Introduction à la RMN et déblindage
Introduction à la RMN et déblindage
Master de chimie
Pr : M. Benchidmi
Avant propos
Le cours de résonance magnétique nucléaire est dispensé en quarante cinq
heures, y compris les travaux dirigés. Nous estimons que cette durée est insuffisante
pour traiter tous les aspects théoriques et pratiques de cette discipline, vu les
techiniques utilisées aujourd’hui (spectres découplés, DEPT, INEPT, NOESY,
COSY, HETCOR …) pour résoudre différents problèmes de structures. Ainsi nous
nous bornerons, après avoir étudié les bases fondamentales quantiques et classiques,
aux expériences les plus utilisées et si les spectres de RMN1H et de RMN13C doivent
être enregistrés systématiquement pour tout nouveau produit, nous montrerons,
lorsque nous étudierons la RMN13C et la RMN-2d que le choix d’une technique est
imposé par le type de problèmes de structure ou d’attribution qu’il faut résoudre.
Nous considérons aussi que l’étude des spectres de RMN1H au premier ordre
(l’application des règles de multiplicité) est un pré requis pour tous les étudiants du
master de chimie organique.
Quant à l’élaboration de ce cours, nous nous sommes inspiré de plusieurs ouvrages,
articles et thèses dont :
1
Les principes de base de la RMN (première partie)
I) Historique
Ce n'est qu'en 1945 que deux équipes de chercheurs physiciens : PINCELL et coll de l'université
de Harvard et BLOCH et coll. de l'université de Stanford, Qui indépendamment l'une de l'autre ont
réussi à observer le phénomène de RMN en phase solide et en phase liquide. Cinq ans après, la
méthode fut appliquée à la chimie, et depuis cette date la RMN a connu un développement
considérable que l'on peut diviser en trois étapes :
La première s'étend de 1950 à 1970, concerne surtout le développement de la RMN des noyaux
sensibles et abondants dans la nature tels que : 19F; 31Pet 1H.
La deuxième étape est due à l'introduction des Transformées de Fourrier qui ont permis, grâce au
couplage des spectromètres avec des ordinateurs puissants d'enregistrer des spectres de RMN13C et
d'autres noyaux peu sensibles et de faibles abondances naturelles, ainsi que le développement
d'autres techniques, comme la RMN bi et tri- dimensionnelle homo et hétéro nucléaires.
La troisième étape se développe actuellement, elle consiste à étudier la RMN des solides grâce au
phénomène de transfert de magnétisation et aux techniques de mesures connues sous le macronyme
MAS (magic angle spining) et CP ( crossing polarization).
La mécanique quantique montre que les noyaux qui possèdent des moments de spin P, possèdent
également des moments magnétiques µ. Ces deux grandeurs sont liés par la relation :
µ =γP
γ est le rapport gyromagnétique du noyau considéré, c’est aussi une constante caractéristique de
celui-ci.
La composante Pz de P selon l'axe Oz d'un système (o, x, y, z) arbitraire est quantifiée, elle est
donnée par la formule :
Pz = ħmI
mI est le nombre quantique qui caractérise l'état stationnaire du noyau, il peut prendre les valeurs :
mI = I ; I-1 ; I -2 ; ..............; -I. Il existe donc, 2 I +1 états stationnaires pour un noyau de spin I .
Pour le noyau d'hydrogène, il existe deux états de spin : -1/2 et + 1/2, et puisque Pz est quantifiée,
µz l'est également ; on peut donc écrire :
µz = γ h mI = +-γ h
2
mI = +1/2 ou –1/2
2
z
Bo
µ
µz
y
x - µz
Fig. 1
µz peut s'orienter parallèlement ou anti- parallèlement par rapport à l’axe Oz.
D’autre part, en mécanique quantique, les particules sont décrites par des fonctions d'ondes qui
sont des solutions de l'équation de SCHRÖDINGUER. Pour notre cas le proton est décrit par les
fonctions propres, α si mI = 1/2 et β si mI = -1/2. Ces deux fonctions possèdent la même énergie,
elles sont donc dégénérées. Ce n'est qu'en présence d'un champ magnétique B° (Fig. 2) que la
dégénérescence est levée. (Effet Zeeman).
(α)
E1 = + µzBo
α + β
Bo
Fig 2 E2 = - µzBo
(β)
Le proton dans le champs magnétique B°, possède deux niveaux d'énergie ; le niveau de l'état
fondamental β et le niveau de l'état excité α, la différence d’énergie entre ces deux niveau est de :
∆ E = E1 - E2 = µzBo-(-µzBo)= 2 µz Bo = 2 γ h mI Bo
= γ h Bo
2π
ν, pour passer de l'état fondamental à l'état
D'après la loi de Bohr, il suffit d'un quanta d'énergie hν
excité. Ce qui se traduit par la relation :
h ν = γ hBo
2π
D’ou la condition de résonance:
ν = γ 2π
Bo
3
On constate que cette longueur d'onde est typique des longueurs d'ondes radio ultra courtes et de
très faible énergie.
Nα
= 1- γ h Bo
Nβ 2π KT
C'est pourquoi pour augmenter l'intensité du signal, on est contraint d'augmenter l'intensité du
champ magnétique B°
pair pair 0
4
Tableau caractéristique de quelques noyaux
D'après ce tableau, on voit que la sensibilité ne dépend pas seulement de l'intensité du champ et du
rapport gyromagnétique, mais également de l'abondance naturelle de l'élément considéré. C'est
pourquoi la RMN de 13C qui est un élément essentiel dans la composition des molécules n'a été
développée que grâce à la RMN- TF, qui par l'accumulation des spectres a pu résoudre ce
problème.
Le problème de sensibilité peut être résumé, dans le spectre théorique de la molécule
hypothétique suivante:
H H
13 17
C O
H
15 13
N C
13 19
H 13 C F3
C
H H
1 19 13 17 15
H F C O N
νo 60 40 10 0
5
V) Principe d'un spectromètre de RMN :
Aimant
Il existe aujourd'hui deux procédés d'enregistrements d'un spectre de RMN : La méthode à onde
continue (CW) et la méthode par transformée de Fourrier (FT).
La méthode à onde continue (CW), consiste en un balayage de fréquence, où au moment de la
Z
Z
M M
Y Y
X X
Fig.3
de Oy sous l'action combiné de HF et de B°; on crée ainsi une aimantation transversale qui induit un
courant électrique dans la bobine réceptrice (récepteur), ce dernier est amplifié puis enregistré sous
forme d'un signal de RMN. Lorsqu’on dépasse la fréquence de résonance ν, M revient à sa position
initiale (parallèle avec Oz). Quant à La méthode de RMN-FT, l'excitation est engendrée
également par une impulsion de haute fréquence (HF), mais cette fois de haute énergie (50 watts).
La durée de l'excitation doit être très courte ( 10 à 50µs), pour ne pas saturer le niveau α. Le
vecteur aimantation M est dévié aussi dans la direction de Oy, mais après l'impulsion il n'est
soumis qu'à l’action de B°., il entre en mouvement de précession autour de l'axe Oz avec une
fréquence caractéristique du noyau concerné, appelée fréquence de LARMOR. (Figure 3)
En RMN-FT la durée d'enregistrement d'un spectre est de moins d'une seconde, car tous les noyaux
sont excités en même temps, puis laissés à eux mêmes. Les signaux temporels : U = f(t) des
différents noyaux sont reçus sous forme de séries de Fourrier, que l'ordinateur transforme, grâce au
traitement de signal en fréquences de résonances des noyaux correspondants, alors qu'en RMN à
onde continue (CW), chaque signal est reçu à part ce qui augmente considérablement la durée
d'enregistrement des spectres ( 250à 500 secondes).
6
Z
z
M
Récepteur
y
FT + Ordinateur
Excitation à onde continue
M M
Impulsion Récepteur
y U = f(t)
x
7
Les spectres de résonance magnétiques du proton
I) Déplacement chimique
Dans le chapitre précédant, nous n'avons exposé que le phénomène de résonance
magnétique du noyau isolé, or ce dernier se trouve dans la molécule, et par conséquent, il est
soumis en plus du nuage électronique de l'atome d'hydrogène lui même, à tous les champs
électriques et magnétiques de son environnement; c'est pourquoi la fréquence dans l'induction B°
n'est pas ν° mais ν° ± ∆ν°. Cette variation de la fréquence est appelée: le Déplacement chimique
B' = σ B°
σ est la constante d'écran.
Au niveau du noyau, la constante d'écran se traduit par une diminution de l'intensité de l'induction
appliquée qui devient :
σ)B°
B° - B’ = (1-σ
σ est composée de deux termes : σd due aux courants de Lenz, elle est subie, et σp due à la vitesse
de l'électron d’où :
σ = σd + σp
.
d = diamagnétique ; p = paramagnétique.
b) Cas du noyau d'hydrogène dans la molécule
Dans le cas où le noyau est dans une molécule, le terme σd peut être lié à la charge partielle portée
par l'atome considéré. Si cette charge partielle est négative, le noyau est blindé
(résonance à champs fort). A l'inverse, si elle est positive, il est déblindé (résonance à champs
faible).
Deblindé Blindé 0
ν
8
σd est faible, il ne devient important que pour les orbitales à symétrie non sphérique p; par
exemple : 19F , 13C ,15N. C'est pourquoi ces noyaux ont des déplacements chimiques très
importants.
L'effet des autres facteurs peut être symbolisé par le terme σ'.
d' où σ devient :
σ = σp + σd + σ'
On sait que :
Bo
υ = ( 1−σ)γ
π
2π
mais la fréquence ν ne peut caractériser le déplacement chimique, car en pratique, on utilise des
spectromètres de différentes intensités de champ (1,4 T; 2,3 T ; ...; 9,2 T) et par conséquent, les
fréquences correspondantes sont différentes. Or pour caractériser les composés organiques, nous
avons besoin d’une grandeur, qui doit être la même pour tous les champs Bo. D’abord, on a utilisé
le pic du TMS (têtra-méthyle silane) comme origine, car ses quatre méthyles produisent un signal
intense et très fin, mais là encore étant donné que les intensités des champs sont différentes, les
fréquences le sont aussi. Pour éviter ce problème, on a été contraint de faire des mesures relatives
en introduisant le déplacement chimique relative δ qui est donné par la relation suivante:
υ Sub - υ Ref
δ =
υο
L'unité de δ est donnée en partie par million ( ppm).
(a)
(b)
On constate que le méthyle et le méthylène sont sous forme de singulets dans le premier, alors
qu’ils apparaissent sous forme de multiplets dans le second, avec des intensités caractéristiques. La
cause provient du couplage spin-spin, qui est dû à une interaction magnétique entre les protons
9
méthylènes et méthyles, et qui est transmis d'un groupe à l'autre à travers les électrons de liaisons.
Cette interaction peut être schématisée dans le cas d'un système AX comme suit :
( b)
A-X
(a) (a)
Selon l'orientation du moment nucléaire du noyau A, le champs externe B°, appliqué en X sera
renforcé (b), ou affaibli (a) et inversement.
Bo H
H
= C C
L'interaction est aussi transmise à travers les électrons de valence ; selon l'orientation du moment
nucléaire de (HA) l'induction B° sera renforcée ou affaiblie au niveau de HX.
E = JAX I(A).I(x)
10
Par exemple:
HA HX
a)
Σmi = 0
J< 0
HA et HX ne sont pas dans l’état de moindre énergie
Bo H
H
= C C
Σ mI = 0
HA et Hx sont dans un état de moindre énergie car les spins des noyaux et des
électrons sont anti-parallèles aussi bien pour HA que pour HX: J > 0
11
Le diagramme d'énergie du système AX est donné dans la figure suivante :
αα (1) E1 Σm I = 1
X1 A1
(2) E2 αβ
β α (3) E3 Σm I = 0
A2 X2
ββ (4) E4 Σm I = -1
Pour obtenir les raies du spectre, on doit appliquer les règles de sélection
∆ mI = ( Σm I) de l’état final - ( Σm I) de l’état initial = ± 1
Les transitions possibles sont donc:
(3) (1) E1 - E3 = νA + 1/2 JAX
νA νX
Revenant maintenant au cas du formiate d'éthyle : CH3-CH2 -O-C=O
H
Le quartet et le triplet relatifs respectivement au CH2 et au CH3 peuvent s'expliquer facilement, si
nous considérons toutes les combinaisons possibles de spins de chaque groupe ;
CH2 Σm I CH3 Σm I
αα +1 ααα 3/2
αβ βα 0 ααβ αβα βαα +1/2
ββ -1 αββ βαβ ββα -1/2
βββ -3/2
Le fait que le CH2 existe dans trois états de spin, provoque la séparation en triplet le méthyle ;
quant au méthyle il existe dans quatre états de spin, c'est pourquoi il provoque la séparation du
signal du CH2 en quartet.
12
L'intensité de chaque groupe dépend de la fréquence relative de chaque état de spin dans l'autre.
L'intensité des raies du CH2 apparaît donc dans l'ordre: 1 3 3 1, et celle des raies du CH3
apparaît dans l'ordre 1 2 1.
La généralisation conduit aux règles de multiplicité des signaux des spectres au premier ordre.
V) Règles de multiplicité :
1) Pour des noyaux voisins de spin I = 1/2 la multiplicité prend (n+1) ; n étant le nombre de protons
dans le groupe voisin, si l'on se trouve en présence de plusieurs groupes voisins qui diffèrent par
leur fréquence de résonance, il faudrait les considérer séparément, dans ce cas l'ordre importe peu .
Si par exemple HM à deux noyaux voisin HA et HX magnétiquement différents, il résonne sous
forme d'un doublet dédoublet; si par hasard JAM = JMX; on observerait un triplet.
2) La distance séparant les pics considérés correspond à la constante de couplage , elle est en HZ.
3) Les intensités relatives des pics à l'intérieur du groupe des signaux se comportent comme les
coefficients du binôme (1 + x)n ces coefficients sont donnés par le triangle de Pascal
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
5 1 5 10 10 5 1
4) La valeur du couplage Spin -Spin diminue, généralement avec le nombre de liaison. Lorsqu'elle
atteint la largeur du pic on n'observe plus de séparation de raies.
NO2
Ha
Hb
Hc
: NO2
Ha est couplé avec Hb
Hb est couplé avec Ha et Hc
Hc est couplé avec Hb
13
Le spectre se présente ainsi:
Hc Hb Ha
On voit bien que: Jab > Jbc >>Jac. La constante de couplage diminue au fur et à mesure que le
nombre de liaisons augmente entre les noyaux, ce qui est accord avec les règles.
CH2 CH3
2
J = 46,5 Hz ; 4J = 4,1 Hz
Le spectre du même composé en RMN19F :
2
J
4
J
P
H3C Cl
CL
14
2
J
2
J
Le couplage hétéronucléaire des éléments peu abondants dans la nature (13C ;29Si) est très faible, il
n'est observé qu'en tant que satellite.
J 13C-H
1) JH-P
15
C2H5
O P
JH-P= 630 Hz
C2H5
H
CH3
CH3
H3C CH3
CH JCH3-P= 15-30 Hz
JCH-P= 12-18 Hz
O P
X
Y
P1/3
H JH-P cis = 13,6-19,6 Hz
JH-P Trans= 30-40 Hz
JH-c-P = 11,7-22 Hz
H H
H3C O P JH-P=11,4-13 Hz
H
JCH2-P = 6,5-10 Hz
O P
R
H
R JH-P= 5-6 Hz
CH O P
16
b) JH-F(Hz)
H-C-F 45-81Hz
H
JCH2-F= 46 JCH3-F=25
H3C F
H F 0-30Hz en générale
Jgauche=0-5
F
JFa-Ha=34
JFa-He=11,5
H JFe-He et JFe-Ha< 8
H C C F 21
H H
JH-F Gem= 85
H JH-F Cis=20
F JH-F Trans=52
Jo= 6,2-10,3
Jm=3,7-8,3
H Jp=0-2,5
CH3
F Jo= 0-2,5
17
VIII) Noyaux de spin > 1/2
Dans ces conditions, les règles concernant la multiplicité et l'intensité des raies, s'écartent des règles
énoncées plus haut; ainsi le voisinage d'un deutérium (I = 1) produit dans le spectre un éclatement
de trois raies uniformes, car les orientations -1 et +1 ont la même probabilité de transition, d'où la
même intensité.
D'une manière générale la multiplicité au voisinage des noyaux de spin = I est:
2nI + 1
CH2 CH3
Conclusion:
Les règles concernant la multiplicité et l'intensité se limitent aux spectres de premier ordre où elles
sont applicables, c'est à dire lorsque le rapport :
Jij
0,1
υ ο δ ij
Mais si les noyaux i et j sont très proches dans le spectre ce rapport devient plus grand et l'erreur
d'appliquer ces règles également.
