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Introduction à la Parodontologie

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Introduction à la Parodontologie

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Dr M.

ZAGHEZ

[Link]

1 Introduction
2 Terminologie
3 Historique de la parodontologie
3.1 Les premières civilisations et l’âge classique
3.2 Epoque médiévale (Moyen âge) :
3.3 La Renaissance
3.4 Le 18ème siècle
3.5 Le 19ème siècle
3.6 Le 20ème siècle
3.7 Le 21ème siècle
Conclusion

ANNEE UNIVERSITAIRE 2017/2018


INTRODUCTION
A LA PARODONTOLOGIE

1 - Introduction
La parodontologie est la spécialité de la médecine dentaire qui s'intéresse aux tissus de
soutien des dents. Le nom donné à l'ensemble des tissus de soutien est le parodonte. Celui-ci
est constitué de 4 éléments principaux à savoir : l'os alvéolaire, le ligament parodontal, le
cément (parodonte profond) et la gencive (parodonte superficiel).
Le rôle de l'os alvéolaire est bien sûr de soutenir la dent. Le ligament parodontal assure
la fixation de la racine de la dent au sein de cet os alvéolaire. Le cément permet l'ancrage de
ce ligament à la surface de la racine. La gencive, quant à elle, assure la fonction de manchon
ou de gaine plus ou moins étanche permettant de maintenir tous les autres éléments du
parodonte à l'abri du milieu buccal.

2 - Terminologie
Nous n'avons retenu dans ce cours que les termes de base, plus ou moins particuliers à
la parodontologie.

Parodonte [periodontium ‫ ]ما حول السن‬: Le nom donné à l'ensemble des tissus de soutien de
la dent (l’os alvéolaire, le ligament parodontal, le cément et la gencive).

Parodontologie : est la science qui étudie le parodonte (parodonte superficiel et profond) du


patient du point de vue : Anatomique, Histologique, Bactériologique, Pathologique ainsi que
Thérapeutique.

Parodontie : Pratique de la Parodontologie. C’est la partie de la dentisterie qui est spécialisée


dans le traitement du parodonte,

Parodontologiste : Personne compétente en Parodontologie.

Parodontiste : Personne qui pratique la Parodontie.

Parodontologue : est un spécialiste en parodontologie qui se consacre essentiellement à la


recherche en parodontologie.

Parodontal : [periodontal ‫ محيط السن‬,‫ ] متعلق بدواعم السن‬: Qui concerne le parodonte.

Parodontopathie : Maladie du parodonte (gingivite ou parodontolyse).

Parodontolyse : Affection des tissus de soutien du parodonte entraînant une lyse progressive
de celui-ci et aboutissant à l'expulsion de la dent.

2
Parodontite : [Periodontitis ‫ ]التهاب ما حول السن التهاب دواعم السن‬: correspond à une
inflammation de l'ensemble du parodonte, qui a des conséquences sur l'équilibre bucco-
dentaire et un impact sur l'état de santé général.

Gingivite : Affection de la gencive (gingivopathie) de nature inflammatoire.

Gingivopathie : Maladie du parodonte limitée à la gencive.

3 - Histoire de la parodontologie
" On ne connaît bien une science que lorsque l’on en connaît l’histoire " a dit Auguste
Comte.

Les maladies gingivales et parodontales, sous leurs diverses formes, ont affligé l'humanité
depuis le début de l'histoire, et les études en paléopathologie ont montré que les maladies
parodontales destructives, mises en évidence par une perte osseuse, ont atteint les premiers
hommes dans diverses sociétés « comme celle de l’Égypte Ancienne et de l'Amérique
précolombienne ».

