Développements Limités en Mathématiques MPSI
Développements Limités en Mathématiques MPSI
L yc é e t e c h n i q u e d e M o h a m m e d i a
A n n é e S c o l a i re 2 0 2 3 / 2 0 2 4
Cours de mathématiques
F i l i è re M P S I
Développements limités
Développements limités
Motivation
Prenons l’exemple de la fonction exponentielle. Une idée du comportement de la fonction f (x) = exp x autour du point
x = 0 est donné par sa tangente, dont l’équation est y = 1 + x . Nous avons approximé le graphe par une droite. Si
l’on souhaite faire mieux, quelle parabole d’équation y = c0 + c1 x + c2 x 2 approche le mieux le graphe de f autour de
x = 0 ? Il s’agit de la parabole
d’équation y = 1 + x + 12 x 2 . Cette équation à la propriété remarquable que si on note
g(x) = exp x − 1 + x + 2 x alors g(0) = 0, g (0) = 0 et g ′′ (0) = 0. Trouver l’équation de cette parabole c’est faire un
1 2 ′
développement limité à l’ordre 2 de la fonction f . Bien sûr si l’on veut être plus précis, on continuerait avec une courbe
du troisième degré qui serait en fait y = 1 + x + 12 x 2 + 61 x 3 .
y y = ex
y =1+ x
x2
y =1+ x + 2
x2 x3 0 1 x
y =1+ x + 2 + 6
Dans ce chapitre, pour n’importe quelle fonction, nous allons trouver le polynôme de degré n qui approche le mieux la
fonction. Les résultats ne sont valables que pour x autour d’une valeur fixée (ce sera souvent autour de 0). Ce polynôme
sera calculé à partir des dérivées successives au point considéré. Sans plus attendre, voici la formule, dite formule de
Taylor-Young :
x2 xn
f (x) = f (0) + f ′ (0)x + f ′′ (0) + · · · + f (n) (0) + x n ε(x).
2! n!
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n
La partie polynomiale f (0) + f ′ (0)x + · · · + f (n) (0) xn! est le polynôme de degré n qui approche le mieux f (x) autour de
x = 0. La partie x n ε(x) est le « reste » dans lequel ε(x) est une fonction qui tend vers 0 (quand x tend vers 0) et qui est
négligeable devant la partie polynomiale.
1. Formules de Taylor
Nous allons voir trois formules de Taylor, elles auront toutes la même partie polynomiale mais donnent plus ou moins
d’informations sur le reste. Nous commencerons par la formule de Taylor avec reste intégral qui donne une expression
exacte du reste. Puis la formule de Taylor avec reste f (n+1) (c) qui permet d’obtenir un encadrement du reste et nous
terminons avec la formule de Taylor-Young très pratique si l’on n’a pas besoin d’information sur le reste.
Soit I ⊂ R un intervalle ouvert. Pour n ∈ N∗ , on dit que f : I → K est une fonction de classe C n si f est n fois dérivable
sur I et f (n) est continue. f est de classe C 0 si f est continue sur I . f est de classe C ∞ si f est de classe C n pour tout
n ∈ N.
f ′′ (a)
f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + 2! (x − a)2 + · · ·
f (n) (a) f (n+1) (t)
Rx
··· + n! (x − a)n + a n! (x − t)n d t.
Nous noterons Tn (x) la partie polynomiale de la formule de Taylor (elle dépend de n mais aussi de f et a) :
f ′′ (a) f (n) (a)
Tn (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n .
2! n!
Remarque.
En écrivant x = a + h (et donc h = x − a) la formule de Taylor précédente devient (pour tout a et a + h de I ) :
Z h (n+1)
′ f ′′ (a) 2 f (n) (a) n f (a + t)
f (a + h) = f (a) + f (a)h + h + ··· + h + (h − t)n d t
2! n! 0
n!
Exemple 1.
La fonction f (x) = exp x est de classe C n+1 sur I = R pour tout n. Fixons a ∈ R. Comme f ′ (x) = exp x , f ′′ (x) =
exp x ,. . .alors pour tout x ∈ R :
Z x
exp a exp t
exp x = exp a + exp a · (x − a) + · · · + (x − a) +
n
(x − t)n d t.
n! a
n!
Bien sûr si l’on se place en a = 0 alors on retrouve le début de notre approximation de la fonction exponentielle en
2 3
x = 0 : exp x = 1 + x + x2! + x3! + · · ·
Preuve du théorème.
Montrons cette formule de Taylor par récurrence sur k ⩽ n :
b
f ′′ (a) f (k) (a) (b − t)k
Z
f (b) = f (a) + f ′ (a)(b − a) + (b − a)2 + · · · + (b − a)k + f (k+1) (t) d t.
2! k! a
k!
(Pour éviter les confusions entre ce qui varie et ce qui est fixe dans cette preuve on remplace x par b.)
Rb
Initialisation. Pour k = 0, une primitive de f ′ (t) est f (t) donc a
f ′ (t) d t = f (b) − f (a), donc f (b) = f (a) +
Rb ′
a
f (t) d t . (On rappelle que par convention (b − t)0 = 1 et 0! = 1.)
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f (k−1) (a)
Hérédité. Supposons la formule vraie au rang k − 1. Elle s’écrit f (b) = f (a) + f ′ (a)(b − a) + · · · + (k−1)! (b − a)k−1 +
R b (k) (b−t)k−1
a
f (t) (k−1)! d t .
