CHAPITRE PREMIER : LES CONSIDERATIONS GENERALES
Section I : Définitions des concepts clés et apparentés
[Link] : Définition et Notion
« La politique d’un pays est dans sa géographie » disait Napoléon. On peut dire la même chose à propos
de la RDC et ses voisins. La géographie impose le voisinage.
Le mot voisinage a pour origine le vocable voisin qui provient du latin « vecinus », de « vicus » qui
signifie bourg, quartier. Quoi de plus proche que les habitants du quartier. Dans ce « village planétaire »,
tout le monde n’est-il pas voisin de tout le monde ? Le voisinage dans son acceptation première c’est
l’état de proximité géographique qui, de nos jours tend à se dilater, à se mondialiser.L’espace et le
temps se rejoignent comme l’avait démontré en d’autres temps Albert Einstein[1].
Le voisinage est un état de fait qui impose des obligations et crée des droits dans le chef des voisins.
C’est une institution coutumière qui trouve ses premières manifestations dans le droit romain et qui
sera transplantée progressivement dans les autres branches du droit : droit civil, droit administratif,
droit international, droit de l’environnement, etc.[2]
Le voisinage peut désigner en droit international public une situation statique (par exemple l’édification
d’un mur, ou l’instauration d’une zone démilitarisée) ou à l’inverse une dynamique mais à des degrés
divers. Au minimum les voisins échangeront des informations, mieux se concerteront, le plus souvent
s’engageront dans une coopération plus ou moins étendue dans son objet : de longue date, les douanes,
la police,la circulation des travailleurs frontaliers, et plus récemment la protection de l’environnement,
voire dans la gestion commune d’espaces ( fleuves transfrontaliers avec ou non des organisations
communes de mise en valeur ou des agences de bassin ) ou dans celle de services (aéroports, gares
ferroviaires) et moins encore dans le partage des espaces et des ressources naturelles qui se heurte aux
tensions et conflits récurrents comme au Proche-Orient, où les projets unilatéraux de la Turquie et de la
Syrie n’ont pu s’étendre à l’Irak[3]
Si l’on s’interroge sur la définition du voisinage en droit privé, on constate que le mot peut revêtir au
moins deux significations.
Dans un premier sens, le voisinage est le caractère de ce qui est voisin, c’est-à-dire proche. Le droit
n’ignore pas ces relations de proximité, qui peuvent se présenter sous deux aspects. Au titre de la
proximité juridique, la propriété littéraire et artistique connaît ainsi la catégorie des “droits voisins” du
droit d’auteur. Quant à la proximité matérielle, elle se dédouble. Est tout d’abord voisin ce qui est
proche dans le temps : ainsi, il y a flagrance si, dans un temps très voisin de l’infraction, une personne
est, notamment, poursuivie par la clameur publique (article 53 du code de procédure pénale). Est
ensuite voisin ce qui est proche dans l’espace : le droit des baux se réfère ainsi aux loyers pratiqués dans
le voisinage ; le droit commercial interdit au vendeur d’un fonds de commerce de se rétablir dans le
voisinage. Dans un second sens, le voisinage désigne le fait d’être voisins, c’est-à-dire d’habiter à côté -
ou plus précisément, dans le code civil, d’être propriétaires de parcelles voisines, c’est-à-dire contiguës.
Le code civil, en effet, n’envisage le fait du voisinage qu’au titre du droit de propriété, donc dans les
rapports entre propriétaires voisins[4].
Dans le cadre de notre étude, nous pouvons distinguer deux types de voisinage :
Le voisinage pacifique
Dans ce cadre, les relations de bon voisinage générant une coopérationpourrait s’illustrer par exemple
par celles de la France et du Royaume dans le Channel/Manche où le trafic maritime fait l’objet
d’accords bilatéraux et d’actions conjointes dans le cadre de l’OMI. Comme le relève d’ailleurs David
Heywood Anderson, jug
Tel est le cas dans les relations de la RDC avec ses voisins immédiats. Les relations de bon-voisinage sont
devenues une priorité des relations extérieures de la RDC depuis son indépendance jusqu’à nos jours.