3.1 Les premières civilisations et l’âge classique :


Les données historiques les plus anciennes dont nous disposons sur des sujets médicaux
révèlent une prise de conscience de la maladie parodontale et la nécessité de la traiter. Presque
tous les premiers écrits qui ont été préservés comprennent plusieurs parties ou chapitres
consacrés aux maladies buccales, et les problèmes parodontaux y prennent une grande place.
La relation du tartre avec la maladie parodontale a souvent été étudiée, et la maladie
systémique sous-jacente a souvent été avancée comme cause de la maladie parodontale
 Il y’a 4000 ans à l’époque des pharaons le papyrus d’Ebers englobé déjà de
nombreuses références médicales évoquant les gingivopathies et les indications
pour le renforcement des dents.
 3000 ans avant J-C ; Les Sumériens ont découvert les cures dents ciselés en or
pour la pratique de l’hygiène de la bouche alors que les Phéniciens traitaient la
mobilité dentaire par des systèmes de contention.
 2500 ans avant J-C ; les ouvrages médicaux Chinois décrivaient les maladies
de la bouche. Ils étaient les premiers à utiliser le bâton à mâcher en tant que
cure dent ou brosse à dent.
 460 – 335 ans avant J-C ; Hippocrate étudia la fonction et l’éruption dentaire
ainsi que l’étiologie des parodontopathies.
 Premier siècle après J-C les Romains portaient un grand intérêt à l’hygiène
buccale en mentionnant l’usage de brosse à dent dans de nombreuses œuvres
de poètes.

3.2 Epoque médiévale (Moyen âge) :


Si la médecine et la science se sont autant intéressées au domaine de l'hygiène, la religion en
a été l'impulsion. Le Coran est le Livre Sacré le plus préoccupé par les problèmes de
l'hygiène.

3
Le prophète Mahomet (Mohamed) (570-632) va élever l'hygiène corporelle au rang de rituel.
Il préconise le nettoyage des dents à l'aide d'un bâtonnet en bois d'arak: le siwak ou souak. Le
calife Abu Bakr, beau-père et successeur de Mahomet, considérera l'usage du siwak comme
un hommage rendu à Dieu. Les disciples de Mahomet devaient obéir aux rites religieux et aux
lois de ce dernier: c'est à dire se laver les mains, le visage, le nez, les oreilles, le cou, les pieds
et la bouche, trois fois avant chacune des cinq prières de la journée.
« Si cela n'était pas un si lourd fardeau pour les croyants, je prescrirais l'usage du cure
dents avant chaque prière.»
Nous réalisons alors l'importance que représente pour les musulmans une bouche propre.
En ritualisant l'hygiène dentaire l'Islam favorise le développement de l'odontologie.

Durant le Moyen-Age, les Musulmans sont à la tête des arts et des sciences. Ils détiennent
divers parchemins, rescapés des incendies successifs de la bibliothèque d'Alexandrie et
contenant une partie des connaissances antiques. Au XIIème siècle, leur médecine surpassera
celle des Romains. L'hygiène publique connaîtra un haut degré de développement. L'hygiène
dentaire, en particulier, est recommandée: des pâtes masticatoires, des potions dentifrices et le
cure-dents sont régulièrement utilisés.
Les discussions thérapeutiques méthodiques et systématiques ne sont apparues qu'avec les
traités chirurgicaux arabes du Moyen âge. Trois grands noms dominent la médecine
musulmane: RHAZES (865-925), ABULCASSIS (936-1013) et AVICENNE (980-1037).
 RHAZES ‫ الرازي‬Le plus considérable et le plus important de ses ouvrages est
le «Haouy)) ou « Continent). C'est un vaste répertoire de la médecine ancienne
et moderne. Grand alchimiste et admirateur de la médecine grecque, très
intéressé par l'hygiène dentaire, il conseilla l'utilisation après chaque repas du
siwak (bâtonnet à mâcher) et des poudres dentifrices dont il existait de
nombreuses formules, ainsi que les bains de bouche. Il recommande
l’utilisation d’opium, d’huile de rose et de miel dans le traitement des
parodontopathies afin de raffermir les dents rendues mobiles, il conseilla
l’usage de bain de bouche astringents et de poudre dentifrice. Ecrivain
prolifique, il consacra aux dents plusieurs chapitres dans son livre « Al
fakkir ».
Il conseille de :
« Ne pas casser de choses dures avec les dents. Ne pas manger de choses
visqueuses ou gélatineuses. Se nettoyer les dents après chaque repas, pour que
les aliments ne restent pas entre elles, ce qui occasionnerait leur pourriture. Se
laver la bouche après avoir bu du lait. Ne pas boire froid après avoir bu
chaud».
 ABU AL-QASIM, ou Abū al-Qāsim Khalaf ibn Abbās al-Zahrāwī de son nom
complet (en arabe : ‫)أبو القاسم بن خلف بن العباس الزهراوي‬, connu en Occident sous le
nom d'Abulcasis (936 – 1013) est l'un des plus grands chirurgiens du monde
musulman. Dans son encyclopédie médicale à 30 volumes, appelée al-Tasrif
(‫ ; كتاب التصريف لمن عجز عن التأليف‬Le Livre de la méthode [médicale] pour celui
qui paresse d'écrire. Le livre XXX se trouve consacré à la chirurgie dentaire. Il
reconnut qu’il existait une relation entre le tartre et les gingivopathies et mit au
4
point toute une série d’instruments destinés au détartrage des dents, dont
certains sont encore utilisés aujourd'hui. Avec minutie l'auteur y décrit les
instruments et indique leur spécificité. Il a laissé à la postérité une description
précise et détaillée des instruments qu'il utilisait, accompagnée de croquis.
Telle rugine sera réservée au raclage des dents par l'intérieur tandis que telle
autre servira à effectuer un travail identique à partir de l'extérieur. Il est
considéré comme le père fondateur de la chirurgie moderne.