18
Spectre de RMN 1H au second ordre
I) Introduction
Nous avons vu dans le chapitre précédant que, si le rapport :
Jij
υ0δij
est inférieur à 0,1 les intensités des signaux et leurs multiplicités sont régies par des règles que l'on
peut appliquer sans ambiguïté, mais on constate qu'au fur et à mesure que ce rapport augmente, les
intensités à l'intérieur du multiplet croient au dépend de ceux des extrémités ( effet de toit ) de plus
le nombre de pic ne correspond plus à celui prédit par ces règles. Dans ce chapitre, nous allons
expliquer ces phénomènes, aisément à l’aide de la mécanique quantique, car comme nous allons le
voir la résolution de l'équation de Shrôdinguer relative aux systèmes de spins étudiés, dans des
conditions particulières, permet de déterminer les déplacements chimiques et les intensités des
signaux
H Br H
H
Br H3C NO2
Br
CH3 F
AB2 ABX
Dans certains cas on utilise la lettre du milieu : M quand νA>> νM>> νX Un tel système est dit :
Système AMX.
Lorsqu’on considère des groupes qui sont chimiquement mais non magnétiquement équivalents,
on utilise des lettres munies d’apostrophe.
Par exemple :
19
S
H H F
F
H H H
H
AA’BB’ AA’XX’
Nous savons qu'à l'échelle microscopique, les particules sont décrites par l'équation de
SCHRÔDINGUER:
Hψ = Eψ (1)
H = H° + H(1)
H(o) représente l'interaction des noyaux avec l’induction Bo.
H(1) représente l'énergie de couplage
A la résonance
H = Σ νiÎz(i) + ΣΣ Jij Î(i)Î(j) (2)
i i<j
.
Les Î sont des opérateurs de spin. On rappelle que Î (i) n'agit que sur le noyau i avec:
Î+=Ix+iÎy
Opérateurs de montée et de descente
Î- = Îx - i Îy
Conditions de normalisation :
∫ αα d v = ∫ ββ d v = 1
Condition d'orthogonalité:
∫ αβ dv = 0 = ∫ βα dv
E = Valeurs propres.
Ψ = fonctions propres
20
2) Application du formalisme au cas du système à deux spins : AB
En RMN1H les fonctions de bases sont α et β; la fonction α est utilisée lorsque le spin du noyau
est de 1/2 et β lorsque celui-ci est de - ½. On admet également que les fonction produits : αα, ββ,
αβ et βα peuvent dans certains cas servir de solutions de l'équation de SCHRÔDINGUER.
La mécanique quantique permet dans le cas du système AB, d’écrire que:
α (A)αα(B) = α(B) α(A) et β(A)β β (B) = β(B)ββ(A) ; D'après le principe d'indiscernabilité.
Cependant α (A) β (B) ≠ β(A) α (B) car les applications des fonctions α et β sont différentes.
Généralement les fonctions de base pour décrire un système de deux noyaux dans les différents
états de spin sont:
Σmi φi
1 φ1 = α α
0 φ2 = αβ
0 φ3 = β α
-1 φ4 = ββ
mais dans notre cas, et en raison du fait que : α (A) β (B) ≠β (A) α (B) pour les états de spin
Σmi = 0, il faut choisir une autre fonction d'onde Ψ2,3 qui doit être la combinaison linéaire de φ2 et
de φ3 pour décrire les noyaux dans ces états de spin.
Pour résoudre cette équation, c’est à dire pour trouver les valeurs propres et les fonctions propres,
nous allons utiliser la méthode des variations, c'est à dire que la solution la plus approchée exige
que l'énergie soit minimale, ce qui doit vérifier :
∂E=∂E=0
∂ c2 ∂ c3
Cherchons E:
E = ∫ ΨHΨ dv = < Ψ | H | Ψ>
∫ ΨΨdv < Ψ | Ψ>
En remplaçant Ψ2,3 par sa valeur, on obtient:
E = < c2 (α αβ ) + c3 (β
β α )| H | c2 (α
αβ + c3 β α ) >
αβ ) + c3 (β
< c2 (α β α)| c2 (α
αβ ) + c3 (β
β α) >
E = c22< (αβ)| H |(αβ)> + c2c3 < (αβ)| H |( βα)> +c3c2< ( βα)| H |(αβ)> + c32< ( βα)| H |( βα)>
C22<(αβ) |(αβ)> + c2c3<(αβ) |(βα)> +c3c2<(βα) |(αβ)> + c32< (βα) |(βα)>
αβ )| H |(α
On pose H22 = < (α αβ )>; H23 = < (α
αβ )| H |(β
β α)> ; H33 = < (β
βα)| H |(ββ α)>
H32 = < (β βα)| H |(α
αβ )>
∂ E = 1/v [ ( ∂u/∂
∂c2 - E (∂
∂v/∂
∂c2) ] = ( 2c2 H22 + 2c3 H23 - E 2c2 )
∂ c2 C22 + c32
21
L'énergie est minimal si ∂ E = 0 ce qui se traduit par :
∂ c2
c2 (H22 - E) + c3 H23 = 0 (5)
Pour exécuter ces calculs, il faut d'abord trouver les grandeurs H22, H23, H32 et H33
H22 = < (αβ)| H |(αβ)> = < (αβ)| H° |(αβ) > + < (αβ) | H' |(αβ) >;
= JAB[< (αβ)| ÎX (A).ÎX (B) + ÎY (A) .ÎY (B) + ÎZ (A) .ÎZ (B) |(αβ) >]
= JAB[< (αβ)| ÎX (A).ÎX (B) |(αβ) >]+ JAB[ < (αβ)| ÎY (A) .ÎY (B) |(αβ) >]
+ JAB[< (αβ)| ÎZ (A) .ÎZ (B) |(αβ) >]
JAB[<(αβ)| ÎX (A).ÎX (B) |(αβ) > ]= 1/4 JAB[ < (αβ)|(βα)> ]= 0
JAB[<(αβ)| ÎY (A) .ÎY (B) |(αβ) ]> = 1/4 JAB[ < (αβ)| |(βα)]> = 0
JAB[< (αβ)| ÎZ (A) .ÎZ (B) |(αβ) >] = - 1/4 JAB[ < (αβ) |(αβ)>] = - 1/4 JAB
H22 = ½ ν° δ - ¼ JAB
22
H32 = 1/2 JAB
D'où :
H22 - E H23 ( 1/2 ν° δ - 1/4 JAB) - E 1/2 JAB
= =0
H32 H33 - E 1/2 JAB (-1/2 ν° δ - 1/4 JAB) - E
Maintenant calculons les coefficients de notre fonction d'essai en remplaçant E par sa valeur E2
dans (5) et en posant C = 1/2 [ (νν° δ)2 + (JAB)2]1/2
ν° δ) - C ) + c3 . 1/2 JAB = 0
(5) devient : c2 (1/2(ν (5) '
(c2 )2 + (c3)2 = 1
θ - 1 ) + c3. sin2θ
c2 ( cos2θ θ=0
(c2)2 + (c3)2 = 1
nous donne:
θ et c3 = sinθ
c2 = cosθ θ
De manière similaire, en remplaçant E par E3 dans (6) et en posant les mêmes formules on obtient :
c2 = -sinθθ et c3 = cos θ d’où les fonctions propres et les valeurs propres correspondantes
relatives aux deux niveaux correspondants à Σmi = 0
Ψ2 = cosθ θ ( αβ ) + sin θ ( β α) E2
Ψ3 = -sinθ θ ( αβ) + cos θ ( β α) E3
L'intensité d'une raie est proportionnelle au carré M du moment de transition des états propres
concernés.
M = < Ψm | Σ ÎX(i)| Ψn>, la transition a lieu si ∆m = ± 1 examinons la transition Ψ2 → φ1,
l'intensité est proportionnelle à :
M2 = (< Ψm | Σ ÎX(i) | Ψn>)2 soit :
23
M2 = (<cosθ (αβ) + sinθ ( βα) | ÎX(A)+ ÎX(B) | αα >)2
= (<cosθ ( αβ) + sinθ ( βα) | 1/2 |(βα) > + <cosθ ( αβ) + sinθ ( βα) | 1/2| αβ >)2
= (1/2 cosθ + 1/2 sinθ)2 = 1/4 ( 1+ 2cosθ. sinθ)
= 1/4 (1 + sin2θ)
(1) 1
αα
ν A + νB )
1/2 (ν (3) → (1) νA+ νB) +
1/2 (ν θ
1- sin2θ
+1/4JAB (A) f1 1/2 JAB +C
(2) 0 θ ( αβ ) +
cosθ (4) →(2) ½( νA+ νB ) -
-1/4 JAB + C θ
1+ sin2θ
sin θ ( β α) (A) f2 1/2 JAB +C
(4) -1
θ
1- sin2θ
ν A + νB )
-1/2 (ν (4) →(3 ) ν A + ν B)
1/2 (ν
ββ +1/4JAB (B ) f4 -1/2JAB -C
24
f1 f2 f3 f4
2θ
p3 p2 p1
p1p3 = f2 - f4 = 2C
= [j2 + (ν°δ)2]1/2
sin2θ = (f3 - f4) / (f2 - f4) = J/ 2 C
1) Système AX
Si ν° δ >>J ⇒ C = ½[ j2 + (νν° δ)2] 1/2 = 1/2 (ν
ν° δ) = 1/2 (ν
νA - νB ) ; avec ν° δ = ν° (δ
δA-δ
δB)
J =JAB et comme sin2θ = J/ 2 C, il tend vers zéro.
sin2θ = 2 sinθ cosθ = 0 ⇒ sinθ = 0 ou cosθ = 0 d'où les valeurs propres et les
fonctions propres du système AX:
Fonctions propres Valeurs propres Transitions Raies Intensités
2) Système A2
ν° δ << J C = ½ J sin 2θ → 1 ⇒ les pics correspondants à 1 - sin 2θ disparaissent
et les pics centraux dégénèrent en un seul c’est le système A2 : f2 et f3 se superposent au centre à
ν A + ν B)
1/2 (ν
VI) Exercices
1) Calculer les fréquences et les intensités des pics du système AB ayant les paramètres suivants:
ν° δ = 20 HZ et J = 15 Hz. On calculera les fréquences par rapport au milieu Z du système.
2) On observe pour un système AB que :
F1 - f2 = f2 - f3 = f3 - f4
25
i ) Calculer le rapport J / ν° δ
ii) Calculer les intensités relatives des pics
iii) Comment peut – on s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un système AX ?
3) Déterminer les fréquences νA et νB ainsi que J d’un système AB présentant les pics à :
F1 = 38,5Hz ; f2 = 29,0 Hz ; f3 = 20,5 Hz et F4 = 10 Hz .Calculer les intensités relatives.
J = 0,33
υοδ
J = 1
υοδ
J = 1,4
υοδ
J = 5
υοδ
26
VIII) Règles générales pour traiter les systèmes de spins
Nous avons vu qu’à l’aide de la méthode de variation, on peut trouver les fonctions propres
et les valeurs propres des états stationnaires ayant le même état de spin Σ mi. Ce même calcul peut
être généralisé pour des systèmes de spin plus important, en suivant le même formalisme, car ce
sont les fonctions produits; αα, αβ, ββ … qui serviront de fonctions base des combinaisons
linéaires.
Ainsi par exemple, pour un système de spin à trois noyaux; la fonction d’onde décrivant l’état de
spin
Σ mi = +1/2, sera la combinaison linéaire de : ααβ ; αβα et βαα. On doit donc dans ce cas
chercher à résoudre :
Ψ = c1.ααβ + c2. αβα + c3βαα.
On peut aussi, d’une autre manière, utiliser le calcul matriciel :
Ψ = ci φi avec
Ψ = ( c1 c2……..cn) x φ1
.
.
φn
Les φi seront les fonctions propres du système et les ci les vecteurs propres; nous venons d'ailleurs
de voir, pour le système AB que les états (2) et (3) peuvent bien s'écrire sous la forme matricielle:
Si nous appliquons l’Hamiltonien de spins que nous étudions, les grandeurs (H11…..Hkk) et (H12…..
Hkl) peuvent s’ordonner dans ce qu’on appelle la matrice Hamiltonienne. Dans le cas du système
AB par exemple cette matrice à la forme suivante :
H αα αβ αβ ββ
αα H11 0 0 0
αβ 0 H22 H23 0
βα 0 H32 H33 0
ββ 0 0 0 H44
27
2- Les éléments non diagonaux de la matrice entre états propres de spin total différents sont nuls.
3- Si nous soustrayons dans le déterminant de l’Hamitonien H l’énergie E des éléments diagonaux
Hkk et si nous posons séparément chacun des facteurs égal à zéro, on obtient les déterminants
séculaires qui sont de formes :
L’application de ces données au système AB par exemple, permet de retrouver tous les résultats
déjà obtenus précédemment :
H11 - E = 0
H22 – E H23
= 0
H32 H33 - E
H44 – E = 0
4- Indépendamment du système de spin les éléments diagonaux Hkk s’obtiennet par la relation :
< φkHφk > = Hkk = H = Σ νi mI(i) + ¼ ΣΣ Jij Tij
i i<j
Tij = 1 quand dans la fonction de base concernée les noyaux i et j ont des spin parallèles et égal à
– 1 quand les noyaux i et j ont des spins anti parallèles.
Exemple Calculer H22.
φk = αβ ici les noyaux i et j ont des spins anti parallèles donc Tij = -1
d’où H22 = ½ (νi - νj ) – ¼ Jij
4- Les éléments non diagonaux entre φk et φl s’obtiennent par la relation :
< φkHφl > = Hkl = ½ Jij U pour i ≠ j
avec U = 1 quand φk et φl ne diffèrent que par la permutation des fonctions de base et U = 0 dans
tous les autres cas .
Exemple < αβH βα > = ½ Jij
< αβHαα> = 0
28
αββ 0 0 0 0 H55 H56 H57 0
βαβ 0 0 0 0 H65 H66 H67 0
ββα 0 0 0 0 H75 H76 H77 0
βββ 0 0 0 0 0 0 0 H88
det | H11 - E | =0
det | H88 - E | =0
La résolution de ces équations permet de trouver les valeurs propres et les fonctions propres
correspondantes d’où les transitions possibles, cependant, dans ces conditions il faut formuler
correctement la règle de sélection, car en plus de ∆m qui doit être égale à ± 1, il faut interdire
l’excitation de plus d’un noyau à la fois.
Par exemple la transition suivante est interdite même si ∆m = ± 1
αββ→βαα, car elle met en jeu l’excitation de plus d’un noyau.
Exemples :
a- Calculer H33
Φ = αβα les spins sont dans l’ordre : 1/2 -1/2 et 1/2
H33 = ½( νA - νB + νC) + ¼( JAC –JAB – JBC)
b- Calculer H23
Les spins de B et C ont été permutés d’où H23 = ½ JBC
X) Système ABX
Dans ce système, il s’agit de deux noyaux A et B qui ont des déplacements chimiques très proches
avec νoδAB ≅ JAB et qui sont couplés avec un autre noyau X dont la fréquence νX diffère beaucoup
de νA et de νB. Ce système est caractérisé par :
νA - νX >> JAX
29
νB - νX >> JBX
Exemples :
Br H
H Br
H O H
COOH O2N
H3C NH2 F
H
C6H5
H H C6H5
H
CH3
Le système ABX peut être considéré comme une extension du système AB où le spin de X doit
être considéré indépendamment de celui de A et de celui de B. Ainsi on obtient deux sortes de
populations celles ayant les spins X = +1/2 (α) et celles dont les spins X sont égaux à -1/2 (β)
(voir figure I) et par conséquent le spectre AB se dédouble en deux sous spectres, ab et a’b’
d’égale intensité, qui sont des systèmes AB types et qui doivent être résolus en tenant compte des
règles appliquées à ce système, c’est à dire extraire la constant JAB, qui doit être la même pour les
deux sous spectres et les fréquences correspondantes.
AB X Σ mi
αα α 3/2
cosθ ( αβ) + sin θ ( βα) α 1/2 1er quartet ab
-sinθ ( αβ) + cos θ ( βα) α 1/2
ββ α -1/2
αα β 1/2
cosθ ( αβ) + sin θ ( βα) β -1/2
-sinθ ( αβ) + cos θ ( βα) β -1/2 2 ème quartet a’b’
ββ β -3/2
Figure I
a- les sous spectres ab et a’b’ sont séparés, avec JAX et JBX de même signe :
JAB JAB
° ° ° °
JAB
JAB
c- les deux sous spectres se chevauchent, ils ont même signes ou des signes opposés.
30
JAB
Quand on aura à interpréter un spectre de type ABX la première tache consiste d’abord à extraire
les deux sous spectres, ab et a’b’ qui doivent mettre en jeu la même constante de couplage JAB. Si
JAX et JBX sont toutes les deux différentes de zéro, la partie AB contient généralement 8 raies et la
partie X en contient 6 (voir diagramme d’énergie figure II). Mais généralement cette dernière n’en
contient que 4, car les intensités des pics extrêmes sont faibles ou absents.
Les fréquences obtenues par la résolution de ces sous spectres ne sont pas les vraies déplacements
chimiques νA et νB mais les fréquences ν*a et ν*b qui tiennent compte de l’effet de X.