On effectue une intégration par parties dans l’intégrale a f (k) (t) (b−t) (b−t)k−1
Rb k−1
(k)
(k−1)! d t . En posant u(t) = f (t) et v ′ (t) = (k−1)! ,
on a u′ (t) = f (k+1) (t) et v(t) = − (b−t)
k
k! ; alors
Z b b Z b
(b − t)k−1 (b − t)k (b − t)k
(k) (k)
f (t) d t = − f (t) + f (k+1) (t) dt
a
(k − 1)! k! a a
k!
Z b
(k) (b − a)k (b − t)k
= f (a) + f (k+1) (t) d t.
k! a
k!
Ainsi lorsque l’on remplace cette expression dans la formule au rang k − 1 on obtient la formule au rang k.
Conclusion. Par le principe de récurrence la formule de Taylor est vraie pour tous les entiers n pour lesquels f est classe
C n+1 .
f ′′ (a)
f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + 2! (x − a)2 + · · ·
f (n) (a) f (n+1) (c)
··· + n! (x − a)n + (n+1)! (x − a)n+1 .
Exemple 2.
exp a
Soient a, x ∈ R. Pour tout entier n ⩾ 0 il existe c entre a et x tel que exp x = exp a + exp a · (x − a) + · · · + n! (x −
exp c
a)n + (n+1)! (x − a)n+1 .
Dans la plupart des cas on ne connaîtra pas ce c . Mais ce théorème permet d’encadrer le reste. Ceci s’exprime par le
corollaire suivant :
Corollaire 1.
Si en plus la fonction | f (n+1) | est majorée sur I par un réel M , alors pour tout a, x ∈ I , on a :
|x − a|n+1
f (x) − Tn (x) ⩽ M ·
(n + 1)!
Exemple 3.
Approximation de sin(0, 01).
Soit f (x) = sin x . Alors f ′ (x) = cos x , f ′′ (x) = − sin x , f (3) (x) = − cos x , f (4) (x) = sin x . On obtient donc f (0) = 0,
f ′ (0) = 1, f ′′ (0) = 0, f (3) (0) = −1. La formule de Taylor ci-dessus en a = 0 à l’ordre 3 devient : f (x) = 0 + 1 · x + 0 ·
x2 x3 (4) 4 3
x4
2! − 1 3! + f (c) x4! , c’est-à-dire f (x) = x − x6 + f (4) (c) 24 , pour un certain c entre 0 et x .
Appliquons ceci pour x = 0, 01. Le reste étant petit on trouve alors
(0, 01)3
sin(0, 01) ≈ 0, 01 − = 0, 00999983333 . . .
6
On peut même savoir quelle est la précision de cette approximation : comme f (4) (x) = sin x alors | f (4) (c)| ⩽ 1. Donc
3 4 (0,01)3 (0,01)4 (0,01)4
f (x) − x − x6 ⩽ x4! . Pour x = 0, 01 cela donne : sin(0, 01) − 0, 01 − 6 ⩽ 24 . Comme 24 ≈ 4, 16 · 10−10
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Remarque.
• Dans ce théorème l’hypothèse f de classe C n+1 peut-être affaiblie en f est « n + 1 fois dérivable sur I ».
• « le réel c est entre a et x » signifie « c ∈]a, x[ ou c ∈]x, a[ ».
• Pour n = 0 c’est exactement l’énoncé du théorème des accroissements finis : il existe c ∈]a, b[ tel que f (b) =
f (a) + f ′ (c)(b − a).
• Si I est un intervalle fermé borné et f de classe C n+1 , alors f (n+1) est continue sur I donc il existe un M tel que
| f (n+1) (x)| ⩽ M pour tout x ∈ I . Ce qui permet toujours d’appliquer le corollaire.
Démonstration.
Rb Rb Rb
Notons m = inf t∈[a,b] u(t) et M = sup t∈[a,b] u(t). On a alors m a
v(t) d t ⩽ a
u(t)v(t) d t ⩽ M a
v(t) d t (car v ⩾ 0).
Rb
u(t)v(t) d t
Ainsi m ⩽ a
Rb ⩽ M . Puisque u est continue sur [a, b] elle prend toutes les valeurs comprises entre m et M
a
v(t) d t
Rb
u(t)v(t) d t
(théorème des valeurs intermédiaires). Donc il existe c ∈ [a, b] avec u(c) = a
Rb .
a
v(t) d t
Preuve du théorème.
Pour la preuve nous montrerons la formule de Taylor pour f (b) en supposant a < b. Nous montrerons seulement
c ∈ [a, b] au lieu de c ∈]a, b[.
Posons u(t) = f (n+1) (t) et v(t) = (b−t)
n
n! (qui est bien positive ou nulle). La formule de Taylor avec reste intégral s’écrit
Rb Rb Rb
f (b) = Tn (a) + a u(t)v(t) d t . Par le lemme, il existe c ∈ [a, b] tel que a u(t)v(t) d t = u(c) a v(t) d t . Ainsi le
(b−t)n+1 b
reste est a u(t)v(t) d t = f (n+1) (c) a (b−t) (b−a)n+1
Rb Rb n
(n+1)
n! d t = f (c) − (n+1)! = f (n+1) (c) (n+1)! . Ce qui donne la formule
a
recherchée.
f ′′ (a)
f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + 2! (x − a)2 + · · ·
f (n) (a)
··· + n! (x − a)n + (x − a)n ε(x),
Démonstration.