Il a écrit : « Il arrive que, sur la face interne et externe des dents, tout comme
sous les gencives, on observe un dépôt de croûtes rugueuses, d'aspect hideux,
de couleur noire, verte ou jaune. C'est ainsi que la corruption se communique
aux gencives, et que les dents sont petit à petit, dénudées... ».

Illustration d’Abu Al-Qasim de l’instrumentation parodontale mentionnant


les grattoirs (sc) et autres instruments pour les soins dentaires

5
D'après lui, le détartrage nécessite plusieurs séances et une assez grande
variété d'instruments: il n'en utilise pas moins de 14 dont les plus importants
sont les rugines ; la position qu'il préconise sera employée jusqu'au XVIIIe
siècle.
 AVICENNE (‫)ابن سينا‬, Son Canon Le Kitab Al Qanûn fi Al-Tibb (« livre des
lois médicales ») est l'œuvre médicale majeure d'Avicenne est composé de 5
livres. Il rencontra un grand succès.
 Les européens du XIIe au XVIIe siècle ramenèrent de l'Orient le Canon de la
Médecine, qui influença la pratique et l'enseignement de la médecine
occidentale.
Il décrivit toutes les maladies connues de son temps, il ne négligea pas l'art
dentaire et donna des conseils encore d'actualité.
3.3 La Renaissance
 L'œuvre d’Albucassis a été développée au cours du quinzième siècle par
l'auteur turc Serefeddin Sabuncuoglu (1385-1468), qui comprenait des
illustrations de l'élimination chirurgicale de la gencive hypertrophique et
l’ablation du frein lingual.
 1382 – 1417 ; Valescus de Montpellier affirma que pour traiter les
gingivopathies, le tartre devrait être enlevé petit à petit avec des instruments
métalliques.
 Paracelsus (1493-1541) a développé une théorie intéressante et inhabituelle de
la maladie: la doctrine du calcul. Paracelsus a reconnu la formation extensive
de tartre sur les dents et l'a rapporté au mal de dents.
 apparition en 1498 de la première brosse à dents. Le véritable ancêtre de notre
brosse à dents serait une invention chinoise du XVème siècle. Vers l'an 1500,
les Chinois ont imaginé la brosse avec soies et manche, telle ou à peu près, que
nous la connaissons aujourd'hui. Cette brosse à dents était ainsi conçue: des
poils de cou d'un sanglier de Sibérie étaient assemblés et fixés à une branche
de bambou ou à un os.
 Andreas Vesalius (1514-1564), né à Bruxelles, a enseigné à l'Université de
Padoue et a écrit un livre sur l'anatomie qui comprenait de nombreuses
illustrations exemplaires.
 Bartholomeus Eustachius (1520-1574) de Rome était un autre anatomiste
exceptionnel qui a écrit un Petit livre sur la dentisterie, Libellus de Dentibus
("Un petit traité sur les dents"), qui contenait 30 chapitres. Il s'agissait du
premier livre original sur les dents, et comprenait une description des tissus
parodontaux ainsi que des informations sur les maladies de la bouche, leurs
modalités de traitement, et la justification du traitement. Pour le traitement de
la parodontite, Eustachius a recommandé à la fois détartrage et le curetage du
tissu de granulation afin que le réattachement réel des tissus gingivaux et
parodontaux puisse avoir lieu.
 Le Français Ambroise Paré (1509-1590) était le chirurgien exceptionnel de la
Renaissance et ses contributions aux soins dentaires et la chirurgie