Cependant, les valeurs obtenues, doivent être vérifiées par les données du spectre au niveau de la
partie X, car en tenant compte des signes des constantes de couplage, on doit inverser les données
du sous spectre a’b’ ou celles de ab, ce qui permet d’envisager deux solutions.
E mT
1ααα 3/2
7 βαβ -1/2
4 ββα 6 αββ
8 βββ -3/2
Figure II
31
F9 f10 f11f12 f13 f14
Figure III
f10 et f13 correspondent aux transitions :
8 4 et 5 1.
Les pics de plus faibles intensités f9 et f14 correspondent aux transitions combinées,
4 5 6 3
elles sont normalement interdites selon les règles de sélection. Car elles font intervenir des
transitions de plus d’un noyau à la fois. On les observe rarement.
Exemple :
Résoudre le spectre ABX suivant :
F1 = 200 ; F2 = 194,5 ; F3 = 180,8 ; F4 = 175,3 ; F5 = 174,2 ; F6 = 171,1 ;
F7 =154; F8 = 151,9.
f3 – f1 = f4 – f2 = f7 – f5 = f8 – f6 = | 19,2 Hz |= JAB
f1 et f7 ont même intensité ils appartiennent au même sous spectre , d’où f1, f3, f5 et f7 constituent
le sous spectre ab et f2, f4, f6 et f8 le sous spectre a’b’.
Cherchons νa et νb.
νδ = [(f1 – f7) (f3-f5)]1/2 = (349,6)1/2 = 18,69Hz .
νz = ½ ( f1 + f7 ) = 177 Hz;
ν*a = νA + ½ JAX = 177 + ½ (18,69) = 186,35 Hz ; ν*b = νB + ½ JBX = 167,65 Hz
32
Cherchons maintenant ν*a’ et ν*b’
νδ = [(f2 – f8) (f4- f6)]1/2 = 13,39 Hz
νz = ½ (f2+ f8)= ½(194,5 + 151,9) = 173,2 Hz
ν*a’ = νA - ½ JAX = 173,2 + ½(13,39)= 179,9 Hz; ν*b’ = νB - ½ JBX =166,5 Hz
La première solution est :
νA = ½( ν*a +ν*a’) = ½( 186,35 + 179,9) = 183,1 Hz
νB = ½( ν*b + ν*b’) = ½( 167,65 + 166,52) = 167,1 Hz
Jax = ν*a - ν*a’ = 6,45 Hz
JBX= ν*b - ν*b’ = 1,15 Hz
JAX + JBX = 1,15 + 6,4 = 7,6 Hz
La deuxième solution :
On permute ν*a’ et ν*b’ d’où :
νA = ½( ν*a +ν*b’) = ½( 186,35 + 166,52) = 176,4 Hz
νB = ½( ν*b + ν*a’) = ½( 167,65 + 179,9 ) = 173,8 Hz
Jax = ν*a - ν*b’ = 19,8 Hz
JBX= ν*b - ν*a’ = 20,055 - 33,445 = -12,25 Hz
JAX + JBX = -12,25 + 19,8.= 7,6 Hz
Les deux solutions sont :
S1 S2
νA = 183,1 Hz νA = 176,4 Hz
νB = 167,1 Hz νB = 173,8 Hz JAB = |19,2|| Hz
JAX = 6,45 Hz JAX = 19,8 Hz
JBX = 1,15 Hz JBX = -12,25 Hz
JAX + JBX = 1,15 + 6,4 = 7,6 Hz ; JAX + JBX = -12,25 + 19,8 .= 7,6 Hz
On obtient la même valeur pour JAX + JBX = 7,6 Hz.
Le calcul des spectres théoriques a donné pour la partie X les allures suivantes :
S1 S2
Autre exemple :
Analyser le spectre de l’acide malique COOH-CH2-CHOH-COOH suivant :
33
f12 f11 f10 f9 f8 f7 f6 f5 f4 f3 f2 f1
X AB
C’est également un système à trois spins que l’on rencontre dans les cas de molécules aromatiques
ou saturées:
H O 2 N
C 6 H 5
R
R C 6 H 5
H N H
par exemple
Le spectre (figure IV) se présente généralement sous forme de 9 pics mais souvent le 5ème et le 6ème
se confondent. La résolution de ce système permet d’obtenir les paramètres suivants :
νA = f3
νB = ½(f5 +f7)
JAB=1/3[ (f1-f4) + (f6-f8)
f1 f2 f3 f4 f5 f6 f7 f8 f9
Figure IV
Exercice :
Analyser, à partir de ses signaux (en Hz), le spectre AB2 suivant;
f1=87,74; f2=91,74; f3=95; f4=99; f5=102,74; f6=103,26; f7=107,25; f8=110.
34
RELATION ENTRE LES DEPLACEMENTS CHIMIQUES LES CONSTANTES DE
COUPLAGE ET LES STRUCTURES
σ = σd + σp + σ’
Nous avons alors dit que les deux premiers termes concernent le noyau et que, σ’est due à son
environnement ; c’est à dire aux groupes voisins et au milieu. Car à cause des effets électroniques
(inductifs et mésomères), des forces d’attraction de type Vander Walls et des effets dus aux
interactions dipolaires, les groupes voisins et le milieu (solvant) perturbent la circulation des
électrons et créent ainsi des champs induits dont les actions peuvent s’ajouter ou s’opposer à celui
de B° et par conséquent on aura respectivement déblindage(déplacements vers les champs faibles)
ou blindage(déplacements vers les champs forts).
Nous allons essayer dans ce qui suit, de comprendre tous ces effets en les décomposant en effets :
électriques σelect, magnetiques σmag, de Van der Walls σWal et du milieu σmil.
La constante d’écran σ’ tient compte de l’ensemble de ces effets et par conséquent elle est égale à :
a) Effet inductif
En général les éléments électronégatifs ne sont pas directement liés aux atomes d’hydrogène, mais
leurs effets se transmettent le long du squelette carboné de la molécule, modifiant ainsi la densité de
charge du carbone voisin. Ce phénomène, appelé aussi l’effet inductif est déterminant dans le
déplacement chimique. Ainsi par exemple dans les molécules de type CH3-X, plus
l’électronégativité de X est importante plus la densité de charge au niveau de l’atome de carbone est
faible plus le déplacement chimique du proton est important (déblindé) .voir tableau suivant
Inversement, si l’atome de carbone voisin est lié à un élément électropositif M . On constate que
plus M est électropositif, plus le déplacement chimique est faible. Ce résultat est confirmé dans le
tableau suivant :
Le blindage croit avec le caractère ionique de la liaison C-X dans l’ordre suivant :
CH3-M Hg Sn Cd Zn Al Mg Li
%Caractère 9 12 15 18 22 35 43
ionique
35
On a établi l’échelle suivante pour les éléments liés au méthyle suivants :
Hg Cd Zn Mg
C Pb Ga Sn Si
N Bi P As Sb
F Cl Br I
4 3 2 1 0 -1 -2
H H
X
CH3-CH2-X F Cl Br I
b- Effets mésomères.
Systèmes Π conjugués
Pour les liaisons insaturées lorsque l’orbital Pz porte une charge partielle positive ou négative, il y a
respectivement dé blindage et blindage exemple :
H H H
Li+
36
∆δ= - 1,90 ppm et ∆δ = + 1,57 ppm ∆δ = δC6H6 - δcomposé
Ces constatations aboutissent à l’équation empirique suivante :
∆δ = 10,7 + ∆ρ
∆δ étant la variation de blindage et ∆ρ la variation de la densité de charge par rapport au benzène.
Le blindage ou le déblindage peuvent être expliqués par l’effet du champ électrique dû à la charge
portée par l’atome de carbone voisin, qui modifie le nuage électronique de la liaison :
δ− δ+
H H
Blindage Déblindage
Une étude systématique des systèmes aromatiques monosubstitués a montré que la fonction :
∆δ = f( ∆ρ) est linéaire :
∆δ
+4
+3
+2
+1
-1
-2
-3
-4
37
R
R
blindage déblindage δ+ δ+
− −
δ δ
− δ+
δ
R= groupements donneurs R= groupemnts attracteurs
X ; O-R; -NR-; Alkyle... NO2; -COR; -CO2R; -CN...
δ−
C C N
δ+
O CH 3
H
H O
CH 3
H H H
H H H
δ en ppm 5,29 6,11 6,56 3,73 3,94
Les protons sont fortement déblindés dans les carbocations, et blindés dans les carbanions, mais
l’effet diminue rapidement dès que l’on passe aux carbones voisins :
38
H δ=10,3
-0,99
5,3
1,01 H3C Li
CH3
1,33
1,88
2) Effets magnétiques.
L’application du champ magnétique Bo induit des moments magnétiques à l’intérieur des noyaux
des groupes voisins, ces moments créent à leur tour des champs magnétiques dont les effets peuvent
s’ajouter ou s’opposer à l’action de Bo, ce qui influence le déplacement chimique.
Liaisons simples
Examinons le cas d’une molécule diatomique A-B ; soit µA le moment magnétique induit par
l’induction Bo en A, la contribution de µA au blindage de B est donné par la formule :
π Σi χ A (1-3cosθ
i
∆σ = 1/12π θi)/R3
i= x,y,z
On peut mettre en évidence l’effet produit par A sur B, en utilisant les lignes de champs de µA
pendant les orientations principales de la liaison A-B :
a- Bo // OZ
B A
x
Bo µΑz
39
b- Bo//OY
y
B A
x
Bo µΑz
z
c-Bo//OX
x
A y
Bo
µΑx
z
40
Si on connaît ∆χ et son signe on peut donc connaître∆σ. Par exemple : Dans le cas d’une liaison
C-C ; ∆χc-c = 140. 10-36m3/mole.
Si la distance est de 0,3nm, les déplacements induits par la liaison C-C sont :
∆σ = +0,14 ppm
0,3nm
0,3nm
∆σ = - 0,14 ppm
Dans le spectre de RMN1H du cyclohexane, pris à basse température (conformation figée) on trouve
bien que Ha est plus blindé que He, cette différence de résonance est une aide précieuse dans les
déterminations de structures cyclohexaniques ou apparentées, lorsque l’équilibre conformationnel
est lent ou empêché.
He
Ha
.
Par exemple on trouve pour les deux isomères :
HO
H 3,45 ppm
OH H 2,99ppm
• Liaisons multiples
Comme les simples liaisons, les liaisons multiples ; doubles ou triples sont anisotropes, elles ont des
influences notables sur les déplacements chimiques des groupes voisins. Graphiquement leurs
anisotropies est schématisées par des cônes dits d’anisotropie.( voir schémas)
Ces données sont valables avec une bonne approximation, comme le montre l’expérience :
41
- Déblindage
+ blindage
- - + H H +Blindage
O
- -
+
:
Doubles liaisons
3.25 H OH HO H 3,75
H H 5,16
H
H 5,06
H H
6,27
42
Cétones
O
H O H
∆δ = δC6H6 − δComposé
Le déblindage ici est dû aussi, en grande partie à la mésomérie. Car dans les cétones et les
aldéhydes αβ éthyléniques c’est l’effet mésomère qui importe le plus. Comme nous l’avons déjà vu
c’est le proton en β qui est le plus déblindé :
O
6,10 H
7,71 H
Exercices :
b) Expliquer au moyen des effets exposés les déplacements chimiques des protons
oléfiniques dans les composés suivants :
S
H 6,06 H S S
5,81 S
H
H
H 5,48 H 6,47
7,83
O
H 6,22 H O O
5,78 O
4,82 H H
H H
7,63 6,15
b) Classer par ordre de déblindage croisant les protons en caractères gras du composé suivant.
Justifier vos réponses.
43
Hc
OCH3
He
Ha
Hb
La résonance dans le benzène est caractérisée par un fort dé blindage par rapport aux oléfines. Ce
déblindage est dû à la circulation des électrons conjugués sous l’action de l’induction appliquée Bo
qui créent un champ induit dont l’effet s’ajoute dans le plan du noyau et s’y oppose hors de celui-ci.
On aura donc blindage des protons hors du plan et déblindage de ceux qui se trouvent dans le plan.
Champs induit
Bo H H
L’effet des courants de cycle ; dit aussi effet d’écran dépend de Bo et de la distance, il est donné par
la formule :
2 2
µο
∆δ = - e r x
2 me R3.4π
π
r = rayon du cycle
R = distance du centre au proton
me= masse de l’électron
µo= permittivité électrique
∆δ = δoléfine - δaromatique correspondant au même nombre d’électrons π
*Exercices :
a-Classer les protons en gras par ordre de blindage croissant, dans les composés suivants.
Ha Ha Hb
Hb Hc
A B
En comparant les distances relatives des protons aux centres des noyaux, il s’ensuit que :
Ha < Hb dans A et Ha < Hb <Hc dans B.
44
b- lors d’une réaction de synthèse, des auteurs ont isolé deux diastéréoisomères a et b de formule
semi-développée :
N 2
N 3
4
CH
HN CH3
CH 5
6
H3C
les paramètres spectraux ( J et δ ) des positions 6 sont presque identiques pour les deux composés,
par contre ils ont constaté que H4 de a est plus blindé que celui de b alors que le méthyle de cette
même position de a est plus déblindé que celui de b.
b-1) expliquer ce résultat.
b-2) Sachant que H4 et H6 de a présentent les constantes respectives 3JH4H5= 9,8 Hz et 3JH5H6 9,78
Hz, quelles sont les structures de a et b.
Ce que nous venons de voir pour le benzène est général pour tous les annulènes ayant (4n +2) e π
(noyaux aromatiques). Mais les effets s’inversent lorsque l’annulène ne comporte que (4n) e π.
Annulènes = cycle avec des liaisons π alternées, avec un nombre de liaisons π ≥ 3
Ces résultats sont confirmés aussi bien en pratique que par la théorie de la mécanique quantique ; on
montre qu’il y a déblindage dans le plan des protons périphériques et blindage des protons de
l’interieur du cycle de l’annulène aromatique.
Exemples :
Annulène aromatiques :
H
H H CH3
H3C
H H
H
45
2-
CH3
H3C
N
oléfines.
Le cycle cyclopropanique présente également l’effet de courants de cycle, avec un blindage des
liaisons C-H à cause de leur situation hors du plan :
H
H
H
H
H H3C CH
3 H
δΗ = 7,42 δΗ = 6,91
On a un blindage hors du plan comme pour le benzène.
46
Cet effet est dû à une forte interaction stérique, entre le proton et un groupe voisin. Cette interaction
se traduit par la déformation du nuage électronique au niveau du proton, on observe alors un léger
déblindage de celui-ci.
H
H OH
OH
H
A
B
H est plus déblindé dans B que dans A
6) Influence de la liaison hydrogène sur le déplacement chimique.
La résonance des protons interchangeables dépend fortement du milieu et de la température c’est
pourquoi on ne peut leur attribuer un domaine discret sur l’échelle des déplacements chimiques. La
formation des liaisons hydrogène conduit généralement à de forts déplacements vers les champs
faibles. Il semble que plus la liaison est polaire plus l’association intermoléculaire est importante et
plus il y a déblindage.
La figure suivante, représente l’effet de divers moments accepteurs sur le proton Chloroformique.
µ (en Debaye)
3,6 2
3,4
3,2 6
3 5
.
2,8 4
3
2,6
2,4 1
20 40 60 80 100 120 ∆δ en Hz
.
1 Chloroparaphine
2 Nitriles
3 Ethers R- CN ------- H-C(Cl)3 ; R-O-H ------ H-C(Cl)3
4 Alcools
5 Cétones R-NR1R2 ----- H-C(Cl)3
47
6 Amines
Remarques
- Pour les nitriles et les composées aromatiques, on doit tenir compte également de l’anisotropie qui
produit un blindage respectivement dans l’axe et hors du plan.
Cl Cl
Cl
Cl
R C N H H
Cl
Cl
mais ici c’est la polarité qui l’emporte.
Nous avons vu que les carbones directement liés aux métaux sont fortement blindés. Cet effet de
blindage est également constaté dans les complexes de métaux carbonylés avec les composés
oléfiniques et aromatiques. Il pourra être dû au métal lui même (cas des lanthanides) mais aussi à
l’anisotropie du groupe métal-carbonyle.
Voir le chapitre sur les Lanthanides shifts reagents (LSR)
8) Influence du solvant
Tout ce que nous venons de voir à propos des interactions dipôle-dipôle et anisotropie influe sur le
déplacement chimique. Ainsi le déplacement chimique d’un composé dans le benzène se situe vers
les champs forts par rapport aux solvants aliphatiques saturés ou aux champs faibles s’il y a
possibilité d’associations de type dipôle-dipôle. En général, l’effet du solvant n’excède pas 1 ppm,
mais il serait judicieux d’utiliser des solvants inertes, si la solubilité le permet, comme le CCl4 ou le
cyclohexane deutérié
48
II) Couplage spin- spin et structure
Le couplage spin-spin dépend du nombre de liaisons qui séparent les protons. On distingue des
couplages géminaux, vicinaux et lointains ( à longues distances) selon que l’interaction est à deux,
trois ou plusieurs liaisons.