• Lorsque K = R, f étant une fonction de classe C n nous appliquons la formule de Taylor avec reste f ′′(n) (c) au rang
f (a)
n − 1. Pour tout x , il existe c = c(x) compris entre a et x tel que f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + 2! (x − a)2 +
f (n−1) (a) f (n) (c) f ′′ (a)
··· + (n−1)! (x − a)
n−1
+ n! (x − a)n . Que nous réécrivons : f (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + 2! (x − a)2 + · · · +
f (n) (a) f (n) (c)− f (n) (a) f (n) (c)− f (n) (a)
n! (x − a) +
n
n! (x − a)n . On pose ε(x) = n! . Puisque f (n) est continue et que c(x) → a alors
lim x→a ε(x) = 0.
• Lorsque K = C, on applique le premier cas aux fonctions R e( f ) et I m( f ).
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1.4. Un exemple
Soit f :] − 1, +∞[→ K, x 7→ ln(1 + x) ; f est infiniment dérivable. Nous allons calculer les formules de Taylor en 0 pour
les premiers ordres.
Tous d’abord f (0) = 0. Ensuite f ′ (x) = 1+x
1
donc f ′ (0) = 1. Ensuite f ′′ (x) = − (1+x)
1
2 donc f
′′
(0) = −1. Puis
f (x) = +2 (1+x)3 donc f (0) = +2. Par récurrence on montre que f (x) = (−1) (n − 1)! (1+x)n et donc f (n) (0) =
(3) 1 (3) (n) n−1 1
x2 x3 x4 x5
y=x− 2 + 3 − 4 + 5
x2 x3 y=x
y=x− 2 + 3
y = ln(1 + x)
1
0 y =0
1 x
x2
y=x− 2
x2 x3 x4
y=x− 2 + 3 − 4
1.5. Résumé
Il y a donc trois formules de Taylor qui s’écrivent toutes sous la forme
f (x) = Tn (x) + R n (x)
où Tn (x) est toujours le même polynôme de Taylor :
f ′′ (a) f (n) (a)
Tn (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n .
2! n!
C’est l’expression du reste R n (x) qui change (attention le reste n’a aucune raison d’être un polynôme).
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x
f (n+1) (t)
Z
R n (x) = (x − t)n d t Taylor avec reste intégral
a
n!
(n+1)
f (c)
R n (x) = (x − a)n+1 Taylor avec reste f (n+1) (c), c entre a et x
(n + 1)!
R n (x) = (x − a)n ε(x) Taylor-Young avec ε(x) −−→ 0
x→a
Selon les situations l’une des formulations est plus adaptée que les autres. Bien souvent nous n’avons pas besoin de
beaucoup d’information sur le reste et c’est donc la formule de Taylor-Young qui sera la plus utile.
Notons que les trois formules ne requièrent pas exactement les mêmes hypothèses : Taylor avec reste intégral à l’ordre n
exige une fonction de classe C n+1 , Taylor avec reste une fonction n + 1 fois dérivable, et Taylor-Young une fonction C n .
Une hypothèse plus restrictive donne logiquement une conclusion plus forte. Cela dit, pour les fonctions de classe C ∞
que l’on manipule le plus souvent, les trois hypothèses sont toujours vérifiées.
Notation. Le terme (x − a)n ε(x) où ε(x) −−→ 0 est souvent abrégé en « petit o » de (x − a)n et est noté o((x − a)n ).
x→0
) n
Donc o((x − a)n ) est une fonction telle que lim x→a o((x−a)
(x−a)n = 0. Il faut s’habituer à cette notation qui simplifie les
écritures, mais il faut toujours garder à l’esprit ce qu’elle signifie.
x2 xn
f (x) = f (0) + f ′ (0)x + f ′′ (0) + · · · + f (n) (0) + x n ε(x)
2! n!
Exercice d’application.
1. Écrire les trois formules de Taylor en 0 pour x 7→ cos x , x 7→ exp(−x) et x 7→ sh x .
2. Écrire les formules de Taylor en 0 à l’ordre 2 pour x 7→ p1 ,
1+x
x 7→ tan x .
3. Écrire les formules de Taylor en 1 pour x 7→ x − 9x + 14x + 3.
3 2
p
4. Avec une formule de Taylor à l’ordre 2 de 1 + x , trouver une approximation de 1, 01. Idem avec ln(0, 99).
p
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Remarque.
La fonction f peut admettre un développement en a sans qu’elle soit définie en a. Par exemple, la fonction f donnée par
f (x) = 1 + x + x 2 + x 3 sin (1/x) admet un DL à l’ordre 2 en a = 0 :
f (x) = 1 + x + x 2 + o(x 2 )
puisque x 3 sin (1/x) = o(x 2 ), sans qu’elle soit définie en a = 0.
f (k) (a)
La formule de Taylor-Young permet d’obtenir immédiatement des développements limités en posant ck = k! :
Proposition 1.
Si f est de classe C n au voisinage d’un point a alors f admet un DL au point a à l’ordre n, qui provient de la formule de
Taylor-Young :
f ′ (a) f ′′ (a) f (n) (a)
f (x) = f (a) + (x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n + (x − a)n ε(x)
1! 2! n!
où lim x→a ε(x) = 0.
Remarque.
1. Si f est de classe C n au voisinage de 0, un DL en 0 à l’ordre n est l’expression :
x2 xn
+ · · · + f (n) (0)
f (x) = f (0) + f ′ (0)x + f ′′ (0) + x n ε(x)
2! n!
2. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n alors elle en possède un pour tout k ⩽ n. En effet
f ′ (a) f (k) (a)
f (x) = f (a) + (x − a) + · · · + (x − a)k
1! k!
f (k+1) (a) f (n) (a)
+ (x − a)k+1 + · · · + (x − a)n + (x − a)n ε(x)
(k + 1)! n!
| {z }
=(x−a)k η(x)
2.2. Unicité
Proposition 2.
Si f admet un DL alors ce DL est unique.
Démonstration.
Écrivons deux DL de f : f (x) = c0 + c1 (x − a) + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε1 (x) et f (x) = d0 + d1 (x − a) + · · · + dn (x −
a)n + (x − a)n ε2 (x). En effectuant la différence on obtient :
(d0 − c0 ) + (d1 − c1 )(x − a) + · · · + (dn − cn )(x − a)n + (x − a)n (ε2 (x) − ε1 (x)) = 0.
Lorsque l’on fait x = a dans cette égalité alors on trouve d0 − c0 = 0. Ensuite on peut diviser cette égalité par x − a :
(d1 − c1 ) + (d2 − c2 )(x − a) + · · · + (dn − cn )(x − a)n−1 + (x − a)n−1 (ε2 (x) − ε1 (x)) = 0. En évaluant en x = a on obtient
d1 − c1 = 0, etc. On trouve c0 = d0 , c1 = d1 , . . ., cn = dn . Les parties polynomiales sont égales et donc les restes aussi.
Corollaire 2.
Si f est paire (resp. impaire) alors la partie polynomiale de son DL en 0 ne contient que des monômes de degrés pairs
(resp. impairs).
x2 x4 x6
Par exemple x 7→ cos x est paire et nous verrons que son DL en 0 commence par : cos x = 1 − 2! + 4! − 6! + ···.
Démonstration.
f (x) = c0 + c1 x + c2 x 2 + c3 x 3 + · · · + cn x n + x n ε(x). Si f est paire alors f (x) = f (−x) = c0 − c1 x + c2 x 2 − c3 x 3 + · · · +
(−1)n cn x n + x n ε(x). Par l’unicité du DL en 0 on trouve c1 = −c1 , c3 = −c3 , . . . et donc c1 = 0, c3 = 0,. . .
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Remarque.
1. L’unicité du DL et la formule de Taylor-Young prouve que si l’on connaît le DL et que f est de classe C n alors on
f (k) (a)
peut calculer les nombres dérivés à partir de la partie polynomiale par la formule ck = k! . Cependant dans la
majorité des cas on fera l’inverse : on trouve le DL à partir des dérivées.
2. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n ⩾ 0 alors f est continue en a et c0 = f (a).
3. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n ⩾ 1, alors f est dérivable en a et on a c0 = f (a) et c1 = f ′ (a). Par
conséquent y = c0 + c1 (x − a) est l’équation de la tangente au graphe de f au point d’abscisse a.
4. Si f n’est pas définie en a et admet un DL en a à l’ordre n ⩾ 1 alors son prolongement par continuité qui vérifie
les deux propriétés suivantes. Par exemple, si f (x) = 1 + x + x 2 + x 3 sin (1/x) alors elle admet un DL à l’ordre 2
en a = 0 donné par :
f (x) = 1 + x + x 2 + o(x 2 )
f (x), si x ̸= 0
˜
Par conséquent, elle est prolongeable par continuité en a = 0 de prolongement f : x 7−→ qui
1, sinon
est continue et dérivable en a = 0 avec f˜(0) = 1 et f˜′ (0) = 1.
5. Plus subtil : f peut admettre un DL à l’ordre 2 en un point a sans admettre une dérivée seconde en a. Soit par
exemple f (x) = x 3 sin 1x si x ̸= 0 et f (0) = 0. Alors f est dérivable mais f ′ ne l’est pas. Pourtant f admet un DL
en 0 à l’ordre 2 : f (x) = x 2 ε(x) (la partie polynomiale est nulle).
x x2 x3 xn
exp x = 1 + 1! + 2! + 3! + ··· + n! + x n ε(x)
x2 x4 x 2n
ch x = 1 + 2! + 4! + ··· + (2n)! + x 2n+1 ε(x)
x x3 x5 x 2n+1
sh x = 1! + 3! + 5! + ··· + (2n+1)! + x 2n+2 ε(x)
x2 x4 x 2n
cos x = 1 − 2! + 4! − · · · + (−1)n (2n)! + x 2n+1 ε(x)
x x3 x5 x 2n+1
sin x = 1! − 3! + 5! − · · · + (−1)n (2n+1)! + x 2n+2 ε(x)
x2 x3 n
ln(1 + x) = x − 2 + 3 − · · · + (−1)n−1 xn + x n ε(x)
α(α−1) 2 α(α−1)...(α−n+1) n
(1 + x)α = 1 + αx + 2! x + ··· + n! x + x n ε(x)
1
= 1 − x + x 2 − x 3 + · · · + (−1)n x n + x n ε(x)
1+ x
1
= 1 + x + x 2 + · · · + x n + x n ε(x)
1− x
p 1·1·3·5···(2n−3) n
1+ x = 1+ x
2 − 18 x 2 + · · · + (−1)n−1 2n n! x + x n ε(x)
Ils sont tous à apprendre par cœur. C’est facile avec les remarques suivantes :
• Le DL de ch x est la partie paire du DL de exp x . C’est-à-dire que l’on ne retient que les monômes de degré pair. Alors
que le DL de sh x est la partie impaire.
• Le DL de cos x est la partie paire du DL de exp x en alternant le signe +/− du monôme. Pour sin x c’est la partie
impaire de exp x en alternant aussi les signes.