6
comprenaient une gingivectomie pour les tissus gingivaux hyperplasiques. Il a
également compris l'importance étiologique du calcul (tartre) et utilisé un
ensemble de détartreurs (grattoirs en anglais : scalers) pour enlever les dépôts
durs sur les dents.
 Le médecin italien, le mathématicien et le philosophe Girolamo Cardano
(1501-1576) semble avoir été le premier à classifier les maladies parodontales.
Dans une publication datée 1562, il mentionne un type de maladie qui se
produit avec l'avancement de l’âge et conduit à une mobilité progressif et à une
perte de dent, ainsi qu'à un deuxième type très agressif qui se produit chez les
patients plus jeunes. Ce n’est qu’au vingtième siècle que cette classification a
été redécouverte et devenue largement acceptée.
 Anton van Leeuwenhoek (1632-1723) de Delft, en Hollande, était un profane,
mais il avait un esprit curieux et un passe-temps de meulage des lentilles qui
lui ont permis de développer le microscope. Il l'a utilisé pour découvrir les
microorganismes, la structure cellulaire, les cellules sanguines, les
spermatozoïdes, et diverses autres structures microscopiques, y compris le
tubulaire structure de la dent dentaire. À l'aide de matériel de sa propre bouche,
Leeuwenhoek a d'abord décrit la flore bactérienne orale et ses dessins ont
offert une bonne présentation des spirochètes oraux et des bacilles. Il a même
effectué des expériences anti-plaque impliquant l'utilisation de vinaigre fort
dans sa propre bouche et in vitro sur les bactéries dans un plat.

3.4 Le 18ème siècle


 Au début du 18ème siècle ; la dentisterie montre les premiers signes de curiosité
scientifiques modernes de la recherche. Pierre Fauchard (1678 – 1761) père de la
dentisterie moderne discuta plusieurs aspects de la parodontologie en fabriquant de
nombreux instruments de détartrage, des dentifrices, des bains de bouches et des
attelles pour dents mobiles.
Dans son célèbre ouvrage « Le Chirurgien Dentiste ou Traité des dents», Pierre
Fauchard montre admirablement l'importance des dents: « L'homme naturellement
attentif au soin de sa santé néglige, par un contraste singulier, ce qui y contribue
évidemment, je veux dire la conservation des dents, et cette négligence devient très
nuisible: car enfin, la santé dépend de la digestion des aliments, qui ne peuvent être
bien digérés s'ils ne sont auparavant bien broyés ». « Si les dents sont très importantes
pour la conservation de la santé, elles sont absolument nécessaires pour l'agrément de
la voix, la prononciation du discours, l'articulation des mots et l'ornement du visage».

On lui doit la description de la parodontite (maladie de Fauchard) dans laquelle il


reconnaît le rôle du tartre et de l'hygiène. Il montre les méfaits du tartre: « La cause la
plus ordinaire de la perte des dents est la négligence de ceux qui ne se les font pas
nettoyer lorsqu'ils le peuvent, et qu'ils s'aperçoivent du séjour de cette substance
étrangère qui produit des maladies aux gencives ». «Si l'on tarde à se la faire ôter,
elle s'insinue entre les gencives et les dents, et, par son séjour, elle gonfle et dilate les
gencives. De là vient que par la suite, les dents étant déchaussées, elles deviennent
7
chancelantes et cèdent au moindre attouchement» Il conseille de se faire retirer
régulièrement le tartre chez le dentiste, acte qui pour d'autres est réputé nocif car censé
rayer les dents.