Elle est la politique de la sécurité frontalière avec ses voisins que la République du Zaïre avait développé
pour stabiliser ses relations avec les pays limitrophes.
Lapolitique de bon voisinage, trouve sa source d’inspiration dans le droit international, mais s’en
distingue nettement. Il ne s’agit pas simplement de la bonne intelligence, la bonne entente, la bonne
coopération entre voisins, en somme de l’établissement de relations amicales. C’est plus, plus que
l’établissement d’une simple « communauté de voisinage » C’est, l’intégration progressive,
protéiforme, complexe, des voisins.
2.2. Panorama de la politique de bon voisinage de la RDC
Les faiblesses institutionnelles de la RDC ont entrainé un vide de puissance ayant incité les autres
voisins à appuyer différentes fractions armées congolaises. En effet, à cause des différentes crises
politiques, le Congo se trouvait dans une mauvaise posture. Il n’y a pas eu de rupture des relations
diplomatiques entre le Congo et les Etats voisins. Mais ceux-ci se sont résolus à affaiblir le pays (le
Congo) par le soutien de telle ou telle autre rébellion. Ainsi, c’est avec tous les pays limitrophes que le
Congo a eu des démêlés diplomatiques qui refroidissent leurs rapports normaux.
A la tête de l’Etat, depuis novembre 1965, ce contexte politico diplomatique a conduit le président
Mobutu à arrêter le principe de bon voisinage dans la politique étrangère de la RDC (ex-Zaïres). Ce
principe est à interpréter comme une stratégie destinée à affaiblir les bases arrière des mouvements
révolutionnaires armés qui attendent fragiliser le nouveau régime à partir des pays limitrophes. Il
impliquait que la RDC (ex-Zaïre) veuille entretenir des relations cordiales et de coopération avec tous les
pays voisins de manière à promouvoir la coexistence pacifique et à éviter les initiatives de déstabilisation
entre elle et les pays limitrophes.
Il convient de noter que grâce à ce principe, la RDC (Ex-Zaïre) a récolté des bons fruits diplomatiques
tout en brisant l’isolement diplomatique dans lequel le pays était plongé. Ainsi, il y a eu l’organisation de
plusieurs réunions ou sommets dans la capitale du pays. C’est le cas de la 4e session de la conférence
des Chefs d’Etats et de gouvernement de l’OUA en 1967 à Kinshasa, c’est également le cas de la session
de la conférence des Chefs d’Afrique centrale et orientale (CEACO) tenue la même année à Kinshasa sur
le thème de la sécurité en Afrique centrale.
Ce principe a aidé le régime du président Mobutu à renforcer la sécurité à ses frontières, c’est dans
ce cadre que la RDC a institué avec le Rwanda et le Burundi, la CEPGL qui a tourné surtout comme une
machine sécuritaire que comme une machine de développement économique des Etats membres.
Toutefois, le président Mobutu a fait un autre usage de ce principe, que le professeur Ngoy Tshibambe
qualifie de mauvais, celui d’être le leader et le grand frère et de pénétrer les autres Etats pour en
orienter la ligne de conduite.
En effet, dans le jeu de rivalité est-ouest à l’époque, le président Mobutu entant que fidèle allié du
camp occidental a voulu jouer un rôle de relais dans la lutte anticommuniste dans la sous-région. En
Angola, le régime Zaïrois a joué le rôle de déstabilisation en soutenant le mouvement pro-occidentaux
opposés au régime tenu par le mouvement populaire pour la libération de l’Angola obédience marxiste-
soviétique. Ce comportement politique du président Mobutu a eu comme conséquence les mauvaises
relations de certains Etats limitrophes avec la RDC après l’effondrement des régimes soutenus par le
président Mobutu. C’est cela qui explique,
Ces principes ont permis à la RDC de sauvegarder son unité nationale et d’établir les relations amicales
avec les autres Etats constituant la communauté internationale. Le bon voisinage en a fait partie pour la
sécurité et sa stabilité du pays.