Ces couplages sont symbolisés par nJ, n étant le nombre de liaisons qui séparent les noyaux
considérés.
Ils sont classés dans le tableau suivant :
H
H
3
Jcis
H H
3
Vicinal 3 Jcis
H 3
Jtrans
4
H C C C H Allylique 4 J
5
Homo allylique 5 J
H
H C C
Sa valeur oscille de -23 à +42Hz, elle a la valeur absolue la plus importante. Elle dépend de
plusieurs facteurs :
a) Influence de l’hybridation.
Plus le caractère s augmente plus la valeur algébrique de la constante augmente. comme le montre
les données suivantes :
H H H H
H H
H2C
H
H
2
J = -12,4 -5,4 -4,3 +2,5
49
b) Influence des substituants.
Pour comprendre l’effet des substituants sur 2J, nous examinons les données de la littérature lorsque
la substitution est en α, en β et enfin lorsqu’elle est constituée par des liaisons π.
* Substituant en α.
2 2 2
Composés J Composés J Composés J
H
O
H
CH4 -12,4 -6 CH2 +2
N
O
H
H
O
H
CH2Cl2 -7,5 H +1,5 CH2=O 42,2
O
* Substituants en β
2 2
Composés J Composés J
H H H H
2,5 -1,4
H H Cl H
H H H H
2 -3,2
P H F H
H H H H
7,1 -2
Li H H3CO H
50
* Voisinage de liaisons π
2
Composés J
CH3 -14,5
H3C C N -17,0
H -20,0
H
N C
C
N
Discussion
Les différents travaux de la littérature montrent tous que le signe de 3J est positif et que sa valeur
dépend essentiellement de quatre facteurs :
a) L’angle dièdre φ entre les liaisons
H φ
H
d) L’électronégativité du groupement R
51
H H
a) Corrélation entre 3J et φ
La corrélation est donnée par la relation empirique suivante :
3
φ + C cos2φ
J = A + B cosφ φ
φ en degrés
Un grand nombre de règles s’explique par cette courbe :
- Dans les oléfines, J trans est supérieur à Jcis . Ce résultat permet de distinguer l’isomère cis
de l’isomère trans, il suffit de connaître les constantes de couplage.
- Dans les éthanes disubstitués, J trans est supérieure J gauche.
H
H
H
H
J gauche J trans
- Dans la familles des composés cyclohexanique et leurs homologues à trois, quatre, cinq ou
sept chaînons ; Jaa > Jae ≈ Jee.
Un autre critère sûr dont-il faut en tenir compte lors de l’analyse conformationnelle, et qui
s’ajoute au blindage des protons axiaux par rapport aux protons équatoriaux.
Ces résultats peuvent être étendus aussi aux éthers oxydes et aux aziridines.
52
N O
L’étude des composés cycliques en absence de l’influence des substituants et de φ, montre que sa
valeur est sensible aux minimes variations de d comme le montre le graphe suivant :
3
J en Hz 11
10 x
1 x
9 2
x
8 3
x
7
4 x
6 5
5
0,132 0,136 0,140 0,144 0,146
d en nm
1 2 3 4 5
c) L’influence de θ ou de θ’
L’influence de θ ou de θ’apparaît nettement lorsqu’on étudie les oléfines cycliques, car dans ces
conditions, θ varie avec la taille du cycle. D’après les résultats de la littérature (voir ci-après), il
semble que plus la taille du cycle augmente, plus la valeur de 3J augmente aussi.
53
H
H H 4,0
0,5-1,5 8,8-11 H
H H
H
H
9-12,6
J en Hz
2,5-3,7 H
H
H H
10-13 10,3
5,1-7,0
H
H
H
Exercice d’application
H ou
O H
- H
R
Les relations empiriques, dans les deux cas sont les suivantes :
Ethanes :
3
J = 9,41 – 0,8 ∆E
- Alcènes:
3
JTrans= 19 – 3,3 ∆E
54
3
∆E
JCis = 11,7 - 4,7∆
∆E = EX - EH ;
EX = Electronégativité de R selon Pauling
EH // H //
Les résultats expérimentaux, sont en accord avec cet effet.
H H
3 3
3
J en Hz Jcis Jtrans
H3C CH2 R
H R
- Dans les composés aromatiques monosubstitués les résultats expérimentaux ont abouti à la
formule :
3
∆Eα- 0,10∆
J = 7,63 + 0,51∆ ∆Eβ
3
J1
N
α H
3 3
J1 > J2
β
3) couplage à longue [Link]
Sa valeur étant faible ne dépassant rarement 3Hz, il n’à été découvert que grâce à l’amélioration de
la résolution des spectres.
On admet que l’interaction spin-spin du couplage longue distance est la somme de deux
contribution partielles : Jσ et Jπ qui sont transmises par les électrons σ et π.La contribution Jσ a été
déjà vu au deuxième chapitre, nous avons alors dit que l’interaction est transmise au moyen des
électrons des liaisons σ. Quant à la contribution Jπ, elle peut être schématisée dans le couplage
vicinal par le diagramme suivant :
Jπ
Jσ
H H
55
La contribution Jπ est estimée à 10% de l’effet total de 3J, cependant son importance réside dans le
fait qu’il est relayé par les électrons π, alors que l’effet de la contribution Jσ s’estompe au bout de
quelques liaisons.
a) Systèmes saturés.
On observe les couplages longue distance 4J et 5J dans les composés saturés lorsque les liaisons H-C
et C-C se présentent en zig-zag :
H
H H
Dans le cas de 4J on parle d’enchaînement M ou W
Exemple :
Br H
H
O H
J = 1,1Hz J = 3,4Hz
*Exercice d’application
- Parmi les deux structures,
H OAC
ACO
H
O
O
quelle est celle qui correspond aux constantes de couplage relative au proton en position 2
suivantes :
J1 = 13,1Hz et J2 = 6,6Hz?
La constante de couplage 4J permet aussi de distinguer la structure exo de la structure endo dans les
bicyclo-heptanes, car seul le proton exo se couple avec le proton porté par le pont.
H
H
R
R
H
J ≠0
4 4
J=0
56
Elle peut être particulièrement élevée dans les systèmes tendus :
H
H H
18 Hz H
6,7-8Hz
5
Dans le cas de la constante de couplage J, les exemples se font très rares, surtout pour les systèmes
saturés, car pour observer ce type de couplage, il faut que les liaisons soient coplanaires ce qui est
difficile à respecter au bout de 4 à 5 liaisons.
Exemple :
H
H
C O
O b) Systèmes insaturés
O
4
π = -Acos2φ
Jπ
φ
H
H
(P) ( P ) contient les liaisons gras
La contribution 4Jπ est maximale pour les angles de torsion φ = 0 et φ = π et minimale pour φ = π/2
et φ = 3π
π/2 à cause du terme cos2φ. L’expérience d’ailleurs le confirme :
H H tBu
H CH3 H
H H
H CH3 H tBu
H H
H H H H
4
Jcis =-1,33 -1,17 -0,10
4
Jtrans =-1,75 -1,43 -0,63
57
Dans le cas des lactones, la contribution est maximale car la stéréochimie est favorable : φ ≈ 0° ou
180°
H H
4
O J = 4,1Hz
On peut s’attendre lorsque 4Jπ = 0 (φ ≈ 90°) à ce que 4J soit très faible, et c’est effectivement ce que
rapporte la littérature :
H
H
H
H
JHH= 1,1- 3Hz JHH= 1,1Hz
H H
5
J = 5,5-11Hz
Ce couplage est observé également dans les composés aromatiques, il est probablement transmis par
les liaisons en zig-zag du squelette carboné :
H
H
H H
N O
H
H
Le diagramme ci-dessous permet d’expliquer l’interaction spin-spin transmise par les électrons π, et
par conséquent les valeurs relativement élevées de 5J si l’on considère le nombre de liaisons.
58
:
Exemples :
H H
5
5 H H J = 2,2Hz
H2C CH2 J = 2,7Hz
6
H2C H J = -1,27Hz
Conclusion.
Les constantes de couplages apportent souvent des arguments essentiels pour l’identification
des structures et l’analyse conformationnelle. C’est un atout très important qui s’ajoute aux
déplacements chimiques, d’ailleurs ces deux paramètres sont toujours liés chaque fois que l’on
veut interpréter un spectre ou déterminer une structure.
59
SPECTRE DE RMN1H ET SYMETRIE MOLECULAIRE
L’utilité de la RMN1H réside dans le fait qu’elle s’approche le plus des structures imaginées par le
chimiste, étant donné qu’il y a des domaines discrets dans le spectre pour les différents noyaux :
aromatiques, oléfiniques,aliphatiques etc.…
En plus des déplacements chimiques, de la multiplicité des signaux et des constantes de couplage, la
symétrie est un autre facteur très important, car il est lié étroitement à l’allure du spectre de la
molécule. Dans ce chapitre, nous examinerons l’isomérie de structure et la chiralité.
Plus la symétrie est élevée plus le nombre de signaux est faible; ainsi si l’on considère les isomères
de structures de formule brute : C5H6O
O O O O A2
L’isomère 4 possède deux plans de symétrie et un axe d’ordre 2 (A2), il ne présente que deux
groupes de signaux, il se distingue bien des autres structures. De même pour les dimères du cétène
de formule brute : C4H4O2
A2
O A2 O H3C
O O
O O OH O
5 6 7 8
Le composé 6 possède 3 plans de symétrie et deux axes d’ordre deux, il présente le spectre le plus
simple (système A4) un seul signal, quant aux autres ils présent chacun deux groupes de signaux.
Dans la série des benzènes di substitués par des groupes R identiques, la symétrie moléculaire
permet bien d’enlever les ambiguïtés, en effet si l’on considère les isomères suivants :
60
R
HB HB
HA R HA
R
HA' HM
R HB
R R
HB' 9 10 11
L’isomère 11 possédant deux plans de symétrie et un axe d’ordre 2 a un spectre de type A4, il
présente un seul signal. L’isomère 10 a un seul plan de symétrie et un axe d’ordre 2 ; il a un spectre
de type AB2M, quant à l’isomère 9 il a un spectre de type AA’BB’.
Dans la série des cyclopropanes di substitués avec les mêmes groupements R la règle est la même,
l’isomère qui possède le plus d’éléments de symétrie, aura le spectre le plus simple :
H X
H H H
H H
X H
H H
H H X
H
X
12 X X 13 14
A4 ABX2 ABXX’
Exercices d’application
Peut-on faire la différence par RMN1H entre les structure A et B suivantes ? Expliquer comment.
a)
Cl Cl
NO2
B
NO2 A
b)
61
Cl Cl
et ; et
H COOH H H
A B
Cl A B Cl
Comme toutes les propriétés physico-chimiques, à part la rotation de la lumière polarisée, les
spectres de RMN1H des énantiomères et leurs racémiques sont identiques.
NH2 NH2
Ht CH3 H3C Ht
C6H5 C6H5
Cependant on a réussi à produire des différences de déplacements chimiques très faibles entre deux
énantiomères, par l’utilisation des solvants optiquement actifs. Ce résultat ne contredit pas ce que
nous avons avancé précédemment, mais il est dû vraisemblablement à l’interaction de type dipolaire
qui s’établi entre le solvant et le composé étudié et qui en résulte, si le solvant est par exemple de
configuration R, des diastéréoisomères dits d’association RR et RS qui sont donc des isomères
géométriques dont les caractéristiques physico-chimiques sont différentes ; c’est ce qui explique la
différence des déplacements chimiques dans ces conditions.
Cette méthodes peut servir, par exemple à déterminer la pureté optique d’énantiomères
imparfaitement séparés : il suffit de comparer les intensités par exemple des protons Ht, pourvu que
le solvant optiquement actif donne lieu à des association de type dipolaires.
II -b) Influence des centres optiquement actifs sur les groupes voisins.
Si la molécule possède un centre optiquement actif, l’équivalence des protons ou des groupes
voisins peut être supprimée par la seule présence de ce centre.
Ainsi on note la présence de deux doublets pour les méthyles de la L vanilline 15 et un système
ABX3 pour le méthylène de l’éthoxy à la place du quartet du composé 16.
C6H5
CO2H H
H3C
H3C CH
CH CH
C CH3
O
H3C NH2
H
15 16
62
Ce phénomène peut être facilement expliqué par des projections de Newman de la structure modèle
ci dessous. Les projections sont obtenues en faisant des rotations de 120° de C2 par rapport à C1.
H1 R H2 H1
a
a b a b a b
C1 C2 R
b H2 H1 H1 R R H2
c H2 c c c
On remarque que dans les trois rotamères, les protons H1 et H2 n’ont pas les mêmes
environnements ; c’est pourquoi ils ne sont pas magnétiquement équivalents.
Si on remplace R par H l’équivalence réapparaît.
Ce phénomène de non équivalence magnétique a été également observé lors des études de
molécules chirales ne possédant pas de carbone asymétrique :
O
S
CH3
S
O Les deux méthyles du groupe isopropényle présentent
S O
H3C un équart de 0,04 ppm
CH3
HO
Structure en "Hélice"
Et aussi dans les cas de molécules pro chirales qui sont de formule générale :
b CH2-R
c CH2-R
C’est à dire qu’elles sont obtenues en remplaçant le reste a par le reste –CH2-R
Exemple :
H O-CH2-CH3
H3C O-CH2-CH3
63
Dans le spectre de ce composé, les groupements éthyles se présentent sous forme d’un système
ABX3 ; les CH2 résonnent sous forme de seize raies.
D’une manière générale chaque fois qu’un groupe -CX2-R est voisin d’un centre chiral ou pro
chiral, les X deviennent non équivalents, on dit qu’ils sont diastéréotopes. Si au contraire,
l’environnement des X est équivalent par réflexion, ils sont dits énantiotropes. Dans ce dernier cas
on a soit que l’angle XCX est bissecté par un plan :
XX
Soit que la molécule possède un axe de symétrie d’ordre 2 (A2) perpendiculaire à la droite X-X.
X
X X Br
X
Br
Br
Br
A B .
L’isomère B possède un axe de symétrie (A2) ⊥ à la droite X-----X, ces deux protons sont
équivalents. Par contre les protons de l’isomère A sont magnétiquement non équivalent.
Remarque.
Le groupe –CX2-R peut être un moyen pour détecter la chiralité ou la non chiralité d’un système
cyclique. C’est un argument supplémentaire, qui s’ajoute aux déplacements chimiques et aux
constantes de couplage, pour caractériser les molécules comportant ces groupes.
Exercices.
1) Dites, si dans les composés suivants, les protons ou les groupes de protons sont diastéréotopes ou
énantiotropes.
64
Br
H3C CH3
H CH3
H H3C Br
O
O
H H
H H H
H
HO
O
NO2
H
H
CH2-C6H5
C CH3
H
H
H Br
CH3 H
2) Les protons des groupes méthylènes des composés A et B, résonnent à température ambiante
sous forme d’un système ABX3. Donner les conformations les plus probables.
H
O O
N
O
CH2-CH3
A NO2 B
4) Donner le nombre de pics des groupes en gras des composés A- F. On néglige le couplage
longue distance.
65
CH2-CH3
H H
H H
O-CH2-CH3
A B C
CH2-CH3 O
CH2-C6H5 CH2-C6H5
O H
CH2 H
D E F
CH3
66
INTERACTION DE PSEUDOCONTACT
Réactifs de déplacements chimiques
Lanthanides shifts reagents (LSR)
I) Introduction.
Ce sont pour la plupart des β- dicétones comportant un cation Ln3+au centre, les plus utilisées
sont les tris dipivaloylméthanoate et les tris heptafluorodiméthyloctanoate de lanthanides
Ln(dpm)3 et Ln(fod)3 :
t-Bu C2F5-CF2
O O
Ln3+ Ln3+
- -
O O
t-Bu 3 t-Bu 3
Il existe aussi des chélates chiraux que l’on utilise pour résoudre les spectres de mélanges
racémiques :
O
Ln3+
-
O
3
Par ailleurs, les chélates se compléxent avec les composés organiques qui possèdent des
groupements fonctionnels porteurs de pair libres.
67
Sander et William ont étudié leurs réactions de compléxation avec les principaux donneurs.
Selon ces auteurs, l’efficacité sur le déplacement chimique du groupe voisin du site complexé,
décroît comme suit :
Amine> alcool> Cétone> aldéhyde> éther> ester> nitrile.
Cependant, comme toute réaction de complexation, l’encombrement stérique et la disponibilité
du doublet doivent être considérés car des exceptions à cette règle ont été constatées ; par
exemple dans le cas des benzodiazépinones, c’est le carbonyle qui réagit en premier lieu.