C'est en 1780 qu'apparaît la première brosse à dents moderne comme


nous la concevons aujourd'hui. Elle fut créée par un papetier relieur anglais,
William Addis (1734-1805) pour son usage personnel. Elle comportait un manche
en os, et des poils en soie de porc s'inséraient dans des trous pratiqués dans la tête
et s'attachaient au moyen de fils. Elle comptait quatre rangs de touffes et trente-huit
touffes au total. Par la suite, Addis gagna une grande notoriété et se consacra à la
fabrication artisanale de la brosse à dents, en créant sa firme à Londres en 1780.
 Le XVIIIème siècle est essentiellement marqué par les œuvres de Pierre Fauchard et
de ses contemporains (Claude Gérauldy, L'Ecluze, Le Grand Thomas, Jean Hébert.
[Link], [Link], Sieur Wesley, [Link], Isaac Greenwood, Josiah Flagg,)
Ces spécialistes abordent enfin 1'hygiène sous son aspect préventif. Tout raisonnement
est justifié et basé sur des observations cliniques. On s'aperçoit que la description du
tartre est devenue beaucoup plus fine et on peut reconnaître nombre de phénomènes
aujourd'hui bien connus: gingivite, saignements gingivaux, abcès parodontal, poches
parodontales, dénudations radiculaires puis mobilité et inversion du rapport clinique
couronne/racine. La brosse à dents a connu un essor important au XVIIIème siècle. Il
y eut une certaine prise de conscience de la part de la société sur les problèmes de
l'hygiène dentaire, qui finiront par entraîner des changements sur les méthodes et les
moyens employés, surtout vers la fin du siècle. A cette période, les bases de la
prévention bucco-dentaire semblent posées, au moins dans les vœux des
professionnels. On cite l'hygiène individuelle régulière, l'éducation des enfants et la
motivation des parents, la nécessité d'une alimentation équilibrée, les visites régulières
chez le dentiste, le détartrage.
 John Hunter (1728-1793) était le plus distingué anatomiste, chirurgien et pathologiste
de l'Angleterre du XVIIIe siècle, a écrit un excellent traité sur la dentisterie intitulé
L'histoire naturelle des dents humaines « The Natural History
of the Human Teeth ». Il a offert des illustrations remarquablement claires de
l'anatomie des dents et leurs structures de soutien, et il a décrit les caractéristiques des
maladies parodontales. En 1778, Hunter décrit les caractéristiques cliniques de la
gingivite ulcéro-necrotique et l'a différencié du scorbut et de la parodontite chronique.
 Un contemporain de Hunter, Thomas Berdmore (1740-1785), a été considéré comme
le dentiste exceptionnel en Angleterre. En 1770, il publia un livre qui avait plusieurs
chapitres consacrés aux problèmes parodontaux.

3.5 Le 19ème siècle


Le XIXème siècle, surtout dans sa seconde moitié, fut marqué par de
nombreuses mutations d'ordre technique et scientifique dans les pays développés
(Europe et Amérique notamment). Il y aura, d'une part, la révolution industrielle qui
élèvera le niveau de vie, créera de nouveaux besoins et permettra d'importants progrès

8
techniques, et d'autre part, une poussée scientifique avec principalement les travaux de
Louis Pasteur (1822-1895) qui permettront par la suite d'établir une étiologie
rigoureuse de la carie dentaire et de réfuter totalement cette théorie du ver qui était si
tenace depuis le Moyen Age. A partir de là, de nombreux auteurs firent le
rapprochement entre la prophylaxie de la carie dentaire et l'importance d'une bonne
hygiène dentaire.

La maladie parodontale fut décrite en détails. Le traitement moderne reposant sur des
textes illustrés et une instrumentation sophistiquée, commence à se développer.

 Au XIXème siècle, les dépôts mous et la plaque furent décrits par divers auteurs qui
leur donnèrent des noms différents:
Ficinus (1840) : membrane dure
Leber (1869) : enduit gluant
Williams (1897) : masse feutrée
Black (1898) : plaque microbienne gélatineuse.

 C'est donc grâce à Black, dont le nom reste attaché à presque tous les domaines de la
dentisterie qu'apparaît le terme de plaque microbienne. Une théorie est née dans la
deuxième moitié du XIXème siècle: elle révèle que la carie est le fruit d'une action
d'ordre chimique combinée à une action parasitaire.
 En 1890, à Berlin, les travaux de l'Américain Willoughby. D. Miller (1859-1907) sur
les micro-organismes buccaux permirent de mettre en évidence; que, d'une part, les
bactéries transformaient les sucres de l'alimentation en acides et que, d'autre part, ces
acides provoquaient une dissolution de l'émail et de la dentine. Il a pu démontrer in
vitro que les dents pouvaient être attaquées par la flore microbienne salivaire s'il y
avait présence de glucides. Il déclara notamment: « Le début de la carie est un
phénomène chimique (décalcification) et secondement un processus pathologique
(mortification du tissu et destruction des fibres de la dentine) ». La théorie de Miller
est la base de notre compréhension actuelle des mécanismes d'action de la plaque
cariogène.
 Au milieu du XIXe siècle, John W. Riggs (1811-1885) peut donc être considéré
comme le premier spécialiste dans le domaine de la parodontologie aux Etats-Unis; en
fait, à l'époque, la parodontite était connue comme «maladie de Riggs». Riggs semble
avoir été le premier individu à limiter sa pratique à la parodontie. Riggs était un
fervent partisan de l'approche dite conservatrice de thérapie parodontale; il a
développé le concept de la prévention et la prophylaxie orale.
 Riggs et ses disciples ont eu une grande influence sur la profession dentaire. Parmi les
partisans de Riggs, il y avait L. Taylor, D.D. Smith, R.B. Adair et W.J. Young. Les
instruments conçus par Younger et plus tard modifié par son élève Robert Good ont
été utilisés largement jusqu'à bien au-delà du milieu du vingtième siècle.