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• On notera que la précision du DL de sin x est meilleure que l’application naïve de la formule de Taylor le prévoit
( x 2n+2 ε(x) au lieu de x 2n+1 ε(x)) ; c’est parce que le DL est en fait à l’ordre 2n + 2, avec un terme polynomial en x 2n+2
nul (donc absent). Le même phénomène est vrai pour tous les DL pairs ou impairs (dont sh x, cos x, ch x ).
• Pour ln(1 + x) n’oubliez pas qu’il n’y a pas de terme constant, pas de factorielle aux dénominateurs, et que les signes
alternent.
• Il faut aussi savoir écrire le DL à l’aide des sommes formelles (et ici des « petits o ») :
n n
X xk X xk
exp x = + o(x n ) et ln(1 + x) = (−1)k−1 + o(x n )
k=1
k! k=1
k
• La DL de (1 + x)α est valide pour tout α ∈ R. Pour α = −1 on retombe sur le DL de (1 + x)−1 = 1+x . Mais
1
on retient souvent le DL de 1−x qui est très facile. Il se retrouve aussi avec la somme d’une suite géométrique :
1
n+1
x n+1
1−x = 1−x − 1−x = 1−x + x ε(x).
1 + x + x 2 + · · · + x n = 1−x 1 1 n
1 p
• Pour α = 2 on retrouve (1 + x) 2 = 1 + x = 1 + 2 − 8 x 2 + · · · . Dont il faut connaître les trois premiers termes.
1 x 1
Exercice d’application.
e x +e−x
1. Calculer le DL en 0 de x 7→ ch x par la formule de Taylor-Young. Retrouver ce DL en utilisant que ch x = 2 .
p
2. Écrire le DL en 0 à l’ordre 3 de 1 + x . Idem avec p1+x
1
.
3
p
3. Écrire le DL en 2 à l’ordre 2 de x .
4. Justifier l’expression du DL de 1
1−x à l’aide de l’unicité du DL et de la somme d’une suite géométrique.
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Proposition 3.
• f + g admet un DL en 0 l’ordre n qui est :
( f + g)(x) = f (x) + g(x) = (c0 + d0 ) + (c1 + d1 )x + · · · + (cn + dn )x n + x n ε(x).
• f × g admet un DL en 0 l’ordre n qui est : ( f × g)(x) = f (x) × g(x) = Tn (x) + x n ε(x) où Tn (x) est le polynôme
(c0 + c1 x + · · · + cn x n ) × (d0 + d1 x + · · · + dn x n ) tronqué à l’ordre n.
Tronquer un polynôme à l’ordre n signifie que l’on conserve seulement les monômes de degré ⩽ n.
Exemple 5.
p p
Calculer le DL de cos x × 1 + x en 0 à l’ordre 2. On sait que cos x = 1− 21 x 2 +x 2 ε1 (x) et 1 + x = 1+ 12 x − 81 x 2 +x 2 ε2 (x).
Donc :
p 1 1 1
cos x × 1 + x = 1 − x 2 + x 2 ε1 (x) × 1 + x − x 2 + x 2 ε2 (x)
2 2 8
1 1 2
= 1 + x − x + x 2 ε2 (x) on développe
2 8
1 2 1 1
− x 1 + x − x 2 + x 2 ε2 (x)
2 2 8
1 1 2
2
+ x ε1 (x) 1 + x − x + x ε2 (x) 2
2 8
1 1 2
= 1 + x − x + x 2 ε2 (x) on développe encore
2 8
1 1 1 4 1 4
− x2 − x3 + x − x ε2 (x)
2 4 16 2
1 3 1
+ x ε1 (x) + x ε1 (x) − x 4 ε1 (x) + x 4 ε1 (x)ε2 (x)
2
2 8
1 1 1
= 1 + x + − x2 − x2 termes de degré 0 et 1, 2
2 8 2
| {z }
partie tronquée à l’ordre 2
1 4
x 2 ε2 (x) − 41 x 3 + 16 x − 21 x 4 ε2 (x) + x 2 ε1 (x)
+ 1 3 1 4 et les autres
+ 2 x ε1 (x) − 8 x ε1 (x) + x 4 ε1 (x)ε2 (x)
| {z }
reste de la forme x 2 ε(x)
1 5
= 1 + x − x 2 + x 2 ε(x)
2 8
On a en fait écrit beaucoup de choses superflues, qui à la fin sont dans le reste et n’avaient pas besoin d’être explicitées !
Avec l’habitude les calculs se font très vite car on n’écrit plus les termes inutiles. Voici le même calcul avec la notation
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« petit o » : dès qu’apparaît un terme x 2 ε1 (x) ou un terme x 3 ,... on écrit juste o(x 2 ) (ou si l’on préfère x 2 ε(x)).
p 1 1 1
cos x × 1 + x = 1 − x 2 + o(x 2 ) × 1 + x − x 2 + o(x 2 ) on développe
2 2 8
1 1
= 1 + x − x 2 + o(x 2 )
2 8
1 2
− x + o(x 2 )
2
+ o(x 2 )
1 5
= 1 + x − x 2 + o(x 2 )
2 8
La notation «petit o» évite de devoir donner un nom à chaque fonction, en ne gardant que sa propriété principale, qui est
de décroître vers 0 au moins à une certaine vitesse. Comme on le voit dans cet exemple, o(x 2 ) absorbe les éléments de
même ordre de grandeur ou plus petits que lui : o(x 2 ) − 14 x 3 + 21 x 2 o(x 2 ) = o(x 2 ). Mais il faut bien comprendre que les
différents o(x 2 ) écrits ne correspondent pas à la même fonction, ce qui justifie que cette égalité ne soit pas fausse !