III) Applications
Comme nous l’avons déjà signalé, ils permettent de réduire des spectres complexes à des
spectres de premier ordre, faciles à analyser et à interpréter et surtout, ils permettent d’extraire
les constantes de couplage. Actuellement, Grâce à la RMN1H de hauts champs ; supérieurs à
300 MHZ et aux techniques de la RMN à deux dimensions, l’extraction des constantes de
couplage et l’analyse des spectres sont devenus plus aisés, par contre l’application quantitative
est beaucoup plus intéressante, car elle repose sur la relation d’approche du chélate au site de
complexation. En effet, la géométrie du complexe LS (ligand-substrat) formé, donne des
renseignements sur celle du substrat lui même :
Soit ∆i = δi - δio
δi = déplacement chimique d’un proton Hi du substrat en présence du chélate.
δio= // // // // libre.
D’après la relation de Mac-Conell.
Cos2θi − 1
∆i = K
ri
Avec K = constante pour un complexe donné
ri = distance Ln-Hi
θi = l’angle formé par les directions Ln-H et Ln-site de complexation. (voir schéma)
Hi
ri
θ
Ln
S
L’addition progressive du chélate à la solution du substrat S montre que ∆i est une fonction
croissante du rapport L/S. Il existe donc un échange rapide, dans l’échelle du temps de la
résonance magnétique nucléaire entre les molécules complexées du substrat LS et les molécules
libres S.
On peut écrire :
[ LS] (1)
L + S LS K1 =
[L] [S]
[LS2]
LS2 K2 = (2)
LS + S [LS] [S]
On montre que lorsque [LS] est très petite devant [S], ∆i devient une fonction linéaire du rapport
[L]/[S].
Elle s’écrit :
68
1
∆ = ∆ilim x [L]
x
1 [S]
1+ K
∆ilim est la valeur de ∆i atteinte pour une complexation totale du substrat. On l’obtient
généralement par extrapolation.
∆lim
L/S
Pour étudier la géométrie du complexe LS il suffit de tracer les courbes expérimentales ∆i = f
(L/S) qui se réduisent à des droites de pente :
1
∆ ilim x
1
1+
K
si [S] <<[LS].
Remarque :
-Le rapport L/S peut varier par addition de S en maintenant [L] fixe ou inversement par addition
de L en maintenant [S] fixe.
-On peut aussi tracer sans aucune erreur d’interprétation les courbes δi= f(L/S).
δlim
L /S
69
- Les protons dont les ∆i ou les δi subissent le plus de variation, sont ceux qui sont les plus
proches du ou des sites de compléxation.
V) Exemple d’application.
CH3 HN CH3
O
N + O B
N
H O N
NH2 N
C2 H5 O
HN O
H3C A
Pour résoudre ce problème de structure, les auteurs ont pensé à utiliser les LSR non pas sur le
produit lui même, mais sur son dérivé monométhylé, car d’une part ce dernier est soluble dans le
CDCl3 ce qui minimise l’interaction solvant –LSR (en comparant avec le DMSOd6) et d’autre cela
permet d’ajouter un autre groupement dont le déplacement chimique pourrait- être affecté par
l’ajout du LSR
Le produit monométhylé peut avoir la structure A’ ou B’ selon qu’il provient de A ou de B.
70
Les auteurs ont utilisé l’Eu(fod)3, pour un rapport L/S < 0,3. Ils ont enregistré quatre spectres en
plus de celui du substrat libre, puis ils ont tracé les courbes δi = f(L/S) des principaux
groupements susceptibles d’être affectés par l’approche du ligand
N N
N
H3C N CH3
H3C N O
O B'
H3C A'
:
Le proton de l’hétérocycle pyrazolique, car situé à côté du doublet libre de l’atome d’azote, les deux
méthyles et le proton vinylique. Les résultats sont reportés dans la figure suivante :
δ en ppm
H-C=N
H-C=
N-CH3
C-CH3
1 ppm
: 0,01 L/S
Les déplacements chimiques qui ont subi des variations notables sont ceux du groupe N-CH3 et du
proton vinylique ; la complexation a eu lieu donc sur l’oxygène du carbonyle et non sur l’atome
d’azote de l’hétérocycle. D’autre part, le fait que ces deux groupements sont affectés prouve que la
structure en question est B’, car si c’était A’, le déplacement chimique de N-CH3, étant loin du
carbonyle, ne subirait aucune influence. Par conséquent, la structure du produit de départ est B
71
Annexe I
I/ Questions de cours
1) Quel est le système de spin des groupements indiqués dans les composés suivants ?
H
CH3 NH2
CH3
C6H5 C
CH3
O C6H5-C CH2CO2C2H5
H CH3
CH2-C6H5 H
2) Classer par ordre de déblindage croissant, les protons indiqués dans les structures
suivantes :
H2
H1 H2
O H3
H3
CH3
CH2-C6H5
3) a- La constante de couplage dépend-elle du champ magnétique appliqué ? justifier.
b- quelles sont les constantes de couplage qui peuvent exister entre les protons indiqués
dans les molécules suivantes
Br H3
H3 H5
H2
H1 H6 X
H2 H7
O
X= O, S, NH
4) Dans quelles conditions, peut-on mesurer les pourcentages de deux inverses optiques,
issus d’une réaction de synthèse asymétrique par la RMN1H ?
72
III/ Le spectre de RMN1H de la 1,5-diéthyl[1,5] Benzodiazépinedithione :
73
CH3
S
N
N
S
CH3
Est représenté par la figure II
74
1) les groupements méthylènes de l’éthyle sont-ils énantiotropes ou diastériotopes ?
justifier.
2) analyser au second ordre le système correspondant au méthylène en position 3.
3) représenter la conformation privilégiée.
********************************************************************************
*
*Session de juin 2000
I ) Questions de cours :
a- Utiliser les règles traitant des systèmes de spins pour :
- établir la matrice hamiltonienne du système à trois spins ABC
- trouver les déterminants séculaires et calculer la valeur de H22.
b- Définir le système ABX, et en donner deux exemples de votre choix.
- établir son diagramme énergétique. Quelle est dans ce cas la règle de sélection ?
- Quel est l’aspect (nombre de pics) de chaque partie de son spectre de RMN1H ?
II) Les groupements en caractères gras sont-ils magnétiquement équivalents ? Justifier vos
réponses.
H3C
O-CH2-C6H5 H3C O H3C
H CH2-C6H5
CH CHF-CH3
O-CH2-C6H5 H3C
H3C
H
Quelles sont les formes les plus probables, sous lesquelles apparaîtront-ils dans leurs spectres ?
I) 1-On considère le composé suivant :
O
3' 1'
3 F
N
2'
6
O 1N
PO(OET)2
C
H H
1'' 2''
Donner les différents couplages possibles de la partie allylique.
1- Son spectre de RMN1H pris dans le DMSOd6 a donné les paramètres suivants :
δ(ppm) en gras.
8,65 ( d, J=6,9Hz ;1H) ; 7,74 (dd, J=15,9Hz ;J=18 ,1Hz 1H) ; 6,17 ( dd, J=15,9Hz;J=10Hz,1H);
5,9-5,79 (m,2H ) ; 5,21-5,11(m, 1H);4,43(m, 2H) ; 4,03(q, J=7Hz4H) 1,25(t, J=7Hz 6H).
a/ Attribuer, en les justifiant, les différents déplacements chimiques.
b/ discuter l’isomérie E- Z de la double liaison en α l’hétérocycle.
*****************************************************************************
75
Session de juin 2002
1-Attribuer les différents signaux de la chaîne latérale de la molécule A (spectre fig. I). Justifier vos
réponses.
O
O
O
N
H3C N
N N
O
CH3
2- Expliquer, dans quelle condition, l’addition de l’Eu(fod)3 permet de distinguer entre les
signaux des deux méthyles.
A
II) Lors de l’halogénation de la benzothiazépine B, qui existe sous forme de deux
C6H5
C6H5
S
CH
S
CH
PCl5
CH
CH Cl
OH
N
N H
H O
O
B C
diastéréoisomères, par le pentachlorure de phosphore (PCl5 ), on obtient deux produits de
formule semi développée : C . Leur séparation a permis d’isoler les diastéréoisomères : C1 et
C2 dont les spectres de RMN1H sont donnés respectivement dans les figures II et III.
2- Les protons aliphatiques sont-il de type AB ou AX ? justifier votre réponse. Donner pour
chacun des composés, leurs déplacements chimiques.
2- Sur la base des données spectrales de ces protons, discuter l’isomèrie cis-trans de C1 et de
C2.
3- On remarque que l’un des protons de C2 est relativement blindé par rapport à ceux de C1.
Donner une explication.
4- L’alkylation de C1 par le bromoacétate de méthyle en milieu basique, conduit à un produit
monoalkylé. Son spectre de RMN1H est donné dans la figure IV.
a- Quel est le site de l’alkylation.
b- Les protons du groupe méthylène sont-ils diastéréotopes ? Si oui résoudre ce système.
c- Donner les déplacements chimiques des protons de l’hétérocycle à sept chaînons.
d- Lors de l’alkylation, y a- t- il eu conservation de la stéréochimie? Justifier votre réponse.
76
77
78
79
Sessions de rattrapage- 1999/2000
I) L’ordre d’un spectre dépend-t-il du rapport : Jij/νοδ ? A partir de quelle valeur, un
système de deux spins est de type AB ? Expliquer par quel moyen peut-on passer
d’un système AB à un système AX.
II) Classer par ordre de déblindage croissant les protons a,b,c et CH3 ; puis les méthyles
d et e de la structure suivante :
Hb Ha
Hc
H3C
O
CH3 e
CH3
d
1) Classer les protons a-d par ordre de déblindage croissant. Justifier votre réponse.
CH3
Hc
Ha
Hd
Hb
2) Expliquer comment par RMN1H on peut distinguer entre les deux structures.
H3CO
OCH3 H3CO
H
H H
H3CO H
O O
3) Quel est le nombre de pics le plus probable des groupements indiqués :
80
CH 2
CH 3
O
CH 3
O
CH 2
H 3C
NO 2
Hb Ha
Hc NO 2
CH 3
Jo > Jm>Jp ≈ 0
4) Lors d’une manipulation des auteurs ont isolé deux diastéréoisomères a et b de même
formule semi-développée A.
1
N 2
N 3
4
CH
HN CH3
CH 5
6
H3C
A
Les paramètres spectraux (J et δ) des positions 6 sont presque identiques pour les deux
composés, par contre, ils ont constaté que H4 de a est plus blindé que celui de b alors que le
méthyle de cette même position de a est plus déblindé que celui de b.
a) expliquer ce résultat.
b) Sachant que H4 et H6 de a présentent les constantes respectives 3JH4H5= 9,8 Hz et 3JH5H6
9,78 Hz, quelles sont les structures de a et de b.
********************************************************************************
Session de rattrapage-Novembre 2002
I) Classer par ordre de déblindage croisant les protons en caractères gras du composé
suivant. Justifier vos réponses.
81
Hc
OCH3
He
Ha
Hb
CH3
O2N N CH3
O H
2- Quels sont les problèmes que les réactifs de pseudo contact ( LSR) permettent de
résoudre ?Donner un exemple.
II) Le spectre de RMN1H pris dans le DMSOd6 de la benzothiazinone :
C6H5
S 4
3 Cl
1 2
N
1'
O
O
O
CH3
est donnée dans la figure A ci-jointe.
82
83
1- Quel est le système de spin des protons en position 1’ et celui des protons en positions 3 et
4 ? justifier vos réponses.
2- Attribuer les signaux de la partie aliphatique du spectre.
3- Discuter l’isomérie cis-trans autour de la liaison C3 - C4
I) Questions de cours :
a- Utiliser les règles traitant des systèmes de spins pour :
- établir la matrice hamiltonienne du système à trois spins ABC
- trouver les déterminants séculaires et calculer la valeur de H23.
b- Définir le système ABX, et en donner deux exemples de votre choix.
- établir son diagramme énergétique. Quelle est dans ce cas la règle de sélection ?
- Quel est l’aspect (nombre de pics) de chaque partie de son spectre de RMN1H ?
II) Les groupements en caractères gras sont-ils magnétiquement équivalents ?
H3C
O-CH2-C6H5
H3C
H
CH CHF-CH3
O-CH2-C6H5 Cl
H H3C
H Cl
Quels sont les aspects les plus probables, sous lesquels apparaîtront-ils dans leurs spectres ?
Justifier vos réponses.
III) Le spectre de RMN1H pris dans le CDCl3 en présence de quelques gouttes de D2O, de
L’acide de formule semi développée :
84
OCH3
O H2C H2C HC HC
CH2
HO
a donné les termes spectraux suivants : δ(ppm) 7,26 (d, 2H, J=8,7 Hz) ; 6,59(d, 2H, J=8,7 Hz) ;
6,35 (d, 2H, J=15,7 Hz) ; 6,10-5,96( m, 1H) ; 3,08(s, 3H) ; 2,41 (t, 2H, J=7,4 Hz) ; 2,26 (q, 2H,
J= 7,4 Hz) ; 1,28 (quint, 2H, J=7,4 Hz).
a- Attribuer, en les justifiant, ces différents paramètres.
b- Discuter l’isomérie géométrique E – Z de cet acide.
VI) Expliquer par RMN1H, comment peut-on distinguer entre les structures isomères suivantes:
CH3
CH3
et H3C N
CH3
N CH3
N N
CH3
H
Br
et Br
H
H
H O
O
O
O
et H
H3C
Cl CH3 Cl
H
85
Année universitaire 2007/2008
Examen de RMN1H durée 1h 30 mn
1) Question de cours
Définir le système ABX et donner deux exemples de votre choix. Décrire brièvement comment on
le résout.
2- Classer par ordre de déblindage croissant les protons en caractères gras du composé suivant.
Justifier votre réponse.
H
Ha
OH
H3C
e Hb
CH3
a
3- Donner les différentes constantes de couplage qui peuvent exister dans le spectre du composé
suivant : F
6
NO2
5
1
4 2
3 CH3
O
C
H P H2
1' O
H
2' H2C
CH3
H B
A
86
Les principes de base de la RMN (suite)
Dans le premier chapitre, nous avons décrit le phénomène de la RMN, en nous basant sur la
mécanique quantique, or ce phénomène, comme nous allons le voir, fait également appel à la
physique classique, c’est pourquoi pour le cerner davantage, on doit combiner la mécanique
quantique et la physique classiques.
Nous essayerons dans ce chapitre d’examiner d’abord le noyau isolé par la méthode à onde
continue, nous généraliserons aux systèmes macroscopiques et en fin nous terminerons par un
aperçu sur la RMN pulsée. Dans ce dernier cas, nous restreindrons notre étude à quelques
expériences que nous utiliserons ultérieurement.
A) Etude du phénomène par la méthode à onde continue (C.W) - Appareils de routines
I) Processus de résonance du spin isolé.
Comme nous l’avons vu le noyau est assimilable à un dipôle magnétique µ, ce dernier une fois mis
dans un champ magnétique Bo, adopte l’orientation // ou anti //.
D’après la loi de Boltzmann, la répartition des noyaux se fait entre les niveaux α et β de telle
manière que :
- ∆E
Nα KT
= e
Nβ
- γh Bo
Nα e 2π KT
=
Nβ
Nα et Nβ sont les populations respectives des niveaux α et β.
Au moment de l’absorption d’un quantum d’énergie hν, µ bascule et commence à tourner sous
l’effet d’un moment de rotation qui tend à l’orienter dans la direction du champ. Cet impulsion
propre du noyau engendre un mouvement de précession de µ autour de l’axe Oz ( Théorie du
gyroscope).
z z
Bo µ µ
hυ
y y
Wo
x x
Figure 1
1
Wo = γΒ ο υο = γΒ ο
π
2π
87
L’essentiel pour le processus de résonance est qu’il existe un champ magnétique B1(figure 2) dans
le plan xy qui tourne à la vitesse W, et tel que W = Wo . Il doit être perpendiculaire à µ xy et de
plus, il peut faire basculer µ en agissant sur celui-ci. C’est à dire que ce champ B1 est capable de
produire l’énergie hνo, nécessaire à la résonance.
z
Bo µ
µ XY y
B1
x
Figure 2
Pour ce faire, imaginons en plus du repère du laboratoire K(x,y,z), un repère K’(x’,y’,z) tournant
autour de l’axe Oz à la vitesse W.
y'
x'
y
En K’, µ subit l’action de Bo (champ statique) et d’un champ fictif Bf de valeur égale à W/γ, celui-
ci est dû aux mouvement relatif de K et K’. Il va de soi qu’en K’, le vecteur µ est fixe quand W =
Wo.
Soit B’ le champ résultant :
B’ = Bo+ Bf
B’ = Bo + W/γ
Si nous appliquons maintenant B1 stationnaire en K’ selon l’axe des x donc perpendiculaire à Bo,
nous aurons la relation :
B effectif = B’ + B1
= Bo + W/γ +B1 (1)
comme Wo = - γBo ; γ = -Wo/Bo ( le signe – dû est à l’orientation voir figure 1) la relation (1)
devient :
88
B1
θ=
tgθ
Bo(1- W )
Wo
z
Bo+W/γ
Befficace
θ
B1 x
Représentation de B effectif
Mais puisque Bo est très grand devant B1, on constate ce qui suit :
1- Si Wo diffère beaucoup de W, Beff sera orienté parallèlement avec l’axe Oz aussi
bien pourWo < W que pour Wo > W , car dans les deux cas, tg θ ≈ 0 donc θ ≈ 0 ou
θ ≈ 180°
2- Si Wo ≈ W ⇒ tg θ → ∞ ⇒ θ = 90° et par conséquent, Beff = B1 c’est à dire que la
condition 2 est la condition typique de résonance, puisqu’une perturbation minime
(B1<< Bo) mais continue du système, entraîne un changement très important.
