler une
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Enoncé
Dans cet exercice, on admet que dans tout espace vectoriel, un sous-espace admet
un supplémentaire.
Soient E,F deux espaces vectoriels et u,v∈L(E,F). Montrer queker(u)⊂ker(v)⟺∃f∈L(F) tel
que v=f∘u.
Indication
Corrigé
Une inclusion est immédiate : si v=f∘u, et x∈ker(u), avec v(x)=f(u(x))=f(0)=0 et
donc ker(u)⊂ker(v).
Réciproquement, supposons que ker(u)⊂ker(v). Prenons y∈Im(u). Alors y=u(x) pour
un x dans E. Nécessairement, on a v(x)=f(u(x))=f(y) et donc f doit être définie
sur Im(u) par f(y)=v(x) pour y=u(x).
On considère donc un supplémentaire S de Im(u) dans F et on définit f sur la somme
directe Im(u)⊕S par { f(y)=0 si y∈Sf(y)=v(x) si y∈Im(u) et y=u(x).Cette définition a bien un
sens. En effet, si y=u(x1)=u(x2), alors x1−x2∈ker(u)⊂ker(v) et donc v(x1)=v(x2). De
plus, f ainsi défini est bien linéaire. Il suffit de verifier la linéarité sur Im(u). Mais
prenons y1=u(x1), y2=u(x2)∈Im(u) et λ∈K. Alorsy1+λy2=u(x1)+λu(x2)=u(x1+λx2)et
doncf(y1+λy2)=v(x1+λx2)=v(x1)+λv(x2)=f(y1)+λf(y2).Ceci achève la preuve du résultat.
Exercice 19 - Factorisation et inclusion des images [Signaler une
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Enoncé
Dans cet exercice, on suppose connue la propriété suivante : si E1 est un espace
vectoriel et F1 est un sous-espace vectoriel de E1, alors il possède un
supplémentaire. Soient alors E,F,G trois espaces vectoriels, u∈L(F,G) et v∈L(E,G).
Démontrer que les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. Im(v)⊂Im(u);
2. Il existe w∈L(E,F) tel que v=u∘w.
Indication
Corrigé
▪ (ii)⟹(i) : c'est l'implication facile. En effet, si x∈Im(v), alors x=v(y)=u(w(y)) et
donc x∈Im(u).
▪ (i)⟹(ii) : commençons par réfléchir à ce que l'on souhaite... Pour x∈E, on
veut définir w(x)∈F tel que u(w(x))=v(x). Mais, puisque Im(v)⊂Im(u), alors il
existe y∈F tel que v(x)=u(y). On a envie de poser w(x)=y, ce qui donne la
bonne factorisation. Le problème c'est que plusieurs y peuvent répondre à
ce problème... On va se simplifier la tâche en considérant F1 un
supplémentaire de keru dans F. Alors u|F1 est un isomorphisme
de F1 sur Im(u). En particulier, on peut définir l'isomorphisme
réciproque f:Im(u)→F1 vérifiant u(f(x))=x. On pose alors w(x)=f(v(x)), qui a
bien un sens puisque Im(v)⊂Im(u). Ainsi, w est bien un élément de L(E,F),
et∀x∈E,u(w(x))=u(f(v(x)))=v(x).