3.2. Composition
On écrit encore :
f (x) = C(x) + x n ε1 (x) = c0 + c1 x + · · · + cn x n + x n ε1 (x)
g(x) = D(x) + x n ε2 (x) = d0 + d1 x + · · · + dn x n + x n ε2 (x)
Proposition 4.
Si g(0) = 0 (c’est-à-dire d0 = 0) alors la fonction f ◦ g admet un DL en 0 à l’ordre n dont la partie polynomiale est le
polynôme tronqué à l’ordre n de la composition C(D(x)).
Exemple 6.
Calcul du DL de h(x) = sin ln(1 + x) en 0 à l’ordre 3.
• On pose ici f (u) = sin u et g(x) = ln(1 + x) (pour plus de clarté il est préférable de donner des noms différents aux
variables des deux fonctions, ici x et u). On a bien f ◦ g(x) = sin ln(1 + x) et g(0) = 0.
3
• On écrit le DL à l’ordre 3 de f (u) = sin u = u − 3! + u3 ε1 (u) pour u proche de 0.
u
2 3
• Et on pose u = g(x) = ln(1 + x) = x − 2 + 3 + x 3 ε2 (x) pour x proche de 0.
x x
Exemple 7.
p
Soit h(x) = cos x . On cherche le DL de h en 0 à l’ordre 4.
p p
On utilise cette fois la notation « petit o ». On connaît le DL de f (u) = 1 + u en u = 0 à l’ordre 2 : f (u) = 1 + u =
1 + 21 u − 18 u2 + o(u2 ).
Et si on pose u(x) = cos x − 1 alors on a h(x) = f u(x) et u(0) = 0. D’autre part le DL de u(x) en x = 0 à l’ordre 4
est : u = − 12 x 2 + 24
1 4
x + o(x 4 ). On trouve alors u2 = 14 x 4 + o(x 4 ).
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Et ainsi
1 1
h(x) = f u = 1 + u − u2 + o(u2 )
2 8
1 1 1 4 1 1 4
=1+ − x2 + x − x + o(x 4 )
2 2 24 8 4
1 1 4 1 4
= 1 − x2 + x − x + o(x 4 )
4 48 32
1 1 4
= 1 − x2 − x + o(x 4 )
4 96
3.3. Division
3. Si d0 = 0 alors on factorise par x (pour un certain k) afin de se ramener aux cas précédents.
k
Exemple 8.
1. DL de tan x en 0 à l’ordre 5.
3
x5 x2 x4
Tout d’abord sin x = x − x6 + 120 + x 5 ε(x). D’autre part cos x = 1 − 2 + 24 + x 5 ε(x) = 1 + u en posant
2
x4
u = − x2 + 24 + x 5 ε(x).
2
x4
2 4
Nous aurons besoin de u2 et u3 : u2 = − x2 + 24 + x 5 ε(x) = x4 + x 5 ε(x) et en fait u3 = x 5 ε(x). (On note
abusivement ε(x) pour différents restes.)
Ainsi
1 1
= = 1 − u + u2 − u3 + u3 ε(u)
cos x 1+u
x2 x4 x4
= 1+ − + + x 5 ε(x)
2 24 4
x2 5 4
= 1+ + x + x 5 ε(x).
2 24
Finalement
1
tan x = sin x ×
cos x
x3 x5 x2 5 4
= x− + + x 5 ε(x) × 1 + + x + x 5 ε(x)
6 120 2 24
x3 2 5
= x+ + x + x 5 ε(x).
3 15
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2. DL de 1+x
2+x en 0 à l’ordre 4.
1+ x 1 1
= (1 + x)
2+ x 2 1 + 2x
1 x x 2 x 3 x 4
= (1 + x) 1 − + − + + o(x )
4
2 2 2 2 2
1 x x2 x3 x4
= + − + − + o(x 4 )
2 4 8 16 32
3. Si l’on souhaite calculer le DL de sin x
sh x en 0 à l’ordre 4 alors on écrit
x3 x5 x2 x4
sin x x− 3! + 5! + o(x 5 ) x 1− 3! + 5! + o(x 4 )
= x3 x5
= x2 x4
sh x x+ 3! + 5! + o(x 5 ) x 1+ 3! + 5! + o(x 4 )
2 4
x x 1
= 1− + + o(x 4 ) × x2 x4
3! 5! 1+ 3! + 5! + o(x 4 )
2 4
x x
= ··· = 1 − + + o(x 4 )
3 18
Autre méthode. Soit f (x) = C(x) + x n ε1 (x) et g(x) = D(x) + x n ε2 (x). Alors on écrit la division suivant les puissances
croissantes de C par D à l’ordre n : C = DQ + x n+1 R avec deg Q ⩽ n. Alors Q est la partie polynomiale du DL en 0 à
l’ordre n de f /g .
Exemple 9.
3
DL de 2+x+2x
1+x 2 à l’ordre 2. On pose C(x) = 2 + x + 2x 3 et g(x) = D(x) = 1 + x 2 alors C(x) = D(x) × (2 + x − 2x 2 ) +
x (1 + 2x). On a donc Q(x) = 2 + x − 2x 2 , R(x) = 1 + 2x . Et donc lorsque l’on divise cette égalité par D(x) on obtient
3
f (x)
g(x) = 2 + x − 2x + x ε(x).