3- Le système n’est influencé que lorsque W = Wo.
En pratique le champ magnétique B1 est produit par un oscillateur dans la direction Ox du
référentiel K(x,y,z) , il est de l’ordre 10-6Tesla.
B1= k.10-6Tesla
89
z
Bo µ
x
Si au moyen, d’une bobine émettrice, on crée le champ B1 dans la direction Ox ,et qui est
temporairement continue dans K’. Lorsque W sera égale à Wo ( à la résonance), il se produit une
interaction entre M et B1 et par suite M est déviée de sa position d’équilibre. La composante Mz de
M diminue, en même temps, il apparaît une magnétisation transversale dans le plan xy, notée Mxy.
Pour revenir à son état de repos, M décrit un mouvement de précession autour de l’axe Oz.(figure
3)
z
z
Bo
Mz α M M
y y
B1 Mxy
x x
Comme M est animé d’un mouvement de précession autour de Oz, la magnétisation transversale
Mxy est variable périodiquement par rapport à Ox ou par rapport à Oy, elle peut donc être mise en
évidence par une bobine réceptrice adéquate, placée par exemple selon l’axe Oy.
La déviation de M est proportionnelle à l’intensité de B1(HF). La composante My peut être calculée
par l’équation de Bloch.
- MoγγB1T1
My =
1 + T2 (Wo-W) + γ2 B1 T1T2
2 2 2
90
1- Relaxation longitudinale T1
A la résonance, le système est perturbé, il y a décroissance de la composante Mz et apparition de la
composante transversale Mxy. Pour retrouver la répartition d’équilibre (Mz = Mo), entre les
niveaux α et β, le système réclame un temps T1, celui-ci est lié à la composante Mz par la relation :
Mz = Mo (1 - e-t/T1 )
Figure 4
2- Relaxation transversale T2
La durée du temps nécessaire, pour que la composante transversale Mxy revient à l’état d’équilibre
est appelée temps de relaxation transversale T2 ou temps de relaxation spin-spin, car ici, l’échange
d’énergie lors du retour à l’état d’équilibre se fait entre les systèmes de spins.
T2 et Mxy sont liés par l’équation : MXY =MXYo e-t/T2. Elle peut être aussi déduite de la courbe
Mxy = f(t) comme l’indique la figure 5 :
91
Figure 5
Sa valeur dépend des champs magnétiques fluctuants (interactions moléculaires), mais surtout de
l’inhomogénéité du champ statique Bo, qui par son influence sur Mxy réduit T2. En effet, les
moments nucléaires µ ne sont pas exposés à Bo mais à Bo ± ∆Bo et par conséquent leurs
fréquences de Larmor sont différentes et leurs vitesses aussi. Les mouvements de précession des
divers moments ne sont pas en phase. On aboutit à un étalement de la magnétisation. (Figure 6)
x y'
y x'
a
Wa>Wo
Wb<Wo
K K'
Figure 6
Ce qui se traduit par un élargissement de la raie de résonance, c’est la raison pour laquelle on doit
d’abord régler l’homogénéité du champ statique Bo, en jouant sur la vitesse de rotation du tube de
RMN.
Si l’on compare T1 et T2, la plupart des processus montrent que T2 ≤ T1.
Concernant l’intensité du signal I, on montre aussi que I et T2 sont liées :
B1T2
I(w) = K.x I = Imax ; si W= Wo
1 + (Wo -W)T2
92
α = γ B1 tp
γ B1 = Amplitude de l’impulsion
tp = durée de l’impulsion
On peut faire varier les deux paramètres pour obtenir des angles particulièrement intéressants, par
exemple ; si α = 90° M est dans le plan xy ; le signal reçu par le récepteur placé selon l’axe Oy est
maximale. Si α = 180° M est inversé : nous avons une polarisation négative
z z z
α
α=90°
α=180°
M
y M y y
B1 B1 B1
x x x M
π
y y
y y
y
x x d x
e
x a x c
b π/2 π/2
π/2
Figure 6
Au temps t = τo, aucun signal n’est perçu par le récepteur, car l’échantillon n’est pas magnétisé en
ce moment. L’application de la relation : τo = T1ln 2 nous permet de calculer T1.
93
Application de la méthode au toluène, figure ci-dessous
La figure a été réalisée en faisant varier τ de 0,01à 50s. Chaque spectre de RMN1H est le résultat
d’une séquence d’impulsion π---τ--- π/2
On note le passage à zéro pour les protons aromatiques à 2,25s. L’application de τo = T1ln 2 nous
donne T1 = 3s. Pour le méthyle, T1 est plus court que celui des protons aromatiques, car comme le
montre la figure, son passage à zéro est inférieur à 2,25s.
94
z z
z
τ π
y
π/2 y
y
y
x c
x d
x a x b
x e
π/2---------τ------π--------τ----- FID
En (a) M est orientée selon l’axe z. A l’aide d’une impulsion de π/2 dans la direction x, on le fait
basculer dans la direction y du référentiel K(b), c’est alors que commence la relaxation transversale
et son étalement dans le plan xy à cause de l’inhomogénéité du champ Bo. En (c) M diminue. Si
après un certain temps τ, on applique une deuxième impulsion de π, tous les vecteurs basculent
dans la direction y négative (d), mais leurs mouvements relatives font qu’après un temps global de
deux τ (depuis la première impulsion), qu’ils se focalisent tous, vers la direction y négative. La
magnétisation transversale Mxy est ainsi reconstituée (e).
Elle peut être décelée, sous forme d’écho de spin, au moyen d’un détecteur. L’inhomogénéité de
l’action de Bo qui influence Mxy et par conséquent T2, est ainsi éliminée.
Remarque :
On peut maintenir l’amplitude du signal, par des impulsions répétées à τ, 3 τ, 5 τ … et enregistrer le
signal à des nombres pair de τ : 2 τ, 4 τ …
95
La résonance magnétique nucléaire du carbone 13
I) Introduction
La RMN13C n’a commencé à attirer l’attention des chercheurs qu’à partir des débuts des années
soixante, et ce à cause de deux facteurs essentiels qui régissent ce phénomène : La sensibilité et
l’abondance naturelle. ( On rappelle que la sensibilité relative du noyau 13C par rapport au noyau
d’hydrogène est de 0,016 et que l’abondance naturelle est de 1,108%). En effet la réceptivité
relative d’un noyau X , compte tenu de la formule de sensibilité(voir chapitre I), est donnée par la
relation :
γx NxIx(Ix+1)
3
p
D (X)=
γp NpIp(Ip+1)
3
96
L’effet Overhauser, connu sous le macronime NOE, par l’abréviation de Nuclear Overhausser
Effet, évoque toujours la variation de l’intensité d’un signal de RMN, en relation avec la technique
de double résonance. Dans cette partie, nous essayerons de comprendre ce phénomène, par l’étude
de deux models : le système IS et le système I(A)I(X).
Nous allons montré, à l’aide des différents états de spin de ce système et des différentes transitions
possibles, pourquoi l’intensité du signal RMN augmente, si l’on irradie, au moment de la résonance
nucléaire, avec la fréquence de résonance électronique νs.
97
ββ αα αβ
αβ
P1 αα βα P1'
βα ββ
Signal RMN Signal RSE
P2 et Po n’ont d’importance que, lorsqu’il existe une interaction de type spin-spin entre les deux
particules; elles correspondent aux transitions simultanées des deux spins.
D’après ce diagramme, ce qui est important, est que si l’on sature la résonance électronique, à
l’aide d’un champ oscillant (HF) de fréquence νs c’est à dire que l’on provoque les transitions :
(3) (1) et (4) (2) les répartitions de Boltzman entre ces états sont perturbées ;
les états (3) et (4) verront leurs populations diminuées au profit des populations des états (1) et (2)
qui augmentent.
Cette perturbation pourra être compensée par un nombre élevé de transitions de relaxation de l’état
(1) vers l’état (4), ce qui se traduit par un accroissement de Po et par conséquent le niveau (4) se
peuple de nouveau. Ce qui aura aussi une conséquence positive sur la résonance nucléaire puisque
les probabilités des transitions :
(4) (3)
et (2) (1)
augmentent, on aura une forte absorption car le niveau (2) est surpeuplé alors que le niveau (3) est
sous peuplé. On assiste globalement à un transfert des populations de spin de (3) (1)(4)(2).
Il se produit une polarisation de la répartition des spins nucléaires. Cet effet est appelé Polarisation
nucléaire dynamique. Seulement, peut-on avoir cette polarisation ?
L’étape clef est la transition de relaxation (1) (4) qui suppose le basculement de I et de S
simultanément et qui ne peut être obtenue de manière prépondérante que s’il existe une forte
interaction spin-spin qui varie au cours du temps.
Montrons que cette transition est fort probable.
Pour ce faire, examinons la transition (1) (4) :
Soient Nαnβ et Nβnα (N pour le noyau et n pour l’électron) les populations de spins respectives des
états (1) et (4) et soient Pαβ βα et P βα αβles probabilités de transitions respectives de (1) (4) et
(4) (1) ; à l’équilibre le nombre de transition dans un sens est égal à celui dans l’autre. D’où
Nαnβ x Pαβ βα = Nβnα x Pβα αβ . En appliquant la relation de Boltzmann on obtient :
∆E
Nαnβ Pβα αβ - kT
= Pαβ =e
Nβnα βα
Où ∆E = h(νs + νi)
De plus, si nous saturons la résonance électronique on obtient nα= nβ
⇒
Nα - ∆E
= e kT
Nβ
hυi
Nα - kT
Nβ
=e
et par conséquence
98
Nα
<1
Nβ
La polarisation est ainsi prouvée dans le cas du système IS. L’état (4) sera repeuplé au cour du
temps
(1)
αα
P1x P 1A
signal de A
signal de X
P2
(2) αβ Po βα (3)
Signal de X
P1A Signal de A
P1x
ββ
(4)
Le traitement quantitatif, nous conduit à l’équation dite de Salomon. Elle nous donne
l’accroissement de la magnétisation MzX par rapport à la magnétisation d’équilibre MoX provoqué
par l’irradiation de A, avec la fréquence νA produite par un champ supplémentaire. C’est à dire
l’accroissement du signal de X induit par l’irradiation simultanée de A avec la fréquence de
résonance νA de A.
P2 - Po γΑ
MzX x
= 1+ X γx
X 2P1 + P2 + Po
Mo
S’il n’y a qu’une simple interaction, type dipôle dipôle on a :
99
P2 : P1 : Po =1 :1/4 :1/6 ⇒ la relation précédentes devient :
MzX γΑ
= 1+ 2γ
MoX x
γΑ
= η est appelé facteur de renforcement
2γx nucléaire d'overhauser
Si γA= γX c’est à dire qu’il s’agit du même noyau ; l’accroissement peut atteindre 50%
Pour le système de spin 1H 13C l’accroissement avoisine les 200% car le rapport γH/γC = 4
L’accroissement des signaux est désigné par l’effet NOE (Nuclear Ovehauser Enhancement).
L’effet NOE permet donc d’accroître les intensités des noyaux très peu sensibles et peu
abondants dans la nature, tel le 13C. Pour la RMN de ce dernier L’effet NOE est produit à
l’aide de découplage à large bande 1H.
µo
P2-Po =( )2 x 1 h2γΑ2γX2τcr-6
2-
π
4π
µo = moment magnétique induit par Bo
τc = temps de corrélation pour la réorientation moléculaire = temps moyen nécessaire pour qu’une
molécule accomplit une rotation.
D’où l’importance de l’utilisation de l’effet NOE en RMN homo nucléaire, car elle porte, grâce à
cette formule, une aide précieuse pour identifier des structures, surtout quand il s’agit de déterminer
à l’intérieur d’une même molécule lequel des deux noyaux A ou B est plus proche d’un autre noyau
C. Ainsi par exemple, on peut utiliser cette technique pour résoudre des problèmes de structures
liés à l’isomérie cis-trans et aussi pour étudier des équilibres conformationnels.
En pratique, on irradie à l’aide d’un champ découpleur B2 le noyau A avec la fréquence νA et en
même temps, on suit l’intégration de C, puis on refait la même chose avec le noyau B, en l’irradiant
avec νB.
L’intensité de C la plus importante des deux cas, correspond à la distance la plus courte. Les
distances et les intensité sont reliées dans la formule :
ηAC rBC 6
= ( ) η = intensité
ηBC rAC
Cette formule est valable, si les pairs AC et BC ont le même temps de corrélation et s’il n’existe
pas d’effet NOE entre A et B.
La première condition est toujours remplie si le système est rigide.
application
L’effet NOE permet de distinguer entre les deux structures suivantes :
100
H3CO
H CH3
H
H3C
OCH3
H3C
H3C
(b)
(a)
Si on irradie le méthyle en position axiale, l’intensité du signal du proton en 1 de la structure (a)
augmente alors que celle de (b) reste inaltéré.
On peut aussi distinguer la structure cis de la structure trans :
CH2-CH3
H3C CH2-CH3
H3C
L’irradiation du méthylène dans la structure cis fait augmenter l’intensité du méthyle lié à la double
liaison.
2) Découplage large bande
z z
z
x1
τ X2 π
y
π/2 y x2 y
y
X1 x d
x a x b
x c
e
x
101
3) Techniques d’attribution
Au début la technique qui était la plus utilisée, était la technique de découplage off résonance. Elle
est remplacée aujourd’hui par d’autres technique uni- ou bidimensionnelles modernes. Nous
traitons dans ce paragraphe les techniques qui sont aujourd’hui les plus répandues.
a) Expérience de découplage off résonance
Il s’agit d’un découplage partiel car la fréquence de découplage due à B2 ν2, se situe juste au delà
du domaine des fréquences de résonance des protons. Cette méthode a l’avantage de maintenir le
gain en intensité par l’effet NOE et aussi l’aspect dû au couplage 1J (1H-13C ) des différents noyaux.
Ils s’ensuit que les carbones primaires résonnent sous forme de quartet, les carbones secondaires
sous forme de triplet et tertiaire sous forme de doublets et les carbones quaternaires sous forme de
singulet.
Exemple : Spectres de l’acétate de vinyle (CH3-CO-CH=CH2)
α) Découplé
τ τ FID
π/2 π
Découpleur1H
Si à la fin du temps d’évolution, on annule l’effet du couplage scalaire 1H-13C, par le découpleur
1
H, des positions caractéristiques des vecteurs de Bloch (magnétisations) peuvent être exploitées.
En effet les courbes donnant l’intensité de signal I(CHn) en fonction de τ montrent que l’on peut
choisir des durée d’évolution particulières pour obtenir des pics caractéristiques.
I(CHn)=f(τ)
102
τ
1/2J 1/J 3/2J 2/J
---- Cq
CH
CH3
CH2
Ces courbes représentent les équations :
CH; I = IoCos (πJτ)
CH2; I = IoCos 2 (πJτ)
CH3; I = IoCos 3(πJτ)
D’après ces courbes deux valeurs de τ présentent de l’intérêt :
- τ = 1/2J les signaux des CH, CH2, et CH3 s’annulent sauf celui de Cq.
Les vecteurs de Bloch correspondants sont:
Cq
CH CH 2 CH 3
- τ = 1/J, dans ce cas on aura des signaux positifs pour Cq et CH2 et des signaux négatifs pour
CH et CH3, les vecteurs de Bloch correspondants sont :
Cq CH CH2 CH3
Quant à la méthode APT, le principe est le même, sauf qu’elle introduit, avant le FID, une
deuxième SEFT mais de courte durée, afin d’éliminer la magnétisation longitudinale Mz13C qui peut
encore être présente après deux 2τ ; étant donné que T1 du carbone 13 est assez longue.
103
Conclusion
La technique SEFT ou APT permet de séparer les signaux des Cq et des CH2 d’un côté (sens
positifs) et ceux des CH et des CH3 de l’autre.
La SEFT pour un temps d’évolution τ = 1/2J donne uniquement les signaux des Cq, s’ils existent
dans la molécule et par conséquence, par simple comparaison, avec le spectre SEFT pris pour τ =
1/J on déduit les signaux relatifs aux CH2.
Si l’on compare la SEFT et la technique off résonance, on voit que l’attribution des signaux par la
SEFT est plus aisées, surtout lorsque la molécule comporte plusieurs carbones qui résonnent dans
un espace réduit.