9
 La découverte de la radiographie par le physicien allemand Wilhelm Röntgen (1845-
1923, également écrit comme Roentgen) en 1895 a modifié la pratique de la
dentisterie en général et de la parodontie en particulier.
 Également à la fin du XIXe siècle, des études de Rudolph Virchow (1821-1902), Julius
Cohnhein (1839-1884), Elie Metchnikoff (1845-1916) et d'autres ont commencé à
révéler les changements microscopiques qui se produisent lors de l'inflammation. Cela
a permis de comprendre la pathogenèse de la maladie parodontale sur la base d'études
histopathologiques. The Russe N.N. Znamensky a décrit l'interaction complexe des
facteurs locaux et systémiques dans l'étiologie de la maladie parodontale. Ses
observations et ses concepts ont été résumés en 1902 dans un article classique dans
lequel il a décrit la présence de gencive enflammée d'un infiltrat cellulaire qui s'étend
plus profond à mesure que la maladie progresse, provoquant ainsi la résorption
osseuse associée aux cellules multi-nucléées (ostéoclastes) et des lacunes de Howship.

 Le premier individu à identifier les bactéries comme cause de la maladie parodontale


semble avoir été le dentiste allemand Adolph Witzel (1847-1906). Le premier véritable
microbiologiste oral, cependant, était l'Américain Willoughby D. Miller (1853-1907),
dont les activités professionnelles ont eu lieu à Berlin, où il a entrepris une carrière de
recherche qui a introduit des principes de bactériologie modernes pour la dentisterie.
Bien que ses plus grandes réalisations soient dans le domaine de la recherche des
caries, dans son livre classique, The Microorganisms of the Human Mouth, qui a été
publié en 1890, il a décrit les caractéristiques de la maladie parodontale et a considéré
le rôle des facteurs prédisposants, les facteurs irritatifs et les bactéries dans leur
étiologie. Il croyait que le la maladie n'a pas été causée par une bactérie spécifique
mais par un complexe de diverses bactéries ensemble qui sont normalement présentes
dans la cavité buccale. Ceci constitue ce qu'on appelait plus tard hypothèse de la
plaque non spécifique, qui n'a pas été contestée pendant sept décennies.
 La plaque bactérienne a été décrite par J. Leon Williams (1852-1932), un dentiste
américain qui a pratiqué à Londres et qui en 1897 a décrit une accumulation
gélatineuse de bactéries adhérentes à la surface de l'émail par rapport aux caries.
 En 1899, G.V. Black (1836-1915) a inventé le terme plaque microbienne gélatineuse.
 Salomon Robicsek (1845-1928) est né en Hongrie et a pratiqué la dentisterie à Vienne.
Il a développé une technique chirurgicale (la gingivectomie) qui consistait en une
excision continue de feston avec exposition de l'os marginal pour le curetage et le
remodelage.
 En 1901, la première description d'un éventuel rôle de traumatisme de l'occlusion et le
bruxisme dans la maladie parodontale est attribuée au dentiste autrichien Moritz
Karolyi (1865-1945), qui a également recommandé sa correction en meulant les
surfaces occlusales et en préparant des plaques mordues (gouttières).
 Hyacinthe Jean Vincent (1862-1950), un médecin français travaillant à l'Institut
Pasteur à Paris et Hugo Carl Plaut (1858-1928) en Allemagne ont décrit le bacille
spirille et fusiforme (spirochète) associé à ce qui est devenu plus tard l'angine de

10
Vincent. En 1904, Vincent a décrit la présence de ces organismes dans la gingivite
ulcero-nécrotique.

3.6 Le 20ème siècle


Le début du 20ème siècle vit le développement d’un groupe très prolifique de cliniciens
et de chercheurs qui s’intéressent à la parodontologie. Au cours du premier tiers du
XXe siècle, la parodontie a prospéré en Europe centrale, avec deux grands centres
d'excellence: Vienne et Berlin.