2 2
3.4. Intégration
Théorème 4.
Notons F une primitive de f . Alors F admet un DL en a à l’ordre n + 1 qui s’écrit :
(x − a)2 (x − a)3
F (x) = F (a) + c0 (x − a) + c1 + c2 + ···
2 3
(x − a)n+1
· · · + cn + (x − a)n+1 η(x)
n+1
où lim η(x) = 0.
x→a
Cela signifie que l’on intègre la partie polynomiale terme à terme pour obtenir le DL de F (x) à la constante F (a) près.
Démonstration.
Rx an
Rx Rx
On a F (x) − F (a) = a f (t)d t = a0 (x − a) + · · · + n+1 (x − a)n+1 + a (t − a)n+1 ε(t)d t . Notons η(x) = (x−a) 1
n+1
a
(t −
a)n ε(t)d t . (Remarque : la fonction ε est continue : elle est continue en a par définition, et elle est continue en dehors de
a en écrivant ε(x) = (x−a) 1
.) Alors :
n f (x) − (c 0 + c1 (x − a) + c2 (x − a)2
+ · · · + c n (x − a) n
)
1 x 1
Rx 1
sup t∈[a,x] |ε(t)|.
R
|η(x)| ⩽ (x−a) n+1
a
|(t − a)n | · sup t∈[a,x] |ε(t)|d t = (x−a) n+1 · sup t∈[a,x] |ε(t)| ·
a
|(t − a)n |d t = n+1
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Exemple 10.
Calcul du DL de arctan x .
On sait que arctan′ x = 1+x 2 .
1
En posant f (x) = et F (x) = arctan x , on écrit
1
1+x 2
n
1 X
arctan′ x = = (−1)k x 2k + x 2n ε(x).
1 + x 2 k=0
Pn (−1)k x3 x5 x7
Et comme arctan(0) = 0 alors arctan x = k=0 2k+1 x 2k+1 + x 2n+1 ε(x) = x − 3 + 5 − 7 + ···
Exemple 11.
La méthode est la même pour obtenir un DL de arcsin x en 0 à l’ordre 5.
1 − 21 (− 21 −1)
arcsin′ x = (1 − x 2 )− 2 = 1 − 12 (−x 2 ) + 2 (−x 2 )2 + x 4 ε(x) = 1 + 21 x 2 + 83 x 4 + x 4 ε(x).
Donc arcsin x = x + 16 x 3 + 40
3 5
x + x 5 ε(x).
Exercice d’application.
1. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de exp(x) − 1+x1
, puis de x cos(2x) et cos(x) × sin(2x).
p p
2. Calculer le DL en 0 à l’ordre 2 de 1 + 2 cos x , puis de exp 1 + 2 cos x .
2
3. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de ln(1 + sin x). Idem à l’ordre 6 pour ln(1 + x 2 ) .
ln(1+x 3 ) ex
4. Calculer le DL en 0 à l’ordre n de x3 . Idem à l’ordre 3 avec 1+x .
5. Par intégration retrouver la formule du DL de ln(1 + x). Idem à l’ordre 3 pour arccos x .
Exercice 1.
Calculer le DL de f en a = 0 à l’ordre m.
1) f : x ∈] − 1, 1[7−→ 1−x 4 ;
x
m = 2n + 1.
2) f : x ∈] − 1, 1[7−→ 1−x 2 ;
1
m = 2n.
3) f : x ∈] − 1, 1[7−→ x
ln(1+x) ; m = 2.
2
4) f : x ∈ R 7−→ e x+x ; m = 3.
5) f : x ∈ R 7−→ ln(1 + x + x 2 ) ; m = 6.
5 4 5
f (x) − 12 x +o(x 4 ) − 12 +o(1)
Ainsi g(x) = 3x 4 +o(x 4 ) = 3+o(1) en notant o(1) une fonction (inconnue) tendant vers 0 quand x → 0. Donc
f (x) 5
lim x→0 g(x) = − 36 .
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f (x) ) 2
Note : en calculant le DL à un ordre inférieur (2 par exemple), on n’aurait pas pu conclure, car on aurait obtenu g(x) = o(x
o(x 2 ) ,
ce qui ne lève pas l’indétermination. De façon générale, on calcule les DL à l’ordre le plus bas possible, et si cela ne suffit
pas, on augmente progressivement l’ordre (donc la précision de l’approximation).
Exercice d’application.
Calculer la limite de f au point a = 0 en utilisant un DL :
1) f (x) = 1 1
sin x − x
2) f (x) = 1 1
e x −1 − x
3) f (x) = 1
sin2 x
− x12
e x −1
4) f (x) = 1
x ln x
Proposition 5.
Soit f : I → R une fonction admettant un DL en a : f (x) = c0 + c1 (x − a) + ck (x − a)k + (x − a)k ε(x), où k est le
plus petit entier ⩾ 2 tel que le coefficient ck soit non nul. Alors l’équation de la tangente à la courbe de f en a est :
y = c0 + c1 (x − a) et la position de la courbe par rapport à la tangente pour x proche de a est donnée par le signe f (x) − y ,
c’est-à-dire le signe de ck (x − a)k .
Il y a 3 cas possibles.
• Si ce signe est positif alors la courbe est au-dessus de la tangente.
y
a x
a x
• Si ce signe change (lorsque l’on passe de x < a à x > a) alors la courbe traverse la tangente au point d’abscisse a.
C’est un point d’inflexion.