Cependant la SEFT, elle aussi, a des limites, car si on peut attribuer sans ambiguïté les signaux des
Cq et de CH2, on ne peut affirmer avec certitude ceux des CH et des CH3 tous négatifs. Pour
remédier à ce problème, on utilise aujourd’hui les expériences basées sur le transfert de
polarisation : INEPT (insensitive nuclei enhanced by polarisation transfert) et DEPT (distortionless
enhancement by polarisation transfert). Mais c’est cette dernière qui est la plus utilisée.
104
O
O
CH3
CH3
-
O
+ N
N
O CH
O
61.12
62.42
100
50
142.14
164.51 150.84 128.27 104.63 76.50
-50
-100
121.52 114.86 106.57 78.00 13.95
13.15
150 100 50 0
105
c) La technique DEPT
Comme nous l’avons annoncé, cette technique est basée sur le transfert de polarisation hétéro
nucléaire, qui consiste en les séquences d’impulsion suivantes :
τ =1/2J τ θy
1
H (π/2)x (π)x
τ =1/2J τ FID
13
C (π/2)x (π)x
Si on trace dans ces conditions les intensités I(CHn) = f(τ) (voir figure) on constate après une durée
τ = 3/2J, que les signaux des divers 13C ont passé au moins une fois par une phase positive.
L’angle de la dernière impulsion θy de 1H pour certains groupe, peut être optimisé pour la sélection
du signal. En effet posons θy= πJττ et faisons varier θy
Si
- θy = π/4 τ=1/4J, La DEPT nous donne les pics des CH, CH2 et CH3 tous positifs
c’est le spectre : S1
I(CHn)= f(ττ)
CH CH3 CH2
Ainsi les signaux des différents groupements CH, CH2 et CH3 s’obtiennent à partir des différents
spectres partiels : S1, S2 et S3 : selon les combinaisons suivantes :
δ(CH) = S2
δ(CH2) = S1 - S3
δ(CH3) = S1 + S3 – 1,414 S2
Naturellement les signaux manquants dans ces spectres, sont ceux des carbones quaternaires. Ils
peuvent être obtenus par simple comparaison avec un spectre de 13C totalement découplé.
Remarques :
106
• Souvent on choisit le spectre DEPT simplifié pour un angle θy =135°. Dans ce spectre, les
groupements CH et CH3 ont des signaux positifs et les CH2 ont des signaux négatifs.
• La dépendance du temps d’évolution τ de J, impose fréquemment des expériences séparées
car
1
J (1H-13C), diffère trop lorsqu’on passe de Csp à Csp3. (Voir V)
• Le spectre SEFT et le spectre DEPT 135°simplifié présentent :
Exercices
a) En utilisant la techniques DEPT attribuer les signaux des spectres, pris dans le CDCl3, du
camphre
Pourquoi le signal relatif au solvant CDCl3 n’apparaît pas dans les sous spectres DEPT ?
107
III) Déplacements chimiques
Les déplacements chimiques de 13C couvrent environs 250 ppm. Ce domaine peut être réparti,
comme pour la RMN1H, en domaines aliphatiques, acétylèniques, oléfiniques etc. Les carbones
des fonctions carbonyles sont les plus déblindés.
Caromatiques C-CH3
Coléfiniques
C-O
R-COO-R Cacétylèniques
R-CO-R
Le déplacement chimique de 13C est dû, comme pour le proton, à l’effet de son environnement que
nous avons représenté par σ dans la valeur du champ local :
Blocal= (1-σ)B°
et qui se traduit par un blindage ou un déblindage. On rappelle que σ est composée des
contributions diamagnétiques σdsubi, paramagnétiques σpsubi ainsi que de l’effet des groupements
voisins σ’.
σ = σdsui + σpsubi σ
108
(Diamagnétique = s’oppose à l’action du champs extérieur Bo. Paramagnétique = renforce l’action
du champs magnétique extérieur Bo)
Cependant, à cause de la présence des orbitales P, le noyau 13C se comporte comme les noyaux
lourds et c’est le terme σpsubi qui joue un rôle essentiel, suivi de σdsubi dans la valeur du déplacement
chimique. Alors que σ’ qui joue un rôle prédominant en RMN1H ici sa contribution est très faible.
Examinons les contributions de σdsubi et de σpsubi
a) Influence de σdsubi
La contribution des noyaux j situés à la distance Rij à la constante d’écran σdsubi du noyau i est :
2
e
µo
Σ Z . R -1
σd = π
i . .
i = j j ij
4 3me
µ o = moment induit par Bo
Zj = nombre atomique du noyau j
Cette formule montre bien l’influence des noyaux lourds par la présence de Z. Plus Z est important
plus le renforcement diamagnétique est important, et donc plus le blindage est important.
L’atome d’iode, figure 1, illustre bien cet effet.
200
100
0
Nombre d'atome d'iode
Effet des atomes lourds sur δ13C
Figure 1
b) Contribution paramagnétique σp
Les études théoriques ont montré que la contribution paramagnétiques (déblindage) est :
1
Σj
i 1
σp = - Qij
∆E ri3 i=
Où
∆E = l’énergie de transition électronique des couches de valence du carbone
109
ri = rayon moyen de l’orbitale 2 Pz du carbone
Qij= terme d’ordre de liaison qui provient de la présence de liaisons π
Cette formule permet d’expliquer l’influence que peut avoir certains substituants sur le
déplacement chimique, mais ici on ne peut faire de calculs rigoureux, car ça dépasse le cadre
de ce cours.
Puisque σpi dépend de ∆E, toutes les transitions électroniques n→ π*, n → σ* ont de
l’importance, sauf les transitions π→π* qui sont éliminées pour cause de symétrie. Toujours
d’après cette formule, étant donné que ∆E se trouve au dénominateur, les contributions les plus
importantes sont celle de moindre énergie, ce qui est confirmé par le déblindage notable
lorsqu’on passe des alcanes aux alcènes et des alcènes aux composés carbonylés.
On montre même l’existence pour les carbonyles d’une corrélation entre l’énergie de transition
n→ π*
et le déplacement chimique du C=O.
Quant au terme Qij, il est surtout présent dans le cas des allènes :
ΣQij 0 0 0 0,8
∆σ = K ∆ρ
110
Densité de charge π
1,1
1 -
0,6
0,5 2+
142,6
107,8 O
H3C O
CH3 H
O O2N
N(CH3)2
C C
C C
C
∆δ= −11,8 −8,1 0 +6 +4
∆δ = δc - δC6H6
NB En plus des effets électroniques, on doit aussi tenir compte des effet stériques.
111
Ainsi, on voit d’après ces données qu’il y a corrélation entre la densité de charge et le
déblindage ou le blindage, comme pour le noyau 1H.
Exercice d’application
Dépendance du déplacement chimique du pH. Cas de la pyridine.
La variation des déplacements chimiques des13C, de la pyridine sont données dans la figure
suivante.
PH
C(2,6) C4 C(3,5)
10-
5-
1-
* * * * * * * δ13C
150 145 140 135 130 125 120
5 3
+ H+
6 2
N
N
N N
H H
On voit que les carbones C3, C5 et C4 répondent bien aux variations des densités de charge (les
deux premiers par effet inductif et le dernier par effet mésomère, car la protonation de l’atome
d’azote crée des charges partielles positives en milieu fortement acide, en ces cites les rayons des
112
orbitales Pz ri diminuent et les valeurs absolues de σ augmentent, d’où renforcement de déblindage
et quand le pH augmente, on assiste à l’inverse du phénomène. Mais ce qui est inattendu c’est le
blindage, en milieu acide, des carbones C2 et C6 qui normalement doivent subir les mêmes
phénomènes, c’est à dire porter des charges partielles positives, dues à leur protonation, et être
déblindés comme les autres carbones. Cependant leur blindage peut être expliqué aisément, car on
assiste ici à deux effets compétitifs; d’une part la densité de charge qui renforce le déblindage
(déficience en électron) et d’autre part le facteur ∆Ε qui ici renforce le blindage.
En effet, lorsqu’on protone l’atome d’azote, on transforme la transition n ⇒ π* en transition σ ⇒
π* de forte énergie, donc ∆Ε croit et par conséquent |σp|↓d’où le blindage de ces sites.
Conclusion :
En RMN13C, les facteurs importants dont dépend le déplacement chimique sont surtout σp et σd,
σ’qui est due aux effets d’anisotropie, a une importance très faible car sa contribution reste
inférieur à un ppm, valeur relativement faible sur l’échelles des déplacements chimiques de cette
spectroscopie.
Les courants de cycle ont aussi un effet très faible, probablement parce que les carbones sont situés
sur la spire elle même, où le champ magnétique induit est nul. C’est ce qui explique aussi le fait
que les déplacements chimiques des carbones oléfiniques et aromatiques se trouvent dans la même
zone.
δ (Ci) = B + Σj nj Aj
B= c’est la valeur de base de Ci dans l’hydrocarbure saturé considéré. Voir le tableau qui suit :
composé C1 C2 C3
méthane -2,3
éthane 5,7
propane 15,4 15,9
butane 13 24,8
pentane 13,7 22,6 34,5
113
Aj = l’incrément de δ dû à la substitution en α et β ou en γ
nj = le nombre de substituants dans une position donnée.
Les divers essais de cette formule, ont permis d’obtenir pou Aj les valeurs suivantes :
Aα= +9,1 ; Aβ = +9,4 et Aγ = -2,6
On trouve aussi, dans la littérature d’autres formules qui tiennent compte des ramifications.
Dans le cas des cycloalcanes, la substitution d’atome d’hydrogène par un méthyle apporte
parfois des renseignements intéressants sur la structure, car l’incrément à ajouter, selon que le
méthyle est en positon axiale ou équatorial est caractéristique.
H 33,2 H3C 29
CH3
27,51
H
Le même raisonnement peut être suivi si on traite d’autres classes de composés : On prend le
déplacement chimique de la fonction caractéristique comme valeur de base, puis par additivité
des incréments dus aux différents substituants, on obtient le déplacement chimique du site
considéré.
114
Les incréments dus aux différents substituants sont donnés dans la littérature. Nous en
donnons, dans le tableau suivant quelques valeurs:
On rappelle que la valeur de base des aromatiques est de 128,5 ppm ( δ 13C(C6H6)
Et que la valeur de base des alcynes substituées est de 71,9 ppm (δ 13C(CHCH))
Exemples d’application.
En tenant compte des incréments dus aux substituants du tableau précédent, et aux valeurs de
base, calculer les déplacements chimiques des composés suivants :
a)
H
H3C C
C CH2F
H2
H3C
F CHO
NO2
CH3
NH2
13
b) A partir des déplacements chimiques du C de l’indazole (schéma), prévoir quels seraient
ceux du 6-nitroindazole.
115
120,4 122,8
120,1 133,4
N
125,8
N
H
110
139,9
O
43
C6H5 C CH3
57,3
H3C C N
116
161H
H H
132
125
157 250
H H
170
H 220
H
H
H 158 162
1
J 13C-X
117
Spectroscopie de RMN à deux dimensions
RMN-2D
I) Introduction
La technique de la spectroscopie de RMN à deux dimensions est relativement récente. La théorie a
été proposée par le physicien belge Jenner, mais elle n’a été réalisée pour la première fois qu’en
1975, par R.R. Ernest de l’université de Zurich. Cette technique constitue de nos jours la base pour
un très grand nombre d’expériences dans toutes les domaines de la RMN: homo ou hétéro
nucléaires, et de ce fait elle a permis aux chimistes de déterminer les principaux paramètres
spectraux (J,δ), dans des conditions où ils sont inaccessibles même à l’aide de la RMN de haute
résolution.
Dans ce chapitre, nous décrirons les principes de cette technique et ses applications dans les
domaines de la spectroscopie J, la RMN-2D homo nucléaire (Cosy H-H) et la RMN-2D
hétéronucléaires. Dans ce dernier cas, nous nous bornerons aux expériences les plus utilisées.
détection
préparation évolution
t1 FID t2
préparation évolution mixage détection
t1 tm FID t2
Lors de la préparation,on prépare le système de spins à étudier par exemple, on découple ou tout
simplement on crée la magnétisation transversale à l’aide d’une impulsion de π/2. Pendant le temps
d’évolution t1, le système est soumis aux différents facteurs : interaction spin spin, échange de
magnétisation, interaction dipôle-dipôle etc…Le temps t2 est le temps de détection ; le signal est
enregistré. Cependant ce que nous venons de voir ne constitue pas encore une expérience de RMN-
2D, car pour obtenir un spectre en RMN-2D, on doit d’abord prendre une série de spectres de RMN
unidimensionnels, en faisant varier t1 en l’augmentant chaque fois de ∆t1 (appelé incrément).
L’enregistrement de ces spectres se fait dans le domaine des fréquences F2 après une première
transformation de fourrier par rapport à t2. Lorsqu’on obtient un comportement périodique des
mécanismes qui ont été mis en action, on transforme alors par rapport à t1 et l’axe F1.
On pratique, on utilise un minimum de 32 et un maximum de 128 ou 256 expériences- et soit autant
d’incrément ∆t1 ⇒ les temps d’évolution sont de la forme: t1 + k ∆t1
Les données des mesures sont stockées dans la mémoire de l’ordinateur sous forme de matrices
caractérisées par deux axes t1 et t2 : S (t1, t2 ). La première transformée de S par rapport à t2 permet
d’obtenir une série de spectres unidimensionnels dont les signaux sont modulés, la deuxième
transformée de S par rapport à t1 conduit au spectre de RMN-2D: voir le schéma récapitulatif ci
dessous
118
III) Présentation des spectres de RMN-2D
Il existe deux aspects pour représenter un spectre de RMN-2D :
- Le diagramme panoramique 3D plot (a)
119
- Le diagramme sous forme de tracés en contours (b)
Elle permet de représenter séparément les deux paramètres essentiels de RMN, chacun sur un axe :
Le couplage sur l’axe F1 et les déplacements chimiques sur l’axe F2.
L’expérience consiste en les séquences d’impulsion suivantes :
On voit qu’il s’agit bel et bien d’une expérience d’écho de spin, et donc on aura tous les avantages
de cette technique : élimination des effets de l’inhomogénéités de Bo et reconstitution de la
magnétisation transversale.
Pendant t1, le système n’est soumis qu’aux effets de la relaxation transversale et du couplage spin-
spin. Cependant, pour un système AX, par exemple, la magnétisation du noyau A se divise, même
120
en l’absence de l’inhomogénéité, en deux vecteurs A1 et A2, car l’application de la deuxième
impulsion π inverse également les états de spin du noyau X.
L’action du noyau X sur A peut être expliqué par le schéma suivant :
Xα Xβ
A2
=
A1
A1
A2
121
multiplets. Quant aux constantes de couplage, leur détermination est plus aisée, pourvu que l’on
sache appliquer les règles de la multiplicité.
122
.
Spectre de RMN-2D J de la fluoroaniline
- Les signaux des solvants ne sont pas modulés, ils apparaissent sur l’axe F2 (on peut les éliminer
par saturation du signal pendant le temps de préparation)
123
F2
+25
F1
0
-25
.
D’autre part le temps d’évolution t1 ne doit pas dépasser le temps de relaxation T2, car plus t1
augmente plus le signale devient faible, ce qui montre que, le nombre de spectres à échantillonner
est dicté par les valeurs de T2 et de ∆t1. La valeur de T2 étant constante, on doit jouer sur la valeur
de ∆t1qui doit être la plus petite possible pour enregistrer un nombre important de spectres, et par
conséquent obtenir une bonne résolution.
La séquence d’impulsion de cette technique consiste en deux impulsions de π/2 séparées par t1.
préparation t1 détection
π/2 π/2
FID t 2
Pour un système AX, on obtient sur la diagonale du spectre 2D les pics diagonaux, centrés
respectivement sur les coordonnées νAνA et νXνX, et comme éléments non diagonaux, les pics
d’intersection νAνX et νXνA. Ces derniers indiquent que les noyaux A et X sont couplés entre eux.
Voir par exemple le spectre du 1-propanol ci dssous.
124
Spectre du 1-propanol CH3-CH2-CH2-OH.
3 2 1
Il y’a quatre pic diagonaux correspondants chacun à un groupements. En commençant par le haut
de la diagonale, il y’a d’abord le méthyle, celui-ci est couplé avec le CH2 en position 2, d’où le pic
d’intersection sur la droite d’équation F1 = δCH3. Le deuxième pic diagonal correspond au CH2 en
2, il est couplé avec le méthyle et le CH2 en 1 d’où les pics d’intersection situés sur la droite
d’équation
F1= δCH2 en 2. Le troisième pic diagonal est celui relatif à la fonction alcool, il est couplé avec le
CH2 en position 1, le pic d’intersection correspondant est situé sur la droite d’équation F1 = δOH.
Quant au dernier pic diagonal, il est celui de CH2 en position 1, le plus déblindé à cause de sa
liaison avec le OH. Il est couplé avec le OH et le CH2 en position 2. Les pics d’intersection
correspondants se trouvent sur la droite d’équation F1=δCH2 en position 1.