 L'école de Vienne a développé les concepts histopathologiques fondamentaux sur


lequel la parodontie moderne a été construite. Le représentant principal de ce groupe
était Bernhard Gottlieb (1885-1950), qui a publié de vastes études microscopiques de
la maladie parodontale chez les spécimens d'autopsie humaine. Ses principales
contributions sont apparues dans la littérature allemande dans les années 1920 et ont
décrit la fixation de l'épithélium gingival à la dent, l'histopathologie de la maladie
parodontale inflammatoire et dégénérative la maladie, la biologie du cément, l'éruption
active et passive des dents et l'occlusion traumatique. Un livre publié en 1938 par
Gottlieb et Orban a présenté une revue complète en anglais des concepts développés
par Gottlieb et ses collègues à Vienne. Un contemporain plus jeune de Gottlieb à
Vienne était Balint J. Orban (1899-1960), qui a effectué des études histologiques
approfondies sur les tissus parodontaux. Ces études servent de base à une grande
partie de la thérapie actuelle. D'autres membres de l'école viennoise étaient Rudolph
Kronfeld (1901-1940), Joseph P. Weinmann (1889-1960) et Harry Sicher (1889-
1974). Tous ces scientifiques ont émigré aux États-Unis au cours des années 1930 et
ont contribué grandement aux progrès de la dentisterie américaine.
 Le groupe de Berlin était composé principalement de cliniciens qui ont développé et
perfectionné l'approche chirurgicale de la thérapie parodontale. Parmi ceux-ci, Oskar
Weski et Robert Neumann ont été les plus remarquables.
 Weski (1879-1952) a mené des études pionnières qui ont corrélé les changements
radiographiques et histopathologiques chez les patients atteints de maladie
parodontale. Il a également conceptualisé le parodonte comme formé par le cément, la
gencive, le ligament parodontal et l'os, et il lui a donné le nom de paradentium ; Cela a
été modifié plus tard pour des raisons étymologiques au parodontium, terme qui est
encore utilisé en Europe.
 Neumann (1882-1958), dans un livre publié en 1912 (avec de nouvelles éditions en
1915, 1920 et 1924), décrit les principes de la chirurgie parodontale à lambeau, y
compris l’ostéoplastie tel qu'elle est actuellement connue. D'autres cliniciens qui ont
décrit la chirurgie à lambeau au début du vingtième siècle étaient le suédois Leonard
Widman (1871-1956) et le polonais A. Cieszynski.

 Aux États-Unis, avant la Seconde Guerre mondiale, importantes contributions à la


chirurgie parodontale ont été réalisés par A. Zentler, J. Zemsky, G.V. Black, O.
Kirkland, A.W. Ward, A.B. Crane, H. Kaplan et d'autres.

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 L'approche non chirurgicale a été défendue par Isadore Hirschfeld (1882-1965) de
New York, qui a écrit des articles classiques sur l'hygiène bucco-dentaire, les facteurs
locaux et d'autres sujets. En 1913, Alfred Fones (1869-1938) a ouvert la première
école pour les hygiénistes dentaires en Bridgeport, Connecticut.

 Les États-Unis et la Scandinavie ont pris des rôles de premier plan dans la recherche
parodontale basique et clinique pendant et après les années 1950, avec des progrès
majeurs dans les domaines de la pathologie expérimentale, de la microbiologie, de
l'immunologie et de la thérapie.
 Aux États-Unis, cinq personnes ont mené les efforts pour faire progresser notre
compréhension des processus pathologiques et des approches techniques nécessaires
pour y remédier: Irving Glickman (1914-1972), Henry M. Goldman (1911-1991),
Balint J. Orban (1899-1960), Sigurd P. Ramfjord (1911-1997) et Helmut A. Zander
(1912-1991). Dans le domaine clinique, l'influence de John Prichard (1907-1990) et
de Saul Schluger (1908-1990) a conduit à de nouveaux concepts et de nouvelles
orientations dans la poursuite de la clinique le succès et l'excellence. La figure
principale du groupe scandinave était Jens Waerhaug (1907-1980) d'Oslo, en
Norvège, dont la dissertation The Gingival Pocket (1952). Cette recherche a ouvert
une nouvelle ère dans la compréhension de la biologie du parodonte et la gestion des
problèmes parodontaux.