Sous la deuxième république, le bon voisinage prôné par le président MOBUTU, estconçu comme
politique de la sécurité frontalière avec ses voisins que la République du Zaïre avait développé pour
stabiliser ses relations avec les pays limitrophes. A cette époque, le pouvoir met en place deux
tripartites; la première constituée de la Zambie, l’Angola et le Zaïre et la deuxième par le Burundi, le
Rwanda et le Zaïre et qui aboutira par la création de la communautééconomique des pays des grands
lacs en sigle CEPGL.
En principe, cette politique s’inscrit droit dans le cadre de la sécurité des Etats membres de
l’organisation mais il semble s’accorder ici qu’il s’est agi simplement de la sécurité de 3 chefs d’Etats au
pouvoir à l’époque entre autre MOBUTU, BAGAZA et Habyarimana.
Avec la chute du président BAGAZA et la mort du président Rwandais HABYARIMANA, la donne change
car les pouvoir en place dans ces deux Etats vont subir des conflits qui en plus d’être interne vont subir
l’influence de la faiblesse des frontières congolaises et par ricochet va s’étendre jusqu’en RDC d’où une
fragilité de cette politique pour la RDC qui se verra attaquer par des éléments venant de Etats faisant
partie de la convention sur le bon voisinage entre autre le Rwanda et le Burundi.
La CEPGL à l’époque ou alors les Etats membres de la CEPGL poursuivaient leurs objectifs en
respectant les normes de la diplomatie.
En date du 20 mars 1967, les trois Etats membres de la communauté : Burundi, Rwanda et Zaïre (RDC)
avaient signé la déclaration de Goma par laquelle ils s’engageaient à développer leur coopération ;
depuis cette date il y eu de nombreuses réunions destinées à asseoir la coopération.
Dans la sous-région des grands lacs l’usage de la diplomatie parait théorique. Les Etats liés par la
convention du 20 septembre 1976 de GISENYI signaient entre eux des accords et traités non appliqués
sur le terrain.
La conférence au sommet de Gisenyi de 1967 aboutira à la « résolution de Gisenyi » confirmant
cette volonté de coopérer par la suite.
Entre 1970 et 1976, une série de réunions aboutira à la signature des nombreux instruments de
coopération. En 1971, un organe tripartie siégeant à Kigali sera adopté, de même que quelque huit
accords et conventions signées en 1975 et régissant les multiples domaines économiques. Ici chaque
pays émettait ses idées pour réaliser un objet commun. Les effets et faits produits de la CEPGL était
communs. Mais aujourd’hui chaque pays de la sous-région a connu et poursuit son propre processus de
la normalisation politique qu’elle soit interne ou internationale.
Signalons cependant que pendant la période de la transition qui va de 1990 à 1997, c’est la continuité
sur le plan de la prise de décision et de l’action extérieure de la deuxième République; seulement que la
gestion de cette politique extérieure était devenue un domaine de collaboration en vertu de l’Acte
Constitutionnel de la Transition du 24 avril 1994.
Enfin, sous la période de la troisième République, c’est la continuité sur le plan de principe dans
l’élaboration de la politique étrangère de la RDC en dépit de différents conflits entre certains états
voisins de la RDC. Ce principe avait un contenu économique. Il a permis à la RDC de faire de sa
diplomatie un instrument efficace pour la stabilité et la protection de ses frontières en tenant compte de
sa position géostratégique.
Les conflits en RDC qui ont vu perturbe la sécurité et la stabilité a conduit à la rupture de ces relations de
bon voisinage et surtout que ce sont les voisins qui sont point