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a x
f ′′ (a)
Comme le DL de f en a à l’ordre 2 s’écrit aussi f (x) = f (a)+ f ′ (a)(x − a)+ 2 (x − a)2 +(x − a)2 ε(x), alors l’équation
de la tangente est aussi y = f (a) + f ′ (a)(x − a). Si en plus f ′′ (a) ̸= 0 alors f (x) − y garde un signe constant autour de
a. En conséquence si a est un point d’inflexion alors f ′′ (a) = 0. (La réciproque est fausse.)
Exemple 13.
Soit f (x) = x 4 − 2x 3 + 1.
Donc la tangente en 12 est y = 1316 − (x − 2 ) et le graphe de f est en dessous de la tangente car f (x) − y =
1
y y = x 4 − 2x 3 + 1 y y = x 4 − 2x 3 + 1
1 1 tangente en 0
0 0 1
1 1 x x
2
tangente en 1
2 tangente en 1
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Exercice d’application.
Déterminer si f présente un extremum local en a = 0.
¨ 2
sin x 1/x
, si x ̸= 0
f (x) = x
e −1/6
, sinon
g k+1 (x)
(∀k ∈ N) , −→ 0
g k (x) x→a
On dit que la famille (g k )k∈N représente une échelle au voisinage de a.
Remarque.
• Pour a fini, la famille (x − a)k k∈N représente une échelle au voisinage de a. Un DA représente une généralisation
du DL.
β
• Les familles x k k∈N , x n−k 0⩽k⩽n , ln (x) 0⩽k⩽n , 1/ ln (x) k∈N , x αk ln k (x) k∈N (avec (αk )k est une suite
1
n−k
k
strictement croissante ou nulle et (βk )k est une suite strictement décroissante ou nulle et non nulles toutes les deux à
la fois) représentent
des échelles au voisinage de 0. β
• Les familles x −k k∈N , ln (x) k∈N , e−kx k∈N , x αk ln k (x) k∈N (avec (αk )k est une suite strictement décroissante)
−k
y
1
y = ln 2 + x
1
y = ln(2)
0 1 x
Cela nous permet d’avoir une idée assez précise du comportement de f au voisinage de +∞. Lorsque x → +∞ alors
f (x) → ln 2. Et le second terme est + 12 x , donc est positif, cela signifie que la fonction f (x) tend vers ln 2 tout en restant
au-dessus de ln 2.
Remarque.
• Dire que la fonction x 7→ f (x) admet un DA en +∞ est équivalent à dire que la fonction x → f ( x ) admet un DL en
1
+
0 .
Proposition 6.
f (x) f (x) a a
On suppose que la fonction x 7→ x admet un DA en +∞ (ou en −∞) : x = a0 + x1 + x kk + x1k ε( 1x ), où k est le
plus petit entier ⩾ 2 tel que le coefficient de x1k soit non nul. Alors lim x→+∞ f (x) − (a0 x + a1 ) = 0 (resp. x → −∞) :
la droite y = a0 x + a1 est une asymptote à la courbe de f en +∞ (ou −∞) et la position de la courbe par rapport à
ak
l’asymptote est donnée par le signe de f (x) − y , c’est-à-dire le signe de x k−1 .
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y
y = f (x)
y = a0 x + a1
Démonstration.
ak
On a lim x→+∞ f (x) − a0 x − a1 = lim x→+∞ x k−1 1
ε( 1x ) = 0. Donc y = a0 x + a1 est une asymptote à la courbe de
+ x k−1
ak ak
f . Ensuite on calcule la différence f (x) − a0 x − a1 = x k−1 + x k−1 ε( x ) = x k−1 1 + ak ε( x ) .
1 1 1 1
Exemple 15. p
Asymptotes de f (x) = exp 1x · x 2 − 1.
y y =1+ x p
1
y = exp x · x2 − 1
y = −x − 1
0
−1 1 x
1. En +∞,
p v
f (x) 1 x2 − 1 1 t 1
= exp · = exp · 1 − 2
x x x x x
1 1 1 1 1 1 1 1
= 1+ + 2
+ 3
+ 3 ε( ) · 1 − 2
+ 3 ε( )
x 2x 6x x x 2x x x
1 1 1 1
= ··· = 1 + − + ε( )
x 3x 3 x 3 x
Donc l’asymptote de f en +∞ est y = x + 1. Comme f (x) − x − 1 = − 3x1 2 + x12 ε( 1x ) quand x → +∞, le graphe
de f reste en dessous de l’asymptote.
p
f (x) 2
q
2. En −∞. x = exp 1x · xx −1 = − exp 1x · 1 − x12 = −1 − 1x + 3x1 3 + x13 ε( 1x ). Donc y = −x − 1 est une asymptote
de f en −∞. On a f (x) + x + 1 = 3x1 2 + x12 ε( 1x ) quand x → −∞ ; le graphe de f reste au-dessus de l’asymptote.
Exercice d’application.
p 1x
x −1 1− x 1 1
1. Calculer la limite de lorsque x tend vers 1. Idem pour , puis − 2 lorsque x tend vers
ln x 1+ x 2
tan x x
0.
2. Soit f (x) = exp x + sin x . Calculer l’équation de la tangente en x = 0 et la position du graphe. Idem avec
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g(x) = sh x .
x
3. Calculer le DA en +∞ à 5 termes de x 2x−1 . Idem à deux termes pour 1 + 1x .
q 3
+1
4. Soit f (x) = xx+1 . Déterminer l’asymptote en +∞ et la position du graphe par rapport à cette asymptote.
Fin
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