 Les générations suivantes ont centré leur attention sur le rôle des microorganismes et
la réponse de l'hôte, y compris sa défense et ses aspects destructeurs. Plusieurs ateliers
et conférences internationales ont résumé les connaissances existantes concernant les
aspects biologiques et cliniques de la parodontologie. Il faut mentionner ceux qui
étaient menée en 1951, 1966, 1977, 1989, 1996, 1999 et 2008, qui étaient coparrainés
et publiés par l'American Academy of periodontology (AAP).

 L'American Academy of Periodontology, qui a été fondée en 1914 par deux femmes
parodontologues, Grace Rogers Spalding (1881-1953) et Gillette Hayden (1880-
1929), est devenu le leader dans la parodontie organisée. Sa publication scientifique
mensuelle, Journal of periodontology, présente toutes les avancées actuelles dans cette
discipline. L’Académie Américaine de parodontologie (AAP) est actuellement
l'organe directeur de parodontologie aux États-Unis. La parodontie a été reconnue
comme une spécialité de la dentisterie par l'American Dental Association en [Link]
programmes d'études ont été établis dans le monde entier depuis les années 1940, et la
parodontie est aujourd'hui l'une des spécialités dentaires reconnues au monde.

 En Europe, les sociétés de parodontologie se sont associées pour former la Fédération


Européenne de Parodontologie (EFP), qui se réunit régulièrement chaque 4 an
« Europerio ». Leur publication officielle est le Journal of Clinical periodontology.
Autres revues scientifiques périodiques en anglais comprennent Journal of
Periodontal Research, Periodontology 2000, et International Journal of Periodontics

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et Restorative Dentistry. En ce qui concerne les revues dans d'autres langues, Journal
de Parodontologie (France), Periodoncia (Espagne) et Journal de l'Association
japonaise de parodontologie méritent d'être mentionnée.

3.7 Le 21ème siècle


La parodontologie est devenue une discipline médicale et qui s'est beaucoup
développée durant ces dernières années. Elle a été marquée par l'apparition de
nouveaux concepts concernant l'étiopathogénie des maladies parodontales, leurs
moyens de diagnostic et de traitement, notamment : La compréhension de l'étiologie et
des mécanismes de développement des maladies parodontales ; le développement de la
notion de risque parodontal et de prédisposition aux maladies parodontales ;
L'apparition du concept de médecine parodontale et des répercussions systémiques des
maladies parodontales ; le développement de nouveaux moyens de diagnostic
microbiologiques, immunologiques et génétiques ; le développement du concept du
traitement non chirurgical en tant que traitement en soi et son orientation vers les
traitements médicamenteux adjuvants ; l'émergence de nouvelles thérapeutiques de
modulation de la réponse de l'hôte ; a mise au point de protocoles chirurgicaux, les
lambeaux, la chirurgie mucogingivale, puis la rationalisation de la chirurgie plastique
parodontale ; et l'évolution des connaissances sur les processus de cicatrisation des
tissus parodontaux et le développement des techniques régénératrices.

Conclusion
La parodontologie telle que nous la connaissons est née au 18ème siècle, a connu son
âge professionnel au 19ème siècle et est devenue pleinement présentée sous sa forme actuelle
au 20ème siècle. Au cours des siècles, nos prédécesseurs ont progressé avec des réalisations et
des découvertes remarquables; mais ils n'ont pas hésité à affronter les nouveaux défis qui ont
marqué ces étapes.
Les temps changeants apportent de nouvelles questions nécessitant une
compréhension, un raffinement et une intégration dans l'art et la science de la parodontologie.
Et pourtant, aujourd'hui, la parodontologie doit faire face aux mêmes questions que nos
ancêtres: comment intégrer les percées technologiques de pointe; comment structurer
l'éducation et l’enseignement de cette spécialité; et les questions permanentes, de la santé
publique, de la responsabilité professionnel et de la recherche médicale pour le
développement de la parodontologie.

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