D’une manière Générale, pour connaître les noyaux couplés avec un noyau considéré, il suffit de
tracer la droite d’équation F1= δ de ce noyau (ou F2= δ de ce noyau).
a) Applications
Outre ses applications pour donner des informations sur les groupements voisins, la Cosy 1H-1H
peut être utile également dans la résolution des mélanges. En effet si l’on reprend le mélange des
halogénures du n-butyle précédents, on peut spécifier les paramètres de chaque groupement en
remontant les caractérisations à partir des CH2-X dont les déplacements chimiques sont connus
sans ambiguïté, puisque δCH2-Br> δCH2-I. Il suffit de tracer les droites d’équations F1= k (F2= k’) qui
font rejoindre les groupements voisins du même composé.
Voir spectre ci dessous.
125
b) Aspects pratiques de la Cosy bidimensionnelle
- Les largeurs des axes F1 et F2 sont choisies en fonction des déplacements chimiques des noyaux
considérés. S’il s’agit du noyau 1H la largeur doit couvrir 12 à 14 ppm, mais elle peut couvrir
jusqu’à 250 ppm dans le cas du 13C.
- La résolution digitale, est en générale faible sur l’axe F1 puisque 64 ou 128 incréments ∆t1
suffisent pour établir la corrélation (voir ci dessous le spectre de l’orthoaniline).
126
En cas de faible résolution digitale les signaux d’intersection peuvent ne pas apparaître.
- Les artefacts.
Ce sont des signaux axiaux parasites qui apparaissent sur l’axe F2. Ils sont dus à la magnétisation
longitudinale.
- Parfois les signaux s’allongent parallèlement à F1. Ce sont les bruits de fond que l’on peut
éliminer grâce à des réglage appropriés.(voir spectre ci dessous).
127
V) Les variantes de la séquence d’impulsion Jeener
Afin de répondre à certains objectifs, la séquence d’impulsion a subi des modifications. Les plus
importantes sont :
a) La Cosy 45
La séquence d’impulsion :
détection
π/2 évolution π/4
t1 FID t2
est appelée Cosy 45 ; elle est utilisée lorsque la différence des déplacements chimiques noyaux
couplés est faible, car dans ces conditions les signaux d’intersection diagonaux et non
diagonaux peuvent se masquer dans le spectre de la cosy 90.
Cette technique permet de réduire les intensités des signaux diagonaux plus que celles des
signaux d’intersection, et par conséquent on peut facilement les distinguer. Voir le spectre des
halogénures ci-après.
128
b) Cosy L R Long-Range Cosy: Couplage longue distance.
Dans les composés organiques ce sont les constantes de couplage 2J et 3J qui dominent
généralement dans les spectres de RMN 1H (5 à 15 Hz), ces interactions de type spin spin sont
également déterminantes dans la Cosy-2D. Cependant, pour résoudre des problèmes de
structures et d’attributions difficiles, on doit mettre en évidence les couplages faibles, pour ce
faire la théorie montre qu’on doit introduire un intervalle de temps fixe ∆ entre t1 et t2 :
évolution FID
π/2 ∆, π/2, ∆
τ1
t2
∆ se situe dans le domaine des ms
129
L’application de la Cosy L-R à l’orthotoluidine déjà mentionnée, montre que dans le spectre
apparaissent des interactions de type 4J, alors que dans le spectre Cosy 90 on ne voit que les
signaux produits par les corrélations 3J :
NB : Dans le spectre Cosy L-R, on détecte aussi les corrélations 3J mais pas toutes. C’est pourquoi,
on doit d’abord commencer par la Cosy 90 ou 45 afin de mettre en évidence les corrélations 2J et 3J
avant d’identifier les corrélations L-R.
On doit noter également que les signaux L-R apparaissent même si dans le spectre 1 D, il n’y a pas
d’éclatement de signal indiquant qu’il y a couplage longue distance.
évolution FID
π/2 π/2 ∆ π/2
t1
t2
Ici ∆ est de l’ordre du µs.
130
L’application de la troisième impulsion permet, à l’aide d’un cycle de phase spécial de détecter la
magnétisation des éléments couplés, et de supprimer la magnétisation des éléments non couplés.
Voir le spectre (c):
131
plusieurs variantes dont le choix peut être dicté par la quantité de la substance à étudier, ou par le
problème de structure qu’il faut résoudre.
Ainsi :
La HMQC (Héteronucléaire Multiple Quantum Corrélation) est utilisée quand on a
très peu de produit, il peut s’agir, par exemple, de spectre d’une substance naturelle.
La HSQC (Hétéronucléaire Single Quantum corrélation) est une technique qui
permet un gain de signal intéressant pour X car elle est basée sur le transfert de polarisation
(INEPT).
Ces deux précédentes techniques permettent de corréler les protons et les carbones séparés par une
seule liaison. On peut, les appliquer, par exemple, pour attribuer le déplacement chimique d’un
carbone connaissant le déplacement du noyau 1H qui lui est directement lié et inversement. Voir le
spectre ci-dessous.
132
O
CH3 CH3
H 3C O
CH3
HN NH N
OH
O
Les spectres HMBC permettent bien faire la distinction entre les déplacements chimiques
des méthyles, car les 1H du méthyle en position 2 de l’hydroxyindole et ceux du méthyle en
position 6 de l’uracile ne se corrèlent pas avec les carbones des groupes carbonyles, du fait que le
nombre de liaisons qui les sépare est supérieur à trois. Par contre les noyaux 1H des autres méthyles
se corrèlent avec le carbonyle.
2°/HETCOR 2D X-détecté
Ici c’est le 13C qui est détecté pendant le temps t2 (FID). Cette technique a également plusieurs
variantes que l’on utilise selon les cas de structures à résoudre. Les plus importantes sont :
-La HETCOR COLOC ( correlated long range coupling)
Elle permet de corréler les noyaux d’ hydrogène et de carbone séparés par 2 à 3 liaisons. Elle est
réalisable grâce au transfert de magnétisation (INEPT), cependant, actuellement, elle est supplantée
par la HMBC.
- La HETCOR-2DJ.
Elle permet d’enregistrer le spectre de RMN 13C découplé sur l’axe F2 et les constantes hétéro
nucléaires 1JH-C sur l’axe F1. On l’applique pour attribuer les différents signaux des 13C, en effet,
les CH apparaissent sous forme de deux taches, les CH2 sous forme de trois et les CH3 sous forme
de quatre Voir le spectre du menthol ci dessous..
133
RMN 2DJ le spectre du menthol
134
Annexe II : Examen de RMN13C et bidimensionnelle
I) Questions de cours :
III) 1) Les spectres de RMN1H et de RMN13C d’un composé A ,de formule brute
C4H6O,sont donnés dans la figure II. Quelle est la formule semi- développée de A ?
2) Attribuer les différents signaux de 13C,sur la base des effets électroniques.
3) Calculer les déplacements chimiques des carbones C2 etC3,en utilisant les corrélations
empiriques. Quelle est l’erreur relative, si on considère C2 ? Conclure.
5) On enregistre le spectre de A en milieu légèrement acide, quels sont les carbones qui seront les
plus affectés ? Justifier.
On donne Valeur de base de d = 123,3 ppm.
C2 C3
13,6 13,2
-7,4 12,9
135
136
Année universitaire 2000/2001
I Questions de cours
1) Quel est le principe du découplage large bande pulsé du système AX cas de 1H-13C? en quoi
diffère t-il de la SEFT bi-dimentionnelle 1H 1H ?
2) Dans quel cas utilise t-on la cosy 45 ?
3) L’expérience SEFT est une technique de RMN13C courante d’attribution, mais elle reste
limitée. Dire dans quel cas de problème. Quelle serait alors la technique la plus adéquate ?
4) La transition n →π* joue un rôle très important dans la détermination des structures isomères,
donner un exemple de votre choix.
II) A l’aide des spectres I et II ci-joints, attribuer les carbones quaternaires (Cq), tertiaires (CH) et
primaires (CH3) de la 4-methyl-1-ispropénylcyclohex-3-énol : A
CH 3
OH
H 3C CH 3
H NO2 O OCH3
N O
7
6 N N
5
O N
4 H O
3
OCH3
B C
1) Sur la base des effets électroniques et des constantes de couplage, donner à partir des spectres
III et VI les déplacements chimiques des protons et des carbones 13 des sites 3, 4 et 6. Les
constantes de couplage J méta n’apparaissent pas dans le spectre.
2) Expliquer par quelle technique HETCOR-2D 1H-13C, la corrélation 1H-13C permet de
distinguer les structures isomères B et C et d’attribuer les déplacements chimiques δ1H et δ 13C
des sites 5 et 7.
137
138
139
Spectre IV
II) Donner le nombre de signaux des spectres de RMN13C, totalement découplés, des composés
suivants.
140
O
H
N
O
N
III) Etablir la structure du composé de formule brute C7H15NO dont les δ de 13C de son spectre,
dans l’ordre décroissant, sont : 205,1 (COH) ; 58,2(CH2) ; 53,4(C) ; 50,1(CH3) et 27,5(CH3). Le
spectre de RMN1H de ce composé ne présente que des singulets.
IV) A partir des déplacements chimiques de RMN 13C de l’indazole (schéma), prévoir que seraient
ceux du 6-nitroindazole.
Les incréments dus au groupement nitro sont : +19,6 en α ; -5,3 en β ; +0,8 en γ et + 6 en para.
120,4 122,8
120,1 133,4
N
125,8
N
H
110
139,9
V) Expliquer par quelle(s) technique(s) HETCOR-2D, peut-on attribuer les déplacements
chimiques (δ1H et δ13C) sans ambiguïté des méthyles, dans les composés suivants :
O
CH3 CH3
H 3C O
CH3
HN NH N
OH
O
141
H3C H
O
H
O
H H H
H N
N N O
O O
O O O
N N N H
CH3
H H H
NH NH N
O
N N N
O
C6H5 C6H5 C6H5
A B C
Son spectre de RMN -2D hétéronucléaire est donné sur la figure ci-jointe.
142
a) Selon quelle technique de RMN -2D ce spectre a-t-il été réalisé ?
b) Donner en la justifiant la structure de ce composé.
Attribuer les déplacements chimiques (δ13C) expérimentaux aux différents sites. Conclure.
III- Les spectres de RMN mono et bidimensionnels de l’hemiacetal :
NO2
1'
6
CO2H
5 1
4 2'
2 CO2CH3
3
3'
Sont donnés dans les figures suivantes :
- Figure I : Spectre de RMN1H
- Figure II : Spectres de RMN13C découplé et DEPT
- Figure III : Spectre de RMN-2D hétéronucléaire HMQC
- Figure IV : Spectre de RMN-2D hétéronucléaire HMBC (Ce dernier spectre contient des artefacts
et même des bruits de fond dont on tiendrait compte dans le résonnement).
a) On constate (figure II) qu’il y’a deux signaux pour le carbone du métoxy proposer une
explication.
b) Quels sont les déplacements chimiques des protons et des carbones 13 de cette molécule ?
143
144
145
146
Année universitaire 2006/2007
I) a- Quel est l’influence des noyaux lourds sur les déplacements chimiques des carbones voisins ?
b- Classer les déplacements chimiques des carbones en gras :
147
c-L’expérience SEFT est une technique courante de RMN13C d’attribution, mais elle reste
limitée. Dire dans quel cas de problèmes. Quelle serait alors la technique la plus adéquate ?
d- La transition n →π* joue un rôle très important dans la détermination des structures
isomères, donner un exemple de votre choix.
II) Expliquer par quelle(s) technique(s) de RMN, peut-on attribuer les déplacements chimiques (δ1H
et δ13C) sans ambiguïté du composé suivant :
CH3
H 3C O
HN NCH3
N CH3
HN
CH3 N
N H
a permis d’obtenir deux isomères de structure 2 et 3 leur spectre de RMN 13C (SEFT) ont montré
que les déplacements chimiques des carbones tertiaires (CH) sont :
105,20 et 137,80 ppm pour l’isomère 2 ; et 104,9 et 131,00 ppm pour l’isomère 3 donner leur
structure en justifiant votre résonnement.
I) Question de cours.
La contribution paramagnétique σp dans le déplacement chimique du 13C joue un rôle très
important dans les attributions des signaux, mais aussi dans l’identification des structures isomères.
Discuter, en donnant des exemples, l’influence de la transition n --- π* et de la densité de charge
de l’orbital Pz.
II) A partir déplacements chimiques du 13C de l’indazole (schéma), prévoir quels seraient ceux du
6-nitroindazole. Les incréments dus au groupement NO2 sont :
148
NO2 α 19,6 β - 5,3 γ 0,8 p 6,0
120,4 122,8
120,1 133,4
N
125,8
N
H
110
139,9
III) Pour établir la structure du produit obtenu lors de l’alkylation du 3- chloro-6-nitroindazole par
le bromure de propargyle, les auteurs ont réalisé une étude de RMN1H, RMN13 C découplé et de
RMN-2D HETCOR 1H-13C (voir les spectres ci-joints).
a- A partir de la HETCOR-2D et de la RMN1H attribuer les déplacements chimiques des CH et de
CH2.
b- En utilisant les incréments dus au groupement NO2 attribuer les carbones quaternaires.
L’influence de l’atome de chlore sur les carbones de l’homocycle est négligeable devant celui de
NO2.
c- L’examen du spectre de RMN-2D selon la technique HMBC permet de constater que l’un des
carbones quaternaire est fortement corrélé avec le groupe méthylène et avec le proton H7. Quelle
est la structure du produit alkylé obtenu ? Justifier votre réponse.
Cl Cl
4 3a
3
5 1'
N
N 2
N
N O2N
O2N
1
7 7a
2' H
1'
3'
H B
A
149
Annexe III : Caractéristiques de quelques solvants de RMN
- Les déplacements chimiques de quelques solvants sont donnés dans le tableau suivant. Les
multiplicités des sigaux en RMN1H sont données entre parenthèses, avec (1) pour un singulet (2)
pour un doublet (3) pour un triplet etc.
.
Solvant Déplacements chimiques de H2O
Acetone 2.8
Acetonitrile 2.1
Benzene 0.4
Chloroforme 1.6
Dimethyl Sulfoxide 3.3
Methanol 4.8
Dichlorométhane 1.5
Pyridine 4.9
Eau deutériée (D2O) 4.8
150
Annexe IV: QUELQUES DÉPLACEMENTS chimiques selon le site web
[Link]
151
Table de matière
Les principes physiques de base de la RMN (première partie)
I- Historique 1
II- Noyau de spin 1/2 en mécanique quantique 1
III-Le phénomène de résonance magnétique 3
IV- Cas d'autres noyaux 3
V- Principe d'un spectromètre de RMN 5
IV- Schéma incluant les deux principes de Spectrophotomètre 6
I - Déplacement chimique 7
II - L'unité de mesure du déplacement chimique 8
III- Couplage spin-spin 8
IV - Spectre de RMN1H 10
V Règles de multiplicité 12
VI - Couplage avec d'autres noyaux - J hétéronucléaire 13
VII - Valeurs de quelques constantes de couplage hétéronucléaires : JH-X 15
VIII - Noyaux de spin > ½ 17
IX - découplage Spin-Spin 17
I – Introduction 18
II - Nomenclature des systèmes de spin 18
III - Etude de la résonance magnétique du proton en mécanique quantique 19
1- Formalisme de la mécanique quantique 19
Application du formalisme au cas du système à deux spins : AB 20
IV - Analyse directe du système AB 23
V - Les cas limites du système AB 24
1- Système AX 24
2- Système A2 24
3-Système De deux spins non couplés : J = 0 24
VI – Exercices 25
VII - Variation de l’aspect du système AB en fonction du rapport : J / ν° δ 25
VIII - Règles générales pour traiter les systèmes de spins 26
IX - Illustration de la méthode : Système à trois spins A, B, C 28
X - Système ABX 29
XI - Système AB2 33
152
3) Effet des courants de cycle - Cas des systèmes conjugués 43
4) Anisotropie du cycle propanique 45
5)Effet Vander walls 46
6) Influence de la liaison hydrogène sur le déplacement chimique 46
7) Déplacements chimiques des protons dans les complexes métalliques 47
8) Influence du solvant 47
INTERACTION DE PSEUDOCONTACT
Réactifs de déplacements chimiques
Lanthanides shifts reagents (LSR)
I – Introduction 66
II - Les chélates 66
III – Applications 67
IV - Propriétés des LSR 69
V - Exemple d’application 69
Annexe I
Examens de RMN1H posés à l’UFR de pharmacochimie 71
I) Introduction 87
II) Aspects expérimentaux 87
153
Spectroscopie de RMN à deux dimensions
RMN-2D
I) Introduction 109
II) Principe de la spectroscopie à deux dimensions 109
III) Présentation des spectres de RMN-2D 110
IV ) La spectroscopie d’écho de spin à deux dimensions : Séparations des paramètres spectraux
(J,δ). 111
IV) L’expérience Cosy (corelated spectrscopy) – Corrélation bidimensionnelles du déplacement
chimique 1H 1H 115
V) Les variantes de la séquence d’impulsion Jeener 119
VI) Corrélation hétéronucléaire 122
13
Annexe II : Examen de RMN C et bidimensionnelle 126
154